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Full text of "Les musiciens polonais et slaves, anciens et modernes : dictionnaire biographique des compositeurs, chanteurs, instrumentistes, luthiers, constructeurs d'orgues, poetes sacrés et lyriques, littérateurs et amateurs de l'art musical ..."

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Brigham Young University 
RARE BOOK COLLECTION 

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LES 



MUSICIENS POLONAIS 



ET SLAVES. 



pABlS . _ xvrOGIUPUIC AOB.EN LE CLEBE, »« CASSETTE, 20. 



LES 

MUSICIENS POLONAIS 

ANCIENS ET MODERNES 

DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

DES COMPOSITEURS, CHANTEURS, INSTRUMENTISTES, LUTHIERS, CONSTRUCTEURS D'ORGUES 

POETES SACRÉS ET LYRIQUES 

LITTÉRATEURS ET AMATEURS DE l'.IRT JUSICAL. 

I) l\ RESINE DE L'HISTOIRE DE LA MISIQIE EX POLOGNE ET DE LA DESCRIPTION D'ANCIENS INSTRUMENTS SLAVES 
NOTICES SOB LA BIBLIOGRAPHIE MUSICALE POLONAISE. 

Fragments de Compositions des Grands-Maîtres Polonais et détails sur les Pèlerinages célèlres en Pologne. 



ALBERT SOWINSKI 

Membre Je la Société philotechnique de Paris; de celle des Enfants d'Apollon, de Paris et de Venise 
et de la Société musicale de Vienne. 




PARIS 

LIBRAIRIE ADRIEN LE CLERE et C ,k 

IMPRIMEURS DE NOTRE SAlNR^PÈRE LE PAPE ET DE L'ARCHEVÊCHÉ IiE PARIS 
RUE CASSETTE, 29, PRÈS SAINT-SULPICE. 

1857 

A 
Traduction réservée . 




A MONSIEUR LE MARQUIS ET MADAME LA MARQUISE 

DE POMEREU. 



Voici un livre commencé et achevé sous vos auspices. 
Permettez-moi de vous l'offrir comme un faible tribut d'une 
profonde reconnaissance. 

Fruit de patientes recherches , le Dictionnaire des Musi- 
'dens Polonais, tout étant un livre spécial, renferme cepen- 
dant plus d'un souvenir de mon séjour en France, où j'ai 
reçu l'accueil le plus flatteur et passé mes plus belles 
années. 

Recevez avec bonté, Monsieur et Madame, ces pages con- 
sacrées à la gloire d'un art qui fait les délices des âmes éle- 
vées , et qui m'a procuré dans la société française tant de 
nobles et douces relations. 

Daignez agréer, Monsieur le marquis et Madame la mar- 
quise , je vous prie , l'assurance de mon respectueux atta- 
chement. 

Albkrt SOWINSKI. 

Paris, ce 1 er juillet 18j". 



NOMS DE MESSIEURS LES SOUSCRIPTEURS 

d'après l'ordre alphabétique. 



Etienne de Pomereu, marquis d'Aligre. 2 Ex. 

Comtesse de la Roche-Aymon. 

Comte Jules d 'A oust. 

A. d'Aubigny, maître de chapelle. 

Mademoiselle Berthe Aufrère. 

Comtesse de Loynes d'Auteroche, née Balbiany. 

Vicomtesse de Loynes d'Auterochc, née de Laporte. i 

Comtesse Mathilde de Bagneux, née de Faudoas. 
E.-J. de Banneville. 
Le comte et la comtesse de Bar. 
Vicomtesse de Bar, née Guédon du Lesmont 
Joseph Bartoszewicz, docteur en médecine et en chirurgie. 
Comtesse de Beaurecueil, née de Quélen. 
M. et madame Louis Baud. 
Bécu de Bemon, homme de lettres, compositeur. 
Mélanie Bellenger. 

Monseigneur de Bervenger, directeur de l'établissement de Saint- 
Nicolas. 
Berville, président de la Cour impériale de Paris. 
Vicomtesse de la Bèsge, née de Villars. 
Vicomtesse E. de la Bèsge, née de Préfort. 
Comte Arthur de la Bèsge. 
Marquise de Beynac. 

Bibliothèque du comte Ossolinski, à Léopol en Gallicie. 
Marie de Bizemont. 

Comtesse Xavier de Blacas, née de Chastellux. 
Thérèse Bohomolec, propriétaire. 
Comte Arthur de Bonnechose. 
Jules de Bonsonge. 
Amélie Boudet, née de Chabaque. 



VIII NOMS DE MM. LES SOL'SCUIPTEURS. 

Marquis René de Bouille. 1 Ex. 

Baron de Bourgoin, ancien ministre plénipotentiaire. i 

€omte de Brimont, conseiller à la Cour des comptes. 

J.-C. Brochereuil. 

Comtesse de Brosses, née de Villeneuve de Trans. 

Baron Anatole de Cambra y. 

Duc Charles de Caraman. 

Etienne Challiot, éditeur de musique. 

Marquise de Chasseloup-Laubat. 

Marquise de Chastellux. 

Léonard Chodzko, homme de lettres. 

Jean Chrzanowski, maréchal de la noblesse. 

Baronne Charles de Coriolis, née de Beauffort. 

Comtesse de Corneillan de Vernède. 

Comte Raoul de Croy. 

Van der Cruisse de Waziers. 4 

Prince Adam Czartoryski. 2 

Prince Witold Czartoryski. 2 

Prince Wladislas Czartoryski. 2 

Baron de Damas. 2 

Comte Maxence de Damas. 2 

Marquis Élie de Dampierre. 1 

Antoine Elwart, compositeur de musique. 

Madame veuve Pierre Érard. 

Comte L. d'Esgrigny. 

M. et madame d'Espessaillês. 

Comte Alban des Essars. 

Marquise d'Eyragues, née de Morell. 

Comte A. de Falloux, de l'Académie française, ancien ministre. 

Farge, chef d'orchestre. 

F.-J. Fétis, maître de chapelle du roi des Belges, directeur du 

Conservatoire de Bruxelles. 
G. Flaxland, éditeur de musique. 
Jules Fontana, compositeur de musique. 
Comtesse de Foucauld. 

M. de Gatigny. 

•Girault-Huguet, éditeur de musique à Poitiers. 

F. Girod, éditeur de musique à Paris. 



NOMS DE MM. LES SOUSCRIPTEURS. 

Sylvan Glinski, colonel-ingénieur du gouvernement à Witebsk. 

Comtesse de Gomer. 

Comte Charles Grabowski. 

Ambroise Grabowski, homme de lettres à Cracovie. 

Comtesse de Grailly, née de Gourgues. 

Neyron des Granges. 

Fromental Halevy, compositeur de musique, membre de l'In- 
stitut. 
Baron de Hauteclocque. 
Madame Herbout. 
Madame de Saint-Hilaire, née du Landelle. 

Jacquemet, curé de Limcsy. 

Jules Jedlinski, directeur de l'École supérieure polonaise. 

Jean-Stanislas comte Jlinski, membre du sénat à Saint-Péters- 
bourg, chevalier de plusieurs ordres. 

Stanislas Jurevitch, maréchal de la noblesse du gouvernement 
de Witebsk. 

George Kastner, compositeur de musique, associé de l'Institut. 

Ferdinand Kierzkowski. 

Comte Adolphe ïabacz Krosnowski. 

Comtesse de Labédoyère, née de Chastellux. 
Comtesse de Lacroix , née comtesse Rzewuska. 
Vicomte Paul de Lambel. 
Madame P. de Laporte, née de Bournon ville. 
De La Rochefoucauld duc de Doudeauville. 
Lassabathies, administrateur, pour la bibliothèque du Conserva- 
toire impérial de musique de Paris. 
Le comte et la comtesse de Saint-Légier. 
Leroy, curé de Persac. 

M. Loger, rédacteur en chef de l'Union de la Surthe. 
Comtesse de Lubersac. 

Marquise Ernest de Lubersac, née de Chastellux. 
Marquise de Lur-Saluccs, née de Chastellux. 



IX 

Ex. 



Stanislas Macieiowski , violoniste et compositeur de musique. 
Comte Paul de Malartic. 
Baron James Mallet. 
Edmond Mallet. 



X NOMS DE MM. LES SOUSCRIPTEURS. 

Charles Mallet. 1 Ex. 

Comte de Marguerit. 
Félix Miaskowski, conseiller d'État. 

L'abbé M. -M. Mioduszewski, prêtre de la congrégation de la Mis- 
sion à Cracovie. 
Milikôwski (Maison de librairie à Léopol) . 
Montai, facteur de pianos. 
M. de Montois, préfet de la Corse. 
Théodore Morawski. 

Louis Moreau, conservateur à la Bibliothèque Mazarine. 
Baronne de Morcll, née de Mornay. 

Naudin, curé de Baron (Gironde). 

Marquise de Nicolay, née de Fougières. 

Michel Nitoslawski, maréchal du district de Witebsk. 

Blanche Norblin. 

Wiliam Norès, professeur de musique. 

Thomas Nowinski, graveur-éditeur. 

Vicomte Gaston Ogier, conseille]' à la Cour des Comptes. 

Wladislas Oleszczynski , sculpteur. 

Comte Hector d'Onsembray. 

Comte Justin Ostrowski. 4 

A. Panseron, professeur au Conservatoire impérial de musique 

de Paris. I 

Amélie de Pestel, née Chrapowitzky. 1 

André Pijanowski, chef d'établissement. 1 

Pleyel-Wolff et compagnie. 1 

Théophile Polanowska. 1 

Marquise E. de Pomereu, née d'Aligre. 3 

Marquis de Pomereu. i 

Comte Alexis de Pomereu. i 

Vicomte Armand de Pomereu. 1 

Marquise Joseph de Préaulx. i 

Marie de Préaulx, marquise d'Aligre. * 

L'abbé Augustin Rainguet, chanoine supérieur du petit sémi- 
naire de Montlieu. ' 
Comte Joseph Ratomski. 1 
Duchesse Claire de Rauzan, née de Duras. * 
Reinwald, maison de librairie. 6 
Veuve Jules Renouard. 



NOMS DE MM. LES SOUSCRIPTEURS. XI 

€. de Rivaud, supérieure du couvent des Filles de Notre-Dame E.v. 

à Poitiers. 9 

Madame Henri Robert. 1 

L. de Roquevaire, avocat à Montpellier. 1 

Baron Amédée de Roubin. i 

Rubini, compositeur, professeur de chant. 1 

Princesse Anna Sapieha. 2 
Nicolas Schiszko, maréchal du district de Nevel. 1 
Comte Arnold Skorzewski. 2 
Stanislas Soulima-Samouilo, secrétaire de l'Assemblée de la no- 
blesse à Witebsk. 1 
Constantin Swolynski, président à Witebsk. 1 

Comte Louis de Talleyrand-Périgord. 1 

Alexandre Tarnowski, compositeur de musique. i 

J.-C. du Thiers. 1 

Comte Théodore de Toustain. J 

Comtesse de Villars. i 

J.-N. Wanski, compositeur de musique. 1 

Jean-Bail. Wolf, éditeur de musique à Londres. 1 

Louis Wolowski, membre de l'Institut. 1 
D.-Constant de Wûrzbach, chef de la Bibliothèque administrative 

du Ministère de l'Intérieur à Vienne. \ 

Eugène Yvert, rédacteur en chef de l'Ordre, à Amiens. 1 

Comte lrénéc Zaluski. 1 



RESUME 

DE 

L'HISTOIRE DE LA MUSIQUE 

EN POLOGNE 



L'histoire générale de la Musique a été l'objet de savantes 
recherches. Elle a été traitée par des écrivains d'un grand 
talent, dont les travaux ont répandu une vive lumière sur 
l'origine et le développement de cet art , un des premiers 
dans le monde qui, ayant vu le jour en Orient, et brillé 
d'un vif éclat dans la Grèce, vint se transformer en Italie 
à la naissance du Christianisme. 

Plusieurs ouvrages d'une haute érudition musicale exis- 
tent déjà en France , en Angleterre , en Allemagne et en 
Italie; mais ces ouvrages manqueront d'ensemble tant 
qu'il y aura des lacunes dans les biographies musicales par- 
ticulières à chaque nation. C'est un monument encore ina- 
chevé, et qui attend son complément et son unité de l'his- 
toire particulière de tous les grands artistes qui se sont illus- 
trés dans la musique en tout tempset chez tousles peuples. 

La Pologne, où les arts furent toujours en grand hon- 
neur , ne possède pas d'ouvrage spécial sur les Musiciens 
polonais. Les Bohèmes et les Silésiens , nos voisins , 
nous ont devancés. Ils ont depuis longtemps des Diction- 
naires biographiques des Musiciens de leurs pays. Enfants 
de la même race , aimant la musique comme eux , les 
Polonais attendent encore leur historien spécial. Cepen- 
dant on trouve des notices sur quelques Musiciens polonais 

1 



ltESUMlG DE L U1S1U1KE 



dans les ouvrages de nos savants , qui ont enrichi la 
Bibliographie polonaise des travaux d'un haut intérêt his- 
torique. Citer les noms des Simon Starowolski, des Daniel 
Janoçki , des Thadée Czaçki , des Potoçki , de S. Randtkie , 
de Bentkowski , de l'abbé Juszynski, des Linde , des Solty- 
kovvicz, des Narbutt, des Lelewel, des Wisznievvski , de 
Jocher , des K. W. Woyciçki, etc., c'est donner une haute 
idée des richesses littéraires et artistiques de la Pologne. 

Cette nation a passé par des phases diverses avant 
d'avoir une musique à elle. Après l'invasion des Barbares 
en Italie, à mesure que de nouveaux peuples apparaissaient 
sur la scène du monde chrétien , l'art moderne s'élevait 
sur les débris de la musique grecque , fixée d'abord par 
saint Ambroise puis réformée par Grégoire le Grand (650). 
Le plain-chant reçut certaines règles et fut enfermé dans 
les huit tons religieux, qui ont traversé des siècles avec 
leurs formules mélodiques, et produisent encore beaucoup 
d'effet par leur tonalité pure et simple. Cependant cette 
première législation du chant se modifia forcément par la 
pression des peuples du Nord. Les Goths cultivèrent la 
musique; ils apportèrent sous le beau ciel d'Italie les pre- 
miers éléments d'harmonie, science encore nouvelle qui, en 
prêtant un appui solide aux mélodies grégoriennes, devait 
puissamment contribuer à la constitution de l'art musical 
moderne. C'est ainsi que l'école italienne prit bientôt un 
tel essor, que l'Allemagne, les deux Belgiques, la Gaule et 
les peuples slaves vinrent successivement puiser le goût , 
la grâce , la douceur, chez les peuples d'Italie régénérés 
par le Christianisme. 

Au sortir des révolutions, éclairé et consolé par les arts 
de la paix, l'homme croyant cherchait à honorer Dieu, 
à manifester sa reconnaissance par des chants d'actions 
de grâces ; et comme il voulait louer Dieu avec ses sem- 
blables, de là vint le chant à deux parties, la diaphonie, 



DL LA MUSIQUE EN l'OLOGNE. 3 

d'abord incomplète, puis perfectionnée par d'heureuses 
découvertes. 

Les Bohèmes et les Polonais, ayant embrassé le Chris- 
tianisme les premiers, parmi les nations du Nord, ve- 
naient s'inspirer à Rome et étudier dans la ville sainte : 
Arte prœnobili Italianœ , et propager ensuite dans leurs 
pays le goût de la musique avec le bienfait de la foi. Saint 
Adalbert visita Rome, où il étudia le chant grégorien 
avant d'entrer dans les ordres. Nommé évèque de Prague, 
puis archevêque de Gnesne, capitale de Pologne , il com- 
posa l'hymne de Boga Rodziça (Mère de Dieu ) , paroles et 
musique (995), qui devinrent célèbres chez les Polonais et 
les Slaves, et se perpétuèrent par la tradition jusqu'à l'épo- 
que où elles furent gravées sur le tombeau du Saint. ( Voyez 
son article. ) Voici le premier verset de Boga Rodziça : 



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Bo-ga Ro- dzi- ça Dzie-wi- ça Bogiem Sla- wio- na. 



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Ma- ry- a. 

Ainsi , le monument le plus ancien de notre musique 
nationale est un chant religieux. Nos ancêtres le chan- 
taient au jour des batailles; ils n'allaient au combat qu'en 
invoquant la Sainte-Vierge et en chantant la gloire de 
leurs rois et de leurs guerriers (1). 

L'usage de la langue latine n'était pas général en Po- 
logne à l'époque de l'introduction du Christianisme. Le 
chant ecclésiastique romain commença à s'y répandre dans 
le xi e siècle. Jusque-là, il eut des prières en langue 



(1) Le chant de boya-liodziça (Mère de Dieu) a été traduit eu vers latins, 
par l'illustre M. C. Sarbiewski au xvn e siècle {Voyez son article). 



RESUME DE L HISTOIRE 



slavonne et bohème. Saint Cyrille traduisit la Bible et 
le Psautier, au ix e siècle, en langue slave ou slavonne, 
qui était alors la langue liturgique autorisée par le pape 
Jean VIII. Plus tard il eut des airs de Noël eu vieux polo- 
nais ; ces airs . réunis à d'anciens cantiques , firent le 
fonds des premiers livres de chant , kancijonaly ou kan- 
tyczki, pour lesquels on composait des mélodies simples 
à une ou plusieurs voix. Ces mélodies, restes intéressants 
d'ancienne musique religieuse, portent le cachet national ; 
c'est dans un vieux Noël qu'on trouve le germe de la Po- 
lonaise. L'air « w Zlobie lezij» nous a transmis le rhythme 
et la terminaison de cette vieille danse de la féodalité. 



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DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 3 

Les livres de chant étaient les plus anciens recueils de 
motets de cantiques. Ce sont les Frères Bohèmes qui firent 
paraître le premier Canzionale à Prague, ensuite à Cra- 
covie; celui du P. Artomius ne date que de 1558 , mais il 
eut beaucoup d'éditions, et renferme des mélodies remar- 
quables, composées par Adam Freylag, André Tricesius 
( Trzycieski ) , Th. Chodowski, Gesnerus de Prusse, Czer- 
wonka et plusieurs autres qui vécurent au xvr siècle , et 
qui furent tout à la fois musiciens et poètes. Un ancien 
chant sur la Résurrection , « Chorus Populi » Przez twoje 
swienté Zmartwychwstanié, paraît appartenir à cette épo- 
que; c'est une sorte de plain-chant d'un caractère grave et 
religieux. 



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RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 




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L'antienne à la Vierge, gloriosa Domina, que l'on 
chante à Czenstochowa, est de la même époque. (Voyez 
l'article de Czenstochowa.) 

L'usage de chanter dans la langue du pays faisait négli- 
ger le chant choral ou plain-chant. L'autorisation de dire 
la messe dans la langue maternelle , donnée par le souve- 
rain Pontife au clergé slave, s'étendait aux peuples vendes, 
bulgares, bohèmes, ruthéniens et polonais. Les fidèles 
avaient des prières dans l'idiome national ; mais la langue 
slavonne s'étant perdue en Pologne vers le xvi e siècle, 
on chanta en polonais , ce que prouve le chant de saint 
Christophe, très-estimé, lequel est, dit-on., de l'époque 
des rois Piast, ainsi qu'un chant à la Vierge avec musique 
d'André Tricesius pour soprano, contralto, ténor et basse, 
publié dans l'ouvrage de Nicolas Chrysztoporski sur la 
Destruction de Ninive. 

Sous le règne de Wladislas Lokietek, au xiv e siècle, 
l'abbé Witowski composa plusieurs chants religieux en 
langue polonaise, selon le témoignage de l'évêque Kad- 



DE LA MUSIQUE EN rOLOGNE. 



lubek. Ce chant rappelle le vieux polonais du temps du 
Psautier de la reine Marguerite, première femme de Louis 
d'Anjou et belle-mère de la reine Hedwige. 

Jean de Kampa Lodzia, évêque de Posen , laissa plu- 
sieurs chants, paroles et musique; il vivait au xiv e siècle, 
et avait un culte spécial pour la Sainte-Vierge , en l'hon- 
neur de laquelle il composa un grand nombre d'hymnes 
sacrés. Selon M. Wiszniewski, il existe un chant du même 
auteur en l'honneur de saint Adalbert. 

Le Canzionale de Wenceslas Brzozowski, poëte, pasteur 
et consenior de la Confession bohème, renferme des mo- 
tets à plusieurs voix.. Ce pasteur travailla au premier livre 
de chant publié à Kœnigsberg (Krolewieç) en 1554. Mais 
le recueil le plus important de ce temps est celui d'An- 
drysowicz, imprimé à Cracovie en 1556. Il contient des 
morceaux remarquables, composés par des auteurs en 
renom, entre autres une Oratio Dominica, pour cantus, 
alto, ténor et basse; un noël , Dies est lœtitiœ, pour les 
enfants , à une voix; un Christe qui lux es , à quatre voix; 
un chant sur la Passion de Notre-Seigneur, à quatre voix , 
en trente-quatre strophes ; un autre chant sur la Résur- 
rection de Notre-Seigneur, à quatre voix ; un Veni Crea- 
tor; un chant funèbre et beaucoup d'autres. L'unique 
exemplaire de ce précieux recueil appartenait à la biblio- 
thèque de Pulawy ; on craint qu'il ne se soit perdu dans 
la guerre de 1831. Le même éditeur publia aussi des 
psaumes avec musique à la même époque. Par.mi les noms 
des compositeurs, on remarque ceux de Wenceslas Szamo- 
tulski, de Lubelczyk, de Tricesius, et d'un anonyme dé- 
signé par les initiales C. G. 

Mais bientôt parut un ouvrage qui mit le sceau au grand 
siècle des Sigismonds sous le rapport musical; nous* vou- 
lons parler du Psautier de Nicolas Gomolka ; composition 
qui , par son importance , la conception et la disposition 



8 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

des voix, pouvait être placée à côté des meilleures de 
l'école italienne. Gomolka, inconnu des biographes étran- 
gers , prouva dans ses Psaumes qu il savait écrire d'après 
les grands modèles du xvi e siècle. Contemporain de Pales- 
trina, de Nanini, de Vittoria, il composa dans sa jeunesse 
cent cinquante psaumes remarquables par le style et l'ex- 
pression. On écrivait alors beaucoup pour voix seules. La 
science de contrepoint, la conduite des parties, les canons, 
les énigmes , avaient été poussés très-loin , tandis que la 
musique instrumentale restait en enfance. 

La Pologne eut sa pléiade de compositeurs religieux au 
xvi* siècle : c'est d'abord le savant professeur doyen des 
musiciens polonais-, Sébastien de Felstyn, auteur de nom- 
breux ouvrages, membre de l'Académie de Cracovie; puis 
Wenceslàs Szamotulski, Martin de Léopol , Nicolas Go- 
molka, Zelenscius, Christophe Kiçker, Brandus Pozna- 
niensis, J. J. Diomèdes Caton , Palingonius , et beaucoup 
d'autres qui furent très-renommés dans leur temps. 

Martin Kromer, évêque, historien, homme d'Etat, vi- 
vait dans ce grand siècle; il enrichit la littérature musi- 
cale de plusieurs ouvrages dont il sera question à l'article 
qui concerne ce savant prélat. Nous ajouterons seulement 
ici que, parmi les poètes sacrés de ce temps , il faut citer 
en première ligne Jean Kochanowski, Rey, Trzecieski et 
Valentin Wrobel , traducteur du Psautier et de cantiques 
sacrés. Parmi les théologiens, Jean Broscius, une des 
gloires de l'Université de Cracovie , figure pour deux ou- 
vrages. (Voyez ce nom. ) 

Pendant longtemps il n'y eut en Pologne qu'une sorte 
de musique grave ou religieuse, qui s'inspira de l'Église, 
car on ne séparait pas alors chez nous la religion de la 
science : tout se rapportait à la religion ; or, la musique 
dramatique n'existant pas encore, on cultivait le drame re- 
ligieux, ou les dialogues, dont les sujets, tirés des Écritures 



DE I,A MUSIQUE EN POLOGNE. 



saintes, étaient entremêlés de chant et d'instruments. 
Quant à la musique guerrière ou militaire, elle se bornait 
à des fanfares de trompettes et timbales ; on recevait, au 
son de ces instruments, les rois et les grands personnages. 
La musique de cour consistait en luths et clavecins. 

Nos ancêtres préféraient la musique gaie à la musique 
triste ou mélancolique, ils écoutaient volontiers la musique 
religieuse , et se plaisaient à entendre des airs nationaux, 
si caractéristiques par la mélodie , l'accent et le rhythme. 
Dans leurs vieux jours , les musiciens suspendaient leurs 
instruments à l'église, devant l'image d'un saint. Les gen- 
tilshommes se gardaient bien de s'occuper exclusivement de 
musique, mais ils la cultivaient comme un art d'agrément. 

C'est dans les couvents qu'on retrouve encore quelques- 
unes des compositions du grand siècle. On ne pouvait les 
conserver que par miracle , la gravure de musique n'étant 
pas connue, et les rares manuscrits étant exposés aux inva- 
sions desTatars, des Kozacks, des Suédois, qui, comme 
autrefois les Normands en France, pillaient et saccageaient 
tout : les meilleures partitions devenaient la proie des 
flammes et des barbares. 

La Pologne peut s'enorgueillir à juste titre d'avoir eu , 
la première, une institution très-utile pour l'exécution des 
messes en musique ; nous voulons parler du fameux Col- 
lège ou Chapelle, attaché à la cathédrale de Cracovie, 
fondé en 1542 par Sigismond le Vieux, roi de Pologne. 
Cette pieuse fondation , qui a traversé deux siècles et de- 
mi, et qu'on appelait Collège des Roratistes, était admi- 
nistré par un directeur, nommé par le roi ; composé de 
neuf chapelains chanteurs et d'un jeune clerc, qui étaient 
tenus de chanter tous les jours des messes Rorate pour 
voix seules, ainsi que des messes anniversaires. On con- 
serve encore, dans les archives de la cathédrale, l'original 
du privilège royal de la fondation de cette chapelle, dont 



10 RÉSUMÉ DE l'histoire 

le premier directeur fut l'abbé Nicolas de Posen, compo- 
siteur et auteur de plusieurs messes, écrites sur sept lignes, 
à quatre voix. Les partitions de ces messes existent à la 
bibliothèque de la cathédrale. La chapelle des Roratistes 
(eu polonais Kollegium Rorantystoiv) eut en tout dix-sept 
directeurs, dont le dernier fut Joseph Penkalski, composi- 
teur. ( Voyez l'article de Sigismond I er .) 

Dans les grandes circonstances, on augmentait le 
nombre des chanteurs du Collège clans cette proportion : 
12 premiers dessus, 

6 altos, 

8 ténors, 

5 basses-tailles, 
12 voix intermédiaires. 
Les anciens rois de Pologne et les grands seigneurs 
avaient des chanteurs et des musiciens, attachés à leur 
service. Ils entretenaient de bons orchestres, composés 
des meilleurs artistes nationaux et étrangers. Les PP 
Jésuites avaient leur musique, attachée à l'Église de Saint- 
Pierre et Saint-Paul, composée de quatre-vingts à cent 
musiciens ; l'orchestre de la cathédrale de Cracovie passait 
à cette époque pour un des meilleurs. 

Le seizième siècle, dit des Sigismonds, produisit ou pré- 
para des chefs-d'œuvre en tout genre ; l'art musical fît un 
grand pas et son étoile brilla dans le dix-septième siècle , 
qui vit paraître les ouvrages de Broscius, de Jacques 

LuBELCZYK,deDlOMÈDEsCATON, deJ. deG0RCZYN,deBERENT, 

de Liban de Ligniça, de J. Spangknberg, de Sigismond 
Lauxmin s. j., de Simon Starowolski et enfin de l'Abbé 
Gorczycki dont les dernières messes datent du commen- 
cement du dix-huitième siècle. 

La musique subit alors une complète transformation en 
Europe. En Pologne, ses progrès furent arrêtés ; la seconde 
moitié du dix-huitième siècle, marquée par la décadence 



DE LA MUSIQUE EN TOLOGNE. 11 

politique, fut malheureuse pour les arts. La Pologne 
perdit successivement les bonnes traditions, et ses pieuses 
institutions de musique religieuse, mais elle vit renaître 
la musique dramatique sous le règne de Stanislas Ponia- 
towski (1764); on s'aperçut enfin qu'il fallait régénérer 
les mœurs de la nation. Déjà plusieurs esprits généreux 
s'étaient mis à l'œuvre, lorsque, par une douloureuse 
catastrophe, tout s'engloutit avec la fin du dix-huitième 
siècle.... Mais les malheurs de la patrie tirent recourir à 
Dieu, un cri de détresse partit du fond des âmes, remonta 
vers l'Éternel et inspira de sublimes prières ! plusieurs nou- 
veaux cantiques virent le jour, ce sont : Do ciebie Panie 
(A toi, Seigneur) Kiedy ranne wstaje zorze (Quand l'aurore 
au matin se lève) Ojcoiv naszych Boze stary (Dieu de nos 
pères) Przed oczy twoie panie (Devant tes yeux, Seigneur). 
Une suite de chants religieux, composés pour être chantés 
pendant la Messe, fut publiée à Posen. Plus tard J. Elsner 
en composa sur les paroles de K. Brodzinski. Cet exemple 
fut suivi par Felinski et Wenzyk, par Mixasowicz et 
Ch. Kurpinski; un compositeur de mérite, Raszek, écri- 
vit des Messes, des Hymnes et des Cantiques. Le ré- 
pertoire de musique d'Église moderne s'enrichit bientôt 
des compositions de Kozlowski, de J. Elsner, de Charles 
Kurpinski, de J. Wanski, de Louis Raszek, de J. Kro- 
gulski, de Dobrzynski, de Chwalibog, de J. Stefani, de 
Sloczynski, de Nideçki, etc. Le comte Venceslas Rzewuski , 
amateur distingué, composa une messe de Requiem sur la 
mort de Czaçki. Le comte J. Tlinski écrivit beaucoup pour 
l'Église. ( Voyez sa biographie). 

Dans plusieurs églises de Varsovie on exécutait des 
messes en musique. De nombreuses associations se formaient 
dans ce but chez les Piaristes, chez les Bernardins, à l'égl isc 
des Benones, chez les Dames Chanoinesses, chez les Visi- 
tandines, à Sainte-Croix, à la Cathédrale, etc. Les meilleurs 



12 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

chanteurs, amateurs et artistes rivalisaient de zèle. Les 
femmes pouvant chanter dans les églises, on parvint à 
réunir des chœurs nombreux les dimanches et les fêtes ; 
plusieurs compositions d'illustres maîtres furent exécutées 
en grande pompe, entre autres : le Requiem de Mozart, 
celui de Kozlowski, le Te Deum de Kurpinski, ainsi que le 
Vent Creator deCh. Soliva qui avaient réuni jusqu'à, quatre 
cents exécutants, masse inconnue à Varsovie avant cette 
époque, (1829). Mais de nos jours, le bel oratorio d'Elsner, 
la Passion de N.-S. Jésus Christ, eut un bien plus grand 
nombre d'exécutants : cinq cent cinquante chanteurs et 
instrumentistes prirent part aux représentations de cette 
admirable composition, qui fait honneur à la Pologne. 
Elles eurent lieu en 1 845 dans l'église Évangélique sous la 
direction de Nideçki et Billing. L'illustre auteur présidait à 
l'ensemble, il acheva ainsi sa glorieuse carrière par un chef- 
d'œuvre de musique religieuse. 

Cette musique fut toujours remarquable en Pologne et 
particulièrement à Cracovie, berceau de la musique d'Église. 
La cathédrale de Cracovie possédait un bon orchestre, il 
fut dirigé en 1763 par l'abbé Mathieu Zieleniewicz, plus 
tard par l'abbé Bittner et l'abbé Podgorski. En 1791 par 
Fr. Kratzer, qui fonda une école de chant sous la protec- 
tion du comte Venceslas Sierakowski, custode de la Cou- 
ronne, connaisseur zélé et actif {Voyez son article). Sous 
d'autres rapports, l'organiste W. Goronczkiewicz rendit des 
services à la musique religieuse, à Cracovie, par son goût, 
son habileté et ses ouvrages. La musique d'Église fut dans 
un état florissant, sous les règnes des rois de la maison des 
Jagellons, de Wasa et d'Etienne Batory : on en a la preuve 
dans une riche collection de musique sacrée conservée à la 
chapelle du château (w Kaplicy Zamkowej ) laquelle 
renferme plusieurs manuscrits précieux d'anciens compo- 
siteurs polonais et italiens du seizième siècle. On y voit 



DE LA MUSIQUE EN TOLOGNE. 13 

encore des documents authentiques, signés de la main de 
nos rois, concernant l'érection de la chapelle et l'entretien 
des chapelains-chanteurs attachés au collège desRoratistes. 
Ces pieuses fondations furent malheureusement détruites 
par les invasions. De nos jours, quelques amateurs de 
musique, jaloux de la gloire nationale, voulurent orga- 
niser une société de chant pour perpétuer l'ancienne gloire 
de la chapelle royale et de celle de l'université (arslibera- 
lium), Mais les fréquents changements de gouvernement, 
àCracovie, entravèrent l'existence de cette société. Quant 
au plain-chant, il était peu cultivé ; à Varsovie les PP. Mis- 
sionnaires le faisaient chanter dans leur Église, ainsi que les 
Bénédictins, lesquels enseignaient le chant choral à leurs 
jeunes gens. Les PP. Basiliens dont le chant a des rap- 
ports avec les hymnes de l'église grecque, avaient de belles 
voix dans quelques-uns de leurs couvents. 



MUSIQUE DE COUR OU DE SALON 

Les anciens rois de Pologne protégeaient beaucoup la 
musique et avaient des artistes attachés à leur suite, qui 
prenaient le titre de musicus regius. Cette branche de 
musique est moins ancienne que celle de l'Église, elle date 
du treizième siècle environ. Aux époques reculées, les 
rois et les grands personnages étaient reçus au son d'ins- 
truments plus ou moins harmonieux, trompettes et tim- 
bales d'abord, plus tard avec flûtes et autres instruments 
à vent. La première mention que l'on trouve dans l'histoire 
(Voyez Naruszewicz, t. m, p. 58) est relative à l'entrée 
du prince Zbigniew àCracovie en 1096, lorsqu'il vint rendre 
visite à son père. 11 fut précédé par des joueurs de flûtes, 



14 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 



pardes tambours et des chariteurs(l). Ala mort du roi son 
père, WladislasHerman, la musique fit partie du cortège fu- 
nèbre, elle était composée de chanteurs, de trompettes et de 
tambours. Le retour de Casimir I er en Pologne, en quittant 
le couvent de Cluny, fut célébré par des chants d'allégresse ; 
le peuple salua le roi en chantant « Ah witajze nam mily 
Hospodinye» L'historien Gallus cite deux chants en l'hon- 
neur de Boleslas Bouche-de-Travers. Le premier sur l'expé- 
dition à Kolberg ; le deuxième, comme éloge de ce roi : 
Cœsari vero cantilena populi displicebat « Eamque can- 
tari sœpissime prohibebat. » Lareine Anna AldonaGedymin , 
épouse de Casimir le Grand, fut célèbre par son goût pour 
la musique. La reine Hedwige, adorée par son peuple, cul- 
tiva la musique et la danse. Le roi Wladislas Jagellon, son 
époux, aimait à entendre le chant du rossignol ; il fut pris 
par le froid en écoutant fort tard dans la nuit ce barde ailé 
et en mourut. Presque tous les princes de la race des 
Jagellons témoignèrent de leur goût pour l'art musical. Le 
roi Alexandre avait à son service le célèbre Henri Fink et 
le roi Jean-Albert, protégea Herman Fink qui lui dédia 
son ouvrage intitulé : Practicamusica. (Voyez ce nom). 

Sigismond I er , le fondateur du collège des Roratistes 
pour l'exécution des Messes en musique, avait à sa cour des 
joueurs de luth, dont les fonctions consistaient à égayer le 
roi par leurs talents. Ils recevaient pour gages quinze marcs 
d'argent, un marc valait en 151 1 environ 21 à 24 florins de 
Pologne et 10 gros. Nous trouvons dans les comptes de ce 
règne par Koscieleçki (1510-1511) que les trompettes rece- 
vaient 3 gros, les jeunes garçons, joueurs de luth, avaient 
un marc 12 gros ; le gros d'alors valait 13 gros de nos 



(1) Ce même prince Zbigniew, devant traiter avec Boleslas Bouche-de- 
Travers, se fit précéder par la musique à son arrivée au rendez-vous. « Sicut 
Dominus cum ense précédente, cum sinfonia musicorum, tympanïs et cy taris 
modulancium, precinente (Gallus, édition de Brantkie, 305). 



DE LA MUSIQUE EN l'OLOUNE. 18 

jours. Le même historien ajoute que, lorsque Monseigneur 
le Légat du Pape envoya ses musiciens pour complimenter 
le roi de Pologne, ils reçurent pour étrennes un marc 
d'argent, et leur chef, un marc 24 gros. Les deux luthistes 
du roi recevaient six florins par an. D'après ces détails, on 
voit de quels instruments on se servait alors à la cour des 
rois de Pologne. Sigismond I er , marié à une Italienne Bona 
Sforza, avait à son service beaucoup de musiciens italiens, 
venus en Pologne à la suite de la reine. Sigismond-Auguste, 
son fils, fut bien plus magnifique encore ; il avait une excel- 
lente chapelle. Un célèbre joueur de luth, Hongrois de 
nation, dont l'histoire ne nous donne pas le nom, était à 
son service. La reine Anna, sœur de Sigismond-Auguste , 
protégeait le collège des Boratistes, ses lettres adressées à 
l'abbé Zaïonç, directeur de la chapelle, sont très-intéres- 
santes. 

On ne connaît pas l'époque de l'invention de la Polonaise; 
elle dut prendre naissance à la cour, sa mélodie respire 
parfois la simplicité, mais le rhythme martial domine et lui 
donne une allure guerrière. Elle a quelque chose de solen- 
nel et un grand charme pour les amateurs de musique 
chantante ; sa terminaison est d'une forme particulière qui 
peint l'étiquette du moyen âge. Cette terminaison se trouve 
déjà dans le chant de Boga-Bodziça , dans l'allégretto. 
Le mouvement de la Polonaise est grave, mais il n'exclut 
point la gaieté. 

Lorsque Henri III fit son entrée à Cracovie, il fut reçu 
par un magnifique cortège accompagné des meilleurs 
trompettes, flûtes et tambours, qui exécutèrent à cette occa- 
sion une fanfare devenue célèbre, qu'on nomme en polo- 
nais Taranlara, destinée aux grandes cérémonies. Les musi- 
ciens ne jouaient pas de morceaux bien savants, ils se 
bornaient à des airs guerriers ou religieux et à quelques 
chansons populaires. 



16 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

Après le décès du roi Etienne Batory, on trouva parmi 
ses effets plusieurs colïresremplisd'instruments de musique; 
savoir : un grand orgue régal, un clavecin ou l'unisson, 
une grande boîte renfermant plusieurs violons, une autre 
boîte avec chalumeau, une caisse contenant des flûtes, un 
trombonne-ténor , un grand cornet, un trombonne de quarte, 
trois petits trombonnes et cornettes ; de plus, six parti- 
tions de musique copiées. (Voyez les Mémoires d'Ed . Ra- 
czynski sur le règne d'Etienne Batory, publiés en 1830). 

Plusieurs instruments de musique sont sculptés sur le 
tombeau de Sigismond-Auguste dans la cathédrale de Cra- 
covie; on y voit une harpe, un cor, une trombe, un violon 
et une guitare. 

Mais c'est sous le règne de Sigismond III, que la musique 
fit de grands progrès en Pologne. Le roi avait du goût 
pour cet art. Nous voyons dans les comptes de Wollowicz 
(1613) que sa chapelle, composée de musiciens italiens et 
polonais, lui coûtait 12,000 écus par an, (1596) onze 
joueurs de trompettes et trois tambours y étaient attachés. 
Stanislas Gorka, palatin de Posen, menait une existence 
princière. Il reçut chez lui le célèbre auteur de Practica 
musica, Herman Fink, qui lui dédia ses œuvres et consigna 
dans la préface sa reconnaissance envers l'illustre famille 
de Gorka. 

Le grand Zamoyski Jean avait une musique nombreuse 
composée de bons chanteurs et instrumentistes'. 

Wladislas IV, connaisseur et grand protecteur des arts 
( Voyez sa biographie), avait déjà une sorte de concerts à sa 
cour ; sous son règne, on joua pour la première fois l'opéra 
italien en Pologne. Il visita plusieurs fois le couvent de 
Czenstochowa , célèbre par l'image miraculeuse de la 
Sain te- Vierge, où il chantait des hymnes sacrés avec le 
clergé. 

On sait que Jean -Casimir, après avoir abdiqué la cou- 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 17 

ronne de Pologne, vint mourir en France , abbé de Saint- 
Germain-des-Prés. On voit son tombeau dans leglise 
de ce nom, seul monument de l'antique abbaye. Ce 
prince , ayant été arrêté à Marseille par les ordres du car- 
dinal de Richelieu , pendant un voyage en Espagne, avant 
son élection, fut consolé durant sa détention au château 
de Vincennes, par son fidèle serviteur Pierre Élert, lequel, 
nouveau Blondel, venait abréger les heures de captivité du 
prince royal par son talent sur le luth. (Voyez son article.) 

Le roi Jean Sobieski aimait la musique, et avait une 
excellente chapelle dans sa terre de Zolkiew en Galicie, 
où il venait se délasser après ses hauts faits d'armes. La 
reine Marie-Casimire touchait bien du clavecin ; elle avait 
un merveilleux instrument qui lui fut offert par l'impéra- 
trice d'Autriche. La musique du roi se composait de vio- 
lons, d'instruments à vent , et d'un orgue. Les bons élèves 
du village obtenaient leur libération du service. 

Sous le règne des rois de Saxe , la musique instrumen- 
tale fit des progrès. Auguste II dépensait beaucoup pour sa 
chapelle. On jouait l'opéra italien , trois fois par semaine, 
à Varsovie ; le public était admis gratis. L'orchestre du roi 
de Pologne, composé des meilleurs instrumentistes, pas- 
sait pour le premier en Allemagne. (Voyez l'article de 
Frédéric- Auguste III. ) 

La musique de salon , ou de chambre, était déjà goûtée 
en Pologne au commencement du xvu e siècle. On aimait 
à entendre chanter avec accompagnement de luth, on 
jouait de la vielle (kobza), de la flûte, du clavecin, de 
l'orgue, de la mandoline, du violon, etc. L'usage de faire 
des quatuors n'est venu que plus tard. 

En Lilhuanie, on se servait des violons; de dulki (pe- 
tites flûtes, de timbales (cymbaly), de la guimbarde, 
importée par les Hongrois; il y avait aussi des trompettes 
en bois, dernier vestige de surmy (anciens cors). 



18 RESUME DIS L'HISTOIRE 

La musique militaire a consisté en trompettes, trom- 
bonnes et tambours , jusqu'à l'introduction de la musique 
turque, laquelle contribua encore à augmenter le nombre 
d'instruments bruyants,, et amena l'usage des timbales, 
fifres, clocbes, grosse-caisse et pavillon chinois. Pendant 
l'interrègne, il était défendu de faire de la musique, en 
signe de deuil (1). En temps ordinaire , la musique jouait 
pendant les repas. Les instruments à vent alternaient avec 
les voix et les instruments à cordes. Les masques avaient 
leur musique. La veille des grandes fêtes, la musique 
jouait sur une des tours de la ville. Le lever du soleil 
était annoncé par les trompettes du haut des tours de Cra- 
covie. 

Nous avons dit que l'influence du roi Stanislas Ponia- 
towski fut grande sur la musique en Pologne. Sa chapelle, 
composée de bons musiciens nationaux et étrangers, était 
une des meilleures de l'Europe. C'est de son règne que date 
l'opéra national polonais. Plusieurs grands seigneurs en- 
tretinrent de bonnes musiques dans leurs terres; nous 
citerons, entre autres, les princes Oginski et les comtes 
Wielhorski. Les chefs de ces familles protégeaient les 
artistes, et contribuaient par leurs talents à rehausser 
l'éclat de la musique de salon. Les compositions du prince 
Michel Oginski , remplies de charme et d'expression , de- 
vinrent populaires dans toute l'Europe ; ses ravissantes 
Polonaises , surtout , portent le cachet national au dernier 
degré. D'autres amateurs distingués se firent connaître vers 
cette époque. Les princes Louis , Charles et Antoine Ra- 
dziwill, le prince K. Lubomirski, les comtes Ledochowski, 
Polanowski , Komorowski , répandirent le bon goût dans 



(1) Après la mort de Boleslas Cbrobry : Nulhts plausus, nullus cytharœ 
sonus, audiebatur in tabemis , nulla cantilena puellaris, nulla vox lœlitiœ 
resonabat in plateis (Martin Gallus). 



VF. LA HtlSIQUE K> POLOGNE. 19 

la société. On exécutait à merveille, chez le comte Bra- 
niçki et chez le comte Mielzynski, grand-notaire de la 
couronne; chez le prince Fr. Sulkowski, au château de 
Wloszokowicé, où le célèbre Charles Kurpinski commença 
sa carrière musicale. Il y avait d'excellents orchestres chez 
le comte Antoine de Tyzenhaus, près de Grodno; chez le 
prince Auguste Sulkowski , au château de Rydzyn ; chez 
le prince D. Radziwïll, à Nieswiez; chez le prince Druçki- 
Lubeçki, dans le district de Pinsk, en Lithuanie ; chez le 
prince Michel Lubomirski, àDubno ; chez le comte Ilinski, 
à Romanow; chez le comte Holowinski, à Miklaszowka, en 
Ukraine; le comte Steçki, à Miedzyrzéc, et chez d'autres 
seigneurs polonais, dont le patronage éclairé , en attirant 
les artistes étrangers dans le pays, propageait le goût des 
arts dans la noblesse polonaise, remarquable par sa valeur, 
son esprit cultivé et ses sentiments religieux. 



MUSIQUE VILLAGEOISE 



CHANTS POPULAIRES 

C'est la musique la plus ancienne : tout ce qui vit et 

respire chante La mélodie, ce soufile divin descendu 

d'un monde invisible, fait la joie du laboureur et les dé- 
lices du palais des rois ; parcourt le désert, plane sur la 
surface de l'Océan; console la douleur sans le secours 
d'aucun instrument. La mélodie tient du ciel et de la 
terre , elle élève l'àme à Dieu et fait naître de douces im- 
pressions dans le cœur de l'homme. La mélodie règne en 
souveraine dans les airs populaires ; elle peut se passer de 
l'harmonie , tandis que celle-ci ne peut se passer de chant; 



20 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

elle se suffit à elle-même, traverse des siècles par tradi- 
tion, et devient souvent une puissance. 

Les airs populaires sont une véritable richesse dans la 
vie dune nation. Le chant est aussi ancien que la parole; 
il unit la créature à Dieu par la prière, attache l'homme 
à sa triste destinée sur la terre, en le disposant au pardon. 
Par le chant, l'homme se résigne à la douleur; par le 
chant, l'absence devient moins pénible, la religion et la 
morale se gravent dans la mémoire en caractères profonds. 

Compagnons fidèles de l'homme, les airs populaires lui 
rappellent ses jeunes années, lui retracent la patrie ab- 
sente, lui tiennent lieu d'affections, et répandent la gaieté 
autour de lui. Le chant est inné à l'homme, et tous les 
peuples de la race slave aiment à chanter. La Pologne est 
riche en musique populaire; elle possède plusieurs genres 
de musique bien marqués. Ses polonaises, se&mazoures, 
ses krakowiaks, ses dumki (rêveries), brillent par la mé- 
lodie, le rhythme, l'originalité de terminaisons et l'expres- 
sion naïve de la pensée. 

L'histoire des chants populaires n'est pas aisée à faire ; 
il y règne beaucoup d'incertitude ; chaque événement re- 
marquable a eu son chant; beaucoup se sont perdus, 
d'autres vivent sous le chaume, et passent à la postérité 
sur les ailes du temps sans avoir été notés. 

11 parait démontré qu'il y a eu des chants populaires 
sous les rois Piasts, en langue latine et en langue vulgaire. 
Parmi les chants historiques, on remarque celui de Casi- 
mir I er , cité plus haut ; de la reine Luidgarde, femme de 
Przemyslas I er ; de Zawisza le Noir, de Witold et Sigis- 
mond, princes lithuaniens; du prince Wisniowieçki , de 
Sawa, attaman des Kozaks d'Ukraine. Plusieurs guerriers 
célèbres eurent des chants spéciaux ; ainsi que le roi Jean 
Sobieski , on chanta le bon vieux temps sous les rois de 
Saxe. 



DE LA MUSIQUE EN TOLOGNE. 21 

Dans les anciennes chroniques, on trouve des chants 
sur Miecislas, sur Wanda, sur Walgiei* Wdaly. Il existait 
alors une poésie guerrière. Plus tard , on composa des 
chansons erotiques dans le genre des Minnescingcr alle- 
mands. On cite un prince de la maison de Piast, Henri 
de Breslau, qui était poëte de la chevalerie, selon le comte 
Ignace Potoçki. Le xvi e siècle vit paraître les drames reli- 
gieux, ou dialogues, qu'on jouait dans les couvents. On y 
intercalait des chansons satiriques, surtout dans ceux qui 
étaient chantés pendant les jours gras. Un de ces dialogues 
ou mystères, composé en 1533 par un Dominicain, durait 
quatre jours. Indépendamment despersonnages del'Histoire 
sainte, on en voyait d'autres qui donnaient l'idée des mœurs 
du pays à cette époque. Ces personnages , d'une création 
originale, étaient : un chef guerrier, un huissier, un maître 
d'école, un organiste, un sorcier, un staroste, une vieille 
(Baba ou Babka) , etc. Comme on voit , c'était un premier 
essai de pièces à situations comiques , jouées par des étu- 
diants sur les théâtres des écoles. Ces pièces , dans les- 
quelles la musique tenait une grande place , renfermaient 
une critique des abus et des ridicules de l'époque. L'évêque 
de Cracovie les défendit en 1603 à cause des protestants. 
Pendant les intermèdes , on chantait ; la symphonie se 
continuait, elle peignait le chant du coq , les grincements 
de dents, le désespoir des larrons,, la prise de Jésus au 
mont des Oliviers, les cris de Judas en enfer! C'était 
une espèce d'opéra romantique dont il ne reste rien. 

Un chant religieux à la Vierge, de Czenstochovv, devint 
populaire; il est en bon polonais, il y est question des 
Tatars, des Suédois, de la peste et d'autres afflictions. 
La maison gothique de Pulawy possédait , avant la guerre 
de 1830, un exemplaire des chants religieux et mondains, 
avec musique à trois et quatre voix, de Jacques Lubelczyk, 
dont le nom était indiqué par les initiales J. L. La biblio- 



22 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

thèque de la maison gothique, appartenant au prince 
Adam Czartoryski , fut riche en ouvrages sur la musique 
des xvi e et xvn e siècles : elle renfermait les œuvres de 

Sébastien de Felstin , 

Martin Kromer, 

Broscius , deux ouvrages ; 

Liban de Ligniça, deux ouvrages; 

Jean Spangenberg , 

Nicolas Gomolka , 

Diomedes Galon , deux ouvrages ; 

Bartochowicz (Wilna, 1619), 

Jean de Gorczyn , 

Berent , 

Simon Starowolski, 

Lauxmin, s. j. 
Dans le siècle dernier, un poëte populaire parut en Po- 
logne, François Karpinski, dont les charmantes poésies 
sont restées dans la mémoire de tous. Un grand nombre 
furent mises en musique et réussirent, comme : Ozdobo 
twarzy (Ornement de visage), Jnz Miesionç zeszedl (Déjà la 
lune se lève), Chcialosie ZosiJagodek ( Sophie désire des 
cerises), Kiedy ranne ivstaie zorze (Quand l'aurore au ma- 
tin se lève), dont nous devons la traduction ta madame 
la vicomtesse Esda: 

Quand l'aurore au matin se lève , 
La terre chante le Seigneur ; 
Et la mer se brise à la grève, 
En louant le divin Sauveur. 

Tout ce qui vit dans la nature , 
Seigneur, bénit ta sainte loi, 
Seul , l'homme comblé sans mesure , 
N'aurait-il pas d'amour pour toi? 

Et quand a l'aube je m'éveille , 
Je cherche au ciel mon doux Seigneur i 
Il est la, près de moi qui veille, 
Quand je m'endors près de son cœur.. 



de la musique; en Pologne. 23 

mon Dieu ! du soir a l'aurore , 
Des frères nous ont dit: Adieu! 
Nous qui veillons, prions encore, 
Célébrons la gloire, grand Dieu! 



Ii % POLONAISE 

TA MEC TOLSKI 

Cette ancienne danse, ou marche, ne paraît pas tirer 
son origine du peuple ; elle dut prendre naissance à la cour 
de nos rois. Elle a quelque chose de majestueux et de 
doux, et convient aux grandes assemblées ; cependant elle 
est populaire dans les chaumières, naïve et simple dans sa 
forme. Elle fut Irès-goûtée de nos pères, son mouvement à 
troislemps s'accordait bien avec leur gravité. La polonaise 
ouvrait les fêtes, résonnait dans les salles de festins et 
faisait les délices des gentilshommes campagnards; les 
anciennes polonaises étaient sans paroles, elles furent 
traitées plus tard par d'habiles compositeurs, pour instru- 
ments seuls et à grand orchestre. L'illustre Kozlowski en 
composa une quantité considérable; plusieurs grands 
maîtres italiens adoptèrent le mouvement de la polonaise 
pour les morceaux d'opéra qu'ils désignaient par ces 
mots : (alla polacca). Vers la fin du siècle, les plus popu- 
laires furent celles de Kamiénski, d'Elsner, de Deszczynski, 
de Braciçki, de Wanski, du prince Oginski, de Kurpinski, 
deDobrzynski et de beaucoup d'autres compositeurs. 

IiA MAZOUBE ou LA 1HAZOUREK 

MAZUR 

La musique de la mazurek a plus de sensibilité, elle est 
couvent mélancolique; elle est à trois temps comme la 



24 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

polonaise, mais d'un mouvement plus vif qui exige une 
accentuation plus énergique. Sa mesure permet le vague, 
l'indécision; on la marque à contre-temps; elle suit, en 
quelque sorte, l'inspiration du musicien , elle est poétique 
et éminemment nationale. Sortie du peuple, adoptée par 
toutes les classes, elle fait les délices des salons et charme 
également les jeunes et les vieux. On ne saurait préciser 
l'époque à laquelle on commença à composer des ma- 
zureks en Pologne. Il est probable que les joueurs de 
luth du xvi e siècle connaissaient ce genre d'airs, à en 
juger par les descriptions d'anciens poètes polonais; 
celles que le peuple chantait, avaient quelque chose de 
naïf et de tendre, une mélodie courte et accentuée ; elles 
avaient primitivement deux reprises avec un prélude ou 
ritournelle que les ménétriers du village improvisaient à 
leur façon. Les paroles de ces airs rustiques roulaient sur 
les travaux champêtres, sur la beauté des moissons, sur 
les espérances du laboureur et sur ses amours. Dans la 
suite le cadre de la mazurek s'agrandit, on traita tous les 
sujets, et nos plus grands poètes, ne dédaignant pas ce 
genre, firent de charmants petits poëmes. Frédéric Chopin 
popularisa la mazurek en France, il pénétra plus avant 
dans ce sanctuaire national et sa muse mélancolique fit 
pleurer et tressaillir plus d'un cœur généreux. Depuis 
Gawinski, jusqu'à K. Brodzinski et Mickiewicz, beaucoup 
de poètes excellèrent dans ce genre. A la renaissance de 
l'opéra polonais, vers le milieu du dernier siècle, 
Alb. Boguslawski, Kaminski, Stefani et EIsner, tirèrent 
parti de la mazurek et firent voir que ces airs renfermaient 
une véritable richesse pour l'opéra polonais. 

Il y a des mazureks mélancoliques, guerrières, villa- 
geoises, instrumentales ou dansantes; un grand nombre 
sans nom d'auteur. Les mazureks historiques sont dési- 
gnées par des noms de généraux, par des événements 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 25 

remarquables de l'histoire. Des mazureks nous initient aux 
scènes de la vie privée, aux chagrins d'amour, de la 
patrie absente. L' Alouette, du prince Oginski (Skowro- 
nek), estune mélodie touchante quia le double mérite de 
la tonalité etdurhythme. La mazurek du trois Mai est 
ravissante de mélodie, celle des anciennes légions polo- 
naises est remarquable par un chant large, très-beau et 
d'une grande puissance. Les mazureks, aussi nombreuses 
en Pologne que les romances en France, sont une mine 
inépuisable pour les jeunes compositeurs; leur nom vient 
de la Mazovie, ancienne province dont Varsovie est la capi- 
tale. 



Hî KRAKOWIAK 

Air d'un genre tout différent de la polonaise et de la 
mazurek. 11 est à deux temps, d'un caractère vif et gai, 
connu en France sous le nom de la Cracovienne ; il fut 
dansé à l'Opéra, par madame Turczynowicz et mademoi- 
selle Fanny Elsler. Les krakowiaks sont fort nombreux, ils 
sortent du peuple; très-répandus dans les palatinats de la 
Grande-Pologne, ils sont charmants à voir danser dans le 
costume si pittoresque des paysans polonais. Après avoir 
fait le tour du bal on s'arrête et le cavalier du premier rang 
chante un couplet à la louange de sa danseuse ; parfois 
avec des paroles satyriques, mais pleines d'une naïve 
simplicité. On chantait déjà au commencement du 
xvu e siècle des airs semblables en Pologne, on en trouve 
la preuve dans les poésies de C. Miaskowski 1622). Il 
existait à la même époque des chants en l'honneur de 
saint Grégoire (Gregoryanki). Les femmes du marché de 
Cracovie se réunissaient le jour de la fête de leur patron et 
nommaient une d'elles pour les présider pendant les céré- 



RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 



monies du Czomber Babski. Les Grégoryanki devaient 
être une espèce de krakowiak appropriée à la cir- 
constance. 



UIMY ou nuiki 

RÊVERIES 



Dans la Ruthénie, l'Ukraine, la Wolhynie et la Po- 
dolie, le mode mineur domine. Les dumki, airs plain- 
tifs, lents, presque tous à deux temps sont fort anciens, 
ils modulent du mineur au majeur relatif, et en sens 
inverse. M. Fétis a très-bien décrit leur tonalité dans son 
Résumé de l Histoire universelle de la Musique. Les 
dumki étaient accompagnés autrefois sur la guinsla, 
ancien instrument slave. Dans les temps modernes, la 
bandurka et le teorbe ont prévalu et ont fait oublier l'ins- 
trument informe delà guinsla ou gousla, qui n'est plus en 
usage. Les dumki d'Ukraine, connues improprement sous 
le nom d'airs russes, peuvent se chanter sans accompagne- 
ment. Chez les Kosaks Zaporogues, il y a des Bandouristes; 
espèce de chanteurs ambulants qui s'accompagnent sur la 
bandura ou la bandurka; rien n'est touchant comme ces 
mélodies primitives qu'on entend souvent vers le soir à 
l'entrée des villages ou pendant les travaux agricoles. 
Tristes et plaintives, d'une expression déchirante, elles 
causent une vive émotion et remplissent l'âme du voyageur 
d'une morne douleur. 

A coté de ces mélodies mélancoliques, il y a des airs 
de danse forts gais qu'on appelle les kozaks; ce sont des 
airs dans le genre des polkas, dans lesquels les Zaporogues 
montrent leur souplesse et leur agilité. Dans plusieurs 
châteaux on formait des jeunes garçons de village à chan- 
ter et danser la kosake, ils portaient le costume national 
et s'accompagnaient sur le téorbe. 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 



LES D.1IXOS 



27 



La Lithuanie est riche en chants populaires et ne le 
cède en rien, sous ce rapport, aux autres parties de la 
Pologne ; la langue lithuanienne, d'origine sanskrite, est 
toute différente des langues slaves. Le mot daïna veut dire 
un chant gai. Cette langue concise, est favorable à la 
poésie ; elle se prête bien à la musique malgré quelques 
expressions un peu dures. Les daïnos sont empreintes 
d'une douce simplicité ; il y a dans ces airs de la sensibi- 
lité et de la franchise. Le savant L. J. Rhésa publia, en 
1816 et en 1826, un volume de ces poésies lithuaniennes 
avec musique et traduction allemande sous le titre : Déto- 
nas oder Lithanische Volkslieder. Une daïna mise en 
musique par Fr. Chopin fut chantée à Paris par madame 
Viardot-Garcia au concert donné pour les pauvres/ par 
madame la princesse Marcelline Czartoryska. On sait que 
madame Yiardot, indépendamment de son admirable 
talent pour le chant, prononce parfaitement toutes les 
langues. 



MUSIQUE DRAMATIQUE 

L'histoire de la musique en Pologne peut se diviser en 
trois parties : 1° Musique ancienne jusqu'au règne des 
Sigismond; 2° Musique du grand siècle (le xvi c ) et sui- 
vant ; 3° Musique moderne. Les deux premières parties 
embrassent une vaste période , depuis l'apparition de la 
musique en Pologne jusqu'à 1764. Cette période eut plu- 
sieurs phases. Elle atteignit un haut degré de perfection 



RÉSUMÉ f)E L'HISTOIRE 



au xvi e siècle, suivit la décadence de la littérature et ne 
survécut au naufrage général que dans quelques œuvres 
oubliées d'anciens compositeurs religieux. 

La musique moderne date du règne de Stanislas- 
Auguste Poniatowski , en 1764 , et va jusqu'à nos jours. 
Dans cette période, elle fît de rapides progrès et suivit le 
perfectionnement général de cet art en Europe, Ayant 
déjà parlé de chaque époque, nous nous occuperons 
spécialement de la musique moderne ou dramatique, 
nous citerons les compositeurs célèbres auxquels la 
Pologne est redevable de son opéra, nous parlerons des 
chanteurs en renom dans des articles spéciaux , et nous 
donnerons une courte notice sur d'anciens instruments 
slaves et sur leur classification. 

Les représentations théâtrales furent introduites en 
Pologne vers le xvi e siècle. D'abord c'étaient des dialogues 
ou drames religieux, puis des tragédies classiques et enfin 
l'opéra italien , dont la première apparition date du 
xvn e siècle, sous le règne de Wladislas IV. 

A cette époque on donnait à la cour des représenta- 
tions lyriques jouées par les Italiens. Il n'y avait pas 
encore de théâtre en ville, on ne jouait que de temps en 
temps à l'occasion de grandes fêtes. Le mariage de Wla- 
dislas IV avec Marie-Louise de Gonzague fut célébré avec 
une grande magnificence. On donna à Dantzik un opéra 
italien avec ballet, on dépensa cent mille écus pour la 
construction du théâtre, les machines et les décorations. 
La ville de Dantzik supporta seule cette énorme dépense, 
elle fit bâtir une salle de spectacle d'une forme ovale, 
entourée de galeries qui pouvaient contenir trois mille 
personnes. L'opéra qui fut représenté à cette occasion, 
était intitulé : Histoire des amours de Psyché et de Cupidon , 
en vers italiens, et trois actes, composée par Virg. Pucci- 
telli , avec un prologue qui contenait des éloges allégo- 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 



riques adressés à la reine. Après la pièce, on donna le 
ballet de Y Aigle blanc entouré de quatre aigles noirs mon- 
tés par des Amours qui faisaient des évolutions en mesure; 
celte allégorie était de l'invention des sieurs Logi et Barth. 
Bolzoni , ingénieurs de Sa Majesté. A l'arrivée de la Reine 
à Varsovie, on représenta une comédie italienne, au palais 
du roi. Après chaque acte, il y avait concert, le ballet ter- 
mina le spectacle. La maréchale de Guébriant qui accom- 
pagna la reine en Pologne, dit, dans ses Mémoires, qu'on 
y déploya un luxe inouï et que la musique du roi , com- 
posée des meilleurs artistes, coûtait fort cher à Sa Majesté 
en présents et pensions. 

Une description intéressante du théâtre se trouve dans 
les Mémoires d'Adam Iarzemski, architecte et musicien du 
roi Wladislas IV (voyez son article). Iarzemski laissa 
également une description de Varsovie en 1643, pièce 
en vers dans laquelle il cite plusieurs musiciens et orga- 
nistes connus à cette époque. 

Du temps de Jean-Kasimir , le Cid fut joué en polonais 
par des amateurs (1). Bien avant déjà d'autres tragédies 
avaient été représentées à Cracovie sous le règne des 
Sigismond : Pamela et le Départ des ambassadeurs grecs, 
de Jean Kochanowski. Dans la suite, Venceslas Rzeuwski, 
castellan de Cracovie, donna deux tragédies tirées de 
l'histoire de Pologne : Zolkiewski et Wladislas à Wama. 
Joseph Wybiçki écrivit la tragédie de Sigismond - Auguste 
et Fr. Karpinski celle de Boleslas. Une édition du théâtre 
polonais, en quarante volumes, parut en 1801 , elle ren- 
ferme plus de traductions que de pièces originales. 

Sous Auguste II et Auguste III , on donnait des opéras 
italiens au théâtre du Manège , près du Jardin de Saxe , 



(1) Traduit en vers polonais, le Cid, de Corneille, fut joué, en 1661, chez 
le comte Morsztyu, grand trésorier de la couronne de Pologne. 



30 RÉSUMÉ DE i/llISTOIllE 

le public y était admis sans payer, on envoyait des invita- 
tions aux grands personnages de la part du roi (voyez ces 
deux règnes). Stanislas- Auguste Poniatowski entretenait 
un Opéra italien dont la troupe composée des meilleurs 
chanteurs et cantatrices était très- remarquable pour 
l'époque. Plusieurs grands maîtres italiens séjournaient 
alors à Varsovie , Paisiello, Cimarosa, Pugnani et Yiotti. 
Ce dernier commença sa carrière musicale à Varsovie, 
comme deuxième violon de l'orchestre des Italiens. Pai- 
siello donna un opéra et son Oratorio de la Passion , en 
1774. Mais c'est en 1778 que parut le premier opéra 
polonais original. La misère consolée, parole de l'abbé 
Bohomoleç, musique de Mathieu Kamienski. 

Il faut lire dans l'article d'ALBERT Boguslawski, l'histo- 
rique de cette première manifestation musicale. Elle 
ouvrait un horizon nouveau et donnait un vaste champ 
à parcourir, une riche mine de mélodies à exploiter aux 
compositeurs nationaux. Mathieu Kamienski , encouragé 
par la réussite complète de son premier opéra, écrivit 
après ce succès six autres opéras pour la scène polonaise, 
qui furent montés en peu de temps. On jouait aussi des 
traductions françaises et italiennes. Grâce aux efforts de 
l'infatigable Boguslawski , l'opéra polonais s'améliora 
sous sa direction ; il traduisit YAxur de Salieri et parvint 
à le monter de manière à étonner et à charmer les con- 
naisseurs les plus difficiles. Aussi ce grand opéra eut 
depuis 1793, cent soixante représentations. Mais l'opéra 
de : Krakowiaki i Gorale (les Cracoviens et les Monta- 
gnards), avec musique de J. Stefani, fit époque dans 
l'art dramatique en Pologne. Le succès de cet opéra, riche 
en mélodies et plein d'intérêt, grandit malgré les malheurs 
du temps et fut souvent représenté dans les principales 
villes de l'ancienne Pologne. Bientôt J. Elsner, d'origine 
silésienne, arriva à Léopol, et commença à travailler pour 



DE LA MLSIOL'K ES POLOGNE. 31 

sa nouvelle patrie. 11 écrivit, dès son début, plusieurs 
opéras remarquables et améliora le chaut et l'exécution ; 
la scène nationale , tantôt à Léopol , tantôt à Wilna , à 
Lublin et à Cracovie, revint enfin à Varsovie sous l'admi- 
nistration prussienne. Une nouvelle opérette de M. Ka- 
mienski , Zoska (Sophie) , précéda ce retour, ainsi qu'un 
opéra de Caietani « Aie kazdy spi, co chrapie » (Ne dort 
pas celui qui ronfle) lequel obtint du succès; Caietani, 
maître de chapelle de Stanislas -Auguste, écrivit des 
chœurs pour la tragédie de Lanassa qui fut donnée en 
polonais. Ce compositeur s'était fait connaitre par de 
fort jolies polonaises pour l'orchestre , lesquelles sont 
encore jouées dans les entr'actes et plaisent beaucoup par 
leur allure et leur mélodie. 

Jusqu'ici l'opéra polonais ne consistait qu'en morceaux 
très-courts, on n'osait pas encore aborder les finales, ni 
les grands morceaux d'ensemble. Zabloçki , poëte drama- 
tique d'un grand talent, fut le premier qui donna un 
libretto avec airs , duos , trios et chœurs , intitulé (le 
Bonnet jaune), Zolta Szlafniça, pour lequel M. Kamienski 
composala musique. Déjà les Amazones, suivies d'Iskahar 
et de Sydney et Zumma , musique d'Elsner avaient vu le 
jour à Léopol et YAxur de Salieri , arrangé pour la scène 
polonaise , et monté avec magnificence depuis plusieurs 
années , avait prouvé qu'on pouvait jouer le grand opéra 
en Pologne. 

Madame Truskolaska , restée à Varsovie avec quelques 
artistes, pendant qu'Albert Boguslawski luttait coura- 
geusement à Léopol , donnait des représentations les 
dimanches. De retour dans la capitale, Albert Boguslawski 
réorganisa une nouvelle troupe et ouvrit la saison par 

Y Arbre de Diane de Martini, qui fut suivi par d'autres 
traductions italiennes , comme // re Teodoro de Paisiello , 

Y Entrepreneur dans l embarras de Cimarosa. On traduisit 



32 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

de l'allemand, l'Enlèvement du Sérail de Mozart, ainsi 
que la Fête des Bramines de Wenzel Muller. Le sultan 
Wampun, musique de J. Elsner, fut donné au commen- 
cement de l'année 1799 avec la Flûte Magique de Mozart, 
dont la mise en scène très-soignée attira du monde et 
produisit une favorable impression. En même temps une 
troupe italienne essaya de s'établir à Varsovie, mais le 
bel opéra de Winter , le Sacrifice interrompu, repré- 
senté en polonais, empêcha cette nouvelle société de se 
constituer. 

Les belles partitions des maîtres allemands commen- 
çaient à être comprises et appréciées en Pologne. Jusque- 
là, les Italiens régnaient exclusivement. La Serva Padrona 
de Pergolese, la Frascatane de Paisiello, l'Ecole des 
Jaloux de Salieri, les Philosophes instruits de Paisiello, 
ï Italienne à Londres , la Belle Jardinière d'Anfossi , etc. , 
étaient en possession de la faveur du public. Les opérettes 
françaises eurent moins d'amateurs ; cependant Beniowski, 
avec musique de Boiëldieu, fut représenté ainsi que 
Jeanne et Bernard, et Aline de Berton. Un compositeur 
d'origine italienne, établi en Pologne, du nomD'ALBERTmi, 
écrivit la musique d'un Don Juan polonais. Mais les repré- 
sentations fructueuses du Sacrifice interrompu eurent 
cela de remarquable que la critique commença à se faire 
jour en Pologne, l'art théâtral trouva des juges, et le 
public lui-même finit par pouvoir apprécier les produc- 
tions scéniques avec plus de goût et de connaissance. 
M. Lesznowski, rédacteur de la Gazette de Varsovie, fut 
le premier qui fit des articles de théâtre. Les rédacteurs 
du Mémorial de Varsovie montrèrent du talent dans 
leurs jugements et l'on trouvait souvent dans d'autres 
journaux des correspondances et des articles fort bien 
écrits. Mais en général on jugeait mieux la comédie que 
l'opéra. 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 33 

Ainsi l'établissement de la scène lyrique polonaise eut 
un plein succès, malgré la grande supériorité des premiers 
compositeurs étrangers, dont on jouait les opéras depuis 
environ cinquante ans. 

Une triste particularité marqua l'année 1802. Deux 
jeunes cantatrices, qui figurèrent avec éclat dans le Sacri- 
fice interrompu et la Flûte magique , les demoiselles Ste- 
fani et Petrasch, moururent subitement presque en même 
temps. Leurs débuts avaient été brillants, elles promet- 
taient de devenir d'excellentes cantatrices pour l'opéra 
polonais. Mais l'impitoyable mort, en moissonnant de si 
riches espérances, priva le monde musical de deux belles 
voix. 

En 1803, on fit des essais pour introduire le genre de 
Kasperle viennois àWarsovie, mais sans succès; on donna 
un nouvel opéra , intitulé : Les habitants du Kamkadal , 
paroles de L.-A. Dmuszewski , musique de J. Elsner qui 
prouva, dans ce petit ouvrage, qu'il comprenait bien le 
caractère national, et qu'il pouvait imprimer à ses com- 
positions le cachet de la musique polonaise. Ces qualités 
furent surtout remarquées dans un trio et dans une polo- 
naise, imitée de l'ouverture de Lodoïska de Kreutzer. 

On donna ensuite // marchese di Tulipano de Paisiello, 
le Porteur d'eau ainsi que Palmyra et Télémaque; mais 
cette musique était trop savante pour la masse du public. 

L'opéra de Lodoïska fit impression malgré ses longueurs 
et son peu de mélodie, traduit par Albert Boguslawski ; cet 
opéra fut suivi d'une pièce comique de L. A. Dmuszewski 
intitulée : Siedem razy ieden (Sept fois le même), musique 
d'Elsner, qui fut gravée et enlevée promptement. 

Des traductions françaises, italiennes et allemandes se 
succédèrent en 1805. La Mascarade d'Anfossi, dans laquelle 
on intercala des airs de Paisiello et de Cimarosa, réussit. Un 
opéra de J. Elsner fut donné la même année ; il avail pour 

3 



34 résumé dp: l'hïstoip.e 

titre, le Vieux Bouffon; le mélodrame, Nurmhad, du 
même compositeur, eut également du succès à cause du 
poëme et des danses. Vint ensuite le Mariage secret de 
Cimarosa, dont la musique était admirée en Pologne. 

En 1806, un opéra-comédie : Frosine, fut traduit du 
français par J. Adamszewski et donné avec musique de 
J. Stefani, suivi de la Fée Urgèle, opéra en trois actes de 
J. Elsner, qui fut goûté et joué souvent ; l'énergie déployée 
dans l'ouverture, le quatuor, ainsi que le final du premier 
acle, excitèrent l'enthousiasme du public pour le composi- 
teur-penseur. Un opéra dejGuglielmi, malgré un beau sex- 
tuor d'Albertini, produisit peu d'effet. Die komische oper, 
de Della-Maria, ainsi que le mélodrame : le Jugement de 
Salomon, musique de J. Elsner, marquèrent la fin de cette 
saison avec la Tour de Neustadt, de Dalayrac. 

L' Andromède , opéra original polonais , commença 
l'année 1807 avec une cantate deL. Osinski, musique de 
J. Elsner, composée en l'honneur de la présence à Varsovie 
de l'empereur Napoléon I. On ne négligea rien pour rendre 
ce spectacle digne de ce grand restaurateur de la Pologne ; 
l'opéra et la cantate, exécutés à merveille, firent impression 
sur l'empereur, qui assista deux fois à ces représentations. 
Lintrigue à la fenêtre, de Nicolo, fut donnée ensuite et 
précéda le Rittmeister Goreçki, opérette de J. Stefani, qui 
a de la couleur locale. Le Tribunal secret, musique de 
J. Elsner, obtint du succès et fut suivi ^Hélène, de Méhul, 
dont les deux romances furent très-goûtées, et du Calife de 
Bagdad, de Boieldieu. Ces représentations attirèrent la 
foule. Dans le mélodrame de Miécislas l'Aveugle, l'ouver- 
ture, composée par J. Elsner, fut très-appréciée du public 
et prépara la vogue de Charlemagne et Wittikind, mélo- 
drame, paroles de madame la comtesse Lubienska, musique 
de J/ Elsner. Cette pièce, à grand spectacle, fut montée 
pour l'arrivée à Warsovie de S. M. le roi de Saxe et hono- 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 33 

rée souvent de sa présence. On y remarque une jolie ouver- 
ture, plusieurs chœurs à effet et la cantate clans laquelle 
il y a un fort beau sextuor pour soprano, trois ténors et deux 
basses-tailles, parfaitement bien écrit. 

Le Diable alchimiste, opérette de Drozdowski avec 
musiquedeWeinert, fut donné au commencement de 1808. 
Le compositeur, membre de l'orchestre du théâtre comme 
première flûte, se montra habile dans la disposition des 
voix, un duo pour deux soprani plut beaucoup. Deux 
intermèdes avec musique de J. Elsner, arrangée pour faire 
valoir la basse-taille Szczurowski (et sa femme comme 
actrice), eurent du succès. Dans Y Illusion et la Réalité du 
même compositeur, on remarqua l'ouverture et le com- 
mencement du final, qui est d'un grand effet scénique. Une 
Folie, de Méhul, réussit et fut suivie de Papirius de J. Ste- 
fani. Bientôt L. A. Dmuszewski débuta dans Y Achille, de 
Paër ; et madame Elsner, épouse du compositeur de ce nom 
et son élève, parut dans le rôle de Briséide de cet opéra. 
Malgré son émotion et sa voix un peu faible, madame Elsner 
fut très-sympathiquement accueillie ; elle avait une excel- 
lente méthode et la voix agréable ; elle continua ses débuts 
dans le rôle de Genovefa, musique de Mayer, qui lui valut 
d'unanimes applaudissements. Elle chanta à merveille le 
rôle de Nina, de Paisiello, dont la musique est très-aimée 
en Pologne. 

Contre toute attente, Richard-Cœnr-de-Lion, deGrétry, 
ne fut pas compris. Les Polonais étaient tellement nourris 
de la musique italienne, qu'ils ne purent apprécier de prime 
abord les beautés de la partition de Grétry . Le Lesko-blanc, 
opéra-féerie, paroles de L. A. Dmuszewski, musique d'Els- 
ner, fut donné à l'occasion du retour des troupes polo- 
naises dans la capitale et chaleureusement applaudi. 

On donna en même temps le drame de Rome délivrée 
et une cantate, dont les principaux morceaux furent écrits 



36 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

par J. Elsner : le succès le plus complet couronna ces 
représentations. 

Vers 1810, les opéras suivants furent donnés : Zaïre, de 
Frederici, au bénéfice de M. et Mad. Elsner; les Petits 
Savoyards, de Dalayrac; le Barbier de village, deSchek; 
Élisa, musique de Mayer, en polonais. J. Elsner écrivit 
plusieurs morceaux pour cet opéra dans le style de Mayer. 
La Jalousie , de Sarti , montée avec un nouveau ténor 
Zalewski, suivie de Raoul de Créqui, de Dalayrac, et de 
Camille, de Paër. Le Maître de chapelle polonais, d'Alber- 
tini, fut représenté à la même époque. Dans cet intermède 
on remarqua un air joué par l'orchestre seul. 

En cette année mourut Maar, directeur de musique 
(voyez son article). LeSargino, de Paër, plut extraordinai- 
rement à Warsovie. Madame Elsner et Albert Boguslawski 
chantèrent dans cet opéra. Ida, musique de Gyrowetz, fut 
très-goûtée, à cause de jolies mélodies, remplies d'expres- 
sion. Elsner écrivit quelques morceaux pour l'opéra du 
maître allemand. Bientôt les Deux Chaumières et le 
Château de plaisance du Diable commencèrent la réputa- 
tion de Charles Kurpinski, lequel donna ensuite le Siège 
de Dantzik, traduit du français par L. A Dmuszewski, 
suivi du Pèlerin de Sierra-Morena, musique d'Elsner, par 
les soinsduquel on monta Joseph, de Méhul, dont les beaux 
chœurs furent très-bien exécutés. Vinrent ensuite : Les 
Ruines de Babijlone, de Charles Kurpinski et Marcinowa, 
du même compositeur. Ces deux opéras réussirent et avec 
raison. 

Un grand nombre de cantates , chœurs, soli , et autres 
productions musicales, virent le jour de 1810 à 1812 et 
furent exécutés pour les fêtes officielles au théâtre et dans 
les concerts publics. 

Une école de musique fut fondée par la direction des 
théâtres. Le gouvernement donnait six mille écus pour 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 37 

les frais de cette institution : les élèves devaient posséder 
les éléments de musique, et subir des examens avant leur 
admission, afin d'être en état de débuter au bout de trois 
ans. 

A l'époque dont nous parlons, le personnel de l'Opéra 
polonais était ainsi composé : J. Elsner, premier directeur 
de musique; Charles Kurpinski, deuxième directeur. Can- 
tatrices : Madame Elsner, mademoiselle Pienknowska, 
madame Zdanowicz , madame Szczurowska , madame 
Wagner. Ténors : Messieurs Dmuszewski , Zalewski , 
Krzesinski, Rywaçki. Basses-tailles: Messieurs Szczurovski, 
Kudlicz, Wolski et Stalkiewicz. Le chœur était composé 
des musiciens des deux théâtres. Dans les grandes occasions 
on admettait des choristes surnuméraires. Tous les 
artistes de l'Opéra étaien t bons musiciens, comme virtuoses. 
Mesdames Elsner et Szczurowska tenaient le premier rang 
et auraient pu briller dans toutes les capitales de l'Europe. 
Depuis 1778 jusqu'à 1830 on représenta sur la scène 
polonaise soixante-dix pièces originales et cent cinquante 
traductions. Le roi de Saxe, grand-duc de Warsovie, 
accorda une subvention de 36,000 florins au théâtre. En 
1810, Charles Kurpinski fut engagé comme second direc- 
teur de l'Opéra; il contribua beaucoup au perfectionne- 
ment de l'ensemble, et mit un grand soin à ce que les 
paroles fussent bien mises sous le chant. Par ses propres 
compositions, Charles Kurpinski se plaça bien haut dans 
l'estime de ses compatriotes. La Pologne lui doit un grand 
nombre d'opéras très-remarquables et plusieurs ouvrages 
théoriques d'un grand intérêt et d'un mérite incontesté. 
L'Opéra national fut longtemps dirigé par Albert Bogus- 
lawski avec des chances diverses; vers la fin, il y eut trois 
directeurs à la fois : Dmuszewski, Kudlicz et Kurpinski. Vers 
cette époque, les meilleurs opéras français, italiens et 
allemands furent traduits et montés avec le plus grand 



38 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

soin. Le Barbier deSéville, Freyschutz, Y Italienne à Alger, 
PreciosaM Dame-Blanche, furent représentés avant 1 830. 
On institua une direction du gouvernement , du temps 
du grand- duché, pour veiller à une bonne administra- 
tion et distribution des rôles, ainsi qu'au maintien du 
bon ordre. L'illustre J. U. Niemcewicz fut nommé prési- 
dent de cette direction (1). Vers 1820, le projet d'ériger 
un conservatoire de musique, conçu par J. Elsner, fut 
agréé par le gouvernement sous la présidence de Stasziç ; 
des fonds furent alloués pour cet objet, et J. Elsner reçut 
sa nomination pour la place de recteur du nouveau conser- 
vatoire. On fît venir un professeur de chant de Milan, 
Charles Soliva, et l'on choisit les autres professeurs parmi 
les artistes du pays. Encouragée par le gouvernement, 
cette école prospéra en peu de temps ; mais les événements 
de 1830 retardèrent de quelques années les progrès de 
l'Opéra polonais. 

Parmi les compositeurs sortis de l'école, on remarque 
les noms de J. Stéfani, Th. Nideçki, Ant. Orlowski, 
J. Nowakowski , J. Fontana et Chopin. Plusieurs autres 
virtuoses, chanteurs, cantatrices, solistes distingués, peu- 
vent être comptés au nombre des élèves du conservatoire 
de Warsovie. Krogulski père et fils écrivirent beaucoup 
pour l'Eglise, ainsi que Joseph Jawurek qui dirigea 
l'orchestre, vers 1825, et fît entendre à son concert un 
nouvel instrument nommé choraleon. Vers la même 
époque madame Mayer, cantatrice possédant une belle 
voix, briJa sur la scène de Warsovie; d'autres cantatrices 
distinguées, élèves de l'école, se firent connaître successi- 



(1) Les autres membres étaient : Jacques Adamszewski, auteur dramatique; 
Aug. Glinski, conseiller; Ignace Szczurowski , secrétaire du ministre; le 
comte Alexandre Chodkiewicz, membre de la Société royale des Amis des 
Sciences de Varsovie; Albert Boguslawski, directeur du théâtre, et Frédéric 
Bacciarelli, conseiller de préfecture, 



DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 39 

vement; ce sont mesdemoiselles Wolkow, Gladkowska, 
Wilkowska, Stéfani , Czapiewska, les deux Rivoli (Louise 
et Pauline). Le ténor Dobrski jouit encore d'une grande 
réputation, il est aimé du public, qui avait dans Aloïs Zol- 
kowski un excellent acteur, auteur et chanteur comique 
très-spirituel, dont le talent extraordinaire attirait partout 
la foule. 

La scène nationale avait encore, dans la personne de 
J. N. Szczurovvski, une basse-taille excellente; parmi les 
amateurs distingués, nous pouvons citer le référendaire Za- 
leski, lequel chanta le solo de YAgnus, dans le Requiem 
de Kozlowski, exécuté pour le repos de l'âme de l'empe- 
reur Alexandre I, à la cathédrale de Warsovie, par deux 
cents musiciens et chanteurs. Madame Campi, cantatrice 
célèbre, née en Pologne, reparut à Warsovie, en 1822, 
et excita un enthousiasme général dans un air qu'elle 
chanta en polonais : « Salut, ô chère Patrie. .. » 

Vers la même époque, Dlugosz, facteur de pianos, inventa 
un nouvel instrument nommé aeolo-pantaleon, qui possé- 
dait une grande variété de sons et pouvait remplacer 
l'orchestre dans les tutti. On s'en est servi dans une cantate 
d'Elsner et dans les chœurs de Faust, du prince Antoine 
Radziwill , exécutés au concert de Jawurek, dans lequel le 
jeune Chopin improvisa sur le nouvel instrument. Bientôt 
après, Wùrfel se fit entendre sur Vaeolo-melodikon , 
autre instrument inventé par Brunner, qui produisit une 
vive sensation. Le violoniste Bielawski acquit une bril- 
lante réputation, et Charles Lipinski, excita à Warsovie 
comme partout, un véritable enthousiasme par son style 
large et la puissance du son. Joseph Elsner fonda une 
société d'amateurs pour l'exécution des messes en mu- 
sique: elle fut présidée par le comte Zabiello et jouait tous 
les dimanches chez les Piaristes. 

D'un autre côté, la société royale des Amis des Sciences 



40 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

de Warsovie, composée de toutes les illustrations dans 
les sciences, la littérature et les arts, chargea l'illustre 
Niemcewicz de composer un ouvrage en prose et en vers, 
avec gravures et musique, ayant pour but de conserver 
dans la mémoire de la jeunesse les hauts faits d'histoire 
nationale. Cet ouvrage, intitulé Chants historiques, exerça 
une influence salutaire sur la jeune génération et donna 
occasion aux dames polonaises et aux artistes distingués de 
composer de jolies mélodies pour les beaux vers de Niem- 
cewicz. Au nombre des dames amateurs, nous citerons 
principalement : la comtesse Sophie Zamoyska, née prin- 
cesse Czartoryska, la comtesse Laure Potoçka, la comtesse 
Paris, la comtesse Chodkiewicz, madame Narbutt-Dem- 
bowska, mademoiselle Cécile Beydale et la duchesse de 
Wurtemberg, née Czartoryska. Parmi les artistes nous 
voyons les noms de Charles Kurpinski, de Fr. Lessel, 
de Fr. Skibiçki, amateur, et de Marie Szymanowska. 

L'usage de donner des représentations théâtrales à la 
cour par des amateurs coniiuua depuis dans les maisons 
particulières. L. Adam Dmuszewski recueillit des détails 
intéressants sur le théâtre d'amateurs en Pologne, qui ont 
été publiés en partie dans le Courrier de Warsovie. Selon 
cet auteur, on joua la comédie vers la fin du siècle dernier 
dans le palais Radziwill, rue Miodowa, dans lequel il y 
avait une salle de spectacle. Plusieurs Français présents à 
Warsovie jouèrent dans le Barbier de Séville, de Beau- 
marchais. Le rôle du docteur Bartholo fut rempli par 
M. de Marival, bibliothécaire du roi ; madame la comtesse 
Vincent Tyszkiewicz, sœur du prince Joseph Poniatowski, 
morte à Paris il y a quelques années, jouait le rôle de 
Rosine; le vicomte Delpont, celui ftAlmaviva; le comte 
Michel Grabowski, celui de Don Basile; et le prince de Mo- 
naco, Honoré, s'était chargé du rôle de Figaro : la pièce fut 
jouée en français. 



DE LA MUSIQUE F.N POLOGNE. 41 

Le même théâtre servit pour représenter Aanine ou le 
Prince ramoneur. Dans cette pièce le principal rôle était 
rempli par le prince Louis Radziwill. 

Venaient ensuite l'Amant bourru, très-bien joué parle 
comte de Vauban; la Gageure imprévue, pièce avec 
musique, parfaitement montée par madame la comtesse 
Severin Potoçka et par le chambellan Pokutynski. A cette 
représentation, le prince Antoine Radziwill, auteur des 
chœurs pour le Faust de Goëlhe, exécuta un solo de vio- 
loncelle. 

A la même époque on donnait des petites représenta- 
tions au palais de Jablonna. 

En 1803, on vit de nouveau des représentations dra- 
matiques par les amateurs ; elles avaient lieu au théâtre de 
l'Orangerie (Pomaranczarnia , dans le palais de Lazienki 
du roi. On joua la Maison à vendre le jour de la fête de 
la comtesse Vincent Tyszkiewicz. Cet opéra-comique fut 
très-bien chanté par madame la générale Cichoçka, par 
mademoiselle Fabre, par les princes de Piennes et 
de Fleury et par le vicomte Del pont. Plus tard on donna 
le Prisonnier, par madame Cichoçka, mademoiselle 
Fabre, le prince de Piennes et le général Joseph Raus- 
tenstrauch . 

En 1815, il y avait des représentations d'amateurs au 
palais Radziwill ; au palais Kossowski, on monta les 
Plaideurs de Racine, Y Amour et la Raison, joués par le 
comte Arthur Potoçki, par Stanislas Kossakowski et par 
le comte Stanislas Plaler. Plus tard on donnait des repré- 
sentations au palais Krasinski pour les pauvres; la société 
de bienfaisance avait un théâtre où l'on donnait spectacles 
et concerts. 

Il y a quarante ans, on organisa un théâtre d'amateurs 
chez la comtesse Stanislas Potoçka, .au palais du faubourg 
de Cracovie pour les pièces françaises. On joua dans la 



42 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE 

suite chez le comte Adam Ozarowski, au palais d'Auguste 
Potoçki , au palais du comte Briïhl, et chez le comte 
François Potocki. 



MUSIQUE MILITAIRE 

Au commencement du xix e siècle, les musiques de 
régiments n'étaient composées que d'un petit nombre 
d'instruments à vent ; on comptait dans l'infanterie deux 
clarinettes, deux flûtes, deux hautbois, deux cors, deux 
bassons, deux trompettes, tambours et clochettes turques. 
Dans la cavalerie , des trompettes exécutaient de petites 
fanfares bien faciles. 

Du temps du grand-duché de Warsovie on augmenta le 
nombre des instruments, en introduisant la petite clari- 
nette, la petite flûte et en renforçant les basses par les 
trombonnes et le serpent. 

De 1815 à 1830, les musiques militaires en Pologne 
reçurent une organisation complète , d'après le système 
allemand. Elles furent composées de cinquante à quatre- 
vingts musiciens ; quelques régiments avaient jusqu'à cent 
exécutants. Il y eut un grand progrès dans l'exécution, 
dans la variété d'instruments et leur justesse. M. Haaze, 
chargé de la direction générale des musiques de l'infan- 
terie, dans le royaume de Pologne, donna un grand déve- 
loppement à ces musiques. M. Derka en organisa une, 
composée de trompettes à clef; à la mort de ce dernier, 
M, Becker, habile musicien, fut chargé de ce soin. Le régi- 
ment du général Szembek avait dans la personne de 
M. Czapiewski un excellent chef de musique, qui réside 
depuis 1831 en Russie, où il occupe une place impor- 



DE LA MUSIQUE EN rOLOGNE. 43 

tante. Plusieurs autres musiciens d'anciens régiments 
polonais cherchèrent fortune à l'étranger. 

Après cet aperçu historique des différents genres de 
musique polonaise, il nous reste à dire quelques mots de 
l'avenir de l'art musical en Pologne. Quel que soit le sort 
que la Providence réserve aux artistes polonais, ils ont 
une grande tâche à remplir! C'est à eux de renouer la 
chaîne des temps, et de travailler, dans la voie du Sei- 
gneur, à élever les esprits, à épurer les mœurs en mainte- 
nant les âmes dans une constante aspiration vers le beau. 
Il leur reste beaucoup à faire après tout ce qui a été 
accompli; mais ils ne doivent pas désespérer. La nature 
leur a départi les qualités naturelles qui font les grands 
artistes : l'aptitude au travail ne leur manque point; ils 
ont le don de ia mélodie , le sentiment de l'harmonie bien 
prononcé , des dispositions et la patience pour vaincre les 
difficultés de mécanisme, de l'inspiration, une langue 
poétique , et cette mélancolie rêveuse du Nord qui donne 
tant de charme à la musique. C'est à la nouvelle généra- 
tion à prouver ce dont elle est capable ; mais elle aura 
des obstacles à vaincre , car toute la vie d'un artiste se 
passe à lutter contre des difficultés inséparables de la car- 
rière de compositeur, de l'instrumentiste, du chanteur ou 
du virtuose. Attentifs, patients et chrétiens, les jeunes 
artistes polonais ne doivent pas oublier le vieil adage d'un 
sens si profond : 

Ars longa, vita brevis. 

Ils ont d'ailleurs deux bonnes institutions qui les garan- 
tissent contre les épreuves du sort. Une loi sur les pensions 
de retraite, rendue sous le règne de feu l'empereur Nico- 
las , est applicable aux musiciens attachés aux écoles du 
gouvernement, aux artistes membres de l'orchestre et so- 



44 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE DE LA MUSIQUE EN POLOGNE. 

ciétaires des théâtres. Cette loi, juste et bienfaisante, est en 
vigueur déjà depuis 1838 , époque à laquelle elle fut pro- 
mulguée. Une autre institution particulière, due au zèle 
et au patriotisme de L. A. Dmuszewski et aux sentiments 
généreux de plusieurs citoyens recommandables , marche 
déjà très-bien , et rend de grands services aux professeurs 
vieux et malades et à leurs veuves ; nous voulons parler 
de l'Association musicale deWarsovie (Towarzystwo podu- 
padlych Artyslow muzycznych). Fondée en 1841 , cette 
société possède déjà un capital et sert un grand nombre 
de pensions. 

Arrivé au terme de mon travail , il me reste à remercier 
MM. les artistes polonais et mes correspondants de leur con- 
cours obligeant dans cette circonstance. Je dois aussi une 
vive reconnaissance à MM. les bibliothécaires, hommes de 
lettres et artistes français, qui ont bien voulu m'aider dans 
l'accomplissement de ma tâche par la communication 
d'ouvrages historiques que possède la France. Ainsi, grâce 
au concours de mes coopérateurs, V Histoire des Musiciens 
polonais repose sur des documents authentiques puisés à 
des sources certaines. Puisse-t-elle trouver parmi mes 
compatriotes un accueil bienveillant et sympathique ! 

A. S. 

Château du Héron, novembre 1856. 



ANCIENS 



INSTRUMENTS DE MUSIQUE 



CHEZ LES POLONAIS ET LES SLAVES 



Le peu d'ouvrages qui existent en Pologne sur cette matière 
ne nous permettent pas de donner une description complète des 
instruments de musique. 

On les désignait autrefois en langue polonaise par « Naczynié 
yuindziebné a du mot Guindzba, qui veut dire musique, lequel 
dérive du nom d'un ancien instrument appelé Guinsla en slave. 
Huszlè, d'où vient Hudcy (musiciens) en vieux polonais : Graïki. 

On trouve dans nos anciens poètes quelques renseignements 
intéressants sur les instruments de musique polonaise aux xvi e et 
XYii e siècles. L'usage en était répandu sur l'immense étendue du 
pays, entre YOder, la Warta et le cours du Dnieper d'un côté, et 
entre la mer Baltique et la mer Noire de l'autre. Ils ont quelques 
rapports avec les instruments des Russes et avec ceux des Hongrois 
et des Bohèmes, dont parle de la Borde dans son Essai sur la 
musique, et le savant M. Fetis dans la Biographie universelle. 

Un travail très-intéressant avait été fait par le prince Adam- 
Casimir Czartoryski sur les vieux instruments de musique en 
Pologne, et inséré dans une Revue polonaise publiée à Leopol, 
en Galicie (Czasopismo, n° 1), sous le titre : Petit Dictionnaire 
(Slowniczek) des 7107ns des anciens i7istruments en usage pendant la 
gae7 , 7 , e et dans les salons, d'api^es le manuscrit du prince Adam 
Czartoryski, staroste général des terres podoliemies (1828). 



46 ANCIENS INSTRUMENTS DE MUSIQUE 



DIVISION D'INSTRUMENTS 



Toute musique ne peut se faire que des trois manières suivantes, 
par le crissement (skrzyp), le sifflement (pisk), et le tintement ou 
résonnance (brzenk). Il y a des instruments à cordes et des instru- 
ments à vent (1). Les premiers sont pinces ou à archets; les 
seconds, en métal ou en bois, avec ouvertures ou sans ouvertures. 
Nous allons citer les principaux dont parlent les auteurs polonais, 
mais dont l'usage s'est perdu ou a été modifié par le perfection- 
nement. 

INSTRUMENTS A CORDES 

(pinces) 

BANDURA, au diminutif BiXDLRKA 

Ce nom vient du latin (Pandura) de la famille du luth, mais 

dont les cordes étaient du laiton. Cet instrument, connu en Ukraine 

parmi les Kozaks, était à manche court, d'une petite dimension; 

il servait à accompagner le chant. Les grands seigneurs polonais 

avaient à leur service de jeunes Kozaks qui dansaient en jouant 

de la bandurka, puis chantaient des couplets pour amuser la 

société. Il existe une chanson en rhonneur de cet instrument en 

langue russienne. 

Moja bandurka zsamoho zlota 
Kto na niey zahraïe , bere ochota. 

Ma bandurka est de l'or pur, celui qui joue dessus donne envie de se 
divertir. 

BtRDO\ 

Espèce de luth, instrument très-ancien, à cordes métalliques, 
dont le son fut considéré comme le plus agréable de tous dans 

(I) L'auteur ne parle point de la troisième espèce: des instruments de 
percussion. 



CHEZ LES POLONAIS ET LES SLAVES. 47 

l'antiquité. Le traducteur d'Horace, Jean Kochanowski, prince des 
poètes polonais au xvi e siècle, en parle ainsi : 

Lutnia wodz tancoio i piesni uczonych 
Lutnia ochloda mysli utrapionych 
Ta serca miekczy sivym glosem przyiemnyn 
Bogom podziemnym. 

lu lli , toi qui diriges les chants et les danses , toi qui consoles dans les 
tristes pensées, ta voix sait nous rendre propices les dieux de l'enfer. 

Les poètes chantaient au son du luth, il y avait aussi un archi- 
luth dont le son était plus agréable que celui d'un luth ordinaire. 
Les joueurs les plus habiles de luth florissaient en Pologne aux xvr 
et xvii e siècles. Le nom de cet instrument vient de l'arabe 
(Alloudh). Le luth n'avait en principe que six rangs de cordes 
faites de boyau double, sauf la chanterelle; il reçut plus tard jus- 
qu'à vingt-quatre cordes. On pinçait le luth de la main droite. 



CYTRA, CYTABA, LIRA 

LA CITHARE OU LYRE 

Instrument de musique connu chez les Romains; on l'appelait 
barbiton lorsqu'il avait sept cordes métalliques. Chez les Grecs, 
on le nommait barbitos. Cet instrument était propre à rendre les 
chants plaintifs. La cithare espagnole avait la forme d'un luth; les 
auteurs polonais qui parlent de barbiton sont : Zbylitowski, 
Rybinski, Leopolita, Wargoçki. 

DRE1UL.A, DBOMLA, DBUHLA 

REBUTE, TROMPE, GUIMBARDE 
En allemand-. MA.\3ETR.OMMLEL.. 

Les auteurs polonais qui parlent de cet instrument sont : Po- 
toçki, Rey, Opalinski, Rysinski, Chroscinski et Jagodzinski dans 
ses Dworzanki (Dames de la Cour)* 

Dans son ouvrage sur le luth, Ernest-Théophile Baron cite 
plusieurs luthistes polonais célèbres des xvi e et xvn° siècles. 



48 ANCIENS INSTRUMENTS DE MUSIQU 

TEORBAN 

TÉORBE OU THÉORBE 

Le téorbe est une bandurka perfectionnée , espèce de luth un 
peu plus grand et ventru; les cordes en sont de métal; on les 
pinçait avec les doigts de la main droite. Le téorbe avait deux 
têtes ou manches, inventées par un Italien Téorbe. Cet instrument 
fut très-à la mode à la cour de Louis XIV. Ninon de Lenclos 
excellait à en jouer. Il est encore en usage en Ukraine. 

BVLABAIKI 

Cet instrument est d'origine russe, il est cependant connu parmi 
la population kosaque de l'Ukraine; il est à deux cordes et se 
joue comme la guitare. 

Ml\»OLI\i 

MANDOLINE 

D'origine italienne, autrefois usitée en Pologne , mais on n'en 
joue plus de nos jours. Selon d'autres auteurs, la mandoline nous 
vient des Indes : elle a le manche long ; le son de cet instrument 
est agréable sans être fort. On l'appelait autrefois Mandore, elle 
avait quatre cordes dejlaiton ; sa caisse, ovoïde, sonore, était sur- 
montée d'un manche, comme le violon. On jouait cet instrument 
en grattant les cordes avec un petit morceau d'écorce de cerisier. 

GITARA 

GUITARE 

Cet instrument est une modification de la cithare, connue 
depuis longtemps en Pologne. On l'appelait chitara ou ghitara. 
De nos jours, il y en a de deux espèces : guitare anglaise et guitare 
espagnole. La première sert à exécuter des morceaux; la seconde, 
à accompagner des cavatines , nocturnes , romances , duettinos , et 
toute espèce d'airs. 



CHEZ LES POLONAIS ET LES SLAVES. 49 

II1RF1 

HARPE 

Simple ou double, cette dernière n'est plus en usage. La harpe 
actuelle avec ses perfectionnements est un noble instrument , le 
son en est beau, les accords riches; ses cordes graves, dont la 
puissance est grande, lui donnent, en prolongeant le son, de la 
supériorité sur le piano ; mais cet instrument est borné quant 
aux modulations, il est d'un accord difficile. Les harpes du cé- 
lèbre Érard sont ce qu'il y a de plus parfait sous les rapports du 
mécanisme et de la beauté du son. 

tlMBALY 

C1MBALES 

Instrument de musique à cordes métalliques, que l'on met en 
vibration en frappant dessus avec deux baguettes de bois. Cet 
instrument ressemble par sa forme à la table d'harmonie d'un 
piano, il est fort ancien et rappelle par le son la cithare. Il y avait 
autrefois en Pologne des pendules avec cymbales, sorte de bottes 
harmoniques connues de nos jours. Cet instrument précéda l'in- 
vention du clavecin et de l'épinette, lesquels donnèrent lieu à 
l'invention du pantaléon ou piano forte, du nom de Pantaléon 
Hebenstreit, Saxon, qui les perfectionna. Ces instruments reçurent 
des touches, lesquelles pressées par les doigts, faisaient agir des 
marteaux pour frapper ou pincer les cordes. Ce mécanisme était 
l'enfance du piano actuel, les touches prirent leur nom du mot 
latin tangere; quant aux cymbales proprement dites, cet instru- 
ment s'est conservé dans sa forme primitive chez les paysans de 
l'Ukraine , il a donné l'idée , en dernier lieu , à l'invention de 
V harmonica de bois et paille , dont il sera question dans ce livre, 
à l'article de Samson Jakubowski. 



30 ANCIENS INSTRUMENTS DE MUSIQUE 

INSTRUMENTS A CORDES ET A ARCHETS 

REBEKA 

REBEQUE 

Cet instrument avait trois cordes; on le tenait sous le menton et 
l'on en jouait avec l'archet. Il avait la forme d'un petit violoncelle; 
son nom vient de l'arabe (Rebab). 

BARYTON 

BARITON 

Espèce de viole d'amour, dans le genre du violoncelle, autre- 
ment dit Viola di Gamba. 

SKBZYPCÉ 

VIOLON 

Le nom de cet instrument , en langue polonaise , vient du cris- 
sement (skrzyp) expression qui indique un son désagréable à 
l'oreille, mais que l'art parvient à rendre séduisant et enchanteur. 
L'artiste qui joue du violon, comme celui qui joue de la flûte, ne 
font qu'imiter la voix humaine, sans en égaler le charme. Le vio- 
lon fut connu dans l'antiquité ; on représente Apollon , sur de 
vieilles médailles , jouant d'un instrument à trois cordes qui res- 
semble au violon. Sa forme rappelle celle de la lyre, mais d'une 
lyre perfectionnée , qui joint à l'avantage de prolonger le son, la 
richesse des modulations, que la lyre ne possédait pas. Le violon 
fut introduit en France sous le règne de Charles IX. Depuis trois 
cents ans, il conserve sa forme primitive, laquelle par sa simplicité 
ajoute encore à la beauté de l'instrument. Les quatre cordes ren- 
ferment quatre octaves et plus de trente notes accentuées et d'une 
intonation variée. Au moyen d'archet, qui met les cordes en vibra- 
tion, le violon unit la richesse d'harmonie au charme de la mélo- 
die; il a en outre le brillant et la douceur qui le font roi de tous 
les instruments. Par la faculté de prolonger, augmenter et mo- 



CHEZ LES POLONAIS ET LES SLAVES. 51 

dérer le son, il peint les sentiments passionnés et peut faire rendre 
tous les mouvements de l'âme en rivalisant avec la voix humaine. 
Le violon s'appelait autrefois guigua en langue slave, du mot 
genga, qui passa ensuite dans la langue allemande; le nom de 
geige n'a pas d'autre origine. Le violon, du reste, étant répandu 
partout, obtint une grande popularité. 

AI/IOHKA 

VIOLE OU ALTO 

Cet instrument tient le milieu entre le violon et la basse. L'his- 
toire nous apprend qu'il était connu dans l'orchestre sous le règne 
de Sigismond I er , roi de Pologne ; il s'appelait alors viola d'amore, 
et fut répandu en Pologne au xvi e siècle ; mais négligé par les com- 
positeurs, jusqu'à ce que Mozart et Haydn lui aient rendu son im- 
portance en l'employant à propos. 

BASETLA 

VIOLONCELLE 

Il n'était employé autrefois que pour les notes basses, aujour- 
d'hui il est devenu l'instrument chantant. Depuis un siècle il tient 
une place importante dans l'orchestre. Introduit depuis longtemps 
en Pologne, le violoncelle est maintenant populaire, même parmi 
les simples habitants des campagnes. Les Krakoviens le cultivent 
de préférence aux autres instruments. Dans le peuple on l'appelle 
marina. 

KONTBABAS 

CONTREBASSE 

Cet instrument, nommé violone, est le plus grand de toute la 
famille des violons. Aussi il sert de fondement à l'orchestre et ne 
peut être remplacé. Montclair l'introduisit le premier à Paris, dans 
l'orchestre du roi, en 1770. En Pologne, il fut connu plus tôt sous 
le nom de quart-viola. Parmi les gens du peuple, on l'appelle 
Bas. 



52 ANCIENS INSTRUMENTS DE MUSIQUE 

Au nombre d'instruments tombés en désuétude, il faut compter 
la pandore, le violon turc à trois cordes, Yamorka, la mandore, 
Vangelika, etc. La kobza (vielle) est un instrument anciennement cul- 
tivé en Pologne; il était fait de bois de cornouiller et avait trois 
cordes. Le savant Linde croit que c'était une espèce de lyre ou 
luth. Il ressemblait par la forme à la bandura, laquelle n'avait que 
trois cordes dans l'origine. Le fameux guerrier, prince Koreçki , 
jouait de la kobza en entrant à Constantinople , où il trouva une 
mort glorieuse (Voyez ce nom). 



INSTRUMENTS A VENT 



INSTRUMENTA DENTE 



Parmi ces instruments, on cite les symphonaliki et les domra, 
qui servaient de lien entre les instruments à cordes et les instru- 
ments à vent; on croit que c'était une espèce d'orgue primitif. 
(Voyez la Bible de Budny imprimée à Dantzik.) Les anciens écri- 
vains parlent d'un instrument nommé régal, du même genre, qui 
consistait en lames de fer mises en vibration au moyen de petites 
boules d'ivoire, attachées au bout d'une baguette, avec lesquelles 
on frappait les lames. On donnait aussi ce nom à un petit orgue, 
en polonais « pozytywka. » 

Après la voix humaine, le premier de tous les instruments est 
l'orgue, dont le son élève l'âme à Dieu; il est religieux par sa 
nature, n'étant ni passionné ni dramatique. 

Il est difficile de préciser l'époque à laquelle on entendit l'orgue 
pour la première fois en Pologne, et dans quelle église. Mais il est 
hors de doute que cet instrument fut connu au moyen âge. On 
classe dans la même famille, le positif, V harmonica, Yéolimélodicon 
et kuranty. 

Au nombre des instruments oubliés, il faut compter les sui- 
vants, dont parlent nos anciens auteurs : 



CHEZ LES POLONAIS ET LES SLAVES. 33 

CYKEK 

CORNET A BOUQUIN 

Instrument à vent, espèce de flûte de campagne (piszczalka) 
ressemblant à un cornet (Voyez Dudzinski). 

PISZCZEIiÉ 

PIPEAU OU CHALUMEAU 

Espèce de sifflet rustique fait en bois de pin , de forme droite 
(Wargocki). 

SIBM4 

CORNET A BOUQUIN 

Espèce de flûte bruyante, pourvue de grands trous (Voyez Otwi- 
nowski, Libicki). Le prince Czartoryski la compare au hautbois, 
dans son Dictionnaire. Cet instrument avait une large ouverture à 
l'extrémité; le son en était si criard, qu'on fut obligé d'en dé- 
fendre l'usage , à cause des fréquentes querelles des joueurs de 
cet instrument avec les joueurs de trompettes. On l'employait dans 
la musique militaire; il y en avait de deux espèces, l'une pour la 
main gauche , avec une seule ouverture dont le son était grave ; 
l'autre pour la main droite , à deux ouvertures , dont le son était 
plus gai. 

SZALAMAÏE 

CHALUMEAU 
En latin, CAL.AMUS-, en Italien, ClA.RX1kIE.liA.. 

Selon l'opinion des musiciens, cet instrument nous est venu de 
l'Italie ; il ressemblait à un grand hautbois, mais il variait de gran- 
deur selon la gravité des sons ou leur élévation. Depuis longtemps 
on n'en joue plus. 

DUDY 

MUSETTE OU CORNEMUSE 

Autrement dit kobza ou koza, ancien instrument très-répandu 
en Pologne. On le trouve encore parmi le peuple. Le joueur de 



54 ANCIENS INSTRUMENTS DE MUSIQUE 

dudy (dudziarz) souffle dans le pipeau qui est attaché à un sac de 
cuir rempli d'air; il le presse sous le bras pour faire sortir le son. 
Cet instrument rappelle le biniou breton. 

DIDKA 

TROMPETTE RECOURBÉE 

Flûte champêtre , de forme droite , en bois de saule ou de 
sureau. 

FLEC1K WIEYSKI 

FLUTE CHAMPÊTRE 

Ou petite flûte ; son nom vient de flare qui veut dire souffler en 
latin, aussi son nom est identique dans plusieurs langues; quant 
à sa nature, il y en a de deux espèces : flûte ordinaire et flûte tra- 
verser e ou grande flûte usitée dans les orchestres. Nos ancêtres, 
selon Wargoçki, jouaient de la flûte pendant les banquets, et chan- 
taient les hauts faits de l'histoire en s'accompagnant de cet instru- 
ment. Les flûtes suisses furent très-estimées. Un grand seigneur 
polonais , Tarlo , en acheta sept à Nuremberg, sous le règne de 
Sigismond- Auguste (Voyez les comptes de ce règne, par Dzia- 
lynski). 

FUIARA 

FUIARA BUKOWA (FLUTE OU FIFRE) DU BOIS DE HÊTRE 

Espèce de flûte de berger, usitée dans la Petite-Pologne, parmi 
les riverains de la Vistule. Les poètes de Sielanki (rondeaux) parlent 
souvent de cet instrument ( Voyez le prince Czartoryski dans son 
petit Dictionnaire). 

«UlXSIi, «ONSlrÉ, «UINDZBA 

OU GONSLÉ PODGORSKIÉ, GOUSLY 

Instrument fort ancien, qui paraît appartenir à la famille 
des violons; on n'a point de données sur sa nature. Voici ce que 
nous trouvons dans l'ouvrage du savant Ambr. Grabowski : « \\ 



CHEZ LES POLONAIS ET LES SLAVES. OO 

» m'arrive souvent de rencontrer dans les vieux auteurs polonais 
» le nom d'un ancien instrument de musique appelé guinsla, sans 
» savoir de quelle nature il était, et comment on le jouait. Le 
» seul Seb. Petrycy en donne une idée en quelques mots,en disant 
» que c'était un instrumenta archet. » Bowiem uzywanie genslido 
skrzypka nalezy, OEkon. Aryst. pag. 1. (Skarbniczka naszej archeo- 
logii,pag.99.) 

D'après d'autres auteurs, 1* instrument nommé guinsla ou girinsl, 
doit être classé parmi les plus anciens des pays slaves. Il avait trois 
cordes en fil d'archal qu'on mettait en vibration en les frappant 
avec deux baguettes en bois. Cet instrument, employé par les di- 
seurs de bonne aventure et les sorciers, s'appelait, en idiome 
slave : huszlé ou guszlé, et donna lieu au nom de guslarz. (en- 
chanteur ou sorcier.) 

CRËLÉ, «AIDA 

MUSETTE OU CORNEMUSE 

Dont parle Banialuka, est une flûte très-simple, dont le nom 
vient de l'ancien mot de guindzba. Selon Knapski, il y avait autre- 
fois un proverbe en Pologne qui disait : Lutnista nie zacznie, poki 
gaïda nie umilknie (Le joueuer de luth ne commencera pas avant 
que le joueur de gaïda ne se taise). 

KORNET 

CORNET 

Instrument de corne, recourbé , de différentes grandeurs, em- 
ployé en guise de trompette. La musique des cors russes produit 
beaucoup d'effet en rase campagne; tous les cors, grands et 
petits, sont faits de corne ; ils ont un timbre particulier. Le joueur 
de cornet s'appelait kornecista , celui qui le confectionne porte le 
nom de Rogownik. Il est question de cet instrument dans War- 
goçki. 

KRZYWULA 

TROMPETTE RECOURBÉE 

Autrement appelé krzyivosz; c'est le cornet di basset to usité en 
Allemagne (Basethorn). 



06 ANCIENS INSTRUMENTS DE MUSIQUE 

MUI/FAXKA, MlIiTAVKI 

MUSETTE OU MOLDAVIENNE 

Sorte de flûte dont le nom vient de celui de Moldavie, province 
turque, où les bergers s'en servent pour égayer leurs troupeaux. 
Cet instrument contient plusieurs pipeaux, quelquefois jusqu'à 
sept. 

POUORT, Pluriel POJIORTI 

TROMBONNES 

Selon Wargoçki, c'est la flûte la plus grave qui fait la basse; son 
nom vient du mot italien bombare. Cet instrument appartient à la 
famillle la plus bruyante. Le savant Knapski rapporte qu'il avait 
vu à la cour du roi Etienne Batory, vers la fin du xvi e siècle, un 
pomort d'une grandeur extraordinaire dont on jouait pendant les 
réceptions des ambassadeurs. On compare le son de cet instru- 
ment au bruit des voix des paysans en dispute ; il ressemblait au 
serpent de nos jours (Voyez Rey et Petrycy). 

SZTORT 

BASSON 

Espèce de grande flûte comme \e pomort, mais dont le son est 
d'une force telle qu'il étouffait les autres instruments. Les artistes 
qui en jouaient s'appelaient sztortistes (sztorcisci). Il était néces- 
saire d'avoir une bonne poitrine pour en tirer du son. Les sztorts 
faisaient la basse dans la musique militaire. 

SCHRYARY 

Instruments à vent employés jusqu'au xvn e siècle. 

TARARAN ou H IA MISAS 

TIMBALES 

Ou tambour, d'une forme ovale; ceux qui en jouaient s'appe- 
laient tarabanczuki. La musique des grands hetmans polonais res- 



CHEZ LES POLONAIS ET LES SLAVES. 37 

semblait à la musique turque. Les musiciens portaient le costume 
de cette nation. Les instruments étaient les mêmes que dans l'ar- 
mée turque (muzyka ïanczarska). 

TIR 

TAMBOURIN 

Petit tambour avec clochettes (Voyez Otwinowski, Potoçki, 
Ghmielowski). 

TRAF1AK 

Instrument à vent, avait des sons graves; lorsqu'il montait plus 
haut, il portait le nom de kawka. 

SIPOS ou SZYPOS1 

Espèce de flûte ; les joueurs de cet instrument s'appelaiet sipos 
(Voyez Banialuka et le Dictionnaire du prince Czartoryski). 



Les autres instruments usités autrefois en Pologne étaient : les 
brzekadelka (tympanon ou grelot), les dzwoneczki okrogle (les clo- 
chettes rondes), flet derwisza (flûte de derviche ), flety georgijskie 
(flûtes géorgiennes); benbenek (le petit tambour), comme dans la 
musique turque. Dans l'orchestre ordinaire : flety (flûtes), fleciki 
(flageolets) , oboïé (hautbois) , puzany (pauzons), tromby i kotly 
(trompettes et timbales), rogi angielskié (cors anglais), waltornié 
(cors), appelés cors de bois , trombony (trombonnes), fagoty (bas- 
sons), klarynety (clarinettes) , qui sont venues plus tard en Po- 
logne. Ces instruments trouveront leur place dans l'orchestre 
actuel. 



38 ANCIENS INSTRUMENTS DE MUSIQUE , ETC. 

NOMS DES DIFFÉRENTS JOUEURS D'INSTRUMENTS 

Kozaczek bandurzysta (petit kozak jouant de la pandore). Les 
joueurs de flûte s'appelaient feifer, piszczek, hoboista, kweïfeïfer. 
Le timbalier, palkierz. Les joueurs d'instruments à vent piszczek, 
surmacz, siposz (Falissowski Groiçki). L'homme qui conduisait un 
ours s'appelait skomoroch ; il devait savoir jouer d'un instrument à 
vent quelconque, pour être dudarz. Il devait savoir la danse, con- 
naître toutes les chansons, être mime , savoir divertir son public 
par des farces et des plaisanteries , montrer des poupées 
dans le genre du polichinelle français ( Voyez Falibogow- 
ski, Gwagnin, vol. leg. 2 str. 996). Dobosz (tambour qui bat la 
caisse), trembacz (trompettes), devait savoir jouer toutes les fan- 
fares. Celui de l'état-major devait veiller à ce que les pobudki 
(dianes), capstryki (retraites), marches, les rappels, fussent joués 
de la même manière par les autres trompettes. 



DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

DES 

MUSICIENS POLONAIS 

ET SLAVES 



~W» - < S>-» Q - r » ~ 



ABREK (Nicolas) , musicien au service de Sigismond III, roi 
de Pologne. Musicus S. Regiœ Maj. en 1603, cité par le sa- 
vant Ambroise Grabowski, dans son ouvrage sur Cracovie (Sta- 
rego Krakowa Zabytki, page 170). Ce musicien appartient à l'é- 
poque florissante de l'histoire de la Pologne. La chapelle royale 
de Warsovie , dirigée par Aprilio Pacelli, était composée alors des 
meilleurs artistes étrangers et nationaux. 

ACCOLUTHUS (Jean), docteur en théologie, pasteur de 
l'église de Sainte-Elisabeth , à Breslau, a dirigé la publication du 
premier Cancionale polonais dans cette ville, sous le titre : Dosko- 
naly kancional Polski , imprimé à Brieg chez Chr. Tschorn, 
en 1673. Ses collaborateurs furent : le senior Jean Herden de 
Thorn, Adam Regius, pasteur à Saint-Christophe; Matheus 
Klippel , et plusieurs autres pasteurs qui savaient le polonais. Ce 
livre de chant contient des psaumes et des hymnes, ainsi que les 
cantiques ( kantyczki) déjà publiés dans le recueil d'Artomius. On 
y a ajouté de nouveaux chants, tirés des recueils de Thorn, de 
Dantzik et de Kœnigsberg (Ephraïm Oloffs, Polnische-lieder-Ge- 
schichte.) 

ACHTEL (Joseph), pianiste et compositeur à Warsovie, de 
l'époque actuelle; auteur de plusieurs œuvres remarquables pour 
le piano. (Courrier de Warsovie.) 



60 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

ADALBERT (Saint), Swienty Woyciech. Ce pieux apôtre 
des Slaves , dont le nom réveille tant de grandes pensées dans 
l'âme de chaque Polonais, doit avoir sa place en tête de ce livre, 
comme poëte et musicien. Né en Bohême, d'une famille puis- 
sante, évêque de Prague d'abord, puis archevêque de Gnesne, 
ancienne capitale de Pologne, sa vie appartient à l'histoire de 
l'Église. Il obtint la palme du martyre, et devint patron de sa pa- 
trie adoptive , où Ton voit encore son tombeau révéré de tous. 

Saint Adalbert rendit de grands services à la Pologne chré- 
tienne. Il tient la première place parmi les anciens compositeurs 
religieux polonais, par son admirable hymne de Boga-Rodziça 
(Mère de Dieu), qui est un monument authentique du plain- 
chant grégorien du x e siècle. Né en Bohême en 939, saint Adal- 
bert eut pour père le seigneur de Lybicz, qui s'appelait Slawnik (1). 
Sa mère portait le nom de Strzezyslawa. Ayant fini ses études à 
Magdebourg, il fut nommé évêque de Prague. A peine fut-il 
installé sur le siège épiscopal, que son zèle pour la réforme des 
mœurs de son clergé lui valut de nombreuses inimitiés. Persé- 
cuté, et resté seul de cinq frères, Sobon, Spicimir, Sobieslaw, 
Zimislaw et Czeslaw, assassinés par trahison , saint Adalbert par- 
tit pour Rome, et se réfugia au couvent de Saint-Boniface. 
Jean XV, pontife , permit à notre évêque de rester à Rome. Alors 
ses compatriotes, regrettant de l'avoir perdu, le redemandèrent, 
et le reçurent avec joie à son retour à Prague ; mais cet heureux 
accord ne dura pas , et saint Adalbert prit le parti d'allé'r prêcher 
la foi catholique en Hongrie et en Pologne. Accueilli très-honora- 
blement par le roi Boleslas le Grand, il resta en Pologne, fut sacré 
archevêque de Gnésen en 995, et consacra son temps à former 
les mœurs des premiers chrétiens ; plus tard , emporté par son 
pieux dévouement , il alla prêcher à une petite ville, Fiszhausen , 
près de la mer Baltique, dont les habitants, plongés dans le pa- 
ganisme , le percèrent de sept coups de lance ! Il tomba ainsi 
victime de son ardeur pour la propagation de la foi. Le roi de 



(1 ) Ou Slawink , selon le Martyrologe. Mais nous devons nous tenir a la 
première orthographe, qui est celle de Rosa Boemica. 



DES .MUSICIENS POLONAIS. 61 

Pologne racheta son corps au poids de l'or, et le fit enterrer 
dans la cathédrale de Gnésen, où l'on voit encore son tombeau. 

Saint Adalbert est auteur de l'hymne de Boga-Rodziça (Mère de 
Dieu), paroles et musique. Ce plain-chant, gravé sur le tombeau 
du Saint, est en langue slavonne, mère de la langue polonaise. 
Il est encore exécuté tous les dimanches à Gnésen et à Dom- 
browa, sur la Warka; il est écrit dans le premier ton de l'Église; 
il a trois divisions, trois mouvements différents; mais sa mélodie 
primitive a subi des altérations. Heureusement que le chant au- 
thentique avait été gravé sur le tombeau de la cathédrale de 
Gnesne; et l'on peut juger, par la traduction que nous en a don- 
née M. Lessel, du mérite de ce beau morceau de liturgie du 
moyen âge. 

Une copie authentique de l'hymne a été trouvée à la biblio- 
thèque de Zaluski , à Warsovie ; une autre à la bibliothèque de 
Pulawy, appartenant au prince Adam Czartoryski. Tous les anciens 
historiens de la Pologne parlent avec admiration du chant de 
Boga-Rodziça, que les Polonais avaient coutume d'entonner les 
jours de bataille. Le savant Laski s'exprime ainsi dans la préface 
de son Statut : Prima omnium devotissima et tanquam vates regni 
Poloniœ cantio , seu canticum, Boga Bodziça manibus et oraculo 
S. Adalberti scripta, et primo dicta ad conferenda cum hostibus 
cei^tamina dedicata, primum in isto Registro ordine locum vendi- 

cat Quod canticum olim Regibus quoque et universis Regni pro- 

ceribus (ex prœcepto et consuetudine laudabili) approbantibus initiis 
bellorum in regno Poloniœ prœponi consuevit (Joh. Laskus, in Sta- 
tutis Regni Poloniœ. Cracoviae, 1506, fol. ). L'abbé Wuïek s. j. 
appelle le chant de Boga-Rodziça le Catéchisme polonais. C'était 
le premier chant religieux écrit et chanté dans la langue polo- 
naise. L'abbé Gerbert cite, dans son Dictionnaire des Musiciens, 
un autre chant de saint Adalbert en forme de litanies, dont les 
paroles sont en vieux bohème, et qui a été inséré dans l'ouvrage 
de ce savant historien, et gravé dans les Variétés historiques par 
Ant. Oleszczynski. 

Quant au chant de Boga-Rodziça , il a paru pour la première 
fois en 1818 dans la grande épopée nationale de J.-U. Niemcewicz, 



62 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

intitulée Spiewy historyczne z muzykon i rycinami, traduit en no- 
tation moderne et divisé en mesures par Fr. Lessel, professeur et 
compositeur à Warsovie (voyez ce nom). Plus tard, l'auteur de ce 
livre a transcrit ce chant, à la demande de M. Fétis, pour la 
Revue musicale, dans laquelle il a été inséré en partie, tome iv, 
page 202. La vie de saint Adalbert a été le sujet d'un oratorio en 
trois parties , dont les paroles ont été composées par M. le comte 
Christien Ostrowski, et la musique par M. Alb. Sowinski. Exécuté 
pour la première fois à Paris en 1845, par les premiers solistes de 
la capitale, avec chœurs et orchestre des Italiens, il produisit une 
profonde sensation. 

Parmi les nombreux historiens étrangers qui ont parlé de la vie 
et des travaux de saint Adalbert, il faut citer Hartknoch (ein 
Alt and neu Preussen) et Gundeli de Padoue, membre de l'Aca- 
démie de Cracovie , qui a fait l'éloge de saint Adalbert sous ce 
titre : De Gestis divi Adalberti Poloniœ protomartyris. Crac. ap. 
Hier. Viétor, 1526, m-¥ (2). 

La fête de saint Adalbert tombe le 23 avril, et c'est à cette date 
que sa vie est décrite dans les Martyrologes. En la lisant , on est 
pénétré d'admiration pour les vertus et les lumières de ce saint. 
Mais on est frappé du silence du Martyrologe à l'égard du chant 
de Boga-Rodziça; du moins, l'édition de Paris de 1701 n'en parle 
pas; et cependant les historiens les plus recommandables de la 
Pologne et B. Boleluczky, dans la vie de saint Adalbert, intitulée 
Rosa Boemica , attribuent la composition de ce chant , paroles et 
musique, à saint Adalbert, archevêque de Gnesne. L'auteur du livre 
intitulé : Les Vies des Saints, composées sur ce qui nous est resté de 

plus authentique disposées selon l'ordre des calendriers et des 

martyrologes , affirme que saint Adalbert n'avait pas même accepté 
l'archevêché de Gnesne , et qu'il aurait déclaré , quelques jours 
avant sa mort, qu'en sa- qualité de religieux il ne pouvait pas l'ac- 
cepter. Cependant, l'inscription du tombeau de ce saint martyr, 
entouré de respect et de vénération pendant tant de siècles, est 



(1) L'évêque de Posen, Kampa Lodzia, composa un chant en l'honneur de 
saint Adalbert : Ty jestes Opoka. 



DES MUSICIENS TOLONAIS. <63 

une preuve authentique de la vérité du fait- Le tombeau de saint 
Adalbert fut visité, l'an 1000, par l'empereur Othon III, « qui 
» partit de Rome touché des merveilles qu'on lui en manda. Il 
» alla visiter ce tombeau par dévotion. Boleslas, roi de Pologne, 
» l'alla recevoir aux extrémités de la Pologne. L'Empereur n'eut 
» pas plutôt aperçu la ville de Gnesne, qu'il se mit en posture de 
» pèlerin et de suppliant, et marcha nu-pieds jusqu'à l'église 
» pour honorer particulièrement le saint martyr. » Saint Adalbert 
ayant prêché en Hongrie, et ayant baptisé le roi saint Etienne, 
une église lui a été consacrée à Strigonie, aujourd'hui Gran. Plu- 
sieurs autres églises, en Bohême, en Pornéranie, sont dédiées à 
saint Adalbert; celle de Cracovie porte son nom, et l'empereur 
■Othon III en a commencé une à Aix-la-Chapelle, qui fut achevée 
par son successeur. A Posen, il existe une église paroissiale dé- 
diée à saint Adalbert; elle date du xm e siècle. Il y en a une à 
Breslau. On frappait la monnaie à l'effigie de saint Adalbert, el 
la Grande -Pologne le prit pour son patron. 

Mais l'ouvrage qui répand une vive lumière sur la vie et les 
travaux de saint Adalbert, est.celui de Bened. Boleluczky, dont le 
titre est : Rosa Boemica sive Vita sancti Woytiechi, agnominc 
Adalberti, Pragensis Episcopi, Ungariœ, Poloniœ, Prussiœ Apos- 
toli. Pragae, typis Urbani Goliass, 1668. 

L'auteur de Rosa Boemica était chapelain à Hradist, de l'église 
de Saint-Adalbert. Son livre est divisé en deux parties : la pre- 
mière renferme quatorze chapitres, avec gravures; la seconde 
partie contient les hymnes et les prières composées par saint 
Adalbert, entre autres : le chant de Boga-Rodziça ; l'hymne de 
l'Abbaye de Brzeivno 

Hospodyne pomiluyny 

avec musique, qui fut chantée, Ai electione et coronatione Prince 
pian et Regum. Tune, inquit Brzeivnoviensis, S. Adalbertus con- 
gregans fidèles Christiunos ad Lybicz, patrimonialem villam suam, 
hoc canticum compostât, poptdum informavit, et cum populo illud 
cantavit ad Dominum Deum, ut famem et guerras averteret. Deux 
proses, dont la première commence ainsi : 



64 



DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 



Jlodiernœ lux diei 
Celebris Martyri Dci 
Clarescit memoria. 
Decantentur harmonies; 
Sortent cordis symphonies; 
Landet Euterpeya. 

Une gravure représentant saint Adalbert en pied, une autre de 
saint Venceslas, martyr et patron de Cracovie, et enfin l'hymne 
de ce saint avec musique pour deux voix, complètent le volume. 

Yoici maintenant le chant de Boga-Rodziça, que nous donnons- 
en entier, d'après la copie originale conservée à la cathédrale de 
Gnesen. Il a été traduit en notation moderne par Fr. Lessel. Nous 
devons au talent poétique de M. le comte Christien Ostrowski la 
traduction du texte en vers français. 



Largo. 






=?*£ 



— g- 



Vierge du 
Bo-ga- 



ciel, pri-e pour nous. Pro-té-ge- nous, 
Ro- dzi- ça Dziewi- ça 



fe 



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Sainte Ma- ri- 
Bogiemwsla wio- 



e. Tu nous vois à tes ge-noux. Du 
na Ma- ry- a utwego 



m 



tt 



t; 



Hâ^H 



Dieu qu'a-do-re ma Pa-tri-e Daigne im-plo- rer le courroux. 
Sy- na Hospo-dy- na Mat- ko zwo- lo- na. 




Tu nous vois à tes ge-noux, Vierge du ciel, Ma- 



Ma- 



ry- 



sci- nam sput-t wi-nom. 




Kv-ri- e e- 






le- i- son. Mè-rc du Christ, de ta lu-mic-re 
Twe- go Sy- na Chrzci cic- la 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



65 







Daigne .é- clai-rer nos yeux. Et quand vien- 

zbo- zny czas, u- slysz gln-sy na- pel- niy 



H 



dra l'heu- re derniè- re, 

my- sli Czlo- wie- cze, slysz mo-dli- 



i=Ll_-j j j i " Yi £*m 



twe 



Conduis-nous 
ien- ze cie 



=l=q==|: 




vers les cieux. 

pro-sie- my. To dac ra- 






czy Je- goz pro-sie- my. 




i y s 



Don-ne-nous l'espoir dans ce mon -de, Et dans l'autre 
Day na Swie- cie zbozny po- byt, po zy- wo- cie 



^^^^^M^MM 



-&-+- 



:± 



5^# 



u- ne paix profon- de. Ky-ry- e e- le- i- son. 
Rayski prze- byt. 

Ândante. 




-Jê^=^~à-â 



=Lz: 



Fils de Dieu, que le ciel pro-cla- me, Tu naquis 
Na- ro-dzil sie dla nas Syn Bo- zy wto wicrzay 

-4- ' 



mm§ 



3 



1S 



=t 



-t- 



t- 



4^ 





et e/el 'Jr~ 

du sein de la femme. C'est par toi que la foi règne dans notre 
Czlowiecze zbo- zny iz przez trudBdg svvôyLud o-dial dia- blu 



b J j i |-^ ^^ t~T~r~^ T~ l — F . i -J-1 



â- me. Ar- mé de ses lois sou-ve- rai- nés, Le Sei- 
ztra-zy przy dal nam zdrowïa wieczne- go sta- ro- ste 

=1 



fipis^É 



:=p=t 



ËZ 



o • .J ; — * e— 1 -* — " — sfc_i P=tiJ 

gneur quitta ses do-maines, Et ses mains des humains Ont bri-sé 
sko-wal piekielne- go smierc pod- ial wspomio-nal Czlo-wieka 



DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 




les chaînes. 

pier-wszego, ieszcze Iru-dy cierpial bezmier-ne ieszcze byl 



>\ } }I 



::ïd=jz: 



j=i=rr; 



3=$ 



Père Adam, 



nie przyspial zawier-ne a ze sam Bog zmartwychwstal A- da-mie 

— « *- IZ 2 =*T5-^ =I -d m =s - 1 -* * + 1 S)-B-0 Z3 



premier-né des hommes,, Souviens - toi du monde où nous sommes; 
ty Bo- zy kmie- ciu ty sie- dzisz u Bo- ga w wie- eu 




Que tes fils soient admis aux divins roy- au- mes. 
domiesc nas swe Dzieci gdzie krdlu- ia iuz Swieci. 

Allegretto. 




bonheur sans é-gal ! Vo- lu-pté su- 
Tam ra- dosé lam milosc tam widze-nie 



pre- me, 
twdr-ca 



fr=t= 



-é-+- 



j 1* A 



t=t=± 



=±= 



C'est Dieu, c'est Dieu même ! Et Sa- tan, son ri- val, Foudroyé, blas- 
A- niel-skie bez kon-ca tu sie nam zia-wi- lo Diable po-te- 




pie-nie ni srebrem ni zlo tem nas zpiekla od- ku- pil 



=± 



4=3=3=4 



3tZ*ZZ fS 



^Be^SE^ 



mo-ca swa za sta-pil dla-ciebie Czlo-wiecze dal Bog przeklôc 



=i^i5=s^I 



fc— i=î^fce: 



== 



-j=t 



so- bie Bok re-ce no-dze o-bie krew swieta szla zboku 



^77Î CT g # #^M^ E 



Chan- tons le Roi des rois ; Sa grâ-ce fé- 
na zbawienie lo- bie. Wierzze wto Czlowie- cze iz Je-zus Boi 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



67 



S 



t=f=r- 



y-^ 



§^W-^zm '£=J=^ 



con- de En tous lieux a- bon-de ; II est mort sur la croix 
pra- wy cierpialza-nas ra-ny swaswie- ta krew prze lai 




front ceint d'é- pi-nes, 
Diablu ia o- deyma 



Ont rou-gi de ton sang les saintes col- \\- nés. Le Seigneur 
krew swieta szla zbo- ku na zbawie-nie to- bie. Tuz nam czas 



33 



j jj'jïJj j-^fo^ 



triomphant Ordonne qu'on l'ai-me D'un a- mour su-prême, 
godzi- na grzechôw sie ka- ia- ci Bo-gu Chwale- da- ci 




SSpiS^S 



Et l'homme son enfant Autant que soi- me- me. O mè-re 
ze wsze- mi si- la-mi Bo-ga mi- lo- wa- ci. Ma- ry- a 




3 1 jTTÎ Fl^ 

#— ^ — é - i" m - J — -1 — 0- 



:t 



=t 



=t 



du Sauveur, Belle entre les fem-mes, Ob- jet de nos 
Dzie- wi-co pro- si Sy- na swe- go kro-la Nie-bie- 




flammes, D'u-ne sain-te ferveur 
skie- go. A-by nas u- chovval 



|e 



Viens remplir nos â- mes. 
o- de wsze-go zle- go. 



3=1=4 



Ç?^ 



^ — 0- 



0^-±s —e~ f-^ — I 1 



wszyscy Swieci pro- scie nas grzesznych wspomozcie bysmy zwami 



przeby- li 



Dieu de gloire et d'amour 
Je-su Chrysta chwali- li. Te- goz nas do- mie-sci 



D1CT10NSAIRE BIOGRAPHIQUE 



1 



-*— * 



4=4=: 



?-■+- 



-j — 



— (2-H 



Dé-jà tu nous ran-ges par- mi tes archanges. Que la nuit 
Je-zu Chryste mi- ly bysmy zto-ba by-li gdzie sie nam 




et le jour Chantent tes lou-an-ges. Que ta main nous don- ne, 
ra-du-ia iuz nie-bies-kie si- ly. Amen, a- men, a- men. 



=rt 



= :-=!== 



I 



fe 



=î=t 
— m — _ — . . ,_ — . . . — = — „ — ^ — 

Cèles- te Ma- do-ne, A- près notre e- xil La sain-te cou- 
Amen, amen, amen, Amen ta- ko Bôg day bychmy wszyscy 



irsz 



ron- ne. A- men, a- men. Ain-si soit- 
poszli wray. Gdzie krd- lu- ia. A- nie- 



ADAMI (Ernest-Daniel), Polonais de naissance, a vu le 
jour à Zduny, dans la Grande-Pologne, le 19 novembre 1716. Il 
étudia la musique sous la direction d'Abraham Lungner, puis il 
prit des leçons de chant de Contenius, et travailla, disait-on 
alors , le piano avec Frendel. L'organiste Zachau lui donna les 
premières notions de composition. Adami fit ainsi ses premières 
études sous les maîtres allemands. Rendu au gymnase de Thorn, 
il eui une place de choriste qui lui facilita les moyens d'achever 
ses études. A dix-neuf ans, il obtint une place de co-pasteur à 
Brodniça (Strasbourg). 

Entraîné vers les études théologiques, Adami se rendit d'abord 
à Kœnigsberg, puis à Iéna, pour les terminer. Il fut chargé de 
l'éducation du fils du comte Dobna-Wartenberg-Leistenau, et 
deux ans plus tard il retourna dans sa ville natale pour s'y exercer 
à la prédication. Nommé directeur de musique à l'école latine de 
Landshut, il abandonna ce poste pour être pasteur de Sorge, puis 
de Felekne , et en dernier lieu de Pommerewitz, dans la Haute- 
Silésie, où il mourut, le 19 juin 1795. Les ouvrages théorétiques 
d' Adami sont : Vernunftige Gedanken ùber den Dreifachen Widers- 
chall vom Fingange des Aderbachischen Steinivalder im Kœnigreich 
Boehmen ( Réflexions sur le triple écho d'Aderbach , à l'entrée de 



DES MUSICIENS POLONAIS. 69 

la forêt de Stein, en Bohême); 1750, à Liognilz, in-4°; Philoso- 
p/iisck musikalische Abhandhmg, von dem Gotlick schûne der Ge- 
sangweise ingeistl. liedern bey offentlichen Gotesdienst (Dissertation 
philosophico-musicale sur les beautés sublimes dans les chants du 
service divin); Leipzig, 1755, in-8°. Ce dernier ouvrage a été 
présenté à la Société musicale de Mitzler, à la réception de l'au- 
teur. Adami est auteur d'une Cantate publiée en 1745, et d'une 
autre en 4746. Beaucoup de ses ouvrages n'ont point été impri- 
més. Dans le Dictionnaire de Walther, il est question d'un Andréa 
Adami, compositeur, né en Italie. 

ADAMCZEWSKI (Jacques), auteur dramatique et poëte, 
vivait au commencement de notre siècle. Pendant les fêtes qui 
eurent lieu à Warsovie le 11 décembre 1807 pour l'anniversaire 
du traité de Posen, conclu entre S. M. l'Empereur Napoléon I er 
et S. M. le roi de Saxe, grand-duc de Warsovie, on joua Frosine, 
vaudeville en un acte, traduit du français, musique de J. Stefani, 
dans lequel Adamczewski intercala des couplets de circonstance, 
chantés par Frosine : 

Ulegl polak skrepoioany 
Mars Francuzki go ozywil 
A czuionç zdiente kajdany 
Obudzil sie i swiat zdzkoil 
Waleczna Polska mlodsiezy 
Niç hvego meztwa nie studzi 
Nikt cie io boju nie ubiezy 
Przyznal to najwiekszy zludzi. 

Plusieurs autres couplets furent chantés par différents artistes 
dans l'Opéra de YAxur, de Salieri (Gazette de Posen, de 1807, 
n° 101). Adamczewski traduisit en polonais Hélène, de Bulli, 
musique de Méhul. En 1810, il fut nommé membre de la Direc- 
tion des Théâtres royaux , à Varsovie, présidée par i. U. Niemce- 
wiez, secrétaire du Sénat, membre de la Société royale des Amis 
des sciences. 

ADES, célèbre chanteur, vivait en Pologne au xvir siècle. Il 
fut d'abord au service de Stanislas Kostka, trésorier des Terres- 
PnissiciuR's. Après sa mort, arrivée en 1602, Ades fut attaché à 
la chapelle de la cour, sous le règne de Sigismond III, roi de 



70 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Pologne. Selon l'abbé Juszynski, Ades serait mort en 1620, au 
service de ce prince. 

ALBERTI (Henricus), bon compositeur et organiste, à Ko- 
nigsberg (Krolewieç), vivait en 1650. Il publia un recueil de 
chants, sous le titre: Schoene lieder, que Ton trouve dans les 
Ghoralbùchern, ou Gesangbiïchern, d'après J. Godefroy Walther. 
(Voyez son Dictionnaire de musique.) 

ALBERTINI ( ), Italien de naissance, fut le dernier 

maître de chapelle de Stanislas- Auguste Poniatowski, roi de Po- 
logne, en 1784. {Voyez S. Ciampi, JSibliografica critica.) Ce 
maître n'était pas apprécié selon son mérite, il connaissait bien 
la composition et ne manquait pas d'habileté dans l'arrangement 
de morceaux de scène. Il composa pour le théâtre de Warsovie 
l'opéra de Don Juan, qui plaisait beaucoup aux Polonais à l'époque 
de son apparition. Il donna à Rome Virginia e Scipio Africano; à 
Hambourg, Circé et Ulysse, en 1785. Albertini vivait à Rome 
depuis 1804, de leçons de chant et d'une petite pension que lui 
faisait le prince Stanislas Poniatowski, neveu du dernier roi, 
émigré en Italie depuis le partage de la Pologne. Albertini est 
auteur encore d'un opéra intitulé : Le maître de Chapelle polonais 
(Polnischer kapelmaister) dans lequel il y a un fort beau sextuor. 
Cet artiste mourut en 1812, à Rome, à l'âge de soixante ans; il 
supportait avec courage les épreuves du sort. (Gazette musicale 
de Leipzig et Courrier de Warsovie.) 

ANDRÉ ou Andrzeï, chanteur au service du palatin de Troki, 
au xvi e siècle , excellait dans le chant des Dumki, sorte d'airs 
mélancoliques dont les mélodies ont un grand charme pour les 
oreilles polonaises. Les Dumki d'Ukraine (Rêveries) sont les plus 
nombreuses. La première partie est toujours en mineur, et la 
seconde reprise est en majeur relatif. (Voyez h. Golembiowski 
dans le Peuple polonais, t. III, p. 204.) 

ANDRÉ (Louis), fut maître de chapelle et compositeur du roi 
de Pologne Frédéric- Auguste II, en 1729. (Voyez l'Almanach de 
la Cour et de l'Etat de Saxe, à Dresde.) Dresdenischen hof und- 
Staats-Calender, cité par Jean-Godefroid Walther, dans le Dic- 
tionnaire de musique et des musiciens. Leipzig, 1732. Les messes 



DES MUSICIENS POLONAIS. 71 

d'André sont encore chantées dansiles différentes églises de War- 
sovie. L'Allemagne possède plusieurs compositeurs de ce nom. 
André (Jean), fondateur de la célèbre maison d'Offenbach, com- 
positeur dramatique; André (Jean- Antoine), violoniste, compo- 
siteur religieux , instrumental et dramatique, successeur de son 
père dans la direction de la maison de musique à Offenbach, 
acquit la propriété des manuscrits de Mozart, et publia une édition 
du célèbre Requiem avec les passages de la composition de Suss- 
mayer. 

ANDREPOLITANUS, musicien attaché à la chapelle du roi de 
Pologne, vers 1566 : Musicus S. Reg. maj. Il fut pensionnaire de 
Notre-Dame de Cracovie. (Ambr. Grabowski, Starego Krakowa 
Zabytki), page 170. 

ANDRYSOWIÇ (Lazare), possédait une imprimerie importante 
à Cracovie au xvr 3 siècle. Outre les livres, il imprimait aussi la 
musique. Le livre des cantiques, un des plus anciens « Kantyczki, » 
parut chez lui, en 1556, avec musique pour plusieurs voix. Ce 
livre , décrit par L. Golembiowski et J. Lelewel, appartenait à la 
bibliothèque de Pulawy, des princes Czartoryski. Il contient plu- 
sieurs chants sacrés, avec musique à quatre voix, entre autres : 
Oratio Dominica (Modlitwa paniska), en vers polonais pour cantus, 
alto, ténor et basse. Chant sur la naissance du Seigneur {Pyesn o 
narodzeniu Panskim. Le chant principal est pour voix de ténor, le 
morceau est à quatre voix. Dies est lœtitiœ, etc. (Noël pour les en- 
fants). Kolenda ku spiewaniu dla Dziatek, pour voix de ténor seule. 
Un autre chant de Noël, en douze strophes, avec la musique pour 
ténor et basse, une espèce de kolenda. Grates (chant d'actions de 
grâces) pour cantus, alto, ténor et basse (1556). Christe qui lux 
es et dies, à quatre voix, de N. Rey. Piesn o Rozym umeczeniu. 
(La Passion de Notre-Seigneur), à quatre voix, 34 strophes. 
Piesn o zmartwych-icstaniu P ans kim (Chant sur la résurrection), 
à quatre voix. Veni, Creator Spiritus, pour ténor seul. Prière à la 
Sainte-Trinité, à quatre voix, 3 strophes. Chant nouveau {Piesn 
neurn), à quatre voix. Un autre chant nouveau, et chant sur la 
mort, pour voix de ténor seule. Chant funèbre d'un chrétien 
{Piesn przy pogrzebie Czlowieka krzescijanskiego), avec musique 



li DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

pour cantus et ténor. Le premier psaume en vers polonais : 
Beatas vir qui non abiit in concilio impiorum. avec vignette et mu- 
sique pour eantus et ténor. Suivent ces quatre vers polonais : 

Nus my wierni krzescyanie 
Prêts zalosne rozmyslanie , 
Smierci czlowieka uszelkiego 
Bondzmy serca nabozneyo. 

Avec musique pour cantus. alto, ténor et basse. A la fin, on y 
a mis l'hymne : Te Deum laudamus, sans musique, devant être 
chanté sur le plain-chant de saint Augustin et saint Ambroise , 
en vers polonais. Selon le savant Lelewel. l'exemplaire de ce livre 
des Cantiques (kantyczki) qui se trouvait à la maison gothique de 
Pulawy avait été endommagé; il y manquait une douzaine de 
pages. L'auteur de ces mélodies n'est pas connu. Le livre avait 
appartenu à M. Bledzoviensis Cisterciensium. Un chant nouveau, 
avec musique, à quatre voix, pour implorer Dieu, afin qu'il dé- 
fende son Eglise. Chez Andrysowiç, à Cracovie, in-8. Ce chant 
se trouve, je crois, dans le grand recueil de Kantyczki. Prière du 
peuple pour les rois chrétiens, mélodie à quatre voix, chez le 
même . in-8. Przestrach na zle tprawy ludzkiego zytcota. Chant 
avec vignettes et musique, à quatre voix, à Cracovie, in-8, chez 
le même, sans nom d'auteur. 

( hont nouveau : Piesn nom o krewkosci kazdego czlowieka , 
avec vignette et musique à quatre voix, chez Andrysowiç, à Cra- 
covie, in-8. Seize strophes, dont la première commence ainsi : 

Pomoz Panie sluzce swemu 
A ndrzeyoïci Trzycieskyemu. 

Seigneur, viens en aide à ton serviteur André Trzveieski. 

Psaume LXXXV. Inclina, Domine, aurem taam, etc., avec mu- 
sique de Venceslas Szamotulski (Voyez ce nom), traduction de 
Nicolas Rey, chez le même éditeur. 

Psaume XLV. Deus noster réfugiant, trad. de A. P., chant pour 
voix de ténor, in-8, chez le même. 

Psaume CXX1X. De profanais clamavi ad te, Domine. Crac, 
in-8, chez le même. Mélodie pour quatre voix. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 73 

Psaume CM. Traduction de Bern. Wapowski, avec musique 
à quatre voix. Cracovie en 1554, in-8, chez le même. 

Psaume CXXVI1. Beati omnes qui tintent Dominum, musique 
de C. G., à quatre voix, Cracovie, in-8, chez le même. 

Psaume L. Miserere, sans nom d'auteur, musique pour discantus 
tenorus etbassus. Cracovie, in-8, 1556, chez le même. 

Psaume LXX. In te, Domine, speravi, musique de C. G., à 
quatre voix. Cracovie, chez Andrysowicz en 1556, in-8. 

On présume que les deux psaumes suivants sont sortis des 
presses de L. Andrysowicz. 

Psaume XXXVI. Noli œrnidari in malignantibus , traduit par 
Jacques Lubelczyk, musique deC. G., à quatre voix. Cracovie. in-8°. 

Psaume LXXIX. Deus , venerunt gentes in hœreditatem tnam, 
musique et trad. des mêmes auteurs. Cracovie, in-8. 

D'autres chants religieux de Sophie Olesnicka et d'André 
ïrzycieski (Tricesius), furent publiés par Andrysowicz," savoir : 

Chant sur la naissance du Christ (o narodzeniu Paniskim), 
avec musique à quatre voix. Cracovie, 1550, in-8. 

Second chant (Piesn druga), avec musique à quatre voix. Cra- 
covie, in-8, chez le même. 

Chant du matin , Heynal sivita na ranne powstanie , paroles de 
Nicolas Rey, musique sans nom d'auteur. 

Noël pour les enfants, sur l'air de : Dies est lœtitiœ, à deux voix, 
ténor et basse. 

Un autre chant sur la naissance du Christ, avec musique, à 
quatre voix; chant pour ténor seul, six strophes. (Ibid.) 

On peut juger par ces ouvrages combien l'imprimerie musicale 
d' Andrysowicz fut importante pour son siècle. Malheureusement 
on n'a conservé que fort peu d'exemplaires de compositions 
du xvi e siècle, on craint même que le Livre des Cantiques, cité 
en premier, ne soit perdu depuis 1831. On peut consulter les 
travaux de Lelewel, Bandtkie, Juszynski, Wiszniewski et de plu- 
sieurs autres savants polonais sur cet objet. 

ANNA ALDONA GEDYMINOWNA. Anne Gedymin , reine 
de Pologne, épouse de Kasimir le Grand et fille de Gedymin, 
grand-duc de Lithuanie, fut très-bonne musicienne, selon Stryi- 



74 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Ixowski, historien polonais. La reine avait toujours des musiciens à 
sa suite, à la cour comme en voyage. Mariée à Kasimir le Grand 
lorsqu'il n'était encore que prince royal , elle vint en Pologne du 
vivant du roi Wladislas Lokietek, père de Kasimir XIV. Cette 
reine remarquable par sa beauté et ses talents, fut adorée des Po- 
lonais. 

ANNA JAGIELONKA. Anne , reine de Pologne, sœur de Si- 
gismond- Auguste, dernier roi des Jagellons, mariée à Etienne Ba- 
tory, deuxième roi électif, protégeait beaucoup les arts et avait 
du goût pour la musique. Sous son règne, l'abbé Zaïonç (Voyezce 
nom) organisa des chœurs et fit chanter des messes complètes en 
musique (1572 à 1586). Tous les historiens polonais parlent avec 
éloge de l'affabilité de cette reine et de l'encouragement qu'elle 
accordait aux artistes et aux gens de lettres. Fidèle aux principes 
de piété et de justice de l'antique et illustre dynastie des Jagellons, 
la reine Anne, digne héritière de tant de grands rois qui élevèrent 
la Pologne au plus haut degré de prospérité, aimait beaucoup les 
talents nationaux, les recherchait et savait les faire briller (1). Avec 
le règne des Jagellons finit l'âge d'or de la littérature polonaise. 
Quant à la musique , elle fit encore des progrès sous le régne de 
Sigismond III et de Wladislas IV son fils; mais les talents indi- 
gènes devenaient plus rares , tandis que les maîtres italiens arri- 
vaient en foule en Pologne , ayant alors une protectrice dans la 
reine Bona-Sforza, femme de Sigismond III, Italienne de naissance. 

Quant à la reine Anne, elle aimait les arts et les sciences, avait 
du goût pour la botanique, parcourait les campagnes pour herbo- 
riser elle-même , et le célèbre Syzenius lui dédia son ouvrage en 
langue polonaise. Gomme preuve de sollicitude de la reine Anne 
pour le chant religieux, nous ne pouvons nons dispenser de citer 



(1) L'archevêque de Léopol, Demettrius Solikowski, institua Tordre de 
Sainte-Anne, et organisa une confrérie, sous le titre de : SocietasS. Annœ, 
aviœ Maternœ Christi Servatoris nostri in Polonia, sub Rege Stephano , et 
Anna Jagellonia Regina instituta 1578. Symbolum primum : Fructus chari- 
tatis salus. Une petite médaille fut frappée avec l'autorisation du Pape, elle 
représente : d'un côté , la Sainte-Anne , la Sainte-Vierge et l'Enfant Jésus ; 
sur le revers on lisait cette inscription : Sanctœ Annœ Societas. (Rare pol- 
nische Bûcher V. D. Janoçki.) 



DES MUSICIENS POLONAIS. 75 

des fragments de lettres de la reine à l'abbé Zaïonç, directeur de 
la chapelle royale; elle s'exprime ainsi dans sa septième lettre : 

« Puisque, par notre munificence, nous vous avons fait allouer 
» des fonds et nous pensons à vous en faire donner d'autres, nous 
» voulons que votre R. mette les plus grands soins à la perfection 
» du chant de la chapelle, pour laquelle nous ne voudrions pas de 
» chantres mercenaires , mais des chapelains capables de bien 
» chanter la messe , et nous voulons que vous remplissiez notre 
» volonté royale pour le bien de l'Église. » 

Dans une autre lettre la reine ajoute : 

« Je désire que vous mainteniez la chapelle au complet , avec 
» de l'ordre, et que vous ayez de bonnes voix parmi vos chape- 
» lains. » 

La reine Anne mourut à Cracovie le 12 novembre 1596; on 
lit sur son mausolée, dans la cathédrale, l'inscription suivante : 

ANNA REGINA POLONIAE 

JAGELLONIDE QUI C. C. PROPE ASMOS REGNAVERUNT SOBOLES ULTIMA 

REGUM SIG. I ET BONA SFORTIA, FIL1A 

S1G. AUG. SOROR 

ET STEPH. BATOREJ CONIUNX 

MAGNIF1CA. PIA. RELIGIOSA. (1) 

ANTONIUS (Jules), habile facteur d'orgues, vivait au xvi e siècle; 
il a construit un instrument de cinquante-cinq jeux pour l'église 
de Sainte-Marie, à Dantzik, vers 1585. Patrie des Foerster et 
d'autres musiciens illustres, Dantzik est une des villes de l'ancienne 
Pologne qui avaient de bonnes orgues. (Practorius dans ses Syn- 
tagm. mus. cité par Fétis et d'autres biographes.) 

ARTOMIUS (Pierre), pasteur à Thorn, né à Grodzisko, dans la 
Grande-Pologne, en 1552, prit un nom grec, parce que le sien ne 
lui paraissait pas assez harmonieux; il s'appelait Kresy Chleb. Au- 
teur de nombreux ouvrages en latin et en polonais, il a publié, en 
1578, un livre de cantiques avec musique, très-estimé, sous le 
titre : Kancyonal, to iest Piesni Chrzescianskié (Cancionale ou 
Chants chrétiens) , qui eut beaucoup d'éditions ; ce recueil renferme 

(1) Description de Cracovie, par Ambroise Grabowski. 



76 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

des chants pour la confession d'Augsbourg; il est très-complet , 
d'après Ephraïm Oloff(l). Les meilleures éditions de ce Cancionale 
sont celles de Thorn, 1595, de 1600 et 1620; celles de Dantzik, de 
1640 et de 1646. Artomius traduisit beaucoup de cantiques de 
l'allemand et du latin, et en composa d'autres pour son recueil 
qui devint très-remarquable tant par le texte que par le choix des 
airs .qui furent composés par Adam Freytag de Thorn; G. Gues- 
nerusde Prusse; M. E. Czerwonka de Cekalovitz ; Thomas Chodow- 
ski, Gaspard F risius, And. Tricesius (Trzycieski). Artomius rendit 
un grand service à sa patrie en publiant ces cantiques en polonais, 
que les fidèles pouvaient chanter dans la langue maternelle. C'était 
le premier recueil publié en Pologne dans la seconde moitié du 
xvi e siècle. 

Lui-même mourut à Thorn le 2 août 1609, au moment où il 
s'apprêtait à prêcher dans l'église de Sainte-Marie, dont il avait la 
chaire depuis vingt- trois ans. Il obtint les honneurs de la sépulture 
dans son église ; son mausolée, en pierre, est du côté de la sacris- 
tie; on y a placé une inscription. Artomius fut senior du district 
de Belz, appartenait à la confession d'Augsbourg, mais très-estimé 
des catholiques et des luthériens. Son portrait se trouve en tête 
du livre d'Ephraïm Oloff. Dans sa jeunesse , il fit l'éducation de 
deux jeunes Ostrorog. Il étudia lui-même à Wittenberg , d'où il 
revint grand partisan de la réforme. Il connaissait bien la musique 
et faisait les vers avec facilité. L'impulsion qu'il donna à la tra- 
duction des chants sacrés fut telle qu'en peu de temps tous les 
livres saints, et beaucoup de prières de l'allemand et du latin 
furent traduits en polonais. Le fameux cantique de Martin Luther 
intitulé : Jesus-Christus unser Heyland (Jésus-Christ notre Sauveur), 
fut traduit aussi et parut dans le Cancionale d 'Artomius avec mu- 
sique. Les auteurs qui précédèrent Artomius dans la traduction 
des chants sacrés sont : Stanislas Swençlawski , Jean Frentzel , 
Erazm Gliczner, Léonard Langhammer, Alb. Orlowski, Christophe 
Widavianus, Christ. Busko, Abraham Stasinius, Martin Murinius. 



\) Polnische Lieder-Geschichte. Simon Starowolski donne, dans le Mont 
Sarmat., l'épitaphe de la femme d'Artomio, placée à Thorn vers 1607. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 77 

Après Artomius sont venus : Turnowski, Strychny, Seidel, Orliç , 
Kittelin et Tamnitius . Mais ils sont restés inférieurs aux poésies d 'Ar- 
tomius, quant au style. Les ouvrages d' Artomius furent défendus 
en Pologne (Voyez les Bare-Polnische- Bûcher , par D. Janoçki). 

ASZPERGER (Catherine), cantatrice distinguée de Topera po- 
lonais, débuta fort jeune et soutint longtemps la réputation d'une 
excellente artiste. Ses rôles principaux étaient : dans le Sacrifice 
interrompu, le rôle de Galire; dans le Barbier de Séville , de 
Rossini, rôle de Rosine; dans le Chaperon rouge, de Boïeldieu, 
M me Aszperger fut charmante dans le rôle de Rose, qui lui allait à 
merveille. Après avoir chanté sur plusieurs théâtres en Pologne, 
cette artiste obtint du gouvernement une pension de retraite , et 
se retira à Léopol, en Galicie, où elle mourut en 1847. (L'His- 
toire du théâtre national par Mb. Boguslawski) Annales du théâtre 
polonais. 



B 



BACHO ( ), musicien attaché à la Cour de Pologne , 

sous le règne de Sigismond I er , inscrit sur les registres de la ville 
de Gracovie comme Musicus rcgius. 

BAILLY ( ), Français de nation, établi en Pologne en 

1815, faisait partie de l'orchestre des théâtres de Warsovie comme 
clarinettiste et remplissait la place de professeur de son instru- 
ment au Conservatoire de cette ville. (Almanach du royaume de 
Pologne). Kalendarzyk polityczny. 

BALCEREK ( ), célèbre chanteur, vivait au xvi e siècle, 

il est question de lui dans la 7 e satire d'Opalinski. (Voyez le 
Peuple polonais , par L. Golembiowski, tome III.) 

BALLI (Dziano), d'origine italienne, musicien du roi de 
Pologne, obtint le droit de Civis Cracoviensis (citoyen de Gra- 
covie), en 1568. (Voyez la Description de Cracovie , par A. Gra- 
bowski) , qui parle de ce musicien , sans désigner de quel instru- 
ment il jouait. Dziano Balli prenait le titre de Musicus regius. 



78 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

BALINSKI (Luc) , professeur de violon et de flûte, à Krzemie- 
nieç,de 1810 à 1816. (Correspondance particulière). 

BALTAZAR ( ), musicien-chanteur du temps de 

Wladislas, roi de Pologne, faisait partie de sa chapelle et de la 
musique delà cathédrale de Warsovie, au xvir siècle. Baltazar 
était natif de Pérouse, et avait la voix de soprano. Il est question 
de lui dans les mémoires de Jarzemski (Voyez ce nom.) 

Baltazar, connu sous ce nom en Pologne, n'est-il pas le célèbre 
Baldassaro Ferri, chevalier Pérousin, dont parle J.-J. Rous- 
seau à l'article de la voix, et qui passait dans le xvn e siècle 
pour un chanteur unique et prodigieux que s'arrachaient tour à tour 
les souverains de l'Europe, qui fut comblé de biens et d'honneurs 
durant sa vie, et dont toutes les muses d' Italie célébrèrent à l'envi 
les talents et la gloire après sa mort. 

Il paraît certain que Baltazar Ferri était venu en Pologne, et 
qu'il y séjourna ; mais ce fait ne se trouve pas consigné dans la 
Biographie universelle de F.-J. Fétis, ni dans le Dictionnaire his- 
torique de Fayolle et Choron. 

BAPTISTE, musicien attaché à la cour de Stanislas I er , roi de 
Pologne à Nancy. Il est question de lui dans YFssai sur la musique 
ancienne et moderne , parLaborde, au sujet de l'art de noter les 
cylindres, inventé par le Père Engramelle, religieux Augustin 
(1775). 

Ce musicien est-il le même que Baptiste Anet, dit Baptiste, 
violoniste d'un grand talent élève de Corelli, qui, selon M. Fétis, 
vint à Paris vers 1700, et passa depuis lors en Pologne, où il est 
mort chef de la musique du roi? 

BARANO WSKI ( ) , artiste dramatique, faisait partie 

de la troupe nationale, dirigée par Alb. Boguslawski à la fin du 
siècle dernier. Il chantait les rôles de basse-taille, Dzieie teatru 
Norodowego (Histoire du théâtre national polonais). 

BARANO WSKI (Kasimir), violoniste polonais, talent pré- 
coce, car il avait à peine huit ans , quand son maître le fit jouer 
dans un concert public à Warsovie afin de lui procurer des fonds 
pour son éducation musicale. Cet appel au public fut fait par son 
professeur Oleszkiewicz en 1829, et bientôt parut une lettre dans 



DES MUSICIENS POLONAIS. 79 

le Courrier de Warsovie, dans laquelle on l'engageait à faire 
entendre une seconde fois son jeune élève qui étonnait les con- 
naisseurs par la justesse de l'intonation et le charme de son jeu. 
Baranowski justifia depuis les espérances des connaisseurs; il 
tient le premier rang parmi les violonistes polonais de l'époque 
actuelle. Il excelle surtout dans les quatuors. Ses coopérateurs 
sont MM.Lewandowski, Dobrzynski, violons; Feist, viola; Sza- 
blinski, violoncelle. Cette réunion de talents peut être placée à 
côté des meilleures de l'Europe. 

BARON (Martin), Polonais, auteur A' Icônes et Miracula Sanc- 
torum Poloniœ. Coloniœ, sumptibus ac formulis Pétri Ouradii, an. 
Dom. 1605, ouvrage extrêmement rare selon D. Jonoçki (Rare 
Polniche Bûcher) , d'après lequel nous donnons^ ici la liste de 
saints, martyrs, et patrons de la Pologne, qui ont leurs chants 
avec musique : 

Beata Salomea, Polona Regina Haliciœ , ordinis S. Francisci. 
Sepulta Cracoviae. 

S. Hedvigis, Regina Poloniœ et Silesiœ, Duc. Monaca Cister- 
ciensis. 

Beata Kunegundis, Regina Polonia?, ViduaetVirgo,ord. S. Fran- 
cisci, (morte enl292, canonisée par le Pape Alexandre VII en 1690). 

S. Florianus, Martyr, Dux militiae, Patronus et Protector 
Regni Poloniae. 

S. Adalbertus, Archiepiscopus Gnesnensis et Martyr, Regni Po- 
loniœ R. Patronus. Hymne de Bogarodziça(l), paroles et musique. 

S. Stanislaus, Polonus, Episcopus Cracoviensis et Martyr. (11 
existe plusieurs chants en l'honneur de ce Saint avec musique de 
Diomedes Caton). 

S. Jacintus, Polonus de familia Comitum Odrovôs, S. Dominici 
socius et discipulus, et ordinis Praedicatorum primus in septen- 
trione fundator. 

S. Casimirus, de Regia Jagellonia stirpe, Casimiri Régis Filius, 
Poloniœ ac Lithuaniœ Princeps et Patronus. Chant avec musique 
de Diomedes Caton. 

(1) Boga-Rodziça , Mère de Dieu, premier mot du chant. 



80 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Beatus Ceslaus, Polonus, S. Dominici discipulus, socius S. Hya- 
cinthe 

Beatus Joannes Cantius, Polonus S. T. D. in Academia Cracov. 
profess. et lector. Offices de Confesseur (double) au diocèse de 
Langres, avec hymne. 

Beatus Stanislaus Kostka, Polonus Soc. Jesu. Chant de S. Casi- 
mir, musique de Diomedes Caton. 

L'ouvrage de Baron contient les portraits de tous les saints 
patrons de la Pologne, gravés sur cuivre. L'unique exemplaire de 
ce magnifique ouvrage appartenait à la bibliothèque de l'Évêque 
Zaluski et contenait des annotations de ce savant Prélat. 

(Nachricht von denen in defhochgraflich-Zaluskischen Bibliothek 
sich bafindenden raren polnischen Buchern herausgegeben von 
D. Janozki. Tomel, page 42, Dresde, 1747, bey G. C. Walther 
Konigl. Buch.) 

La bibliothèque de l'Evêque Zaluski possédait un livre de 
Légendes sur les saints polonais, intitulé : 

Legendœ Sanctorum Poloniœ , Hungariœ , Bohemiœ , Moraviœ, 
Prussiœ et Silesiœ Patronorum. 

Legendœ Sanctorum Adalberti, Stanislai, Floriani, inclytiregni 
Poloniœ Patronorum, impressum Cracoviae , opéra et impensis 
prouidi viri domini Joannis Haller ciuis Cracov. anno 17 , supra 
millesimum quingentesimum. In-4° (3 feuilles, sans musique, mais 
extrêmement rare) . 

BAIER (Jean), professeur de flûte , attaché au Lycée de Krze- 
mienieç en Wolhynie, résida dans cette ville de 1808 à 1820. 
(Correspondance particulière). 

BARSKI (Jean), prêtre, cité comme musicien dans l'ouvrage 
d'Ambroise Grabowski, vers la fin du xvi e siècle (1598) , Starego 
Krakowa Zabytki, pag. 170. (Monuments de l'ancienne Cracovie). 

BARSKI (André), custode officiai de Warsovie, connaissait la 
musique ; il est question de lui dans l'ouvrage ci-dessus : Starego 
Krakowa Zabytki. (Monuments de l'ancienne Cracovie), par Ambr. 
Grabowski. 

BART0GH0WIGZ, musicien et auteur, né en Lithuanie, vivait 
au xvn e siècle. Il est cité par le savant T. Czacki dans le deuxième 






DES MUSICIENS POLONAIS. 81 

volume de ses œuvres comme ennemi de la musique. Cependant 
il a écrit un ouvrage sur cet art, imprimé à Vilna en 1649, sous le 
titre : Biesiadzie Karczemney i Skrzypcach (du Banquet d'au- 
berge et du violon). Selon l'article du comte Ignace Potocki, 
inséré dans le Mémorial de Varsovie, 1818, février, il est question 
dans l'ouvrage de Bartochowicz, de deux célèbres musiciens polo- 
nais du xvi e siècle, de Séb. de Felstyn et de Nicolas Gomolka. 
Malgré ces deux noms si respectables dans l'histoire de la musique 
en Pologne, l'auteur du Banquet ne craint pas d'affirmer que la 
musique est une source de mal , qu'il y a en elle un pouvoir dia- 
bolique ; ces excentricités prouvent que l'auteur ne connaissait 
pas la bonne musique ! Écoutons plutôt Al. Pope : 

By music minas in equal temper Know 

Nor swell too high , nor sink too loiv. 
If in the breast tum ultuous joys arisc. 
Music har soft, assuasive voiccs applies; 
Or, when the soul is prescèd icith cares 

Exalts har in enliv'wing airs. 
Warriors she fires ivith animated sounds : 
Burs balm into the bleediny lover's ivounds 
Ode for music on S. Cecilia 's day. 

BARTOSZEWICZ (Wladislas), jeune violoniste lithuanien de la 
plus grande espérance, travaille actuellement son instrument sous 
la direction d'Apollinaire Kontski. Fils du célèbre docteur Joseph 
Bartoszewicz, établi à Witepsk en Lithuanie, le jeune Wladislas, 
doué, d'une heureuse organisation pour la musique, eut le bonheur 
d'entendre et de connaître le grand violoniste polonais dans la 
maison paternelle, lorsque celui-ci , surpris en route pour Kiiow 
(en 1855), par une maladie grave, fut ramené mourant à Witepsk 
et confié aux soins du docteur Bartoszewicz, connu par ses cures 
merveilleuses et sa grande science médicale. Rendu bientôt à la 
santé dans la maison du docteur, Apollinaire Kontski prit en 
amitié Wladislas Bartoszewicz dont il apprécia les rares qualités 
artistiques, et voulut se charger de perfectionner son talent sur le 
violon déjà remarquable. Depuis ce moment, le jeune Bartos- 
zewicz devint l'élève et ami d'Apollinaire Kontski ; il accompagna 
son professeur à Saint-Pétersbourg et l'été suivant se fit entendre 

a 



82 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

aux bains de mer à côté de son maître. Ce jeune virtuose doit 
venir incessamment à Paris, berceau des grands violonistes. 

BARTOSZEWSKI (Valentin), Jésuite, vivait au xvn e siècle, 
prit part à la publication des Cantiques polonais à Wilda (1) , de 
1610 à 1620. Indépendamment des poésies religieuses, il a publié 
un chant d'allégresse pour le retour de Sigismond III à Wilna , 
après la prise de Smolensk, sous ce titre : Pienia ivesole dziatek nu 
przyiazd do Wilna, krola J. M. Senatui Rycerstiva. \\\na , 1611, 
in-4 deux feuilles. (Voyez Oloff Ephraim, Polnische liederges- 
chichte). 

BASZNY (Joseph), professeur de chant à Léopol, en Galicie, 
s'est fait connaître par une Collection de polonaises , icalses , qua- 
drilles, et mazures pour piano, publiée en 1826, chez Kuhn et 
Milikowski dont la Gazette musicale de Leipzig rendit compte. Cet 
artiste dirigea les concerts de la Société musicale en 1842. (Gali- 
zischen Musikvereins) . 

BASSI ( ), directeur du grand théâtre de Varsovie, 

compositeur religieux, cité souvent parles journaux polonais; les 
détails manquent sur cet artiste. 

BAUMAN (Stefan) ou Bawman (Etienne) , organiste à la cour 
de Sigismond III, roi de Pologne, vers 1581, avec Thomas Kiçker, 
Kurowski, Sowa ou Sowka, ses collègues; (Voyez ces noms). Il 
avait comme eux cent florins de gages par an et deux florins par 
semaine pour la nourriture. (Voyez le livre des comptes de Jean 
Firley trésorier royal en 1 590) . Annales de la Société royale des 
Amis des Sciences et des Arts de Warsovie. 

BAWOROSKI (Comte Victor), amateur distingué de violon; 
grand protecteur des arts à Léopol. Charles Lipinski, célèbre 
violoniste polonais lui dédia une de ses œuvres. 

BEAUPLAN (Levasseur, sieur de), publia un livre intéressant, 
contenant la relation d'un voyage en Ukraine, en 1 550. On y trouve 
quelques données sur la musique en Pologne. A cette époque, les 
joueurs de violon commençaient le concert, puis on entendait les 
hautbois, les cors et les trompettes, en grand nombre, alternant 

(1) Ou Wilna, capitale de la Litbuanie. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 83 

avec les chants déjeunes garçons, qui exécutaient des chansons en 
chœur, dont les mélodies venaient du pays. C'est de là que date 
l'origine d'avoir de jeunes Kosaks à la cour des grands seigneurs 
polonais, pour chanter et danser en s'accompagnant sur la ban- 
durkaoxL le téorbe. La musique devait égayer les repas et les ban- 
quets ; pour les instruments bruyants, on ménageait une place à 
l'extérieur sur les balcons ou dans les galeries à jour. Les trom- 
pettes avaient une place spéciale à l'hôtel de ville. Les grands 
seigneurs se faisaient précéder par les trompettes et les tim- 
baliers ainsi que les fifres. Les musiciens et les chanteurs étaient 
placés dans une tribune ; ils devaient dîner avant, afin de pouvoir 
jouer pendant les festins. 

BEDONSKI (Paul), vivait en 1603 et prenait le titre : Musicus 
S. H. Maj. selon les recherches du savant Ambr. Grabowski, 
dans son Archéologie, page 98, édition de Leipzig, 185-4. 

BEKWAREK ( ), célèbre joueur de luth, attaché au 

service de Sigismond I er , roi de Pologne. (S. Rysinski, Proverbes). 
Il avait la réputation d'une grande habileté sur son instrument; le 
quatrain suivant en est la preuve : 

By lutnia moioic umiala 
Takby nam wglos powiedziala 
Wszysey inszy w dudy grajcie, 
Mnie Bekwarkowi niechajcie. 

Si le luth pouvait parler, il nous dirait : Donnez les flûtes aux autres mu- 
siciens, et laissez-moi a Bekwarek. 

Cet habile luthiste excellait dans l'exécution des airs nationaux. 
Le roi de Pologne aimait à les entendre et l'on trouve dans les 
comptes royaux, qu'une somme d'argent fut offerte par les ordres 
du roi Sigismond-Auguste au joueur lithuanien ( Litewskiemu 
Graikowi). Le peintre Gerson et le poëte Wladislas Syrokomla, 
considèrent Bekwarek comme type de la musique intime. (Voyez 
Obrazek Przeszlosci, sous le titre: Kroleivscy Lutnisci , inséré dans 
la Gazette quotidienne du 10 février 1856. 

BELCIKOWSKA (M ,lc Joséphine), cantatrice, élève de l'école 
de chant, fondée par M. Fr. Mireçki à Cracovie. Débuta, en 1841, 
à Novi, dans le rôle d'Adalgise, dans la Norma de Bellini ; et se 



84 DICTIONNAIRE BIOGRAPHQUE 

fit remarquer par sa belle voix et une bonne méthode de dire le 
récitatif. (Courrier de Varsovie et les journaux italiens.) 

BENDZINSKI frères, professeurs de piano à Krzemienieç, en 
Wolhynie; formèrent de bons élèves du temps du Lycée, de 1815 
à 1825. 

BENKIEN (André), attaché au service d'une princesse Radzi- 
will avec son frère Michel. Nés à Sluçk, les deux frères Benkien 
firent leurs études sous le révérend abbé Jean Lor, Mosheim, 
et composèrent des chants polonais sous le titre Duchoivna mu- 
zyka (Musique spirituelle), Sluçk, 1739. (Dictionnaire biogra- 
phique des Musiciens, par Fetis et Polnische, Lieder geschichte, par 
Éphraïm Oloff.) 

BENIO WSKI, nom d'un guerrier qui servit de sujet un opéra, 
mis en musique par le célèbre Boïeldieu. Cet opéra écrit et repré- 
senté à Paris de 1798 à 1800, fut traduit en polonais et représenté 
à Warsovie, sous l'administration prussienne, par la troupe de 
madame Truskoloivska. C'est dans l'opéra de Beniowski, que sa 
fille, depuis M me . Leduchowska, commença sa grande réputation. 
Y Histoire du Théâtre national, par Albert Boguslawski, tome IV, 
page 141.) 

BENOIT de STRYIKOW, chapelain de Sigismond-Auguste, fut 
le troisième directeur de la chapelle des Roratistes, près de l'église 
cathédrale de Cracovie, instituée pour le chant des messes en mu- 
sique. L'abbé Benoît est mort en 1574 (Lud Polski, tome III, page 
209.) 

BENTKO WSKI ( ), musicien de la Grande Pologne, cité 

parla Gazette dePosen, dans un article signé du nom deMax Braun. 
Les circonstances de la vie de Bentkowski ne sont pas connues. 

BERENT (Simon), s. j. né en Prusse, en 1585, entra dans son 
ordre, vers 1600, y enseigna d'abord la philosophie et la théologie. 
Plus tard il devint confesseur du prince Alexandre de Pologne. 
Berent mourut recteur du collège des Jésuites, le 16 mai 1649, à 
Brunsberg. Il est auteur de : Litaniœ de nomine Jesu , 1638 et 
Litaniœ de B. Virg. Maria, 1639. (Voyez Allegambe et Fr. Siar- 
czynski , qui croit, dans son Tableau du règne de Sigismond III, 
qu'il y a confusion entre le nom de Berent et de Brandt. Cepen- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 83 

dant on voit, d'après Allegambe et Walther (Musikalisches Lexicon), 
que Brandt (Jean) et Berent (Simon) étaient deux personnages 
différents.) Selon L. Golembiowski, Berent accompagna le prince 
Albert, fds de Sigismond III, à l'étranger, comme conseiller; il 
possédait la musique en perfection, ses ouvrages furent même 
admirés en Italie et ses symphonies et ses hymnes, exécutées en 
présence du Pape et des cardinaux, furent applaudies à Rome. 
Berent distribuait aux pauvres étudiants le profit de ses composi- 
tions. Voici le titre de ses œuvres : Opéra musicalia, Litaniarum de 
nomine Jesu et Lauretaneorum. 

BEREZOWSKI ( ), compositeur, né en Ukraine, vers 

1725, fut au service de la chapelle impériale, à Pétersbourg, pen- 
dant trois ou quatre ans. Ses compositions d'un style grave et 
mélancolique, plurent beaucoup aux Russes dont la musique reli- 
gieuse est d'un beau caractère. Berezowski a fait paraître à Leipzig 
un Pater noster à quatre voix, de sa composition. Une mort pré- 
maturée a interrompu la carrière de ce jeune compositeur de 
grande espérance. Berezowski est mort au moment où il se dis- 
posait à se rendre en Italie. La Gazette musicale de Leipzig lui 
consacra une analyse critique sur son œuvre remarquable. 

BERDYCZOWSKA, la vierge Berdiczoav, N. Panna Berdy- 
czowka. Berdyczow, ville du gouvernement de Wolhynie , avec 
église et couvent desservis par les Pères Carmélites déchausses, 
est célèbre par l'image miraculeuse de la sainte Vierge. Le cou- 
vent, entouré de |murs, a soutenu un siège contre les Tatares et 
l'on montre encore un boulet des assiégeants qui tient à la cor- 
niche de l'église. Les Pères Carmélites célèbrent tous les ans, dans 
leurs cantiques, cette délivrance miraculeuse du couvent; ils ont 
toujours une bonne musique composée de professeurs et amateurs 
de la ville, qui jouent pendant les offices des fêtes solennelles. Dans 
les grandes circonstances on renforce l'orchestre par la musique 
militaire et l'on monte des chœurs pour l'exécution des antiennes 
et supplications ou prières qu'on appelle Swienty Boze; c'est sur- 
tout à Vêpres qu'on pouvait entendre, vers 1816, de bons mor- 
ceaux de musique exécutés avec ensemble dans la cathédrale de 
Bcrdiczôw. J'y ai entendu l'hymne de Saint-Jean-Baptiste fort 




86 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

bien chantée le jour de la Saint-Jean, pendant la grande foire 
qui a lieu tous les ans, le 24 juin , ainsi que l'antienne Sub tnwn 
praesidium (pod twoje obrone) , chantée par le clergé et les fidèles 
avec accompagnement de l'orgue. Il y a aussi un Odpust (pardon), 
pour implorer le secours de Notre-Dame de Berdiczow qui attire 
un grand nombre de pèlerins de Wolhynie, de Podolie et de 
l'Ukraine. 

BERGSON (Michel), compositeur actuellement vivant, né à 
Warsovie, en 1 820, fit ses études musicales en Allemagne sous la 
direction de Fr. Schneider, auteur du Jugement dernier; continua 
à se perfectionner comme pianiste à Paris, et se rendit en Italie, 
en 1844. Après avoir donné des concerts à Florence, Bologne, 
Rome ; il composa plusieurs ouvrages lyriques, dont le plus remar- 
quable fut Luisa di Monfort, opéra séria en quatre actes, repré- 
senté pour la première fois au théâtre Rossini, à Livourne, pendant 
le carnaval de 1847 ; puis à Florence, Lucca, etc. Tous les journaux 
furent unanimes dans leurs éloges adressés au maestro polacco, qui 
sut réunir la science à l'expression. En 1849, Luisa di Monfort 
fut représentée à Hambourg, en allemand, et obtint du succès. 
M. Michel Bergson publia depuis plusieurs compositions pour 
piano et chant; depuis 1852, il réside à Paris. Nous avons sous les 
yeux deux œuvres de cet auteur très-bien écrites, 1° le Rhin, mor- 
ceau caractéristique pour piano, dédié à Fr. Liszt, op. 21, Paris, 
Richault; 2° deux mazureks, idem, op. 48, chez Brandus. 

BEYDALE (M lle Cécile) a composé deux charmantes mélo- 
dies pour les Chants historiques de J.-U. Niemcewicz, Boleslas 
Chrobry et Lesko le Blanc; cette dernière est devenue populaire. 
M lle Beydale, alliée à la famille du prince Czartoryski, mourut à 
Paris à l'hôtel Lambert, vers 1854. 

BIALY ( ), violoniste distingué de Wilna. 11 donnait 

des concerts dans cette ville avant 1830. En dernier lieu, il se fit 
entendre au profit de l'Établissement de bienfaisance ( Domu Do- 
broczynnosci) . 

BIALECKI (Albert) ou Albertus Weiss. Était cantor polonais 
à Kœnigsberg. Mort en 1726. Il travailla au livre des Cantiques pu- 
blié dans cette ville, et soutint une dispute grammaticale avec le 



DES MUSICIENS POLONAIS. 8 

pasteur Graeber, dont il est question dans ledit Cancionol de 
Kœnigsberg (Krolewieç). Bialeçki composa des chants sacrés pour 
plusieurs recueils , et traduisit de l'allemand un grand nombre 
de cantiques. On l'appelait Conversus Monachus. (Voyez Ephraim 
Oloff, Polnische lieder Geschichte.) 

BIALOBRZESKI (Martin), évèque de Kamienieç, enPodolie; 
homme d'État, poëte religieux; il remplit plusieurs ambassades 
sous les règnes de Sigismond I er et de Sigismond-Auguste. On lui 
doit la traduction en vers polonais des livres sacrés de Tobie et de 
Job. Son épiscopat a duré onze ans, de 1575 à 1586, époque de 
sa mort. Tous ses écrits sont en vers. Sa Postilla orthodoxa 
(Wyklad swientych Evangelii niedzielnych vroczystych), a été im- 
primée à Cracovie en 1581. 

BIELAWSK1 (Joseph), violoniste distingué, professeur au 
Conservatoire de Warsovie, et membre de l'orchestre des théâtres. 
Il était chargé de la classe d'instruments à cordes, qui produisit 
d'excellents artistes en Pologne. Il occupa la place de premier 
violon de l'Orchestre pendant vingt-six ans, jusqu'à sa mort, arri- 
vée en 1837. Regretté sincèrement par ses amis et ses nombreux 
élèves, Joseph Bielawski fut reconduit à sa dernière demeure, au 
cimetière de Powonzki , par le clergé , qui rendit ainsi un témoi- 
gnage de reconnaissance publique au digne professeur pour son 
empressement à faire sa partie dans les exécutions de musique 
religieuse et à diriger les messes. Un De profundis fut chanté à 
ses obsèques par les artistes et amateurs réunis , composé par 
Ig. Dobrzynski. Quelques jours après, un service solennel eut lieu 
sous la direction du maître Ch. Kurpinski. On chanta le magni- 
fique Requiem de Kozlowski; les exécutants étaient au nombre 
de cent. Le service finit par un Psaume dont la musique avait été 
composée par Teichmann, avec accompagnement de quatre vio- 
loncelles, trois contrebasses, d'un trombonne et d'une clarinette- 
basse. (Voyez le Courrier de Varsovie de 1837). 

Voici quelle était la composition du Conservatoire de musique 
de Warsovie en 1829. 

Kuner (Joseph), recteur et professeur de composition. 
Lent/. (Henri G.), professeur de la basse générale et de l'orgue. 



88 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Bielawski (Joseph), professeur d'instruments à cordes. 
Winen (Nicolas), professeur d'instruments à vent. 
Jaworek (Joseph), professeur de piano. 
Krahl (Antoine), idem, 

KRATZER (Valentin), professeur de chant. 
Wagner (Joseph), professeur de violoncelle. 
Szarlinski (Joseph), suppléant du professeur d'instruments à vent. 
(.Yomiy/ Ahnanach politique pour l'année 1829, a Varsovie, 11 e année). 

BIELKIEWICZ ( ), peintre et musicien, cité par 

L. Chodzko dans son Histoire populaire de Pologne. Cet artiste 
serait né en 1770, et mourut en 1840. 

BIERNAÇKI (Nicodem), pianiste de l'école actuelle, s'est fait 
connaître avantageusement, 11 est question de lui souvent dans les 
journaux polonais de Varsovie, où son talent d'exécutant est très- 
apprécié. 

BIESCH (W.), chanoine, curé de Konska-Wola , près de Pu- 
lawy . appartenant autrefois au prince Adam Czartoryski; est 
fondateur d'une école de chant choral dans sa paroisse. Les 
efforts île ce digne ecclésiastique , grand amateur de musique re- 
ligieuse, furent couronnés de succès; plusieurs sujets distingués 
sortirent de son village, où l'on chante très-bien, et où il y a un 
orchestre complet composé des paroissiens de Konska-Wola. Une 
des dernières messes de notre grand compositeur J. Elsner est 
dédiée au R. Bieseh. Cette messe, exécutée pour la première fois 
chez les Pères Franciscains, à Warsovie ( 18i4) , pour célébrer la 
fête de Saiute-Cécile, patronne des musiciens, est en ré mineur; 
elle est très-est imée des connaisseurs sous les rapports des mélo- 
dies et de l'expression religieuse. Le Kyrie, X Offertoire , le Bene- 
dietns et YAgnus Dei , se distinguent surtout par l'harmonie pure 
et l'élévation des idées. Cette messe est l'œuvre quatre-vingt-sep- 
tième de musique religieuse d'Elsner. 

Ce digne ecclésiastique mourut en 1818. Son exemple devrait 
trouver des imitateurs. L'amélioration du chant choral n'est pos- 
sible qu'avec le concours du clergé ; elle exercerait une grande 
influence sur l'éducation morale du peuple. 

BILLING ( ) , l>on professeur, et virtuose sur la clari- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 89 

nette, à Warsovie; dirigea les chœurs de l'oratorio d'Elsner, 
en 1845, exécuté en grande pompe au profit de l'Association mu- 
sicale. [Courrier de Warsovie.) 

BISKUPSKI i ), chef de musique ; avait la réputation 

d'un excellent musicien ; écrivait très-bien pour la musique mili- 
taire, dont les nouveaux instruments à vent demandaient une 
grande expérience pour la bonne disposition des parties. Biskupski 
commença à faire parler de lui avant 1830. 

BITTNER ^l'abbé "> fut un des directeurs de la musique de la 
cathédrale de Cracovie après 1763 ; il succéda, dans ces fonctions, 
à l'abbé Zieleniewiez (Lud. Polski. par L. Golembiowski , tome m, 
page MO. 

BLAHA i ) hautbois, membre de l'orchestre du 

théâtre de Warsovie. élève de Besozzi, exécuta un concerto de sa 
composition sur son instrument au concert donné par M. Lehman 
en 1815. | Gazette musicale de Leipsick. ) 

BLUHME (Jean), musicien de la chapelle du roi de Pologne 
Frédéric-Auguste II. vivait en 17-29. M. Fetis dit, dans son Dic- 
tionnaire des Musiciens, que Bluhme est auteur d'un manuscrit 
indiqué sur le catalogue de Breitkopf sous ce titre : IV Cancer ti 
a liuto concertante , due violini , viola et bossa, raccolta prima. 
Bluhme était probablement violoniste. 

BOBROWICZ | J.-N.K chef de la librairie étrangère à Leipzig, 
est en même temps un des meilleurs guitaristes de l'époque. Né 
à Cracovie le 12 mai 1805, il eut pour maître le célèbre Giuliani. 
qui lui fit faire de rapides progrès sur son instrument. Nommé 
membre de la Société des Amis de musique, à Cracovie, 
vers 1822 , il jouait souvent dans les réunions de cette Société , et 
acquit la réputation d'un brillant exécutant. Fêté et admiré par 
■mpatriotes , M. Bobrowicz fut très-souvent demandé pour 
les concerts des artistes étrangers qui passaient à Cracovie. Il 
joua aussi pour les pauvres . et obtint un grand succès dans le 
quintetti de Paganini , qu'il exécuta avec le célèbre Charles Li- 
pinski à son concert à Cracovie. Depuis 1821. époque de son dé- 
but, jusqu'en 1830, M. Bobrowicz parut en public plus de trente 
fois; il composa en même temps beaucoup de morceaux pour la 



90 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

guitare. En 1829, une place dans le secrétariat du sénat de Cra- 
covie fut offerte a M. Bobrowicz; mais les événements de 1830 
ne lui permirent pas de la garder longtemps. Entré au service, il 
fit la campagne de 1831 en qualité de sous-lieutenant dans un 
régiment d'artillerie à cheval. Décoré de la croix des Vertus mili- 
taires, il se rendit a Leipzig en 1832, où il fut admis à jouer au 
concert d'abonnement de Gevandhaus , renommé par les artistes 
de premier ordre qui s'y font entendre. En 1833, M. Bobrowicz 
joua avec tant de talent au concert de Clara Wieck (M e . Schu- 
man), qu'un feuilletoniste de la Gazette musicale l'appela le Chopin 
de la guitare. Enfin, sa réputation s'étendit dans toute l'Alle- 
magne, et ses compositions furent très-recherchées et publiées 
par les éditeurs de Leipzig, Dresde, Vienne, Warsovie, Léopol, 
et par ceux de Londres. Il est auteur de quarante et un ouvrages, 
et d'une Méthode qui eut les honneurs d'une réimpression à Var- 
sovie, chez G. Sennevald. Son premier ouvrage pour la guitare 
parut en 1826, à Léopol, chez F. Piller. A partir de 1833, M. Bo- 
browicz s'occupa de littérature , et fonda à Leipzig un magnifique 
établissement de librairie étrangère pour la publication des clas- 
siques polonais. Depuis 1832, il imprima 380 volumes de divers 
auteurs, entre autres l'édition de poche des Classiques , 40 vo- 
lumes; Y Armoriai de Niesiecki, 10 volumes; les Œuvres com- 
plètes de J.-U. Niemcewicz , 17 volumes; la Bible, avec 400 gra- 
vures sur bois; les Œuvres d'Adam Mickiewicz et d'autres auteurs 
en renom. On doit féliciter M. Bobrowicz de ces belles éditions, 
imprimées à l'étranger avec tant de soin, par lesquelles il a rendu 
service à la littérature polonaise, et s'est acquis des droits à la re- 
connaissance nationale. 

BOGUSLAWSKI (Adalbert), célèbre auteur dramatique, chan- 
teur et créateur du théâtre moderne polonais. Ses travaux litté- 
raires, artistiques et administratifs, embrassent l'histoire de la 
scène nationale depuis 1764 jusqu'à 1814. Nous nous bornerons 
à retracer ici sa carrière musicale et à constater la part que prit 
Boguslawski à la création de l'Opéra polonais sans entrer dans 
l'appréciation de son mérite littéraire. 

Doué, par la nature, de qualités heureuses et d'une grande 



DES MUSICIENS POLONAIS. 91 

force de volonté, Boguslawski eut à lutter dans sa longue gestion 
du théâtre (environ quarante ans) contre les plus grands obstacles. 
Témoin des malheurs de la patrie, en butte aux intrigues des direc- 
teurs étrangers, abandonné à ses propres ressources, il sut préser- 
ver la trempe polonaise de sa perte totale et conserver la langue, 
précieux dépôt , l'arche sainte des peuples qui travaillent à leur 
régénération. Auteur, directeur et acteur, Adalbert Boguslawski 
personnifie en lui cette époque mémorable pour la scène polo- 
naise. 

Sa carrière dramatique commença en 1778, protégé par le 
chambellan Woyna qui le fit entrerait théâtre, Boguslawski débuta 
dans les Fausses Infidélités, comédie, traduite du français par son 
protecteur Woyna. Mais déjà il s'était fait connaître comme 
auteur. Sa première comédie intitulée : l'Amant, auteur et servi- 
teur, venait d'obtenir un grand succès. C'est à un Français, le pro- 
fesseur Montbrun , qui fut pendant quelque temps directeur du 
théâtre de Warsovie (1), que notre artiste devait ses premières 
connaissances en musique. Montbrun, acteur lui-même dans sa 
jeunesse, depuis professeur de chant à Warsovie et directeur, prit 
le jeune Boguslawski en amitié, l'aida de ses conseils et de sa 
fortune ; aussi rien n'est plus touchant à lire que les pages consa- 
crées par Boguslawski à la reconnaissance et à la mémoire de 
son ami et protecteur Montbrun (2). De tout temps les artistes 
français et polonais s'aidaient mutuellement; la même confra- 
ternité , qui régnait sur le champ de bataille , unissait les deux 
nations au temple des arts. En Pologne toutes les portes sont 
ouvertes aux Français, on les reçoit partout à cœur ouvert. Les 
artistes polonais reçurent en France, surtout dans les derniers 
temps, une généreuse hospitalité ; mais il est à remarquer, qu'au- 
cun directeur des théâtres de Paris ne jugea à propos d'ouvrir 
les portes aux compositeurs polonais , tandis que les œuvres des 
compositeurs allemands, italiens, anglais, espagnols même sont 
jouées à Paris. A l'époque dont nous parlons, Warsovie n'avait pas 



1) Voyez ce nom. 
(2) Histoire du Théâtre national, tom. i, p. 17, 



92 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

de théâtre, on jouait alors dans la salle des spectacles du palais 
Radziwill, où le public fut admis. 

Le retour inopiné du prince Charles Radziwill, Palatin de 
Wilna, qui habitait Paris, força Montbrun à susprendre ses repré- 
sentations; la position de l'entreprise et des artistes devenait très- 
précaire par ce contre-temps. Heureusement pour eux, le roi 
Stanislas-Auguste Poniatowski donna Tordre de faire bâtir un 
nouveau théâtre et assigna des fonds sur sa propre cassette (environ 
54.0,000 florins). Avant que la nouvelle salle fût prête, la Pologne 
eut son premier opéra original. C'était un événement important 
pour Tavenir de la composition dramatique dans le pays. Jusque- 
là, on n'avait encore chanté que les traductions en polonais. La 
première idée de cette innovation appartient à Montbrun (1 ), qui 
chargea Boguslawski d'arranger une comédie de l'abbé Boho- 
molez sous le titre : Nendza Uszczesliwiona (Misère consolée), 
pour laquelle Mathias Kamienski (voyez ce nom), écrivit la 
musique. Représenté pour la première fois en 1778, cet opéra 
réussit et encouragea les auteurs, et bien que ce premier essai ne 
fût qu'une comédie à ariettes, plusieurs morceaux sont demeurés 
populaires et font honneur au compositeur. 

Le nouveau théâtre ouvrit sous la direction de Bizesti avec le 
Tonnelier, de Gossec, les Chasseurs et la Laitière. Rientôt Rogus- 
lawski traduisit : II finto pazzo per Amore , puis la Frascatane , 
opéra buffa de Paisiello , dans lequel notre artiste joua et chanta 
le rôle du fameux Brochi. 11 y obtint un succès légitime et 
durable, et grâce à son talent et à son intelligence , Topera de la 
Frascatane réussit complètement et resta pendant longtemps au 
répertoire polonais. 

De 1775 à 1793, Boguslawski enrichit la scène polonaise de 
plusieurs opéras français et italiens. La Folie par Amour, de 
Sacchini (1779) , X Italienne à Londres, et Y École des Jaloux. La 
même année : Czekina , Don Juan et la Villageoise à la Cour (de 
1781 à 1783), la Fausse Jardinière, d'Anfossi (1785), les Prétendus 



(1) Voyez dans la Pologne illustrée de L. Chodzko, l'article sur l'Opéra 
national polonais, tom. m, p. 293. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 93 

Philosophes, Zaphyra et Y Me d'Alcine (1790), la Serva Padrona 
(la Servante Maîtresse, de Pergolèse, 1791). Indépendamment de 
ces opéras, un grand nombre de comédies, drames et opéras 
polonais furent représentés, tant à Warsovie qu'à Grodno, Wilna, 
Dubno et Lublin, avec le concours de Boguslawski et sous sa 
direction. Enfin, en 1793, il traduisit et arrangea YAxur pour la 
scène polonaise, et cet opéra, avec l'admirable musique de Salieri, 
mit le sceau à sa réputation comme auteur , poëte et chanteur. 
Parmi les opéras, représentés à cette époque, aucun n'excita 
autant d'enthousiasme. Il avait fallu beaucoup d'habileté pour la 
mise en scène , Boguslawski déploya dans cette circonstance un 
grand savoir ; c'était le premier grand opéra polonais, monté avec 
un luxe inouï de décors et une pompe théâtrale inconnue en 
Pologne jusqu'alors. Boguslawski dont la voix était déjà remar- 
quable par le timbre et la puissance, s'est montré habile chanteur 
dans le rôle d'Assur, qui devint depuis son principal rôle de grand 
opéra. Quant à ses rôles comiques, il excellait dans la Frascatane, 
dans le Porteur d'eau, etc. Il donna ensuite Y Arbre de Diane , de 
Martini, traduit par J.-N. Kaminski, ainsi qu'un autre opéra du 
même compositeur, Cosa-Rara. L'année 1794 fut mémorable par 
l'apparition des Krakoviens et Gorales , opéra favori des Polonais , 
pour lequel le compositeur Stefan i écrivit une charmante musique 
qui excita un grand enthousiasme dans toutes les classes et fut 
défendu après la troisième représentation. 

L'année suivante (1775), Boguslawski, frappé, comme tous les 
bons citoyens, par le partage de la Pologne, chercha un refuge à 
Léopol, en Gallicie. Un théâtre y fut improvisé par ses soins. C'est 
dans cette ville que le compositeur Elsner commença à se faire 
connaître vers 1796. La troupe dont Boguslawski disposait à 
Léopol , fut composée des meilleurs chanteurs et des meilleures 
cantatrices de la scène polonaise, savoir : Cantatrices, M I11CS Jasinska 
Rutkowska, Kossowska ; ténors, MM. Kaczkowski Nowiçki, 
Rutkowski; basse - tailles , MM. Szczurowski, Kazynski, Bara- 
nowski, Indyczewski. Plus tard, cette troupe augmenta encore 
par l'arrivée d'Owsinski, de Kudlicz; M nies de Pierozynska et 
Miller. Un amphithéâtre spacieux fut bâti dans le jardin des 



94 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

princes Jablonowski, et inauguré par la reprise des Krakoviens et 
Gorales, qu'autorisa le gouverneur, comte Gallenberg, suivie d'un 
petit opéra intitulé : Agatka, musique de Holland (voyez ce nom), 
paroles du prince Mathieu Radziwill. Après Y Agatka, Boguslawski 
traduisit Y Entrepreneur dans l'embarras, de Cimarosa, qui obtint 
du succès et précéda les drames d'Elsner, Ylskahar et les Ama- 
zones, etc. Vers la fin du siècle, Boguslawski retourna à Varsovie, 
qu'il trouva déchue de son ancienne splendeur. J. Elsner fut 
nommé chef d'orchestre et s'occupa à mettre en étude deux opéras 
nouvellement traduits par Boguslawski. La Flûte enchantée , de 
Mozart, et le Sacrifice interrompu, de Winter, mais on ne pouvait 
jouer que trois fois par semaine ; cela ne découragea pas Bogus- 
lawski, il fit monter la Fête des B r aminés , de W. Miller, encou- 
ragea Dmuszewski dans ses débuts (1800) , ainsi que M lle Trusko- 
laska, qui devint plus tard la célèbre comtesse Leduchowska. En 
1801, Boguslawski reçut Tordre du gouvernement prussien de ne 
plus paraître en public. Cette défense, de ne plus jouer ses rôles, 
lui causa un grand préjudice ; elle était provoquée par les intrigues 
de Dobbelin, directeur du théâtre allemand. Elle n'empêcha pas 
la troupe polonaise de monter cette année-là : le Sultan Wampun, 
musique d'Elsner, YOtello et les Acteurs aux Champs-Elysées, de 
Dmuszewski. L'année suivante, Boguslawski fit venir l'opéra- 
buffa italien avec une cantatrice de talent, signora Delicati et une 
basse-taille Bertini , qui , sans être buffo caricato , avait une voix 
agréable. On joua la Flûte magique, la Fête des Bramines, Tamina 
avec Dmuszewski ; les chœurs marchèrent bien (1802). Bogus- 
lawski ayant obtenu la prolongation de son privilège pour dix ans, 
renouvela les engagements avec ses acteurs et chanteurs. Les 
années 1803 et 1804 se passèrent à donner des représentations au 
théâtre Radziwill à Varsovie et à faire des excursions à Posen et 
à Kalisz, pendant la belle saison. On monta Palmira et Lodoiska, 
ainsi que le Porteur d'eau, traduit en polonais. Télémaque fut 
joué pour les débuts de M lle Pienknowska. L'année 1805 fut 
marquée par la rentrée de M me Leduchowska dans Pygmalion. 
Boguslawski traduisit Topera Aline, reine de Golgonde, M. Ledoux 
imagina le ballet d'enfants. 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 95 

En 1806,1e gouvernement promit 30,000 florins de subvention. 
Boguslawski avait alors deux théâtres sous sa direction ; la troupe 
allemande et la troupe polonaise dépendaient de lui, la troupe 
française étant partie pour Copenhague. On représenta le mélo- 
drame polonais de Nurzahad , le Jugement de Salomon , etc. ; une 
pièce d'Hoffman, en allemand , intitulée : le Joyeux Musicien , fut 
jouée avec quelque succès. 

Pendant l'année 1807 , si brillante pour la Pologne et pour la 
France, l'entreprise de Boguslawski prospéra. S. M. l'empereur 
Napoléon assista à la représentation d'Andromède, musique 
d'Elsner. M me Dmuszewska (M lle Pienknowska) chanta devant 
toute la cour , l'armée française triomphante remplissait la capi- 
tale; on donna ensuite Charlemagne et Witykind , une tragédie 
en vers; Wanda, par la comtesse Lubienska; Wladislas à 
Warna , par J.-U. Niemcewicz. Les opéras, Rotmistrz Goreçki, 
par Penkalski, et la Pospolite , par Dmuszewski, obtinrent du 
succès. 

En 1808, une compagnie française vint donner quelques repré- 
sentations à Warsovie; la troupe de Boguslawski en voie de pros- 
périté augmenta en talents. M me Elsner (M llc Drozdowska) débuta 
dans le rôle de Briséis, dans l'opéra à' Achille de Paër, et excita 
un véritable enthousiasme par son talent et sa beauté. LesPages du 
roi Jean, opéra-comédie, musique d'Elsner, furent donnés vers la 
fin de lasaison ainsi qu'un opéra de Mehul. L'année suivante (1809), 
on représenta Lesko-le-Blanc , opéra d'Elsner , les Nymphes du 
Danube, de Dmuszewski , le Château sur la montagne Noire, (un 
opéra), et Geneviève, de S. Mayer. En 1810, Boguslawski présenta 
son projet pour l'établissement d'une école dramatique, sous la 
présidence honoraire de Niemcewicz et engagea Ch. Kurpinski 
comme deuxième directeur de l'Opéra. Ce compositeur venait 
d'écrire le Palais de Lucifer, qui établit sa réputation. L'opéra 
Sardzino, de Paër, fut donné en 1811, ainsi que le Faux Stanislas 
Leszczynski, et le nouvel opéra de Ch. Kurpinski, le Palais de 
Lucifer fut joué en présence du roi de Saxe et fut traduit par son 
ordre en italien pour le théâtre de Dresde. L'année 1812, fut 
marquée par la représentation de Camille , de Paër , traduite par 



96 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Boguslawski. Le Nouveau Seigneur, de Boiëldieu , et Joseph, de 
Mehul, rehaussèrent encore l'éclat de la scène polonaise. 

La fin de la direction d'Albert Boguslawski approchait; elle 
devait finir de 1813 à 1814. On donna encore Jean de Paris et 
le Charlatan, opéra- comique d'Aloïse Zolkowski, musique de 
Ch. Kurpinski. « Par une heureuse coïncidence, dit Boguslawski 
» dans son Histoire du Théâtre national polonais , c'est un opéra 
» polonais qui termina ma gestion, comme c'est un opéra polo- 
» nais qui la commença. Quant aux opéras étrangers traduits et 
» arrangés par les chanteurs polonais, ils firent connaître les com- 
» positeurs d'autres nations en Pologne. Je puis donc me flatter 
» d'avoir créé l'opéra polonais, d'avoir fait connaître Joseph 
» Elsner et d'avoir donné l'occasion à Charles Kurpinski de deve- 
» nir un de nos meilleurs compositeurs. Quant à la fondation de 
» l'École dramatique et de chant, les premiers examens, qui 
«eurent lieu en 1813, donnèrent des résultats satisfaisants: 
» M. Simon Wlodek et M Ue Caroline Broska obtinrent des mé- 
» dailles d'or comme premier prix de chant. » Presque en même 
temps Boguslawski conçut le projet d'un grand théâtre national 
qui aurait trois théâtres : 

Théâtre national, de tragédie classique, comme le Théâtre- 
Français à Paris; 
Théâtre de l'Opéra, où l'on jouerait les opéras originaux et tra- 
duits , avec le ballet ; 
Théâtre Comique, pour les mélodrames, les vaudevilles et les farces. 
Mais ce projet n'a pas eu de suite ; et Boguslawski , en se retirant 
de la vie active, s'occupa de la publication de ses ouvrages. Une 
édition complète de ses œuvres parut à Warsovie en douze vo- 
lumes, en 1820, chez N. Glucksberg. L'auteur a placé, en tête 
du premier et du quatrième volume , l'Histoire du Théâtre natio- 
nal, rédigée avec talent et conscience ^ qui embrasse l'époque 
mémorable des annales polonaises de 1764 à 1814. Cette histoire 
est divisée en trois parties : la première renferme les événements 
de 1764 à 1774, et le privilège exclusif accordé à Boguslawski, 
dont le partage de la Pologne marqua la fin ; la deuxième partie 
donne l'historique depuis 1774 jusqu'en 1814, époque à laquelle 



DES MUSICIENS POLONAIS. 97 

Boguslawski cessa de diriger le Théâtre-National ; la troisième 
partie renferme des notices sur les auteurs, la liste d'ouvrages 
originaux et traduits , et un coup d'œil sur l'état de l'art drama- 
tique en Pologne. Le nombre total des pièces écrites par Bogus- 
lawski est de quatre-vingts, dont soixante publiées dans l'édition 
en question , laquelle est dédiée aux dames polonaises. 

PREMIER VOLUME. 

Histoire du Théâtre national, de 1764 à 1794. 
Notice sur Alfieri. 

Saùl , tragédie en cinq actes, en prose (1809). 
L'Ecole de la médisance, comédie en cinq actes et en prose, 
parR. Sheridan (1793). 
Joseph, opéra, musique de Méhul, trois actes (1812). 
Notice sur les auteurs, suivie d'Observations sur la pièce. 
L'Ermite, comédie en un acte, par Kotzebue (1805). 
Biographie d'Owsinski, artiste lyrique. 

DEUXIÈME VOLUME. 

Le Père de famille, drame. 

Spazmy Modne (Les Spasmes à la Mode) , comédie. 

Le Porteur d'eau, opéra, par Bouilly , musique de Cherubini, 
en trois actes (1804). 

Les Deux Paravents, opéra-comique, par Pain, musique de 
Boïeldieu, un acte (1819). 

TROISIÈME VOLUME. 

Emilia Gallotti, tragédie. 

Les deux Klingsberg, comédie. 

Camille, opéra, musique de Paer, trois actes (1810). 

Cent livres. 

Femme tenant le secret, comédie. 

QUATRIÈME VOLUME. 

Amour et Secret, vaudeville de Pain, en un acte, musique de 
différents auteurs. 

Geneviève, opéra en deux actes, musique de S. Mayer, traduit 
de l'italien, représenté en 1809. 

Figiel za Figiel (le Soupçonneux), comédie en trois actes, 

7 



98 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

traduite du français, écrite pour théâtre d'amateurs par le comte 
deBrùhl(1793). 

Hamlet, tragédie en cinq actes, de Shakspeare (1793). 

CINQUIÈME ET SIXIÈME VOLUMES. 

(Ces deux volumes manquent dans l'exemplaire qui a passé par 
mes mains.) 

SEPTIÈME VOLUME. 

■ Iskahar, mélodrame en trois actes, musique d'Elsner (1797). 
L'École des Femmes, comédie. 

Le Sacrifice interrompu, opéra en deux actes, musique de 
Winter(1802). 
Esprit de contradiction. 

HUITIÈME VOLUME. 

Junius, tragédie. 
Taczka Otciarza , comédie. 

Fanchette, opéra-comédie de Bouilly et Pain, musique de 
Himmel, trois actes (1810). 

Une Heure de Mariage, en un acte, musique de Daleyrac (1812). 

NEUVIÈME VOLUME. 

Pustelnik (Le Solitaire.) 
Les Femmes, comédie, par Demoutier. 

Axur, grand opéra, de Beaumarchais, cinq actes, musique de 
Salieri (1792). 

Amour d'Enfant , opéra de Gaveau, en un acte (1808). 

DIXIÈME VOLUME. 

Lanassa , tragédie. 

Un Homme comme il y en a peu, comédie. 

Czarybez Czarow , opéra, musique de Nicolo (1818). 

La Servante Maîtresse, opéra en deux actes, de Pergolèse (1791). 

ONZIÈME VOLUME. 

Éléonore, tragédie. 

Przekory milosne (Querelles d'amour), comédie. 
Sardzino, opéra héroï-comique, musique de Paer (1811). 
Wymuszone zezivolenie (Le Consentement forcé). 
Biographie du ténor Kaczkowski. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 99 

DOUZIÈME VOLUME. 

Mariage répété, drame. 

Trois Frères jumeaux. 

Les Amazones, opéra en deux actes, musique d'Elsner (1797). 

Vie de Mathias Kamienski, compositeur dramatique. 

Misère consolée, opéra en deux actes, musique de M. Kamienski 
(Varsovie, 1778). 

Albert Boguslawski, ayant cédé son privilège à une personne du 
pays, quitta définitivement la scène en 1814, et se retira du 
monde pour finir tranquillement ses jours. Il termina sa carrière, 
consacrée au bien public, en 1829, entouré de l'estime et de la 
reconnaissance nationale. Sa vie, remplie de gloire et de vicissi- 
tudes, s'est écoulée au milieu des plus grandes agitations poli- 
tiques. 

BOGUSLAWSKA ( ), cantatrice, se fit entendre 

dans l'oratorio de la Création, exécuté à Wilna en 1809, au profit 
de l'Asile du docteur Frank. (Voyez ce nom, et le Courrier de 
Lithuanie de la même année.) 

BOGUSLAWSKI (Stanislas), artiste dramatique, auteur et 
poëte de l'époque actuelle; on a de lui plusieurs opéras, entre 
autres : Le Contrebandiste , musique de J. Damse, représenté à 
Warsovie en 1844. Pod strychcm (Sous les combles), musique de 
Malgoçki. Son roman intitulé : Przesladowça (le Persécuteur), 
obtint du succès. 

BOHDANOWICZ (B.), musicien excentrique, violoniste et com- 
positeur, né en Pologne en 1754, passa une grande partie de sa 
vie à Vienne, en Autriche. Cet artiste, voulant tirer parti des dis- 
positions de ses huit enfants pour la musique, imagina d'en faire 
jouer plusieurs sur le même instrument. Il annonça un grand 
concert par une affiche extraordinaire dans lequel on devait en- 
tendre des morceaux fort curieux, savoir : Une sonate pour violon 
seul, exécuté par trois personnes à la fois, avec doiwe doigts et 
trois archets. Elle était intitulée : Les prémices du monde. Un 
\ mluntino avec variations, exécutées par les quatre sœurs Bohda- 
nowicz sur un seul piano à huit mains. Un autre morceau était 
un Trio pour deux voix et un sifileur, avec accompagnement 



100 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

d'orchestre, de trompette obligée et de cymbales. D'autres mor- 
ceaux devaient être exécutés avec des imitations de chants 
d'oiseaux et de cris de différents animaux. Toutes ces pièces ori- 
ginales avaient été composées par Bohdanowicz. On parlait encore 
à Vienne, en 1826, de ce concert extraordinaire; j'ai vu une 
œuvre de musique de la composition de Bohdanowicz gravée à 
Vienne, ornée de huit silhouettes, représentant la famille de ce 
musicien. Il publia à Vienne, en 1780, douze polonaises pour le 
clavecin et trois duos pour deux violons; de plus, un morceau à 
quatre mains, sous le titre : Daphnis et Phillis, plusieurs pièces 
détachées. Bohdanowicz mourut à Vienne en 1819. On ne connaît 
pasle sort de ses manuscrits originaux. {Gazette musicale de Leipzig.) 
Voici le titre de sa sonate : Grosse carakteristische sonate fur das 
/clavier betitelt : Das andenken des Vaters an seine acht musika- 
lische kinder. Componirt v. B. Vien 6, Cappi (Marz 1803). 

BOHME (Jean) faisait partie, comme basson, de la chapelle du 
roi de Pologne, électeur de Saxe, mort en 1730. (Walter (Jean- 
Godefroid) Musicalisches-Lexicon. Leipzig, 1732.) 

BOLESLAWIUSZ (Clément), poëte religieux polonais , vivait 
au xvii e siècle, publia des chants sacrés sous le titre : Klemensa 
Boleslawiusza Przerazlive Echo trom by ostateczney, Cracovie, chez 
Mathiaszkewicz, 1680. Ces chants roulent sur la mort, le dernier 
jugement et l'enfer. On raconte qu'un soir, à Thorn, un étu- 
diant, ayant une belle voix de basse-taille, chanta à la porte de l'é- 
glise un de ces chants dans lequel le mot (malheur) biada se trou- 
vait placé de manière à impressionner la foule, surtout lorsque 
le vers suivant revenait : 

Biada tedy ludziom zle na siviecie zyjacym. 
Malheur aux hommes qui vivent mal dans ce monde ! 

Aussi l'impression de ce chant fut grande sur le peuple ras- 
semblé ; toute la ville de Thorn était en émoi , et l'on craignit 
qu'elle n'eût le sort de Jérusalem. (Ephraim Oloff polnische lieder- 
geschichte.) 

BONDASIEWICZ ( )> cantatrice de l'époque ac- 



DES MUSICIENS T0L0NA1S. 101 

tuelle, débuta à Varsovie dans Zampa, en 1842, et fut chargée de 
plusieurs rôles aux deux théâtres. 

BOREK (L'abbé Christophe), second directeur du chant et 
curé de la chapelle des Sigismonds à la cathédrale de Cracovie , 
fondée pour l'exécution des messes en musique, dites Rorate. 
L'abbé Borek mourut en 1557. (Voyez L. Golembiowski dans son 
ouvrage sur le Peuple polonais , t. III, p. 209.) 

BORIMIUS (Jean) ou Borzymski dirigea la chapelle ùesRora- 
tistes, en 1624; il fut le sixième directeur depuis sa fondation. 
(Lud. Polski, par L. Golembiowski, t. III, p. 210.) 

BORKOWSKI (L.), artiste lyrique de la troupe de Léopol, 
chanta à Cracovie le rôle de Marcel, dans les Huguenots, en sep- 
tembre 1855. (Czas, Journal de Cracovie.) 

BOROWSKI (Vincent), musicien cité par L. Chodzko dans son 
Histoire populaire de la Pologne, comme ayant vécu de 1770 à 1850. 

BOROWSKI ( ), ténor de l'époque actuelle, débuta 

à Varsovie vers 1856; il possède une assez jolie voix. Gazette 
Codzienna. 

BORZYSLAWSKI (Albert), compositeur de l'époque actuelle, 
se fit connaître à Varsovie par plusieurs œuvres remarquables. 

BOSKOWSKI ( ), artiste, professeur de hautbois, 

faisait partie de la chapelle duducdeCourlande.àSagan, en 1786. 
Plus tard, il était de l'orchestre du théâtre de Breslau , dirigé par 
le maître de chapelle Ebell. (Almanach musical.) 

BRACCÉ (Paul de la), musicien du roi de Pologne, vivait 
en 1603, et portait le titre de Musicus S. R. maj. (Voyez la Des- 
cription de Cracovie , par Amb. Grabowski, Starego Krakowa 
Zûbytki, p. 171.) 

BRACIÇKI ( ) , compositeur, auteur présumé de la 

célèbre polonaise, connue sous le nom de Kosciuszko. Le nom de 
cet artiste n'est pas assez répandu en Pologne; cependant une 
production aussi populaire que la Polonaise, dite de Kosciuszko, 
devait immortaliser son auteur. Plusieurs autres Polonaises lui 
sont attribuées, mais elles n'ont point été publiées. Celle qui 
porte le nom de Kosciuszko a paru d'abord à Posen, en 1828, 
dans un recueil d'airs nationaux, intitulé : Pies'ni i Piomeczki 



102 DICTIONNAIRE niOGRAr-HIQUE 

narodowe avec paroles de circonstance. Elle fut publiée aussi dans 
l'ouvrage de l'auteur de ce livre, sous le titre : Chants po- 
lonais , nationaux et populaires, avec une traduction française de 
M. G. Fulgence Olivier et le véritable texte polonais, et enfin 
dans la Pologne illustrée de L. Chodzko. 

BRANDT (Jean), de Posen, Jésuite administrateur des collèges 
de Pultusk et de Léopol (Lwow). Il poussa ses connaissances en 
musique à un si haut degré de perfection, qu'il surpassa tous ses 
contemporains. D'après Allegambe, il est auteur des chants latins 
et polonais avec musique : « Piesni lacinskie i polskie z notamimu- 
zycznemi. » Les poésies et la musique de Brandt sont devenues 
populaires en Pologne. Il fut universellement aimé de tout le 
monde , et regretté à sa mort, qui arriva , selon Bentkoivski , 
en 1601. 

L'archevêque de Léopol, Sulikowski, prononça un discours sur 
sa tombe. D'après Ephraïm Oloff ( Polnische lieder Geschichte), 
Brandt serait entré dans son ordre en 1571, et reçut à Wilna son 
Doctoris theologiw gradum. Allegambe, dans sa Biblioth. script, 
soc. Jes. Edit. Antwerp., donne ainsi le titre de son ouvrage : 
« Poemata latina et polonica scripsit, quibus numéros adjecit musi- 
cos, et in Polonia hodieque usurpantur . » {Voyez Tableau du règne 
de Sigismond III par Fr. Siarczynski, et l'article de Walther, dans 
son Dictionnaire des musiciens, qui prouve que Brandt était com- 
positeur distingué, et ne doit pas être confondu avec Bérent 
(Simon), jésuite prussien, dont les litanies ne furent publiées 
qu'en 1638 à 39, sans nom d'auteur. 

BRANDTNERN (Matthao), facteur d'orgues à Thorn, vivait au 
xvn e siècle. Il fut chargé de construire l'orgue pour l'église de 
Saint-Nicolas, pour la somme de douze mille florins. L'instrument 
était déjà assez avancé lorsque le feu se déclara par la négligence 
d'un ouvrier compagnon et consuma entièrement ce bel ouvrage. 
II a fallu recommencer de nouveau, et l'orgue ne fut terminé que 
l'nnnée d'après, en 1686, à la grande satisfaction des habitants. 
Ce même facteur travailla aussi à la restauration de l'orgue de 
l'église de Saint-Jean pour le prix convenu de deux mille florins. 
Cet instrument , dont le clavier n'allait que du fa au la, fut aug- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 103 

mente de Yut grave jusqu'à Y ut au-dessus de la portée de droite. 
On y a ajouté plusieurs jeux, entre autres le grand chœur et le 
jeu de schnitzwerk. ( Voyez Zerneke Thornische chronicke, pag. 
332 et 347.) 

BRAUN ( ), directeur du théâtre de Léopol vers 1820, 

montra beaucoup d'habileté dans la gestion de son entreprise. 
Plusieurs membres de cette famille, d'origine delà Grande-Pologne, 
se sont signalés dans les arts en Pologne. Les Braun sont connus 
à Warsovie, à Posen et à Léopol. 

BRAUN (Max), professeur à Posen, écrit de temps en temps 
sur la musique dans la Gazette de cette ville. 

BRAUN ( ) , hautbois à Warsovie , organisa un 

orchestre qui donnait des séances tous les quinze jours dans la 
grande salle de la Ressource, à la suite des quatuors qui cessèrent 
vers 1837, et qui furent organisés par les soins de M. Cichoçki, 
amateur distingué. ( Gazette musicale de Leipzig de 1837.) 

BR0D0WICZ (M me ). Une cantatrice de ce nom chanta le rôle 
de Rosine, dans le Barbier de Séville, au grand théâtre de Warsovie, 
en 1844. {Courrier de Warsovie.) 

BRODZINSKI (Casimir), poëte lyrique d'un grand talent, né 
en 1791; ses vers sont très -favorables à la musique. Il avait 
composé de beaux chants religieux, mis en musique par Joseph 
Elsner. Mais c'est surtout dans les poésies fugitives qu'il s'est 
montré supérieur à tous ses contemporains. Ses krakoiviaks , 
ses mazureks, ses chansons villageoises , sont devenues populaires. 
Écrivain fécond, original, poëte selon le goût des Polonais, Casi- 
mir Brodzinski trouva le vrai chemin du cœur humain ; son langage 
avait un charme irrésistible. Il connaissait la musique et publia 
beaucoup d'articles très-bien faits sur les chants populaires et les 
danses nationales. Brodzinski mourut à Dresde en 1835. 

BROSCIUS ou BROSKI de KURZELOW (Jean), célèbre ma- 
thématicien, philosophe, docteur en médecine, astronome, musi- 
cien et poëte, né en 1581. Sa vie appartient à la science; il enri- 
chit sa patrie d'une foule d'ouvrages qui font la gloire de la nation 
polonaise. Plusieurs savants ont décrit sa vie et ses travaux litté- 
raires. (Voyez Soltykowicz, Bandtkie, Juszynski , etc.) Broski est 



10t DICTIONNAIRE R10GRAPH1QUE 

auteur d'un ouvrage sur la musique imprimé à Cracovie en 1641, 
dont le titre est : « An Diapason salvo harmonica concentu, per 
œqualia septem intervalla dividi possit vel non dissertatio. » J'ai 
sous lesyeux unebrochure, sur le chant choral, de Broski intitulée : 
Musica choralis in aima Universitate Cracoviensi, studii ergo com- 
modioris omnium, ad ministerium in Ecclesia Dei, sive ad laureas in 
artibus liberalibus et philosophia suo tempore obtinendas adspiran- 
tium : ineunte quinto ejusdem Universitatis sœculo anno Domini 
MDCCXLVIII. Luci publicœ permissa superiorum reexporrecta , 
Cracoviœ typis collegii majoris Universitatis Cracov. A la seconde 
page on lit : Inventor musicœ choralis rex David ad Philomusos 
chorales 



-♦ »» » « ^ ♦ ♦ » ^4 ♦ ♦ ^ : —»♦—♦—♦♦— »-♦— »^- 



Can- ta- te Domino can-ti-cum no-vum * Bene psal-li-te e-i in 

vo-ci-fe-ra-ti- o-ne. 

In musicam choralem Joannes Broscius Academiœ Crac. Pro- 
fessor canonicus cathedralis Cracoviensis. 

Musa antiquai redi, si psalmis vincere quœris: 

Ad Domini laudes, hoc tibi restât iter. 

In erothemata musices anno 1649. 

Le chapitre suivant traite : De natura et prœstantia musica? cho- 
ralis ; le troisième : De clavibus musicalibus eorumque situ et offi- 
cio in scala musicali ; le quatrième : De transpositions clavium in 
cantu chorali; le cinquième : De vocibus musicalibus ; le sixième : 
De intervallis musicalibus ; le septième : Exemplum unisoni ascen- 
dendo persingulas voces. Item desçendendo, huit exemples; le hui- 
tième chapitre traite : De intonazione tonorum; le neuvième : De 
intonazione psalmorum, suivi des exemples de huit tons d'église; 
le dernier est intitulé : De melodia versuum, responsoriorum et corn- 
munionum. 

Ce savant fut professeur de philosophie à Cracovie ; il a fait des 
recherches sur l'intonation du chant grégorien. Son dernier ou- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 105 

vrage donne une juste idée de la tonalité des psaumes et des inter- 
valles de la gamme musicale. Je dois à l'obligeance de M. Am- 
broise Grabowski , savant historien et bibliographe polonais, la 
communication de l'ouvrage de Broscius, qui est très-rare, et qui 
prouve que la littérature musicale polonaise est riche en ouvrages 
de théorie , écrits aux xvr 2 et xvu e siècles. 

Broski est mort en 1652, après avoir relevé la gloire de l'Acadé- 
mie de Cracovie par ses travaux scientifiques. 

BRZOSKA (Caroline), élève de r école dramatique et de chant 
à Warsovie , obtint une médaille d'or à la première distribution 
des prix, en 1813, sous la présidence du comte Zamoïski, et en 
présence de toutes les autorités compétentes. Cette jeune per- 
sonne, sœur de madame Kurpinska, mourut à la fleur de l'âge. 
(Histoire du théâtre national, par Albert Boguslawski.) 

BRZOWSKI (Joseph), compositeur et professeur de piano à 
Warsovie, connu et apprécié comme musicien de mérite, peut 
être regardé comme un des meilleurs professeurs de la capitale de 
la Pologne. Il rendit de grands services à l'enseignement de l'art 
musical pendant sa longue carrière. Il est auteur de plusieurs 
compositions religieuses, entre autres d'un Requiem que l'on 
chante quelquefois chez les Augustins. Brzowski dirigeait les 
concerts de la Ressource (concerts d'amateurs) ; il doit être cité au 
nombre des bons écrivains sur la musique. Il composa un air pour 
contralto qui fut chanté à Warsovie en dernier lieu. [Courrier de 
Warsovie.) 

BRZOWSKA (Hedwige), pianiste distinguée de Warsovie, fille 
de J. Brzowski et nièce de Gh. Kurpinski, débuta toute jeune au 
concert donné par Ricciardi, chanteur italien, dans lequel on ap- 
plaudit M me Rywaçka, cantatrice polonaise, ainsi que MM. Teich- 
mann et Markowski, artistes du grand théâtre. {Courrier de War- 
sovie, du 20 février 1842). D'après ce journal, M lle Brzowska exé- 
cuta dans la même année, au concert pour les pauvres, la fantaisie 
sur la Dame du lac par Thalberg, avec beaucoup de succès. Elle 
donna ensuite un concert à son profit, en novembre 1842, dans 
lequel elle se fit entendre sur le piano, dans le Concerto de Cho- 
pin, en mi mineur, dans la Lucie de Liszt, dans la Fantaisie sur la 



106 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Somnambula, par Thalberg, et dans celle de F. Liszt sur Robert- 
le-Dlable. Le choix de ces morceaux témoigne de la force de 
M lle Brzowska, qui s'en acquitta à la satisfaction générale. Elle 
partit ensuite pour l'étranger avec son père, visita Dresde, Bres- 
lau et donna des concerts aux Eaux pendant la saison. L'année 
suivante, M lle Brzowska retourna en Allemagne, parcourut plu- 
sieurs capitales et fit connaissance avec l'illustre compositeur 
Spohr qui l'adressa au célèbre pianiste et compositeur Moschèles. 
Elle séjourna quelque temps à Leipzig et profita des conseils de ce 
maître, partit pour Berlin, se fit entendre à la cour et donna plu- 
sieurs soirées dont les journaux de Berlin rendirent un compte 
favorable. En 1856, M lle Hedwige Brzowska parut à Bruxelles, joua 
plusieurs fois en public et produisit une vive sensation, partit pour 
Londres, visita les bains de mer d'Ostende et revint à Bruxelles. 
On l'annonce bientôt à Paris, dans cette capitale des arts, qui attire 
tous les artistes en renom ! M lle Brzowska exécute à merveille les 
auteurs classiques, elle a d'excellents doigts, tire beaucoup de son 
du piano et possède une bonne mémoire. Avant de venir en Bel- 
gique, elle parcourut la Prusse du nord, la Lithuanie, l'Autriche 
et la Saxe; étant à Veimar, elle fit beaucoup de musique avec 
le célèbre pianiste Liszt, qui fut émerveillé de l'exécution de 
M lle Brzowska. Cette artiste travailla la composition avec son père 
J. Brzowski et avec l'illustre Charles Kurpin ski. 

BRZOZOWSKI (Valentin) ou Walenty z Brzozowa était conse- 
nior de la Confession bohème dans le district de Cracovie ; il est né 
au commencement du xvi e siècle. Poète et musicien remarqua- 
ble, Brzozowski travailla au premier recueil des cantiques polo- 
nais publié à Kœnigsberg (Krolewieç), en 1554. Selon Ephraïm 
Oloff, fPolnische Liedergeschichte), il traduisit plusieurs de ces 
cantiques de la langue bohème et les dédia à Sigismond-Auguste, 
roi de Pologne, sous le titre : Kancional Polski. Les historiens 
polonais ne sont pas d'accord sur le lieu de naissance de Valen- 
tinus Brzozowski. Selon Bentkowski, il serait né à Sanok, tandis 
que le savant Czaçki affirme qu'il était Bohême, mais qu'il connais- 
sait parfaitement la langue polonaise, et fut pasteur de Brzozowo, 
ville appartenant à Tévêché de Przemysl. Son Cancionale est avec 



DES MUSICIENS POLONAIS. 107 

musique (voyez J. Lelewel, Bibliographie polonaise, en deux livres). 
Selon Michel Wiszniewski {Histoire de la littérature Polonaise), 
Valentin Brzozowski serait mort vers 1570. Son livre de Psaumes 
est très-estimé, pour l'époque où il a paru ; imprimé en caractères 
gothiques, in-folio, avec la musique à chaque page, il a pour 
vignette les armes du prince Albert de Prusse. La préface s'adresse 
au roi Si gismond- Auguste, son suzerain; l'imprimeur Alexandre 
Augerda offrit le livre en son nom au roi de Pologne. Anno 1554, 
prodiit Regio monti kancyonal albo Xiegi Chwal boskich, t. j. piésni 
duchowne z Czeskiego jezyka na polski przez X Walentego z Brzo- 
zowa, nowo przelozone, in medio 4 dedic. Régi Sigismun-Augusto , 
nempe est versio hymnorum fratrum Bohemicorum , ubi inusitatas, 
in ecclesiis nostris atque Cantionali Bregensi reperies cantilenas, 
exceptis forte seqq. Bog Oyciec z szczerey milôsci, quœ tamen sal 
immutata. (Voyez Historicher Versuch der poln. lieder, dichter 
and gésangbùcher, sowohl d. Luther. Réf. als Calvin, socinian. 
Schwekfeld 2 Theil, 8 Dantzik, i738). Le Concile de Trente fit 
défendre les ouvrages de Valentin Brzozowski. (Voyez dans Janoçki, 
Rare, Polnische Bûcher, tome I, page. 13. ) 

BUÇKI (Guillaume), Livonien, compositeur de musique sous 
le règne de Sigismond III, roi de Pologne (Tableau du siècle de 
Sigismond III, par Siarczynski), écrivit pour l'église des chants en 
langue esthonienne, en 1601 à 1643. 

BULIOWSKI (Michel) est cité dans le Dictionnaire de musique, 
de Séb. de Brossard, parmi les auteurs qui ont écrit sur la musique. 
D'après Walther (Musikalisches Lexicon), il serait né en Hongrie 
d'une famille noble et aurait été un excelleut instrumentiste ; il est 
auteur de plusieurs ouvrages théologiques et philosophiques. 

BUCHOLTZ (Frédéric), facteur de pianos à Warsovie; ses in- 
struments jouissent d'une grande réputation par la beauté du son 
et la solidité de construction. Le célèbre pianiste Alexandre 
Dreyschok, pendant son séjour à Warsovie, en 1841, jouait de pré- 
férence sur les pianos de Bucholtz et rendit justice au méritede ce 
facteur par une lettre adressée aux journaux. 

BUCHOWSKI (Bénigne), bénédictin de l'académie de Cracovie, 
poëte couronné et très-habile musicien à la fois. Issu d'une 



108 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

famille très-riche qui portait le titre des comtes du Saint-Empire- 
Romain, il entra fort jeune au couvent et s'y livra entièrement 
aux sciences. Les progrès rapides qu'il y fit ont attiré sur lui l'atten- 
tion de ses supérieurs ; appelé bientôt aux premières places de 
l'Église, il s'en acquitta honorablement. Plus tard il obtint la pré- 
vôté de Koscielnié, s'y enferma pour mieux travailler et écrivit 
plusieurs poëmes d'un haut intérêt. On a imprimé de lui, 1° Beni- 
gni Buchowski, Benedicti Tinec. Lyricorum , Epigrammatum et 
Rythmorum Poemata, à Cracovie, chez Cezary, 1712, in-i2. 
2° Chants religieux en vers, sous le titre Cantus et luctus, ainsi 
que plusieurs œuvres musicales. Buchowski est mort vers l'année 
1742. Il existe un éloge funèbre, envers, à l'occasion de sa mort, 
par Casimir Albrychowicz, bibliothécaire et archiviste de Tyniec, 
son panégyriste; selon Juszynski, la mort de Buchowski serait 
arrivée en 1750. 

BULAKOWSKI (Etienne), compositeur de l'époque actuelle, 
s'est fait connaître à Warsovie vers 1846. On a chanté une de ses 
messes à la cathédrale de Saint-Jean, le jour des Rois 1848; cette 
messe est avec accompagnement d'orgue et de trombonnes (Cour- 
rier de Warsovie) . 

BULGARI ( ), cantatrice célèbre née en Lithuanie, 

donna deux beaux concerts à Warsovie, en 1822, et obtint un 
grand succès. Elle possédait alors une voix métallique , très-éten- 
due, mais qui n'avait pas été assez travaillée. Elle se fit entendre à 
Kœnigsberg, dans la Biondina in Gondoletta de Paer. On ne sait pas 
ce qu'elle est devenue depuis. (Gazette musicale de Leipzig) . 

BYSTRY (Romuald), chambellan du roi de Pologne, composa 
la musique d'une romance qui devint populaire, intitulée : Te 
brzoz kilka (Ces quelques bouleaux), paroles de Louis Kropinski. 
La mélodie en est fort belle sans être très-originale, mais elle est 
chantée par tout le monde en Pologne. 



CAETANI ( ) , musicien instruit, maître de chapelle 

de Sigismond I er , roi de Pologne, dirigea l'orchestre de l'église 



DES MUSICIENS POLONAIS. 109 

collégiale à Cracovie le 29 mai 1523, jour de l'inauguration de 
la chapelle dite des Sigismonds. On y exécuta une messe en mu- 
sique. Caetani ou Cajetani, envoyé en mission en Pologne, con- 
signa plusieurs observations intéressantes sur ce pays, dans un 
ouvrage peu connu. On y lit le passage suivant : « Dès l'aube du 
» jour, on entend des tours des églises de Cracovie une douce 
» musique de flûtes et d'autres instruments à vent, comme pour 
» saluer l'aurore, ou le créateur de l'aurore, du soleil et de toutes 
» choses. Beaucoup de Polonais se lèvent avant le soleil et vont 
» entendre la messe. » 

Les quatre vers suivants donnent une idée de la diane au 
seizième siècle : 

Regaly, instrument}/, biegliwe puzany, 
Roznie sliczne iv Krakoicie grajo sice padwany; 
Trembacze co godzina na wsèe strorty grajo, 
Przed adiventem, hejnalem do wstcuùa znac dajo. 

(Lud. Polski , par L. Golembiowski , t. m.) 

CAMPI (Antonia), née Michalowicz, célèbre cantatrice polo- 
naise, naquit vers 1770, épousa Campi, chanteur d'une troupe à 
Prague, et débuta à Lublin, en 1785. Douée d'une voix extraor- 
dinairement belle, expressive et passionnée, Antonia Campi chanta 
à Warsovie, à Leipzig, à Prague, à Vienne et dans d'autres villes, 
et produisit partout la plus vive impression. En 1787, Mozart 
écrivit pour elle le rôle de Dona Anna à Prague. Admirablement 
conçu et disposé par le compositeur pour la belle voix de la can- 
tatrice, ce rôle fit la réputation d' Antonia Campi qui le comprit 
merveilleusement et le chanta de manière à toucher tous les 
cœurs. Ayant un engagement avec Guardacori, directeur de la 
troupe de Prague, elle fit preuve de zèle et de talent en faveur de 
son entreprise; mais, n'étant pas satisfaite du directeur, elle quitta 
Prague pour Vienne où la fortune et de légitimes succès l'atten- 
dirent, et bientôt elle eut le titre de première cantatrice du théâtre 
impérial, et, deux ans plus tard, en 1820, celui de cantatrice de 
la Chambre. Ayant ainsi parcouru une belle et longue carrière 
théâtrale (il y avait alors trente-cinq ans qu'elle chantait sur la 



110 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

scène), Antonia Campi était encore dans la force de son talent, 
ses qualités dramatiques s'étaient perfectionnées, et on lui trouva 
beaucoup de vigueur et une grande habileté de vocalisation. Elle 
excellait dans l'exécution de la musique moderne et chantait 
surtout celle de Rossini avec une facilité merveilleuse, bien 
qu'elle n'eût point travaillé ce genre au commencement de sa 
carrière dramatique. Riche de fioritures et de finesses vocales, 
la musique de Rossini avait dans M me Campi une interprète habile, 
qui la faisait valoir et lui portait une grande affection, partagée, 
du reste, et avec raison, par beaucoup de cantatrices de cette 
époque. Après avoir chanté à Dresde, Francfort, Stuttgard , 
Munich avec un succès incontesté, elle parut en \ 821 , à Berlin, 
et revint à Warsovie où elle fut reçue avec enthousiasme par ses 
compatriotes. Elle chanta admirablement le rôle à'Aménaïde dans 
Tancrède, et enleva tous les suffrages dans un air qu'elle inter- 
préta en polonais, qui commençait par ces paroles touchantes : 

Salut, ô chère patrie ! 

Fêtée et admirée par tout le monde , elle reçut de l'empereur 
Alexandre I er le cadeau d'une bague en diamants , chanta plu- 
sieurs fois avec un succès extraordinaire, mais ne voulut pas 
rester àWarsovie; par son mariage et son long séjour à l'étranger, 
elle était perdue pour la Pologne, sa patrie. Cependant elle pro- 
nonçait très-bien le polonais. Partie bientôt pour Munich, où elle 
avait un engagement , elle mourut d'une fièvre inflammatoire, 
le 30 septembre 4824, vivement regrettée par tous les vrais amis 
du chant. 

M. Fétis apprécie ainsi sa voix : « L'étendue de la voix de 
» M me Campi sortait des bornes ordinaires, car elle commençait 
» au sol grave, et allait jusqu'au fa suraigu, c'est-à-dire à trois 
» octaves plus haut. Son articulation était flexible et son exécution 
» se faisait remarquer par sa netteté et sa précision. On a com- 
» paré cette cantatrice à M me Catalani, et quelques personnes lui 
» donnaient la palme, parce qu'elles lui trouvaient la voix mieux 
» conservée, le trille meilleur et des connaissances plus étendues 
» et plus solides dans la musique. » (Biographie universelle, par 



DES MUSICIENS POLONAIS. 111 

F. J. Fétis.) Allgemeines historisches kùnstler-Lexikon von G. J. Dla- 
bacz. 

CATON (Diomèdes). Voyez Diomèdes Caton. 

GEZARY (Jean-Cantio), vivait en 1649, prenait le titre Musicus 
incola Crac, laissa après sa mort, instrumentum musicum, un 
régale d'orgue et une flûte nuncupatum. (Voyez l'ouvrage d'Ambr. 
Grabowski sur l'Archéologie polonaise, p. 99, édition de Leipzig, 
1854, publiée par J. N. Bobrowicz.) 

CHIARI (Thomas), fabricant d'instruments à vent, vivait à 
Cracovie au xvn e siècle, d'après le savant Ambr. Grabowski. Le 
nom de Chiari est inscrit dans les archives de l'ancienne capitale 
de la Pologne : Tomas Chiari instrumentorum musicorum structor, 
vulgo (sztortow.) S. Reg. maj. famulus. 

CHELCHOWSKA (M rae ), cantatrice de mérite, se fit entendre à 
Cracovie, au concert d'Hauser, en 1841, chanta ensuite à Wilna 
avec la troupe dramatique. (Courrier de Warsovie.) 

CHLENDOWSKI (Louis), fils du savant littérateur et bibliogra- 
phe polonais de ce nom, se fit connaître par plusieurs compositions 
agréables pour piano, séjourna en France pendant quelque temps, 
et partit pour l'Allemagne . On a de lui trois polkas, exécutées au 
théâtre des Variétés, à Paris, gravées par Meissonnier. 

CHOBRZYNSKA (M me ), cantatrice et artiste dramatique des 
théâtres de Warsovie, s'est fait connaître avantageusement dans 
plusieurs rôles, remplis avec talent au théâtre des Variétés, dé- 
buta vers 1842 dans la Femme d'artiste, joua dans la Fille de 
l'Avocat. On lui doit la traduction de Pierrot. (Courrier de War- 
sovie. ) 

CHODOWSKI (Thomas) était collaborateur du célèbre Arto- 
mius pour la confection du premier recueil des cantiques polonais. 
Artomii cancional , in-8, 1601. Dans l'ouvrage d'Otwinowski , 
Heroibus Christianis, il est dit qu'il fut Concionator in Brzczany 
apud Palatinum Russiœ , ducem campestrem. Les cantiques 
de Chodowski ont été imprimés dans la Prusse polonaise et à 
Thorn. 

CHODKIEWICZ (Comtesse) est une des daines amateurs 
qui travaillèrent pour les Chants historiques de «/. N. Niemcewicz. 



112 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

La comtesse Chodkiewicz a composé la musique du chant con- 
sacré à la gloire de l'immortel Hetman Chodkiewicz, publiée dans 
l'ouvrage cité ci-dessus. Nous trouvons dans la Gazette musicale de 
Leipzig de 1818 une mention de la comtesse Chodkiewicz qui 
avait concouru pour un concert donné au profit des incendiés. 
« Grafinn Chodkiewicz , eine fur musik sehr geiïbte Dame und 
trefliche clavier Spielerinn. » 

CHODO WIEÇKA ( ), cantatrice du grand théâtre 

de Warsovie, a chanté avec succès, en 1857, la Favorite de Doni- 
zetti. {Courrier de Warsovie.) 

GHODZKO (Léonard), historien, géographe, bibliographe, 
auteur de nombreux ouvrages en langue française. M. Chod- 
zko a écrit sur la musique et le théâtre polonais; ses travaux 
sur l'histoire contemporaine , ses recherches savantes dans le 
domaine des arts et de la littérature , lui assurent un rang très- 
distingué parmi les écrivains de France, et lui attirent la recon- 
naissance de ses compatriotes. Comme rédacteur en chef de la 
Pologne illustrée , il avait la haute main sur tous les articles qui 
y paraissaient; je dois donc déclarer ici que l'article sur le théâtre 
polonais, inséré dans la 36 e et la 37 e livraisons de la Pologne, qui 
porte mon nom, appartient à M. L. Chodzko, je n'ai été son colla- 
borateur que pour le paragraphe II , pag. 292, où il est question 
de V 'opéra national polonais. M. L. Chodzko, qui est lithuanien, 
épousa en France la fille du comte Maleszewski, savant polonais, 
madame Olympe Chodzko, connue dans le monde littéraire par 
ses charmantes nouvelles, écrites avec infiniment de grâce et d'es- 
prit. Madame Chodzko aide aussi son mari dans ses travaux litté- 
raires. 

GHODZKO (Marie-Eugénie), née Kontska, appartient à la fa- 
mille de nombreux et illustres musiciens de ce nom. Celte dame 
professe la musique à Paris, et tient un rang distingué dans l'en- 
seignement. 

GHOMINSKI ( ), compositeur lithuanien, excella 

dans un genre de musique particulier à la Lithuanie, qu'on appelle 
Kurdesz , pièce destinée à être chantée et jouée pendant les 
banquets. La musique doit en être gaie et les paroles appropriées 



DES MUSICIENS POLONAIS. 113 

à la circonstance. Voici une strophe assez curieuse, mais qui perd 
par la traduction : 

Kaz przyniesc wina moj Grzegorzu rnily ! 
Bodaj sîe troski nam nigdy nie snily. 

I ty Amilku, poloicico Grzela! 
Badz uczestniczko naszego wesela. 
Nie folguj sobie , izasiondz lu z nami 
Kurdesz, kurdesz nad kurdeszami. 

Fais apporter du vin, cher Grégoire, et ne songeons plus aux chagrins. 

Et toi , Annette, douce moitié de Grégoire, viens partager nos plaisirs, ne 
te gêne point, assieds -toi avec nous, et vive le Kurdesz. 

(L. Golembiowski , dans le Peuple polonais, t. m.) 

CHOINAÇKI (P...), chef d'orchestre, violoniste polonais de 
l'époque actuelle, commença à faire parler de lui vers 1846. De- 
puis, il composa beaucoup de musique de danse. 

CHOINAÇKI (Henri), auteur d'une mazurek remarquable par 
son allure caractéristique sur ces paroles : 

To mi ziemia to mi kraj. 

publiée par A. Dietrich avec une jolie vignette. 

CHOPIN (Frédéric). Le nom de ce célèbre pianiste composi- 
teur doit être inscrit avec honneur dans l'histoire de la musique 
en Pologne. Né à Warsovie le 1 er mars 1809 de parents français , 
il devint l'enfant chéri d'une terre qui lui donna le jour, et porta à 
sa patrie un attachement vif et sincère qu'un long séjour à l'étran- 
ger n'avait point affaibli. Le culte de Chopin pour la Pologne se 
peint dans sa musique; les nuances les plus fines sont rendues 
avec bonheur dans ses polonaises, ses mazureks et ses ballades. 
Le cachet national s'y reflète partout; ses premières impres- 
sions de jeunesse, en se transformant en inspirations poétiques, 
raffermies par de solides études, lui valurent une place à part parmi 
les grands talents qui brillent par la conception et l'originalité. 

Entouré des notabilités polonaises, adoré de ses compatriotes , 
admiré par les artistes de tous les pays, Frédéric Chopin occupa 
la presse de son vivant et après sa mort. Une femme célèbre lui 
consacra des pages brûlantes ; un grand artiste, Frantz Liszt, écrivit 

8 



114 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

un volume d'un haut intérêt sm Chopin. M. L. Enault a esquissé 
dans r Athenœum français la physionomie exceptionnelle de l'ar- 
tiste polonais; un grand nombre d hommes de lettres, des feuille- 
tonistes français, allemands, anglais, polonais, racontèrent la vie 
de Chopin et donnèrent des détails curieux sur sa carrière musi- 
cale. Jamais artiste ne fut loué avec plus de talent; c'était un con- 
cert d'éloges mérités, et cependant Chopin ne fut pas heureux. 
Doué d'un grand fond de mélancolie , faible de santé , aux prises 
avec la douleur, il portait en lui le germe d'une terrible maladie 
qui, en abrégeant sa vie, le conduisit prématurément au tom- 
beau. 

Frédéric Chopin n'aimait pas à jouer en public; il tirait beau- 
coup de son du piano, mais son caractère trop impressionnable 
s'arrangeait mal avec les exigences du vulgaire; son exécution, 
d'une grande perfection , ne ressortait pas assez dans une vaste 
salle. Il écrivait admirablement pour l'orchestre, mais préférait le 
piano à tous les instruments, et, s'il est à regretter pour la scène 
polonaise que Chopin ne se soit pas essayé sur un cadre plus vaste, 
les compositions instrumentales qu'il nous a laissées prouvent qu'il 
était aussi grand mélodiste que savant harmoniste. 

Une foule d'écrivains cherchèrent à définir le genre de talent 
de Frédéric Chopin. Sa nature poétique frappait les uns, étonnait 
les autres, et charmait tous par quelque chose d'étrange et de cha- 
leureux. 11 rendit un grand service à la musique polonaise en la 
faisant comprendre aux amateurs. Jusqu'à lui, les airs polonais 
n'avaient pas trouvé un interprète ayant autant de charme et de 
sensibilité. Chopin parvint à rendre appréciable l'accentuation de 
différents rhythmes, ainsi que les fions des airs populaires qu'il exé- 
cutait à merveille. 11 réussissait à poétiser les mazureks , les polo- 
naises, \es dinnki (rèxev'ies dVkvàme). Quant à sa musique, elle 
n'agissait pas sur la multitude, mais elle était adorée dans les pe- 
tites réunions, dans lesquelles Chopin régnait en maître, et lais- 
sait tout le monde dans le ravissement. Génie essentiellement 
rêveur et mélancolique, Chopin recherchait le beau et avait hor- 
reur du commun. Par son éducation musicale, par son style élevé, 
il appartient à l'école classique, dont il adopta les formes. Mais 



DES MUSICIENS POLONAIS. 115 

son penchant le portait vers le romantisme. Il avait fait faire un 
grand pas au système de modulations sur le piano , en donnant 
plus d'extension aux passages et en procédant par des progres- 
sions enharmoniques d'un grand effet. Son jeu était d'une délica- 
tesse exquise ; il savait cependant attaquer certaines notes d'une 
manière incisive et sonore; ses doigts s'allongeaient et embras- 
saient de grands intervalles; il faisait chanter le piano avec une 
âme, une expression à toucher les organisations les plus rebelles. 

Le premier maître de piano de Chopin, fut un musicien bohème, 
nommé Zywny (voyez ce nom), disciple de Séb. Bach. Ce pro- 
fesseur dirigea son élève d'après la méthode classique allemande, 
en usage en Pologne à cette époque. Un journal raconte qu'à 
huit ans, Chopin composa une polonaise qui attira sur lui l'atten- 
tion des connaisseurs. Le prince Antoine Radziwill , vice-roi de 
Posen, grand amateur de musique et compositeur de mérite lui- 
même, paya sa pension au Collège de Warsovie, et facilita ainsi 
l'éducation musicale de Chopin. Ses progrès furent rapides; à 
douze ans , il avait du goût pour l'improvisation ; placé sous la 
direction de Joseph Elsner (voyez ce nom) , recteur et profes- 
seur du Conservatoire de Warsovie, il fit un cours complet d'har- 
monie, de composition et de contre-point et bientôt se révélèrent 
chez le jeune Chopin les brillantes qualités dont il était doué par 
la nature. Vers 1830, il avait déjà écrit deux Concertos en fa mineur 
et en mi majeur. Les variations sur l'air de La ci darem la mano , 
le Krakowiak, les Airs polonais, le Trio pour piano, violon et 
violoncelle. Dans toutes ces compositions, le talent de Chopin se 
montre dans toute sa maturité. Parti pour l'Allemagne, il écrivit 
d'autres compositions non moins remarquables par l'inspiration 
et le sentiment mélodique, et vint à Paris en 1831, apportant le 
manuscrit du premier livre de ses grandes études. 

Paris, cette capitale des arts, boussole de jeunes talents, ville 
qui éblouit les yeux de ses victimes, séjour enchanteur pour les 
uns, gouffre dévorant pour les autres, ville où tous les artistes 
apportent leurs inspirations , leurs rêves de gloire , et leurs espé- 
rances, Paris ne fut pas propice aux premiers débuts de Chopin. 
Les difficultés que tout artiste rencontre dans une grande ville 



116 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

sont souvent insurmontables à Paris; Chopin avait à lutter contre 
les difficultés de sa position. Il fallait se faire un nom, se créer des 
moyens d'existence , trouver un éditeur et tout cela loin de ses 
parents, de ses amis, la passion dans le cœur, inquiet sur son 
avenir, et plein de tendresse pour une jeune fille qu'il ne 
devait plus revoir. 

L'absence est le plus grand des maux. 

C'est dans cette disposition d'esprit et de cœur que Chopin 
donna son premier concert à Paris, lequel lui rapporta à peine 
de quoi payer ses frais. Frédéric Kalkbrenner, alors dans tout 
l'éclat de sa gloire, l'aida de ses conseils; Camille Pleyel prit 
Chopin en amitié, et l'éditeur Schlesinger, qui avait de grandes 
idées parfois , se chargea de publier ses principales compositions. 
Mais il se passa plusieurs années avant que Chopin pût tirer parti 
de son talent. La Colonie polonaise de Paris , composée alors de 
ce que l'émigration avait de plus illustre, prodigua à Frédéric 
Chopin ses encouragements et ses bons offices. La famille du 
comte L. Plater, M me la comtesse Delphine Potoçka, M. Albert 
Grzymala, lui témoignèrent un intérêt affectueux et constant. 
Vers i 834 à \ 835, Chopin publia ses Mazureks, Walses, Scherzos, 
Ballades , Nocturnes , qui donnèrent à son talent plus d'indivi- 
dualité et popularisèrent sa musique en France ; il voulut aussi 
donner un grand concert avec orchestre. A cet effet, il loua la 
salle des Italiens et exécuta admirablement son beau concerto en 
mi-majeur. L'illustre Habenek conduisait l'orchestre, la salle était 
comble, tout marcha bien ; mais, soit que le public ne comprît pas 
son œuvre , soit qu'un concerto dans une salle de spectacle laisse 
toujours l'auditoire un peu froid, toujours est -il que l'attente de 
Chopin fut trompée ; son magnifique concerto n'a point produit 
l'effet désirable. Ce mécompte causa un véritable chagrin à Cho- 
pin, qui, pendant longtemps, ne voulait plus jouer en public, et 
la répugnance qu'il avait à jouer dans les concerts date de cette 
époque. Cependant la réputation de Chopin grandissait; il écrivit 
beaucoup, ses meilleures compositions furent réimprimées en 
Allemagne et appréciées à leur juste valeur. La Gazette de Leipzig 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 117 

publia son portrait, il fut très-recherché comme professeur à Paris, 
lorsqu'il rencontra enfin la femme célèbre, dont la connaissance 
devait avoir une si grande influence sur sa destinée. 

Nous renvoyons nos lecteurs à l'ouvrage de F. Liszt, quatrième 
chapitre, dans lequel la fameuse soirée est décrite avec talent. Une 
nouvelle ère sembla commencer pour le talent de Chopin, mais sa 
santé s'altéra successivement et nécessita un voyage à Majorque. 
A son passage à Marseille, en 1839, Chopin put assister au service 
funèbre de l'infortuné Adolphe Nourrit qui venait de se tuer à 
Naples. Quoique souffrant, Chopin se fit entendre sur l'orgue, à 
l'Élévation, et toucha profondément les assistants. 

A son retour à Paris, il eut beaucoup de peine à se remettre; 
soit que le genre de vie qu'il menait ne lui convînt pas , soit que 
sa maladie l'empêchât de donner ses leçons, il négligea ses 
affaires ; cette circonstance et les conseils de ses chauds partisans 
le décidèrent à reparaître en public. Après dix ans d'interruption, 
il donna un concert en 1844 dans les salons de Pleyel, il joua seul 
et produisit une vive impression par ses poétiques morceaux. 
Depuis cette époque , jusqu'à la révolution de 1848, il se fit 
entendre encore plusieurs fois chez Pleyel, et chaque fois il laissait 
l'auditoire dans le ravissement. 

Obligé de quitter Paris pour l'Angleterre, à cette époque de 
tourmente politique , il revint en France bientôt et ne quitta plus 
le lit. L'automne de 1849 devait être le dernier pour Chopin : il 
expira le 17 octobre dans les bras de sa sœur et de ses amis. 
F. Liszt parle ainsi dans son livre de ce moment suprême : 
« Lorsque les portes du salon s'ouvrirent , on se précipita autour 
» de son corps inanimé, et longtemps ne purent cesser les larmes 
» qu'on versa sur lui. 

» Sa prédilection pour les fleurs étant bien connue, le lende- 
» main il en fut apporté une telle quantité, que le lit sur lequel il 
» était déposé et la chambre entière disparurent sous leurs cou- 
» leurs variées; il sembla reposer dans un jardin ; sa figure reprit 
» une jeunesse, une pureté, un calme inaccoutumés. Sa juvénile 
» beauté, si longtemps éclipsée par la souffrance, reparut. M. Clé- 
» singer reproduisit ces traits charmants, auxquels la mort avait 



118 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

» rendu leur primitive grâce, dans une esquisse qu'il modela de 
» suite et exécuta depuis en marbre, pour son tombeau. 

» L'admiration pieuse de Cbopin pour le génie de Mozart lui 
» fit demander que son Requiem fût exécuté à ses funérailles ; ce 
» vœu a été accompli. Ses obsèques eurent lieu à l'église de la 
» Madeleine, le 30 octobre 1849. Afin que l'exécution de cette 
» grande œuvre fût digne du maître et du disciple, les principaux 
» artistes de Paris voulurent y prendre part ; à Y Introït on entendit 
» la marche funèbre de Chopin, instrumentée à cette occasion par 
» M. Reber, et à l'Offertoire, M. Lefébure-Vély exécuta sur l'orgue 
» ses admirables Préludes en si et en mi mineur. Les parties de 
» solos du Requiem furent chantées par MM es Viardot et Castellan ; 
» et M. Lablache , qui avait chanté le Tuba mirum de ce même 
» Requiem, en 1827, à l'enterrement de Beethoven, le chanta 
» encore cette fois. » 

Un Catalogue complet et raisonné des compositions instrumen- 
tales de Chopin est difficile à faire ; le temps n'est point encore 
venu où l'on puisse juger avec impartialité les mérites divers de 
ces œuvres si variées. L'ouvrage de F. Liszt sur Chopin renferme 
des aperçus lumineux , et une appréciation spirituelle , écrite avec 
talent et beaucoup d'imagination , sur la nature poétique et le 
génie original du compositeur polonais. L'illustre pianiste, de la 
nation de nos frères les Hongrois, paya le tribut d'amitié à Chopin, 
dont il interpréta admirablement les compositions. Les Polonais 
doivent de la reconnaissance à F. Liszt pour avoir si bien décrit les 
Polonaises , les Mazoures , et ces airs si mélancoliques, seul bien, 
qui leur reste de l'ancienne splendeur de la Pologne. 

OUVRAGES POUR PIANO SEUL. 

Œuvre 1. Rondo pour piano à quatre mains, Paris, Brandus. 

— 3. Polonaise arrangée à quatre mains. 

— 4. Première sonate pour piano seul, Warsovie, Leipzig, 

Paris. 

— 5. Rondo à la mazourek; Warsovie, Leipzig, Paris. 

— 6. Cinq mazoureks, dédiées à M lle P. Plater. 

— 7. Quatre mazoureks, à M. Jones. 



DF.S IfUUCU • 8 l'OI.ONAIS. 110 

Œuvre S. Trio pour piano, violon et violorif <llo ; Paris. 

— 0. Trois nocturnes, à M. Carn. Pleyel. 

— 10. Études pour piano, premier livre 

— 12. Variations sur Ludotrie; Paris, bandas. 

— I*>. Trois nocturnes, k F. Hiller. 

— 10. Rondo pour piano, dédié a M 11 * Caroline Hartman. 

— 17. Quatre mazoureks, k M me Freppa. 

— 18. Grande valse en mi bémol. 

La même k quatre mains. 

— 20. Premier scherzo, à T. Albrcrht; Paris, Brandus. 

— 2*J. Ballade pour piano, à M. le baron de Stockhansen. 

— 2-i. Quatre mazoureks, à M. le comte de Perlais. 

— 25. Études pour piano, deuxième livre. 

— 20. Deux polonaises, dédiées à Dessauer. 

— 27. Deux nocturnes, à M me la comtesse d'Appony. 

— 28. Vingt-quatre préludes, deux lh 

— 20. Impromptu, à M 11 * Caroline de Lobau. 

— .'J0. Quatre mazoureks, k la princesse de Wurtemberg. 

— 34 . Scherzo en si mineur, k M" fc Adèle de Furtenstein. 

— 32. Deux nocturnes, k M"- 1 la baronne de Billing. 

— 33. Quatre mazoureks, à la comtesse Mostowska. 

— 34. Trois valses pour piano ; Paris, Brandus. 

— :;.'». Sonate et marche funèbre. 

Scherzo et marche funèbre, arrangée à quatre mains 
par J. Fontana. 

— 36. Deuxième impromptu, en fa majeur. 

— 'M. Deux nocturnes. 

— 38. Deuxième ballade, à M. R. Schuman. 

— 39. Troisième scherzo. 

— 40. Deux polonaises, a M. J. Fontana. 

— 44. Quatre mazoureks, a M. Witwieki. 

— 43. Tarentelle pour piano. 

La même, arrangée k quatre mains par Czerny. 

— U. Polonaise en fa. mineur, k M m * la princesse Ch. de 

I; auveau. 

— 45. Prélude pour piano, k la princesse Tcherni.sc h etf. 



120 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Œuvre 46. Allegro de concert, à M 1Ie Muller. 

— 47. Troisième ballade en la majeur, à M lle de Noailles. 

— 48. Troisième nocturne, à M lle Duperré. 

Quatorzième nocturne, à M lle Duperré. 

— 49. Fantaisie, à la princesse Catherine de Soutzo. 

— 50. Trois mazoureks. 

— 51 . Troisième impromptu, à la comtesse Esterhazy. 

— 52. Quatrième ballade en ut mineur, à M me Nathalie de 

Rotschild. 

— 53. Huitième polonaise en la majeur, à M. Aug. Léo. 

— 54. Quatrième scherzo, en mi majeur, à Clotilde de Ca- 

raman. 

— 55. Deux nocturnes, à M lle Stirling. 

— 56. Trois mazoureks à M lle Maberly. 

— 57. Berceuse pour piano. 

— 58. Sonate en si mineur. 

— 59. Trois mazoureks. 

— 60. Barcarolle, à M me la baronne de Stockhausen. 

— 61 . Polonaise-fantaisie en la majeur. 

— 62. Deux nocturnes, à M lle de Kenneritz. 

— 63. Trois mazoureks. 

— 64. Trois valses. 

— 65. Mazourek élégante en la mineur. 

Trois études, extraites de la Méthode des Méthodes. 

OUVRAGES POUR PIANO AVEC ORCHESTRE. 

OEuvre 2. Variations sur Don Juan; Paris, Brandus. 

— U . Concerto en mi mineur. 

— 13. Fantaisie sur des airs polonais, à Pixis. 

— 14. Krakowiak, grand rondo de concert, à la princesse 

Czartoryska. 

— 21 . Deuxième concerto en fa mineur. 

— 22. Grande polonaise brillante, à M me d'Est; Paris, Brandus. 

OUVRAGES POUR PIANO, VIOLON ET VIOLONCELLE. 

OEuvre 3. Polonaise pour piano et violoncelle. 
La même, arrangée à quatre mains. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 121 

Œuvre 8. Trio pour piano, violon et violoncelle. 

— 43. Tarentelle, arrangée pour piano et violon, par Lipinski. 

La même, arrangée à quatre mains, par Ch. Czerny. 

— 65. Sonate pour piano et violoncelle , dédiée à Fran- 

chomme. 
Duo sur des motifs de Robert-le-Diable , pour piano 

et violon, avec Franchomme. 
Le même, pour piano et violoncelle. 
Le même, à quatre mains. 

COMPOSITIONS VOCALES. 

Chants villageois, Piesni sielskie, paroles d'Etienne Witwiçki. 
Daïna, chant lithuanien, chanté par M me Viardot. 
Mazurek en si bémol, chantée par M me Viardot, avec paroles espa- 
gnoles. 
Les Adieux du Cavalier, mélodie inédite. 
Mazurek de Bohdan Zaleski. 

OEUVRES POSTHUMES. 

En tout dix-sept morceaux, dont voici les principaux : 
Spiew zmogily (Chant du Tombeau). 
Zyczenie (Les Souhaits). 
Smutna rzeka (Triste Fleuve). 
Hulanka (L'Orgie). 

En 1855, un ami et condisciple de Chopin publia, avec l'auto- 
risation de la famille du défunt, une série de morceaux inédits, 
sous le titre d' 'Œuvres posthumes. Dans un avant-propos, M. Fon- 
tana explique les motifs qui le déterminèrent à se charger de cette 
publication, laquelle renferme en tout huit morceaux de piano. 
M. Fontana nous promet de plus seize mélodies sur paroles polo- 
naises, qui formeront la deuxième livraison. 

Frédéric Chopin avait le projet aussi de publier une méthode de 
piano ; mais sa mort prématurée ne lui a point permis de s'en 
occuper. Il eut beaucoup d'élèves, et plusieurs disciples remar- 
quables; mais aucun n'a pu saisir la manière de jouer de Chopin, 
qui était toute poétique et inimitable. Une femme du grand monde, 



122 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

élève de Chopin, la princesse Marcelline Czartoryska, qui possède 
une belle exécution, semble avoir hérité des procédés de Chopin, 
surtout dans le phrasé et l'accentuation ; la princesse Czartoryska 
exécuta dernièrement à Paris, avec beaucoup de succès, le 
magnifique concerto en fa mineur, dans, un concert au profit des 
pauvres. 

CHRISTOPHE ( ) , luthiste au xvi e siècle. Son nom 

se trouve sur le registre de Cracovie comme Lautenschlager, 1514 
(Starego krakowa zabytki, par Ambroise Grabowski, p. 170.) 

CHRISTOPHORE (Saint-Christophe) , est l'objet d'un chant 
très-ancien en langue polonaise, dans lequel le poète raconte 
l'histoire merveilleuse de ce saint en très-beaux vers. Imprimé à 
Cracovie chez Szarfenberger , in-8°, sans nom d'auteur, ce chant 
est orné d'une vignette représentant saint Christophe au moment 
où il traverse une rivière , portant l'Enfant Jésus sur ses épaules. 
Devant lui on voit un ermite en capuchon , tenant un flambeau 
dans sa main gauche. Ce chant, très-estimé à cause de son ancien- 
neté, est de l'époque des rois Piast. 

CHRYSZTOPORSKI (Nicolas), poète religieux, auteur d'un 
ouvrage sur la destruction de Ninive, avec deux chants, dont un 
d'André Tricesii, paroles et musique. Ce poète vivait au xvi e siècle; 
son ouvrage est intitulé ainsi : Mikolaj Chrysztoporski, Ninive miasto 
ivykonterfelhowane, 1572, u Wierzbiety (La ville de Ninive, décrite 
par Nicolas Chrysztoporski, Cracovie, chez Wierzbienta, 1572). 
Suit le Chant à la Vierge , avec musique, par André Trzycieski, 
pour dessus, contre-alto, ténor et basse. Cet ouvrage se trouve à la 
Bibliothèque polonaise, à Paris, 6, quai d'Anjou (Ile Saint-Louis). 

CHRZ0NST0WSKI (Pierre), compositeur polonais. On a de lui 
plusieurs œuvres de piano. La Gazette musicale de Leipzig , de 
1 827, rendit compte de l'œuvre 4 de cet auteur, intitulée : Varia- 
tions pour piano, sur un thème original, chez Br. et Hartel. 

CHUCHLOVIUS (Jean-Adam), prêtre évangéliste luthérien, 
soutint une discussion avec Albert Weiss (Bialecki), sur le mérite 
du Cancionale de Konigsberg en 1714. Selon Ephraim Oloff, 
Chuchlovius aurait victorieusement répondu à Bialecki, en défen- 
dant ledit recueil polonais, et aurait rendu justice à l'édition des 



DES MUSICIENS POLONAIS. 123 

Chants polonais , publiée par Groeber, dans ces mêmes lettres. 
J.-A. Chuchlobius in refutazione epistolœ Weissiamv. 

CHWALIBOG (J.-K.), compositeur fécond polonais, a écrit 
beaucoup pour l'Église. Ses messes et ses morceaux religieux sont 
chantés dans les différentes églises de Warsovie. Dès 1844, plu- 
sieurs motets furent exécutés à l'église des Carmes déchaussés 
par les amateurs et artistes de la capitale. L'hymne si populaire : 
Boze w dobroci nigdy nieprzebranej , a été mise en musique par 
M. Chwalibog, et chantée dans la même église, ainsi qu'une messe 
à trois voix du même compositeur. Dans la messe portant le 
numéro 2, il y a un solo d'alto qui fut très-bien interprété chez les 
Carmes, le dimanche de l'A vent de 1844, suivi d'un Agnus Dei et 
d'un Offertoire pour ténor solo. Un nouveau Credo, pour voix, 
y a été exécuté dans la même année. Jésus mourant , morceau à 
cinq voix, fut chanté sous la direction de l'auteur le Samedi-Saint. 
En 1848, on chanta la messe numéro 3 et une Kolenda (Noël) 
avec un chœur d'anges, chez les P. Franciscains. M. Chwalibog 
est auteur d'un oratorio intitulé le Sacrifice d' Abraham , en deux 
parties, paroles de Rostkowski, exécuté chez les PP. Franciscains 
en 1848, où Ton a chanté aussi sa messe numéro 4. Une nouvelle 
messe en si bémol vient d'être composée par cet auteur et exécutée 
chez les Bernardins, en 1855. Une Kolenda d'un effet lointain, 
obtenu par un accompagnement de flûte et de guitare, sur un air 
polonais très-ancien : W zlobie lezy , est chantée dans les églises 
de Warsovie vers les fêtes de Noël, sous la direction de l'auteur. 
On cite encore un trio pour deux ténors et basse, Y Ange gardien, 
M. Chwalibog a écrit environ douze messes. Sa dernière est une 
messe pastorale à cinq voix, dont on dit beaucoup de bien. Elle a 
été chantée le jour de la Nativité de Notre-Seigneur de l'année 
dernière chez les Augustins. Plusieurs compositions de M. Chwa- 
libog ont été publiées par les éditeurs de Warsovie. 

CIAMPI (Sébastien). Ce savant professeur, après un long sé- 
jour en Pologne, a publié un ouvrage intitulé : Bibliografia critica. 
Livre d'un haut intérêt artistique et littéraire, dans lequel l'au- 
teur donne des renseignements précieux sur la musique polonaise. 
De plus, dans une notice dédiée aux artistes de Warsovie, il donne 



124 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

la liste des musiciens italiens qui sont venus en Pologne et qui y 
ont écrit des ouvrages. Ce petit opuscule est intitulé ainsi : 
Notizie sugV Italiani in Polonia, e su i Polacchi in Italia di Medici, 
maestri di musica e cantori, pittori, architetti, scultori et altri 

artisti racolte da Sebastiano Ciampi, prof essore di filologia 

nella B. Unive.rsita di Warsovio. Lucca, 4830. L'auteur a placé 
en tête une dédicace adressée : « Ai signori Direttori e professori 
» del Conservatorio di musica délia citta di Warsovia (1). 

« Gradite, Signori, l'offerta mia délie notizie di quelli Italiani 
» che nel corso di più secoli furono dai sovrani e dai popoli 
» délia Polonia protetti ed applauditi nello scrivere e nel modulare 
» colla voce armoniosi concenti, e che fecero, diro cosi, da pre- 
» cursori délie vostre sollecitudini e cure che da tanto buon suc- 
» cesso vengono coronate. Accogliate adunque con benevolenza 
» questa dimostrazione délia mia buona volontà ne cooperare alla 
» storia délia scienza dell'arte armonica in Polonia , mentre mi 
» protesto con tutta la débita stima délie Signorie Vostre. » 
Firenze, 10 aprile 1829. 

Cette dédicace est précédée du titre suivant : Notizie di Ales- 
sandro Cilli da Pistoïa scrittore di storia, e musico tonore nella 
capella di cor te del re di Polonia, Sigismondo III , di Fabrizio 
Tiranni e d'Asprillo Pacelli addetti alla Stessa R. Capella, con la 
giunta dé nomi di vari cantori , cantatrici, maestri di musica, suo- 
natori d'istromenti etc. Italiani impiegati al servizio délia real 
corte o del teàtro publico, o de' particolari in Polonia. 

Voici maintenant les principaux noms : 



Alessandro Cilli da Pistoïa, can- 
tore nella capella del re di Polo- 
nia Sig. III, e scrit. d'una storia 
délie solevationi di quel regno e 
de fati di Moscovia negli anni 
1606, 1607, 1608. 

Fabrizio Tiranni , contemporain 
d'Alexandre Cilli (1614) , faisait 
partie de la chapelle de Sigis- 
mond III. 



Asprillo Pacelli, maître de cha- 
pelle de Sigismond III, mourut 
en Pologne en 1623. 

Ludovico Fantoni, musicien de la 
cour de Wladislas IV , roi de Po- 
logne. 

Jacopo Jacopetti, di Pistoia ; Giu- 
seppe Luparini, di Firenze, deux 
musici amenés en Pologne par le 
cardinal Radzieïowski , en 1690. 



(1) Sébastien Ciampi fut professeur à l'université de Warsovie et chanoine 
du diocèse de Sandomir. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



12o 



Axtonia m. laurenti, virtuose du 
roi de Pologne. 

Faustina Bordogm Hasse (esimia 
e gran maestro, cli canto soprano':, 
célèbre cantatrice, épouse d'Adol- 
phe Hasse , maître de chapelle de 
Fr.-Auguste II , roi de Pologne. 

Francesca Nannini, dite la Polo- 
naise. 

Girolamo Santapaulina, ténor de 
la chambre du roi de Pologne 
Auguste II. 

Livia Constantina, virtuose du roi 
de Pologne. 

Albertim , maître de chapelle du 
roi Stanislas Ponialowski. 

Babbini (Pierre) , Bagliom (An- 
toine), chanteurs. 

Banti (Regina ciel canlo) , Bona- 
fim (Catherine) , cantatrices de 
l'Opéra italien, à Warsovie, a la 
fin du siècle dernier. 

Borgondio (Gentil) , cantatrice. 

Braghetti (Prosper), ténor. 

Brocchi (Jean -Baptiste), célèbre 
Buffo caritato à la fin du xvm e 
siècle (Voyez l'Histoire du Théâtre 
polonais, par Boguslawski.) 

Bruni. 

Castigliom. 

COMPAGNARRI (Joseph). 

Catalani (Angélique). 

DONATI. 

De Santis (Louis), napolitain, maî- 
tre de musique à Warsovie. 
Ghinassi, compositeur romain. 
Giletti. 



GlORGINT. 

Lazerini. 

Lenzi, professeur de violon au lycée 

de Krzemieniez, en Wolhynie. 
Lodi , professeur de piano. 
Lolli , violoniste. 
Luini. 

Marchesini. 

Morigi (Marguerite), cantatrice. 
Oldrim. 
Olivieri. 
Orsim. 
Paesiello , célèbre compositeur, a 

composé deux opéras et un grand 

oratorio en Pologne. 
Perom, cantatrice. 
Peroni, chanteur. 
Persechim, maître de musique. 
Pettinetti , maître de danse. 
Poledri, violoniste. 
Pozzi (Anne), cantatrice, morte 

très-jeune à Varsovie. 
Pozzi (François). 
Prosperi Crespi (Louise), prima 

dona. 
Ricci. 
Sartorini. 

SlBONl. 

Soliva (Charles) , compositeur et 
professeur de chant à Warsovie 
(Voyez ce nom). 

Stabingher , compositeur. 

Tarquinio, compositeur. 

Tibaldi. 

Todi , cantatrice. 

TONIOLI. 



Cette affluence d'artistes italiens en Pologne prouve combien 
les arts et la musique y étaient encouragés , sans compter les 
Allemands, dont le nombre était considérable. Quant aux artistes 
français, ils furent de tout temps très-bien reçus en Pologne, et 
toutes les portes leur étaient ouvertes, à cause de leurs talents et 
de leurs bonnes manières. 

GIEGHANOWSKI (Adam) composa des airs de danse pour le 
carnaval de 1835, à Warsovie. 



126 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

GICHOÇKI (Comte Joseph), amateur distingué de musique à 
Warsovie, mort en 1849. Il parvint à former un chœur d'amateurs 
pour l'exécution des compositions de grands maîtres. Cette réu- 
nion fut dirigée par M. Zandman {voyez ce nom) ; mais, après 
quelques séances, elle cessa d'exister faute de zèle, bien que les 
recettes fussent destinées aux pauvres. D'après la Gazette musi- 
cale de Leipzig de 1 836 , le comte Cichoçki ne s'en découragea 
pas; il organisa un bon quatuor à la Ressource, dans lequel Bie- 
lawski tint le premier violon et se fit applaudir. Nous devons aussi 
à ce digne protecteur de l'art musical la publication des Psaumes 
de Nicolas Gomolka et de l'abbé Gorczycki, compositeurs polonais 
des xvi a et xvn e siècles. {Voyez ces noms). Il arrangea aussi le 
quintette d'Onslow, opéra 24, pour flûte, violon, alto, violoncelle 
et basse , dont la Gazette musicale de Leipzig rendit compte avec 
éloge en 1833. Nous avons sous nos yeux deux livraisons des 
Chants d'église d' anciens compositeurs polonais. Warsovie , 1838, 
chez S. Sennevald ; à Leipzig , chez F. Hoffmeister , avec 
préface et éclaircissements en français et en polonais, dans les- 
quels M. Cichoçki fait connaître les motifs qui le décidèrent à 
publier ces précieux restes de nos plus anciens auteurs. « C'est à 
» l'exemple, dit-il, de S. Freyhorne , de Tucher, de T. Rochlitz, 
» qui firent paraître des recueils de musique ancienne , que j'ai 
» résolu de publier quelques cahiers, que je suis parvenu à décou- 
» vrir. » Cette intéressante publication n'eut point de suite. 

CILLI (Alexandre) de Pistoïa , prêtre d'une famille noble , 
vint en Pologne vers 1594, selon S. Ciampi, fut au service de Si- 
gismond III, roi de Pologne, comme ténor de la chapelle royale. 
Il a écrit l'histoire (délie Sollevazione di Polonia) (1), accompagna 
Sigismond III à l'expédition de Smolensk, et assista à la reprise de 
cette ville par l'armée polonaise. S. Ciampi , qui donne une bio- 
graphie complète de Cilli, ne parle pas de ses travaux en musique, 
mais il ajoute que Cilli resta près de trente-trois ans en Pologne. 
« Dalle lettere di lui ricavasi che fù prête. Imparô la musica, e 

(1) Historié délie Sollevazioni notabili seguite in Polonia gli anni del 
Signore 1606, 1607, 1608, e l'Historié di Moscovia délie azioni heroiche e 
memorabili imprese dell' Invitissimo Sigismmido III, re di Polonia. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 127 

» probabilmente era impiegato nella capella di musica délia 
» Chiesa cattedrale, délia patria sua, corne l'uso che vi cantino da 
» tenore, e da basso aleuni ecclesiastici. Puô credersi che il suo 
» merito in quelle professione fosse non comune da essere perciô 
» stato mandato in Polonia, al servizio délia capella reale. » (Voy. 
S. Ciampi, notizie di Alessandro CHU da Pistoïa , scrittore di 
storia , e musico tenore nella capella di corte del re de Polonia Si- 
gismundo III, di Fabrizio tiranni, e d'Asprillo Pacelli, adetti alla 
stessa R. Capella. Con la giunta de nomi di vari cantori , canta- 
trici , maestri di musica , suonatori d'istrumenti ecc. Italiani impie- 
gati al servizio dalla real corte, o del teatro publico, o de partico- 
lari in Polonia. Raccolte da Sebastiano Ciampi. Lucca, dalla tip. 
di J. Balatresi 1830.) 

Dans cette notice, le savant professeur a recueilli les noms 
d'anciens maîtres italiens depuis le xvi e siècle jusqu'à nos jours. 
Cette liste contient cinquante-huit noms, dont plusieurs d'une 
grande célébrité ; elle est dédiée aux artistes polonais : Ai signori 
Direttori e professori del Conservatorio di musica délia citta di 
Warsovia. Firenze, 10 aprile 1829. C'est un bon exemple à suivre 
pour MM. les littérateurs polonais, qui, dans leurs recherches, ne 
donnent presque pas de renseignements sur les musiciens polo- 
nais, et très-peu sur la Bibliographie musicale, science peu répan- 
due en Pologne. 

CLABON (Christophe). Voyez Klabon. 

CLABON (Eruditus), cité par Ambr. Grabowski comme mu- 
sicien du roi de Pologne et maître des chœurs : Regiomontanus 
S. R. Maj. chori musices Prœfectus (1604). 

CLAUS (Nicolas), fistulator regius, mort à Cracovie en 1538. 
(Skarbniczka archeologyi Polskiey, par Ambr. Grabowski.) 

COLETUS (Michel), né à Lembergen Silésie (Lembergensius 
Silesius), selon la chronique de Henri Zerneke; fut professeur 
au Gymnase de Thorn en 1570, et dirigea la musique de cet éta- 
blissement (Voyez Zamelianum de scholis Pruss. , où on lit à la 
page 70 ces lignes : Is novi oppidi Thoruniensis guondam chori 
musici moderator fuit, deinde in ipso Lyceo Collega munus obiit ad 
an. 1570. L'auteur de l'ouvrage sur les musiciens de Silésie, 



128 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

C.-J.-Ad. Hoffmann (Die Tonkùnstler Schlesiens) , parle d'un Mi- 
chel Colet, docteur, né à Lowenburg en 1545, nommé cantor à 
Thorn en 1567, et ensuite senior à Dantzik, où il serait mort 
en 1616, qui ne peut être le nôtre, lequel est mort en 1570, selon 
le témoignage de Zamelian, ci-dessus. 

CONSTANCE D'AUTRICHE, reine de Pologne , épouse de Si- 
gismond III, roi de Pologne, composa, vers la fin du xvi e siècle, 
un Alléluia pour voix solo, qui fut mis en harmonie par A. Pa- 
celli, célèbre compositeur et maître de chapelle au service du roi 
de Pologne (voyez ce nom). (Lud. Polski , tome III, page 227.) 

CONSTANTINI (Livia), cantatrice italienne surnommée la Po- 
lacchina, avait le titre de virtuose du roi de Pologne, probable- 
ment de Frédéric- Auguste III, qui encourageait beaucoup les arts. 
(Voyez Seb. Giampi, Bibliografia critica.) 

COPULA (J.-B.), basse-taille attaché à la cathédrale de Saint- 
Jean de Warsovie sous le règne de Wladislas IV , possédait une 
voix très-étendue; il avait plus de deux octaves. (Description de 
Warsovie, par Adam Jarzemski, en 1643.) 

CORMIER (Cyprien), violoniste au service du prince Sapieha, 
séjourna à Dantzik vers 1771, où il fit entendre sur le violon plu- 
sieurs de ses compositions. (Danziger Anzeigen de 1771.) 

CRESCINI (M me ), cantatrice d'origine polonaise, nièce du 
major Turski, de Posen, chantait et prononçait l'italien avec 
beaucoup d'âme, ayant été élevée à Venise. Possesseur d'une ga- 
lerie de tableaux, elle visita Paris, Londres, Berlin, et vint à 
Posen vers 1838, où elle se fit entendre dans les salons particu- 
liers. Elle mourut quelque temps après, et fut vivement regrettée 
par les admirateurs de son talent expressif et passionné. Un jour- 
nal hebdomadaire de Posen, Tygodnik literaçki, consacra plu- 
sieurs articles à la mémoire de M me Crescini , qui savait mettre en 
relief les véritables beautés du chant italien , rehaussé par l'har- 
monie de la langue et une belle voix. 

CRETIUS ( Jean-Godefr.), prédicateur à Miendzyborz, en Si- 

lésie; publia en 1725 un livre des cantiques polonais à Brieg, 

sous ce titre : Kancional koscielny Miedzyburski (Livre des chants 

acres de Miezzyborz), dans lequel on trouve plusieurs chants de 



DES MUSICIENS POLONAIS. 129 

Samuel Cretius, son père, traduits de l'allemand et mis en mu- 
sique (Brieg, chez Godefr. Tremp, 1725, in-12). Jean Crétins 
faisait chanter en polonais les habitants de Miendzyborz, qui sont 
Polonais d'origine. Quant à Samuel Crétins, il publia son recueil 
en 1686, dans lequel on trouve des chants spécialement arrangés 
pour la commune de Miendzyborz. Il existe plusieurs éditions de 
ce livre. 

CYRILLE (Saint) doit avoir sa place dans ce livre, comme 
étant le premier qui ait fait chanter les Slaves dans leur langue 
maternelle (Voyez yEneas Sylvius in Hist. Bohem, c. xm). Né à 
Thessalonique en 813, il reçut, avec son frère saint Methodius, 
une éducation très-soignée de leur père Léo. Saint Cyrille, appelé 
Constantino Philosopho, traduisit la Bible , le Psautier, et composa 
beaucoup de chants en langue slavonne. Il en fut félicité par le 
pape Jean VIII , qui le loua d'avoir fait connaître l'Écriture sainte 
à ces peuples (Voyez Joh. Léonh. Frisch in Origin. charact. Slavon. 
vulgo dicti Cyrulici). Balbinus croit que saint Cyrille fut bénédic- 
tin. Selon d'autres historiens, il fut créé évêque vers 867, par le 
pape Adrien. Il embrassa la vie monastique. Il vint avant 880, 
avec Methodius, en Bulgarie, traversa la Hongrie, la Pologne et 
la Bohême, prêcha la religion chrétienne parmi les Slaves, qui gar- 
dèrent longtemps le souvenir des travaux de ces deux apôtres, 
que l'Église admit depuis parmi ses saints. La langue slavonne, 
mère des langues bohème, venède et polonaise, se perdit en Po- 
logne vers le x\T siècle. Le savant Lelewel croit qu'elle a survécu 
en Russie dans le dialecte dit cerkiewny. Selon le Dictionnaire his- 
torique de M. A. Chaudon et F. A. Delandine (Paris, 1804) , Cy- 
rille, philosophe grec , passe pour l'inventeur des caractères sla- 
vons, formé des lettres majuscules de l'alphabet grec. Cette ma- 
nière d'écrire s'appela longtemps cyroulle, et s'est conservée dans 
les livres de l'Église russe. Par une lettre datée du 8 juin 880, le 
pape Jean VIII permit de se servir de cette langue dans l'Office 
divin , à condition cependant qu'on aurait soin de lire avant , 
l'Évangile, en latin. On se sert encore, en Dalmatie , de la tra- 
duction de saint Cyrille. 

GZABON (Elisabeth), cantatrice distinguée, faisait partie de 

9 



130 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

TOpéra de Dresde. Après un séjour à Kalisz, cette artiste vint 
en 1848 à Warsovie, où elle fut applaudie au concert de la Res- 
source, avec un jeune amateur de ses élèves. M mo Czabon est con- 
nue à Dresde sous le nom de Pohl-Beisteiner . (Courrier de Warso- 
vie. ) Pendant son séjour à Ploçk, en 1850, cette cantatrice orga- 
nisa des morceaux religieux qui furent chantés par ses élèves 
pendant la semaine sainte, dans la cathédrale de cette ville. 

CZAPEK (J.), pianiste polonais, publia une mazurek composée 
pour le bal qui fut donné à Kutno au profit des pauvres. Cette 
mazurek parut chez Senne wald en 1 842 . M . J . Czapek donna ensuite 
un concert dans la ville de Kutno, dans lequel il a fait entendre 
des morceaux de Liszt et de Thalberg , ainsi que plusieurs de ses 
propres compositions. (Courrier de Warsovie.) 

CZAPIEWSKI, chef de musique dans le premier régiment 
du général Szembek, parvint à faire jouer son orchestre avec 
beaucoup de justesse et d'ensemble; il arrangeait lui-même ses 
morceaux , et sa musique était une des meilleures de Warsovie 
avant 1830. Retiré en Russie depuis cette époque, M. Czapiewski 
tient la première place parmi les chefs de musique des régiments 
russes. MM. les feuilletonistes de Pétersbourg font un grand éloge 
de son habileté comme directeur des musiques militaires pour les- 
quelles il a écrit de fort belles marches. (Tygodnik Petersburgski.) 

CZAPIEWSKA (M Ue ), élève de chant de l'école de Warsovie, 
commença sa carrière vers 1825. ( Gazette musicale de Leipzig .) 

CZARTORYSKI (Prince Adam-Casimir), staroste-général des 
terres de Podolie, grand protecteur des sciences et arts, auteur de 
plusieurs pièces de théâtre représentées à Warsovie avec succès, 
composa un petit dictionnaire de noms d'anciens instruments 
polonais, et qu'on inséra dans une revue littéraire paraissant 
à Léopol intitulée : Czasopismo n° 1, en 1828. Ce prince rendit 
un véritable service aux amateurs et aux artistes , en donnant les 
noms des vieux instruments peu connus de nos jours, accompa- 
gnés d'explications claires et précises sur leur forme , leur sono- 
rité, leur emploi dans les orchestres et sur la manière de les 
jouer, depuis l'orgue jusqu'au fifre , depuis la guindsba jusqu'au 
benbenek (tambourin); en tout quarante-cinq instruments, dont 



DES MUSICIENS POLONAIS. 131 

treize pinces, sept à cordes, et environ vingt-cinq à vent, y compris 
la kobza, le plus ancien instrument dans le genre du biniou breton. 
On voit par là combien l'illustre famille des princes Czartoryski a 
de titres divers à la reconnaissance de la Pologne; son nom se 
trouve mêlé aux arts, aux sciences de cette nation , ainsi qu'à 
toutes les fondations de bienfaisance et à toutes les idées utiles et 
généreuses dont elle peut être l'objet. 

CZARTORYSKA (Princesse Isabelle), née comtesse Fleming, 
protégeait beaucoup les arts, les sciences et la littérature. Elle 
avait du goût pour la musique et possédait une jolie voix. Elle fit 
venir un très-bon organiste, qu'elle établit à Wlostowicé, paroisse 
de la magnifique résidence de Pulawy, appartenant à l'illustre 
famille des princes Czartoryski. Par les soins de la princesse, le 
chant religieux s'améliora en peu de temps ; on avait formé un 
chœur complet composé des villageois. Ce chœur chantait tous 
les dimanches pendant le service divin. La princesse venait sou- 
vent entendre la messe à la paroisse du village et encourageait 
par sa présence le chant de ses campagnards. 

Le savant L. Golembiowski raconte qu'un jour la princesse, 
s'étant recueillie après la messe dans l'église de Wlostowicé , fut 
frappée tout à coup par deux voix harmonieuses qui se firent 
entendre dans une hymne d'une manière parfaite. Ravie et tou- 
chée par cette musique céleste, la princesse apprit que c'étaient 
deux jeunes filles de Bohême qui parcouraient le pays en chantant 
dans les maisons pour gagner leur vie; comme elles possédaient 
de jolies voix, elles sollicitèrent du curé la permission de se faire 
entendre à l'issue de la messe pour remercier Dieu dans son sanc- 
tuaire de l'hospitalité qu'elles recevaient en Pologne. Très-satis- 
faite de cette découverte, la princesse fit venir les deux chan- 
teuses au château de Pulawy, les récompensa et les fit chanter 
souvent avec les choristes du bourg. Depuis cette apparition musi- 
cale à l'église de Wlostowicé, le chant religieux gagna encore en 
précision et en ensemble. Les deux jeunes Bohèmes avaient des 
voix justes et expressives qui s'accordaient bien et produisaient 
une douce impression. Pulawy avait aussi son école de musique; 
M. Lessel père 'Voyez ce nom; y fut professeur. 



132 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Quant au jardin de Pulawy, il fut chanté par Delille dans son 
-poème des Jardins. A cette occasion, la princesse Czartoryska lui 
adressa une lettre pour lui demander une inscription pour un monu- 
ment élevé à tous les auteurs « qui ont si souvent (dit-elle) rempli 
nos jours d'instruction , d'attendrissement et d'agrément. » Dans 
la réponse de Delille , publiée dans les notes de Y Homme des 
champs , on remarque les passages suivants : « J'ai cherché les 
» Athéniens dans Athènes, je ne les y ai point trouvés, et j'ai ap- 
» pris par votre lettre, pleine d'esprit et de grâces, qu'ils étaient 
» réfugiés parmi les Sarmates. En la lisant, je l'ai crue écrite par 
» des particuliers aimables et instruits, à qui un goût naturel et la 
» médiocrité de leur état rendaient agréable le séjour de la cam- 
» pagne; je l'ai trouvée signée par tout ce que l'Europe a de 
» plus distingué par la naissance, la valeur, l'esprit et les grâces. 
» J'en ai été plus flatté que surpris; votre nom et votre rang, Ma- 
» dame, vous condamnent à n'avoir point de goûts obscurs; je les 
» connaissais depuis longtemps pour tout ce qui est simple et beau. 
» Ce Virgile, à qui vous destinez dans votre hameau une place 
» qui ajoutera encore à sa gloire, semble avoir dit pour vous : 

Habitant di quoque silvas. 
Les dieux ont quelquefois habité les forêts. 

. . . » Votre société, unie par les liens du sang, par l'amour 
» des arts, surtout par l'amitié, est la plus aimable confédération 
» qu'ait vue la Pologne. Cette liberté , que les héros de votre 
» patrie et de votre maison ont cherchée si courageusement le 
» sabre à la main , vous l'avez trouvée sans frais et sans dangers 
» dans la solitude et dans la paix des champs. 

» Vous me parlez, Madame , de vos souvenirs ; 

» d'autres, à votre place, se rappelleraient l'antiquité d'une no- 
» blesse illustre et l'honneur d'appartenir au sang des rois. Vos 
» souvenirs, au lieu d'être ceux de la vanité, sont ceux de l'amitié 
» et de la reconnaissance ; celle que vous témoignez pour les 
» auteurs fameux, dont la lecture charme votre retraite, est bien 
» juste et digne de vous 



DES MUSICIENS POLONAIS. 133 

» A l'égard de l'inscription que vous me faites l'honneur de me 
» demander..., je crois qu'il suffira de graver sur la pyramide : 

« LES DIEUX DES CHAMPS AUX DIEUX DES ARTS. » 

GZEGHOWICZ (Antoni), officier polonais, né en Lithuanie, 
travailla d'abord la gravure sur bois , ensuite il est entré chez 
Pape, l'habile facteur de pianos, chez lequel il s'appliqua à 
l'acoustique et à l'accord d'instruments. M. Czechowicz ne tarda 
pas à devenir un des meilleurs accordeurs de pianos de Paris. 

CZECHOWICZ ( ) , musicien à Warsovie, a écrit 

des mazureks à grand orchestre , qui sont exécutées avec succès 
par la musique de Kuhn et Lawandowski. {Courrier de War- 
sovie.) 

CZEMIORKA , célèbre joueur de trombe au service de Sigis- 
mond-Auguste, roi de Pologne en 1546. {Voyez les comptes de la 
cour de ce prince, dans le manuscrit de Dzialynski.) 

CZENSTOCHOWSKA ; la Vierge de Cze>stochowa , Matka 
Boska Czenstochowska, célèbre par ses miracles et le couvent de 
ce nom situé sur la Jasna-Gora (Clari-Montis), avait de tout temps 
une bonne musique d'église. Le couvent, desservi par l'ordre de 
saint Paul l'ermite, richement doté par les rois et les grands de 
Pologne, entouré de fortifications, attirait chaque année un grand 
nombre de pèlerins de toutes les parties de la Pologne, ainsi que 
delà Bohême , de la Moravie , de la Silésie et de la Hongrie. 
L'image miraculeuse de la sainte Vierge était depuis plusieurs 
siècles, sur la sainte montagne , l'objet d'un culte spécial des 
populations slaves. Les religieux avaient organisé plusieurs con- 
fréries qui furent chargées d'assister aux processions et aux 
grandes fêtes de la Vierge. On recevait les pèlerins en chantant 
des litanies, et on avait des chants particuliers en l'honneur de la 
sainte Vierge, et surtout un gloriosa Domina composé dans le 
couvent même , qui avait acquis une certaine célébrité. Les 
chantres étaient dirigés par un cantor ; ils étaient placés devant la 
grille, où ils chantaient YOfficium de Beata. Lorsqu'en 1642 Wla- 
dislas IV, roi de Pologne, vint pour visiter le couvent de Jasna- 
Gora, il fut reçu processionnellement, et le supérieur entonna un 



131 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Te Deum à l'entrée de l'église ; puis les musiciens du couvent exécu- 
tèrent l'air Vivat rex Wladislaus composé par le maître de chapelle 
du roi. Pendant la communion , les musiciens du roi chantèrent les 
litanies à la sainte Vierge, et, lorsque le roi et la reine revinrent à 
vêpres, les Pères firent entendre l'hymne «0 gloriosa Mater,» et, 
chaque fois que les religieux chantaient des litanies, le roi et le 
prince royal Casimir faisaient leur partie dans le chœur. Le vicaire 
provincial Zaïoada avait la direction de la musique d'église; un 
chœur nombreux, composé de moines et de novices, ajoutait encore 
aux solennités religieuses, déjà imposantes par le nombre et la fer- 
veur des fidèles. Le roi de Pologne, Wladislas IV, visita plusieurs 
fois le couvent de Czenstochowa, et c'est sous son règne que la 
ville fut entourée de murs. Elle devint plus tard une place forte, 
et soutint plusieurs sièges. La maréchale de Guébriant, qui accom- 
pagna la reine Marie-Louise de Gonzague , visita le couvent de 
Czenstochowa, et fut très-édifiée de la sainteté du lieu : « Le plus 
» célèbre pèlerinage du royaume , dit-elle, et l'un des lieux plus 
» saints et plus miraculeux du monde, où viennent même comme 
» par armée sous l'étendard delà croix, tous les peuples catholiques 
» de Silésie, Moravie, Bohême et Hongrie (1). » 

Il y avait à Czenstochowa une archiconfrérie composée de grands 
personnages du pays et de l'étranger; on montrait aux curieux le 
livre qui contenait les noms de tous les membres, à partir du com- 
mencement du xvn e siècle, sous le titre : Liber confraternitatis 
S. Angeli Custodis propter nobiiiores personas, anno 1625. Rien de 
plus intéressant que le trésor du couvent, où l'on voyait les dons 
et les ex-voto entassés depuis des siècles. La bibliothèque renferme 
beaucoup d'ouvrages religieux, historiques et philosophiques. On 
montre sur une table le manuscrit de la Bible en latin in-folio ma- 
jori du xve siècle. Chaque science a son catalogue ; il serait à 
désirer que la bibliothèque musicale eût le sien, qui donnerait une 
idée exacte du rituel de la communauté, dont les chants spéciaux 



(1) Relation du voyage de la reine de Pologne et du retour de M me la 
maréchale de Guébriant, ambassadrice extraordinaire , par Jean le Labou- 
reur, 1647. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



135 



en l'honneur delà sainte Vierge ont une certaine célébrité. Quand 
les rois de Pologne venaient pour visiter le couvent, on les rece- 
vait avec le chant du Te Deum, au bruit du canon et des cloches. 
Le successeur de Wladislas IV, Jean-Casimir, son frère, fut reçu 
en grande pompe, et Ton chanta l'air de Vivat rex Casimirus, après 
lequel les religieux exécutèrent un vieux cantique polonais : « 
gospodze uwielbiona » ( gloriosa Domina ) . 



O Gos- po- dze u- wiel- bio- na Nad nie- bio- sa 

•P" +- +■ +■ +■ 1*1 1 

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mie- kie- mes go swem kar- mi- la. 

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S^ 



Le même roi institua une dotation à perpétuité pour faire chan- 
ter l'antienne Salve Regina devant l'image miraculeuse de la sainte 
Vierge; plus tard, ce roi plaça sous la protection de la Mère de 
Dieu toute la nation et sa personne royale. Pendant l'invasion des 
Suédois, Czenstochowa soutint un siège en règle et fut sauvée mi- 



136 PlCTlONNAtRE BIOGRAPHIQUE 

raculeusement. Malgré le bombardement de l'ennemi, la musique 
jouait à la tour principale de la ville, et les chants ne cessèrent pas. 
Dans les grandes circonstances, l'orchestre de l'évêque de Cracovie 
venait y jouer, et pendant les cérémonies du mariage du roi Mi- 
chel Korybut Wisniowieçki avec l'archiduchesse Léonore, l'im- 
pératrice mère fit venir à Czenstochowa l'orchestre de la cour de 
Vienne, qui joua à l'église pendant la messe de mariage. Le roi 
de Pologne récompensa le maître de chapelle par une magnifique 
médaille d'or de la valeur de cent ducats ( 2,000 florins de Po- 
logne), et les six autres musiciens reçurent chacun une médaille de 
cinquante ducats. 

Le roi Jean Sobieski visita aussi le couvent de Jasna-Gora. Ce 
guerrier illustre avait un culte spécial pour la Boga-Rodziça (Mère 
de Dieu) de Czenstochowa; à son arrivée en 1676, il fut reçu 
avec un Te Beum solennel, et les religieux chantèrent l'air de Vivat 
Joannes. Le grand roi fit une fondation d'après laquelle on devait 
chanter dans la chapelle de la Vierge des litanies en polo- 
nais. De son côté, la reine Marie-Casimire offrit 12,000 fl. aux reli- 
gieux pour la fondation d'un hôpital et pour huit lits de pauvres 
entretenus aux frais de la reine. 

Enfin, pendant les cérémoniesdu couronnement de l'Image mira- 
culeuse, autorisées par le bref du pape Clément XI (1617), la musi- 
que et les chants sacrés jouèrent un grand rôle. L'évêque de Posen, 
Szembek, offrit un orgue (1) magnifique qui fut placé à la tribune; 
la grande procession s'ouvrit par l'hymne de saint Ambroise, puis 
on chanta les litanies de Notre-Dame de Lorette. Les couronnes et 
les reliques furent portées avec une pompe extraordinaire, plusieurs 
discours furent prononcés, et l'on chanta l'antienne « Beatam me 
dicent omnes generationes » au bruit du canon des forts. Il y avait 
trois chœurs qui se répondaient, soutenus par la voix des assis- 
tants et du peuple. L'hymne antique, si belle par sa simplicité : O 
Gaspodzie uivielbiona, fut chantée par le clergé et les fidèles dans la 
grande'cour avant d'entrer dans l'église. Cette cérémonie se ter- 

(1) Cet instrument ne fut placé qu'en 1725 a la tribune principale; mais, 
pour la chapelle de Sainte-Marie, on lit venir de Warsovie un petit orgue de 
Kosmowski, en 1721. 



DKS MUSICIENS POLONAIS. 137 

mina par un Te Deum et par plusieurs hymnes et psaumes chantés 
après la bénédiction donnée par l'évêque de Chelm. Une salve 
d'artillerie , un arc de triomphe et l'illumination générale ajou- 
tèrent encore à la splendeur de la fête, qui attira près de deux cent 
mille personnes , parmi lesquelles on comptait cent quarante-huit 
mille trois cents communiants, et trois mille deux cent cinquante- 
deux messes furent dites pendant la durée du sacre. (Voyez Ho- 
magium augustissimœ ac invictissimœ cœli et terrœ imperatrici Po- 
loniarum régime clementissimœ inClaro-Monte Czenstockoviensi mi- 
raculis clarissimœ, a sanctissimo Domino nostro Domino Clémente XI 
Pontijice Maximo recens coronatœ, aFratribusord. S. Pauli primi 
eremitœ ejusdem Clari-Montis Czenstochoviensis, ipso inaugurationis 
solemni die, nomme universomm ordinum regni et M. D. Z. it : hu- 
militer prœstitum. Oratore Pas. Frat. Remigio Scislowski, Czensto- 
chowa, 1817, dédié à l'évêque Szembeck. On peut consulter l'ou- 
vrage de Michel Balinski, intitulé : Pielgrzymka do Jasney Gory w 
Czenstochvwie , Warsovie, 1847, chez Sennewald, libraire, rue Mio- 
dowa, et un autre ouvrage intitulé : Matka Boska ( Mère de Dieu ), 
par Hellenius, 1852. Dans la bibliothèque du couvent de Czensto- 
chowa , il existe l'histoire de l'ordre de saint Paul ermite : Frag- 
menta panis corvi proto-eremitici, seu Reliquiœ Annalium eremicœ- 
nobiticorum ordinis Fratrum, Eremitarum S . Pauli primi eremitœ . 
Viennœ Austriae, 1663. Cet ouvrage renferme l'histoire de l'ordre 
depuis sa fondation jusqu'à 1663. Outre cet ouvrage, il y a encore 
ce qu'on appelle Historiœ Domus. Les religieux obtinrent le privi- 
lège d'avoir une imprimerie dans le couvent, sous le règne d'Au- 
guste II , en 1706. Plusieurs d'entre eux furent chargés d'écrire 
leur histoire jour par jour, et l'on a publié plusieurs volumes sous 
le titre : Acta seu continuatio eorum ab anno D. 1641 , sub tempus 
regiminis ad R. Pris, provincialis Fr. Andr. Goldonoivski, et ejus 
major is collegœ Fr. Ad. Zawada secret arii provinciœ, script or is 
eorum. Selon la tradition, le tableau représentant la Mère de Dieu 
avec l'enfant Jésus fut peint à Jérusalem par saint Luc l'Évangé- 
liste, sur la planche d'une table de bois de cyprès, sur laquelle la 
sainte Vierge avait coutume de prier lorsqu'elle habita la maison 
de saint Jean à Jérusalem. Sauvé par Titus pendant la destruction 



138 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

de cette ville, ce tableau fut transporté à Constantinople par ordre 
de l'impératrice Hélène, en 320; plus tard, l'empereur Nicéphore 
l'offrit à Charlemagne, qui le fit venir à Aix-la-Chapelle, où il 
resta jusqu'à ce qu'un certain duc slave l'obtint en récompense des 
services qu'il rendit à Charlemagne pendant son expédition contre 
les Saxons. Ce duc slave, que l'on croit être Léon, prince russien, 
plaça d'abord l'image miraculeuse à Belz, en Galicie, puis la trans- 
porta à Czenstochowa , sur la Jasna-Gora, où il établit des reli- 
gieux de l'ordre de Saint-Paul ermite pour la garder, et fonda 
l'église et le couvent en 1382, qui furent l'objet de la vénération 
de toutes les populations environnantes , et consacrés par des 
siècles de respect et d'amour. La fête de Notre-Dame-de-Czensto- 
chowa est célébrée tous les ans le 15 août. 

CZERLIÇKI ( ), pianiste, se fit entendre à Kijow en 

1818, au concert de M. Gugel, célèbre corniste. M. Czerliçki 
exécuta sur le piano un rondo de Field , avec accompagnement 
d'orchestre , et le fameux morceau, sur un thème russe à quatre 
mains, du même compositeur, avec M. Bernard. (Gazette musi- 
cale de Leipzig de 1818.) 

CZERMAK ( ), professeur de violoncelle à Warsovie, 

naquit en Bohême vers 1710, vécut très-âgé et se faisait entendre 
souvent dans la capitale de Pologne. Il avait le jeu très-chantant et 
excellait dans Y adagio. Czermak forma de bons élèves en Pologne. 
Il a écrit beaucoup pour le violoncelle ; ses œuvres sont restées 
en manuscrit; mais ses concertos furent exécutés souvent par lui 
chez le roi de Pologne, qui le garda longtemps à son service. Il 
était très-recherché par la haute noblesse de Pologne. Cet artiste 
vivait encore en 1790. (Gazette musicale de Leipzig.) 

CZERNY (Michel), pianiste compositeur, habitait l'Ukraine 
vers 1820. Son exécution brillante sur le piano lui avait valu de 
nombreux admirateurs. Il s'occupait alors d'enseignement et 
composait d'agréables morceaux pour ses élèves. Il fit entendre, 
entre autres morceaux, une fantaisie brillante pour piano, avec 
accompagnement du quatuor, sur l'air de (Byczek). 

CZETWERTYNSKA (princesse Marie), née Plater , pianiste 
amateur très-distinguée, élève de Renner, professeur de piano à 



DES MUSICIENS POLONAIS. 139 

Wilna, composa plusieurs pièces fugitives ayant le cachet de mu- 
sique nationale. Partie pour un voyage en Italie, elle mourut à 
Florence à la fleur de l'âge. Une inscription à l'église de Santa 
Maria Novella,due aux soins de M. C. Oginski et de M. Léo- 
nard Chodzko, est ainsi conçue : 

LA PRINCIPESSA MARIA CZETWERTYNSKA 

NATA COM. PLATER MORTA IN FIRENZE IL 15 GIUGNO 1825 

DI ANNI 38 

RIPOSA IN PACE. 

CZERTWERTYNSKA (princesse Janina), est une jeune can- 
tatrice amateur du plus grand mérite. Fille de la princesse Casi- 
mire Czertwertynska , la princesse Janina possède une ravissante 
voix de soprano. Elle travailla le chant sous le beau ciel d'Italie, 
où l'on sent si vivement la musique vocale. A son retour en Po- 
logne, elle se fit entendre dans plusieurs salons, et électrisa 
l'assemblée par le charme et la pureté de sa méthode. Depuis 
quelques années la princesse Janina est l'ornement des réunions 
musicales du grand monde de Warsovie ; elle interprète admira- 
blement les auteurs classiques et excelle dans la musique reli- 
gieuse ; sa voix pure , d'un timbre éclatant , produit beaucoup 
d'effet à l'église. 

CZERWONKA ( Mathias Erythraeus ) , frère Bohême, né à 
Celakowitz en 1521, fut un des collaborateurs de Pierre Artomius 
pour le premier Cancional polonais , publié à Thorn en 1578. Il 
connaissait bien la musique, et rédigea le texte de plusieurs can- 
tiques, qu'il signa du nom : Erythrœm ou Czerwonka. (Ephr. 
Oloff Polnische Lierder-geschichte). 

CZISZAK et PETERSEN, facteurs de pianos à Krzemieniec 
vers 1840, cités par leTygodnik Petersburgski de la même année. 



D 

DAMROWSKI (Samuel) (1), ou Dambrovius, prédicateur luthé- 

(1) Ou Dabrowski, né en Lithuanie, à Pogorzele, d'après Fr. Siarczynski, 
dans le Tableau du règne de Sigismond III , roi de Pologne. 



140 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

rien à Wilna, issu d'une famille noble de Kuïawy, doit être 
compté parmi les poètes religieux de la Pologne, à cause d'un 
livre de prières intitulé : Lehar stwo duszne czlowieka chrzescian' s- 
kiego, Dantzik, 161 L, in-12 (Remède spirituel pour un chrétien). 
Il est auteur d'une Pastilla polonica , qui fut imprimée en Pologne 
avec privilège du roi Jean Sobieski, précédée d'une préface 
d'Fphraïm Oloff. (Voy. Polnischelieder-Geschichté) , d'un chant 
funèbre, sous le titre de : Vanitas vanitatum , dédié à la prin- 
cesse Sophie Radziwil, Konigsberg, 1621, in-4°. Samuel Dam- 
browski est mort en 1625 à l'âge de quarante-huit ans. (Witte, 
in Diar. Biogr.) 

DAMSE (Joseph), chanteur, instrumentiste, artiste et compo- 
siteur dramatique en renom. Né dans la Russie rouge, vers la fin 
du siècle dernier, il montra , dès l'âge le plus tendre, une grande 
aptitude pour la musique. En 1815 il donna un concert sur la 
clarinette à Warsovie, obtint du succès et fut cité avec éloge 
dans la Gazette musicale de Leipzig. Il travailla en même temps le 
trombonne-basse , et jouait les rôles comiques dans les opérettes. 
Ayant composé un grand nombre de mazureks, de polonaises et 
de krakoviaks, qui furent goûtés du public polonais, Joseph 
Damse se mit à écrire pour l'orchestre et le théâtre. Il attira 
l'attention sur lui par la musique d'un ballet , reçue avec faveur. 
Ce succès l'encouragea et lui ouvrit les portes du grand théâtre 
de Warsovie, pour lequel il composa deux opéras. Dès ce mo- 
ment, Damse écrivit beaucoup de musique instrumentale : des 
chants à voix seule et à plusieurs voix, des messes et autres com- 
positions religieuses, qu'il dirigeait dans les différentes églises de 
Warsovie. Doué par la nature d'une grande facilité, cet artiste 
s'essaya dans tous les genres. Il excelle aussi dans la musique mi- 
litaire. Sa grande marche sur les airs nationaux produit beaucoup 
d'effet. Une polonaise à grand orchestre, intitulée : La soirée de 
Saint-Sylvestre , est exécutée souvent dans les entr'actes. On 
cite aussi une jolie romance de lui, insérée dans le Papillon, sur 
les paroles de Jasinski. 

En 1837, Joseph Damse écrivit une messe qui fut chantée dans 
l'église des Augustins, et composa la musique d'un opéra-co- 






DES MUSICIENS POLONAIS. 141 

médie, sous le titre de : Przykaz (Ordre). Cette pièce, montée 
avec soin et jouée par les* premiers artistes, attire toujours du 
monde. Elle fut suivie par Spis wojsk (1841) , et par la Sœur de 
lait, traduite du français par Jasinski; ensuite par Annette , des 
mêmes auteurs, et par le ballet le Diable boiteux, de F. Taglioni, 
musique de Damse. 

En 484.2, ce compositeur fit exécuter aux Augustins un offer- 
toire qui marqua un grand progrès dans sa manière. Il composa, 
en 1844, pour le grand théâtre, un opéra intitulé : Le Contre- 
bandier , qui obtint du succès. Il donna , en 1848 , une nouvelle 
messe, avec orchestre, et , quelque temps après, il écrivit une 
grande polonaise, sur l'air national des montagnards du Caucase, 
publiée pour piano chez I. Klukowski. Joseph Damse, doué 
d'une grande activité, écrit sans relâche, et ses compositions, 
d'une exécution facile, sont favorablement accueillies par le 
public de Warsovie. (Correspondance particulière et journaux 
polonais). 

DANIELEWICZ (Mademoiselle), élève, pour le chant, de 
Madame Leskiewicz, chanta avec succès à un des concerts d'ama- 
teurs, à la Ressource , vers 1845, sous la direction de M. Noch. 
{Courrier de Warsovie.) 

DANKOWSKI ( ), musicien de la Grande-Pologne, cité 

dans la Gazette de Posen, dans un article signé : « Max. Braun. » 
D'après les renseignements envoyés de Krzemieniec , une messe 
de Dankowski était chantée tous les dimanches à l'église de cette 
ville par les élèves et les professeurs du Lycée, de 1815 à 1825. 
Un certain Stefanski figura comme basse-taille dans cette messe. 

DANYECK (Famatus Mathias), artium liberalium magister, 
reçu bourgeois de la ville de Cracovie , vers 1 553, sur la recom- 
mandation du roi de Pologne, ayant été musicien de la cour. 
(Skarbniczka naszej Archeologji, pag. 98, édition de Leipzig), par 
J. N. Bobrowicz, dont l'auteur est Ambr. Grabowski. 

DASZKIEWICZ (Mademoiselle), cantatrice du théâtre des Va- 
riétés, à Warsovie, obtint du succès dans plusieurs rôles d'opérettes, 
notamment dans l'opéra-comédie intitulé : Przykaz, musique de 
Damse. Elle fut rappelée, après la représentation, avec Mme Kur- 



142 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

pinska, MM. Jasinski, Szymanowski et Panczykowski , en 1837. 
(Courrier de Warsovie). 

DENHOFF (Anna Eufémie) , née princesse Radziwill, mariée 
à Stanislas Denhoff staroste de Wielun et de Radom. Cette 
illustre dame, morte en 1644, protégeait beaucoup la musique 
et l'architecture. Prenant au sérieux la dignité de l'art musical, 
elle défendit aux musiciens de sa chapelle de jouer dans les bals, 
voulant avoir, avant tout, une bonne musique d'église. Elle con- 
sacrait une partie de sa fortune pour cet objet , afin de prouver 
par là que la véritable destinée de cet art était de servir à la gloire 
de Dieu, ainsi que le dit le Symboliste : « Non ad Choreas. » 
Quel enseignement pour notre siècle léger , où la musique est 
considérée comme un art frivole , bon tout au plus à divertir les 
gens du monde ! C'est dégrader cet art divin, que de lui ôter sa 
première destination, qui avait pour but les louanges du Seigneur. 
La musique s'adresse aux plus nobles sentiments de l'homme; 
elle le console dans la douleur, en l'excitant au bien. (Voyez 
l'oraison funèbre de cette noble Dame, prononcée à ses obsèques 
par Séb. Stawicki,qui commence ainsi :« Super flumina Babylonis, 
illic sedimus et flevimus, cwn recordaremur Sion. » (Supplément 
à Y Archéologie polonaise, par Ambr. Grabowski; Cracovie, 1854). 

DENHOF (Stanislas), palatin de Plock, fit le premier entendre 
la musique turque en Pologne (Muzyka ïanczarska.) Pendant les 
cérémonies de son mariage avec Sophie Sieniawska , fille du 
Castellan de Cracovie, qui eurent lieu à Léopol, en Gallicie, vers 
1724. Jusque-là, les rois de Pologne avaient une musique particu- 
lière, composée de flûtes, qu'on appellait dudy. Ces instruments 
à vent, connus dès le xvi e siècle, en latin, fistularibus , furent 
employés aussi par les consuls de la ville de Cracovie. (Voyez la 
description de cette villle, par Ambroise Grabowski, et l'Histoire 
de la ville de Léopol, par Ig. Chodynicki). 

DERKA ( ) , chef de musique militaire à Warsovie 

avant 1830. On lui doit la bonne organisation d'instruments à 
vent dans les régiments polonais. Cet artiste mourut à Warsovie 
vers 1831 . (Voyez Lud Polski, par L. Golembiowski, t. m, p. 258.) 

DEREY (Biaise), dominicain, est connu comme poète religieux, 






DES MUSICIENS POLONAIS. 143 

selon l'abbe Juszynski. {Dictionnaire des poètes polonais.) Il est 
auteur des chants sous le titre : Nabozne piesni przy gromadnym 
od praivowaniu Rozancow. Cracovie, 1645, chez Stanislas Berla- 
towicz). 

DERYNG (Emile), auteur du drame intitulé : Les Frères 
Moraves, en trois actes, avec danses et chants, publié à Wilna, 
chez Dworzec, 1850. 

DESZCZYNSKI (Joseph), professeur et compositeur de mu- 
sique à WarsQvie , tient un rang distingué parmi les artistes po- 
lonais. Il s'est fait connaître par la composition du chant histo- 
rique de Sigismond III, dans la grande Épopée nationale de 
J. U. Niemcewicz , intitulée Spieivy historyczne z muzyka , i Ry- 
cinami. Warsovie,, 1818. Ses principales compositions sont : 
Quatuor en la mineur, œuvre 39, pour piano et les instruments à 
cordes, publié par Hofmeister, à Leipsig, et dont la Gazette musi- 
cale de cette ville rendit compte dans le n° 22 de 1828. L'auteur 
de l'article dit : que M. Deszczynski paraît bien connaître l'har- 
monie ; ses parties ne sont pas chargées, mais bien distribuées. 
Le quatuor est composé de quatre morceaux : Allegro mode- 
rato, C en la mineur; adagio en fa majeur *fï ; d'une jolie polo- 
naise en la majeur, et d'un rondo allegretto grazioso 2 /a en la mi- 
neur. Tous ces morceaux sont d'une bonne facture. On cite éga- 
lement un beau sextuor, du même compositeur , pour deux 
violons, alto, deux violoncelles et contrebasse. {Gazette musicale 
de Leipzig), une polonaise à quatre mains, publiée par Steiner à 
Vienne. {Allgemeine musikalische Zeitung. Wien, 1817.) 

DIETRICH ( ) , amateur distingué et compositeur 

de musique, avait le grade de colonel dans l'armée polonaise ; 
il habita quelque temps la ville de Bourges (1833-34). 

DIETRICH ( Maurice ) , pianiste et compositeur polonais de 
l'époque actuelle , commença à se faire connaître en 1846 par 
quelques compositions pour piano , entre autres : Romance , sans 
paroles; Sicilienne, pour piano seul, publiée à Warsovie; Taliz- 
man, chant russe, à Leipzig et à Warsovie; Tarentelle, en 1849, 
à Leipzig et à Varsovie; Chant sans paroles (1850), dédié à 
M me Smoczynska. {Courrier de Warsovie.) 



144 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

DIOMEDES (Caton), nom supposé. Célèbre chanteur, com- 
positeur et joueur de luth, né à Venise vers la fin du xvi e siècle. 
Amené en Pologne par Stanislas Kostka, trésorier des terres prus- 
siennes, il s'y fixa, et mérita l'estime et l'amitié de son protec- 
teur; celui-ci, en mourant, a légué à Diomedes 10,000 florins 
de Pologne, somme très-considérable pour ce temps là, et re- 
commanda cet artiste à Sigismond III, roi de Pologne. Diomedes, 
recherché et fêté partout à cause de sa belle voix et de son talent 
sur le luth , forma beaucoup d'élèves dans sa patrie adoptive , et 
fit imprimer plusieurs ouvrages à Cracovie, savoir : 

1° Poésies de Nicolas Grochoivski , mises en musique par Diomedes 
Caton. Cracovie, 1606 (Rytmy Stan. Grochowskiego z notami 
tablatura muzyki na lutnia Diomedesa). 

2° Chant en l'honneur de saint Stanislas, patron de la Pologne. 
Cracovie, 1607 (Piesn o S 1 ?" 1 Stanislawie, patronie Polskim). 

D'après Possel, Diomedes était célèbre dans son temps pour la 
composition des airs de danse et de chansons; aussi fut-il très-de- 
mande pour de grandes solennités et fêtes publiques , dans les- 
quelles il chantait des airs composés par lui, en s'accompagnant 
sur le luth. Le roi lui donnait 300 florins par an , et 6 florins par 
semaine de gratification {voyez le Livre des comptes de Jean Fir- 
ley, trésorier royal en 4590. (Annales de la Société des Amis des 
Sciences et de Warsovie.) 

On lui attribue aussi la musique du Chant de saint Casimir, pa- 
tron de Pologne (Omni die, die Marie), qui est chanté jusqu'à nos 
jours, à Warsovie, le jour de sa fête (4 mars) . Nous donnons ce chant 
d'après le Spiewnik de l'abbé Mioduszewski. Diomedes l'écrivit à 
l'époque de la canonisation de saint Casimir, en 1606. L'air est 
fort beau , et paraît appartenir à l'école italienne , bien qu'il fût 
composé en Pologne. Du reste, Diomedes est cité aussi dans le 
Thésaurus harmonicus de Bésard comme un des meilleurs compo- 
siteurs et luthistes de son temps. On trouve dans cet ouvrage 
huit pièces pour le luth, sous le titre de Choreœ Polonicœ; quatre 
fantaisies pour le même instrument, en notation usitée alors, et 
deux mélodies intitulées : la pensier (Transposition Diomedis), 






DES MUSICIENS POLONAIS. 



145 



Donna crudel alterius melodiœ quasi superioris (Dioniedi) ; quatre 
gaillardes du même. 

CHANT DE SAINT CASIMIR. 

cres cen — do. 



A f^ff^ gfeatH-teP 



ï£ 



•*-•#•& 



0- mni di-e die Ma- ri- œ me- a laudes a- m- 






-P--T- 



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decres — 



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ma ; Contem-pla- re et mi- ra- re e- jus cel-si- 



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tu- di- nem; 



Die fe- li-cem Ge- ni- tricem ; Die be- 









* zfc±rg-gg 






a-tam Vir- gi-nem. 



10 



146 



DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 



DLUGORAI (Albert) , d'après le Thésaurus harmonicus , de 
Bésard , cité par Fétis , dans 1^, Biographie des Musiciens , était 
un compositeur et luthiste distingué. Né en Pologne, il vécut vers 
la fin du xvi e siècle. On trouve quelques-unes de ses pièces pour 
le luth dans Fouvrage ci- dessus. Walter (Jean-Godefroid) parle 
aussi de Dlugoraï dans le Musicalisches Lexicon , sans donner 
d'autres renseignements sur ce luthiste distingué. 

Cependant le nom de Dlugoraï ayant été compris parmi les 
vingt musiciens et compositeurs cités par Bésard dans son ouvrage, 
ce fait prouve que l'artiste polonais était un exécutant et compo- 
siteur de premier mérite , puisque son nom figure à côté de ceux 
de Luc Marenzio, Laurencini , Besardi, Diomède, et d'autres 
fameux musiciens du xvi e siècle. 

Voici une de dix villanelles de Dlugoraï, insérées dans le Thé- 
saurus harmonicus, de Bésard : 



W 



g=E=g=g 



-EEsEsfc 



-a — *—&—* — m a — s — a — ©- 



Ahi chi tien lo mio cu-or U- na ti-gre crudel pri-va (Tamo-re 



A±ï. 



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'§» 



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1= 



m 




che per farnii mo-ri-re non cu-ra lo mio pianto il gran lan- 



§fe 



&-'- 



Ï-F 



-P--e> — g- 



«n 



gui- re. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 147 

DLUGOSZ ( ), facteur d'instruments à Warsovie , 

inventeur d'un piano-orgue nommé œolopantalon, qui fit du bruit 
à l'époque de son invention (1825). Plusieurs artistes de talent 
jouèrent dessus, entre autres Fréd. Chopin, qui obtint des effets 
nouveaux sur cet instrument. Mais la Gazette musicale de Leipzig, 
en rendant compte de cet événement, ajoute que ce piano-orgue 
ressemble à celui inventé par Brunner, qu'on appelle œolomelo- 
dikon, lequel possède une grande variété de sons, et pourrait, au 
besoin, remplacer le grand jeu d'orgue. Dans un concert, qui eut 
lieu à Warsovie vers cette époque , on accompagna les chœurs 
de Faust du prince Radzivvill sur V œolopantalon, qui produisit un 
grand effet, ainsi que dans une cantate du compositeur Elsner. 

DLUZEWSRI (Stanislas), facteur d'orgues du royaume de 
Pologne , a construit un magnifique instrument pour la nouvelle 
église de la ville de Dukszty, en Lithuanie. L'église et l'orgue, 
achevés au moyen de souscriptions, furent consacrés en 1856 
par l'évêque de Wilna, monseigneur Zylinski , actuellement ar- 
chevêque de Mohilew, métropolite de toutes les églises catholi- 
ques en Russie. C'est par les soins de l'abbé Dembinski que cette 
église gothique, très-importante, fut bâtie en peu de temps. Ce 
digne abbé, ancien provincial et recteur des Piaristes de Wilna, 
connu dans la littérature polonaise, a attaché son nom à cette 
belle œuvre , entreprise , comme il le dit lui-même , « à la gloire 
de Dieu, et à notre régénération dans le chemin du Seigneur. » 
(Voyez le compte rendu de cette solennité, par l'illustre poëte et 
auteur Wladislas Syrokomla , dans la Gazette de Warsovie») 

DMOCHOWSRI (François de Sales), poëte lyrique et auteur 
dramatique de talent , a traduit Walter Scott , et arrangea plu- 
sieurs vaudevilles français pour la scène nationale. Il a écrit éga- 
lement beaucoup de pièces détachées. (Correspondance particu- 
lière.) 

DMUSZEWSKI (Louis-Adam), auteur fécond. [Fut successi- 
vement artiste dramatique, directeur des théâtres de Warsovie et 
rédacteur en chef du Courrier de cette ville , un des bons jour- 
naux polonais. Louis Dmuszewski débuta en 1800 dans la troupe 
( de Boguslawski ; il avait alors vingt-trois ans, étant né en 1777. 



148 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Non content de recueillir des applaudissements comme acteur, il 
se mit à écrire des pièces pour le théâtre. Il est auteur des opéras 
suivants : Lesko-le- Blanc, le Roi Lokietek, Nagroda (Récompense), 
Cécile de Piaseczno, dont J. Elsner et Ch. Kurpinski écrivirent la 
musique, et d'un grand nombre de vaudevilles et de pièces déta- 
chées pour lesquelles il sut trouver l'à-propos et en assurer le 
succès. Beaucoup de cantates officielles sont de lui, ainsi que 
Pospolité ruszenié et Okopy na Pradze , espèces de mélodrames. 
Dmuszewski rédigea pendant longtemps le Courrier de Warsovie, 
lequel compte près de trente-six ans d'existence. Il publia beau- 
coup d'articles sur la musique et les représentations théâtrales, 
fort bien faits. Il était bon musicien, connaissait à merveille l'ancien 
répertoire polonais. Il fonda, en 1837, l'Association musicale de War- 
sovie, pour venir en aide aux musiciens malheureux. Cette institu- 
tion philanthropique, fort bien organisée, dont Dmuszewski fut pré- 
sident, prospéra beaucoup. Elle s'appelle en polonais Towarzystwo 
podupadlych Artystoiv Muzycznych. Elle avait déjà, en 1850, un ca- 
pital de 59,200 florins de Pologne; son comité était composé, cette 
année-là, de MM. Stefani, Strybel et Nepily. Louis Dmuszewski avait 
de la fortune, et faisait beaucoup de bien ; remarquable par sa piété 
et son esprit conciliant, ce digne citoyen mourut en 1847, géné- 
ralement regretté. Il a laissé des Mémoires fort intéressants qui em- 
brassent une époque remarquable par les événements politiques, 
depuis 1793 jusqu'en 1830. Le Courrier de Warsovie publia, 
en 1850, un fragment de ces Mémoires sur le théâtre d'amateurs 
en Pologne, qui renferme de curieux détails sur l'ancienne so- 
ciété polonaise. On doit à Dmuszewski une série d'articles sur la 
musique en Pologne, publiés dans le Courrier de Warsovie 
de 1820 à 1847, qui se recommandent par l'étendue des con- 
naissances musicales de leur auteur et par la netteté des aperçus. 
DMUSZEWSKA (Sophie) (I) , cantatrice distinguée de l'Opéra 
national à Warsovie. Pendant le séjour de l'empereur Napoléon 
dans la capitale de la Pologne, en 1 807, M me Dmuszewska fut ad- 
mirée par ce souverain victorieux dans l'opéra <\? Andromède, pièce 

(1) M ,le Pienknowska épousa L. A. Dmuszewski. 



DKS MUSICIENS POLONAIS. 149 

héroïque de Louis Osinski, musique de Joseph Elsner, lequel écri- 
vit aussi une cantate pour cette circonstance. Le directeur de la 
troupe, Albert Boguslawski , en parlant de cette représentation, 
ajoute que S. M. l'Empereur des Français fut très-satisfait des 
chanteurs polonais, ainsi que du ballet. La mort de Sophie Dmu- 
szewska, arrivée dans la même année, fut une grande perte pour 
l'Opéra polonais. (Journaux de Warsovie.) 

D06RSKI (Julien), excellent ténor de l'Opéra national de 
Warsovie; débuta avec éclat depuis 1831. Les journaux de 
Warsovie sont unanimes sur sa belle voix et ses succès. Il 
reçut des conseils de Charles Soliva, professeur de chant au 
Conservatoire de Warsovie. Depuis longues années Dobrski est 
en possession de la faveur publique; il a un répertoire fort 
brillant. Ses principaux rôles sont ceux de Fra Diavolo , de 
Zampa, de Robert-le- Diable, de la Somnambule, du Brasseur de 
Preston, du Barbier de Séville , du Cheval de Bronze , Freyschùtz 
(en 1844.), la Norma (1850), et de beaucoup d'autres opéras en 
vogue aux théâtres de Warsovie. Julien Dobrski chante avec infi- 
niment de goût; il est également bon acteur. A la représentation 
de retraite de Szczurowski, en 1837, il fut chargé de chanter les 
couplets d'adieux, qui furent très-applaudis. Il est auteur d'une 
mélodie Kochanek Lutni (Amant du Luth), dédiée à M me Halpert, 
publiée à Warsovie par Klukowski. Voici en quels termes la Bi- 
bliothèque de Warsovie parle de notre chanteur : « Dobrski , pre- 
mier ténor de l'Opéra polonais, excite beaucoup d'enthousiasme 
par sa belle voix et une expression profonde, qui le rendent favori 
du public. Son chant, d'une grande perfection, remue vivement, 
et cause une émotion générale. » Après un long repos, Dobrski a 
reparu dans Hemani en 1856 et dans la Juive en 1857. 

DOBRUÇKI (Matthieu), luthier à Cracovie, mort en 1602, avait, 
de son vivant, un établissement considérable pour la fabrication de 
violons, ainsi que le prouve l'inventaire du matériel d'approvisio- 
nements en bois et instruments laissés inachevés après son décès, 
savoir : un grand coffre contenant des formes pour les basses; un 
autre coffre avec du bois pour faire des violons; une caisse rem- 
plie de chevilles pour les violons; trois soixantaines de tables 



loO DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

d'harmonie pour les cithares; onze formes de cithares; six formes 
de dessus (discantowych) ; trois formes de ténors; trois formes de 
quarante violons inachevés ; vingt-trois tables inférieures (spodnick 
tenorowych) ; quarante-six couvercles de dessus {discantowych) pour 
les violons; un atelier pour faire des violons; douze planches de 
platane pour la fabrication des violons ; quarante têtes de cithares ; 
une marque de cithare. Ce grand assortiment démontre combien 
la lutherie était considérable dans le seizième siècle en Pologne. 
(Starego Krakowa Zabytki, Cracovie, 1850, par Ambroise Gra- 
bowski.) 

DOBRZYNSKI (Ignace), professeur distingué et compositeur; 
avait une solide exécution sur le. violon. Né en Wolhynie, 
Dobrzynski fut pendant dix-huit ans premier violon dans l'orchestre 
du sénateur Ilinski, à Romanow ; où il écrivit plusieurs opéras et 
ballets pour le théâtre du château. Il s'établit ensuite pendant 
quelque temps à Winniça, puis à Krzemienieç ; il laissa partout de 
bons souvenirs de son habileté et de sa patience dans l'enseigne- 
ment de la musique. Ayant pris le parti d'aller habiter Warsovie, 
auprès de son fils, compositeur distingué et directeur de l'Opéra, 
Dobrzynski quitta la province pour la capitale, et y fit venir sa 
femme, qui était restée en Wolhynie, près de sa fille. Pendant 
son séjour à "Warsovie, où ce digne artiste fut apprécié selon son 
mérite, il prêta toujours son concours désintéressé aux solennités 
religieuses. Il aimait à faire delà musique classique. Dobrzynski mou- 
rut en 1841 à soixante-quatre ans, laissant un fils, compositeur d'un 
grand talent, qui jouit d'une réputation justement méritée comme 
chef d'orchestre et comme auteur de nombreux ouvrages. Les 
obsèques de Dobrzynski père eurent lieu à Warsovie. Un grand 
nombre d'artistes, amis et compositeurs, y assistèrent, et recon- 
duisirent les dépouilles mortelles de leur collègue au cimetière de 
Powonzki. Le service eut lieu à l'église des Capucins. Près de la 
tombe, on exécuta Y Ave Maria d'Elsner; puis une messe fut 
chantée à la même église, pour le repos de l'âme du défunt. Une 
collection de Polonaises de Dobrzynski devait être publiée par son 
fils; on sait qu'il excellait dans ce genre de musique. Ces Polo- 
naises ont le cachet antique (duch staropolski) , et expriment bien 



DES MUSICIENS POLONAIS. 151 

le caractère et les fions qui conviennent à ce genre de musique. 
{Courrier de Warsovie.) 

DOBRZYNSKI (Ignace Félix), fils du précédent maître de cha- 
pelle, directeur de musique des théâtres de Warsovie, composi- 
teur distingué, est né à Romanow en Podolie en 1807. Il montra, 
dès l'âge le plus tendre, d'heureuses dispositions pour la musique, 
que la bonne direction de son père et des circonstances favo- 
rables ne tardèrent pas à développer. Étant enfant, il aimait à se 
promener dans la salle du concert en essayant de tirer des sons 
des différents instruments et en tournant autour des pupitres 
rangés pour les exécutants. Jusqu'à l'âge de neuf ans il suivit les 
écoles des Jésuites établis à Romanow et travailla le piano avec 
son père, lequel lui fit jouer la musique de Dussek qui n'était 
pas sans difficulté, surtout ses fantaisies et ses concertos. Placé 
ensuite au Gymnase de Winniça, le jeune Félix continua à puiser, 
sous la direction de Macieïowski, savant Piariste, cette instruction 
solide, qui, en étendant ses facultés naturelles, lui donna une édu- 
cation brillante et rationnelle, supérieure à celle que reçoivent 
ordinairement les personnes destinées à la carrière d'artiste. 

Après avoir fini ses études à Winniça, le jeune Dobrzynski avait 
d'abord le projet d'aller à l'Université de Wilna pour suivre les 
facultés de droit ou de médecine, sans abandonner cependant sa 
chère musique, sans laquelle il ne pouvait plus vivre. Mais pour 
embrasser une carrière en opposition avec l'état d'artiste, il était 
mû par la pensée de devenir utile à sa famille et de payer la dette 
de reconnaissance à son père. Cependant la Providence en décida 
autrement, et voulut qu'il se consacrât tout entier à l'art musical 
dans lequel il devait s'illustrer et faire honneur à son pays. Ignace 
Dobrzynski son père, étant tombé malade, ne put être remplacé 
dans ses fonctions de maître de chapelle et de professeur que par 
le jeune Félix qui apporta dans l'accomplissement de ces nou- 
veaux devoirs tout le zèle et toute la ferveur d'un cœur dévoué. 
Enfin, au bout de quatre ans, après le rétablissement complet de 
la santé de son père, il partit pour Warsovie (1825) où il chercha à 
obtenir des fonds du gouvernement pour faire un voyage à l'étran- 
ger, dans le but de travailler la composition sous un maître habile 



152 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

et d'entendre exécuter les chefs-d'œuvre des grands compositeurs, 
dont les impressions exercent une influence salutaire sur les jeunes 
imaginations, et peuvent réveiller un talent. 

N'ayant point réussi dans ses démarches, le jeune Dobrzynski 
s'adressa à J. Elsner, directeur du conservatoire de musique de 
Warsovie, dont les leçons étaient très-recherchées alors à cause de 
ses vastes connaissances en composition musicale et de sa longue 
expérience. Il prit en tout trente et quelques leçons de l'illustre 
Elsner; il avait pour condisciple Frédéric Chopin, qui prenait éga- 
lement des leçons particulières du même maître et ami. Dobrzynski 
n'était donc pas l'élève du conservatoire de Warsovie, comme 
l'avaient annoncé plusieurs journaux allemands, mais l'élève de 
J. Elsner, qui l'initia à la science du contre-point et aux effets d'une 
savante instrumentation, dont il possédait les secrets. En effet, les 
personnes qui ont entendu les compositions de I. F. Dobrzynski à 
grand orchestre, trouvent qu'il y a, dans la manière de ce maître, 
une connaissance profonde de toutes les ressources de l'art, et, 
pour arriver à rendre sa pensée avec cette vigueur de touche, il 
dut travailler de longues années avec une persévérance rare, car 
indépendamment du coloris musical, on y admire une instrumen- 
tation piquante, des effets nouveaux, une conduite, des parties 
riches en imitations fuguées et une heureuse alliance des 
timbres différents, résultant d'une habile combinaison de deux 
masses. 

On doit féliciter M. Dobrzynski d'avoir su triompher de tant de 
difficultés et d'obstacles inséparables de la carrière d'un artiste- 
compositeur. En Pologne, les bons ouvrages élémentaires sont 
rares, on ne peut même pas se procurer facilement les partitions 
d'opéras des grands maîtres étrangers, pour les étudier et les ana- 
lyser. Avantage immense que possèdent les élèves du conserva- 
toire de Paris, dont la bibliothèque, riche en chefs-d'œuvre de toutes 
les époques, est à la disposition des jeunes artistes qui fréquentent 
cette célèbre école. 

Travaillant ensemble sous le même maître, ayant la même 
manière de voir et de sentir, Frédéric Chopin et I. F. Dobrzynski 
se lièrent d'une étroite amitié ; la même communauté de vues, la 






DES MUSICIENS POLONAIS. 153 

même tendance artistique à chercher l'mconm/, caractérisaient leurs 
efforts, ils se communiquaient leurs idées et leurs impressions, 
suivaient différentes routes pour arriver au même but. 

Dobrzynski avait une prédilection marquée pour l'instrumenta- 
tion ; il consacra tous ses soins à l'étude des effets d'orchestre et 
présenta en 1834 une symphonie en ut mineur au concours de 
Vienne dont les juges étaient : Weigel, maître de chapelle de la 
Cour; Eibler,idem ; Leyfried, compositeur et excellent professeur; 
Umlauf, Conradin Kreutzer et Gaensbacher. Environ cinquante- 
trois symphonies furent envoyées à ce concours; le jeune compo- 
siteur polonais obtint une mention honorable. Lachner, chef 
d'orchestre à Munich, eut le premier prix; mais les connaisseurs 
trouvèrent la symphonie de Dobrzynski digne d'un meilleur sort. 

Cette symphonie, remarquable par la conception, le cachet 
national et l'originalité, attira l'attention du public sur le jeune 
compositeur, qui, pour son début, écrivait un ouvrage d'un si 
grand mérite, contribuant ainsi à l'honneur de l'Ecole polo- 
naise. 

Depuis ce moment, Dobrzynski tourna tous ses efforts vers la 
scène nationale. L'opéra polonais était l'objet de ses travaux, il s'y 
consacra en entier. Poussé par de nobles instincts, il entra résolu- 
ment dans la route, glorieuse pour quelques-uns, obstruée de diffi- 
cultés pour le plus grand nombre, carrière longue et ingrate pour 
les talents profonds, consciencieux; facile et parsemée de roses 
pour les compositeurs souples et légers. A l'époque dont nous 
parlons, on s'occupait de former de bons chanteurs et d'avoir un 
orchestre bien composé. L'opéra original polonais n'était plus à 
l'état de mythe, Kamienski, Stefani, Elsner et Kurpinski venaient 
de prouver que la musique dramatique pouvait exister en Pologne. 
L'Opéra national brilla d'un vif éclat avant 1830. Depuis quelques 
années on jouait beaucoup de traductions et peu d'ouvrages origi- 
naux. Dobrzynski composa donc son premier opéra intitulé : 
Monbar ou les Flibustiers, sur lequel il comptait beaucoup, dont 
l'instrumentation et la beauté des mélodies devaient le placer 
parmi les meilleurs compositeurs dramatiques du pays. Mais cet 
opéra, après une longue attente, ne put pas être joué à Warsovie. 



154 DICTIONNAIBE BIOGRAPHIQUE 

L'auteur le fit traduire en allemand et les opinions des journaux 
allemands furent unanimes pour reconnaître dans l'opéra de 
Monbar une œuvre de génie. Tous les feuilletonistes de la docte 
Allemagne rendent justice au talent pur, riche d'inspiration et origi- 
nal de Dobrzynski. Il fut très-apprécié à Berlin et à Posen pendant 
son séjour dans ces deux capitales. Les artistes de Posen lui 
offrirent une coupe en argent avec une lettre d'envoi très-hono- 
rable pour le compositeur, dont voici une traduction abrégée : 
» Pénétrés de la beauté de vos œuvres musicales que nous avons 
» entendues dans notre ville, nous sommes heureux de vous 
» exprimer notre admiration sincère et nous nous félicitons d'avoir 
» pu rendre vos intentions sous votre savante direction. Encoura- 
» gés par votre franchise et votre sincérité, nous espérons que vous 
» voudrez accepter un petit souvenir, comme preuve de notre 
» estime pour votre beau talent. Nous formons le vœu en même 
» temps que vous pensiez quelquefois aux artistes de notre 
» orchestre. » Suivent les signatures. 

Cette belle coupe, ciselée et dorée en dedans, porte l'inscrip- 
tion suivante en langue allemande : 

A IGNACE FÉLIX DOBRZYNSKI 

HOMMAGE DE PROFONDE ESTIME 

DE LA PART DES ARTISTES DE POSEN. 

Touché par cette offre flatteuse et généreuse, Dobrzynski, nous 
assure-t-on, considère ces moments comme les plus beaux de sa 
vie artistique. 

Par son influence, le goût de la musique instrumentale se répan- 
dit en Pologne. Doué d'une grande facilité, il écrivit beaucoup 
pour l'orchestre, le chant et le piano. En 1837, il fit exécuter une 
ouverture au concert de la Ressource. Une cantate avec orchestre 
dans le même local et un De profundis pour le service de Bielawski, 
violoniste polonais d'un grand mérite. En 1839, la belle symphonie 
en ut mineur a été exécutée à Leipzig avec succès. En 1844, 
M. Dobrzynski donna un concert à Warsovie avec sa femme canta- 
trice de talent (Voyez son article), dans lequel il fit exécuter les 
morceaux suivants : 1° Ouverture nouvelle; 2° Romance chantée 



DES MUSICIENS POLONAIS. 15o 

par M me Dobrzynska ; 3° Boléro pour orchestre . tiré de son 
opéra de Monbar ; 4° Romance d'un opéra chantée par M me Do- 
brzynska; 5° Finale d'une symphonie pour orchestre ; 6° Air 
chanté par M me Dobrzynska. Le 2 e quintette de Dobrzynski, 
œuvre 27 e a paru à Leipzig ainsi que les Idylles sur les pa- 
roles de S. Witwiçki, publiées à Posen en 1847 (huit pièces). 
Mais les mélodies villageoises (Piesni Sielskié), publiées àWarsovie 
firent une impression profonde par la beauté du chant et un charme 
qui leur est particulier. Le succès de ses mélodies surpassa l'attente 
du compositeur. En peu de temps elles étaient sur tous les pianos. 
L'auteur s'était proposé de peindre, dans ces mélodies, la gaieté, la 
tristesse, la simplicité, et il a réussi. Voici les titres de quelques- 
unes : Posel (le Nonce) ; Rycerz (le Héros); Opuszczona (*) l'Aban- 
donnée) ; Czary (Enchantements) ; Piosnka gaiowego (la Chanson 
d'un Forestier); Wiosna (le Printemps); Hulanka (Vie de joie), 
et plusieurs autres. Charmants petits tableaux qui se distinguent 
par la couleur poétique et une grâce naïve. M. Dobrzynski, en 
s'inspirant à la mine si riche des airs populaires polonais, devint un 
compositeur-poëte. Ainsi que Chopin dans ses mazureks, il répan- 
dit dans les Piesni Sielskié cette mélancolie touchante, ce parfum 
et cette vie rhythmique, qui font le charme de nos mazureks, des 
krakowiaks et des dumki. C'est une vérité reconnue, que l'avenir 
des compositeurs polonais est dans les airs du pays, source de 
toute inspiration poétique ou musicale et qui sera toujours com- 
prise par la nation. Ce n'est pas en suivant les écoles italienne, 
allemande ou française qu'un compositeur polonais se rendra 
populaire. Il faut qu'il puise à l'intarissable source de la musique 
nationale qui est dans les airs du village. Ces airs embellissent nos 
champs, nos prés et nos réunions de famille, ils répondent aux 
meilleurs sentiments d'un homme de bien. Hôtes de nos bois, de 
nos campagnes, nés sous le chaume, les airs du pays y vivent 
depuis des siècles ; berceaux de la musique primitive, ils renferment 
de quoi nourrir les imaginations les plus riches. Le grand succès 



(1) Cette mélodie a été chantée à Paris par M lle Auna Winen, cantatrice de 
Warsovie , et a fait le plus grand plaisir. 



156 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

de Chopin vient de là, et Dobrzynski se pénétra de bonne heure de 
ces grandes idées. Toutes ses compositions portent le cachet natio- 
nal, il avait le projet de composer plusieurs symphonies dans le 
goût de nos provinces les plus riches en musique du cru. La 
Grande-Pologne, la Petite-Pologne et l'Ukraine devaient y figurer 
chacune par ses airs si caractéristiques, adoptés déjà par beaucoup 
de compositeurs étrangers. Notre compositeur publia aussi des 
nocturnes, des mazureks et fit exécuter plusieurs morceaux de son 
opéra, remarquables par la facture et la conduite des parties. 
Nommé directeur de musique de l'opéra de Warsovie après la mort 
de Nideçki, il n'a pu garder longtemps cette place qu'il pouvait 
remplir avec honneur. Son éloignement fut regardé par les connais- 
seurs comme une véritable perte pour l'art musical. Dobrzynski 
travailla ensuite pour l'Eglise. Il écrivit une Messe pour trois voix 
d'hommes, une Prière sur le texte de Sivienty Boze (Dieu saint), 
si populaire chez nous, et plusieurs autres compositions inédites. 
I. F. Dobrzynski tient un rang distingué parmi les meilleurs com- 
positeurs de l'époque. Nous avons vu, dans cette notice, qu'aucun 
genre de composition ne lui était étranger, messes, symphonies, 
opéras, cantates, ouvertures, ballades, nocturnes, mélodies, chan- 
sons. Il traita toutes ces formes avec supériorité et excella dans 
plusieurs, réunissant ainsi, au don d'une heureuse organisation, la 
science et le travail. Dobrzynski est en même temps un excellent 
chef d'orchestre, il dirigea en 1 854 la grande exécution de l'ora- 
torio de J.Elsner intitulé :Lapassion de Notre Seigneur Jésus-Christ 
(Meka Zbawiciela). L'orchestre et les chœurs comptaient environ 
quatre cents exécutants. 

Voici la liste exacte des ouvrages gravés de I. F. Dobrzynski : 

Œuvre I. Air russe pour piano. • 

— 2. Collection des danses. 

— 3. Quatre marches. 

— A. Variations pour piano et violon. 

— 5. Rondo alla polacca avec orchestre. 

— 6. Variations sur la kuïawianka. 

— 7. Variations sur une marzurek avec orchestre. 

— 8. Fantaisie quasi-fugue. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 157 

Œuvre 9, Fantaisie sur un thème original. 

— 10. Trois mazoures. 

— II. Deux mazoures. 

— 12. Trois mazoures. 

— 13. Deux mazoures. 

— 14. Mazurek. 

— 15. Deux mazoures. 

— 16. Fantaisie sur Don Giovanni. 

— 17. Deux nocturnes. 

— 18. Trois nocturnes. 

— 19. Nocturne et mazurek. 

— 20. Résignation. 

— 21. Primavera. 

— 22. Mouvement et repos. 

— 23. Ricordanza 

— 24. Trio pour piano, violon et basse. 

— 25. Impromptu. 

— 26. Quintette pour deux violons, alto et deux violoncelles. 

— 27. Quintette idem (en mi bémol). 

— 28. Sextuor pour deux violons, alto, deux violoncelles et 

contrebasses. 

— 29. Romanesca, morceau harmonique. 

— 30. Souvenir d'Ukraine. 

— 31. Danse napolitaine. 

— 32. Marche solennelle pour le renouvellement du mariage 

du célèbre J. Elsner, pour piano seul. 

— 33. MarchefunèbresurlamortdeJ.Elsner,pourpianoseul. 

— 34. Partenza pour soprano ou ténor avec accompagnement 

de piano et violoncelle obligé. 

— 35. Rapsodie pour piano. 

OUVRAGES EN MANUSCRIT. 

Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle. 

Quatuor. id. id. 

Quatuor. id. id. 

Ouverture à grand orchestre, arrangée à quatre mains pour piano. 



158 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Ouverture à grand orchestre, arrangée à quatre mains pour piano. 

Ouverture. id. id. 

Symphonie à grand orchestre, arrangée à quatre mains pour piano. 

Symphonie. id. id. 

Scherzo pour orchestre, arrangé à quatre mains pour piano. 

Umoresca. id. id. 

Fantaisie pour violon sur les motifs de l'opéra deMonbar. 

Fantaisie pour clarinette et piano. 

Variations pour le basson avec accompagnement d'orchestre. 

Variations pour le trombonne id. 

Variations pour la trompette. id. 

Variations pour le violoncelle. 

Elégie pour le violoncelle avec accompagnement d'orchestre. 

Nocturne pour le violoncelle. 

Nocturne. 

Marche funèbre. 

Songe d'un chrétien. 

Hymne funèbre. 

Mélodies villageoises. 

Chants et chansons diverses. 

Cantate. 

Trois cantates. 

Messe pour troix voix d'hommes. 

Variations pour flûte et piano. 

Le Punch, chant de Schiller, traduit par Minasowicz, à quatre voix 

et piano. 
Un opéra en trois actes. 
Hymne Swienty-Boze (Dieu saint). 
Pièces fugitives. 

Rondo alla polacca pour flûte et orchestre. 
Concerto pour piano, avec orchestre. 
Marche funèbre sur la mort de Chopin, à grand orchestre. 

Les journaux de Warsovie parlent aussi d'une méthode de 
musique publiée par 1. F. Dobrzynski , lequel est un très- 
bon violoniste ; il fait partie de l'excellent quatuor de MM. Bara- 
nowski, Lewandowski, Feist et Szablinski. Dobrzynski est cité 



DES MUSICIENS POLONAIS. 159 

souvent parmi les bons auteurs qui ont écrit sur la musique. Sa 
biographie avait été publiée en allemand par le professeur Schultz 
de Berlin. 

DOBRZYNSK A (Jeanne), née Miller, cantatrice de talent, épouse 
du célèbre compositeur I. F. Dobrzynski, débuta vers 1841 dans 
la Somnambule, obtint du succès et quitta la scène. Elève de 
Matuszynski pour le chant, M me Dobrzynka fut nommée pro- 
fesseur à l'école dramatique de Varsovie. En 1844 elle chanta au 
concert donné par son mari plusieurs morceaux de l'opéra, les 
Flibustiers, musique de Dobrzynski (Courrier de Varsovie). 

DOMINIK (Laurent) , prédicateur évangélique à Lublin , a 
publié, dans cette ville, un livre de chants religieux en 1624 : 
Kancyonal czyli zbior Piesni naboznych. (Ephraim Oloff", et 
Fr. Siarczynski, dans le tableau du règne de Sigismond III, roi de 
Pologne). 

DOMANSKI (Albert), né en 1780, officier dans l'armée polo- 
naise, consul de Russie en Espagne, s'était trouvé clans la posi- 
tion de tirer parti de ses connaissances en lutherie pendant son 
séjour à Paris de 1835 à 1849. 11 avait appris les premiers éléments 
d'acoustique à Vienne en Autriche , vers la fin du siècle dernier. 
Par un heureux hasard, il habitait dans cette ville la même mai- 
son que Mozart. 

Recommandé par le prince Jablonowski, le jeune Domanski fit 
la connaissance de l'illustre maître et profita de ses conseils. 
Cette particularité est consignée dans les Mémoires de Domanski, 
publiés par une Revue de Posen, (Przeglond Poznanski), deuxième 
livr., 1850, dans lesquelles il ajoute que Mozart fut très-obligeant 
et toujours de bonne humeur. Il allait de temps en temps jouer à 
la Cour, selon les devoirs de sa place, qui lui rapportait alors dix 
ducats par mois. Depuis quelques années , Domanski retourna en 
Espagne auprès de son tils, officier dans l'armée espagnole. 

D0R0SZENK0 (hetman des Zaporogues) est le héros d'un 
chant populaire de l'Ukraine, sous le titre : Duma o Nyczaju Do- 
roszenku, en langue russienne, citée par Niemcewicz. La musique 
de ce chant est très-plaintive. (Voyez dans les Chants historiques 
de J. U. Niemcewicz, la préface où il est question de ce chant). 



160 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

DOPPLER (Albert-François), célèbre flûtiste et compositeur 
dramatique. 

Né à Léopol, en 1822, des parents d'origine de Warsovie, 
F. Doppler travailla la flûte sous la direction de son père, premier 
hautbois du grand théâtre de Warsovie, de 1828 à 1831. Comblé 
par la nature d'heureuses dispositions pour la musique , le jeune 
Doppler fit de rapides progrès sur son instrument. Il entreprit un 
voyage à Vienne pour étudier la composition, et se mit ensuite en 
route pour donner des concerts. 

Il visita, avec son frère Charles, les principales villes de l'Alle- 
magne : Léopol, Kiiow, Bucharest, et se fixa à Pest. Attaché 
d'abord comme première flûte au théâtre de cette capitale, il ne 
tarda pas à se faire connaître comme compositeur dramatique, et 
parvint à faire jouer ses opéras , son frère étant chef d'orchestre 
du théâtre de Pest. 

Son premier opéra, Beniowski , sur le texte polonais, en trois 
actes, fut représenté en 1847. Après ce début, il écrivit Ilka, en 
hongrois, trois actes, qui eut quarante représentations en 1849. 
La célèbre cantatrice , Mme Lagrange , chanta le rôle d'Ilka 
deux fois en 1853. Mais, avant le voyage de Mme Lagrange, 
François Doppler écrivit la Vanda en hongrois, sur un sujet po- 
lonais, en quatre actes, représenté en 1 851 . Cet opéra fut suivi des 
Deux Homards, opéra comique en deux actes, représenté en 1853. 

Indépendamment de ces opéras , M. F. Doppler est auteur de 
plus de dix ouvertures à grand orchestre, et d'un grand nombre 
d'autres morceaux pour tous les instruments, et de quatre ou cinq 
ballets. Ses opéras ont été publiés à Pest, chez Treichlinger et 
Wagner, en partition de piano sans texte. 

La Gazette de Warsovie du 14 août 1855 , consacra un article, 
fort bien écrit sur les frères Doppler, qui soutiennent ainsi la 
gloire artistique du nom polonais. Ces artistes sont venus, en der- 
nier lieu, à Bruxelles et à Londres ; ils ont produit une vive impres- 
sion partout, comme exécutants du plus grand mérite, et comme 
compositeurs non moins distingués. Ils ont le projet devenir bien- 
tôt à Paris. 

DOPPLER (Charles), frère du précédent, flûtiste et composi- 



DES MUSICIENS POLONAIS. ltil 

teur également distingué. Né à Léopol en 1826, Charles Doppler 
étudia la flûte sous son père, et se fit connaître avantageusement 
comme virtuose habile sur son instrument. Après une tournée 
brillante en Allemagne , il devint chef d'orchestre du théâtre na- 
tional de Pest. Fixé dans cette capitale , Charles Doppler ne tarda 
pas à marquer dans le monde musical. Il écrivit deux opéras pour 
son théâtre qui furent joués avec éclat de 1852 à 4854. Le pre- 
mier, intitulé : Le Camp des Grenadiers, opéra comique en un 
acte , texte hongrois. Le second , sous le titre du Fils du Désert, 
(Wadon fia), en quatre actes, texte hongrois. M. Charles Doppler 
est également auteur de plusieurs ballets et de deux duos pour 
deux flûtes, composés en société de son frère. Ces duos, que 
les frères Doppler exécutent avec un ensemble parfait, obtiennent 
partout le plus légitime succès , dû à la perfection des nuances 
les plus délicates et au mérite de la composition. Grâce au talent 
de ces éminents artistes, les airs polonais sont maintenant connus 
et appréciés en Hongrie. 

DORVILLE (Mademoiselle Constance), pianiste distinguée, 
directrice de l'enseignement musical à l'hôtel Lambert, à Paris, 
se fit entendre dans un concert qu'elle donna en 1855, dans lequel 
elle exécuta plusieurs morceaux classiques d'une manière supé- 
rieure. Les premiers artistes français prêtèrent à Mlle Dorville le 
concours de leurs talents. Citer les noms de MM. Alard, C. Lebouc, 
Paulin et Mme Numa-Blanc, c'est éveiller l'idée du beau. 

DROZDOWSKA (PétronelleAlexandra), artiste dramatique et 
cantatrice, née en Lithuanie. Elle n'avait que dix-sept ans lorsque 
la troupe de Warsovie vint à Grodno, en 1784, à l'époque de la 
diète. Mademoiselle Drozdowska se présenta devant la Société des 
artistes, et demanda à faire partie de la troupe, avec laquelle elle 
partit ensuite pour Wilna et Dubno. Elle joua , après l'artiste 
Deszner, les rôles d'amantes , soubrettes et coquettes ; plus tard, 
elle ne joua plus que les rôles de mères-comiques ; mais elle 
chanta les rôles d'opéras polonais de temps en temps, et fit partie 
de la troupe jusqu'en 1812, époque de sa mort. Sa fille, Caro- 
line, excellente cantatrice, épousa Joseph Elsner, recteur du 
Conservatoire de Warsovie {Voyez ce nom). 

Il 



162 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

DRUZBAÇKA (Elisabeth), célèbre poétesse, appelée la dixième 
Muse ou Sapho polonaise , vivait dans la première moitié du 
xvm e siècle. Douée d'un véritable talent poétique, Elisabeth Druz- 
baçka réunissait beaucoup d'imagination à la sensibilité et au goût 
délicat. Elle écrivit un grand nombre de poésies détachées. Elle 
composa la Vie de David en vers , ouvrage qui la place parmi les 
meilleurs poètes polonais. Ses œuvres obtinrent l'honneur d'être 
publiées par un évêque, le savant Joseph Zaluski, référendaire de 
la couronne, qui donna une édition des belles poésies d'Elisabeth 
Druzbaçka, en un volume in-4°, à Warsovie , en 1752, dans 
lequel on remarque l'admirable pièce de vers sur le Printemps, 
laquelle est généralement lue et appréciée. Notre poétesse adressa 
également des vers à l'évêque Zaluski , dans lesquels elle s'ex- 
prime ainsi : 

Ojciec w dobroci, opiekun wporadzie, 
Posters co zycie za oivieczki kladzie. 

Bon comme un père,- parfait dans les conseils, 
Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. 

Les poètes qui ont consacré des vers à la louange d'Elisabeth 
Druzbaçka, sont : Prince Ulrich Radziwill, Joseph Minasowicz et 
l'évêque Joseph Zaluski. 

DURANOWSKI (Auguste-Frédéric), dit Durand, passait pour 
avoir eu un talent extraordinaire sur le violon. Peu connu en 
Pologne, il n'a point joui, dit M. Fétis, de la réputation qu'il mé- 
ritait. Nous transcrivons ici, d'après ce savant, les détails assez 
circonstanciés sur ce virtuose polonais : 

« Duranowski est né à Warsovie vers 1770 > où son père était 
musicien au service du dernier roi de Pologne. Il apprit de lui les 
principes de la musique, et reçut les premières leçons de violon. 
Conduit à Paris en 1787 par un seigneur polonais qui s'intéressait 
à son sort , il fut dirigé dans l'étude de son instrument par Viotti; 
qui trouvait en lui le génie de l'art) et une admirable facilité à 
jouer les choses les plus difficiles. Duranowski vécut quelque temps 
à Paris , puis voyagea en Allemagne et en Italie pendant les 
aminées 1794 et 1795. Partout il fit admirer sa prodigieuse habi- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 163 

leté; mais, tout à coup , il sembla renoncer à l'usage de son 
talent, entra dans l'armée française et devint aide de camp d'un 
général. Une fâcheuse affaire, dans laquelle il fut compromis, le 
fit mettre en prison à Milan. La protection du général Menou le 
sauva des suites de cette affaire, et le rendit à la liberté. Mais il 
fut obligé de donner sa démission d'officier et de se rendre en 
Allemagne, où sa vie fut agitée. Dans l'intervalle de 1810 à 1814, 
il séjourna plus ou moins longtemps à Leipzig, Prague , Dresde, 
Cassel, Warsovie, Francfort-sur-le-Mein , Mayence et quelques 
autres villes. Vers la fin de 1811, il joua deux fois avec le plus 
grand succès à la cour de Cassel, et, l'année suivante, il se fit 
entendre chez le grand-duc de Darmstadt et à Aschaffenbourg. 
Enfin, le besoin de repos lui fit accepter, en 1814, les places de 
premier violon du concert et du théâtre qui lui étaient offertes à 
Strasbourg, et, depuis ce temps jusqu'à l'époque actuelle, il ne 
s'est éloigné de cette ville que pour faire de petits voyages en 
France et en Allemagne. Il y était encore à la fin de 1834. 

» Si Durand eût pu se défendre de l'agitation de sa vie et se fût 
livré sans réserve au développement de ses facultés, il eût été 
le plus étonnant des violonistes : sa manière était originale et 
toute de création. Son adresse dans l'exécution des difficultés 
était prodigieuse, et il avait inventé une multitude de traits inexé- 
cutables pour tout autre que lui. Il tirait un grand Son de l'ins- 
trument, avait une puissance irrésistible d'archet, et mettait dans 
son jeu une inépuisable variété d'effets. Paganini , qui avait en- 
tendu Duranowski dans sa jeunesse, m'a dit que cet artiste lui 
avait révélé le secret de tout ce qu'on pouvait faire sur le violon, et 
que c'est aux lumières qui lui ont été fournies par cet artiste , 
qu'il doit son talent. 

» Gomme compositeur pour son instrument, Durand ne s'est 
pas élevé au-dessus du médiocre; autant il avait du génie dans 
son jeu , autant cette qualité est négative dans sa musique. 11 a 
publié : 

» 1° Concerto pour violon et orchestre, op. 8, en la. Petersj 
Leipzig ; 

» 2° Pot-pourri, idem, op. 10> en ré s ibid ; 



16t DICTIONNAIRE BlOtiRAPBiUUE 

» 3° Idem, op. 11. Leipzig, Offenbach, André; 

» 4° Deux airs variés pour violon et orchestre. Breitkopf et 
Haertel, et Paris, Sieber; 

» 5° Fantaisie, suivie de deux airs variés pour violon et qua- 
tuor; 

» (5° Duos pour deux violons, œuvres 1, 2, 3, 4 et 6; 

» 7° Des airs variés pour violon seul. Vienne, Cappi, et Leipzig, 
Br. et H.; 

» 8° Six caprices ou études, op. 15. Mayence, Schott.; 

» 9° Six chansons allemandes pour voix seule. Offenbach, 
André. » 

Voici maintenant ce qu'en dit le comte Michel Oginski dans 
ses Lettres sur la Musique, adressées à un de ses amis de Florence 
en 1828: 

« Le nom de Durand ne doit pas vous être inconnu. Originaire 
» d'une famille française , mais natif de Pologne , il avait pris le 
» nom de Duranowski, qu'on lui donnait généralement partout. 
» On m'a assuré que c'était un des artistes les plus distingués pour 
» le violon ; mais , comme sa conduite ne répondait pas à son 
» talent , il se trouvait très-souvent dépourvu de tout moyen de 
» subsistance, et pour ainsi dire dans la misère. Il n'avait pas 
» même de violon à lui ; et, comme l'usage de cet instrument était 
» la seule ressource qui lui restait pour vivre, il s'arrêtait dans 
» toutes les villes un peu marquantes qu'il rencontrait en route, 
» il y annonçait un concert, et, en se servant du premier mauvais 
» violon qu'il trouvait dans l'auberge , il en jouait de manière à 
» enchanter le public et à subvenir à ses pressants besoins. Je ne 
» l'ai jamais entendu, mais son talent, tout aussi bien que ses 
» aventures, ont fait beaucoup parler de lui dans toutes les capi- 
» taies où je me suis trouvé. » 

DUSZYNSKI ( ), amateur chanteur, fit entendre l'air 

de Stradella, à Warsovie, en 1856. M. Duszynski possède, dit-on, 
une jolie voix de ténor {Courrier de Warsovie et la Gazette Quo- 
tidienne) . 

DYDYNSKI (Wladislas) , cité par les journaux de Warsovie 
comme un bon musicien de l'époque actuelle. 



BKS MUSICIENS POLONAIS. 16a 



E 



EINERT (Charles-Frédéric), organiste de l'église luthérienne 
à Warsovie. Né à Lommatsch en 1798, il vint en Pologne vers 
1821, et fut employé d'abord comme professeur de piano, ensuite 
il eut la place de contrebassier à l'orchestre du théâtre dirigé par 
Ch. Kurpinski. Il garda cette place jusqu'en 1836, l'année de sa 
mort. Einert laissa une femme et deux enfants. L'aîné de ses fils, 
âgé de onze ans à la mort du père , paraissait être bien organisé 
pour la musique (Gazette musicale le Leipzig de 1837, n° 9). 

EINERT (Théodore) , fils du précédent , justifia les espérances 
qu'on avait conçues de lui ; il est auteur de plusieurs pièces pour 
piano, composées avec goût (Journaux de Warsovie). 

EINERT (Maximilien), compositeur de l'époque actuelle, au- 
teur d'une symphonie à grand orchestre (Courrier de Warsovie). 

EISRIGH (Jean) , membre de l'orchestre du grand théâtre de 
Warsovie, mort en 1850 (Correspondance particulière). 

ELERT (Pierre) , secrétaire de Wladislas IV , roi de Pologne, 
imprimeur de la cour à Warsovie , chanteur et violiste. Sa vie 
appartient à l'histoire des typographes. Qu'il fut bon musicien , 
atteste Vassenbergius , (Joan. Casim. Carcer. Gallicus), ainsi que 
Jarzemski, dans sa description de Warsovie. Elert lui-même, dans 
son ouvrage : Hooglosson Dictionarium cum multis colloquiis pro 
diversitate status hominum quotidie occurrentibus , Warsowia 1 , inofli- 
cina Pétri Elerti. S. R. M. Typ. A. 1646, dédié au prince royal, 
Sigismond-Casimir, fils de Wladislas IV, se nomme : Typogrvphw 
et musicus. (Voyez i. S. Bandtkie, dans son Histoire d ; Imprimeries 
en Pologne ; et les Mémoires sur l'ancienne Pologne, par J. U. 
Niemcewicz). 

En 1638, Elert accompagna le prince royal, Jean-Casimir, dans 
son voyage en Espagne, et fut arrêté à Marseille avec ce prince, 
par ordre du cardinal de Richelieu. Chargé d'une mission auprès 
du roi de Pologne, Elert alla à Warsovie ; mais, à son retour en 
France, il ne put communiquer qu'avec peint' avec Jean-Casi- 



166 PTCTI0NXA1RF. BlOGRArHIQVF. 

mir. Celui-ci, conduit d'abord à Salon , puis enfermé au château 
de Sisteron , en Provence , fut enfin détenu au château de Vin- 
cennes, près Paris, assez rigoureusement. Ayant réclamé inutile- 
ment pour la délivrance de son frère , Wladislas IV résolut d'en- 
voyer une ambassade solennelle auprès de Louis XIII pour obtenir 
la mise en liberté de Jean-Casimir. Le palatin de Smolensk, Gon- 
siewski, ayant été nommé ambassadeur, arriva à Paris le 17 jan- 
vier 1640. Pendant ce temps-là, Elert remplit plusieurs missions 
auprès du prince , dont la détention durait déjà depuis quatre ans. 
Chargé par le roi de Pologne d'avertir Jean-Casimir du départ de 
l'ambassadeur, Elert usa d'un stratagème pour parvenir auprès 
du prisonnier. Il fit demander au cardinal la permission de faire 
entrer un musicien, envoyé par le roi de Pologne , pour consoler 
le prince dans sa prison. Le cardinal de Richelieu voulut entendre 
d'abord lui-même le musicien, et, ayant été satisfait du talent de 
Pierre Elert , il lui donna la permission de chanter devant le 
prince , mais en présence des Français. L'entrevue eut lieu selon 
les prescriptions du cardinal ; mais Elert chanta si bien, qu'il 
désarma la sévérité des gardiens de Jean-Casimir, et put l'avertir, en 
baissant la voix , de l'arrivée prochaine de Gonsiewski, et calma 
ainsi l'inquiétude du prince, en abrégeant le temps de sa solitude. 
Aussitôt après la délivrance de Jean-Casimir , le comte d'Avon 
fut envoyé à Warsovie par le roi de France , pour faire les excuses 
au roi de Pologne, et rétablir les bons rapports entre les deux pays. 
ELSNER (Joseph) , célèbre compositeur , doit être regardé 
comme le créateur de l'opéra polonais. Né à Grotkow, ville de la 
Silésie, le 1 er juin 1769 , il passa les premières années de sa jeu- 
nesse dans son pays. A partir de 1792 , on le retrouve à Léopol 
et à Warsovie jusqu'à sa mort, arrivée en 1854. 

Joseph Elsner appartient donc à la Pologne par ses travaux et 
ses relations. Il a rendu de grands services à sa patrie adoptive, 
et la reconnaissance de ses concitoyens ne lui a pas fait défaut. 
Directeur de musique du théâtre national, fondateur, avec Bogus- 
lawski, d'une Société dramatique et d'une école de chant, direc- 
teur du Conservatoire de Warsovie et professeur de composition 
dans cet établissement, membre de la Société royale des Amis 



DES MUSICIENS POLONAIS. 167 

des Sciences , chevalier de l'ordre de Saint-Stanislas , Elsner 
exerçait une grande influence sur les artistes en Pologne, et fut 
entouré, pendant sa longue carrière, d'une estime et d'un attache- 
ment général, dus, tant à son caractère personnel, qu'à ses talents. 

Le père de Joseph Elsner, François-Xavier Elsner, descendait 
d'une famille noble, d'origine suédoise. Il était lui-même' facteur 
d'instruments; mais il destina son fils à l'étude de la médecine. 
Celui-ci fit ses premières études à l'école de Grotkow, puis , en- 
voyé à Breslau , il entra comme enfant de chœur à l'église des 
Dominicains. Sa jolie voix fut remarquée, et il profita de sa nou- 
velle position pour travailler le violon, et reçut des notions d'har- 
monie de l'organiste Janisch , qui lui expliqua la basse chiffrée , 
tandis que le professeur Dreirittner, membre de l'orchestre et 
compositeur religieux, lui donnait des avis en composition. Il avait 
alors treize ans. Ses premiers essais furent des duos pour deux 
violons, un motet pour deux voix. Ave Maria, chanté à l'église, 
attira sur lui l'attention de Schon, directeur de chœur, qui l'encou- 
ragea et le recommanda à Foerster, directeur de musique à Breslau. 
Ce dernier lui donna des leçons régulièresde composition. Le jeune 
Elsner écrivit bientôt un offertoire à quatre voix , avec accompa- 
gnement de deux violons, alto, orgue et deux cors: ces instruments 
composaient alors l'orchestre de la chapelle. Le prédicateur du cou- 
vent des Dominicains, Marcel Knirsch , l'engagea à écrire de la 
musique pour les textes de ses sermons, et le hasard a voulu que 
Mme Cantilieri, cantatrice italienne, n'ayant pu chanter sa partie 
dans l'oratorio de Graun, la Mort du Sauveur, à l'église de Sainte- 
Elisabeth, le jeune Elsner fur prié de la remplacer, et s'en acquitta 
à la satisfaction générale. 

Jusque-là , notre compositeur n'avait aucune idée de la parti- 
tion ; il écrivait ses compositions, à plusieurs parties, sur des mor- 
ceaux de papier séparés. C'est le chef d'orchestre du théâtre de 
Breslau, Maar (Voyez ce nom), qui lui fit voir la première par- 
tition sur laquelle on voyait du haut en bas , les parties du chant 
et celles d'orchestre placées en regard. Cependant, la carrière mu- 
sicale d'Elsner n'était pas tout à fait décidée. Ce n'est qu'à la mort 
de son père qu'il résolut de s'adonner entièrement à la musique ; 



168 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

une circonstance heureuse y contribua. Albert Boguslawski, son 
ami et son historien , raconte : Qu'après une longue maladie, 
privé de musique , Elsner , entrant à l'église le jour de la Trinité 
1789 , entendit l'orgue et se trouva mal , vivement ému par les 
sons de l'instrument. Revenu à lui et sentant le bien-être dans 
tout son individu, il crut voir sa destinée dans cet événement, et 
partit pour Vienne, afin de puiser à leurs sources les grands prin- 
cipes de l'art ; mais de nouveaux obstacles et des difficultés de 
tout genre l'attendaient dans cette ville. Découragé, malade, 
sans moyens d'existence assurés, il trouva, dans le docteur Uber- 
lacher, un ami et un protecteur. Mais ce qui contribua surtout 
à le tirer d'affaire, ce fut l'intervention d'un condisciple de Breslau, 
M. Bundesmann, qui offrit au jeune Elsner sa maison et sa table. 

Le séjour à Vienne , les relations avec les artistes les plus 
recommandables , la lecture des meilleures partitions dans les- 
quelles il puisait l'instruction qui lui était nécessaire pour par- 
courir la carrière d'artiste avec honneur, consolidèrent l'éducation 
musicale d'Elsner. 11 avait déjà écrit sa symphonie en ré , et 
plusieurs morceaux religieux pour voix et orchestre. Engagé à 
Brunn en 1791, en qualité de premier violon du théâtre, il se fit 
connaître avantageusement , écrivit plusieurs ouvrages qui lui 
valurent la place de second chef d'orchestre au théâtre de Léopol, 
dirigé alors par Bull , entrepreneur d'opéras allemands. A partir 
de ce moment commence la vie active pour notre compositeur. 
La ville de Léopol, devenant le centre de la Pologne après la chute 
de Warsovie, attira un grand nombre de familles riches dans ses 
murs. Elsner se lia avec Albert Boguslawski, directeur de la scène 
nationale, et commença à travailler pour l'opéra polonais en 1796. 

Jusque-là il avait donné Osobliioi Brada (Die Seltene Briider), 
son premier opéra, paroles et musique. Przebrany Sultan, (Der 
verkleidete Sultan). Des entr'actes pour la tragédie de Marie 
Stuart , de Schiller. Des chœurs et des entr'actes pour le drame 
intitulé Lanufa-Iskahar, mélodrame, avec paroles polonaises et 
chant. Une partie de la musique de Sydney et Zumma, mélo- 
drame polonais. 11 fit monter en ce temps Y Arbre de Diane ; le 
Roi Théodore; Y Entrepreneur dans l'embarras ; les Ermites : tous 



HF.S MUSICIENS POLONAIS. I6H 

ces opéras étaient dirigés par Elsner pendant l'entreprise de 
Boguslawski. 

C'est pendant la composition d'Iskahar , qu'Elsner commença 
à apprendre la langue polonaise. Il dut à l'étude profonde de la 
prosodie de notre langue les succès éclatants de ses opéras. En 
1799 il reçut l'engagement comme directeur de musique au 
théâtre de Warsovie, et, à l'âge de trente ans , il n'appartenait 
plus à sa patrie , mais il devenait Polonais par affection et par 
choix, en consacrant tous ses talents et son zèle à la gloire de la 
Pologne. 

Ses succès furent nombreux à Warsovie ; il y forma plusieurs 
cantatrices de talent, entre autres, les demoiselles Stefani, Pe- 
trasch, Pienknowska , etc. Plus tard , il épousa Mlle Drozdowska, 
qui possédait une jolie voix. Par les soins d'Elsner , les opéras 
suivants furent montés à Warsovie sous la direction de Bogus- 
lawski. La flûte enchantée , Le sacrifice interrompu, Télémaque , 
Palmire, Lodoïska, le Porteur d'eau, Aline, Achille, Geneviève, etc. 

Dans l'espace de vingt ans, il composa les ouvrages drama- 
tiques suivants en polonais : 

4° Amazonki (les Amazones), opéra en deux actes; 

2° Mieszkancy Kamkatal (les Habitants de Kamkatal) , opéra en 
un acte; 

3° Siedem razy ieden (Sept fois le même), en un acte ; 

4° Stary trzpiot, (le Vieux petit-maître), en deux actes, 1805; 

5° Nurzahad, mélodrame avec danses et chants, en trois actes, 
1805; 

6° Wieszczka Urzella (la Fée Urgèle), opéra en trois actes, 

7° Sond Salomona (Jugement de Salomon), tragédie avec danses 
et chants, en trois actes, 1806 ; 

8° Andromeda, opéra sérieux en un acte, 1807; 

9° Trybunal niewidzialny (le Tribunal secret), en quatre actes, 
1807; 

10° Mieczyslaw Slepy (Miecislas l'Aveugle), opéra en trois actes, 
1807; 

11° Karol wielki i Witykind (Charlemagne et Vitikind), drame 
lyrique en deux actes, 1807; 



170 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

12° Szeivc i Krawcowa (le Cordonnier et laTailleuse), duodrame 
en un acte, 1808; 

13° Uroienie i Rzeczyivistosi (Chimère et Réalité) , opéra en un 
acte, 1808; 

14° Echo, drame en un acte, 1808; 

15° Sniadanie Trzpiotow (le Déjeûner des petits-maîtres) , en 
deux actes, 1808; 

16° Zona po drodze (Epouse en voyage), en trois actes, 
1809; 

1 7° Rzym oswobodzony (Rome délivrée) , drame avec chœurs , 
trois actes, 1809; 

18° Benefis (le Rénéfice), duodrame en un acte, 1819; 

19° Sierra Morena (la Sierra Morena), opéra en trois actes, 1811 ; 

20° Kabalista (le Devin), en deux actes, 1813 ; 

21° Krol Lokietek (le Roi Lokietek), opéra en deux actes, 1818; 

22° Jagiello Wielki (Jagellon le Grand), en trois actes, 1820; 

23° Ofiara Abrahama (le Sacrifice d'Abraham), en quatre actes ; 

24° Leszek Bialy (Lesko le Rlanc), opéra; 

25° Pospolite ruszenie (la Pospolite), mélodrame ; 

26° Dwa Posongi (Deux Statues), ballet; 

27° Sidtan Wampum (le Sultan Wampum), opéra ; 

28° Deux scènes pour l'opéra d'Achille, de Paër; 

29° Trois scènes pour Ida, de Gyrowetz ; 

30° Trois scènes pour Élisa, de Mayer; 

31° La Ritrorsia disarmata, duodrame italien de Métastase, etc. 

Dans cet intervalle, il avait fait un voyage en Allemagne et en 
France. Pendant son séjour à Paris, Elsner a fait entendre plu- 
sieurs de ses compositions dans des concerts donnés à Saint-Cloud 
et aux Tuileries. Après le traité de Tilsitt, le grand-duché de 
Warsovie avait été donné au roi de Saxe , lequel protégeait les 
arts. Dans le but de faire prospérer la musique, on chercha à 
organiser une école de chant et de déclamation à l'instar de celle 
de Paris. 

Elsner fut chargé par le Ministre de l'Instruction publique , 
Staszic , de diriger les classes de cet établissement , qui contribua 
beaucoup aux progrès de la musique en Pologne. Fondée en 1816, 






des musiciens polonais. 171 

cette école devint, en 1821, Conservatoire royal, et Elsner en fut 
nommé directeur et professeur de composition. Par ses soins, le 
Conservatoire de Warsovie était déjà parvenu à un état satisfaisant 
de prospérité, lorsque la révolution de 1830, en dispersant les 
élèves et les professeurs, en a fait fermer les portes. Depuis, cette 
école a été rouverte avec une organisation moins importante. 
Charles Soliva, compositeur italien, en était directeur en dernier 
lieu jusqu'à 1834 ; elle servit de pépinière aux jeunes artistes d'où 
sont sortis les Chopin, les Dobrzynski, les Stéfani, les Nidecki, les 
Orlowski, les Nowakowski, les Fontana et plusieurs autres talents 
remarquables, qui profitèrent des conseils d'Elsner, dont les 
connaissances solides, déployées dans la direction et dans l'ensei- 
gnement du Conservatoire de Warsovie, furent récompensées, en 
1825, par le titre de Chevalier de Saint-Stanislas. 

Avant de donner la liste des compositions d'église et de 
chambre de notre auteur nous ajouterons qu'on lui doit deux 
ouvragessur la langue polonaise. Le premier : zdatnoscido mu- 
zyki Polskiego ienzyka, (Jusqu'à quel point la langue polonaise est 
favorable à la musique) , inséré dans le Freymùthige ; le second , 
que l'auteur" a écrit au retour de son voyage à Paris et qui est 
intitulé : Ritmicznosci i metrycznosci ienzyka Polskiego; (du 
Rhythme et de la prosodie de la langue polonaise), est devenu un 
ouvrage élémentaire des classes du Conservatoire. 

Vers la même époque, Elsner écrivit, pour la Gazette musicale de 
Leipzig, l'Histoire de l'Opéra en Pologne, en langue allemande. 
En 1811, Elsner composa une cantate pour fêter l'arrivée de 
Napoléon I er à Warsovie, sur ^es paroles de L. Osinski. Cette 
cantate fut exécutée à l'église de Sainte-Croix, et suivie d'un Sal- 
vum fac Imperatorem , qui produisit une vive impression sur les 
assistants. 

En 1815, Elsner fut prié d'organiser une société d'amateurs et 
artistes pour l'encouragement de l'art musical en Pologne , sous 
la présidence de la comtesse Sophie Zamoyska , excellente musi- 
cienne , distinguée par ses talents et ses sentiments élevés. Cette 
Société se transforma, en 1821, en Conservatoire de musique. 
Fixé en Pologne depuis 1792, Elsner fit un voyage en Silésie en 



\Tl DICTIONNAIRE BIOGKAI'HIQUK 

4848, son pays natal , où il fut reçu avec transport, passa une 
saison aux eaux de Reinesz, et se lia d'amitié avec le compositeur 
Ebell. 

De 4820 à 4827, Elsner écrivit moins pour le théâtre, absorbé 
par l'enseignement au Conservatoire. Il publia pour l'Église : 

Trois messes à quatre voix et petit orchestre , en si , en ré mi- 
neur et en fa. Posen, Simon. (Les deux dernières sont plus for- 
tement instrumentées.) 

Missa quatuor vocibus comitante orchestra, en sol. Posen, Simon; 

Messe en fa, ibid. ; 

Messe en si, ibid., pour voix et orchestre; 

Messe en ut, pour le couronnement de l'empereur de Russie, 
comme roi de Pologne. Warsovie, 1829; 

Messe pour quatre voix seules. Warsovie, Brzezina; 

Cinq Psaumes et Magnificat, pour vêpres; 

Messe pour trois voix d'hommes et orgue, ibid.; 

Messe pour quatre voix d'hommes sans accompagnement, ibid. ; 

Requiem pour le repos de l'âme de l'empereur Alexandre , à 
quatre voix et orchestre, ibid. ; 

Graduels pour quatre voix seules, ibid.; 

Graduels pour trois voix d'hommes et orgue, ibid. ; 

Hymnus Ambrosianus pro vocibus quatuor cum instrum. Leipzig, 
Breitkopf et Hartel ; 

Messe à quatre voix et orchestre. Warsoyie, Plachetzki; 

Messe en sol, à deux et quatre voix, sur le texte polonais, ibid. ; 

Motet, Gloria et honore, pour deux chœurs. Leipzig, Hof- 
meister; 

Vêpres à quatre voix et petit orchestre. Posen, Simon; 

In te, Domine, speravi; motet à quatre voix ; 

Veni, sancte Spiritus; hymne de Saint- Joseph et hymne pour la 
fête de Noël, avec accompagnement d'orchestre et orgue; 

Hymne de Sainte-Cécile, en ut ; 

De profundis, pour trois voix d'hommes et quelques instru- 
ments à vent. Warsovie, Brzezina; 

Offertoires pour quatre voix seules, ibid. ; 

Offertoires pour trois voix d'hommes et orgue, ibid. ; 



I»KS MUSICIENS POLONAIS. 173 

Deux offertoires pour quatre voix et un petit orchestre. Posen, 
Simon; 

Vent, Creator, à huit voix, ibid. ; 

Veni, Creator, à quatre voix, ibid.; 

Te Deum, pour quatre voix, trompette et timballes; 

Missa musicam vocibus humants exercendum. Leipzig , Hof- 
meister, 1828; 

Un des derniers et des plus importants ouvrages : Menka Zba- 
wiciela (la Passion de Notre-Seigneur,) grand oratorio pour voix 
et orchestre, fut exécuté, en 1854, par trois cents musiciens, à 
l'église évangélique, sous la direction de F. Dobrzynski, chef 
d'orchestre de Topera. 

MUSIQUE INSTRUMENTALE. 

Symphonie à grand orchestre, en ré; 

Idem., en ut, œuvre 11 e . Offenbach, André; 

Idem., en si bémol, op. 17. Leipzig, Breitkopf et Hartel; 

Deux polonaises pour orchestre. Offenbach, André; 

Thème avec variations ; 

Idem. , avec écho nocturne ; 

Six quatuors pour deux violons, alto et basse ; 

Quatuor en fa pour piano, violon, alto et basse ; 

Grand quatuor en mi bémol, ibid., op. 14. Paris, Hentze Jouve; 

Sonate à quatre mains, pour piano. Paris, Erard ; 

Trois polonaises pour piano. Leipzig, Peters; 

Trois rondeaux à la Mazurck, pour piano, ibid. ; 

Marche militaire, pour piano. Leipzig, Hofmeister; 

Polonaise pour piano et orchestre. Warsovie, Klukowski ; 

Concertos pour divers instruments, en manuscrits. 

MUSIQUE DE CHANT. 

Morceaux de chant et chansons à voix seule, avec accompagne- 
ment de piano, vingt-quatre cahiers; 

Six airs italiens et un duo. Warsovie; 

Morceaux pour quatre, cinq, six, sept, huit, neuf et dix voix, 
avec texte polonais , à l'usage du Conservatoire de Warsovie ; 



174 DICT10NNAIKE BIOGRAPHIQUE 

Canons à trois, quatre et cinq voix ; 

Plusieurs cantates : une pour le 3 août 1802 ; idem., pour l'ins- 
tallation de la Société musicale en 1806; idem., pour différentes 
fêtes , avec le texte allemand et polonais ; idem. , pour des céré- 
monies funèbres; 

Boze zachoway krola (Dieu protège le roi) , chant national. 

La Warsovienne, traduite en polonais par Charles Sienkiewicz, 
sous le titre de Te Deum. Marche triomphale pour les instruments 
à vent, exécutée pour la première fois à la séance publique de la 
Société royale des Amis des Sciences en 1811, dans laquelle 
Elsner a intercalé trois airs favoris, rappelant trois époques 
mémorables de l'histoire de Pologne, c'est-à-dire la Polonaise 
de Jean Sobieski, celle connue sous le nom de Kociuszko et 
l'air d'anciennes Légions. Ces trois morceaux, populaires en 
Pologne, assurèrent les succès de la Marche, qui fut exé- 
cutée par la musique militaire dans chaque régiment. N'ou- 
blions pas de mentionner ici Y Ode à Kopernik, dont Elsner 
écrivit la musique, ainsi que la Marche funèbre sur la mort du 
prince Joseph Poniatowski. Elsner est encore auteur d'une Can- 
tate en l'honneur de l'empereur Alexandre I er . Son dernier 
ouvrage fut Y Oratorio, Menka Zbawiciela, qui a produit un effet 
très-grand à son apparition. 

Elsner surveilla lui-même les premières répétitions de cette 
magnifique composition religieuse intitulée : La Passion de Notre- 
Seigneur Jesus-Christ. Elle fut exécutée en grande pompe à 
l'église Évangélique en 1844, sous la direction de T. Nidecki et 
Billing. Déjà entendu à Warsovie trois ans auparavant , cet 
ouvrage éleva très-haut la réputation de l'illustre Elsner qui y 
déploya une grande connaissance des ressources musicales, une 
verve juvénile , unie au charme d'une mélodie pure , rehaussée 
par de beaux développements d'un style classique riche d'har- 
monie et de la science du contre-point. Cet Oratorio fut exécuté 
trois fois de suite ; à la troisième exécution , il y avait encore 
quinze cents auditeurs. « Elsner a droit à notre reconnaissance 
(ajoute le Courrier de Warsovie, en rendant compte de cet 
événement musical) pour cette admirable composition qui fait 



DES MUSICIENS POLONAIS. 175 

honneur à la Pologne. On doit des remerciements à nos institu- 
tions chorales, qui se sont empressées de contribuer à ces repré- 
sentations, dignes du but élevé de l'œuvre et du talent du com- 
positeur. 

Voici le nombre de chanteurs qui prirent une part active dans 
l'exécution de l'Oratorio : 

72 sopranis. 
28 altos. 
70 ténors. 
60 basse tailles. 
De plus, chœur des anges 24 voix, 
chœur d'Israélites 70 voix, 
chanteurs solos 20 voix. 

Orchestre. 

60 premiers violons. 
15 altos. 
42 violoncelles. 
10 contre-basses. 

Instruments a vent. 

8 clarinettes. 
4 hautbois. 
6 flûtes. 

4 bassons. 
6 cors. 

6 trompettes. 

5 trombonnes. 

3 timballes. 

4 harpes. 
4 piano. 
4 orgue. 

4 cloche chinoise. 
4 grosse caisse. 



j76 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Ces représentations eurent lieu au profit de l'Association musi- 
cale de Warsovie et firent un grand bien à sa caisse de secours. 

Ce digne compositeur écrivit un Ave Maria pour le service de 
Javurck. Une Messe de Sainte-Cécile en ré mineur, dédiée à M. le 
Curé Biesch, op. 87. Une autre Messe, op. 88, dédiée à Venceslas 
Prochaska; précédée d'une Messe pour voix d'hommes, op. 85, 
et enfin son Stabat Mater, composé en 4848, op. 93, écrit de la 
main gauche. Sa main droite étant paralysée, l'auteur trouva 
assez de force en lui pour la conception d'une œuvre de cette 
importance. 11 y intercala un chant religieux polonais, Boze 
Kocham Cie , qui donne à cette composition un cachet national. 
Elle est écrite pour quatre voix, solos, chœur et double chœur 
avec accompagnement d'orchestre , mais sans violons, ce qui 
donne une teinte sombre à la composition. Les altos, les violon- 
celles et les contrebasses qui accompagnent avec sourdine, soute- 
nus par les instruments à vent, impriment au Stabat une expres- 
sion religieuse d'un beau caractère. 

Après une existence si bien remplie, Joseph Elsner n'a survécu 
que de deux ans à sa femme. Il mourut, en 1854, à sa colonie , 
près du faubourg de Praga, entouré d'estime et de la considération 
de ses concitoyens et de ses nombreux élèves. 

Son cabinet de travail a été laissé intact par sa famille; on y 
voit sa table à écrire, sa bibliothèque et deux plumes dont il se 
servait avant sa mort. Parmi les lettres des compositeurs illustres, 
on remarque celles de Boguslawski Albert, de Chopin, de L. A. 
Dmuszewski, de Ch. Kurpinski, de Kazynski, de J. N. Kaminski, 
de L. Osinski, d'Aloïse Zolkowski, etc. Une médaille fut frappée 
en l'honneur d'Elsner, à Grotkow, sa ville natale. On a placé son 
portrait à la tribune du grand orgue. Ses œuvres religieuses sont 
au nombre de 105. Il a écrit aussi le poëme d'un opéra Osobliwi 
brada, dont il a composé la musique. Sa vie a été l'objet d'un 
article fort bien écrit par un des meilleurs feuilletonistes et com- 
positeurs de Warsovie, M. Joseph Sikorski. Une bague en or 
fut offerte à Elsner, en 1820, au nom de la jeunesse polonaise, 
par Xavier Godebski. 

ELSNER (Caroline), née Drozdowska, épouse du célèbre 



DES MUSICIENS POLONAIS. 177 

compositeur de ce nom et son élève pour le chant, commença à 
jouera Warsovie dans le drame deSidonia, vers 4802, travailla le 
chant et débuta en 1808 dans le rôle de Briséis , dans l'opéra 
d'Achille , de F. Paër. Cette brillante représentation eut lieu en 
présence du roi de Saxe, grand-duc de Warsovie, connaisseur et 
grand protecteur de la musique dramatique. Vivement applaudie 
et appréciée, Caroline Elsner remplaça M me Dmuszewska dans 
les premiers rôles. Elle eut beaucoup de succès dans Geneviève, 
reine d'Ecosse, de Mayer. L'habile chanteur Szczurowski remplis- 
sait le rôle de Musico avec sa belle voix de basse-taille. L'illustre 
Elsner écrivit deux scènes pour l'opéra d'Achille pour sa femme, 
dont la réputation, comme cantatrice, augmenta encore dans 
l'opéra de Sardzino , et dans le Palais de Lucifer, musique de 
Kurpinski. En 1813, M me Elsner chanta dans l'opéra de Jean de 
Paris, et remplit ensuite le rôle de Dona Anna, dans Don Juan, 
avec beaucoup d'éclat. Après avoir chanté la Vestale, en 4821, elle 
quitta la scène la même année et se retira à la campagne, où elle 
vécut jusqu'en 4852 avec son mari. Cette recommandable artiste, 
née en 1785, était tille de Pétronelle Drozdowska, ancienne pen- 
sionnaire d'Albert Boguslawski. 

ELWART (Antoine), compositeur d'un haut mérite, professeur 
d'harmonie au Conservatoire impérial de Musique. Pensionnaire 
de l'Académie de Rome, chevalier de plusieurs ordres. Né à Paris 
le 48 novembre 4808, d'un père polonais et d'une mère française. 

Il commença à l'âge de onze ans l'étude de la musique à la maî- 
trise de Saint-Eustache , sous la direction de Ponchard père. A 
quatorze ans, il avait déjà composé la musique d'un opéra-comique 
en un acte. 

Ayant été présenté à Reicha par M lle Mercier , l'une des élèves 
de ce savant professeur, il se mit à travailler l'harmonie sous sa 
direction, et à seize ans il écrivit une messe à quatre voix avec 
soli et accompagnement de grand orchestre. Il entra bientôt dans 
la classe de composition et fugue de M. Fétis. Plus tard, en 4826, 
le célèbre Lesueur accueillit Elwart parmi ses élèves. Celui-ci, 
après avoir obtenu plusieurs récompenses, remporta enfin le 
premier grand prix à l'Institut, en 4834, et partit pour Rome. 

12 



J78 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Le père d'Elwart était un humble artisan instruit, et d'une 
probité intègre. Il s'était expatrié de la Pologne , dès l'âge de dix- 
huit ans et vint s'établir à Paris en 1789 , où il se maria et mourut 
en 1844. 

Un épisode touchant , de l'époque du partage de la Pologne , 
frappa vivement l'esprit du père d'Elwart. C'était en 1778 , la 
famille polonaise rentrait de la messe à midi sonnant , lorsqu'un 
bruit de marteaux retentit du dehors et vint interrompre le Béné- 
dicité que le père de famille récitait à haute voix. Il envoya la 
servante s'informer de la cause de ce bruit insolite. La maison 
étant située tout près des portes de la ville , la servante revint 
bientôt toute troublée en disant à son maître que ce bruit de mar- 
teaux était causé par les ouvriers, chargés de clouer les armes de 
Brandebourg, sur les poteaux de la ville. A cette nouvelle , tous 
les yeux se remplirent de larmes, les cuillers tombèrent des 
mains, et les plus jeunes frères du père d'Antoine Elwart éprou- 
vèrent une douleur dont ils ne comprirent pas encore toute la 
portée. 

Pendant le séjour que fit Antoine Elwart à l'Académie de 
France à Rome de 4834 à 1836, il reçut une lettre très-flatteuse 
de Cherubini, annonçant qu'il lui gardait un emploi pour l'époque 
de son retour prochain en France. A Rome, Elwart composa un 
quatuor pour instruments à cordes, qu'il dédia à Ambroise Tho- 
mas, son condisciple. 

Ce quatuor fut suivi d'autres compositions plus importantes , 
entre autres : un acte à la mémoire de Bellini , exécuté au théâtre 
délie Valle de Rome. Le public, ravi et touché, rappela Elwart 
après la représentation. En 1850, l'illustre Cherubini donna à 
Elwart une preuve d'estime et de justice en le nommant pro- 
fesseur d'harmonie au Conservatoire de Musique, malgré l'oppo- 
sition de certaines personnes influentes. Elwart composa bientôt 
pour le théâtre des Arts de Rouen un opéra intitulé : Les Cata- 
lans, qui obtint du succès. Cet ouvrage avait été destiné d'abord, 
par les auteurs, au théâtre de la Renaissance, et fut essayé par le 
célèbre chanteur Duprez, alors dans la plus grande vogue. 

Malgré les beautés de la partition, elle ne put voir le jour à 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 179 

Paris , mais Ehvart ne se découragea pas pour cela. Il écrivit un 
grand nombre d'ouvrages par lesquels il se plaça au premier rang 
des compositeurs et des littérateurs de l'époque actuelle. Ses 
œuvres si variées, remarquables par le style, la conception et le 
travail harmonique sont classées par genres. Nous donnons ici le 
catalogue complet des productions de cet habile maître. 

OUVRAGES DIDACTIQUES. 

1836. — Solfège enfantin, avec images, texte français et anglais. 
Paris, chez Desessert, passage des Panoramas. 

1836. — Etudes élémentaires de la Musique , 3 volumes in-8°. 
Paris, chez Tantestein et Cordel, rue de la Harpe, 92. 
Cet ouvrage , dont onze mille exemplaires ont été 
vendus, avait été commencé par MM. Damour et 
Burnett. M. A. Ehvart est le seul rédacteur de la 
méthode de chant et de celle d'harmonie. 

1838. — L'Art de chanter en chœur, suivi des Heures de V En- 
fance. Paris, chez Canaux, rue Sainte-Apolline, 17. 
Vie de Duprez et de son maître Choron, in-8°. Paris, 
chez Victor Magin. 

1838. — Discours sur les causes de la décadence de l'Art musical 

et religieux. Inséré dans le Journal de l'Institut his- 
torique. 

1839. — Petit Manuel d'harmonie, arrivé à sa -4 e édition, et 

traduit en 1845 en langue espagnole, pour le Con- 
servatoire de Madrid, par M. F. Valldemosa. Paris, 
chez Colombier, 6, rue Vivienne. 

1840. — L' Art de jouer impromptu de l'alto-viola. Même adresse. 

Essai sur la transposition musicale, in-8°. Chez Joly, 
à Paris. 

1841. — Théorie et Pratique musicales, 2 e édition, in-8°. Chez 

l'éditeur Colombier. 
1841. — Mémoire adressé à l'Académie des Sciences, sur ia 
sonorité de la vasque de la fontaine de la cour d'hon- 
neur du palais de l'Institut. (Cette vasque, lorsqu'on 



180 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

la frappe avec la paume de la main , donne l'accord 
parfait de fa majeur.) 
4842. — Comme l'Amour s'en va. (Non représenté ; un acte.) 

1842. — Le Premier Opéra. (Non représenté; un acte.) 

1843. — Chanteur- Accompagnateur. Publié par l'auteur. 

De 1836 à 1852, M. A. Ehvart a écrit la plupart des articles 
importants de l'Encyclopédie du XIX e siècle, et collaboré avec les 
journaux spéciaux de musique les plus estimés , tels que la 
Gazette musicale, la Bévue des Beaux- Arts , Y Orphéon , le Ménes- 
trel, la France musicale, etc., etc. 

1853. — L'Harmonie musicale , poëme didactique en quatre 
chants, unique ouvrage de ce genre encore publié. 
Paris, chez Amyot, éditeur, rue de la Paix. 

OUVRAGES DRAMATIQUES. 

1831. — Airs de l'Ange gardien, opéra-vaudeville, joué aux 

Variétés. 

1832. — Airs de la Journée aux Aventures, pièce jouée aux 

Folies dramatiques. 

1835. — Ommagio alla memoria di Bellini, un acte , représenté 
avec succès sur le théâtre délie Yalle de Rome(direc- 
torat de M. Ingres). 22 novembre. 

1840. — Les Catalans, grand opéra en deux actes, représenté 
sur le théâtre des Arts , à Rouen , avec beaucoup de 
succès. (1 er juin.) 

1847. — L'Alceste d'Euripide, traduit par H. Lucas, ouvertures, 
entr'actes, chœurs, solos et musique ninique, repré- 
senté sur le théâtre de l'Odéon, à Paris (16 mars). 

1849, _ L e Sommeil de Pénélope , monologue lyrique , repré- 
senté très -souvent en province. 

ORATORIOS (POÈME ET MUSIQUE). 

4845. — Le Déluge, exécuté à Paris, salle Hertz, le vendredi 
saint. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 181 

1846. — La naissance d'Eve, exécutée au Conservatoire. 

1847. — Les Trois Jérusalem. 

1851 . — Les Noces de Cana, d'après le tableau de Paul Véronèse. 

Mystère en un acte. 
1850. — Ruth et Booz, de Villenyis, symphonie vocale exécutée 

avec un très-grand succès par une masse de deux 

cent cinquante choristes. Les voix remplacent toute 

autre espèce d'accompagnement. 
1854. — Les Chercheur» d'or, grand opéra en trois actes. 

MUSIQUE D'ÉGLISE. 

1825. — Première Messe solennelle, exécutée à Saint-Roch, k 
Paris. Quatre voix, solo, chœurs et orchestre. (L'au- 
teur n'avait alors que seize ans et demi. 

1832. — Deuxième Messe solennelle , exécutée le jour de la fête 

de Sainte-Cécile, par les choristes et les musiciens 
des Italiens et de l'Opéra-Comique. 

1833. — Messe de Mariage. 
1833. — Messe de Requiem. 

1835. — Troisième Messe solennelle , composée à Rome et exé- 
cutée à Saint-Eustache, en 1839. 
1837. — Messe à trois voix, exécutée à Saint-Eustache. 

1840. — Oratorio funèbre pour les funérailles de Napoléon 1 er . 

1841 . — Oratorio et Messe du baptême de S. A. R. Mgr le comte 

de Paris, exécutée à Notre-Dame , le 2 mai , devant 
toute la cour. 

1842. — Messe à deux voix de femmes, avec orgues. 

1843. — Messe à quatre voix, avec orgues. 

IN H. — Messe à quatre voix, pour les orphéonistes. Cette messe 
a été souvent chantée par les sociétés musicales 
d'ouvriers. 

1845. — Miserere, à huit voix, dédié à Pie IX. 

1846. — Litanies de la Vierge, et plus de douze motets. 
1817. — Deuxième Messe d'orphéon, à quatre voix sans accom- 
pagnement. 



182 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

1848. — Te Deum. Grand chœur avec accompagnement de mu- 

sique militaire , chanté deux fois sur la place de la 
Concorde. 

1849. — Messe militaire exécutée également pendant une fête 

publique et officielle. 
Un grand nombre de motets Pie Jesu, chantés aux 
funérailles de Casimir Delavigne, de Charles Nodier, 
et au bout de Tan de Lesueur, le maître de M. A. 
Elwart. 

1850. — Messe de Mariage , exécutée à Notre-Dame-de-Lorette,. 

le jour du mariage de la fille de M. A. Elwart. 

1854. — Hymne à sainte Cécile, couronnée et exécutée à Bor- 

deaux, le 22 novembre, publiée à Paris en 1855. 

1855. — Quatrième Messe solennelle, à trois voix soli et chœurs, 

également couronnée et exécutée à Bordeaux, le 
22 novembre. 

1856. — Salut impérial (God save français), exécuté devant 

l'Empereur, le 31 décembre, par cinq cents soldats 
et cent musiciens de la garde impériale. 

MUSIQUE DE CHAMBRE. 

vocale. Plus de cent cinquante mélodies de tous les 
caractères, parmi lesquelles on remarquera 
les stalactites, h' Album des personnes pieuses , 
les Mélodies du Soir et la Prière des petits 
Enfants, composée à Rome en 1835, et ayant 
obtenu un succès populaire. 
instrumentale. 6 ouvertures à grand orchestre. 

30 quatuors pour violons, alto et violoncelle. 

4 quintettes, — — — 
3 trios, — — — 

5 symphonies à grand orchestre. 

NOMS DES ÉLÈVES MARQUANTS DE 31. A. ELAVART. 

MM. Albert Grisar (opéras-comiques), Th. Gouvy (symphonies) , 



DES MUSICIENS POLONAIS. 183 

Deldevez (ballets), Placé, Aimé Maillart (opéras-comiques), 
Emile Prudent (Pianos), Georges Bousquet (critique musi- 
cale et opéras) , Mesdames Adrienne Picart, Clara Peiffer, 
pianistes compositeurs distingués (symphonies), MM. L'Hôte, 
Fossey, Werrimot, Eugène Denaux : prix de la classe 
d'harmonie; Savary (musique militaire), Charles Manry 
(messes), Albert de Waresquiel (piano et chant), Laurent 
de Rillé (chœurs et chansons populaires), Célestin Tingry 
(symphonies), etc. 
ENDEN (Jacques-Von) , musicien du xvi e siècle, fut un des 
membres de la confrérie de Cracovie : Senio)^es fraternitatis 
Musicorum Cracov. Il avait un grade supérieur , avec Stanislas 
Koszyçki, Jean Kurowski et d'autres, qu'on appelait Magistri 
seu fratres. 

Cette confrérie, nommée Contubernium Musicorum, avait ses 
règlements et statuts , qui furent approuvés par Wladislas IV , en 
4642, et plus tard par Michel Korybut, roi de Pologne. Les 
musiciens qui composaient cette société, ou corps de métiers 
(cech), appartenaient à différentes sections; on les désignait par 
leurs instruments (1), depuis les cymbaliers jusqu'aux violons. Il y 
avait des anciens et des jeunes magistri et juniori et des compa- 
gnons musiciens non ex arte. Les anciens étaient libres d'impôts 
(Antiquités de la ville de Cracovie, par Ambroise Grabowski, 1850). 
ENGEL ( ) , maître de chapelle à Warsovie , cité 

dans le Dictionnaire historique des Musiciens, par Al. Choron et 
F. Fayolle, fit graver, en 1772, six symphonies à huit voix. 

ERNEMANN (Maurice), pianiste et compositeur de musique à 
Warsovie , jouit de la réputation d'un bon professeur dans cette 
capitale. En 1836, cet artiste y donna un concert, qui fit sensa- 
tion. Ses premières œmrcs parurent chez Hofmeister à Leipzig. 

ESCUDERO (Pierre), violoniste espagnol très-distingué , élève 
de Baillot, séjourna longtemps en Pologne, ayant été accueilli 
avec distinction par la noblesse polonaise. M. Escudero conserva 
de l'attachement à la Pologne et entretint des relations amicales 

(1) Cymbalislowic, Serwislowie,takze zwani serbinowie i szyposze. 



184 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

avec les principaux artistes de ce pays, entre autres avec Lipinski, 
Karczmit, Lowczynski , etc., et avec les amateurs distingués, 
comme les princes Radziwill, le prince Michel Oginski, les comtes 
Wielhorski, le comte Lonczynski, et plusieurs autres. Le premier 
voyage de Pierre Escudero à Wilna date de 1814. Il donna deux 
concerts dans cette ville et visita Strawienniki , résidence du 
prince Gabriel Oginski. Ensuite il donna un concert à Minsk 
pendant les contrats de 1815 , et partit pour Warsovie avec le 
comte Rodolphe Tyzenhaus, colonel d'artillerie, grand amateur 
de violon. A Warsovie , le talent d'Escudero produisit une vive 
sensation; il passa quelque temps à Arkaclya , dans la famille 
des princes Radziwill, visita Kiiow pendant les contrats de 1816, 
1817 et 1818, où ses concerts furent très-fructueux. Cet artiste 
retourna ensuite à Minsk, passa quelque temps dans la famille 
de Moniuszko et de Ratynski, et partit pour Moscou, puis pour 
Saint-Pétersbourg, revint à Riga et Mittau, passa l'été en Cour- 
lande , séjourna à Vilna et à Zoludek, chez le comte Rodolphe 
Tyzenhaus, passa l'hiver à Radziwilmonty, habita la Lithuanie 
jusqu'en 1821, fit un deuxième voyage à Warsovie, puis à Posen, 
et revint à Paris en 1822, après avoir donné des concerts à 
Berlin, à Cracovie, à Vienne et à Carlsbad. Fixé pendant quelque 
temps en France, Pierre Escudero y acquit la réputation d'un 
violoniste habile. Il interprète à merveille les compositions 
classiques des grands maîtres. Les voyages qu'il fit en Espagne et 
en Angleterre consolidèrent encore sa réputation. Il revint encore 
en Pologne et en Russie vers 1842, visita ensuite l'Angleterre , où 
il se fit entendre comme chanteur, et prit le parti de se fixer à 
Paris comme professeur. M. Escudero possède une voix de haute- 
contre très-remarquable ; il chante admirablement Y Adélaïde de 
Reethoven. 

EUTITIUS (Augustin), frère mineur, vivait en 1643 et faisait 
partie, comme chanteur et compositeur, de la célèbre chapelle 
de Wladislas IV, roi de Pologne. Un canon de la composition 
d'Eutitius, à trois voix, que l'on trouve dans le Cribro de Sacchini, 
p. 209, se distingue par l'art avec lequel sont disposées les notes et 
les pauses dans ce morceau (Dictionnaire de Choron et Fayolle ). 



DES MUSICIENS POLONAIS. 185 



FANTONI (Louis), mitsico italien, attaché au service de 
Wladislas IV, roi de Pologne. Il est question de lui dans l'ouvrage 
d'Albert Vimina, sur la Pologne. Cité par S. Ciampi, dans sa 
Biographia critica, Fantoni paraît avoir été placé très-haut dans 
la faveur du roi de Pologne. 

FAUSTINA-BORDONI-HASSE {Voyez Hasse). 

FECHNER (Pauline), pianiste et compositeur à Warsovie, 
publia un grand nombre d'ouvrages pour piano, bien écrits et qui 
ne manquent pas d'un certain mérite. M me Fechner commença 
à se faire connaître vers 1840 dans la capitale de Pologne. (Cour- 
rier de Warsovie). 

FELSZTYNSKI (Sebastien), ou Sébastien de Felsztyn, un 
des plus savants musiciens érudits que la Pologne ait produits. 
Né vers la fin du xvi siècle dans la petite ville de Felsztyn, 
à quatre lieues de Przemysl en Galicie, berceau de l'illustre et an- 
tique maison d'Herburt, Sébastien de Felsztyn suivit les cours 
de l'Université de Cracovie dès sa jeunesse, et fut nommé 
bachelier Artium liberalium, puis tribun de Samborz, et, selon 
Janocki, son biographe, Primus omnium musicem docere Crocoviœ 
cœpit. Il forma un célèbre élève dans Martinus Leopolita (Martin 
de Léopol) qui fut maître de musique de Sigismond-Auguste. 
Devenu professeur de l'Université de Cracovie après s'être fait 
prêtre, Felsztynski s'occupa avec succès du chant choral, écrivit 
beaucoup, in musica arte et doctrine:, magnam adeptus est nominis 
eclebritatem. Nommé supérieur de Sanok par l'influence de Nicolas 
Herburt, Castellan de Przemysl, il refusa cette place pour se con- 
sacrer aux sciences, et in omnibus ingénias ariibus , comme il est 
dit dans Janociana. Cet illustre professeur, protégé par le roi de 
Pologne Sigismond I er , est peu connu des historiens polonais à l'ex- 
ception de Daniel Janocki (voyez Janociana , tome I, § xxix). Los 
autres écrivains font à peine mention d'un homme très-verse dans 
son art, et qui fut le doyen de l'enseignement musical en Pologne. 



186 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Ses principaux ouvrages sont en latin, savoir: Opusculum musice 
compilatum noviter per dominum Sebastiannm presbyterum de Fel- 
stin. Pro institutione adolescentium in Cantu simpliciseu Gregoriano, 
avec vignette représentant six personnages se livrant à l'exercice du 
chant, sans date ni lieu d'impression; mais d'après Janociana, cet 
ouvrage est de 1519, imprimé à Cracovie, chez FI. Ungler, in-4°. 
Je dois à la gracieuseté du prince Wladislas Czartoryski et à 
l'obligeance de M. Charles Sienkiewicz la communication de ce 
précieux ouvrage, sauvé des désastres de la guerre de 1831, 
lequel, pour l'époque où il fut écrit, est un livre didactique 
d'un haut intérêt pour la bibliographie musicale polonaise. Ce 
petit volume, couvert des annotations, en caractères gothiques- 
allemands, dune écriture très-fine, d'une main inconnue, est 
divisé en deux ouvrages. Le premier traite de Musica choralis et 
commence par ces deux vers. 

Qui ducis vultus, et non legis ista îibenter, 
Omnibus invideas, livide nemo tibi. 

Vient ensuite od lectorem , une pièce de dix-huit vers. 

A la deuxième page du haut : Tu, laude Pulchcrrime artis musicœ, 
assummo dictum divini David qui ore prophetico Psalmo centesimo 
quarto cecinit : «Cantate ei, et psallite ei ; narrate, omnia mirabilia 
ejus. » In quohortat nos ad laudandum Deum. Avant le I er chapitre on 
lit sur la même page, Boeti capitulo, libri primi. Triplex esse 
musica describitur ; à la page suivante : a Ad cognitionem ante scale 
vel, » suivi d'un dessein de trois gammes, dur aies , be molles , 
naturales , puis l'échelle ancienne d'après le système de Gui 
d'Arezzo. 

Capitulum primum, de Modis, auquel on a ajouté une table de 
modes, sur un morceau de papier, ce petit manuscrit est relié à 
l'ouvrage. Ce I er chapitre contient l'explication de Modis per fectis 
et de Modis imper fectis; après laquelle il y a « Exercitium modorum 
musicalium ; » pour le discantus commençant par ces paroles : Con- 
cinito cclse puer, etc., et ensuite pour trois voix, discantus, ténor 
et bassus en petites notes carrées. 

Capitulum secundum, de Vera solmisationis arte , avec des 



DES MUSICIENS POLONAIS. 187 

exemples pour les dicantus, ténor et contra (sexta régula). 

Capitulum tertium, de Cognitione tonorum, divisée en plusieurs 
parties, savoir : 

Haec figura ostcndit fines tonorum. 

Repercussiones tonorum. 

Sequentur finalia tonorum. 

A la fin du chapitre, explication de huit tons religieux. Belle 
impression, exemple pour les discantus, ténor et contra. 

De transpositione tonorum , avec le dessin de Scala ficta et des 
exemples pour la solmisation sur six lignes. 

Exemplum fîctœ solmisationis. Sequentur très consonantiie musi- 
cales, sequitur figura; proportioni, diapason in duplici propor- 
tione diapente in sesqualtera, diatessaron in sesqterciœ, tonus 
in sesq. octava. 

Avec les finales des tons : à la fin de la première partie on lit : 
Finit musica choral is domini Sebastiani presbyteri de Felstin artium 
liber alium baccalarii. Il y a vingt et une pages d'une impression un 
peu différente de la deuxième partie intitulée : Opuscidum musica? 
mensuralis , qui renferme six chapitres avec la même vignette et 
des exemples pour trois voix, marqués par des notes carrées 
blanches sur un fond noir. Voici les titres de ces chapitres : 

Capitulum primum de Triplici specierum. Les notes sont impri- 
mées sur des portées noires. 

Capitulum secundum, cujus prima pars est de Pausis. 

Capitulum tertium, prima pars de Punctis. 

Capitulum quartum, de Alteratione. 

Capitulum quintum, de Augmentatione. 

Capitulum ultimum,de Proportionc; douze pages, imprimées en 
beau texte; à la fin on a placé la même phrase qu'à la première 
partie : Finis utriusque musica; tam choralis quam mensuralis , 
qvai ad imprimendum data est per Sebast. de Felstin artiinn 
baccalarium. 

Cet intéressant traité dut avoir plusieurs éditions; on croit 
même que la première partie précéda de deux ans la Musica 
mensuralis. Mais les exemplaires en sont très-rares; selon ma 
correspondance de Cracovie, la bibliothèque de M. Swidzinski en 



188 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

possède un; celui que j'ai devant mes yeux est très-bien conservé : 
il appartenait à la bibliothèque de Pulawy, des princes Czar- 
toryski, riche en ouvrages spéciaux pour la théorie musicale du 
xvi e siècle. II est à remarquer que les ouvrages de Séb. de Felstin 
sont peu connus des historiens qui ont écrit sur la musique; ni 
Forkel,dans sa Littérature générale , ni Gerber dans son Diction- 
naire des musiciens, n'en parlent, et cependant ces ouvrages, 
écrits en latin, au nombre de cinq, existent depuis trois cents ans. 
L'abbé de Brossart , qui nous a donné les noms de neuf cents 
écrivains sur la musique, ne mentionne pas Séb. de Felstin; il ne 
cite du reste que deux écrivains polonais, Sig. Lauxmin, S. J., et 
Spangenberg de Cracovie. Ce silence ne s'explique pas chez les 
biographes allemands, qui sont à portée des bibliothèques de 
Cracovie, de Dantzik, de Thorn, de Breslau, de Léopol, etc., 
riches en ouvrages du xvi e , xvn e et xvm e siècles. On doit 
regretter que a YAlgemeine litteratur der musik » soit si pauvre 
en renseignements sur les ouvrages des musiciens polonais du 
xvi e siècle, l'âge d'or de la littérature polonaise. 

Voici maintenant la nomenclature de quatre autres ouvrages 
de Séb. de Felstin , d'après Janociana. 

II. Aliquot Hymni ecclesiastici. Vario melodiarum génère editi, 
per dominum Sebastianum Felstinensem , artium baccalarium. 
Cracoviae apudHieronymum, Vietorem anno Domini mdxxii, in-8°. 

Cet ouvrage fut écrit par l'auteur, à la demande du roi de 
Pologne Sigismond 1 er , voyez l'article de J. Woronicz sur les 
Chants polonais, inséré dans les Annales de la Société royale des 
A?nis des sciences de Warsovie. Tome II, page 301. 

III. Opuscidum Musices, noviter congestum per honorandum 
Sebastianum Felstinen. artium baccalarium : pro institutione 
adolescentium in cantu simplici seu Gregoriano. Addita est Musica 
figurativa, Martino Cromero Biczensi, auctore, impressum Craco- 
viae, per Hieronynmm Vietorem, anno d. mdxxxiiii, in-i°. 

Ce titre annonce une nouvelle édition du premier ouvrage , 
déjà cité, auquel on a ajouté le petit traité de Kromer, un de nos 
grands écrivains (Voyez ce nom). 

IV. Divi Aurelii Augustini , episcopi Hipponensis, de Musica. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 189 - 

Dialogi VI reverendi patris et domini Erasmi, AbbatisMogilen. aus- 
picio editi, per venerabilem D. Sebastianum de Felstin, artium 
baccalarium acSanocensis Eeclesiœ parocum. Cracoviae in ofticina 
Hieronymi Vietoris. Die VIII, anno salutis nostrœ mdxxxvi, \n-Ao. 

V. Directiones Musicœ, ad cathedralis Ecclesise Premisliensis 
usum. Magnifico Domino D. Nicolao Herborto a Felstin, Castel- 
lano Premisliensi, Domino ac Patrono suo Benignissimo gratitudi- 
nis causa oblatœ : per venerabilem D. Sebastianum Felstinensem, 
Artium liberalium baccalarium, ac Sanoc. Ecclesiae parochialis 
rectorem. Excudebat Hieronymus Vietor régis chalcographus.. 
Cracoviw, anno MDXLimkal. octobris, in-4". 

Les auteurs polonais qui ont parlé du vénérable Sébastien de 
Felstin sont : Simon Starowolski , dans Elogiis de cent uni 
Poloniœ scriptoribus , simple mention. J. Woronicz, déjà cité. 
L'abbé Iuszynski, dans le Dictionnaire des poètes polonais. Le- 
comte Ignace Potocki, dans le Pamientnik Warszawski, 1818, 
mois de février. Félix Bentkowski, dans l'Histoire de la littérature 
polonaise. J. Lelewel, dans les deux livres de Bibliographie polo- 
naise, et enfin Daniel Janoçki, dans le précieux ouvrage intitulé : 
Janociana , tome I, page 77 , § xxix. Plusieurs auteurs écrivent 
Fulsztyn, au lieu de Felsztyn, nous avons cru devoir nous tenir à 
l'orthographe du titre même de l'ouvrage. 

FERRARI ( ), violoniste, natif de l'Ukraine, était 

le fils d'un maréchal ferrant au service du comte Potocki à 
Tulczyn. Les dispositions qu'il montra pour la musique déci- 
dèrent son seigneur à l'envoyer en Italie pour étudier le violon. 
Les renseignements manquent sur ce musicien qui avait du 
talent, selon les témoignages des personnes honorables, qui 
l'ont entendu à son retour en Pologne (Correspondance particu- 
lière). 

FEUILLIDE ( ), Français de naissance, se fit 

connaître à Warsovie par une belle voix de ténor et mourut 
jeune, vers 18*2-2. Cet artiste s'était concilié l'estime généralo pen- 
dant son séjour à Warsovie (Gazette musicale de Leipzig). 

FILIPOWSKA (Reyna), poétesse du xvi e siècle, auteur d'un 
Onomasticon en vers polonais, qui se trouve en tête d'un recueil 



190 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

de chants religieux, imprimé à Cracovie, en 1557, chez Math. 
Siebeneieher , avec musique. (Voyez l'histoire d'Ephraïm Oloff, 
Polnische Liedergeschichte.) 

FILIPOWICZ (S. J.), laissa des fonds pour une musique 
d'église , qui devait être attachée à la cathédrale de Saint-Jean , à 
Wilna (1684). Il mit pour condition que les musiciens joueraient 
chaque année chez les PP. Bernardins, pendant l'octave de l'Imma- 
culée Conception (Histoire de Wilna, par Kraszewski). 

FILIPOWICZ (Élise-Minelli), née Mayer. Cette habile violo- 
niste est née à Rastadt, en 1794; mais, ayant été adoptée par une 
famille d'origine polonaise et ayant épousé, en secondes noces, 
M. Filipowicz, gentilhomme lithuanien, elle s'attacha à sa patrie 
adoptive et éleva sa fille dans les sentiments d'une bonne Polo- 
naise. Douée d'une heureuse organisation musicale, M mc Fili- 
powicz eut le bonheur d'avoir pour maître de violon le célèbre 
Spohr, qui s'occupa de son élève avec la plus tendre sollicitude. 
On conçoit que , sous un tel professeur, la jeune violoniste fit de 
rapides progrès. Elle se fit entendre dans plusieurs villes d'Alle- 
magne , sous le nom de M me Minelli. Plus tard, elle habita la 
Pologne, dans la famille du comte Starzenski et, lorsqu'après 
les événements de 1831, M. Filipowicz partit pour partager le 
sort de ses compatriotes , M me Filipowicz vint en France où 
son talent fut apprécié , et dès son début elle eut le succès le 
plus brillant. Après avoir passé deux ans à Paris , elle partit poiir 
Londres en 1835, recommandée à la cour et à plusieurs personnages 
de l'aristocratie anglaise, qui accueillirent M rac Filipowicz avec 
distinction. Après plusieurs années de séjour en Angleterre, elle 
mourut en 1841, au milieu de ses triomphes à l'âge de quarante- 
sept ans; pie urée par sa famille et regrettée par les plus éminents 
artistes de Londres. Le seul ouvrage gravé de cette artiste distin- 
guée a paru à Londres chez Cocks , intitulé : Fantasia on Polish 
airs for the violin vith un accompagnement for the piano. Forte 
dedicated to Louis Spohr , his Pupil. Ses autres compositions en 
manuscrit sont : 

1° Warsovienne , variée pour violon solo, avec accompagne- 
ment d'orchestre : 



DES MUSICIENS POLONAIS. 191 

2° Introduction et Rondo, sur des thèmes polonais, pour violon 
avec accompagnement de piano ; 

3° Divertimento , Scherzoso , sur des thèmes polonais pour le 
violon avec piano; 

-4° Rondo alla Polacca pour violon , avec accompagnement de 
piano; 

5° Variazioni, Capriziosi pour violon, avec accompagnement de 
piano ; 

6° Trois valses pour violon, alto et piano. 

FINGK (Henri), compositeur distingué, d'origine polonaise, 
maître de chapelle de Jean Albert, roi de Pologne , vers la fin du 
xv e siècle. Le lieu de naissance de Henri Finck n'est point connu, 
mais il passa les premières années de sa jeunesse en Pologne, 
ainsi que le prouve le passage suivant d'Hermann Finck, son 
neveu, dans la préface de Practica Musica : « Ut autem Béas vidt 
» cœteras ortes Ecclesiœ utiles a gubernatoribus foveri , ita vidt et 
» Musicœ studio, ab eis conservari, qua in re magna laus et fuit, et 
y) nunc est Regum Poloniœ. Extant melodiœ, in quibus magna artis 
» perfectico est, compositœ ab Henrico Finckio , cujus ingenium in 
» adolescentia in Polonia excultum est, et postea Regia liberalitate 
» ornatum est. Hic cum fuerit patruus meus magnus, gravissimam 
» causant habeo cur gentem Polonicam prœcipue vénérer , quia 
» excellentissimi Régis Polonici Alberti, et fratrum liberalitate hic 
» meus patruus magnus ad tantum artis fastigium pei^venit . Itaque 
» in editione hujus operis, prœcipue ad Celsitudinem vestram scripsi, 
» ut ostenderem me beneficiorum memoriam, quœ in meam familiam 
t a Regibus et Principibus Polonicis collata sunt, perpétua grati- 
y> tucline et retinereet celebrare. » Il paraît certain que Henri Finck 
passa une grande partie de sa vie en Pologne, attaché au service 
des princes de la maison des Jagellons, mais il jouissait en Alle- 
magne d'une grande réputation comme compositeur de génie ; 
on lui reprochait seulement d'avoir un peu de dureté dans son 
style. Ses compositions et son érudition furent appréciées par ses 
contemporains; mais d'après une anecdote citée par plusieurs 
historiens, il paraît que le roi son maître ne fut pas de cet avis , 
£ar un jour qu'il lui demandait une augmentation de traitement, 



192 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

le roi lui répondit : « Un pinson que je fais enfermer dans une 
» cage me chante toute Tannée et me fait autant de plaisir que 
» vous, quoiqu'il ne me coûte qu'un seul ducat. » Cette anecdote, 
toute piquante qu'elle est, ne paraît pas vraisemblable, car les 
rois de Pologne , surtout ceux de la maison de Jagellon , proté- 
geaient beaucoup les arts et récompensaient généreusement les 
artistes. Les ouvrages de Henri Finck sont fort rares; on en trouve 
un dans la bibliothèque de Zwickau, sous ce titre : Schœne ausser- 
lesene lieder des hochberumpten Heinrici Finckens samt andern 
neaen Liedern von den fuernemsten diesen kunstgesetzt , lustig zù 
singen und auff die instrument dienlich, vor nie in druck ausgegangen. 
(Jolies Chansons choisies du célèbre Henri Finck, avec d'autres 
nouvelles Chansons mises en musique par le même, pour être 
chantées ou jouées sur un instrument, non encore imprimées;) 
petit in-4° sans date. Selon Gerber, cette collection aurait été 
imprimée vers 1550; elle contient cinquante-cinq chants à voix 
seule. D'autres pièces du même compositeur se trouvent dans le 
Concentus, à quatre, cinq, six et huit voix, de Salblinger, Augs- 
bourg, 1545, in-4°. Les biographes polonais donnent peu de ren- 
seignements sur le séjour de Henri Finck en Pologne, tandis que 
le passage déjà cité d'Hermann Finck dans la préface de sa 
Practica Musica, est un témoignage précieux des relations de ces 
deux compositeurs avec la Pologne. 

FINCK (Hermann), célèbre théoricien et compositeur du 
xvi e siècle, habita la Pologne, et eut des relations avec la famille 
du comte Gorka, ainsi qu'il le dit lui-même dans la préface de son 
important ouvrage intitulé : Practica Musica. Il était neveu de 
Henri Finck, maître de chapelle du roi de Pologne. Sa vie a été 
très-bien décrite par les auteurs du Dictionnaire historique et par 
M. Fetis, dans sa Biographie universelle . Hermann Finck, dans 
l'ouvrage cité, se qualifie de Birnensis (de Berne), mais il parle 
avec éloge de la Pologne, où il reçut l'hospitalité, et qu'il aima 
à cause de son oncle et de la noble famille de Gorka. « Fuit 
» eximia erga me quoque liber alitas Celsitudinis tuœ, Illustris Do- 
» mine Stanislae. Quare et fratrum et tui nominis mentionem hic 
» feci, et vobis hoc opus dedico, ut gratitudinem meam et obser- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 103 

» vantiam erga vos perpetuam, ostendam... Fuit exeellens sa/rientia 
» et virtus Illustris Domini Comitis a Gorca Andreœ patris vestri, 
» et fuerunt salutaria Regno consilia ejus et felix militia. » Ce 
témoignage si flatteur d'un grand artiste pour la Pologne et pour 
la famille de Gorka mérite d'être cité ici comme preuve de la 
reconnaissance de Finck et honorable pour le pays. 

FISCHER (Volbert,) virtuose sur la harpe et le piano, séjourna 
longtemps en Pologne, surtout à Léopol en Gallicie. En 1787, 
cet artiste vint à Paris , où il se fit entendre avec succès (Jour- 
naux de Pologne). 

FISZER ( ), artiste lyrique du théâtre de Wîlna, offrit 

son concours pour l'exécution de la Création du célèbre Haydn , 
qui eut lieu dans la capitale de Lithuanie, en 1809. D'après les 
journaux du temps, l'Oratorio de la Création aurait été admira- 
blement interprété par les amateurs et artistes sous la direction 
du fameux Steibelt, qui se trouva à Wilna à cette époque. Une 
amateur très-distinguée , la femme du docteur Frank, chanta le 
rôle de Y Ange Gabriel, écrit pour elle à Vienne par Haydn, 
mais qu'elle chanta en polonais cette fois. Quant à Fiszer, il fit 
sa partie dans les morceaux d'ensemble et les chœurs {Courrier 
de Lithuanie et Gazette de Posen, de 1809, n° 28). 

FONTANA ( Jules ) , pianiste et compositeur de l'époque 
actuelle, né à Warsovie en 1810. Il apprit le piano comme ama- 
teur d'abord, et étudia la composition sous la direction de Joseph 
Elsner, au Conservatoire de Warsovie. Il y fut le condisciple de 
Chopin, dont l'amitié et le talent imprimèrent, dès l'âge le plus 
tendre, une bonne direction aux heureuses dispositions de Jules 
Fontana. Devenu plus tard lui-même artiste exécutant et compo- 
siteur remarquable , il conserva religieusement le culte de cette 
confraternité dont le souvenir, entouré des premières impressions 
du jeune âge , en donnant à son talent le cachet d'originalité, le 
fit distinguer de la foule des imitateurs. 

Les événements de 1830 le trouvèrent à l'École de droit à War- 
sovie. Il prit du service comme tous ses camarades de l'Université, 
et obtint à la fin de la campagne le grade de sous-lieutenant d'ar- 
tillerie. Une lois dans l'émigration, il dut se servir de son talent 

13 



194! . DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

sur le piano pour subvenir aux frais de son installation à Londres 
comme professeur de cet instrument. Plus tard il vint à Paris, et 
joua avec succès dans plusieurs concerts (1835). Mais là ne de- 
vaient pas s'arrêter ses travaux artistiques. Un horizon plus large 
s'ouvrit à ce jeune artiste : le nouveau monde attirait déjà les 
talents européens. L'Océan lui-même n'était plus un obstacle 
pour les enfants d'Apollon. Fontana partit pour la Havane en 
4841 , reçut partout l'accueil le plus flatteur , donna des concerts 
productifs ; mais, ne pouvant s'habituer au climat, il s'embarqua 
pour New- York, où il donna plusieurs concerts avec Gamillo 
Sivori. Il y resta jusqu'en 1850, époque de son mariage qui le fit 
revenir à Paris. Ayant fixé sa résidence dans cette capitale , 
M. Fontana eut le malheur d'y perdre sa femme, personne d'un 
grand mérite et mère d'une nombreuse famille. 

Les ouvrages de piano publiés à Paris, à Londres, en Alle- 
magne et en Amérique sont au nombre de vingt : 

1° Deux Caprices; Paris, Schlesinger. 

2° Rêverie; idem. 

3° La Reine de Chypre , morceau de salon; idem. 

4° Fantaisie sur le Duc d'Olonne; Paris, chez Troupenas. 

5° Souvenirs de Weber sur l'opéra d'Oberon; ibid. 

6° Fantaisie sur les motifs de Freyschutz ; Paris , chez Trou- 
penas. 

7° Élégie; Mayence, Schott. 

8° Douze Rêveries sur piano en deux suites ; idem, ibid. 

9° Douze morceaux caractéristiques en forme d'études, en 
deux suites; Mayence, Schott. 

10° Réminiscences de la Havane, composées pour les concerts 
Paris, Brandus. 

11° Lolita, grande valse brillante; ibid. 

12° Souvenirs de l'île de Cuba; Paris, Brandus. 

43° Grande valse brillante; Paris, Troupenas, et à Mayence, 
chez Schott. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 195 

14° Fantaisie sur la Somnambule ; ibid. 
15° Feuille d'Album, deux Mazureks; Paris, Troupenas. 
16° Fantaisie sur la Somnambule ; ibid. 
17° Ballade; ibid. 

18° Nocturne; Mayence, chez Schott. 

19° Rapsodie à la Polka; New- York, chez Kerksie et Breu- 
sing. 
20° Deux Romances originales. 

Pendant son séjour à Londres, M. Fontana publia un recueil 
d'airs nationaux polonais, avec traduction anglaise. 

Le titre de l'ouvrage est : Polish national Mélodies; Londres, 
chez Chapel, New Bond-Street. 

Depuis son retour à Paris, M. Fontana a publié les œuvres iné- 
dites de Fr. Chopin. 

FONTESKI (M. ), musicien né en Pologne, fit partie de 
l'orchestre du théâtre français au commencement du siècle; a 
apporté, le premier, les œuvres de Haydn en France; M. Sieber 
père est le premier qui les ait gravés à Paris {Voyez les auteurs du 
Dictionnaire historique des musiciens). 

FOERSTER (Gaspard) , savant bibliophile de Dantzik. Cette 
famille a donné plusieurs musiciens distingués à la Pologne. 
Gaspard, qu'on nommait le vieux ou l'ancien, fut chantre et li- 
braire à Dantzik vers 1643. Il mourut au couvent de Cîteaux, à 
Oliwa (4), en 1652, après avoir embrassé la religion catholique. 
C'est à Gaspard Foerster qu'est dédié le livre de Marco Scacchi, 
maître de chapelle du roi de Pologne, compositeur théoricien, 
Romain de naissance, mais qui passa trente années de sa vie en Po 
logne. Son livre est intitulé : Cribrum musicum. Dans une lettre de 
ce compositeur à Chrétien Werner il est question d'un ouvrage de 
Gaspard Foerster sous le titre : Prœcepta theoretica. Gaspard 
Foerster fut l'ami de Falck, le célèbre graveur son compatriote, 
dont il édita les œuvres à Oliwa. 



(1) Où étaient les tombeaux d'illustres Polonais. Ce couvent, qui renfer- 
mait une riche bibliothèque, re<;ut une autre destination. 



196 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Voici, d'après Simon Starowolski, l'épitaphe de G. Foerster au 
couvent d'Oliwa. 

VIATOR 

SISTE GRADUM PARUMrER 

ET HOMINUM TE MEMINERIS ET ALIENO FATO 

GASPARUS FORSTERUS 

CIU1S ET RIBLIOPOLA GEDANENSIS 

ATQUE MUS1CES IN TEMPLO URBIS PR1MARIO PRAEFECTUS 

VITAE INTEGRITATE, LITTERARUM SCIENCIA 

AC MORUM SUAUITATE INCOMPARABILIS 



ANNO SALUT1S 1652. 



FOERSTER (Gaspard) surnommé le Jeune, neveu du précédent 
né en 1617 à Dantzik, étudia les sciences, les langues et la mu- 
sique dans sa patrie; puis il entra dans la chapelle du roi de 
Pologne après avoir pris des leçons de composition du maître de 
chapelle Marco Scacchi. Mais , pour tous ceux qui voulaient 
pousser plus loin la science musicale, la Pologne n'offrait pas 
assez de ressources, et l'usage" d'aller à Rome pour se perfec- 
tionner à la source de Palestrina et de ses successeurs devenait 
une nécessité de l'époque. Passionné pour la musique, dévoré 
du désir d'égaler un jour les maîtres italiens, le jeune Gaspard 
Foerster demanda le congé et se mit en route pour Rome. 
Après avoir passé quelque temps dans cette ville, il alla à Venise, 
puis à Padoue dont l'Université attirait déjà beaucoup de jeunes 
Polonais. Reçu avec distinction et comblé d'honneurs par les 
Vénitiens, il revint ensuite à Dantzik où il reçut sa nomination 
comme maître de chapelle du roi de Danemark, Frédéric III, 
avec un traitement de mille thalers. Foerster , jaloux de donner 
de l'éclat à sa chapelle, rassembla les meilleurs talents de l'époque, 
entre autres, Ernest Hinsch, organiste de la cour, né à Dantzik, 
élève de Froberger. Toutefois Foerster ne resta pas longtemps à 
son poste : le goût des voyages le détermina à demander un 
congé en 1657. Il se rendit de nouveau à Venise ; la guerre 
ayant éclaté entre les Turcs et la République, Foerster fit la 



DES MUSICIENS POLONAIS. 197 

campagne comme capitaine dans une compagnie, et fut fait che- 
valier de Saint-Marc. Rappelé par le roi, Foerster reprit ses fonc- 
tions de maître de chapelle; mais, habitué à la vie indépen- 
dante qu'il menait à Venise, dès 1661 il donna sa démission et se 
retira à Hambourg; puis il eut le désir de revoir Dantzik, sa ville 
natale. A son retour, il acheta un logement au couvent d'Oliwa 
où il mourut à l'âge de cinquante-six ans et y fut inhumé avec 
grande pompe, en 1673, à côté de son oncle paternel Gaspard 
Foerster. Voici son inscription : 

d. o. M. 

A ETERNAQUE MEMORIA VIRI PRAECLAR1SSIMI 

CASPARI FORSTERI 

MUSICES PER1TISSIMI ET CAPELLE IX URBE 

GEDANENSI TRAEFECTI. 

D'après Walter J. G. Musicalisch.es Lexicon) qui cite son ouvrage 
intitulé ainsi : Si vero theoretia quondam prœcepta valde eximia 
videre cupit , omnino sibi comparet manuscripta Gaspari Forsteri, 
mag. Capellœ Gedanensis , certoque sibi persuadeat se multa in eis 
valde sublimia et nobilissima harmonicœ artis prœcepta reperturwn. 

Plusieurs savants et musiciens de ce nom sont cités dans le 
Dictionnaire de Walther comme descendants de l'illustre famille 
de Foerster de Dantzik. 

Quant aux compositions de Gaspard Foerster, elles sont restées 
en manuscrits, excepté un canon, inséré par Marc Scacchi dans 
son Cribrum musicum. Selon Mattheson, Foerster a fait imprimer, 
son Miroir de l'art (Musikalischer Kunstspiegel) dans lequel on 
fait voir les anciens signes de la notation et les modes, et où l'on 
enseigne d'une manière claire les règles fondamentales de la com- 
position. (Ehrenpforte, pag. 76). 

Gaspard Foerster passait donc pour un des plus forts contre- 
pointistes de son temps; de plus il était un écrivain remarquable. 
Durant ses dernières années passées au couvent d'Oliwa, il faisait 
souvent N des excursions à Dantzik pour faire jouer ses compo- 
sitions. 11 fut le premier qui ait écrit des trios instrumentais 



198 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

pour deux violons et basse de viole, qui eurent un grand succès 
à Hambourg avant son second voyage d'Italie. 

FORSTER ou Foszter , alto , vivait sous le règne de Wla- 
dislas IV et faisait partie de la célèbre chapelle ( Voyez la Des- 
cription de Warsovie par Jarzemski). 

FORSTER (Charles), homme de lettres, auteur dramatique, a 
traduit plusieurs vaudevilles français pour la scène polonaise. 
Etant en France, M. Charles Forster eut l'idée de faire connaître 
dans ce pays les Chants historiques de J. U. Niemcewicz, ouvrage 
unique dans son genre, qu'il publia avec la collaboration de 
principaux poètes français, entre autres : de M me la comtesse 
de Bradi, d'Emile Deschamps, de M me Desbordes- Valmore , 
d'Alexandre Dumas, de L. Halevy, de Jules Lefèvre-Deumier , 
de M. le comte Jules de Resseguier, de M me la princesse C. de 
Salm, de A. Soumet, de M me A. Tastu , de Villenave , et de 
M me M. Valdor, etc. Cet ouvrage commença à paraître par livraison 
en 1833, avec musique, orné de trente-six dessins par les artistes 
français et polonais. Edition de luxe, sous le titre : La vieille 
Pologne , album historique et poétique , contenant un tableau de 
l'Histoire de ce pays accompagné de chants ou légendes. La publi- 
cation de la Pologne fut achevée l'année suivante. 

FRANKEL (Antoine), artiste musicien à Warsovie, finit ses 
jours à l'hôpital de l'Enfant-Jésus en 1849; les renseignements 
manquent sur cet artiste. 

FRANKENSTEIN (Edouard), violoniste, né à Warsovie se fit 
connaître avantageusement dans plusieurs villes de Pologne et se 
fixa à Saint-Pétersbourg. Le journal (\) de cette capitale fait le 
plus grand éloge du violoniste polonais en rendant compte d'un 
concert donné par M. Frankeinstein en 1850 dans la salle de 
Bernadatti. Il paraît que cet artiste tire un beau son de son 
instrument et possède des qualités qui annoncent un grand violo- 
niste de plus. Au reste, les artistes et les compositeurs polonais 
réussissent généralement à Saint-Pétersbourg et rencontrent beau- 
coup de bienveillance chez MM. les feuilletonistes russes. M. Fran- 

(i) Tygodnik Peterbargski. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 199 

kenstein travailla le violon avec le professeur Hornziel à War- 
sovie (Voyez ce nom). 

Dans un voyage à Constantinople M. Frankenstein se fit en- 
tendre devant le sultan , 'qui lui offrit une coupe en témoignage 
de sa haute satisfaction. De retour à Saint-Pétersbourg, cet artiste 
passa des examens en 1856 pour entrer au service du gouver- 
nement (Correspondance particulière). 

FRANK (M ,ne ) , épouse de Joseph Frank , célèbre médecin et 
professeur à l'Université de Wilna, fondateur d'un asile pour les 
pauvres malades. Cette dame possédait une fort belle voix et 
chanta en 1809 à Wilna, le rôle de l'Ange Gabriel, dans la Créa- 
tion, de Haydn, qui fut exécutée en polonais, au profit de Y Asile 
sous la direction de Steièelt par des chœurs, et orchestre nom- 
breux, composés d'amateurs et artistes, d'après le Courrier de 
Lithuanie et la Gazette de Posen, de 1809. M me Frank, qui travailla 
le chant à Vienne, sa patrie, interpréta admirablement l'œuvre du 
grand maître et prononça le polonais avec facilité. Les principaux 
artistes du théâtre de Wilna offrirent leur concours gratuit pour 
les représentations de la Création , qui rapportèrent la somme de 
3,500 ducats. Le rôle de l'Ange Gabriel, écrit pour M mc Frank, 
par le célèbre Haydn, était tout à fait dans sa voix. Le ténor 
Palczewski, et la basse-taille Wolski secondèrent M me Frank, ainsi 
que les D"es Boguslawska et Woycielewicz. En 1811, M me Frank 
chanta dans l'opéra de Salieri, Angiolina, traduit en polonais par 
Je colonel Merlini , qui fut représenté au théâtre de Wilna, au 
profit de la Société de Bienfaisance (Courrier de Lithuanie). 

FRANKOWSKI ( ), violoniste polonais, habita 

quelque temps Blois en France, puis accompagna le célèbre 
violoniste, W. Ernst, dans ses voyagesen qualité de premier violon 
du quatuor d'accompagnement. La Gazette musicale de Leipzig 
parle d'un artiste de ce nom , qui aurait obtenu le prix de violon 
en 1825 à Warsovie, comme élève du Conservatoire de musique 
de cette ville. 

FRÉDÉRIC AUGUSTE III, roi de Pologne, électeur de Saxe, 
aimait la musique et avait une chapelle composée des meilleurs 
chanteurs et virtuoses de l'Europe. Malheureusement ce roi n'en- 



200 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

tendait pas le polonais, il préférait les opéras italiens à tonte 
espèce de musique. Sous son règne on ne chantait pas du tout en 
polonais; son orchestre était nombreux, il avait pour chefs 
d'illustres maîtres allemands , c'étaient : Adolphe Hasse , Heini- 
chen, Pisendel, Zelenka et le célèbre Jean-Séb. Bach lui-même, 
qui reçut le titre de compositeur du roi de Pologne, en 1736. 
L'orchestre résidait tantôt à Dresde , tantôt à Warsovie ; il était 
tenu de jouer dans les appartements royaux les jours de fêtes , 
dans les églises pendant les offices , auxquels le roi assistait et à 
l'Opéra italien, deux fois par semaine. Dans les grandes occasions, 
cet orchestre était secondé par les orchestres particuliers, par celui 
du prince Gzartoryski, chancelier de Lithuanie, et par celui du 
comte Wielhorski. Il comptait alors au delà de cent exécutants. 
On jouait, dans ce temps-là, l'opéra deux fois par semaine, les 
mardis et les vendredis (1733 à 1763). Le même opéra défrayait 
quelquefois toute la saison, le roi y venait régulièrement, il assis- 
tait à toutes les représentations , restant dans sa loge pendant 
trois ou quatre heures; il ne quittait jamais le spectacle avant la 
fin et lorsqu'il voyait la salle vide; il s'étonnait de si peu dégoût 
des Polonais pour un spectacle agréable , qui flattait l'oreille en 
récréant les yeux et auquel on pouvait assister alors gratis; car, à 
cette époque , on pouvait avoir des billets d'entrée sans aucune 
rétribution. Pendant les Diètes , on faisait payer les loges aux 
grands personnages, mais le public pouvait entrer sans rien payer 
à la porte. {Mémoires d'André Kitowicz). 

En 1762 , on donna, pour la fête du roi, un opéra nouveau, qui 
était ainsi annoncé : « Le triomphe de Clélie, opéra qui sera 
représenté au théâtre royal de Warsovie , pour célébrer le glorieux 
jour de nom de Sa Majesté Auguste III, roi de Pologne, Electeur de 
Saxe, etc. » D'après la description, on voit combien la représen- 
tation avait été brillante. La pièce était de Métastase, avec musique 
d'Adolphe Hasse , premier maître de chapelle du roi Auguste , 
surnommé par les Italiens, // Sassone (voyez ce nom). Appelé en 
1731 , Hasse vint, avec sa femme Faustina, prendre possession de 
sa place. Il composa l'opéra de Cleofide o Allessandro nelle Indie. 
Pour cette circonstance , les meilleurs chanteurs en remplissaient 



DES MUSICIENS POLONAIS. 20f 

les rôles : il suffit de nommer Faustina, la Catanca, Campioli, 
Annibali, Roehetti et Pozzi. La réputation de Hasse était alors 
florissante en Allemagne. La cour de Pologne le fit venir à Dresde, 
qui fut le rendez-vous de grands artistes sous le règne d'Auguste II 
et d'Auguste III , rois de Pologne. Sans compter liasse, l'Orphée 
allemand, on y voyait Heinichen, Séb. Bach, le Newton de tous les 
musiciens, H uindl , Ramier , Mitzlcr , quels hommes! Plus loin, 
le compositeur d'opéras Hiller, le grand Naumann , G. Benda , le 
créateur du drame musical (1), Schuster, le rival de Jomelli, Neefe 
et Wolf. Tous ces grands compositeurs furent possédés par la 
Saxe seide, mais ils venaient souvent à Warsovie, qui était alors le 
rendez-vous des grands et ils en ont fait une nouvelle Athènes (2) 
pendant une période de soixante-dix ans. Sous le règne de Fré- 
déric-Auguste II, l'orchestre était dirigé par Schroder. Les opéras 
y étaient magnifiques et ne cédaient en rien aux plus brillants des 
autres capitales. Le nombre de musiciens était considérable lorsque 
les grands seigneurs réunissaient leurs orchestres à celui du roi. 
On comptait quelquefois jusqu'à six cents personnes. 

Après la mort de Frédéric-Auguste III, sa chapelle fut licenciée ; 
c'est sous le règne de son successeur, Stanislas-Auguste Ponia- 
towski, que l'opéra polonais vit le jour. La reine Marie-Joséphine, 
femme d'Auguste III, fut bonne musicienne. Une cantate fut 
composée à la mort du roi et exécutée en 1763 (3), ainsi que le 
Requiem de Hasse, que ce compositeur écrivit à Venise par recon- 
naissance pour le roi son maître, et qui fut exécuté à Warsovie au 
service funèbre du roi de Pologne, Auguste III. 

Adolphe Hasse fit publier sa belle partition : La Conversion de 
saint Augustin, à Berlin en 17-44, en deux volumes in-fol., sous ce 
titre : La conversione di sant Agostino, oratorio poslo in musica dal 

(1) Allgem. Musik. Zeitungv. Wicn. (1820.) 

(2) Allein den erstcn eigcntlichen Opertext, machle. Martin Opitz, né à Lo- 
berfeld, en Silésie, en 1625. Celait une traduction de l'opéra de Rinucci, La 
Daphnë, qui fut représenté pour la première fois, en 1631, au mariage de la sœur 
de l'Électeur de Saxe avec le Langrave de Hesse (Gazette Musicale de Vienne . 

(3) Traiter cantal icelche beyhinlrit Fr. Aug. III, in der kirchen zuS'" 
musikalisch ausgefurt ward. Elbing, 1763. Godruckt bey J.-G. Nohrmann, 
in-i n . 



202 



DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 



signor Giov. Ad. Basse , maestro di capella di S. M. il IiediPolo- 
nia. Nell' anno 1744, Stargardt in Berlin. 

Distribution de L'ORCHESTRE DE L'OPÉRA DE DRESDE, dirigé par A. HASSE, 
vers 1754, d'après le dictionnaire des sciences encyclopédiques , t. Il, pi. fig. 1. 




RENVOIS DES CHIFFRES 



1 Clavecin du maître de Chapelle. 

2 Clavecin d'accompagnement. 

3 Violoncelles. 

4 Contrebasses. 

5 Premiers violons. 

6 Seconds violons, ayant le dos tourné à 

la scène. 



7 Hautbois, ayant le dos tourné à la scène. 

8 Flûtes, ayant le dos tourné à la scène. 
a Tailles, ayant le dos tourné à la scène. 
b Bassons. 

c Cors de chasse. 

d Une tribune de chaque côté pour timballcs 
et trompettes. 



FREWDENBERGIUS (Jean), né à Breslau en Silésie vers 
1590, cultiva les sciences, les beaux-arts et la musique. Après 
avoir étudié aux Universités de Strasbourg, de Paris et de Sienne, 
il revint à Dantzik , où il mourut le 25 novembre 1635. Simon 
Starowolski, en donnant l'inscription de son tombeau dans les 
Monumenta S armât arum , le place parmi les Polonais illustres, 
tandis que M. C. J. Ad. Hoffman se borne à citer Frewden- 
bergius parmi les musiciens de Silésie sans faire mention de son 
séjour en Pologne. Voici du reste son épitaphe, placée à l'église 
de Sainte-Catherine : 

FREWDENBERGIUS (JOANNES) ANNO CHRISTI 1590 BRESLAE IN SILESIA NATUS. 



IN ACADEMIIS NOBILISSIMl'S 

ARGENTORATENSI, PARISIENS!, SENENSI 

LAUDABILITER COMMORATUS 

GERMANIAE , GALLIAE , ITALIAE 

CULT1SSIMUS PARTES 

TRUDENTER CONTEMPLATUS 



DES MUSICIENS POLONAIS. 203 

OMNIBUS HONEST1S LITERATIS ET MUSICIS 

UBIQUE VALDE CIIARUS IIAB1TUS 

UT NEMINI INNOTUERIT. 



GEDANI PIE ET PLACIDE DENATUS 
HIC IN SPEM RESURRETIONIS COND1TUS EST 

ET CUM BEATO FREWDENBERGIO BEATI LAETABIMUR. 
A° 1636. 

FREYER ( Auguste ) , organiste à l'église de la Confession 
d'AugsbourgàWarsovie, naquit en 1803àMulda, près de Dresde. 
Le cantor Geissler lui apprit le chant, le piano et l'orgue. A l'âge 
de dix ans, Freyer remplaçait souvent son maître à l'orgue ; amené 
en Pologne par le concours des circonstances, il se fixa àWarsovie 
et vécut du produit de ses leçons de piano, travaillant le contre- 
point sous la direction de l'illustre Elsner. Ayant un goût pro- 
noncé pour le jeu de l'orgue, le jeune Freyer consacrait tous ses 
soins pour se perfectionner sur cet instrument; il s'appliquait par- 
ticulièrement à l'étude des pédales (obligates pedalspiel). Dans 
ce but, il se fit construire un orgue à pédales dans sa chambre, et, 
à l'aide de bons ouvrages et d'un infatigable travail, il parvint à 
une grande habileté et entreprit en 1834 un voyage artistique en 
Allemagne. Il visita Breslau et lia connaissance avec le célèbre 
Adolphe Hesse, que nous avons entendu à Paris, il y a quelques 
années. Ce grand artiste engagea Freyer à parcourir les princi- 
pales villes d'Allemagne habitées par d'habiles organistes et où 
l'on trouve de bons instruments , comme Breslau , Dresde , 
Leipzig, Berlin, Hambourg, Cassel, Francfort-sur-le-Mein, etc. 
Dans toutes ces villes, Freyer se concilia l'estime des artistes et 
obtint du succès par son jeu sur l'orgue, il vit alors les deux 
grandes illustrations musicales de l'Allemagne, Félix Mendelsohn 
à Dùsseldorf, et le docteur Spohr à Cassel. Après un voyage de 
six mois, Auguste Freyer rentra à Warsovie et fut nommé en 
1836 organiste de l'église évangélique après la mort d'Einert, 
place qu'il occupe encore. 

Aussitôt après la nomination d'Auguste Freyer, l'ancien orgue 
fut restauré par Muller, constructeur d'orgues de Breslau; cet 



204 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

instrument a maintenant vingt-sept jeux et 'peut être compté- 
parmi les bonnes orgues de l'époque. 

Une société de chant composée d'amateurs et artistes fut 
fondée par Freyer pour l'exécution des oratorios. On monta la 
Conversion de saint Paul de Mendelsohn avec beaucoup d'en- 
semble , ainsi que le Lauda Sion ; en outre , les compositions 
d'Elsner, de Schneider, de Bernard Klein et d'Auguste Freyer 
furent souvent exécutées à cette église ; il forma plusieurs bons- 
élèves pour le chant, l'harmonie et le piano, parmi lesquels il y 
a des noms connus en Pologne comme à l'étranger. 

Freyer a écrit beaucoup pour l'orgue ; quelques-unes de ses- 
compositions sont publiées à Leipzig, entre autres : Fantaisie-va- 
riations sur un chant religieux de Bortnianski, chez Hofmeis- 
ter. Variations de concert sur l'hymne du général Lvoff, chez 
Bote et Bock à Berlin. Aug. Freyer est auteur d'un livre de 
chant (Cboralbuch) qui renferme les chants d'église et tout ce 
qui est nécessaire à un organiste de savoir pour accompagne» 
l'office divin en plain- chant (Correspondance particulière). 

FREYTAG (M. Adam), professeur au gymnase de ïhorn, né 
dans cette ville, étudia à Leipzig où il obtint le Gi^adum ma- 
gistri en 1598, fut un excellent musicien et travailla comme 
poëte au premier Cancionale polonais publié par P. Artomius r 
dans lequel plusieurs airs sont de sa composition, surtout dans, 
l'édition de Thorn de 1601. Dans d'autres éditions du recueil,. 
Freytag est cité comme auctor symphoniarum (Ephr. Oloffes Pol- 
nische-Lieder-Geschiclde). Adam Freytag mourut à Thorn en 1621 
après avoir été professeur pendant vingt ans dans cette ville. Il 
eut dans son fils un excellent architecte , auteur d'un ouvrage 
sur cet art. Simon Starowolski donna l'épitaphe du fils dans son- 
ouvrage colossal Monumenta Sarmatarum , laquelle est repro- 
duite dans la chronique de Henri Zernecke, pag. 213. Fr. Siar- 
czynski parle aussi des Freytag père et fils (Voyez Tableau dit 
règne de Sigismond III, roi de Pologne). Dans le Cancionale de 
Jean Seclucian de 1559, un des plus anciens, nous trouvons- 
deux chants polonais avec musique d'Adam Freytag ; ce sont : 
« Wesoly nam dzién nastal. » ( Un jour heureux vient de naître) ~ 



DES MUSICIENS T0L0NA1S. 205 

«et Przez twoie siviete zmartwychwstanie (par ta sainte Résurrec- 
tion) (1). Ces deux chants furent chantés à l'église de Sainte- 
Marie, à Thorn, d'ancienne date; et les femmes de cette ville, qui 
aimaient à chanter en polonais , montraient beaucoup d'attache- 
ment pour leur langue maternelle. Vers la fin du xvi e siècle, 
les troupes polonaises , dont le chant de guerre était l'hymne 
de Boga-Rodziça de saint Adalbert, le remplacèrent par le Salve 
Regina, Y Ave, maris Stella, et le Sub tuum prœsidium, en latin 
{Voyez l'Histoire de la littérature Polonaise par Michel Wiszniewski 
-fcom. 6, pag. 422). 

FRISIUS (Gaspard), recteur du gymnase de Thorn. Il encou- 
.ragea la publication du Cancionale de Pierre Artomius, auquel il 
contribua de ses deniers (Voyez Zernecks chronicke). Selon Ephraïm 
OlofF, Frisius travailla ainsi à rédiger le texte des cantiques po- 
lonais dans l'édition de Thorn de 1601. D'après Fr. Siarczynski 
(Tableau du règne de Sigismond III, roi de Pologne), Frisius aurait 
composé en même temps la musique avec Adam Freytag pour 
ledit Cancionale d' Artomius , né à Thorn. Frisius mourut en 
d625 dans cette dernière ville, ou en 1623 selon Zernecks chro- 
nique, pag. 190, après avoir fondé une imprimerie remarquable 
dans sa ville natale. 

FRIOUL (Antoine) ou Fulvio (Voyez ce nom). 

FRUZYNSKA (Marie) , cantatrice de l'opéra polonais, débuta 
-en 1847 et chanta ensuite le rôle à'Orsino dans Lucrèce Borgia. 
Elle possède la voix de m soprano, fort agréable, mais elle s'en 
sert timidement. Un journal de Warsovie, en parlant de cette can- 
tatrice, ajoute que, si M Ue Fruzynska travaille avec discernement, 
<elle deviendra une cantatrice très-agréable. En 1855, M lle Fru- 
zynska chanta la Poupée de Nuremberg avec MM. Ziolkowski, 
Dutkiewicz et Borawski. 

FRYBEN (Caroline), cantatrice distinguée, née à Cracovie, 
•élève de Mireçki, voyagea à l'étranger et se fit entendre avec 
succès dans un concert à Cracovie en 1856 (Czas, Journal po- 
lonais). 

FRYZE (Louis de), chanteur amateur des plus distingués à 

(1) Voyez pag. 5 du Résumé. 



206 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Warsovie, possède une jolie voix de ténor; membre de la Res- 
source, M. de Fryze se fait entendre souvent dans cet établisse- 
ment ; il est en outre la providence de tous les concerts d'artistes 
qui se donnent dans la capitale de Pologne depuis bon nombre 
d'années. Tous les journaux de Warsovie sont unanimes dans 
les éloges qu'ils donnent au talent d'élite de M. Fryze et à son 
obligeance pour les artistes (Correspondance particulière.) 

FULVIO (Antoine), chanteur, né en Frioul, vint en Pologne 
et fut d'abord employé chez quelques grands seigneurs; puis il 
entra au service de Sigismond III, roi de Pologne, qui récom- 
pensait généreusement les artistes étrangers. Fulvio resta long- 
temps en Pologne et forma de bons élèves parmi les artistes du 
pays ( Tableau du siècle de Sigismond III) . 



G 



GABRIELSKI (J. G.), célèbre flûtiste, était fils d'un Polonais. 
Né à Berlin en 4791 , devenu musicien de la chambre du roi de 
Prusse, sa vie appartient aux artistes de sa patrie adoptive. Nous 
ajouterons seulement ici que, dans ses voyages, Gabrielski donna 
des concerts à Warsovie, où il fut reçu à merveille. Dans sa 
jeunesse, Gabrielski apprit le violon de son père, officier d'artil- 
lerie. Il travailla ensuite la flûte sous la direction de Schrek, 
artiste distingué (Biographie universelle et journaux de Pologne). 

GADOWSKI (Laurent), médecin près le régiment de chevau- 
legers polonais de la garde de Napoléon I er , cultivait passionné- 
ment la musique et jouait de plusieurs instruments. Protégé par 
le général comte Joseph Zaluski , guerrier et écrivain distingué , 
Gadowski mourut à Paris, en 1855, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. 

GAETANO ( ) , maître de chapelle du roi de Pologne 

Stanislas- Auguste Poniatowski, est auteur d'un opéra polonais : 
Zolnierz Czarnoxieznik (Soldat sorcier); il fut chargé aussi des 
répétitions, par ordre du roi, de l'opéra Frascatanka, traduit de 
l'italien et représenté à Warsovie par les chanteurs polonais, 
sous la direction de Boguslawski , qui s'était chargé du rôle du 



DES MUSICIENS POLONAIS. 207 

fameux Brochi buffo caricato. Cette représentation eut lieu en 
1782 en présence du roi, et réussit complètement, grâce à Gaetano, 
qui fit étudier la musique avec soin , sous les auspices du cham- 
bellan Woyna {Histoire du théâtre national). 

GALOT ( ), joueur de luth, au service du roi de 

Pologne Wladislas IV, qui l'appelait l'ornement de sa chapelle. 
Cet habille musicien mourut à Wilna, en 16-47 (Grabowski 
Ambr., l'Ancienne Cracovie). Il est question de Galot dans la 
Description de Warsovie , par Adam Jarzemski. 

GASZYNSKI (Constantin), poëte distingué, habite la France 
depuis 1831. Auteur fécond et d'une grande élégance, il 
publia un charmant volume de poésies, dont une chanson fut 
mise en musique par l'auteur de ce livre , sous le titre : Naro- 
doiva Nuta et publiée dans un album en 1833. Indépendamment 
de ses productions littéraires, publiées en France, M. Gaszynski 
fit représenter à Warsovie un vaudeville intitulé : Waryat z Po- 
trzeby (Insensé 'par nécessité) et deux autres pièces qui furent 
jouées avec succès. 

GAWINSKI ( Jean ) , poëte d'un haut mérite , vivait au 
xvii e siècle. Il excellait dans les idylles et les rondeaux. Ses 
pièces fugitives sont pleines d'images poétiques et de nobles 
sentiments. Rien n'est touchant comme la pièce de vers ayant 
pour titre : Le laboureur et Vallouette , mise en musique par le 
prince Michel Oginski, publiée à Paris, en 1830, dans le Recueil 
des Chants nationaux polonais , par l'auteur de ce livre. 

Gawinski laissa en manuscrit un traité sur la Rhétorique , dont 
parle Ambr. Grabowski, sous ce titre : Praxis copiœ rerum ac 
verborum comparandœ in Schola Rethorices tradita. Scripta a me 
Joanne Gawinski , a. 1643, in-ï°. 

GAWLIKO WSKI ( ) s'est fait connaître par la com- 

position de plusieurs airs de danse, publiés en France depuis 
quelques années avec la théorie. 

GAWLOSKI ( ), auteur d'une Mazurek pour piano, 

publiée à Warsovie, par Sennewald et Klukowski (Courrier de 
Warsovie). 

GAWRILO ou Hawrilo, musicien de l'Ukraine , faisait partie 



208 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

delà chapelle du comte Razumowski, en 1753; quoique jeune 
encore , ce chanteur possédait une excellente voix : il habitait 
Moscou vers le milieu du siècle dernier (Dictionnaire des musi- 
ciens , par Choron et Fayolle). 

GDACIUS (Adam), natif de Silésie, fut cantor à Thorn et à 
Vilna. Il vivait dans le xvn e siècle (Ephraïm Oloff). 

GEORGE ou Grzecorz, musicien du roi de Pologne Sigis- 
mond I er , fut attaché au service de ce prince, au xvi e siècle, 
avec sept joueurs de trompettes (Voyez le Peuple polonais, par 
L. Golembiowski, tom. III, pag. 203.) Dans son ouvrage sur 
l'ancienne Cracovie, Amb. Grabowski parle d'un certain Geor( ius 
tibicen Regius ( Surmacz ) à la date de 1 530 , et le cite encore en 
Tannée 1344, comme tibicen Regius, que le roi Sigismond 
appellait servit or noster. Sous le règne de Sigismond- Auguste , 
dernier des Jagellons, il est question d'un Georgius musicus seu 
clericus Regius. 

GEMBICIUS (Jacques), poète religieux, prêtre réformé, né 
à Radzieiewo, en Cuïavie, en 1 569. Habile théologien et musicien, 
il fut pendant trente-six ans Pastor Eccl. Dembnicensis. Il publia, 
1° Hymny starego i noivego Testamentu. Rythmem polskim, a na 
melodye Psalmoio iprzelozone , od X. Jakuba Gembiciusa, slugi 
sloiva Bozego. (Hymnes de l'Ancien et du Nouveau Testament, 
traduits en vers polonais sur les mélodies des Psaumes, de Math. 
Rybinski, par l'abbé J. Gembicius, serviteur du Verbe Dieu, in-8°). 
Un second recueil a pour titre : Psalmy Daividowe z hymnami. 
Piesni duchoivne, katechizm wienkszy i mnieyszy iv Gdansku dru- 
kowal Andrzey Hùnefeldt roku, 1619, in-8°. (Psaumes de David 
avec Chants religieux et catéchisme grand et petit. Dantzik, chez 
Andr. Hùnefeldt, 1619). Gembicius mourut à Denbniça en 1633. 
il aimait tellement les sciences, qu'il passait jours et nuits à lire 
•et à écrire. (Ephr. Oloff, Polnis. Lied-geschichte). 

GERKE (Auguste), violoniste et compositeur, né en Po- 
logne vers 1790, où il jouissait d'une réputation méritée. Cet 
-artiste avait une nombreuse clientelle dans la Pologne russe; 
il se fit connaître en Allemagne par des compositions qui ne 
manquent ni d'originalité ni d'agrément. M. Gerke donnait des 



DES MUSICIENS POLONAIS. 209 

concerts très-brillants à Kiiow, pendant les contrats; ses compo- 
sitions de piano étaient très-répandues parmi les nombreux 
pianistes de cette partie de la Pologne. Il a publié, à Leipzig, 
chez Breitkopf et Haertel : 

1° Ouverture pour l'orchestre (en ^). Op. 4. 

2° Ouverture avec violon principal. Op. 10. 

3° Polonaise à grand orchestre. Liv. 1 et 2. Op. 11. 

4" Sicilienne variée. 

5° Amusement pour le piano à quatre mains. Op. 21 , chez 
Peters, à Leipzig. 

6° Pièces pour piano seul. Op. 14, 19, 22 et 23. 

7° Valses pour le piano et plusieurs autres compositions non 
moins remarquables. Les œuvres 24 et 25 parurent à Hambourg. 

Auguste Gerke avait la place de maître de chapelle chez le 
comte Hanski; son orchestre était composé de quarante jeunes 
gens de village , auxquels ce maître avait appris à jouer de divers 
instruments et qui finirent par exécuter, avec beaucoup d'en- 
semble, les compositions de Spohr et de Beethoven. (Biographie 
universelle et Journaux polonais. ) 

GERMAN ( . . )t chanteur de talent, faisait partie de 

l'Opéra polonais en qualité de ténor. Il chanta au concert d'Ole 
Bull, à Warsovie, une duo avec Stolpe, qui possède un belle voix 
de baryton. German mourut vers 1850. Il était élève de l'ancien 
Conservatoire de musique de Warsovie , et travailla depuis le 
chant sous la direction de Charles Kurpinski, à la réorganisation 
de l'école en 1834. (Kronika, journal de Warsovie, 1857.) 

GESNERUS (Gasparus), orateur et poëte, né à Lobau , en 
Prusse, remplit les fonctions de prédicateur allemand et polonais 
à Neustadt, où il mourut en 1606. Écrivain fécond et plein de 
zèle, Gesnerus traduisit beaucoup de chants de l'Écriture sainte 
en vers polonais. Dans plusieurs de ses ouvrages , il est ainsi 
désigné : Gasparus Gesnerus, Lubaviensis Prutenus, Concionator 
Toruniensis. (Zèrnecks Thornische Chronicke.) Il travailla pour le 
livre des Cantiques de Pétri Artomii, édition de Thorn. Dans un 
autre recueil, il publia quatre chants sous le titre : Piosneczki X. 
Kaspra Gesncra. Outre un grand nombre d'écrits religieux, il 

14 



210 DICTIONNAIRE I}10GHAl'IliyUE 

traduisit en polonais les Psaumes suivants : Salvwn me fac, Do- 
mine (Ps. xn); Deusnoster refugium et virtits (Ps. xlvi); Nui quia 
Dominus (Ps. cxxiv); Dixit insipiens in corde suo (Ps. xiv) , et 
beaucoup d'autres, imprimés dans le Cancional de P. Artomius , 
de 1596. Vid. Ephraim OlofFs (Polnische Lieder-Geschichte). 

GIECZYNSKI (Flor. Cyrille), curé de Niegow , avait la répu- 
tation d'un bon musicien. A une mission qui eut lieu à Dom- 
browka, près de Praga, en 1837, ce digne ecclésiastique dirigea 
la messe en ut de Diabelli, qui y fut exécutée. (L. Golembiowski, 
dans le Peuple polonais et Courrier de Warsovie.) 

GIOIA, cantatrice italienne de talent, débuta au grand théâtre 
de Warsovie en 1844, dans le rôle de Rosine du Barbier de 
Séville, et lit une surprise au public de la capitale en chantant en 
polonais pendant la leçon du chant. Elle fit entendre à cette 
occasion une très-jolie mazurek « Tys niewdzieczny, tys niestaly, » 
et le public récompensa M lle Gioia par des bravos répétés. (Cour- 
rier de Warsovie.) 

GIRARD (Chevalier Philippe de), célèbre mécanicien fran- 
çais, inventeur de plusieurs instruments de musique, doit avoir sa 
place dans ce livre, comme ayant habité la Pologne , où il fît 
connaître son piano à double octave et un nouvel instrument 
nommé trémolophone. 

La vie de Philippe de Girard et de ses inventions utiles et bien- 
faisantes a été décrite par J. J. Ampère, de l'Académie française 
[Voyez le Journal des Débats, du 15 octobre 1845). On se bornera 
ici à entretenir le lecteur des découvertes précieuses de Girard 
dans l'art de prolonger le son du piano, des améliorations dans 
la construction des orgues et des instruments à percussion. 

Né en 1775, à Lourmarin, sur les bords de la Durance, Philippe 
de Girard descendait d'une famille noble et considérée qui avait 
marqué dans le pays. 

Il montra dès son jeune âge l'aptitude pour la peinture , la 
poésie, la musique et la mécanique ; mais il dut quitter la France 
à l'époque de la révolution , et nous le voyons bientôt occupé à 
utiliser ses talents à l'étranger. Rentré en France et obligé 
de s'expatrier encore, il se livra entièrement à l'industrie, et 



DES MUSICIENS POLONAIS. 211 

enrichit la science d'utiles découvertes. Sa filature du lin par 
machines attira l'attention du public sur lui; mais cette admirable 
invention n'a pu conjurer les événements. La France n'était plus 
habitable pour l'ingénieur inventeur : il partit pour Vienne, fit 
prospérer l'industrie en Allemagne, et obtint la place d'ingénieur 
en chef des mines dans le royaume de Pologne, en 1826. 

Au milieu de ses grands travaux , il s'occupa de perfectionne- 
ment des orgues et de prolongement du son dans le piano. Déjà, 
en 1803, il prit un brevet pour des moyens de construire des 
orgues , dont on peut renfler ou diminuer les sons à volonté sans 
en changer la nature ou le ton. 

Il eut le premier l'idée de donner au piano la faculté de pro- 
longer les sons par la seule pression d'une touche. 11 obtint cet 
effet au moyen de tremendo, qui consiste à mettre la corde en 
vibration par un simple mécanisme. 

Nous devons à l'extrême obligeance de M U1C la comtesse de 
Vernède de Corneillan la communication des documents relatifs 
à l'invention du trémolopho-ne , instrument d'une grande puis- 
sance , « dont les sons se distinguent de ceux qu'on obtient par 
» le frottement des doigts sur la touche, non-seulement par la 
» manière dont ils sont produits, mais par leur nature même, et 
» l'on peut les considérer comme une nouvelle espèce de sons 
» inconnus jusqu'à présent. 

» Au moyen de ces nouveaux sons que l'artiste peut produire, 
» le piano acquiert au plus haut degré cette expression, cette 
» mélodie qui lui manquaient absolument... Le principe essentiel 
» de l'invention de M. Girard consiste à produire les vibrations des 
» cordes par les chocs rapides des marteaux semblables à ceux 
» des pianos actuels, ou de petits appareils équivalents, mis en 
» mouvement par le moyen d'un axe armé de cames ou dents, ou 
» creusé de cannelures d'une forme convenable, et qui se meut 
» d'un mouvement de rotation continu, le tout étant tellement 
» disposé, que les cames ou cannelures n'agissent sur chaque 
» marteau que lorsqu'on presse la touche qui lui répond. 

» On peut à volonté construire des pianos à un seul clavier ne 
» produisant que la nouvelle espèce de sons, ou à deux claviers, 



212 blCTlONNAlKK BIOGRAPHIQUE 

» dont l'un produit les sons frappés comme dans les pianos 
» actuels, et l'autre produit les sons filés. » 

On voit, par cette description, que l'invention de M. Girard 
consiste dans son nouveau moyen de produire les sons par les 
vibrations rapides des cordes , frappées par les marteaux mis en 
mouvement par un cylindre denté. C'est d'après ces principes que 
le célèbre mécanicien fit construire à Warsovie son nouveau 
piano qu'il nomma trémolopkone , et qui produisit une vive sen- 
sation dans cette capitale. Il s'adressa à cet effet à un habile 
facteur de pianos, M. Zdrodowski, qu'il chargea de construire 
la caisse pour contenir la mécanique et les deux claviers. 
M. Zdrodowski, connu favorablement du public polonais comme 
ayant apporté des perfectionnements aux pianos, s'acquitta avec 
talent de cette besogne ; il exécuta fidèlement la pensée de l'au- 
teur, d'après ses dessins et sans augmenter le corps du piano, 
et prouva que M. de Girard ne s'est pas trompé dans son choix en 
lui confiant les plans de son ingénieuse invention , fruit de vingt 
ans de travaux et de méditations. M. de Girard est donc le seul 
inventeur du piano à son prolongé. 

Quelques journaux ayant exagéré la part prise par M. Zdro- 
dowski à la construction du trémolopkone , la Gazette quotidienne 
de Warsovie, du 23 juillet 1841 , fit paraître la rectification sui- 
vante dans ses colonnes : 

« La rédaction de la Gazette quotidienne croit de son devoir de 
» revenir encore sur l'article publié dans son numéro d'hier au 
» sujet du piano de l'invention de M. de Girard, ingénieur en 
b chef des mines, pour rectifier quelques assertions qui s'y trou- 
» vent placées. 

» La rédaction déclare d'abord que, d'après les renseignements 
» qui lui sont parvenus, l'honneur et la gloire de l'invention 
» appartiennent sans partage à M. de Girard, qui y est par- 
» venu après vingt ans de méditations et de travaux. Quant à 
» M. Zdrodowski , il a seulement exécuté et assemblé les pièces 
» d'après les dessins de M. de Girard. Nous devons ajouter que 
» la pièce la plus essentielle, celle qui est l'âme de l'instrument, 
» n'a pas été fabriquée chez M. Zdrodowski, mais chez M. Norblin. 



r>Es ausiciEss polonais. 

» D'après cette rectification, la palme de la victoire que lau- 
» teur de l'article promet à >DI. de Girard et Zdrodowski, si leurs 
m efforts parvenaient à obtenir une vibration continue des cordes. 
» au beu de ce qu'il appelle un tremolando , cette palme, disons- 
» nous, appartiendrait uniquement à M. de Girard, s'il veut se 
*> donner la peine de chercher la solution de ce problème. 

» Pour prouver que ce n'est pas à M. Zdrodowski qu'on doit 
» attribuer le mérite d'avoir su renfermer deux mécanismes et 
» deux claviers dans un si petit espace , comme l'auteur de l'ar- 
»> ticle semble le faire accroire . nous remarquerons que cette 
» réunion est exécutée d'après les dessins compris dans la patente 
» de M. de Girard, bien avant qu'il ait eu l'idée d'en commander 
i un chez M. Zdrodowski. 

» En faisant ces observations, nous sommes loin de vouloir 
» déprécier le mérite de M. Zdrodowski comme excellent fabri- 
» cant de pianos , mérite dont nous trouvons une preuve dans la 
» préférence que M. de Girard lui a accordée pour devenir le 
» premier exécuteur d'une invention qui semble appelée à faire 
» une révolution dans le monde musical. ■ 

Le trémolophone, ayant figuré à l'exposition des produits d'in- 
dustrie à Warsovie , en 1841 , fut entendu dans la même année 
par le maréchal Paskiewicz au palais de Lazienki. dans l'immense 
salle dite des Chevaliers. Joué par M. François Wilczek, excellent 
professeur et compositeur de Warsovie. le trémolophone remplit 
la salle de son harmonie : on croyait entendre parfois les voix 
d'hommes, de femmes et d'enfants, ainsi que les sons des trom- 
pettes, Dûtes, violoncelles, etc.: en un mot. l'instrument rem- 
plaçait l'orchestre . 

Quelque temps après, le trémolophone fut encore entendu par 
l'empereur Nicolas , à son passage à Warsovie. M. Wilczek 
exécuta dans cette séance la cavatine de Robert-le-Diable. M. de 
Girard reçut une bague en diamants de Sa Majesté, en témoi- 
gnage de sa haute satisfaction, ainsi que M. Wilczek. dont le 
talent fut apprécié dans cette circonstance. 

En 1844, le trémolophone, admis à l'exposition de Paris, causa 
une vive impression sous les doigts de Franz Liszt; ce fut pour 



21 i DICTIONNAIRE R10GRAPH1QIF. 

Philippe de Girard l'occasion d'un véritable triomphe. Ce grand 
mécanicien mourut en 1845, à l'âge de soixante-dix ans, sans 
avoir pu obtenir justice. 

11 prit des brevets pour son invention en France, en Autriche, 
en Pologne et en Russie. 11 construisit pour le palais de la Banque, 
à Warsovie, un chronomètre, et son nom et ses armoiries furent 
donnés à une ville près de Warsovie, nommée Girardoiv. Outre 
ses deux instruments, Philippe de Girard inventa beaucoup de 
machines en Pologne. 

GIUSTI (Anna-Maria), cantatrice, née à Rome, avait été pla- 
cée auprès de la reine de Pologne, en qualité de cantatrice de 
chambre en 1724, à Dresde et à Warsovie. {Ciampi, Bibl. critica.) 

GLADKOWSKA (Constance), pupille du Conservatoire de 
Warsovie, née dans le palatinat de Mazovie, débuta sur la scène 
nationale en 1830, dans le rôle à'Angèle , de l'opéra de Paër. 
Ensuite elle chanta dans la Pie voleuse et dans Fra-Diavolo, avec 
succès. En 1832, elle se maria à un négociant de Warsovie, 
Joseph Grabowski. J'ignore si elle avait quitté le théâtre (Corres- 
pondance particulière) . 

GLADYSZ ( ), chanteur polonais de l'époque actuelle, 

possède une belle basse-taille, chanta au concert de M lle Hedwige 
Brzowska, en 1842, et faisait la basse dans la Prière de Linda di 
Chamounix , à cinq voix, avec MM. Matuszynski, Teichman, 
Markowski etTroszel (Courrier de Warsovie). 

GLEINIG (Jean) , simple bourgeois de Thorn , dont un des 
ancêtres fut prédicateur en Pologne, selon Andr. Regenvolscius , 
in Syst. hist. Eccl. Slav., page 404), avait de grandes dispositions 
pour la poésie. 11 a laissé soixante-dix chants en manuscrit, tra- 
duits de l'allemand en polonais. Oloffs, Polnische Lieder-Geschichte. 
Il serait à désirer que les simples cantiques de nos ouvriers pussent 
trouver place dans quelque recueil pour être chantés par le 
Deuple. Il est reconnu que les paysans polonais possèdent, à un 
certain degré , le talent poétique ; il existe des pièces très-remar- 
quables parmi les chants nationaux et populaires qui ont vu le 
jour dans les chaumières; pourquoi des simples prières, faites par 
les paysans à la gloire de Dieu, ne seraient-elles pas jugées 



DF.S MUSICIENS POLONAIS. -13 

dignes d'être publiées pour être chantées dans les réunions de 

villages? 

Déjà le digne abbé Mioduszewski a publié un recueil important, 
composé des Pastoralki i Kolendy z melodyami. Cracovie, 184-3. 
(Voyez son article.) 

GLICZNER (Erazm) , poëte religieux de la confession d' Augs- 
bourg, composa plusieurs chants pour les recueils de cantiques, 
si nombreux au xvi e siècle. (Histoire de la littérature polonaise , 
par Michel Wiszniewski , tome vi , page 519.) Ce savant cite plu- 
sieurs autres poètes religieux des différentes confessions contempo- 
raines de Gliczner, comme : Jean Frentzel, Stanislas SwençlawsUi, 
Albert Orlowski , Christophe Busko , Martin Murinius, et beau- 
coup d'autres plus ou moins connus. D'après Daniel Janoçki, 
« Rare bmher von Polen, » les ouvrages de Gliczner (Glicnerus en 
latin), étaient défendus en Pologne. 

GLINKA (Michel) , compositeur dramatique , maître de cha- 
pelle impériale et directeur des chœurs à Saint-Pétersbourg, est 
né près de Smolensk en 1804. Il descendait d'une famille d'origine 
polonaise. Son opéra intitulé : La vie pour le Czar , obtint beau- 
coup de succès en Russie. Indépendamment de ses compositions 
dramatiques et instrumentales , Michel Glinka écrivit beaucoup 
pour l'église; son dernier travail fut une Messe, interrompu par sa 
mort, arrivée à Berlin le 15 février 1857. Ce compositeur, très- 
estimé par les connaisseurs, séjourna quelque temps à Warsovie 
(Journaux polonais et russes). 

GLINSKA (Joséphine), née Aslanowicz , fille d'un général de 
ce nom, reçut une brillante éducation musicale à Moscou, sous 
la direction de sa mère. Douée d'une belle voix de contralto, 
M lle Joséphine Aslanowicz travailla en même temps le piano; à 
l'âge de quatorze ans; elle excellait déjà sur cet instrument. 
Comblée parla nature de la plus grande beauté et d'une heureuse 
organisation musicale, elle fut très-recherchée par la société aris- 
tocratique de Moscou et chanta dans plusieurs concerts pour les 
bonnes œuvres , excitant partout l'admiration générale par ses 
talents comme pianiste et comme cantatrice. 

Désirant perfectionner encore ses heureux dons, le général 



21(i DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Aslanowicz conduisit sa fille à Berlin et lui fit prendre quelques 
conseils du célèbre Spontini. De retour en Lithuanie, M lle Asla- 
nowicz , dont la voix pure et expressive causait une vive impres- 
sion sur ses compatriotes, donna un grand concert à Witebsk, 
pendant les élections de la noblesse en 1851 , pour subvenir aux 
frais delà restauration de l'église catholique de Witebsk, sous 
l'invocation de Saint- Antoine. Le concert produisit la somme 
énorme de mille ducats , environ 12,000 francs , qui fut remise 
entre les mains de l'évêque métropolitain Holowinski , et a valu à 
M lle Aslanowicz la bénédiction épiscopale du digne prélat. 

Bientôt après, cette jeune amateur-artiste épousa M. Glinski et 
vint s'établir à Saint-Pétersbourg, où elle chantait de temps en 
temps pendant l'office divin à l'église de Malte. Mais la rigueur 
du climat l'obligea de chercher un abri plus doux au fond d'une 
campagne. Elle refusa plusieurs fois les propositions des direc- 
teurs des théâtres de la capitale pour paraître en public, préférant 
le calme d'une modeste retraite aux agitations de la vie d'artiste 
( Correspondance particulière) . 

GNINSKI (Jean-Trach), évêque de Posen, prononça un dis- 
cours latin à l'arrivée, à Posen, de Sigismond III et de la reine 
Conslance. A cette occasion, un Te Deum solennel fut chanté par 
le clergé et les assistants, au moment où le roi et la reine faisaient 
leur entrée dans la cathédrale, le 20 juillet 1623. (Actes capitu- 
laires de la cathédrale de Posen, cités par J. Lukaszewicz, dans le 
Tableau de cette ville. Obraz. hist. Statys. Miasta Paznania, 
1838, chez G. A. Pompée.) 

GL0G0W (Jean), ou Glogowiensis, philosophe et théologien , 
chanoine de Saint-Florian à Cracovie , membre de l'Académie de 
cette ville, vivait au xv e siècle, mort en 1507. Il est auteur de 
plus de vingt-cinq ouvrages en latin et doit avoir sa place dans ce 
livre , comme traducteur du Psautier dans la langue illyrique : 
Psalterium in lingua Illyrica. Un de ses ouvrages porte le titre 
suivant.: Interpretatio Donati de Arte poetica (Voyez Starovolsc. 
in Elogiis viror. illustr.) et Ephraim Oloffs (Polnische Lieder- 
gesthichte). 

GL0SK0WSKI ( ), auteur de quelques pièces de 



np.s musiciens polonais. 217 

danse., publiées à Warsovie en 4835, chez l'éditeur Klukowski. 

GOCZALKOWSKA (Jeanne-Elisabeth, baronne de), amateur 
très-distinguée de musique, possédait parfaitement le latin, le 
français, le polonais et l'allemand, débuta comme auteur au 
commencement du siècle dernier et vivait, dans sa terre, dans 
le cercle d'Opolno en Silésie. (G. J, A. Hoffman, die Tonkunstler 
Schlesiens.) 

GODEBSKI (Xavier), poëte, écrivain dramatique fécond, 
auteur d'un grand nombre de vaudevilles, opéras et comédies , 
représentés sur le théâtre de Warsovie, de 1819 à 1828. 

Xavier Godebski, né en 1801, commença d'abord à se faire 
connaître par des traductions. On lui doit : Y Emma de Roxbourg, 
musique de Meyerbeer, traduit de l'italien. Le Turc en Italie, 
idem, musique de Rossini. Il écrivit un opéra original en 
français, intitulé : Télémaque , dont l'illustre Boïeldieu composa 
la musique pour les relevailles de l'Impératrice de Russie , à 
Saint-Pétersbourg. Cet opéra n'a pu être représenté à War- 
sovie, et Boïeldieu refondit la musique dans deux de ses ou- 
vrages : dans Jean de Paris et dans le Chaperon rouge. Ainsi 
l'air de Calypso devint celui de la Reine de Navarre , le chœur de 
la Trompette servit de base au beau final du Chuperon rouge. Le 
public se rappellait les plus jolis motifs du Télémaque , dont 
la mise en scène trop coûteuse ne permit pas de le monter à 
Warsovie. 

Les autres opéras de Godebski sont : Dawne czasy (Anciens 
Temps), un acte , avec musique de Damse ; Klatka ( la Gage ), 
opérette , musique du même ; Piast , grande scène lyrique avec 
chœurs et ballets, écrite pour le théâtre d'été du château royal 
de Lazienki, en collaboration avec L. A. Dmuszewski; Nowy rok 
(le Nouvel An), scène lyrique en un acte, en collaboration avec 
Dominique Lisieçki. 

Voici maintenant la liste de ses vaudevilles : 

Karnaval w Lomzy (le Carnaval à Lomza). 

Milostki hulanskie (le Mariage à la hussarde). 

Trzy upiory ( Trois Revenants ). 

Maskarada domowa (Mascarade à la maison). 



2IS DICTIONNAIRF. RIOfSR APHTQUE 

Pan notarymz (Monsieur le notaire). 

Dziedziczka ( Héritière ). 

Sieciech zonaty (Philibert marié). 

Wilk na pokticie ( le Loup en pénitence). 

Milosc i apetyt (l'Amour et FAppétit). 

Wdoiva Malabaru (La Veuve du Malabar). 

Dziewczyna kozak (le Petit Dragon. ). 

Siostrunia (la Sœur), non représentée. 

Neuf de ces vaudevilles sont avec musique de Charles Kur- 
pinski. La Veuve du Malabar fut jouée aux Variétés. 

Parmi les vaudevilles les plus populaires il faut citer : Les Trais 
Revenants, les Amours des lanciers, le Loup en pénitence et 
Philibert marié. 

Xavier Godebski s'est essayé aussi dans la tragédie. Il est 
auteur de Manfred , tragédie en cinq actes et en vers, non repré- 
sentée. 

Ses comédies en trois actes et en vers sont : L'Amour et la 
Vanité, le Testament, représenté à Warsovie avant 1830; d'autres 
écrites depuis et traduites du français : 

L,a Popularité , de Casimir Delavigne, en cinq actes. 

L'Honneur et l'Argent, de Ponsard , idem. 

Les Charlatans ( Bywa kuglarz nad kuglarza ), en trois actes. 

Kto pod kim dolki kopie (Proverbe dramatique), en un acte, 
non représentée. 

Ay gdyby zony wiedzialy (Si les épouses savaient). Idem. 

Sen na jawie (Rêve en réalité). Idem. 

Zapozno (Trop tard). Idem. 

Przyiaciel sivatem (Ami marieur). Idem. 

Nieporozumienie (Malentendu). Idem. 

Derivisz (Krotofila). Idem. 

Kunszt Rzemioslo (Art-métier). Idem. 

Xavier Godebski , tils du colonel Cyprien Godebski , mort 
glorieusement à la bataille de Raszyn, fit ses études à l'institut 
noble de Konarski à Zoliborz et ensuite à l'Université de Warsovie. 
Doué d'un talent poétique remarquable , il tient une place 
distinguée parmi les écrivains modernes. 



P.F.S MUSICIENS POLONAIS. i\\) 

GODEBSKI (Joseph-Kalasanty), frère cadet du précédent , 
officier dans l'armée polonaise avant i830, prit du service en Bel- 
gique et s'est retiré de la carrière militaire depuis quelques années. 
M. Godebski montra d'heureuses dispositions pour la poésie et la 
musique dès son enfance. Il est auteur de plusieurs Marches pour 
la musique militaire , fort bien écrites et qui obtinrent du succès. 
Elles ont été publiées à Warsovie et à Bruxelles. On doit aussi à 
Godebski un grand nombre de morceaux pour le chant. Il est en 
outre Fauteur d'un ouvrage élémentaire pour la géométrie pra- 
tique. 

GOLEMBIOWSKI (Joseph), père du savant littérateur de ce 
nom, maître de chapelle du prince Druçki-Lubeçki, maréchal du 
district de Pinsk en Lithuanie , fut un excellent musicien ; il 
forma, en peu de temps, un orchestre complet de jeunes garçons 
du village , auxquels il apprit à jouer de tous les instruments 
( Voyez le Peuple polonais , par L. Golembiowski , tom. III , 
pag. 255). 

GOLEMBIOWSKI (Luc), savant littérateur, fils du précédent, 
fut d'abord bibliothécaire à Poryçk , sous le célèbre Czaçki ; plus 
tarda Pulawy, résidence du prince Adam Czartoryski , dont la 
bibliothèque était une des plus riches en livres curieux pour 
l'histoire de la littérature et des arts en Pologne. La vie de L. 
Golembiowski appartient aux littérateurs, mais il doit avoir sa 
place dans ce livre comme excellent musicien, ayant beaucoup 
écrit sur cet art. Fils d'un bon musicien, Golembiowski connais- 
sait parfaitement l'instrumentation, il jouait de plusieurs instru- 
ments lui-même et avait fait des recherches sur l'histoire de la 
musique en Pologne. Son ouvrage sur le Peuple polonais peut 
être consulté avec fruit sous tous les rapports. L'auteur nous 
donne dans le troisième volume un aperçu complet d'histoire 
générale de la musique , un petit Dictionnaire de noms d'anciens 
instruments polonais , les noms des principaux compositeurs 
anciens et modernes, un coup d'œil sur la musique religieuse, la 
musique dramatique, la musique populaire, la musique militaire...; 
partout il parle avec clarté, méthode et connaissance profonde 
de son objet; le charme du style ajoute encore à l'intérêt du sujet. 



320 DICTIONNAIRE MOP.R APIIIQITF. 

Ce digne citoyen avait réuni une riche collection de chants 
nationaux répandus dans les villages, qu'on ne saurait trop 
respecter comme un reste précieux de l'histoire d'un grand 
peuple. L. Golembiowski fut, dans sa jeunesse, secrétaire de 
Thadée Czaçki. Lorsque la bibliothèque de Poryçk fut réunie à 
celle de Pulawy , Golembiowski en resta l'administrateur et 
bibliothécaire. En 1818, le gouvernement le nomma du comité 
des livres élémentaires; il faisait partie de la Société royale des 
Amis des Sciences comme secrétaire , publia un grand nombre 
d'ouvrages , entre autres : Une description très-intéressante de 
Warsovie, dont la bibliothèque possédait, en 1823, environ 
120,000 volumes malgré ses pertes en ouvrages rares : elle avait 
l'Almanach de Gracovie de 1490. La Vie de Notre-Seigneur Jésus- 
Christ, écrite en 1522. L'Histoire de la Confrérie en Pologne, 
du xv e siècle et les Chants Polonais, avec musique des xiv e et 
xv e siècles. La bibliothèque de Pulawy possédait aussi un livre de 
Cantiques fort ancien, d'après le témoignage du savantLelevel et 
de L. Golembiowski; par fatalité, il fut égaré ou perdu pendant 
la guerre de 1831. 

L. Golembiowski mourut en 1849, après avoir rendu d'im- 
menses services à la littérature et à l'histoire des arts en Pologne. 

« Nec sibi sed patriœ vixit. » 

GOLEMBIOWSKI (E.), auteur de plusieurs œuvres pour le 
piano, entre autres d'un Impromptu en forme de valse, œuvre 4, 
publié à Warsovie en 1 857 . 

GOLOMBEK (Jacques), compositeur de musique religieuse à 
Cracovie, vivait sous le règne de Stanislas- Auguste Poniatowski. 
L. Golembiowski, qui cite ce musicien dans son ouvrage sur le 
Peuple polonais , n'en donne pas d'autres détails ; il ajoute seule- 
ment qu'à la même époque le meilleur organiste de Cracovie fut 
un Dominicain. Selon Amb. Grabowski, Starego Miasta Krakovja, 
Zabytki, Jacques Golombek était Bohême de naissance. L'abbé 
Venceslas Sierakowski le fit venir en Pologne pour être professeur 
de chant à son école, à Gracovie, vers la fin du siècle dernier. 
Nous lisons enfin dans la Gazette quotidienne de Warsovie, n° 192, 



l»KS MUSICIENS POLONAIS. 221 

une intéressante lettre de Joseph Sikorski, datée de Cracovie, 
dans laquelle il est question de Golombek ou Golumbek , que ce 
savant correspondant croit être natif de Silésie. Les compositions 
religieuses de Golombek , qui ne datent que de la fin du siècle 
dernier, sont classées à Cracovie parmi les anciennes. 11 est vrai 
que nos jeunes générations connaissent peu les œuvres de 
Gomolka, de Szamotulski, de l'abbé Gorczyçki. 

GOMMERT (Jean), professeur de musique à Warsovie, mort 
le 14 septembre 1844, commença sa carrière à Rogalin, où il 
dirigeait l'imprimerie du comte Raczynski. 11 forma un excellent 
élève dans la personne de Philippe Weinert , artiste dramatique , 
chanteur et compositeur de mérite. Pendant son long professorat 
à Warsovie, environ trente-cinq ans, Jean Gommert se concilia 
l'estime et la considération générales ( Cimetière de Powonzki, 
par K. W. Woiciçki). 

GOMOLKA (Nicolas). Le nom de ce compositeur polonais est 
resté inconnu aux auteurs étrangers qui ont écrit sur la mu- 
sique. Cependant le mérite de son Psautier, imprimé à Cracovie 
en 1580, est tel, qu'il aurait suffi pour immortaliser un composi- 
teur allemand ou italien. C'est ici le cas de faire remarquer com- 
bien les ouvrages de Forkel et de Gerber sont pauvres en litté- 
rature et compositions des pays Slaves. Sans parler de Bros- 
sard (1 ) , qui était trop loin des bibliothèques de Pologne, ces 
deux savants, qui habitaient l'Allemagne, auraient pu avoir des 
correspondants à Cracovie et à Warsovie , dont les archives con- 
servent encore plusieurs ouvrages du xvi e siècle; il leur était 
facile de faire connaître mieux l'ancienne bibliographie musicale 
polonaise, étant si près des sources; mais, soit préjugé national, soit 
insuffisance de moyens, on trouve à peine un ou deux noms 
d'auteurs polonais dans Y Histoire générale et dans le Dictionnaire 
de E. L. Gerber (2). Le seul écrivain étranger qui ait parlé de la 
Pologne est le savant M. Fétis, dont les travaux feront époque et 
répandent déjà une vive lumière sur les littératures musicales. 

(t) L'abbé de Brossard, qui donne les noms de neuf cents écrivains sur la 
musique, ne cite que deux polonais [Voyez l'article de Felsztynski). 
(2) Dictionnaire des Musiciens. Leipzig. 2 e édition, 1812-1811; 



222 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIUUE 

Nicolas Gomolka, contemporain de Palestrina, de Vittoria , de 
Nanini , est du petit nombre de compositeurs polonais dont les 
ouvrages sont arrivés jusqu'à nos jours. Gomolka vivait sous le 
règne d'Etienne Batory, il étudia la composition en Italie. Plu- 
sieurs historiens placent sa naissance vers Tan 1564; mais il paraît 
qu'il est né plus tôt, car son grand ouvrage-fut publié en 1580, il 
n'est pas probable qu'il l'ait écrit à seize ans; son titre est : Melodyc 
na Psalterz ofiaroivane Iegomosci Xiendzu Piotrowi Myszkows- 
kiemu Biskupoivi Krakowskiemu panu mnie milosciivemu , w 
Krakowieu Lazarzowej, Roku panskiego , 1580. (Mélodies pour le 
Psautier polonais, composées par Nicolas Gomolka, et dédiées à 
son Éminence Monseigneur Pierre Myszkowski, évêque de Craco- 
vie, de l'imprimerie de M me Lazare, l'an du Seigneur 1580.) 

Il existe un exemplaire de ce Psautier à la bibliothèque de 
l'Université de Cracovie, j'en possède le fac-similé des deux pre- 
mières pages, contenant : le titre principal de l'ouvrage, avec les 
armes de l'évêque et une inscription latine, au-dessous de laquelle 
on lit ces mots : Ingenio et Arte ; la dédicace en vers polonais 
par l'auteur de la musique, et, sur le revers de la deuxième page, 
une épigramme en vers latins, en l'honneur de Gomolka, par 
André Tricesius, célèbre poète polonais du xvi e siècle ( Voyez ce 
nom). 

Les amis de l'art musical doivent de la reconnaissance à 
M. Joseph Cichoçki, amateur distingué de Warsovie, qui eut 
l'heureuse idée de publier quelques-uns des Psaumes de Gomolka, 
traduits en notation moderne par Jean Zandman , professeur de 
chant, sous ce titre : « Chants d'église à plusieurs voix des 
» anciens compositeurs polonais, première livraison, contenant 
» dixPsaumes de Nicolas Gomolka; à Warsovie, chez Sennewaldt, 
» à Leipsig, chez Hoffmeister, 1838. » Ces dix Psaumes donnent 
une haute idée du savoir et de l'importance du travail du compo- 
siteur polonais , qui écrivit ces mélodies sur une excellente tra- 
duction du Psautier due au célèbre Jean Kochanowski , appelé 
Prince des poètes polonais. L'ouvrage entier est composé de 
1 50 Psaumes , à quatre voix , écrits dans les clefs d'ut , sans divi- 
sion de mesure ; la même mélodie se répète à chaque strophe , 






DKS MUSICIENS l'OLUNAlS. 



223 



terminée par une cadence plagale ou suspendue, connue le 
Psaume n° 2 ; l'harmonie en est remarquable par l'élégance et la 
sonorité ; une habile disposition des parties prouve que Gomolka 
possédait parfaitement l'art difficile d'écrire pour les voix. Rien 
n'est beau comme le début de son premier Psaume : « Cum invo- 
carem, exaudivit me Deus. » 



PSALM k. CUM INVOCAREM, EXAUDIVIT ME DEUS. 




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DES MUSICIENS TOLON'AIS. 



223 




Ce Psaume porte le n° A dans l'ouvrage , et se distingue par le 
style lié et dheureuses imitations. Le n° 3 du Recueil de M. Ci- 
choçki, qui est le sixième Psaume dans l'ouvrage : Domine, ne 
in furore tuo arguas me, a beaucoup d'originalité et une grande 
hardiesse dans les modulations. La beauté du texte est bien rendue 
par cette composition pleine de noblesse et d'un caractère reli- 
gieux. 

PSALM. 6. DOMINE NE IN FURORE TUO ARGUAS ME. 



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l'ouvrage, procède par notes égales et accords parfaits. Il renferme 
une jolie prolongation à la sixième mesure , mais il y a quelques 
passages un peu durs, entre autres deux quintes directes dans les 
parties intermédiaires. Ces parties marchent sans interruption et 
ne comptent jamais. La cadence finale de ce Psaume est remar- 
quable, sa tonalité tient du plain-chant. 

PSALM. 7 DOMINE DEUS MEUS, IN TE SPERAVI. 



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DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 



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DES MUSICIENS POLONAIS. 



231 



Le s Psaumes suivants , les n os 8 et 9 sont plus travaillés , on y 
trouve quelques imitations , mais les voix sont plus rapprochées, 
il en résulte des duretés qui ne sont plus tolérées dans le système 
moderne. Le début du n° 9 « Confitebor tibi, Domine, in toto corde, » 
est bien conduit jusqu'à la sixième mesure ; à partir de cet endroit, 
rharmonie est un peu recherchée, le ténor et le contralto sont 
écrits sonnant bien haut. La fin de la strophe a de l'onction. 

Le Psaume n° 10 « Ut quid, Domine, recessisti longe? » alla brève, 
est d'un beau caractère, écrit avec concision; il renferme plu- 
sieurs passages à effet , et les parties sont bien conduites. Le 
n° 41, qui le suit, a beaucoup de douceur « Beatns qui intelligit 
super egenwn. » Il est écrit pour deux soprani , contralto et 
basso. Il y a plusieurs dissonances. Le Psaume suivant, n° 77 
« Voce mea ad Dominum clamovi, » débute avec hardiesse. C'est 
une sublime prière dont les modulations touchent profondé- 
ment; les voix sont grouppées avec art, la fin en est tou- 
chante. 



PSALM. 77. VOCE MEA AD DOMINUM CLAMAVI. 




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Le dernier Psaume de la collection de M. Cichoçki est le ISO de 
l'ouvrage, c'est un Laudate Dominum in Sanctis ejus , écrit dans 
un style sévère , il su distingue par une harmonie pure et finit 
•dignement ce magnifique Psautier. 



PSALM. 150. LAUDATE DOMINUM IN SANCTIS EJUS. 



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DES MUSICIENS POLONAIS. 23Î* 

Nicolas Gomolka, après l'avoir écrit , vécut encore vingt-neuf 
ans; il dut composer d'autres ouvrages, mais qui, malheureuse- 
ment, ne nous sont pas parvenus. C'est une grande perte pour la 
Pologne, mais la gravure de la musique n'était pas encore connue, 
les meilleures partitions se perdaient, faute de moyens d'impres- 
sion. L'extinction des bourses ou maîtrises affectées aux églises, 
retarda les progrès de la musique religieuse, laquelle, à en juger 
par l'œuvre précieuse de Gomolka , était arrivée au xvi e siècle à 
un haut point de perfection. 

Ce digne compositeur, qui resta si longtemps inconnu à 
nos générations, mourut le 5 mars 1609 à Chorawla, comme 
l'atteste l'épitaphe latine suivante gravée sur son tombeau à 
Jazlowiec : 

D. o. M. A. 

GOMOLCAM HIC LAPIS INDICAT SEPULTL'M 
QUEM CUM DEVORAT ATRA MORS CHORAWLAE 
OMNES INGEMIERE MUSICIQUE 
MAGNATUMQLE DOMUS STETERE MUTAE 
AT RECTE CINERIS TLI QCIESCANT 
GOMOLCAE HOC TUMULO A TUIS PARATO 
URBEM NEC PATRIAM CRACI REQUIRANT 

Obiit a. D. M. dcix, die v martii tetatis xlv. 

Depuis le commencement du siècle, tousles biographes et savants 
polonais, parlent de Gomolka, mais très-peu d'artistes connais- 
saient l'ouvrage , vu sa rareté ; l'ancienne notation était aussi 
un obstacle pour beaucoup d'artistes et amateurs. Depuis la pu- 
blication de la première livraison de M. Cichoçki, on put appré- 
cier, grâce au travail de M. Jean Zandman, l'importance de la 
composition de N. Gomolka et son intérêt historique. Puisse la 
jeune école polonaise marcher sur les traces de l'illustre Gomolka 
et s'inspirer en étudiant le travail harmonique de ces simples 
Mélodies, écrites comme il le dit lui-même, non pas pour les 
Italiens, mais pour les Polonais, qui se plaisent chez eux : « Dla 
naszych prostych domakôw. » 

GORCZYNSKI ou Jean Alex, le Gorczyn, musicien, graveur 
et littérateur vivait au dix-septième siècle et publia plusieurs 



236 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

ouvrages remarquables. Sa Tablature musicale est citée par beau- 
coup d'auteurs polonais, comme -un ouvrage élémentaire de 
mérite, son titre original est : Tabulatura muzyki abo zaprawa 
muzykalna, wedlug ktoréj kazdy gdy tylko A. B. C. znac bedzie , 
moze sie bardzo pretko nauczyc spiewac i na skrzypcach i na klaivi- 
korcie i inszej muzyce znot grac i. t. d. Z roznych autorow napisana 
dla pozytku mlodzi przez Jana Alex. Gorczyna. w Krakoivie u 
Piontkowskiego r. 1647 n 8 C0 kartek 28 i tablic 4. Cet ouvrage 
est dédié à Simon Starowolski. Gorczynski publia encore un 
Armoriai de Pologne, Cracovie 1653; un petit traité sur l'arith- 
métique et il rédigea le premier journal polonais intitulé : Le 
Mercure qui date de 1661. ( Voyez J. L. Bandtkie, Siarczynski 
et Amb. Grabowski) un exemplaire de la Tablature se trouvait 
avant 1831 à la bibliothèque de Pulawy. 

GORCZYÇKI (l'Abbé Grégoire), compositeur religieux po- 
lonais du dix-huitième siècle est encore un de ceux dont les 
compositions n'ont pas été gravées. Ses Messes écrites dans un 
beau style d'église, méritaient assurément les honneurs de l'im- 
pression, car elles peuvent soutenir la comparaison avec les 
meilleurs ouvrages de l'école moderne. 

L'abbé Gorczyçki, surnommé la Perle du Clergé, fut attaché à la 
cathédrale de Cracovie, il y laissa de précieux souvenirs comme 
prêtre et comme compositeur de musique religieuse. On ignore 
le lieu de sa naissance , mais une inscription placée dans la 
chapelle de la Vierge de la cathédrale donne l'époque de sa 
mort qui arriva le 30 avril 1734. Il fut maître de chapelle et 
directeur (le quinzième) du collège des Roratistes, institué par 
Sigismond I er pour l'exécution des Messes en musique dites : 
3Jcsses Borate (I). 

Plusieurs Messes de ce maître ont été égarées; celles qui nous 

(1) Dans sa jeunesse, l'abbé Gorczyçki chanta tous les samedis a la chapelle 
des Sigismonds, sous la direction de son oncle ; plus tard, Gorczyçki, désirant 
faire sa cour a Ta princesse Radziwill, mit beaucoup de ses vers en musique, 
dans l'espoir d'être attaché a la maison de la princesse comme compositeur et 
chanteur. Il disait à ce sujet : « Prosilem o miejsce naJey teatrze » bo i glos 
sie mialo i muzylce sie znalo « i spodziewalem sie pomnozyc Ikzbc spiewa- 
kow. X. H. » 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



237 



restent, appartiennent à la bibliothèque de la cathédrale de Cra- 
covie, elles sont écrites de la main de l'auteur et exécutées 
encore de nos jours à l'église pour laquelle elles furent écrites'. 

M. Cichoçki, jaloux de la gloire nationale, publia en 1838 deux 
de ces Messes dans la deuxième livraison de son Recueil, accom- 
pagnées d'une notice. Ces messes, écrites à quatre voix sans 
accompagnement, donnent une haute idée du talent de ce compo- 
siteur, elles sont dédiées à l'abbé Porembski compositeur et di- 
recteur des Messes Borate. 

La première Missa Paschalis en ut majeur commence par un Ky- 
rie, conçu dans un style large et d'un beau caractère écrit très-pure- 
ment. Ce morceau doit produire un grand effet dans l'exécution. 

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DKS MUSICIENS fOLONAlS. 



241 



Le Gloria a 3/i débute dans un mouvement plus vif; il a de la 
franchise, il est bien conduit; les parties rentrent avec infiniment 
d'art. Le Miserere, très-court, commence par un motif fugué, il 
précède le Quoniam qui est d'un bel effet , très-serré , et qui 
amène une péroraison bien travaillée. Il n'y a point de Credo 
dans cette Messe; quant au Sanctus, il débute d'une manière très- 
intéressante, l' Hosanna a de l'élégance d'une harmonie distinguée ; 
le Benedictus est très-original, d'une exécution difficile. UAgnus 
est d'une contexture simple, mais rempli de mélodie; il finit bien 
cette Messe, remarquable par son cachet religieux, sa tonalité 
et une grande clarté dans la distribution des voix. 

Cette Messe est écrite sans barres de mesure à l'ancienne 
manière. M. Joseph Krogulski, directeur de musique des Pia- 
ristes à Warsovie, et compositeur distingué, mort depuis, s'était 
chargé de la mettre en partition et la divisa par mesure pour le 
Recueil de M. Cichoçki. 

La Messe de YAvent, publiée également par M. Cichoçki, est 
écrite pour alto, deux ténors et basse. Son morceau d'introduction 
est un Borate écrit de main de maître en imitations fuguées 
mais sans indication de mouvement. 



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244 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Ce Rorate est suivi d'un Benedixit sur un plain-chant, tenu par 
le second ténor. Après un court Gloria on reprend de capo le 
Rorate. Le Graduale et Y Offertoire sont largement dessinés et 
conçus dans un beau caractère religieux. Un Funda preces, d'un 
haut intérêt, termine l'Offertoire et la Messe par un accord parfait 
en ré majeur très-bien amené. 

Cette Messe est sans accompagnement et fait regretter la perte 
de six aulres Messes de l'abbé Gorczyçki et on doit de la recon- 
naissance à M. Cichoçki d'avoir publié les deux Messes , qui 
placent bien haut l'ancienne musique religieuse polonaise. 

La courte notice qui précède cette intéressante publication, 
se termine ainsi : 

« Dans ces deux Messes et surtout dans le Benedictus de la pre- 
» mière , quelques transitions semblent trop hardies et quelque 
» peu dissonantes; mais n'en connaissant pas positivement le 
» motif, nous les avons conservées telles qu'elles se trouvent 
» dans l'original; nous avons aussi laissé à leur place les astériques 
» dont on ignore la signification. ïl semble néanmoins qu'elles 
» indiquent les endroits où l'on doit respirer. » (Correspondance 
de Cracovie, Pamientnik Warszawski de 1818 mois de février. 
Cracovie et ses environs. Le Peuple polonais, par Luc Golem- 
biowski, tom. m, pag. 210). Cette biographie était déjà terminée, 
lorsque le savant Ambroise Grabowski, avec son obligeance accou- 
tumée, m'envoya de Cracovie l'inscription , qui est placée au- 
dessus du tombeau de l'abbé Gorczyçki dans la cathédrale de 
l'ancienne capitale de Pologne derrière le monument de Casimir 
le Grand, et que je transcris ici : 

D. 0. M. 

« Mémorise nunquam moriturae 111. et adm. R di D. Georgii 
» Gorczyçki canonici Scalb. Pœnitentiarii et Capellae Magistri, ab 
» omnibus gemma sacerdotum vocati, doctrina et pietate praediti 
» obsequiis ad hanc Eccles. Cathedralem nec non Diœcesis con- 
» sumpti. Obiit A. D. 1734 die 30 aprilis. Viator! virtutes com- 
» mirare et defuncto requiem seternam precare. 

Nous trouvons des détails intéressants sur l'abbé Gorczyçki , 



DES MUSICIENS POLONAIS. 215 

dans un ouvrage sur Cracovie de Joseph Monczynski intitulé : 
Zbior Wiadomôsci o Krakowie. L'abbé Gorczyçki , dirigea la 
musique au service du roi, Jean Sobieski, et de la reine Marie- 
Casimire, du roi Auguste H, pendant les cérémonies du sacre du 
roi Fr. Auguste III et de la reine Marie-Joséphine. 11 fut chargé 
de conduire les chœurs. Ce travail lui causa une grande fatigue 
et le fit tomber malade; car il se donna beaucoup de mal et 
voulut assister à l'exécution, malgré la défense de son médecin, 
pour faire marcher l'ensemble des grands morceaux. Le temps 
était très-froid, le couronnement d'Auguste III avait eu lieu au 
mois de janvier. Le digne abbé ne put se rétablir de cette maladie 
et mourut comme il est dit plus haut le 30 avril 1734. 

Outre ces compositions d'église, il laissa la musique pour une 
comédie de la princesse Françoise Radziwill, écrite en vers, avec 
chants et danses (1). Il composa également la musique pour 
un opéra et pour un grand nombre de cantates et de pièces dé- 
tachées qui se trouvent éparpillées ou perdues , n'ayant point 
été imprimées. Selon Joseph Monczynski la musique de l'opéra 
existe en manuscrit. 

GORDASZEWSKI (Sigismond-Edvin) , adjoint au ministère 
d'État de l'Empire français. Poëte de talent, auteur d'un grand 
nombre de chants religieux, entre autres d'une Hymne à Dieu, 
d'un chant à Boga-Rodziça (Marie Mère de Dieu), et d'un Poème sur 
la destruction de Lisbonne. Il est également auteur d'un opéra- 
comédie avec musique de J. Damse , de plusieurs chansons et 
poésies légères. M. Gordaszewski publia en même temps une 
revue religieuse en langue polonaise, sous le titre : Jutrzenka 
(Aurore), approuvée par Mgr l'Archevêque de Gnésen et de Posen. 
On lui doit aussi un Paroissien ou Livre de l'Office divin pour les 
dimanches et fêtes de l'année, suivi d'un Recueil de Cantiques. Ce 
livre est en latin et en polonais, selon le rit romain (inédit). 

Cet auteur a traduit librement, d'après saint Thomas d'Aquin, 
Les Conseils sur la Vie de famille (Rady zycia domowego). 

(I) Françoise, comtesse Wisniowieçka, princesse Radziwill, auteur et poète, 
écrivit une comédie intitulée : Przejrzane nie mija, dont l'abbé Gorczyçki 
composa la musique. 



246 ■ DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Il a écrit aussi un ouvrage intitulé : Elévation des pensées et 
des sentiments vers le Créateur. Une partie de cet ouvrage existe 
en français, sous le titre : Guide du jeune homme, Méditations et 
Prières pour toiœ les jours de la Semaine; approuvé par Mgr Man- 
glard, Évêquede Saint-Dié. 

(GOREÇKI (Antoine), poëte d'un grand talent, est né à Wilna 
en 1787, très-populaire en Pologne, fit insérer dans le Mémorial de 
Warsovie, en 1818 (février), une Ode sur la Mort , publia un grand 
nombre de poésies fugitives remarquables par la grâce, la pureté 
de langage et les sentiments élevés. 

Pendant son séjour en France, depuis 1831, il publia six autres 
volumes de poésies. Ses vers sont très-favorables à la musique. 

GOREA (Lucas) , palatin de Brzesc, grand protecteur des arts 
en Pologne, partisan déclaré de la Réformation, encourageait 
beaucoup les frères Bohèmes {Brada Czescy) (1), qui chantèrent 
les premiers les Psaumes et les Cantiques en langue slave. Le 
Psautier publié à Prague par les Frères, servit de modèle au 
Psautier polonais imprimé à Gracovie en 1554, et dédié au 
palatin de Brzesc par Jacques Lubelczyk, qui se disait sluzebniczék, 
serviteur très-humble ( Voyez ce nom ). L'édition de ces 
Psaumes est ornée des armes du palatin. A la fin, on y a mis 
d'autres chants dont les mélodies étaient déjà connues. Le livre 
finit par le Te Deum de saint Ambroise et de saint Augustin, dont 
la traduction est meilleure que celle du Cancionale de Pierre 
Artomius. Le même imprimeur, Wierzbienta de Cracovie, publia 
en 1569 un autre Cancionale plus complet, avec musique, sous 
le titre : Kancyonal albo piesni Duchowne (Cancionale ou Chants 
spirituels). Les airs ne sont pas notés partout; cependant, il y a 
plus de musique que dans le Concionale dédié à Gorka. Près de 
trente ouvrages de ce genre furent publiés depuis 1554 jusqu'à 
1724, sans compter les éditions partielles de poésies sacrées avec 
ou sans musique. Voyez Ephraim Oloff Polnische Lïeder Geschichte. 
C'est à Lucas Gorka et à son frère Stanislas, que Finck (Hermann) 

(1) Les frères Bohèmes sont venus en Pologne en 1548; leur Psautier était 
déjà imprimé par Lucas Pragensis, à Prague. 11 fut traduit en Polonais par 
Valentin de Brzozowo. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 247 

dédia son ouvrage de Practica Musica, imprimé à Vittenberg en 
1550, chez G. Raw. Le célèbre auteur parle ainsi de l'illustre 
maison de Gorka dans la préface de son livre : « Fuit eximia 
» erga me quoque liberalitas Celsitudinis tuae, illustris Domine 
» Stanislae; quare et fratrum et tui nominis mentionem hic feci, 
» et vobis hoc opus dedico, ut gratitudinem meam et observan- 
» tiam erga vos perpetuam ostendam. Fuit excellens sapientia 
» et virtus Illustris domini Comitis a Gorka, Andréa? patris vestri , 
» et fuerunt salutaria Regno consilia ejus, et felix militia. » 

Cette dédicace, si flatteuse pour la famille du comte Gorka , 
honore également Hermann Finck, le savant auteur de Practica 
Musica , qui , ayant résidé en Pologne et étant parent de Henri 
Finck (Voyez ce nom), témoigne ainsi de sa reconnaissance 
envers ses hôtes et de son attachement à la Pologne. Voici cette 
dédicace : 

a Illustribus dominis Comitibus a Gorka magnifico domino 
» Lucse Palatino Brzestensi, Andréa? et Stanislao Buscensibus, 
» Valiensibus, Gneznensibus, Colensibus Capitaneis,etc. S. D. Her- 
» manus Finck Birnensis.... Quare et Deum precor, ut vos servet 
» et gubernet et oro Celsitudinem vestram , ut me tanquam hu- 
» milem clientem et vobis addictum , simul cum hac dulcissima 
» arte bénigne tueamini. Bene et féliciter valeat Gels. V. anno 
» 1556, die verni a^quinoctii. » 

Stanislas Gorka entretenait , selon le témoignage de Piasecki, 
un nombreux orchestre. Sa maison fut toujours ouverte aux 
lettres et aux arts. Il mourut en 1593. 

GORONCZKIEWICZ (Dominique). Cette famille, originaire de 
Cracovie, a fourni d'excellents organistes à la Pologne. Le père 
de Dominique était déjà organiste de la cathédrale au xvnr siècle. 
Il eut pour successeur son fils, auquel succéda Vincent, dont il 
est question dant l'article suivant. Quant à Dominique Goroncz- 
kiewiez, il alla s'établir à Warsovie, où il mourut dans un âge 
avancé (Ambr. Grabowski, François Mireçki et Correspondance 
particulière). 

GORONCZKIEWICZ (Vincent) , organiste, né à Cracovie , au- 
teur d'un ouvrage fort estimé sur le Chant choral, succéda à son 



218 • DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

père Dominique dans les fonctions d'organiste, dirigea l'or- 
chestre de la cathédrale de Cracovie, et contribua beaucoup 
avec l'abbé Sierakowski à entretenir le goût de la bonne musique 
dans la capitale de la Pologne. Son ouvrage publié à Warsovie, 
chez Spies et Comp., en 4848; à Cracovie, chez D. E. Friedlein; 
a Leipzig, chez Breitkopf , est divisé en deux parties , sous ce 
titre '.Spiewy choralne Kosciola Rzymsko-Katoliçhiego (Chants cho- 
rals de l'Église catholique romaine, tels qu'ils sont chantés dans la 
cathédrale de Cracovie , harmonisés pour l'usage des Paroisses ; 
2 suites, 24 fi.) (Gazette musicale de Leipzig et Courrier de War- 
sovie, et L. Golembiowski dans le Peuple polonais , tome m). On 
assure que ce savant musicien possède une riche bibliothèque 
musicale à Cracovie, où il jouit d'une grande considération. 

GOSZCZYNSKI (Séverin), célèbre poète de l'époque ac- 
tuelle, très-aimé du public, écrit d'inspiration et ses vers trou- 
vent le chemin du cœur. S. Goszczynski habita quelque temps 
l'Allemagne et la Suisse ; il réside actuellement en France. Une 
charmante pièce de vers , Chant de l'Allouette, fut mise en mu- 
sique par Albert Sowinski, et dédiée à M lle Olympe Maleszewska, 
aujourd'hui Mme Chodzko. Les œuvres poétiques de S. Goszczynski 
eurent plusieurs éditions : la plus importante est celle de Breslau, 
en trois volumes, 1852. 

GRABOWSKI (comte Stanislas), ministre d'État du royaume 
de Pologne en 1822, encouragea beaucoup la musique d'église. 
On lui doit la réunion de l'orchestre de l'Université avec celle de la 
Cathédrale, sous la direction d'Elsner. Tous les professeurs d'éta- 
blissements publics devaient y prendre part, et les jeunes orga- 
nistes pouvaient se faire entendre pendant les offices divins. Le 
comte Grabowski protégea surtout les organistes; les meilleurs 
venaient alors de Cracovie (Gazette musicale de Leipzig, de 1822). 
Selon ce journal, une bonne musique d'église, à cette époque, 
fut celle de l'église de l'Université. On exécutait très-bien aussi 
chez les Piaristes, où l'on pouvait entendre les Messes de Haydn , 
chantées avec beaucoup de précision et d'ensemble. Les voix de 
ténors et de basses étaient trop nombreuses : un certain Antonet 
se faisait remarquer par sa belle voix. On avait placé un orgue 



DES MUSICIENS POLONAIS. 2i9 

magnifique à l'église des Piaristes. Chaque membre s'engageait à 
payer 1 florin par mois pour les frais d'orchestre et des copies. 
Une école de chant fut formée avec l'autorisation du gouver- 
nement. 

GRABOWSKA (Clémentine, comtesse), amateur distinguée, 
née dans le grand-duché de Posen, en 1771, était remarquable 
par son talent sur le piano. Elle a fait publier plusieurs œuvres 
pour cet instrument, à Warsovie, chez Brzezina et à Posen, chez 
Simon, entre autres: Sonates pour piano, œuvres 1 et 2; des 
Variations sur l'air « Narguons la tristesse » ; deux Polonaises et 
une grande Polonaise. Selon M. Fétis ( Biographie universelle des 
musiciens) Mme. Grabovvska serait venue à Paris en 1813 et elle 
y serait restée jusqu'en 1830 , en y donnant de beaux concerts. 

GRABOWSKA (Anna, comtesse), née comtesse de Béthisy, 
remarquable par son esprit , ses talents et la bonté de son cœur. 
Elle épousa, après la terreur, le comte Victor Grabowski, allié de la 
famille des princes Czartoryski. La comtesse Grabowska possédait 
dans sa jeunesse une voix de soprano magnifique, elle accom- 
pagnait sur la partition et jouait très-bien du piano. Douée d'une 
heureuse organisation pour la musique, elle conserva fort tard 
un goût prononcé pour cet art; elle protégeait beaucoup les 
artistes et aimait à leur rendre service. C'est dans son salon qu'on 
pouvait entendre, depuis 1833, les meilleurs chanteurs et instru- 
mentistes français et étrangers. Écoutés et applaudis par l'élite de 
la société de Paris , reçus avec la meilleure grâce par les maîtres 
de maison, tous les talents de Paris aimaient à s'y faire entendre, 
certains d'avance de faire plaisir et d'être appréciés par les connais- 
seurs et amateurs nombreux qui se donnaient rendez-vous chez 
la comtesse Grabovvska. C'est ainsi qu'on pouvait y entendre 
Mme Damoreau-Cinti, Adolphe Nourrit, Levasseur, Alexis Dupont, 
Mines Dorus, Nau, Dobré, Wideman, Ponchard, Demis, Tagliafico, 
Boulanger et d'autres chanteurs français. En chanteurs Italiens : 
Rubini, ce roi des ténors, Lablache, l'homme musique, ïambu- 
rini, Mario, Ivanof et Assandri, Lablache fils, Geraldi et Tagliafico ; 
Mmes Grisi, Persiani, Laty. Parmi les cantatrices amateurs, Mme la 
comtesse de Sparre, Mme la comtesse Merlin, Mme Dubignon, 



2j0 dictionnaire bioc-raphio.uk 

Mme de Julvéeourt, Mme de Marescalchi, Mme Vigano et autres 
sommités du chant; en hommes, MM. le prince Belgioioso, le 
vicomte O'Neill de Tyrone, le comte de Mauny, le comte Decaix, 
le comte de Bordesoult, Y. de Panel, le vicomte Doguereau, le 
comte d'Adhemar, le comte J. d'Aoust, ces deux derniers com- 
positeurs et chanteurs distingués. En artistes instrumentistes, on 
y rencontrait le célèbre Lafont, au jeu si pur, enlevé trop tôt à 
ses nombreux admirateurs. Tulou, le grand flûtiste, Conin, talent 
solide. Labarre, premier harpiste et compositeur, Mme Baudiot, 
Mme Massart. Liszt, Chopin, Herz , Ernst, Hauman, Artot, 
Dubois, Terby, Servais, Franchomme, Kalkbrenner, Robberechts, 
plus tard, Mme Sabatier, Roger, Boulanger-Kunze, Léon Lecieux, 
Dalla Casa et Giuglio Alary. Le vicomte Sauzay sur le violon et 
Fournier de Moujan sur le violoncelle , tous deux remarquables 
parmi les Dilletanti, contribuaient à rendre très-attrayantes les 
matinées de la comtesse Grabowska. Et, s'il était permis de parler 
de soi, après tant de célébrités, je dirais, par reconnaissance, 
que c'est dans le salon de la comtesse Grabowska que je me suis 
fait entendre sur le piano pour la première fois à Paris, et c'est 
chez elle que je fut présenté à Mme la princesse de Vaudemont, 
à M. le marquis et à Mme la marquise de Pomereu, à M. le duc 
de Croussol, à L.idy Clevering, à la comtesse deHocquart, à 
M. le duc de Rohan, à M. le marquis et à Mme la marquise 
d'Havrincourt, à M. le marquis et Mme la marquise de Bétliisy, 
à M. et Mme de Bellissen , à la famille Mallet, etc., qui m'ac- 
cueillirent avec bienveillance à mon arrivé à Paris. 

La comtesse Grabowska, après avoir perdu plusieurs membres 
de sa famille, fut enlevée subitement en 1850, à ses nombreux 
parents et amis. Elle ne laisse qu'un fils , le comte Charles Gra- 
bowski dont il est question dans l'article suivant. 

GRABOWSKI (Charles, comte), filleul du prince Adam 
Czartoryski, amateur distingué, excellent musicien, possède une 
belle voix de basse-taille , bien timbrée et chante le genre bouffe 
avec beaucoup d'entrain et de verve. Il connaît à merveille 
l'ancien Répertoire français et sait par cœur tous les airs de vaude- 
ville, il est la clef de caveau vivante et en même temps un 



DES MUSICIENS POLONAIS. 2ol 

des meilleurs acteurs de la société parisienne. Le théâtre du 
comte de Castellane lui doit ses beaux succès, le comte Charles 
Grabowski excelle surtout dans le genre bouffe , mais il fait 
répandre des larmes dans les rôles de sentiment, comme par 
exemple le rôle de Stanislas dans Michel et Christine , par lequel 
il sait toucher et charmer. Le nombre de pièces jouées par le 
comte Grabowski est très-grand, ses meilleurs rôles sont ceux 
de Perlet. On se rappelle encore l'effet extraordinaire qu'il 
produisit sur le théâtre Castellane , en dansant un pas de 
M ellc Taglioni dans un proverbe improvisé ( pièce à tiroir ), il a 
joué également avec succès dans le Rendez-vous bour y eois , dans 
la Veuve du Tanneur , dans le Landeau , dans le Cabaret , clans 
Y Eus-tu-cru , dans la Demoiselle à marier, dans Etre aimé ou 
mourir, clans Edouard en Ecosse , dans le Docteur Gall , etc; les 
rôles de ces pièces convenaient au genre de talent de M. Gra- 
bowski. Il était très-remarquable dans les pièces du théâtre 
français et dans les proverbes; il paraissait à son avantage surtout 
sur le théâtre du château du Héron où l'on montait de fort jolies 
pièces, avec le concours de Mme la comtesse de Talleyrand, 
enlevée prématurément à sa famille. 

Un joli théâtre construit dans l'orangerie du parc du Héron, 
renferme plusieurs décorations. La salle peut contenir deux à 
trois cents personnes. Elle est très-favorable à la musique. Dans 
les grandes circonstances , on faisait venir la troupe d'opéra 
comique de Rouen. Mines Damoreau-Cinti , Bertaut et Potier 
sont venues se faire entendre devant les nombreux invités du 
château du Héron, rendu célèbre par l'aimable hospitalité de 
ses propriétaires et un des plus beaux et des plus confortables de 
France. C'est dans cette magnifique résidence que M. Grabowski 
se faisait admirer comme chanteur et comme acteur, apprécié par 
un auditoire brillant, composé des plus jolies femmes de Paris et 
des châteaux voisins. La dernière représentation eut lieu en 1853. 
On joua la Demoiselle à marier, dont les rôles étaient remplis par 
Mme la comtesse de Talleyrand, M. le comte de ligneux , 
M. Goffin, M. le vicomte Armand de Pomereu, M. le comte 
Ch. Grabowski et M. le comte de Talleyrand. Mme la comtosc 



2o2 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

de Bagneux , connue par son beau talent sur le piano , accom- 
pagnait le chant. 

GRABOWSKI (Stanislas), professeur de piano, attaché au 
Lycée de Krzemienieç depuis 1817 à 1828, avait une nombreuse 
clientelle et fut très-aimé de ses élèves. Il est auteur de plu- 
sieurs œuvres pour le piano. D'après un journal polonais, Stanislas 
Grabowski serait mort à Vienne, en 1852. Il a paru à Vienne, chez 
Haslinger, deux compositions de cet artiste, savoir : une Polonaise 
et deux Mazureks, et une autre Polonaise caractéristique. Le 
catalogue général d'A. Hofmeister porte une œuvre de Gra- 
bowski, sous ce titre : Petit tableau musical ou septième polonaise 
dramatique. 

GRABOWSKA (Catherine), cantatrice, s'est fait entendre à 
Kalisz en 1856 avec succès {Courrier de Warsovie). 

GRABOWSKI (Ambroise), savant historien, bibliographe, 
archéologue, né à Kenty, en 1782, a rendu d'éminents services à 
la littérature musicale, par ses recherches et ses investigation* 
dans la biographie et dans la bibliographie des musiciens. Ces 
deux sciences historiques, longtemps négligées en Pologne, com- 
mencent à occuper nos littérateurs et nos artistes. Par ses nom- 
breux ouvrages, ses travaux, sa carrière laborieuse, ses qualités 
littéraires , Ambroise Grabowski tient une place distinguée parmi 
les écrivains qui honorent la Pologne. Nous nous bornerons ici à 
indiquer ses principaux écrits, où il est question de la musique. 

Fils d'un musicien , organiste à Kenty, en Gallicie, Ambroise 
Grabowski entra chez le libraire A.-J. Grobl , à Cracovie, en 1797, 
après avoir terminé ses études. Il resta vingt ans dans cette mai- 
son et fonda ensuite un établissement pour son compte. Il épousa 
en premières noces, M llc Joséphine Nowakowska, bonne pianiste, 
qui aida souvent son père , Jean Nowakowski , violoncelliste, dans 
sa carrière de professorat. Ambroise Grabowski, sans être prati- 
cien , avait des connaissances en musique et conserva toujours un 
goût prononcé pour cet art. Son fils Maximilien est un amateur 
distingué sur le violon et sur le piano, élève de Vincent Studzinski. 

Dès 1813, Ambroise Grabowski fonda une maison de librairie 
à Cracovie, qu'il dirigea lui-même, pendant l'espace de vingt ans, 



DES MUSICIENS POLONAIS. 253 

avec un légitime succès et ne cessa son exploitation que pour se 
livrer entièrement aux lettres. Il enrichit la littérature polonaise 
de nombreux ouvrages d'un haut mérite. La peinture, la gravure, 
la musique, l'archéologie lui doivent beaucoup. 

Ayant eu la patience de compulser les anciennes archives de la 
ville de Cracovie, il y trouva un grand nombre de musiciens ins- 
crits dont on ignorait les noms. C'est surtout dans son intéressant 
ouvrage sur les Antiquités de Cracovie (Starego Krakowa Zabytki), 
qu'il en cite des plus remarquables. 

Une liste de quarante musiciens, chanteurs et instrumentistes, 
commence en 1514- et va jusqu'en 1G59. Elle contient les noms de 
tous les Musicus regius, inscrits sur les Actes des consuls. 

Ces musiciens formaient entre eux une Confrérie, composée de 
Magistri et Juniori. Ils avaient leurs directeurs choisis parmi les 
anciens maîtres (Voyez l'article de Jacques vonEnden). Les sta- 
tuts de cette Confrérie furent approuvés par AVladislas IV et 
Michel Korybut, rois de Pologne. D'après notre savant, ces musi- 
ciens avaient un homme d'affaires, nommé Martin Krugel, chargé 
par Sigismond III de servir les membres de la chapelle royale. Il 
était exempt d'impôts et habitait à Czarna-Wies , près de Cra- 
covie (1609). 

Les autres ouvrages dans lesquels Ambroise Grabowski parle de 
musique, sont : 

Starozytnosci historyczne Polskie (Antiquités historiques polo- 
naises), 2 vol. , Cracovie , 1840. Ojczyste Spominki (Souvenirs du 
pays), 2 vol., Cracovie 1845. Skarbniczka naszej archeologji (ïré- 
sorière de notre Archéologie), 1 vol., édition de Leipzig, chez 
Bobrowicz, 1854. Krakow, i, iégo Okolice, (Cracovie etses Environs), 
deuxième édition, 1830. Mozajka (iMosaïque ou Fragments biogra- 
phiques), et plusieurs autres brochures publiées à Cracovie, un 
grand nombre d'articles insérés dans la bibliothèque de Warsovie. 
Lettres de Ladislas IV , 1845. Pi'overbes d'anciens Polonais, 1819. 
Antiquités de Cracovie, 1852. 

GRAEBER (J. J.), pasteur de la commune polonaise luthé- 
rienne à Koenigsberg, né en Prusse en IGOi, travailla pour le 
livre de chant publié à Koenigsberg en 1708, qui fut plus considé- 



25i DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

rable que les Recueils précédents , mais non sans fautes ; aussi 
fut- il attaqué par Bialecki, Albertus Weiss, et défendu par 
Chuchlovius et Guillaume Tyszka , dont le rapport impartial rendit 
justice au livre en question. Graeber est auteur d'un autre livre 
de chant, traduit de l'allemand en polonais, sous le titre : Pies'ni 
niektore z Niemieckiego na polski iezyk przetlomaczone od Jana 
Jakoba Graebera w Krolewçu, en 1727, in-12, J. J. Graeber, 
mourut en 1729. Son portrait a été gravé sur cuivre. 

GRANICZNY (Grégoire), musicien , vivait sous le règne de 
Wladislas IV, au xvn e siècle, et faisait partie de la chapelle du roi, 
qui lui donna, en récompense de ses longs services, Aream seu 
hortum certum Firlagmvski Warsoviœ consistentem , en le nom- 
mant Capellœ nostrœ Musicus. Voyez l'ouvrage d'Ambroise 
Crabowski, intitulé : Skarbniczka naszei Archeologii , page 98, 
édition de Leipzig, 1854, publiée par J. N. Bobrowicz. D'après 
Adam Jarzemski {Description de Warsovie, 1643). Graniczny 
jouait de plusieurs instruments à vent, entre autres de sztort, 
espèce de basson, qui faisait la basse dans l'orchestre. 

GROBLICZ ( )-, luthier à Cracovie, vivait vers 4609. 

son nom a été trouvé dans l'intérieur d'un violoncelle, apparte- 
nant à une famille de Cracovie (Fragments biographiques, concernant 
l'histoire de l'art musical en Pologne, par Ambroise Grabowski). 

GROCHOWSKI (Stanislas), chanoine de Kalisz, secrétaire du 
roi de Pologne, Sigismond III, excellent poète, ayant produit 
beaucoup d'ouvrages remarquables, doit être cité ici comme 
auteur d'un grand nombre de chants , adoptés par l'église catho- 
lique en Pologne. Ses Nuits de Thorn (Torunskie Nocy), dédiées 
à Pierre Skarga, célèbre prédicateur polonais, S. J. , méritent 
d'être connues davantage. Grochowski est mort vers 1620. Plu- 
sieurs de ses pièces de vers furent mises en musique par Diomedes 
Caton, sous le titre : Rytmy Stem. Grochowskiego znotami i tabla- 
turo na lutnio , Diomedesa Catona. Cracovie, 1606. Il traduisit 
aussi XOfficium de la Sainte-Vierge, et beaucoup de chants sacrés 
avec musique au nombre de 163. Parmi les pièces mises en 
musique par Diomedes Caton, il y a un chant à saint Stanislas , 
patron de la Pologne. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 25.'> 

GRODZIÇKA (comtesse) , fille du sénateur de ce nom à Cra- 
covie, était admirée comme cantatrice et comme pianiste distin- 
guée vers 4821 (Gazette musicale de Leipzig). 

GROMCZYNSKI (Ignace), violoniste, faisait partie de l'or- 
chestre italien à Paris, sous le règne de Louis-Philippe. Il quitta 
la capitale pour s'établir à Beaune en Bourgogne, où il s'est fixé 
comme professeur de musique. 

GROTKOWSKI (Ferdinand), amateur distingué, avait une 
jolie voix de ténor, résida dans, la capitale de France après la 
guerre de Pologne,, et chantait avec infiniment de goût les com- 
positions des maîtres polonais. Marié depuis quelques années à 
une Française, Ferdinand Grotkowski rentra en Pologne , et 
mourut à Gorka, près de Posen, en 1835. 

GRUSZCZYNSKA (M n)e ), cantatrice, élève de Matuszynski, 
professeur et chanteur lui-même. Débuta en 1855 dans YElisire 
d'Amore, et devait partir pour l'Italie, afin de se perfectionner 
dans le chant (Courrier de Warsovie). Selon la Gazeta codzienna, 
Mme Gruszczynska possède une jolie voix de soprano , pas très- 
forte , mais agréable. Elle rappelle celle de Mme de la Grange 
par ses cordes métalliques , avec la différence qu'elle est encore 
toute jeune. Mme Gruszczynska chante avec sentiment et fait le 
trille à merveille. 

GUÉBRIANT (la Maréchale de), accompagna en Pologne la 
reine Marie-Louise de Gonzague, épouse de Wladislas IV, en 1646. 
La relation de ce voyage, écrite par P. Laboureur, renferme des 
détails intéressants sur la musique en Pologne et sur les fêtes qui 
furent données à Dantzik et à Warsovie à l'occasion du mariage 
du roi de Pologne. L'orchestre de Sa Majesté passait alors pour 
un des meilleurs de l'Europe, dit Mme de Guébriant : il fut com- 
posé de musiciens italiens et polonais, et coûtait fort cher en 
pensions et présents au roi. La musique de chambre consistait en 
chanteurs, luthistes et clavecinistes (1). La musique du dehors 
était composée de joueurs de cors (surmacze), de trompettes, 
fifres et cymballes. L'orchestre de Sigismond III, père de Wla- 

(1) Parmi les instruments de salon, M»« de Guébriant compte les orgues, 
clavecins, luthts, violons, violes et harpes doubles. 



2o6 DICTIONNAIRE l'.IOGRAPHIQUE 

dislas IV, coûtait à ce prince 12,000 écus par an (1596). Bien que 
sons ce règne on n'exécutât pas encore l'opéra en Pologne, qui 
ne fut introduit dans ce pays qu'au retour de Wladislas IV d'Italie 
au commencement du xvn e siècle, tandis que l'orchestre de ce 
dernier prince accompagnait l'opéra, exécutait des morceaux de 
concert, et jouait tous les dimanches et fêtes à l'église. 

GVALTERIUS (Paul), docteur, professeur de théologie , e 
Soc. Jesu in Archigymnasio Viennensi S. S. , est auteur d'un 
ouvrage latin intitulé : Canticum novum animi a mundo , a terra , 
a cœlo, a se ipso in Deum salientis, Mélodies lyricœ latinœ, yenvs 
Rhythmometrum; Calisis, anno 1665. Cet ouvrage a été traduit en 
polonais par Casimir Darowski, Soc. Kes. à Kalisz; in-12. (Ephraïm 
Oloft' Polnische Lieder-Geschichte.) 



H 



HALEVY (Fromental), ce célèbre compositeur, est d'origine 
polonaise. Sa famille vint de Glogau en Silésie , et son père 
habita quelque temps Sochaczew , petite ville du royaume de 
Pologne , qu'il quitta pour venir à Paris faire travailler son fils 
sous la direction de Chérubini. Le Courrier de Warsovie , du 16 
octobre 1842, ajoute que la famille de l'illustre compositeur 
habite encore la ville de Sochaczew. 

HALPERT (Louis), compositeur de mérite, directeur de la 
Ressource marchande (Cercle musical et littéraire de Warsovie) , 
amateur passionné de son art. M. L. Halpert est auteur d'un 
grand nombre de compositions pour voix et instruments, publiées 
à Warsovie et très-goûtées par le public (Correspondance parti- 
culière) . 

HALPERT (Léontine), née Luczkowka, artiste dramatique et 
cantatrice de l'Opéra national polonais, débuta en 1835 au grand 
Théâtre de Warsovie, obtint des applaudissements dans la Folle, 
opéra-mélodrame traduit par elle-même , représenté au théâtre 
des Variétés en 1837. Plus tard, Mme Halpert chanta dans la 



DES MUSICIENS POLONAIS. 257 

Rit ta, dans Lukasz z pod Lukotva , dans l'opéra de Mozart, les 
Noces de Figaro , avec non moins de succès. Cette artiste quitta 
le théâtre en 1855, ayant obtenu sa pension de retraite. 

HANNUS RIDER et HANNUS RAWMANN (Tibicenes Regii) , 
sont cités par Ambroise Grabowski, comme musiciens au service 
du roi de Pologne en 1537 {Starego Krakowa Zabytki, 1850). 

HANNUS ou JENCZY , trompette cité dans le manuscrit du 
comte Dzialynski, vivait au xvi e siècle, et fut au service de Sigis- 
mond- Auguste, roi de Pologne (Voyez les Comptes de la cour 
de ce prince, en 1546 et suivants). 

HASSE (Adolphe) , maître de chapelle du roi de Pologne, 
électeur de Saxe, appelé en Italie // gran Sassone, doit avoir sa place 
ici, comme ayant composé plusieurs ouvrages à Dresde et h War- 
sovie pour Frédéric-Auguste III, roi de Pologne, dont il était maître 
de chapelle, avec 12,000 écus de traitement. Il vint prendre sa 
place avec Fauslina, en 1731; deux ans plus tard, il écrivit son 
opéra à'Euristeo pour Warsovie, un Te Deum à Dresde et un ora- 
torio, La Conversione de sant Agostino , dont la partition manus- 
crite se trouve à la bibliothèque de l'hôtel Lambert, à Paris, sous 
le titre suivant : Oratorio posto in musica dal signor Giov.-Adolfo 
Basse, maestro di capella di Sua Maesta il re di Polonia, nelF anno 
1744, en deux parties : la première de 81 pages, la seconde de 
72 pages. On lit sur le titre la note suivante : « Ein lieber ges- 
» chenk von H. R., professor Zelter, meinen gùtigen lehrer der 
» dièses in fruhern Jùgend mit eigenen hand geschrieben hat , d 
copié en 1780. Les instruments sont deux flûtes, deux hautbois, 
violons, alto et basse. L'introduction commence par un air de 
Monique. Arminio, opéra écrit pour l'anniversaire de la naissance 
du roi de Pologne. Enfin, la messe de Requiem, composée à 
Venise par ce grand maître, fut exécutée aux obsèques de Frédéric- 
Auguste III. Ce prince protégeait beaucoup le célèbre compositeur, 
lequel ayant perdu sa fortune, le roi Auguste offrit de faire les frais 
d'une édition complète des œuvres de Hasse, que l'on devait 
publier chez Breitkopf. Hasse resta au service de ce prince jus- 
qu'au siège de Dresde en 1700, à la suite duquel Hasse perdit sa 
fortune. La chapelle fut supprimée en 1703. 

17 



253 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

HASSE (Faustina-Bordoni), célèbre cantatrice, née à Venise 
en 1700, mariée au maître de chapelle, Adolphe Hasse, surnommé 
// gran Sassone, avait le titre de Virtuosa di Caméra du roi de 
Pologne, Frédéric- Auguste III, débuta à Vienne, en 1724, se ren- 
dit à Dresde vers 1731 et s'y maria. En 1753, elle obtint une pen- 
sion de la cour de Dresde (Gazette musicale de Leipzig). 

HASSLER (Jean-Léon), célèbre organiste allemand du xvi e siè- 
cle , doit avoir sa place dans ce livre , comme auteur de Hortum 
Veneris seu Novœ et amœnœ cantiones et choreœ ad modum Germa- 
norum etPolonorum, 4, 5 et 6 vocum, Nuremberg, chez P. Kauff- 
man, 1615, in-4°. (G. Draudius, Bibliotheca librorum germanico- 
rumclassica. Plusieurs compositeurs allemands d'un grand talent se 
sont essayés à composer des Danses polonaises. Ce fait seul prouve 
en faveur des airs nationaux de Pologne, dont le rhythme vif et 
accentué plaît beaucoup aux compositeurs étrangers. 

HAUSSLER ( ) , Bohême de nation, était un des bons 

joueurs de luth de son temps. Il habita d'abord la ville de Breslau 
en Silésie; puis vint se fixer en Pologne, où il resta plusieurs 
années et où ses compositions furent appréciées est très-estimées. 
Baron , son contemporain , le cite parmi les meilleurs luthistes et 
violonistes (Voyez les Recherches historiques sur le luth, par Ernest- 
Théophile Baron, à Nuremberg, 1727). 

HAUSMANN (Valentin II), compositeur allemand, conseiller 
et organiste à Gerbstadt , est cité ici comme auteur de plusieurs Re- 
cueils de danses polonaises, avec texte, sous les titres : Venusgarten, 
100 liebliche , mehrentheils polnische , Taentze mit texten gemacht 
(Cent danses polonaises favorites, avec paroles. Nuremberg, 1602, 
in-4°). Best von polnischen und ander Tanzen, (Reste des danses 
polonaises chantées^ ibid , 1603, in-4°). Auszuy ans den verschie- 
denen Theil en von Valent. Hausmanns polnischen und aendern 
taenzen. (Extrait des différentes parties des danses polonaises et 
autres de Valentin Haussmann, Nuremberg, 1609, in-4°.) Voyez 
Georg. Draudius, Bibliotheca librorum germanicorum classica, 
page 751 , et la Biographie universelle des Musiciens , par M. F. J. 
Fétis, qui parle longuement de Valentin Haussmann, et constate 
qu'il était un laborieux et savant compositeur. 



DES MUSICIENS T0L0NA1S. 21)9 

HEBDOWSKI ( ), poëte, traducteur en polonais, 

d'Aline, reine de Golconde , opéra de Berton, représenté à War- 
sovie, au commencement du siècle. 

HEBENSTREIT (Pantaléon) , musicien de la chambre du roi 
de Pologne, Auguste II, à Dresde en 1708, fut un des plus forts 
violonistes de son temps; il inventa un fameux instrument, qui 
fit du bruit à la cour de Louis XIV en 1705. 11 reçut le nom de 
Pantalon ou Pantaléon, nom de baptême de son inventeur. C'est 
Louis XIV , lui-même , qui daigna le lui donner après l'avoir 
entendu et après avoir comblé de faveurs son auteur, Pantaléon 
Hebenstreit. Ce musicien avait deux mille écus de traitement à 
Dresde ; il est question de son instrument dans le Dictionnaire du 
prince Czar tory ski, et dans le Dictionnaire historique de Choron et 
Fayolle. Hebenstreit vivait encore en 1730. 

HEDWIGE, reine de Pologne , ladwiga Krolowa Polska, a 
épousé Ladislas Jagellon, grand-duc de Lithuanie, et par ce 
mariage réunit la Lithuanie à la Pologne , et convertit les Lithua- 
niens au christianisme. Adorée par les Polonais et par le roi, elle 
fit, en l'épousant, le sacrifice d'un attachement de cœur pour le 
bien de la nation. Princesse d'une grande beauté, elle s'était mise 
plusieurs fois à la tête des troupes pour repousser les ennemis. 
Elle fonda l'Université de Cracovie , institua un collège à Prague 
pour les Polonais et fit traduire la Bible en langue slavonne en 
1390. A sa demande, le roi Ladislas Jagellon bâtit une église 
pour les prêtres bohèmes, dans un faubourg de Cracovie, nommé 
Kleparz (Cleparia), afin qu'on put chanter l'office divin en langue 
slave. Ainsi l'église de Sainte-Croix doit son origine à la piété de 
la reine Hedwige; l'usage de chanter en polonais fut introduit dans 
la suite dans toutes nos églises avant la réformation. Voyez Sto- 
lecznego miasta Krakoiva koscioly i kleynoty , Cracowie, 1047, 
in-4°, page 05, Byl kos'eiol zbudowany (sgo. Krzyza) dla slowakow 
ktorych nabozenstwo swoim iezykiem wlasnym poivinni byli odprawo- 
irac od krola Wladyslaica roku 1394 ( Cracovie capitale de la 
Pologne, ses Églises et ses Monuments en 1047). L'église de Sainte- 
Croix fut bâtie par le roi Ladislas Jagellon, pour les prêtres slavons 
venus de la Bohême, afin qu'ils pussent chanter les offices divins 



260 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

dans leur langue maternelle ( Voyez Andréas Wengierski,%s£. hist. 
Chron. Eccl. Slav. Cromerus, Hist.pol. libr. XX. Bielscius jeun. 
Hist. Pol. lib. III , pag. 337. La reine Hedwige mourut jeune et fut 
généralement regrettée. Sa vie servit de sujet à plusieurs ouvrages. 
Elle fut chantée par le célèbre poëte J. U. Niemcewicz, qui lui 
consacra un Spiew historyczny (Chant historique) , mis en musique 
par Marie Szymanowska. Elle eut dans M mc Choiseul-Gouffier, née 
Tyzcnhaus, et François Wenzyk, d'éloquents historiens. En 1814, 
Charles Kurpinshi composa un opéra en trois actes, sous le titre : 
La Reine Hedwige, qui fut représenté à Warsovie avec grand 
succès. De nos jours , le comte Christian Ostrowski donna à Paris 
un drame portant le même titre dans de très-beaux vers, et l'auteur 
de ce livre écrivit, il y a dix ans, son premier ouvrage à grand 
orchestre , intitulé : Y Ouverture de la Reine Hedwige, dédiée à 
M m * la comtesse de Bagneux , née de Faudoas Rochechouart. Le 
savant historien Naruszewicz raconte qu'elle dansa un jour avec 
le duc Guillaume, son fiancé, au réfectoire du couvent des PP. 
Franciscains, à Cracovie , où il y avait plusieurs grands seigneurs 
polonais de sa cour. 

HEIN AL ou Ey.xal, nom d'un vieil air polonais que les gar- 
diens de nuit chantaient le matin , du haut des tours de Cra- 
covie pour réveiller les habitants. Voici la musique de Heinal 
roratny. 

N° \. 



l ^zpg=^=^E3^ S; 



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gS 



Heinal wszyscy zaspiewaimy Czesc i ehwalc Bo-gu daimy 



Na boznie kniemu wo-lai-my. 

( Chantons Unis l'IIeinal, reniions a Dion honneur et gloire. Crions vers lui 
avec piété : Dieu puissant, du haut du ciel, dissipe les ténèbres par ta lu- 
mière. ) 






DES MUSICIENS POLONAIS. 261 

1= 



!3SE pEfe*^gE^ ^E3Eg3^^ 



Bo-ze wieczny Bo- ze zyvvy Odku-pi-cie- lu prawdzi-wy 



!zd i~*—é- ' 



Wysluchaï nasz glos placzliwy. 

( Dieu éternel, Dieu vivant, Rédempteur véritable, écoute noire voix lamen- 
table.) 
Spiewnik Kosciel.ny, par l'abbé Mioduszewski. 

HELWIGKEN (Hans) , facteur d'orgues, né à Neustadt en 
Holstein, habita pendant quelque temps dans la Prusse polonaise. 
On lui doit la construction de l'orgue à l'église de Sainte-Marie 
de Thorn , qui fut terminé le 6 juillet 1609 (Zerneckes Tor- 
nische chronicques) . 

HEMPINSKI (Jacques), un des meilleurs comiques de l'an- 
cienne troupe polonaise, né en 4749, commença sa carrière à 
la cour du prince Auguste Sulkowski en qualité de Dworzanin. 
La vie de Hempinski a été décrite dans l'Histoire du théâtre 
national par Albert Boguslawski. Nous ajouterons ici, qu'après 
ses débuts en 1779, cet artiste apprit la musique et chanta les 
rôles de deuxièmes basses-tailles, dans Y Ecole des Jaloux, dans 
Alezyma, dans Y Amour-ouvrier. Hempinski mourut à Warsovie en 
1829 à l'Age de quatre-vingts ans (Cmentarz Powonzkoicski). 

HERBINIUS (M. Jean), prédicateur à Wilna, né à Brieg en 
1027, étudia à Dantzik et à Leydc en Hollande, puis il fut nommé 
recteur et professeur à Boïanow dans la grande Pologne. Philo- 
sophe et prédicateur célèbre, il a sa place ici comme auteur 
des chants sacrés en polonais, qui furent publiés dans le Cancio- 
nale de Brieg en 1073. La plupart de ses ouvrages sont en latin. 
Il a décrit les cryptes de la ville de Kiiow Religiosas Kyoviensis 
cryptas, seu Kioviam subterraneam. Iena?, 107oin-8°. Il avait promis 
un ouvrage sur IJcbraismos Slavonico-Polonicos , mais il n'a pu 
l'achever. Herbinius est mort à Graudentz où il fut pasteur de la 



262 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

commune, respecté et révéré de tout le monde. Son épitaphe, 
gravée sur une table de cuivre placée dans l'église de cette 
ville, parle de ses travaux et de ses vertus et finit ainsi : 



" YIVERE TE SANCTE, YEL SINE VOCE DOCET 

ADMODUSI REVER. CLARISS. ATQUE DOCTISSIMUS 
H. JOHAX. HERBIMUS, NATUS BIC1MAE ANNO 1627. 
D. 10 DEC. DE NAT. GRAUDEXTI A 1679 D. 7 MART. 

Selon le Dictionnaire historique de MM. Chaudon et Delandine, 
delà bibliothèque du château de Courcelles, appartenant à M. le 
comte de Corner, Herbinius serait né à Bitchen, dans la Silésie. 
Il fut député en 1664 par les églises polonaises de la confession 
d'Augsbourg auprès des églises luthériennes d'Allemagne, de 
Suisse et de Hollande. La date de sa mort ne s'accorde pas 
avec celle de son épitaphe. 

HERDEN (Jean), archidiacre et senior de l'église de Sainte- 
Elisabeth à Breslau, né à Thorn en 1635. Il surveilla avec Math. 
Klippel le livre de chant polonais de Brieg publié en 1673, com- 
posa plusieurs cantiques et fit imprimer ses poésies sous le titre : 
Joli. Herdens poetische geistliche gedanken. Brieg, chez J. C. Ja- 
cobi 1687 in-8°. 

HEREA (Clément Kostka), prédicateur à l'église cathédrale de 
Cracovie, professeur de langue française, proviseur de l'école de 
Pinczôw, auteur de plusieurs ouvrages imprimés à Cracovie de 
1732 à 1739 en prose et en vers. On a de lui un Chant avec mu- 
sique : Piesn orficzna czyli iviersz w notach muzycznych (Dic- 
tionnaire des poètes polonais, par l'abbé Juszynski). 

HERMAN (Adam), violoncelliste, né à Warsovie vers 1835. 
Son père, membre de l'orchestre du grand théâtre , violoncelliste 
lui-même, Penvova à Bruxelles et le fit entrer au conservatoire 
de cette ville. Le jeune Herman eut le bonheur de recevoir des 
conseils du célèbre Servais et obtint le premier prix de violon- 
celle à l'école royale belge, où pendant l'absence de son maître 
il tenait la classe de violoncelle comme professeur suppléant. 
De retour dans sa patrie, il ne tarda pas à se faire connaître 



DES MUSICIENS POLONAIS. 2G3 

avantageusement par une exécution brillante et une intelligence 
musicale supérieure qui annoncent déjà un talent très-distingué. 
M. Adam Herman voyage en ce moment en Russie , où il est 
très-bien accueilli {Correspondance prtkulière) . 

HINSCH (Ernest), organiste habile, né à Dantzik au commen- 
cement du dix -septième siècle. Travailla la musique sous le 
célèbre Froberger, et devint lui-même grand maître dans son art. 

Lorsque Gaspard Foerster de Dantzik fut nommé maître de 
chapelle du roi de Danemark, Frédéric HI, il jeta les yeux sur 
Ernest Hinsch, son compatriote, et le fit entrer comme organiste 
dans la chapelle du roi de Danemark (Mattheson, dans l'Ehvmp~ 
forte, pag. 74). 

HINTZ ( ) facteur de pianos à Kalisz, cité par le Journal 

de Musique de Saint-Pétersbourg en 18-40. 

HODOBA ou Chodoba, pianiste et professeur de musique à 
Krzemienieç de 1815 à 1830 (Correspondance particulière). 

HOEGKH (Charles), maître de concert du prince d'Anhalt- 
Zerbst, né en 1707, fut pendant quelque temps au service du 
staroste Suchorzewski en Pologne. Hoeckh avait la réputation 
d'avoir été un des meilleurs violonistes de son temps ( Voyez 
le Dictionnaire historique de Choron et Fayolle). 

HOFERT ( ) facteur de pianos à Warsovie , avec Krali) 

en 18-48 (Journaux Polonais). 

HOFFMANN Ernest-Théod.-Wilhelm), créateur de littéra- 
ture fantastique, musicien de mérite et habile dans certaines par- 
ties, a écrit pour la scène polonaise, habita Posen et Warsovie , 
et se maria à une Polonaise. 

Il ne peut être question ici que de travaux musicaux d'Hoftmann, 
comme compositeur d'opéra et de musique instrumentale; mais 
sa vie appartient à l'histoire de la littérature. L'auteur des Contes 
fantastiques a droit à l'immortalité. Ses pensées, qui flottaient de 
la littérature à la peinture , de la peinture à la musique, étaient 
le reflet de son existence aventureuse , qui dépassait sans cesse 
les limites du monde réel. 

Né à Kœnigsberg (Krolewieç), le 24 janvier 1770, Hoffmann 
passa une grande partie de sa vie en Pologne. Etant enfant, il 



264 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

manifesta des tendances artistiques , cet esprit prime-sautier qui 
lui fit enfanter des ouvrages exceptionnels. Tantôt il écoutait 
avec gravité les sonates que sa mère lui jouait, tantôt il couvrait 
sa Bible de dessins étranges dont les sujets appartenaient plutôt 
au royaume de Satan. Il entra au Collège, puis à l'Université, et 
se voua à l'étude de la jurisprudence. La musique n'était pour 
lui qu'un délassement; il apprenait cet art, donnait des leçons de 
chant et composait des romances. Il les écrivait dans le but de 
plaire à sa maîtresse. 

Envoyé vers 1800 à Posen, après un examen rigoureux, comme 
assesseur près de la Régence, il composa les partitions de trois 
pièces , qui furent jouées au grand théâtre de Posen. Dans cette 
ville de vingt-cinq mille habitants, capitale du grand-duché, 
Hoffmann eut l'occasion d'exercer ses talents. L'opéra (Die Sings- 
piel), paroles de Goethe, le Badinage et Ruse et Vengeance, virent 
le jour. Il venait d'épouser une Polonaise, lorsque sa place lui fut 
ôtée, et lui-même exilé à Plotzk. Il y débuta par une brochure 
sur l'emploi des chœurs dans le drame , composa des messes et 
des sonates. 

La disgrâce d'Hoffmann cessa au commencement de 1804 : 
on l'envoya à Warsovie, en qualité de conseiller de Régence. 
Les impressions qu'il éprouva pendant les premiers temps de son 
installation, sont consignées dans une lettre adressée à son ami 
Hippel : 

« Mon cher et unique ami, 
» Me voici à Warsovie : j'ai grimpé jusqu'au troisième d'un 
» palais de la rue Fréta. J'ai présenté mes hommages au gou- 
» verneur, qui a l'air d'un brave homme, et au président, décoré 
» de trois ordres et fier de les porter. J'ai visité ensuite un régi- 
» ment de collègues, et je suis maintenant courbé sur mon 
» bureau , occupé à rédiger des résumés et des rapports. Sic 
» eunt fata hominum. J'avais l'intention d'écrire, de composer , 
» d'achever mes opéras-comiques de Gargantua et du Renégat. Je 
» comptais invoquer les Muses sous les frais ombrages de La- 
» rienki ou dans les vertes allées du jardin de Saxe ; mais, hélas ! 
» trente volumes de procédure, comme autant de rochers lancés 



DES MUSICIENS POLONAIS. 265 

r> par Jupiter tonnant, écrasent le géant Gargantua, et trois 
» assesseurs dont j'instruis le procès se vengent de mes réquisi- 
» toires en consommant un dernier meurtre, celui de l'infortuné 
« Renégat. » 

Malgré le tumulte d'une grande ville et le tracas des affaires, 
Hoffmann trouva le moyen de s'abandonner à ses goûts. Il mit 
en musique trois opéras : YEcharpe et la Fleur, le Chanoine de 
Milan et les Joyeux Musiciens. Il fut sinon le créateur, du moins 
le principal soutien d'une Société philharmonique (1) qui donna 
des concerts très-suivis, et fut bientôt assez prospère pour acheter 
le palais de Mniszech. Hoffmann se chargea de décorer la grande 
salle de ce palais, où il devait figurer parmi les instrumentistes. 

La guerre brisa cette carrière d'artiste ! Dans la soirée du 28 no- 
vembre 1806 , la cavalerie de Murât entrait à Warsovie, le maré- 
chal Davoust en prenait possession le lendemain, rejetant les 
Russes au delà de la Wistule. Le 19 décembre, Napoléon arri- 
vait dans la capitale de la Pologne. Le 8 juillet de l'année sui- 
vante , le traité de Tilsit créait le grand-duché de Warsovie, et le 
plaçait sous la domination du roi de Saxe. L'avenir d'Hoffmann 
■était compromis. Dépossédé de sa place de conseiller, sans res- 
source, sans fortune, il erra de Berlin à Bamberg , et il vécut en 
donnant des leçons de musique, envoyant de temps en temps des 
articles à la Gazette Musicale de Leipzig. Il avait écrit à Rochlitz, 
l'éditeur, une lettre qui finissait ainsi : « Dans ce moment je n'ai 
» rien, je ne suis rien, mais je veux tout, sans savoir précisément 
» quoi. » La perte de sa fille unique, morte à Posen, vint redou- 
bler ses chagrins. A la fin de 1808, un changement favorable 
s'opéra dans sa position : le comte J. de Soden lui offrit la direc- 
tion musicale d'un théâtre qui se formait à Bamberg. Hoffmann 
y gagna quelque argent. Malheureusement l'entreprise échoua. 
Au mois d'avril 1813, Hoffinan entra comme chef d'orchestre dans 
la troupe de J. Secondo, qui jouait alternativement à Dresde et 
à Leipzig. Hoffmann était intrépide dans sa gastromancie ; le danger 



(1) Les membres de celle société, fondée par Mosqua, étaient MM. le comte 
Krasiçki, Kirstein, major Lessel et Hoffmann. 



266 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

même ne l'en détournait pas. Pendant la bataille de Dresde, en 
1813, un obus passa au-dessus de sa tête : « Je me glissai douce- 
» ment , dit-il, par une porte de derrière, et je courus chez l'ac- 
» teur Keller, où je trouvai du vin. » Il décrit cette terrible lutte 
dans un de ses ouvrages, en disant : « Qu'est-ce que la vie, ne 
« pouvoir supporter le choc d'un morceau de fer?» 

Longtemps ballotté par les épreuves du sort, Hoffmann trouva 
enfin de quoi exister. On lui confia en 1816 le poste de conseiller 
à la chambre royale de Berlin. La partition de YOndine lui mérita 
les suffrages du public, et ceux encore, plus précieux pour l'artiste, 
de Weber, l'illustre auteur de Freyschïdz. Bientôt il fit paraître 
les Etranges misères d'un Directeur de Théâtre ; mais les véritables 
titres d'Hoffmann à l'admiration de la postérité sont ses Contes 
fantastiques. En 1820, Hoffmann traduisit YOlympie, de Spon- 
tini. Hoffmann tenait beaucoup à la vie; le jour de sa mort, 
25 juin 1822, il dit à son médecin : « Je ne souffre plus, il faut 
» pensera Dieu. » Il fut regretté en Allemagne et en Pologne, et 
l'on grava sur sa tombe l'inscription suivante : 

ERNEST TU. WILH, HOFFMANN 

NE A KŒMGSRERG LE 21 JANVIER 1776 

MORT A BERLIN LE 25 JUIN 1822 

CONSEILLER AU KAMMER GERICHT 

HOMME REMARQUABLE 

COMME POETE 

COMME COMPOSITEUR 

COMME PEINTRE. 

HOLLAND (Jean-David), maître de chapelle du prince Radzi- 
will, à Nieswiez, professeur de musique à l'Université de Wilna,. 
commença à se faire connaître comme compositeur vers la fin du 
siècle dernier. Il écrivit d'abord la musique d'un opéra intitulé : 
Agatha, ou l'Arrivée du Seigneur , paroles polonaises du prince 
Matthieu Radziwill. Cette pièce , composée à l'occasion d'une 
visite au château de Nieswiez, de Stanislas-Auguste Poniatowski, 
roi de Pologne , servit plus tard pour l'ouverture d'un amphi- 
théâtre à Léopol, bâti dans le jardin du prince Jablonowski. 
D'après les détails donnés sur cette représentation par Albert 



DES MUSICIENS POLONAIS. 267 

Boguslawski (Voyez Y Histoire du Théâtre en Pologne), l'opéra 
d'Agatka réussit complètement à Léopol. La musique fort simple, 
composée des airs de village, augmenta la réputation de Holland. 
Il publia bientôt un traité sur la véritable musique, sous ce titre : 
Traktat akademicki o praivdziivej sztuce muzyki; Breslau , chez 
Grass et Barth, 4806. Les autres œuvres de J. D. Holland, annon- 
cées à la librairie académique de l'Université de Wilna, en 1811 , 
sont : 

Deux Sérénades pour deux violons obligés, deux altos, clari- 
nettes, deux cors, bassons et violoncelles. 
* Air dans le genre d'une polonaise pour deux violons, clarinette 
obligée, deux cors, altos et violoncelle en partition. 

Deux Airs pour violon principal, deux clarinettes, deux cors , 
basson et violoncelles, en partition. 

Divertimento dans le genre de la valse, pour deux violons, deux 
clarinettes, deux cors et violoncelle. 

Les circonstances de la vie de Holland ne sont pas connues. 
(Courrier de Wilna, L. Golembiowski, Alb. Boguslawski, et d'au- 
tres journaux polonais.) 

HOREÇKI (Félix) , guitariste polonais, né vers la fin du siècle 
dernier. Quitta la Pologne en 1815 pour s'établir à Vienne, en 
Autriche , comme professeur , mais il fut d'abord employé à la 
Chambre des comptes de Warsovie (Izba Obrachunkowa). Esprit 
romantique, doué de bonnes dispositions pour la guitare, Horeçki 
réussit à Vienne, il donna des leçons aux archiduchesses , et fut 
patronné par la cour. Partit pour l'Angleterre, où il commença à 
composer pour son instrument, se fixa ensuite à Edimbourg, 
publia une centaine d'oeuvres pour la guitare. Ses compositions 
sont très-répandues en Angleterre. On y trouve de la grâce et de 
la facilité. Horeçki était encore à Edimbourg en 1833, il fut le 
premier maître du célèbre Stanislas Szczepanowski , guitariste 
polonais. Là se bornent les renseignements sur Horeçki (Corres- 
pondance particulière) . 

HORNZIEL ( ), violoniste de Lublin, élève de Spohr, se fit 

entendre avec succès à Warsovie et joua au concert de M 1 ' 1 ' Assan- 
dri , cantatrice italienne distinguée, à son passage à Warsovie en 



"268 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

1844. (Courrier de Warsovie). M. Hornziel devint un des bons 
professeurs de violon de ia capitale de Pologne et forma plusieurs 
élèves distingués, entre autres M. Frankenstein. 

HOSSLER ( ), directeur de musique à Dantzik en 1787, 

vivait fait annoncer, dans cette ville, les compositions suivantes : 

Six sonates faciles pour piano. 

Douze préludes pour orgues , à l'usage des maîtres et élèves à la 
campagne (Danziger Anzeigen). 

HUBERT (Chrétien-Gottlob), constructeur d'orgues, né en 
Pologne, en 1714, à Wschova (Frauenstadt) , perfectionna beau- 
coup les clavecins , qui étaient encore dans l'enfance à l'époque 
où vivait cet habile facteur d'instruments. On montre encore à 
Warsovie, parmi les curiosités du siècle dernier, un vieux clave- 
cin attribué à Hubert (Description de Warsovie , par L. Golem- 
biowski, 1827). Établi en Allemagne dès les premières années de 
sa jeunesse, Hubert y travailla la fabrication d'instruments; il 
entra, en 17-40, au service du margrave de Beyreuth, puis il passa 
en 1769 à Anspach , où il établit ses ateliers. Les instruments, 
consistant en clavecins, forté-pianos et orgues qu'il a en partie 
inventés et perfectionnés, sont fort recherchés par les amateurs. 

HUBNER (Jean) , maître des concerts, né à Warsovie, en 
mars 1696. Apprit la musique dès son enfance, et avait tellement 
la passion pour cet art, qu'il ne cessa d'étudier seul toute la jour- 
née. Arrivé à Vienne en 1714, il suivit la classe de violon du 
célèbre Rosetti, pendant quelque temps. Plus tard, devenu direc- 
teur de chapelle du comte Kinsky , il partit avec son maître pour 
la Russie;, où ce dernier fut ambassadeur d'Autriche. Hubner 
ayant acquis une grande réputation en Russie, fut placé comme 
•maître des concerts de l'Impératrice Anna à Moscou (Diction- 
naire de Musique, de J. G. Walther, cité par Dlabacz, dans l'Ail* 
(jemeines Instoriches kiinstler Lexicon) . 

HUTOBA ( ), facteur de pianos à Wilna, vers 1840. Il 

est question de lui dans le Tygodnik Petersburgski , de la même 
année. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 260- 



JACKNOWICZ (Jean), Jésuite, né en Lithuanie, prêcha à 
Smolensk et îwXDomûs professœde Vilna prœpositus. Il est auteur 
des chants sacrés en langues polonaise et lithuanienne. Voyez 
Allegambe.ipage 494, et Menckenii, (Dictionnaire des Savants). 

JACOBUS, célèbre organiste, attaché à l'église cathédrale de 
Cracovie, au xvi e siècle. Mort fort jeune, à trente-deux ans, Jacobus- 
fut très-apprécié en Pologne, et un de ses amis, Thomas Wolski , 
composa pour lui l'épitaphe suivante , placée dans l'église de la 
Trinité : 

« N0B1L1S OLIM JACOBI ECCL. CATH. CRAC. ORGANISTE JUVEN1S JUCUNDIS— 
)) SIM1 EPITAI'IIIUM. » 

ORGANA DUM DIG1TIS PULSARET CELSA JACOBUS, 

ARS UBI S1GMUND1 CONFABRICATA MANU EST. 
AUDIIT HUNC REX, ET PRAESUL, SIC DULCE CANEBAT, 

NON IIABU1T SIMILEM TERRA POLONA S1BI 
PROTINUS ASTRORUM MOTUS DULCEDINE RECTOR 

HUNC VOCAT, ET SEDES FEC1T ADIRE SUAS 
PARU1T ET CHARI, DIXlT, VALEAT1S, AMICI, 

PRAESERTIM W0LCJ, SEMPER AMANDE VALE ; 
TU MIHI F1DUS ERAS; FAC VULTUM, P1NGERE SCIS NAM 

QUAL1S ERAM TARVUS CONTEGAT OSSA LAPIS. 
NIL FAMAM TEGET, HUC PROPERA SERO, OMNIA DIVI 

TELA FERANT SOCIOS, QUAL1S ET IPSE FECI. 

Thomas Wolski amicissimus non sine mœrore posuit maximo , anno Do- 
mini 1571 martii 17 ictatis XXXII. Voyez J. G. Walter, dans le Musicalisches: 
Lexicon, et Simon Slarowolski, dans le Monumcnta Sarmatorum. 

JACOBELLI (Jean-Baptiste), faisait partie de la célèbre cha- 
pelle do Wladislas IV , vers 4643. 11 était chapelain de la reine de- 
Pologne et compositeur. On a de lui un canon dune invention. 
extraordinaire, inséré dans les Xeniis Apollineis dercriber scac- 
chianus. 

JACOPETTI (Jacopo), de Pistoia musico, fut amené oïl 



270 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Pologne par le cardinal Radzieiowski, en 1690 (Ciampi Bibl. 
critica). 

JAGODYNSKI (Stanislas), poëte du xvn e siècle, parle d'an- 
ciens instruments dans ses Dworzanki , Cracovie, 1621. Cet 
ouvrage est dédié à Lucas Opalinski, maréchal de la couronne. 
Selon l'abbé Juszynski, notre poëte composa aussi des Chants 
sacrés, qui furent publiés à Cracovie en 1695, in-4°. Cette édition 
renferme le meilleur choix de chants religieux , adoptés par les 
églises de Pologne. 

JAHIMOW (Théodore), organiste à Wilna, attaché à l'église 
gréco-russe, deuxième classe, au couvent du Saint-Esprit, cité 
parle Courrier de Lithuanie , du 20 décembre 1811. C'est par 
erreur sans doute que Théodore Jahimow , est nommé organiste 
par le journal précité , car les églises russes n'ont point d'orgues 
ni d'organistes. Mais elles possèdent d'excellents chantres qui 
exécutent les hymnes liturgiques sans accompagnement. Ces 
chants, d'un beau caractère religieux, ont quelques rapports avec 
l'ancienne musique grecque. 

JAKUBI (Zarach), chanteur polonais, possédait une forte 
voix de ténor, vint en France après 1831 , parcourait les villes de 
province en chantant des airs polonais, qu'il interprétait d'une ma- 
nière remarquable. Sa belle barbe blanche lui donnait la tournure 
d'un barde écossais et ajoutait encore au succès de ses chansons. 

JAKUBOWSKI (Samson) , inventeur de l'harmonica de bois et 
paille (wood harmonica). Né à Kowno, en Lithuanie, en 1801. Il 
passa ses premières années à Wladislawowa, dans le Palatinat 
d'Augustowo, suivit les cours de droit à l'Université de Konigs- 
berget entra dans le commerce. Il était depuis trois ans à Saint- 
Pétersbourg, lorsque le hasard lui fit découvrir l'instrument en 
question , bien extraordinaire qui lui valut une célébrité euro- 
péenne. Cet instrument composé de vingt-quatre morceaux de 
bois de sapin, posés sur quatre rouleaux de paille, n'en avait 
d'abord que quinze morceaux et sans demi-tons. Cependant notre 
artiste le perfectionna le mieux qu'il put et débuta dans un 
concert à Vibourg en 1826, et retourna dans la capitale de Russie 
pour s'y faire entendre comme artiste. Ayant obtenu plus de 



DES MUSICIENS POLONAIS. 271 

succès, il donna quelques leçons et eut pour élève (iusikow (1). 
En 1827 , il partit pour l'Allemagne et obtint des applaudisse- 
ments dans les principales villes , excitant partout la curiosité et 
Fétonnement. Les artistes, les connaisseurs rendaient justice à 
l'habileté de M. Samson qui se faisait écouter dans de grandes 
salles de concert et sur les théâtres, en tirant de ses morceaux de 
bois un son extraordinaire. 11 paraît hors de doute que la première 
idée de cet instrument appartient à M. Jakubowski. Les témoi- 
gnages de grands artistes, tels que Chérubini, Rossini, Paganini, 
Paer, Onslow, Auber et beaucoup d'autres, attestent de son 
mérite d'une manière honorable. Outre les certificats de grandes 
célébrités, M. Jakubowski possède, dans son livre, plusieurs signa- 
tures de tètes couronnées ; entre autres du roi de Prusse, Frédéric- 
Guillaume III et de plusieurs princes d'Allemagne. Encouragé 
par de nombreux succès:, notre artiste écrivit plusieurs morceaux 
pour son harmonica , voyagea en Danemark , en Suède et Norvège, 
et vint en France en 1832. L'impression qu'il y produisit aug- 
menta encore sa réputation; il parcourut les départements, visita 
l'Angleterre et l'Irlande, revint à Paris, où M me la comtesse de 
Spare, qui admirait beaucoup l'exécution étonnante de M. Samson 
Jakubowski lui organisa un fort beau concert dans lequel elle 
«hanta elle-même et ravit par son admirable voix un auditoire 
nombreux et brillant. Depuis cette époque, M. Jakubowski réside 
habituellement en France en faisant des excursions fréquentes en 
province. Son instrument consiste en vingt-quatre morceaux de 
bois de sapin posés sur quatre rouleaux de paille. Le tout placé 
sur une table dont les pieds posent sur du verre. Les vingt-quatre 
morceaux de bois sont attachés entre eux et disposés de manière 
que les sons élevés du dessus se trouvent du côté de la main 
gauche de l'exécutant ; les morceaux pour la basse de l'harmo- 
nica sont plus longs et sont placés à droite. L'exécutant tient 
dans ses mains deux baguettes du bois de fer (bois des îles), avec 
lesquelles il frappe sur les morceaux de sapin avec une dextérité 



(1) Plusieurs biographes considèrent Gusikow, comme le premier inven- 
teur de l'harmonica de bois et paille. 



272 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

remarquable. Il arrive à une grande netteté et ses cadences sont 
perlées. Les principales compositions de M. Jakubowski, sont : 

Op. 1. Marche Tatare, et Tyrolienne variée; 

Op. 2. Les adieux du Kozak , avec variations ; 

Op. 3. Fantaisie sur un thème russe; 

Op. 4, fantaisie sur une Rêverie (Dumka) ; 

Op. 5. Polonaise, en si mineur ; 

Op. 6. Polonaise célèbre du prince Oginski , arrangée pour 
l'harmonica. Ouverture du Calife de Bagdad , arrangée pour 
l'harmonica; 

Op. T. Variations sur un thème russe; 

Op. 8. Walses tirées de l'opéra de Freyschutz, Mazurek de 
Kurpinski. Toutes ces compositions sont encore en manuscrit. 

JACQUES ou JAKUB, chanteur au service de Sigismond- 
Auguste , roi de Pologne au x\i e siècle , avait la voix très-élevétr 
(L. Golembiowski.) 

JAMBROWSKÏ (Jean) , né en 1742, occupa la place decantor 
à l'église catholique de Wartemberg , où il mourut en 1815 (Dic- 
tionnaire des musiciens de Silésie). 

JANIÇKI (Adam), dirigea, jusqu'en 1669, la musique de la- 
chapelle des Roratistes à la cathédrale de Cracovie. Il en fut, 
d'après L. Golembiowski, le dixième directeur depuis la fondation 
de cette chapelle par Sigismond I er , roi de Pologne. 

JANIÇKI (L. A.), pianiste de Warsovie, travailla la composition 
à Paris, sous la direction d'Albert Sowinski, composa une cantate 
pour quatre voix et orchestre pendant son séjour dans cette capi- 
tale, retourna à Warsovie et mourut jeune. Il publia, chez l'édi- 
teur Grus, une ballade pour piano , intitulée : Souvenir du Rhin, 
œuvre 5, dédiée à l'illustre Halevy. 

JANISZEWSKA (Victoire) , élève du Conservatoire de War^ 
sovie, et de Charles Soliva, professeur de chant, devait débuter 
dans la Sémiramis de Rossini ; mais les événements de 1830 retar- 
dèrent ses succès. M Ile Victoire Janiszewska possédait déjà une 
jolie voix à cette époque. 

JAN0WSK1 (Ajax), faisait partie de la Société musicale fondée 
à Cracovie en 1820, parle comte Sierakowski, pour l'exécution 



DES MUSICIENS POLONAIS. 273 

des messes, symphonies, ouvertures et d'autres morceaux de 
musique instrumentale et vocale. Janowski fut rame de cette 
Société avec l'organiste Coronczkiewicz; tous deux contribuèrent 
à entretenir, dans l'ancienne capitale de Pologne , le goût de la 
bonne musique. Déjà, à l'époque du glorieux règne des Jagellons, 
de la maison de Wasa et d'Etienne Batory, la musique religieuse 
était dans un état florissant en Pologne, ainsi que le prouve une 
riche collection de partitions inédites (1) , conservées à ï église du 
château de Cracovie, laquelle renferme beaucoup de manuscrits 
précieux d'anciens compositeurs polonais et italiens qui travail- 
lèrent pour l'église de la cathédrale au xvi° siècle. On y conserve 
aussi des documents authentiques de la main des rois de Pologne, 
qui témoignent de leur vive sollicitude pour fonder et entretenir la 
chapelle du château (KapliçaZamkowa), en faisant venir à grands 
frais les meilleurs chanteurs et instrumentistes italiens etdesautres 
pays. Sous les règnes de Sigismond I er et de Sigismond-Auguste , 
sonfds, la chapelle fut très-remarquable par sa composition : de 
bons chapelains-chanteurs en faisaient partie, et les messes liorate 
montées avec soin, dirigées par des chapelains capables, exécutées 
par des voix exercées, produisaient beaucoup d'effet. L'histoire a 
conservé les noms de tous les directeurs de la chapelle , dite des 
Roratistes (Collegium Rorantystow), instituée en 1543 et qui dura 
jusqu'en 1740 (Voyez l'article de l'abbé Zaïonç). L'orchestre de 
cette chapelle fut nombreux du temps des Sigismond , mais c'est 
parle chant surtout que la chapelle des Roratistes excellait alors. 
Avant le partage de la Pologne, l'abbé Math. Zicleniewicz diri- 
geait la musique d'église à Cracovie ; plus tard l'abbé Bittner, et 
l'abbé Podgorski, sous la direction du doyen Sierakowski, condui- 
saient la musique et l'école, d'où sortirent plusieurs chanteurs 
distingués comme Szczurotvski et les deux Kratzer. Mais c'est aux 
deux respectables ecclésiastiques, Venceslas et Sébastien Sie- 
rakowski , que la nouvelle école de chant de Cracovie devait 
son éclat. Ils furent secondés par MM. Goronczkiewicz et Janowski 
(Regens-Chori). Après les malheurs de la patrie, il ne restait que 

(1) Voyez la Gazette musicale de Leipzig do 1821, n° 38. 

18 



274 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

peu de ressources: la seule protection du sénat de Craeovie et 
l'attachement des Polonais aux souvenirs nationaux préservèrent 
la musique de la ruine totale. L'ancienne université de Craeovie, 
digne fille de la reine Hedwige, sa fondatrice, voyait revivre l'école 
célèbre (ars liberalium) dans la nouvelle fondation de l'abbé 
Sierakowski et les ombres de Séb. de Felstin , de Martinns Lec- 
polita . de Nicolas Gomolka , de Yenceslas Szamotuiski, de l'abbé 
Gorczyçki, et de tant d'autres célèbres compositeurs et profes- 
seurs., sortis de l'ancienne école, durent tressaillir dans leur 
tombe. (Journal héb. musical , de Ch. Kurpinski ; Gazette musicale 
de Leipzig de 1821 : et le Peuple polonais , par L. Golembiowski . 
tome m. 250 et -251.) 

JANKOWSKI iAloiset , professeur de musique, établi en pro- 
vince, en Pologne. Par une lettre adressée au Courrier de War- 
sovie . à la date du 15 janvier 1842, ce digne artiste témoigna sa 
reconnaissance à son professeur, à ^Ya^sovie, lequel, après lui 
avoir enseigné la musique pendant un an et demi . sans rémuné- 
ration , désira garder l'anonyme. Une telle action honore autant 
le professeur qu'elle est flatteuse pour l'élève. 

JANOTA | Jules ) . artiste musicien, établi à Varsovie, épousa 
en 1850, M lle Anna Oleszczynska, qui porte un nom célèbre dans 
les arts en Pologne iKurier Warszawski). 

JARMUSIEWICZ d'abbé Jean), curé de Zaczersk, en Gallicie, 
a rendu un véritable service à la musique d'église en Pologne, en 
publiant un livre de chant choral grégorien avec texte et musique 
en notation moderne , sous le titre : Choral Gregoryanski Rytualny 
historycznie objasniony ; na terazniejsze noty przelozony , Dla 
uzytku chorow Koscielnych z AJcomp. Organu. lub Fortepianu 
przez X. Jana Jarmusiewieza pleb. Zaczerskiego. Wieden w Dru- 
karni Straussa (Rituel grégorien de l'office divin, transposé en 
notation moderne avec éclaircissements historiques et accom- 
pagnement d'orgue ou de piano. Vienne, chez Strauss). Ce livre 
est dédié au clergé de l'archidiocèse de Léopol , à celui de Tar- 
now et à celui de Przemysl ; il commence par un précis histo- 
rique, divisé en deux parties, dont la première traite du système 
ancien d'après la réforme de Gui d'Arezzo , et la deuxième de sa 



DES MISICIENS POLONAIS. 275 

transposition en système moderne. Les exemples sont très-bien 
choisis et prouvent que l'auteur connaissait à fond le chmt gré- 
gorien ; il explique avec clarté l'ancienne tonalité, les huit tons de 
l'église, la gamme durale, sa transposition , l'octochordéon de 
Pythagore, la solmisation ancienne, jusqu'au progrès qu'a fait 
faire l'harmonie moderne à l'accompagnement du chant gré- 
gorien. 

L'abbé Jarmusiewicz accompagne l'exposition des principes 
d'un aperçu sur les travaux des compositeurs et auteurs étran- 
gers et nationaux qui reculèrent les progrès de l'art. Il en tire la 
conclusion que les artistes du xvm e siècle ont perfectionné la 
musique, mais que ceux duxvi e siècle en sont les vrais créateurs. 

Les chants commencent à la page 9 par l'hymne « Creator aime 
siderum » Tempore Ad vent us, avec accompagnement d'orgue, 
en notation ordinaire ; puis vient l'hymne « Jesu Redemptor 
omnium a in Festo Natwitatiê Domini. Ensuite le cantique , in 
Festo Purificationis B. M. V. « Nunc dimittis » suivi de Feria IV 
Cinerum, de Dominica Passionis et Palmarum. Après les chants et 
hymnes de la Semaine sainte, viennent les Lamentât iones Hiere- 
miœ Prophetœ , qui sont au nombre de neuf Lamentations, mais 
sans accompagnement. L'auteur ne nous dit pas si la musique 
est delà composition de Venceslas Szamotulski, qui en a composé 
une au xvi e siècle. Pour le dimanche delà Résurrection, l'auteur 
a placé un chorus populi avec paroles polonaises (Przez twqje 
swïente Zmartwychstanie) très-anciennes. Parmi les chants et 
litanies , il y a un chant à saint Adalbert , mais qui n'est pas celui 
de Boga Bodziça ; un autre à saint Stanislas et à saint Venceslas, 
patrons de la Pologne. 

Il y a des hymnes pour les fêtes suivantes : 

In Festo Ascensionis Domini, 

Dominica Pentecostes, 

In Festo sanctissimœ\Trinitatis, 

In Solemnitate sacr . Corporis Christ i, 

Ad Yesperas sanc. Corporù Christi. 
Après lesquelles « Responsoria in processionibus sanctissimi 
Corporis Christi, » suivis de l'hymne de saint Ambroise et saint 



276 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Augustin. Les antiennes à la Vierge finissent les offices , parmi 
lesquelles nous avons remarqué le beau chant de Salve Regina. 
Il est à regretter que l'antienne de saint Kasimir, composée à 
l'honneur de la sainte Vierge, «Omni die die Maria?» ne se 
trouve pas dans cette collection. 

Vers la fin du livre, l'auteur donne les intonations des Psaumes 
« Toni Psalmorum et Canticorum, Magnificat et Benedictus , » au 
nombre de huit tons, de plus le peregrinus (irrégulier). 

Après les intonations de Psaumes, on trouve une Messe en 
plain-chant, sous le titre : Missa choralis e Graduali Romano 
translata, prodiebus dominicis et festis per annum. Les Nocturnes, 
les Laudes et une Messe pro Defunctis finissent le volume. Parmi 
les Chants à Vêpres, il manque le chant de Swienty Boze, que 
l'on chante partout en Pologne. C'est une prière simple , mais 
d'une expression élevée et sublime. L'abbé Jarmusiewicz est éga- 
lement auteur d'un traité, intitulé : Nouveau système de musique, 
(Nowy System Muzyki) , dans lequel il donne l'explication de la 
mélodie, de l'harmonie et de la composition musicale, en polo- 
nais et en allemand ; on peut trouver ces ouvrages chez Sen- 
newald, à Warsovie. Ce savant musicien est mort en 1844. 

JARONSKI (Félix), pianiste de Warsovie, voyagea à l'étranger 
vers 1850 et se fit connaître avantageusement à Paris par une 
exécution brillante. 

JARZEMSKI (Adam), architecte et musicien au service de 
Wladislas IV, roi de Pologne. Ses Mémoires renferment de curieux 
détails sur la musique , les fêtes , les représentations théâtrales à 
l'époque du mariage du roi avec Marie de Gonzague, duchesse de 
Mantoue. Jarzemski paraît avoir été très-habile en musique ; il 
dirigeait l'orchestre du ballet aux fêtes de la cour, tandis que Marco 
Scacchi, maître de chapelle du roi , conduisait les opéras et les 
drames. Le roi Wladislas IV aimait beaucoup la musique, il en 
faisait faire souvent par ses musiciens. C'était déjà une sorte de 
concert. Voici comment s'exprime Jarzemski , dans sa simplicité , 
sur le théâtre de la cour : 

« Dois-je parler de la salle où se donnent les fêtes, et du splen- 
» dide théâtre où l'on représente la tragédie , la comédie ainsi 



DES MUSICIENS POLONAIS. 277 

» que l'opéra et le ballet italiens. Le théâtre est entouré de 
» colonnes, on y voit plusieurs décorations qui s'élèvent ou 
» s'abaissent à volonté, d'autres tournent de droite a gauche au 
b moyen de ressorts. Une lumière brillante succède aux nuages 
» noirs; après l'obscurité, le soleil apparaît et l'on voit la lune et 
» les étoiles sur un ciel d'azur, couvert de planètes. Puis l'enfer 
» dans toute son horreur , et la mer agitée sur laquelle naviguent 
» des vaisseaux. Plus loin , on aperçoit des Sirènes qui chantent 
» agréablement sur l'eau ; quelques-unes de ces apparitions ont 
» l'air de descendre du ciel; d'autres sortent de dessous terre; on 
» voit un arbre s'ouvrir tout à coup : il en sort un personnage 
» richement paré qui chante comme un ange, les cheveux frisés et 
» couvert de joyaux. Puis viennent des danseuses qui battent 
» des jambes (drgaio nogami) et sautent au son de la musique et du 
» clavecin ; le chef d'orchestre donne le signal et tous les violons 
» attaquent ensemble (rzno skrzypki ) et jouent pendant la durée 
» de la pièce. Cela se passe dans une grande salle, remplie de 
» monde , éclairée avec des lampes , dans laquelle on voit des 
» personnages assis dans des loges (w oknach) . » 

Les historiens polonais ne nous ont point transmis d'autres 
détails sur Jarzemski ; mais son ouvrage existe et renferme de 
curieux passages sur la musique en Pologne. L'illustre Niem- 
cewicz, dans ses Mémoires sur Yancienne Pologne, et Casimir 
Wojcicki,surle vieux théâtre polonais (Starozytny theatr Polski), 
donnèrent des extraits intéressants d'après lesquels on peut juger 
du style descriptif de Jarzemski (1). Ce musicien avait de la voix 
et faisait d'abord partie de la musique du Palatin de Mazovie, 
Warszyçki, comme chanteur. A l'époque où vivait Jarzemski (pre- 
mière moitié du XVII e siècle), la musique fut déjà goûtée en 
Pologne ; on aimait à entendre chanter au son du luth qui était 
alors l'instrument très-répandu; on jouait de la vielle (kobza), de 
la flûte, du clavecin, de la lyre, dutéorbe, de l'orgue, de la man- 
doline, du violon, etc. La musique militaire était composée de 



(1) Adam Jarzemski était architecte de la ville d'Uiazdow; il est auteur 
d'une description de YVarsovie en 1643, en vers. 



278 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

trombes, tambours, tymbales, cornets, trompettes recourbées, 
hautbois , flûtes ou fifres, cornets à bouquin, pomortes, chalu- 
meaux, sztortes, guitarons, tympanons, croissants, tamtani ou 
beffroi, etc.; elle jouait dehors. Quant aux orchestres ordinaires, 
on les plaçait dans des galeries extérieures d'un palais ou d'un 
château ; quelquefois on réunissait les chanteurs avec les instru- 
mentistes. On cite le seigneur Kazanowski , dont le palais avait 
une galerie pour vingt musiciens et chanteurs sous le règne de 
Wladislas IV. 

Adam Jarzemski cite plusieurs chanteurs et instrumentistes, 
dans sa description de Warsovie. C'est d'abord Foszter, alto; 
Balthazar , célèbre soprano , attaché à l'église de Saint-Jean ; 
J.-B. Copula, basse-taille, idem; Dzianbatista , ténor, idem; 
Augustin, de Rome, basse-taille, idem ; Elert {Pierre) , secrétaire 
du roi, chanteur et violoniste; Galot , luthiste, attaché à l'église 
de Saint-Jean ; Simonides, chanteur, idem; Graniczny , joueur de 
plusieurs instruments à vent; Pekiel , organiste et compositeur, 
idem; Mielczewski, compositeur pour voix et instruments , idem. 
Adam Jarzemski, après avoir entendu ces musiciens à la cathé- 
drale de Saint-Jean, à Warsovie, s'écrie dans sa naïveté : 

Kiedy z sobo koncertuio, 
A na to sie przygotaio, 
Stupenda cosa iv ich graniu, 
Oyromna w przebieraniu 
Palcami : grzmot po kosciele 
Uszom melodio sciele. 

[Voyez les articles spéciaux de ces musiciens, ainsi que celui 
de Marco Scacchi, leur maître de chapelle.) 

JASINSKA, née Lazanska, première chanteuse de l'Opéra 
nalional polonais, à Warsovie, débuta dans la Frascatane, en 
1785, sous la direction de Boguslawski. Douée d'une jolie voix 
et d'une beauté remarquable, elie occupa la scène polonaise, pen- 
dant l'espace de quinze ans, avec éclat. Ses principaux rôles 
étaient : dans Y École des Jaloux , de Salieri , dans la Cosa rara , 
dans le Roi Théodore , dans l'Entrepreneur dans l'Embarras; elle 
chanta dansl'^wr avec le ténor Kaczkowski, et joua bien latra- 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 279 

gédie. M me Jasinska avait surtout le talent de chanter les airs 
nationaux (les Dumki) Rêveries, avec sentiment et un charme 
particulier, ce qui attira sur elle l'attention de Boguslawski lors- 
qu'il vint à Nieswiéz, en 1784, chez le prince Charles Radziwill, 
à la- suite du roi de Pologne , Stanislas-Auguste PoniatowskL 
Ayant débuté d'abord sur le théâtre de Nieswiéz, Jasinska se fît 
remarquer bientôt par une voix agréable et une grande facilité à 
retenir par cœur les passages les plus difficiles. Elle fit partie 
aussi du théâtre de Cracovie et fut enlevée à l'art en 1800, au 
milieu de ses succès. 

JASINSKI ( ), ténor de la troupe de Boguslawski, 

épousa M lle Lazanska, cantatrice distinguée. 11 commença sa 
carrière dramatique vers 1780, chanta successivement à Wilna, 
à Dubno, à Lublin et à Warsovie (Histoire du théâtre national). 

JASINSKI (J. S.), auteur dramatique, chanteur, acteur et 
régisseur des théâtres de Warsovie, a écrit et traduit un grand 
nombre de pièces qui sont jouées avec succès sur la scène natio- 
nale, parmi lesquels il faut compter en première ligne : Le Nouvel 
An, opéra-comédie. Le Distrait, joué par l'auteur. Le Spis wojska, 
pièce à recettes. Le Przykaz et YOubli (Zapomnienié). En 1837, 
M. Jasinski chanta dans les Noces de Figaro, et bientôt après dans 
la Lucie, au grand théâtre. En 1841 , il traduisit le Père de la 
Débutante pour le théâtre des Variétés, publia une édition de ses 
œuvres dramatiques et partit pour les eaux; visita Berlin et 
Vichy, prit du repos , après ses grands travaux d'artiste , d'homme 
de lettres et de régisseur de deux théâtres. De retour dans sa 
patrie, il continua sa carrière dramatique par de nouveaux succès. 
M. Jasinski ne tarda pas à se placer parmi les bons auteurs dra- 
matiques de l'époque. Ses pièces et ses traductions attirent tou- 
jours du monde. 11 en a écrit environ quatre-vingts, depuis 1835. 

JASTRZEMBSKI ( ), artiste dramatique, parut en 

1842, dans la Fiancée de Lammermoor, au grand théâtre, à 
Warsovie. 

JASTRZEBSKI (Sébastien) , auteur des Chants s«trc ; *-pour les 
fêtes solennelles, Cracovie, 1G21 ; 2° Prcucidlo iviary katolichiej 
(Principe de la foi catholique). 



280 DICTIONNAIRE niOGRAPHQUE 

JASTRZEBSKI (Félix), ou Jastrzembski , facteur de pianos, à 
Bruxelles, né en 1805, en Lithuanie, dans le gouvernement de 
Minsk, fit ses études à Miendzyrzycz , en Wolhynie et obtint 
ensuite à Wilna le grade de candidat en philosophie. La révolu- 
tion de 1830 l'ayant fait sortir de Pologne, M. Jastrzembski 
embrassa la carrière des arts à l'étranger; il travailla la fabrication 
de pianos à rétablissement de Lichtentat à Bruxelles et fonda, en 
1838, une fabrique d'instruments pour son compte dans la capi- 
tale de la Belgique , qui ne tarda pas à être distinguée parmi les 
meilleures du pays. L'Exposition de 1841 valut à M. Jastrzembski 
la première médaille pour les pianos droits et pour un piano à 
queue. Trois pianos droits, fort riches, attirèrent surtout l'atten- 
tion des connaisseurs sur les produits de l'habile facteur polonais. 
Un de ces pianos fut acheté par S. M. le roi des Belges. En 1844, 
M. Jastrzembski obtint le titre de facteur des pianos du roi, par 
l'arrêté du 24 juin, comme récompense et comme preuve de la 
satisfaction royale.. Les améliorations que ce facteur introduisit 
dans la constructions de pianos droits sont importants; ses instru- 
ments sont demandés en pays étrangers et très-estimés à cause de 
leur solidité et du beau son. L'habile facteur a cherché à appli- 
quer le système de pianos à queue aux pianos droits; ses efforts 
furent couronnés du succès. Lejury de l'Exposition universelle de 
Londres, de 1851, décerna à M. Jastrzembski the Prize-Medale 
qui atteste du mérite réel de ses pianos droits. Chef d'une maison 
importante pour la fabrication de pianos à Bruxelles, dans la rue 
de Ruisbroek, M. Jastrzembski expédie beaucoup de ses pianos en 
Amérique, en Angleterre, en Allemagne et en Pologne. 

JAREÇKI (Joseph) , compositeur de musique de l'époque 
actuelle. Un Offertoire de lui fut exécuté à la cathédrale de 
Warsovie et une Mazurek parut sous son nom , dédiée au chan- 
teur Troszel (Voyez le Courrier de Warsovie). D'après ce journal, 
Jareçki dirigea le chœur d'amateurs à l'église des Piaristes et fit 
exécuter plusieurs compositions de J. Krogulski, son prédéces- 
seur, au service du bout de l'an qui eut lieu chez les PP. Bernar- 
dins en 1844. 

JAWOREK (Joseph) ou Jawurek, compositeur, chef d'or- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 28f 

chestre et professeur de musique, mort en 1840. Sa veuve obtint 
une pension de la Société de Secours (Association musicale de War- 
sovie). Cette Société, fondée par L.-A. Dmuszewski, dans le but 
de venir en aide aux artistes musiciens, a rendu d'importants ser- 
vices-. La pension accordée à M me Jaworek était une juste récom- 
pense due au mérite de son mari , qui fut un bon professeur et 
auteur de plusieurs compositions. On exécute encore quelques- 
unes de ses compositions religieuses à Warsovie, entre autres un 
Graduale qui est souvent chanté à l'église des Augustins. En 1825, 
Jaworek dirigeait la musique des concerts ; il accompagna sur un 
instrument nouveau, nommé Choraleon, un chœur de Beethoven 
et la cantate que J. Elsner composa pour la distribution des prix. 
Au service funèbre qui eut lieu à Warsovie pour l'empereur 
Alexandre, Jaworek conduisait l'orchestre et fit exécuter le 
Requiem d'Elsner, écrit pour voix d'hommes, avec accompagne- 
ment de violoncelles, contre-basses, bassons, cors, trompettes, 
trombonnes et timbales. Les exécutants étaient au nombre de 
cent cinquante artistes ; les solos furent chantés par MM. Zylinski, 
Polkowski et Szczurowski. En 1838, cet artiste annonça une mé- 
thode d'harmonie pour le beau sexe qui devait paraître par sous- 
cription à Warsovie, selon le Tygodnik literaçki de Posen. 

JAZKOWSKI ( ), excellent flûtiste , établi à Léopol, 

vers 1820 (Gazette musicale de Leipzig). 

JDZKO WSKA ( ) , cantatrice amateur à Warsovie , se 

fit entendre en 1856 avec succès (Courrier de Warsovie). 

JEAN DE GORCZYN. Voyez Gorczynski. 

JENIKE (Emile), compositeur, s'est fait connaître par de jolies 
mélodies pour voix avec accompagnement de piano, sous le titre : 
Dziewienc Pies' ni. « Cet auteur, quoique jeune, s'annonce comme 
un compositeur penseur (dit le Courrier de Warsovie), il penche 
vers l'école romantique , mais les connaisseurs espèrent qu'il fera 
des progrès. » Ses mélodies les plus remarquables sont « Le Soir 
sur l'eau » (Wieczor na wodzie.) « Le Souvenir » (Wspom- 
nienie) et « Mon Souhait » (Moie zyezenie). A la mort de Fr. Cho- 
pin, Emile Jenike composa une Marche à la mémoire de cet 
illustre compositeur, œuvre -4, publiée par Klukowski, à Warsovie, 



282 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

d'après L, Chodzko (dans son Histoire de Pologne). Emile Jenike 
mourut en 1852; sa fin prématurée ne lui a pas permis de justifier 
de si belles espérances. 

JERONYMUS ou Hieronymus. musicien du xvi e siècle , faisait 
partie de la musique du roi de Pologne, comme Cithareda recjius, 
en 1529 (Starego Krokoica Zabytki, par Ambroise Grabowski). 

JESIONKOWSKÏ (Stanislas), organiste, à Magnuszow, dans 
le diocèse de Sandomir, district de Radom, se fit entendre sur 
l'orgue, le 21 septembre 1856, à la cérémonie de la consécration 
d'une nouvelle église à Brzoza. Édifiée par le général Ozarowski, 
cette église appartient au style gothique; elle a plusieurs tou- 
relles. M. le chanoine Muller présida à la cérémonie et au 
jubilé; M. Jesionkowski inaugura l'orgue nouvellement construit, 
après avoir accompli cinquante ans de professorat {Revue de 
Posen.) 

JGLO (Jean-Martin) , recteur d'école à Nowa-Wies, a com- 
posé une cantate intitulée : Salve Palladium, à l'honneur de 
Joseph Zebrzydowski , chanoine de Cracovie. Cette cantate a été 
exécutée en 1694 par vingt-cinq jeunes gens, qui célébraient en 
grande pompe le retour de Zebrzydowski de Lorette à Nowa- 
Wies. Irnprim. Lentschoviœ, typis Samuelis Brewer, deux feuilles 
in-folio, avec l'adresse del'Offic, 1694. 

JLINSKI (Jean-Stanislas, comte), est né en 1795, au château 
de Romanow , appartenant à son père, Joseph- Auguste , comte 
Jlinski, ci-devant lieutenant général et inspecteur général de la 
cavalerie de Pologne , et, depuis le partage de ce pays, conseiller 
intime actuel , sénateur et chambellan de l'empereur de Russie. 
Dès son enfance, le comte Jean-Stanislas (appelé communément 
Janus, diminutif de Jean) témoigna un goût prononcé pour la 
musique et la poésie. Après avoir composé quelques mor- 
ceaux de musique, il alla à Vienne étudier à fond , dans cetle 
ville si musicale, l'art de la composition et eut pour maîtres 
Kauer, Salieri, et enfin le célèbre Beethoven. Nommé membre du 
Conservatoire de Vienne , il consacra son talent préférablement à 
la musique d'église (Kirchen-musik) et composa à différentes 
•époques deux Messes en ut et en rê mineur , à quatre voix, avec 



DES MUSICIENS POLONAIS. 283 

chœur, solos et accompagnement d'orchestre. Lune de ces 
Messes, celle en ré , fut exécutée à Vienne , en 182(3, dans l'église 
de St.-Pierre, parla réunion de tout ce qu'il y avait alors, à Vienne, 
d'artistes distingués. Cette belle Messe, exécutée admirahlement 
sous la direction du compositeur lui-même, fit une assez vive 
sensation dans le monde musical, tant par sa touchante mélodie, 
que parla beauté des fugues et surtout l'arrangement de la partie 
vocale, toute différente de celle usitée par les anciens compositeurs 
allemands et italiens. Il composa ensuite un grand Requiem en si 
mineur, à quatre voix, avec accompagnement de grand orchestre, 
chœur et solos , ouvrage remarquable , digne de la majesté du 
sujet. Le Dies irœ, le Confutatis, sont pleins de force et inspirent 
réellement un sentiment de terreur, tandis que les prières, Quid 
sum miser, Recordare , Lacrymosa, vous arrachent involontaire- 
ment des larmes par leur touchante harmonie. Il a composé aussi 
un autre Requiem en mi mineur qui n'est point encore publié et 
que nous n'avons pas eu l'occasion d'entendre ; cependant, à la 
vue de la partition , plusieurs morceaux nous ont paru très-beaux 
et doivent produire de l'effet : Beethoven en faisait grand cas, il 
reprochait seulement à l'auteur trop de penchant pour la fugue et 
le contre-point. 

Les autres compositions du comte Jlinski, publiées jusqu à ce 
jour, sont : 

1° Huit à dix cahiers de romances françaises. 

2° Der Rlo.sse m an (Homme Pâle), poëme de Vogel, fort belle 
et savante ballade, qui rar pelle par son genre celles de Fr. Schu- 
bert. 

3° Deux ouvertures pour Marie Stuart et Koméo , de Schiller. 

i° Ouvertures pour toutesles autres pièces de Schiller, inédites. 

o° Ouverture et entr'acte du Leuchthurm , de Huvald; beaux 
morceaux pleins de feu et admirablement instrumentés. 

6° Trois fugues pour piano à quatre mains, publiées à Saint- 
Pétersbourg. 

7° Huit quatuors, dont quatre fugues, publiés, ibid. 

8° Te JJeum à grand orchestre. 

9° Psaumes, De profundis et Miserere. 



234 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

\ 0° Stabat Mater à grand orchestre. 

\\° Messe à quatre voix sans accompagnement ; composition 
dans un genre nouveau. 

12° Grand air italien pour A. Catalani. 

13° Preghiera, publiée à Vienne, avec l'air qui précède dans 
VAurora d'Italia e Germania. 

14° Grande Marche pour deux orchestres et chœur, composée 
pour l'inauguration de l'université de Kiiow. 

45° Grande symphonie en fa. 

16° Quatre Marches pour instruments à vent. 

17° Ouverture fuguéc sur un sujet donné par le célèbre Salieiï. 

18° Trois valses chromatiques pour piano. 

19° Deux Concertos pour piano. 

20° Rondo pour violon . 

Le comte Jean Jlinski réside actuellement à Saint-Pétersbourg ; 
après avoir servi dans les gardes, puis dans la diplomatie, puis 
comme procureur général au Sénat dirigeant, a été nommé en 
1853, conseiller intime , sénateur et chambellan de S. M. l'empe- 
reur de toutes les Russies, membre de l'université de Kiiow de 
Saint-Vladimir. Tout entier aux devoirs de sa charge, il semble 
avoir abandonné la musique et nous donne, de temps à autre , 
signe de vie par la publication de charmantes poésies. Les rêves 
de l'Ame, 1 vol. in-8°, les Brises d'automne, à Paris, chez Didot r 
Elmire, le Solitaire de Kolonna, sont écrits avec un talent remar- 
quable et nous font espérer que la musique aura son tour, et que 
nous pourrons d're avec Joconde : 

« Et l'on revient toujours a ses premiers amours. » 

Nous devons à l'obligeance extrême du comte Jlinski quelques 
détails sur le château de Romanow, où la musique jouait un 
grand rôle à partir de 1820. Le comte Jlinski père, amateur et 
protecteur des arts, entretenait dans son château deux orchestres 
et un chœur nombreux ; il avait fait construire un théâtre et fit 
venir deux troupes d'acteurs d'Allemagne et d'Italie. Le tout 
composait un effectif de cent vingt musiciens. L'orchestre instru- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 283 

mental était dirigé par Dobrzynski père {voyez ce nom), excellent 
directeur et charmant violon. La musique de cors et autres in- 
struments à vent avait pour chef Karelli, qui Ta, le premier, 
imaginée et introduite à Pétersbourg. Le chœur était conduit par 
M. Gretehkin, élève de Bartnianski, célèbre compositeur russe; 
voici la liste des principaux artistes de l'orchestre : 

MM. Lenzi (Jean) 

Jorkatch 

„ . \ violons. 

Grassi i 

Kochalli ) 

Meyer, fils alto. 

Mayer, père violoncelle. 

Landi contre-basse. 

Baër lr e flûte. 

Gervinka 1 er hautbois. 

Nuder l ,c clarinette. 

Saleçki 1 er basson. 

Ces artistes formèrent des élèves, pris parmi les villageois, qui 
exécutaient avec beaucoup d'ensemble. Le chœur était composé 
de vingt-quatre jeunes gens, pris dans les terres du comte Jlinski. 
Nous citerons également la première chanteuse , la Romani , 
actuellement M mc Smorguwska qui fit une grande sensation 
depuis, à Saint-Pétersbourg, par la beauté, la pureté et l'étendue 
de sa voix. Les deux frères Zamboni, qui chantèrent depuis dans 
les grandes capitales de l'Europe, M me Mantovasi et plusieurs 
autres. On peut juger par là qu'on faisait d'excellente musique 
au château de Romanow, qui renferme de belles et grandes 
salles pour les concerts ( Correspondance particulière et Musik- 
Blattde 1851). 

JLKUSZ (Thomas) , Tomasz z Ilkusza , chanoine régulier de 
l'ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem , était aussi , artium 
liberalium Baccalarius, attaché à l'Université de Cracovie au 
xvi e siècle. C'est à lui que Stanislas de Lovvicz dédia la traduction 
du Psaume 113 « Nonnobis, Domine, nonnobis, sed nomini tuo 
da gloriam. » 



286 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

JLZA ( ), musicien de la chapelle du roi de Pologne, 

cilé par Ambroise Grabowski. 

JNDYCZEWSKI ( ), basse-taille de la troupe nationale 

de l'Opéra polonais, dirigée par Albert Boguslawski , pendant 
près de quarante ans. 

JSTWAN ( ), trompette célèbre au xvi e siècle, faisait 

partie de la musique du roi de Pologne ( Voyez Comptes de la 
cour de Sigismond- Auguste, en 1546). 

JURKA ou Iuiira, trompette célèbre, au service de Sigismond- 
Auguste , roi de Pologne; il était un des sept trompettes dont il 
est question dans le manuscrit de Dzialynski (Comptes de la cour 
de Sigismond- Auguste, en 1546 et suivant). 

JWANSKA (M lle ), cantatrice de l'Opéra national polonais à 
Warsovie, fit partie d'abord de la troupe de Nieswiez. Le théâtre 
du prince palatin de Wilna Radziwill ayant cessé d'exister, 
toute cette troupe se dispersa. M l,c Jwanska chanta à Grodno, 
pendant quelque temps, vers 1786; l'infatigable Boguslawski, 
ayant réorganisé l'Opéra polonais à Wilna, engagea M lle Jwanska 
avec sa sœur cadette pour la saison d'hiver. Dzieie teatru naro- 
doivego (Histoire du théâtre national). 



R 



KAGZKOWSKI (Dominique), un des meilleurs ténors de l'an- 
cien Opéra polonais, naquit en Wolhynie, en 1763, fit ses pre- 
mières études à Berdyczow , et partit pour Luçk où il étudia la 
musique sous la direction du maître de chapelle de la cathédrale. 
Il chanta le dessus (le discant) dans le chœur, et travailla en 
même temps le violon et l'alto. A vingt ans , il fut placé dans 
l'orchestre du prince Michel Lubomirski (excellent violon lui- 
même), et continua à chanter sa partie à l'église. 

Lorsqu'en 1783 la troupe de Warsovie , dirigée par Albert 
Boguslawski, arriva à Dubno pour le temps des contrats, le jeune 
Kaczkowski témoigna le désir au directeur de la troupe de 
paraître sur la scène; cette demande fut accueillie d'autant plus 



DES MUSICIENS POLONAIS. 287 

volontiers, que, les artistes-chanteurs de la troupe n'étaient pas 
musiciens, l'engagement de Kaczkowski paraissait une bonne 
acquisition pour Boguslawski , qui fit débuter le jeune ténor à 
Lublin et le fit engager ensuite par Ryx qui dirigeait le ballet 
à Grodno. Kaczkowski obtint du succès dans la Belle Arsène,- 
dans le Déserteur , dans le Jaloux ; il chanta aux concerts de la 
cour, et reçut du roi une tabatière d'or. 

Après la dissolution de la troupe de Ryx, Kaczkowski partit 
pour Cracovie avec les cantatrices Jasinska et Muranowska; c'est 
dans cette ville que se trouvait alors l'élite de la troupe : il y resta 
jusqu'à 1793. Appelé ensuite à Warsovie par Boguslawski, il y 
chanta pendant deux ans dans VA rbre de Diane, dans la Cosa 
rara et dans YAxur, et il joua également la tragédie. En 1795, il 
partit pour Cracovie avec M mes Jasinska et Kossowska , et ensuite 
pour Léopol où Boguslawski lui confia la caisse de l'entreprise. Il 
profita du séjour dans cette ville pour travailler le chant, un an de 
repos lui fit du bien, et sa voix y gagna. Lorsque les contrats furent 
transportés de Dubno à Kiiow, Kaczkowski désira y aller, mais la 
passion du jeu l'entraîna, il ne put la maîtriser, et sa carrière d'ar- 
tiste s'en ressentit; ayant d'abord gagné une somme considérable^ 
environ 50,000 florins, Kaczkowski continua à jouer et finit par 
perdre tout ce qu'il possédait. Forcé de se priver du nécessaire et. 
menacé d'une terrible maladie , il ne paraissait que rarement sur 
la scène. Sa mémoire s'affaiblissait , il ne se rappelait plus ses 
rôles, il trouva quelques consolations dans l'amitié de M ,lie Jasinska, 
qui lui resta fidèle dans les mauvais jours. Obligé de prendre des 
précautions contre ce défaut de mémoire (1799), il ne voulut 
plus chanter à Warsovie, il partit pour Minsk, ensuite pour Grodno 
où il finit sa triste carrière dans une maison de santé. 

Dominique Kaczkowski avait une voix très-agréable sans être 
élevée; il était d'une jolie figure, très-apprécié dans ses relations 
particulières. Il aima avec passion et fut heureux d'un amour 
partagé; digne d'un meilleur sort, Kaczkowski fut regretté par 
tous ses amis et par ses nombreux admirateurs {Histoire du 
théâtre national par Albert Boguslawski). 

KACZKOWSKI (Joseph), violoniste et compositeur distingué 



"288 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

de Warsovie, débuta jeune, vers 1811 , travailla seul, mais il eut 
le bonheur de se diriger d'après les bons principes. Il parvint à se 
faire un nom par son exécution et par ses compositions, dans les- 
quelles il montra du goût. D'après la Gazette musicale de Leipzig , 
il était arrivé à une grande sûreté d'exécution ; son premier 
concerto est très-bien écrit. Kaczkowski prouva dans cette-œuvre 
qu'il connaissait bien son instrument ainsi que la composition. 
Voici les titres de ses principales compositions gravées à Leipzig, 
chez Breitkopf et Hartel : 

Op. 1 . Dix Vat^iations pour violon, avec viola et basse ; 

Op. 2. Quatre Polonaises mélancoliques, avec accompagne- 
ment; 

Op. 3. Quatre Variations pour violon, avec viola et basse; 

Op. 4. Six Variations pour violon, a\ec viola et basse; 

Op. 5. Six Polonaises, avec accompagnement de quatuor; 

Op. 6. Neuf Variations pour violon principal avec accompa- 
gnement d'un deuxième violon , alto et basse ; 

Op. 7. Thème varié pour violon ; 

Op. 8. Concerto pour violon , avec accompagnement d'or- 
chestre; 

Op. 9. Rondo alla Polacca; 

Op. 40. Trois Duos, concertants pour deux violons; 

Op. 11. Polonaise pour le piano forte; 

Op. 13. Études ou Caprices pour violon ; 

Op. 15. Six Polonaises et quatre valses pour le piano forte; 

Op. 16. Trois Duos pour deux violons; 

Op. 17. Deuxième grand concerto pour violon avec accompa- 
gnement d'orchestre. Les renseignements manquent sur la vie de 
cet artiste distingué ( Gazette musicale de Leipzig et journaux 
polonais). Dans un article, signé du nom du professeur Frolich, 
publié dans la Gazette musicale de Leipzig, on compare le concerto 
de Kaczkowski, œuvre 8, aux compositions de Rode, Kreutzer et 
Viotti. Il paraît que ce concerto est bien instrumenté et bien 
conduit. L'auteur de l'article fait un éloge complet de l'œuvre de 
Kaczkowski, publiée à Leipzig, par Breitkopf et Hartel, en 1815. 

KACZOROWSKA ( ) , cantatrice, faisait partie de la 



DES MUS1CIBMS POLONAIS. 289 

musique du roi Jean Sobieski. Elle chantait à merveille les airs 
polonais, selon le témoignage du chevalier d'Abon, capitaine 
français (L. Golembiowski , dans le Peuple polonais , tome m, 
page 209). 

KACZYNSKI (frères), violoniste et violoncelliste, se firent 
entendre au concert donné à Warsovie, par la comtesse Zamoyska, 
au profit de la caisse de l'hôpital, le 1 er mai 1814. Le violoniste 
exécuta le concerto de Rode, le violoncelliste un pot-pourri de 
Romberg (Gazette musicale de Leipzig). Les circonstances de la 
vie de ces artistes ne sont pas connues. Une œuvre de concerto 
fut publiée à Leipzig sous leur nom. Il paraît qu'ils étaient trois 
frères , que le comte Wielhorski fit venir de Pologne à Saint- 
Pétersbourg , pour accompagner son fils Michel, au commence- 
ment du siècle. 

KAJETANI ou Gaietano (Voyez son article) , compositeur de 
mérite, d'origine italienne, dont on jouait les opéras à Warsovie, 
sous le règne de Stanislas-Auguste Poniatowski. On ne doit pas 
confondre le nom de ce maître avec Caëtani , qui dirigea l'or- 
chestre à l'église collégiale de Cracovie, le jour de l'inauguration 
de la chapelle des Roratistes. 

KAMIENSKI (Mathias), compositeur dramatique, créateur de 
l'Opéra polonais. Né à Edenbourg, petite ville de Hongrie, sur les 
frontières d'Autriche, le 13 octobre 1734, entra jeune encore dans 
la chapelle du comte Hentzel. Au bout de quelques années, 
il partit pour Vienne, afin de travailler la composition et se perfec- 
tionner sur le piano. Il vint ensuite à Warsovie où il se livra à 
l'enseignement de la musique. Les circonstances de sa vie ne 
sont pas connues jusqu'au moment de son début comme compo- 
siteur dramatique. Mais déjà son talent de professeur fut juste- 
ment apprécié à Warsovie. C'est une pièce de l'abbé Bohomoleç, 
écrite d'abord pour l'école des Cadets , sous le titre de : Nendza 
Uszczeslhviona (Misère consolée) , qui servit pour les débuts de 
Kamienski. Cette pièce arrangée en opéra sur la demande du roi, 
puis refaite en deux actes par Albert Boguslawski, fut montée sous 
la direction de Montbrun, sur le théâtre national de la capitale 
en 1778. La musique de Kamienski plut extraordinairement , elle 

19 



290 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

était remarquable par les chants gracieux et par l'expression de 
sentiments selon le goût des Polonais ; elle faisait époque comme 
premier ouvrage original avec musique, chanté par les artistes 
polonais. Ainsi c'est à Kamienski que la scène polonaise doit sa 
première partition d'opéra. Cette partition ne contient en tout 
que treize morceaux , dont deux duos, plusieurs airs, un seul 
ensemble à la fin de la pièce et point de chœurs. Le sujet ren- 
ferme plusieurs situations musicales, dont le compositeur sut 
tirer parti. Sa musique, écrite simplement, fut reçue avec accla- 
mation et vivement applaudie. Les mélodies faciles charmèrent 
les oreilles de nos pères, par la grâce et la douceur, bien adaptées 
aux vers. Elles plaisaient généralement. En somme l'opéra de 
Kamienski fut un heureux essai pour les auteurs, et dut con- 
vaincre d'erreur ceux qui ne croyaient pas à la possibilité d'avoir 
un opéra national. 

Une lettre écrite de la main de Kamienski , conservée dans la 
collection d'Alex. Weinert, donne de curieux détails sur la pre- 
mière mise en scène de la Misère consolée. Cette lettre, d'un grand 
intérêt historique , renferme des particularités inconnues sur les 
opéras d'Antoine Weinert, de Jean Stefani, du directeur de la 
chapelle du roi, Gaiëtano , qui suivirent l'impulsion donnée par 
Kamienski. Pendant que le roi faisait construire une nouvelle 
salle de spectacle , notre compositeur écrivit deux autres opéras 
intitulés : Zoska czyli wieiskie zaloty (Sophie ou les Amours de 
village), et Cnotliwa prostota (Simplicité vertueuse) , qui furent 
représentés vers 1779. Le premier de ces opéras eut soixante- 
seize représentations à Warsovie et fut joué souvent en province. 

Dans le second, une cantatrice française , Biller ou Bélier , 
débuta avec succès. Après ces trois opéras, Kamienski fit 
reprendre, en 178-4, sa première pièce, sous la direction de Ryx. 
Puis , dans l'espace de quatre ans , il composa trois nouvelles par- 
titions , savoir : Balik gospodarski (Bal champêtre) , Slowik (Le 
Rossignol) , Tradycya zalatwiona (Saisie réglée) , qui furent bien 
reçus du public et firent regarder Kamienski comme le créateur 
de l'opéra national. Il écrivit aussi deux opéras allemands : Le 
sultan Wampun et Antoine et Antoinette , pour l'administration 



DES MUSICIENS POLONAIS. 291 

théâtrale de Constantini , mais ces opéras ne furent pas joués à 
cause du départ de la troupe. Un de ses derniers ouvrages, fut la 
Cantate composée pour la solennité de l'inauguration de la 
statue équestre du roi Jean III, Sobieski, dans le palais de 
Lazienki. Cette Cantate fut exécutée plusieurs fois au théâtre de 
Warsovie, et le roi Stanislas -Auguste récompensa magnifique- 
ment l'auteur. Mathias Kamienski est auteur de plusieurs Messes 
en musique, de divers Offertoires et Polonaises. Il habita la 
capitale de la Pologne jusqu'à sa mort, arrivée le 25 janvier 1821, 
à l'âge de quatre-vingt-sept ans. 

Voici maintenant une traduction abrégée de la lettre en ques- 
tion , trouvée après le décès de Mathias Kamienski : « Lorsqu'en 
» 1776, les Italiens, les Français et les Allemands amusaient le 
» public avec leurs opéras, le roi manifesta le désir que les 
» Polonais en fissent autant; il engagea l'abbé Bohomolee à écrire 
» un opéra pour la scène nationale. Le digne abbé écrivit la pièce, 
» sous le titre : Misère consolée, destinée d'abord pour l'école des 
» Cadets, mais elle n'y fut pas jouée. Un exemplaire de cette 
» pièce m'étant tombée sous la main, j'écrivis la musique de ma 
» propre volonté, qui fut appréciée par les connaisseurs. Sur ces 
» entrefaites , le directeur Montbrun , ayant appris l'existence de 
» mon opéra, voulut le faire représenter en public, ce qui eut 
» lieu immédiatement. On désigna les chanteurs, qui étaient 
» M mes Dezner et Gronowiç, et MM. Albert Boguslawski, Baginski 
» et Harasymowicz. Reçu avec grande faveur, mon opéra n'a été 
» joué que deux fois, le théâtre ayant été fermé, par la mésintel- 
» ligence des entrepreneurs. 

» Comme le roi Stanislas-Auguste n'a pu assister à la première 
» représentation, le prince, son frère, fit jouer mon opéra sur 
» son théâtre à Soleç, où il fut reçu avec une faveur marquée. 

» Après moi, le premier compositeur qui écrivit des opéras, 
» fut Antoine Weinert, membre de la chapelle royale. Il donna 
» le Scrupule inutile, le Donneriveter , la Cantate avec ballet ,1c 
» Diable alchimiste ; tous ces opéras eurent du succès. 

» Jean Stefani lui succéda , il composa la musique pour les 
» Krakowiens , opéra , qui excita un grand enthousiasme. Après 



2!)2 D1CT10NKA'B*E BIOGRAPHIQUE 

» lui, le directeur de la chapelle royale, Gaiëtano, écrivit le 
» Soldat sorcier. 

» En 1792, à l'occasion des fêtes de la Cour, j'écrivis ma Can- 
» tate pour l'inauguration de la statue du roi Jean Sobieski (1), 
» qui fut jouée au théâtre de Lazienki. 

» xVprès plusieurs représentations , j'ai reçu du roi le cadeau 
» d'une montre en or, avec 50 ducats, et mon fils, reçut égale- 
» ment une montre en or, pour avoir écrit le titre de la partition, 
» laquelle resta au répertoire. » 

(Suit la liste des compositions dramatiques de Kamienski, 
donnée plus haut.) 

Sur l'exemplaire original de la partition , la dédicace au roi est 
ainsi conçue : 

« A Sa Majesté Stanislas-Auguste, roi de Pologne, mon gracieux 
» maître. 

» Le règne de Votre Majesté sera mémorable dans nos annales 
» par l'amélioration du gouvernement, par l'encouragement 
» donné aux sciences et aux arts , ainsi que par l'introduction du 
» théâtre polonais. Grâce à votre protection, Sire, les talents 
» nationaux rivaliseront bientôt avec les artistes étrangers. Ayant 
» écrit mon opérette sous le règne de Votre Majesté, je viens, Sire, 
f) vous demander la permission de vous faire hommage de mon 
» humble composition, en me mettant sous votre royale pro- 
» tection. » 

Cet exemplaire, qui porte la date de 1778, contient une obser- 
vation de Kamienski : « Qui croit devoir prévenir que ces mélodies 
» n'ont pas été composées pour les critiques; mais pour être 
» chantées par les Polonais. » 

Un an avant sa mort, Kamienski composa une Polonaise sur les 
thèmes de Cendrillon. C'était la dernière étincelle de son imagi- 
nation , avec laquelle il prit congé du monde musical. Inhumé à 
l'église du cimetière de Powonzki, Kamienski repose du côté de 
l'occident. On lit sur une table de marbre une inscription placée 
par les soins de sa veuve. 

( l) Cette cantate fut chantée par M elle Sitanska, M me Jasinska et MM. Kacz- 
kowski et Rudniçki. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 2!K} 

KAMINSKI (Thomas) , est cité comme musicien par Simon 
Starovvolski , dans les Monumenta Sarmatarurn. Il vivait vers la 
fin du xvi e siècle, sous Sigismond III, ainsi que le prouve l'ins- 
cription placée à Cracovie , dans l'église de la Sainte-Trinité , sur 
le tombeau de Regina Chrzanowska, dont il fut le premier mari. 
Thomas Kaminski faisait partie delà musique du roi, il prenait le 
titre de Musicus S. R. Maj... (Mosaïque, par Ambroise Grabowski, 
pour servir à l'Histoire de l'art musical.) (Bibliothèque de War- 
sovie, 1855). 

KAMINSKI (Jean-Népomucène), auteur dramatique des plus 
fécontls, directeur du théâtre de Léopol pendant près de quarante 
ans. Elève de Boguslawski , il mérita bien de la scène nationale 
par ses constants efforts pour maintenir la langue polonaise dans 
sa pureté, et pour faire du théâtre l'école du bon goût. Poëte, phi- 
losophe, excellent moraliste, ami de L. Adam Dmuszewski, il sut 
intéresser et instruire par ses pièces. Son premier opéra fut : les 
Nouveaux Krakoviens et Gorales, avec musique de Stefani, repré- 
senté à Léopol, en 1794, avec un grand succès. Il serait à désirer 
que nous eussions une collection complète des œuvres de Ka- 
minski, à l'instar de celles de Boguslawski et de Dmuszewski, tous 
deux excellents écrivains dramatiques et artistes, ayant contribué 
par leurs œuvres au perfectionnement de l'art dramatique en Po- 
logne. 

Né en 1777, le 27 octobre, à Kutkorz, en Gallicie, J.-N. Ka- 
minski fit ses premières études à Léopol. Etant encore en troi- 
sième, il écrivit une tragédie en un acte dont le sujet fut tiré d'un 
ballet. Cette pièce, représentée par les condisciples de notre jeune 
auteur, n'est qu'un essai incomplet. Mais lorsque la troupe de 
Kazynski et de Morawski vint à Léopol, Kaminski traduisit de 
l'allemand plusieurs pièces qui furent jouées vers l'année 1791, 
et le firent connaître comme écrivain dramatique. Issu d'une fa- 
mille pauvre , ayant perdu ses parents dès l'âge le plus tendre, il 
apprit à combattre le sort et à vaincre les obstacles , tout en ap- 
prenant l'art difficile d'écrire des pièces. Obligé de subvenir à sa 
propre existence, il ne négligeait rien pour se perfectionner dans 
la langue polonaise, bien qu'il manquât souvent d'ouvrages -élé- 



294 BICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

mentaires nécessaires pour une étude approfondie de l'idiome 
maternel. 

Vers 179-4 il acheva ses études à l'Université de Léopol. Bientôt 
l'arrivée de Boguslawski, et son séjour durant quatre années dans 
la capitale de la Gallicie, fournit au jeune Kaminski l'occasion de 
travailler sérieusement pour la scène polonaise. Il donna dans 
l'espace de quatre ans les drames et les opéras suivants : L'Arbre 
de Diane, traduit de l'italien. (Pustelnicy w lesie) , traduit de l'alle- 
mand. (Zal przed uczynkiem), opéra joué au bénéfice de Szczu- 
rowski, basse-taille de talent (Voyez ce nom). Après un incendie 
qui dévora le faubourg de Cracovie, les représentations «théâ- 
trales furent interrompues; on jouait cependant dans des salles 
particulières. Mais la position de Kaminski devenant plus difficile, 
il résolut de changer d'état et, dans cette intention, il partit pour 
Kamienieç-Podolski, afin de se placer comme fonctionnaire pu- 
blic. Le sort jaloux dérangea tous ses plans. Il forma de nouveau 
une troupe dramatique et se mit à exploiter Dubno, Kiiow, et 
enfin Odessa. Dans cette dernière ville, il trouva dans la personne 
du duc de Richelieu, gouverneur, un puissant protecteur, dont 
les connaissances variées et l'aménité personnelle permirent à Ka- 
minski de donner des représentations fructueuses. 

Le duc de Richelieu connaissait la langue polonaise, il mit le 
théâtre de la ville à la disposition de la troupe de Kaminski ; par 
ces facilités, on avait un spectacle polonais très-bien monté à 
Odessa. 

De retour à Léopol en 1809, Kaminski réorganisa la scène po- 
lonaise, non sans peine, car les entrepreneurs du théâtre allemand 
ne se souciaient guère qu'il y eût à Léopol un spectacle polonais. 
C'était d'abord une réunion d'amateurs, jaloux de la gloire natio- 
nale, voulant conserver la langue polonaise à tout prix. Plus tard, 
chaque membre de cette réunion devint artiste, mais sans perdre 
de vue le but qu'on s'était d'abord proposé, celui de conserver la 
langue intacte, ce précieux Palladium d'un peuple qui ne vit que 
par l'histoire et par le souvenir de hauts faits de ses ancêtres. 
Nous devons citer ici les noms de ces généreux artistes : ce sont 
MM. Benza, Sosnowski, Blotniçki, S. Starzewski, Salowa. Deux 



DES MUSICIENS POLONAIS. 295 

D lle8 Rutkowskié, deux musiciens : Nowakowski et Kaminski. 

Le théâtre fut rouvert sous la direction de Kaminski , et bien- 
tôt il eut le privilège de jouer toutes sortes de pièces et les opéras. 
Absorbé par les travaux de la direction, Kaminski ne paraissait 
plus sur la scène que dans les circonstances exceptionnelles, mais 
il entreprenait des excursions à Cracovie , à Warsovie, à Kamie- 
nieç-Podolski, etc. (1820). 

L'administration et la direction du théâtre occupaient tous les 
moments de Kaminski ; malgré cela le nombre de pièces écrites et 
traduites, sans compter la rédaction d'un journal et beaucoup de 
pièces fugitives, est très-considérable. En 1833, il cessa de diriger 
le théâtre, il se réserva seulement la direction morale. En 1841 il 
rendit la direction à Stanislas Skarbek et devint régisseur, profes- 
seur, caissier, auteur et traducteur. Il parut pour la dernière fois 
sur la scène, en 18-45, dans la tragédie d'Emilia Galotti de Les- 
syng. 

Un catalogue complet des travaux littéraires de Kaminski est 
très-difficile à faire. Beaucoup de ses ouvrages ne sont pas encore 
imprimés, d'autres se sont perdus. Nous essayerons de donner un 
aperçu détaillé d'après la Gazette de Warsovie. 

1. Ballades et chants de F. Schiller. Vienne, chez Pichler, in- 
12, 1820. 

2. Zabobon (ou Les Krakoviens et les Gorales) , opéra en trois 
actes, musique de Kamienski. Léopol, 1821. 

3. Sonnets. Léopol, 1827, in-12 avec devise. 

4. Traductions en vers. Léopol, 1828, in-12. 

5. Don Gutierre, tragédie d'après Caldéron, cinq actes. Léo- 
pol, 1827. 

6. Frère chéri, comédie originale, imprimée à Léopol en 1834. 

7. Une Halicienne (Haliczanka), choix de poésies. Léopol, 1835. 

8. Wallenstein, traduit de F. Schiller. Léopol, 1837, 2 vol. 

9. Przypadek na odpuscie ou (Pierre de Podlasie), avec vignettes. 
•Léopol, 1848. 

10. L'Ame considérée comme lapensée. Recherches psychologi- 
ques. Léopol, 1851. 

11. Brada Strawinscy, représenté à Cracovie en 1855. 



290 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

12. Langue philosophique, publiée par le journal Halicza- 
nin, 1830. 

13. Déduction philosophique sur la langue polonaise. Idem , 
tome II. 

14. Pensées sur la science dramatique. Idem, tome II. 

15. Sur les dialectes slaves. 1842. 

16. Sept Filles sous les armes, opéra en un acte, représenté à 
Warsovie. 1835, in- 12. 

17. Dix ans de la vie d'une femme, drame traduit. 1835. 

18. Le Petit tambour (Taraban), opéra-comédie, traduit du 
français. 

19. L'École des Maris, traduit de l'allemand. 1822. 

20. Krotochwila, divertissement, représenté à Léopol et à Cra- 
covie. 

21 . Szlachta czynszoïva ou (Dispute pour le vent), un acte, re- 
présenté à Warsovie. 

22. Gwiazdun, divertissement en trois actes (Galganduch), re- 
présenté à Cracovie. 

23. Le Ramoneur et le Meunier, représenté sur tous les théâ- 
tres de province. 

24. Skalmierzanki , opéra en trois actes, représenté à Cra- 
covie. 

25. Dolina Czarôw, drame romantique en cinq actes, en prose 
et en vers. 

26. Twardowski, mélodrame en trois actes, représenté à Cra- 
covie. 

27. L'Homme de trois siècles, mélodrame, trois actes en prose, 
représenté à Cracovie. 

28. Progrès du temps, esquisse comique en quatre actes, tra- 
duite de l'allemand. 1834. 

29. L' Inquisition, drame historique en cinq actes. 

30. Hajdamacy na Ukrainie (Les Brigands en Ukraine), drame 
en trois actes. 

31. Garrick à Bristol, comédie en quatre actes, traduction. 

32. L'Exagération et la Nature, comédie en quatre actes, tra- 
duite de l'allemand, représentée à Warsovie en 183-i. 



DKS MUSICIENS POLONAIS. 207 

33. Le Bonrguemestre, comédie en deux actes. Warsovie, 183 1 . 
31. Château Limburg, comédie en un acte. 

35. Le Proscrit, drame en cinq actes. 

36. Guerre à une Femme, comédie en trois actes. 

37. L'An et la Nature, comédie en deux actes. 

38. Trois Fiancées en une, traduite de l'allemand. 1832. 

39. Rataplan, opérette en un acte. 

40. Le Conseiller de la Chambre des Comptes et ses Filles, comé- 
die en trois actes. 

41. Pojednanié ou (Peintre par amour), drame en trois actes. 

42. Ostre Wychowanié, drame en un acte. 

43. Nieznafomy (Inconnu), drame en cinq actes, de Zchoke. 

44. Frères désunis, drame en cinq actes, représenté à Wilna. 

45. Tante dangereuse, comédie en quatre actes. 

46. Mizyna, reine des Amazones, mélodrame en trois actes. 

47. Medea, mélodrame en un acte. 

48. Marianna, drame en cinq actes. 

49. Le Mari séducteur de sa Femme, comédie en trois actes, re- 
présentée à Wilna. 

50. Le Menteur, comédie en trois actes, jouée à Wilna. 

51 . La Femme douce, comédie de Goldoni, en trois actes. 

52. Léon, drame en cinq actes, traduit du français. 

53. Lear, tragédie de Schakespeare, en cinq actes. 

54. La Princesse de Kokambo, opéra comique en deux actes. 

55. lioide trèfle, divertissement en deux parties. 

56. Coriolan, tragédie en cinq actes. 

57. Clotilde, drame en cinq actes. 

58. Charles XII à Bender, drame en cinq actes. 

59. Jules de Sasseu, drame en quatre actes, de Zschoke. 

60. Judith, tragédie en cinq actes, traduit de l'allemand. 

61. Jeanne de Mont faucon , drame en trois actes, représenté à 
Warsovie, à Wilna et à Léopol. 

62. Glosna Tajemnica, comédie en trois actes, de Caldéron. 

63. Il pousse sans avoir été semé, comédie en cinq actes. 

64. Edouard d'Ecosse, drame en trois actes. 

65. Les Deux grenadiers, comédie en deux actes. 



298 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

66. Deux mots, ou la (Nuit dans une forêt), opéra en un acte, 
représenté à Warsovie. 

67. Deux Billets, comédie en un acte. 

68. Donna Dyanna, comédie en trois actes, de Gazzi. 

69. La Maison des fous à Dijon, drame en trois actes. 

70. Le Docteur et l'Apothicaire, divertissement en trois actes. 

71. Le Diable amoureux , divertissement en trois actes, avec 
chant. 

72. Le Docteur noir, drame en cinq actes. 

73. Massaroni le Bandit, drame en trois actes. 

74. Alix ou les Deux Mères, drame en cinq actes /traduit du 
français. 

75. L'Arbre de Diane, opéra dirigé par Elsner en 1798. 

76. Ermites de la Forêt, traduit de l'allemand. 

77. Zalprzed Uczynkiem (Le Regret avant l'Action), opéra. 

78. Poésie sur la mort de Guillaume Maltsch, docteur. 

79. Don Carlos, tragédie de Schiller, imprimée en partie. 

80. Inkle et Jaryko. 

81. Questions sur l'établissement des sourds-muets à Léopol. 

82. Anne, reine de France, drame en six actes. 

83. Chant sur la cloche, imprimé à Léopol en 1818. In-8°. 

84. La Famille deZorawiecki, œuvre scénique en quatre parties. 

85. Poésies détachées. Quinze morceaux. 

86. Articles et traductions, publiés dans les Variétés (Rozmai- 
tôsci Lwowskie). 

87. Manuscrits non publiés. 

Les services rendus par Kaminski à la scène nationale , à la 
langue polonaise, sont immenses. Il doit être regardé, avec 
Albert Boguslawski, comme le créateur du théâtre polonais, 
qu'il alimenta pendant plus de quarante ans de ses meilleures 
pièces , écrites avec talent et à-propos. Dans la poésie rustique, 
il n'a été surpassé que par Brodzinski. Il possédait une grande 
expérience de la scène , rendait des services à toutes les direc- 
tions, et aux artistes, il avait des connaissances fort étendues 
en littérature. Ses vers sont très-bien coupés pour la musique. 
Lorsqu'il a été question de nommer un professeur de langue et de 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



littérature à l'institut d'Ossolinski à Léopol, Kaminski prononça à 
cette occasion un discours qui attira sur lui l'attention de tous les 
littérateurs polonais et fit taire ses détracteurs. 

Ce digne citoyen finit sa carrière laborieuse et utile en 1855. 
Peu d'hommes déployèrent autant d'activité ; car, indépendam- 
ment de son nombreux répertoire dramatique, Kaminski laissa 
beaucoup d'ouvrages sur la langue polonaise, comme philosophe, 
écrivain original, traducteur infatigable, artiste dramatique, di- 
recteur, régisseur, entrepreneur, rédacteur pendant treize ans de 
la Gazette de Léopol, poëte, littérateur. Il occupe la première 
place parmi les hommes savants polonais ; et cette vie, consacrée 
à la gloire des lettres, s'écoula dans la pauvreté et le désintéresse- 
ment. Puisse ce beau caractère revivre dans sa postérité ! Il donne 
un bel exemple à suivre à la jeunesse studieuse polonaise, ainsi 
qu'aux artistes et écrivains dramatiques. Aimé de tous les Polo- 
nais, Kaminski fut adoré de ses concitoyens de la Gallicie. Il s'oc- 
cupait avant sa mort de revoir ses ouvrages principaux. Depuis les 
Nouveaux Krakoviens jusqu'au C aider on , depuis le drame de 
Twardoivski jusqu'au Wallenstein , depuis le Chant à la cloche 
jusqu'à ses travaux psychologiques et philosophiques sur la langue 
polonaise. Par les soins du comte Baworovvski, une médaille fut 
frappée à Léopol en l'honneur de J.-N. Kaminski. 

KAMINSKI (N.) , maître de chapelle, vivait dans la deuxième 
moitié du dernier siècle. Il fut l'aïeul maternel de l'auteur de ce 
livre, très-expert dans Tartde conduire un orchestre; il possédait 
l'instrumentation à fond et savait disposer son orchestre de manière 
à produire beaucoup d'effet ; il excellait surtout dans l'orchestra- 
tion des Polonaises. Ce genre de musique, fort goûté en Pologne, 
défrayait tous les concerts et faisait battre le cœur de tout bon 
Polonais. Les anciennes Polonaises surtout avaient un cachet de 
majesté qu'on ne retrouve plus dans notre siècle. Depuis le 
xvi e siècle , il y avait en Pologne d'excellents orchestres , non- 
seulement à la cour de nos rois, mais chez les grands seigneurs 
en province. Ces musiques, composées de villageois et de musi- 
ciens étrangers, allemands, italiens, hongrois, dirigés par des 
maîtres de chapelle italiens, allemands et polonais, contribuèrent 



300 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

beaucoup aux progrès de l'art en Pologne et empêchaient la cen- 
tralisation. Il n'était pas rare de trouver, au fond d'une province, 
un bon orchestre et souvent une troupe d'opéra composée de 
premiers talents étrangers et nationaux qui étaient richement 
rétribués. Dans beaucoup de châteaux on formait de jeunes Kozaks 
à chanter des airs nationaux en s'accompagnant sur le téorbe. 

« La Pologne devança la Russie sous le rapport musical , elle 
» avait ses Volks Melodien, dit la Gazette musicale de Vienne , elle 
» avait beaucoup d'orchestres, petits et grands, qui se recrutaient 
» en Allemagne, avec laquelle les relations musicales furent 
» entretenues de tout temps. » Les meilleurs chefs d'orchestre 
nous venaient de l'Allemagne, au xvm e siècle. La grande Pologne, 
les Palatinats de Cracovie et de Kalisz en fournirent de bons. 
Kaminski était un de ceux qui dirigeaient la musique chez les 
grands seigneurs à l'époque de la décadence. J'ignore le lieu de 
sa mort, arrivée après le dernier partage de Pologne. Peu d'or- 
chestres survécurent au naufrage général, quelques virtuoses 
cherchèrent à l'étranger un emploi utile à leurs talents. Vers 
cette époque, Kozlowski, auteur du fameux Requiem, commença 
à marquer à Pétersbourg, Félix Janiewicz, en Angleterre, et Fr. 
Mireçki, en Italie et en France (1816). 

KAMINSKA, née Kochanowska , pianiste, à Warsovie. Citée 
dans la Gazette musicale de Leipzig, tome xiv et xvi, contribua par 
ses talents au succès du concert donné en 4813 au profit des 
inondés, dans lequel plusieurs artistes et amateurs se firent 
entendre, entre autres M lle Naïemska , M lle Stamm, M. de Santis, 
M. Szczurowski. M me Kaminska tenait le piano. Le concert rap- 
porta 2,000 écus. Parmi les compositions, exécutées dans cette 
solennité musicale, la Gazette de Leipzig cite la symphonie en re, 
de Mozart , la Passion , de Paisiello , (composée à Warsovie même 
par ce maître célèbre), un Salve Regina, de Danzi, et la Création, 
de Haydn. 

KAMPA L0DZIA (Jean de), évêque de Posen, avait un culte 
spécial pour la sainte Vierge, en l'honneur de laquelle il composa 
plusieurs chants , paroles et musique. Selon son biographe , Jean, 
archidiacre de Gnesne , c'était un savant, mais qui aimait la 



DES MUSICIENS POLONAIS. .'SOI 

société, la gaieté, la musique, et jouait de la cythare. Il menait 
une vie indépendante, écrivait en latin et en polonais. Ses chants 
sont nombreux , plusieurs se sont conservés jusqu'à nos jours , 
entre autres : Siviatlo zablyslo na drodze (Lux clarescit in via) , 
Zawitoj bramo Zbaivienia (Salve, salutis janua) , un autre en 
l'honneur de saint Adalbert, Ty testes Opoka. Deux autres à 
saint Pierre (Tu es Petrus) , et à saint Paul. Dans le chant à saint 
Adalbert, chaque vers commence par la lettre de son nom : « De 
» sancto Adalberto in laudem sacro prœsuli, quilibet versus inci- 
» pit per litteras sui nominis. » On ne connaît pas bien les mélo- 
dies de ces prières ; quant à la langue, elle est du temps des rois 
Piasts (Voyez M. Wiszniewski , Histoire de la littérature polo- 
naise). Ce digne évêque mourut en 1346. Il doit être compté 
parmi les plus anciens poètes polonais. 

KANIA (Emmanuel). Voir le Supplément. 

KANIGOWSKI (Fr.), luthier, à Warsovie, exposa en 1841, 
d'excellents archets de violon et de violoncelle , d'après la forme 
de Stradivarius. Ce fabricant s'occupe aussi d'instruments à 
cordes. Quant aux autres articles de lutherie, il les fait venir 
d'Italie (Gazette musicale universelle) . 

KAPLINSKA (Sophie), cantatrice distinguée, voyagea beau- 
coup. Après avoir débuté à Warsovie , elle se fit entendre à 
Pétersbourg et chanta en 1848 au concert de M. Friebe, dans la 
capitale de Pologne. Pendant quelque temps, elle tenait l'emploi 
de première chanteuse à Cracovie (Journaux de Pologne). 

KARASOWSKI (Samuel) , violoncelliste distingué et compo- 
siteur, se fit entendre dans un concert, donné par lui à Warsovie 
en 1844, dans lequel il exécuta plusieurs morceaux de sa compo- 
sition, entre autres : une Fantaisie sur les thèmes d'une opérette : 
V Ennemi des hommes, la Rornanesca , arrangée par Servais, et une 
autre fantaisie de lui intitulée : la Mélancolie. D'après le Courrier 
de Warsovie , M. Samuel Karasowski passe pour un très-bon vio- 
loncelle de l'époque actuelle. Dans un autre concert, donné au 
palais de Posen, M. Karasowski exécuta une fantaisie sur les 
Puritains, de Bellini, le Carnaval de Venise , arrangés par lui- 
même, ainsi que la Sérénade de Schubert. Au second concert, le 



302 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

bénéficiaire se fit entendre dans Y Adélaïde, de Beethoven, dans 
une Mazurek , de Chopin, et dans la Fantaisie mélancolique pour 
violoncelle. Les compositions de M. Karasowski sont très-estimées 
en Pologne (Courrier de Warsovie). Il vient d'arranger pour le 
violoncelle la Consolation, charmante romance du prince Kasimir 
Lubomirski. Cet artiste écrit sur la musique d'une manière remar- 
quable dans les journaux. 

KARCZMIT ( ), violoncelle de talent, habitait Wilna 

de 4814 à 4817. Il faisait de quatuors avec Escudero et possédait 
un excellent instrument de Stradivarius , acheté depuis par le 
comte Mathieu Wielhorski. Les circonstances de la vie de 
Karczmit ne sont pas connues. 

KARPINSKI (François), poëte adoré en Pologne. Ses chants 
sacrés et ses poésies intimes sont dans la mémoire de tous. Il ex- 
celle surtout dans les poésies pastorales. Ses œuvres complètes 
furent publiées en 181-4 dans l'édition de Wybor Pisarzow Pols- 
kich ( Choix d'auteurs polonais). Un grand nombre de poésies de 
Karpinski furent mises en musique. Poëte du cœur avant tout, il 
peint les sentiments doux admirablement ; ses mazureks, ses kra- 
kowiaks et ses sielanki sont également bien venus aux châteaux 
comme dans les chaumières. L'harmonie de la langue est telle 
que la musique n'ajoute plus rien au charme de ses idylles, dans 
lesquelles Karpinski a fait revivre ïhéocrite. Il traduisit le Psautier 
de David en polonais. Une édition des œuvres de Karpinski fut 
publiée par Dmochowski, en quatre vol. (Warsovie 1806), dans 
laquelle se trouve le poëme des Jardins, de Delille, traduit en vers 
et en prose; Judith, tragédie en cinq actes; Alceste, opéra; la 
fiente (Czynsz), comédie en trois actes; Y Éloge de Jean Sobieski; 
le Voyage à Cracovie et le Retour à la campagne. Amant de la 
nature , Karpinski créa la poésie du village , originale , ayant le 
oachet du pays. Ses chants sacrés sont dans toutes les bouches. 
Ce grand poëte et digne citoyen mourut en 1825, à l'âge de 
quatre-vingt-quatre ans (Dictionnaire des savants polonais, par 
l'abbé Chodyniçki, Annales de la Société royale des amis des sciences, 
tome xx ; Y Histoire de la littérature polonaise, par Bentkowski). 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



303 



& 



PASTORALE SUR LES PAROLES DE KARPINSKI. 

p Lentement. 
— 8 * * —3 J 1— *= * « -è—m —A 



Juz mie-sionc ze szedl psy sie us- pi- ly 



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DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 



K ASIMIR (saint) , patron de la Pologne , canonisé par la bulle 
du pape Clément VIII en 1602. Né en 1458 de Kasimir IV Ja- 
gellon et d'Elisabeth , fille d'Adalbert , roi de Hongrie et de Bo- 
hême. Ce prince pratiqua près du trône toutes les austérités du 
cloître, refusa la couronne de Hongrie, fit vœu de chasteté et 
mourut à la fleur de l'âge, ayant à peine sa vingt-sixième année. 
Enseveli à Wilna, il y resta jusqu'en 4604; mais le grand nombre 
de miracles et de guérisons qui eurent lieu près de son tombeau 
obligèrent le roi de Pologne, Sigismond I , à demander sa canoni- 
sation, qui fut obtenue sous Sigismond III. On ouvrit le cercueil 
du saint en présence du nonce du pape et de Lew Sapieha , qui 
représentait le roi de Pologne. On trouva le corps dans un état 
parfait de conservation ; près du corps était posé le manuscrit con- 
tenant le chant à Marie, que saint Kasimir avait composé, en vers 
latins, quelque temps avant sa mort, sous le titre « Omni die, die 
Marias. » Ce chant, objet de respect et d'admiration des Polonais, 
est en trois parties. (Voyez l'article de Diomèdes Caton.) 

Il fut mis en musique par ce compositeur, et publié chez 
Skalski, à Cracovie, en 1606, avec d'autres chants et litanies du 
même auteur. Le corps du saint fut porté à la cathédrale de Wilna 
en procession solennelle, et placé dans une chapelle qui porte son 
nom. Cette cérémonie eut lieu au milieu d'une affluence prodi- 
gieuse du peuple et de toutes les classes de la société. La fête de 
de saint Kasimir fut fixée au 4 mars, jour de sa mort, en 1484. 
Voici une seconde mélodie pour les paroles polonaises : 

CHANT DE SAINT KASIMIR. 

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TRADUIT EN POLONAIS. 



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DES MUSICIENS POLONAIS. 

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Nous la donnons d'après la notation du Spieivnik de l'abbé 
Mioduszewski, qui a publié la traduction du cbant de saint Kasi- 
mir en polonais. Il existe aussi un chant en l'honneur de saint 
Stanislas attribué à saint Kasimir. La musique en a été composée 
par Diomèdes Caton en 1607. On la chantait tous les ans, le 8 mai, 
chez les Piaristes à Warsovie. C'est une hymne à quatre voix avec 
accompagnement de luth, instrument dont s'accompagnait ce 
compositeur selon l'usage de celte époque. La cérémonie de la 
translation du corps de saint Kasimir fut décrite dans un ouvrage 
intitulé : « Theatrum sancti Casimiri, » et publiée par les soins du 
prince Sapieha; mais la chapelle, où repose son corps, ne fut ter- 

•20 



306 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

minée que sous le règne de Wladislas IV ; on y a placé l'épitaphe 
suivante : 

d. o. M. 

DIVO. CASIMIRO. 

CASIM1RI. JAGIELLONIDE. REGIS. FILIO. 

REGNI. POLONI^E. MAGNIQ. DUCATUS. LITHUANIjE 

PATRONO. TUTELARI. PROPUGNATORI. 

COGNATO PRINCIPI 

SIGISMONDUS III. POLONIAE ET SUECLE. REX. 

SACELLUM HOC 

AETERNUM. PIETATIS. CULTUSQUE SUI. 

MONUMENTUM. 

EREXIT. INSTRUXIT. EXORNAVIT. 

WLADISLAUS IV. 

SACRI. CORP0R1S. ILLATIONE. HONORAVIT. PERFECIT. DEDICAVITQUE. 

A DNI 1636 DIE iA AUGUSTI. 

(Voyez l'Histoire de la Littérature polonaise par Wiszniewski , et la des- 
cription de Wilna par Kraszewski.) 

Un chanoine de Liège et chantre de l'église collégiale de Saint- 
Jean-1'Évangéliste, Gilles Hennins, composa une hymne en l'hon- 
neur de saint Kasimir vers le milieu du dix -septième siècle, 
intitulée : Hymnus S. Casimiri principis , filii régis Poloniœ , etc., 
k et 8 voc., Cologne-sur-le-Rhin , 1620, in-4o. Cette composition 
est citée dans la Biographie universelle de M. Fétis. Une chapelle 
est dédiée à saint Kasimir chez les Visitandines à Warsovie où, 
tous les ans, il y a Odpust (pardon) le jour de sa fête. En 1844, on 
exécuta à l'église des Bernardins, le jour de la fête de saint Sta- 
nislas (8 mai), l'hymne de saint Kasimir, en l'honneur de ce saint, 
avec musique de Diomèdes Gaton, composée en 1607. Cette inté- 
ressante cérémonie doit se renouveler tous les ans le 8 mai. Il 
existe à l'église de Saint-Germain-des-Prés une chapelle sous l'in- 
vocation de saint Kasimir. Cette chapelle a été bâtie par Kasimir, 
roi de Pologne, dernier prince de la famille de Wasa, qui abdiqua 
la couronne, et mourut à Nevers abbé de Saint-Germain-des-Prés, 
en 1668. Une nouvelle chapelle, sous l'invocation de saint Kasimir, 
a été ouverte chez les Sœurs de la Miséricorde, à Paris, rue du 
Petit-Gentilly. 

KAZYNSKI (Mathias), chanteur et artiste dramatique, direc- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 387 

leur de la troupe de Wilna , et propriétaire du théâtre de cette 
ville, commença sa carrière avec Albert Boguslawski sous le 
règne de Stanislas- Auguste Poniatowski, alors que le goût des 
spectacles commençait à se répandre en Pologne. Kazynski possé- 
dait une belle voix de basse -taille, et chantait avec talent le rôle 
de YAxur dans l'opéra de Salieri. Mais, à cette époque, les capi- 
tales du royaume n'offrant pas assez de ressources, les entrepre- 
neurs étaient obligés de faire voyager leurs troupes en province 
pour se tirer d'affaire (1). Dans une de ces excursions, Kazynski, 
après avoir visité les villes de Polotzk, de Witepsk et Mohilew, 
vint à Léopol vers la fin du siècle dernier. Pendant les représen- 
tations qu'il y donna, on vit débuter un jeune polonais dans 
quelques traductions de l'allemand. Ce poète n'était rien moins 
que J.-N. Kaminski, devenu depuis une des illustrations littéraires 
et dramatiques. Quant à Kazynski, il était encore directeur 
en 1811 , selon le Courrier de Lithuanie de cette année ; mais il 
quitta bientôt la scène et fit partie de la Société de bienfaisance 
de Wilna , ne chantant qu'en amateur et prêtant sa salle de spec- 
tacle pour les concerts de charité. Nous trouvons dans le Courrier 
de Lithuanie de cette époque des détails sur une représentation 
fort belle qui eut lieu à Wilna en 1811 au profit des pauvres, 
dans laquelle M me Frank, cantatrice très-distinguée, amateur, 
chanta le rôle à'Angiolina, musique de Salieri. 

En 1812, Mathias Kazynski fut comblé dans tous ses désirs par 
la naissance de son fils Victor, digne héritier de ses talents et de 
son caractère privé, qui, en augmentant la réputation de sa 
famille, devait un jour faire honneur aux artistes polonais. Ma- 
thias Kazynski ne négligea rien pour élever son fils dans les bons 
principes, et n'eut point de peine à lui donner une éducation 
brillante; résidant alors dans la ville de Wilna, célèbre par son 
université, appelée à juste titre la pépinière des artistes, jardin 
enchanté , séjour favori des poètes, entouré des plus jolis sites du 
monde , arrosés par la Wilia , dont les bords fleuris ne pouvaient 
qu'agir efficacement sur l'imagination du jeune Victor. En effet, 

(1) Kazynski donna môme des représentations à Moscou en 1797, et en 
1806 il visita Pétersbourg avec sa troupe de Minsk. 



30« D10TI0NNA1KK BlOOKAl-UlQUE 

la Lithuanie donna le jour à un grand nombre de musiciens et 
de poètes, sans compter une foule de savants, de littérateurs, d'il- 
lustres prélats, guerriers et grands citoyens; elle eut, depuis la 
reine Anna Aldona Gedymin, plusieurs princes Radziwill, deux 
princes Oginski, le comte R. Tyzenhaus, le comte T. Tyszkiewicz, 
la princesse Marie Czetwertynska , le prince Àug. Sulkowski, les 
deux comtes Plater, le Jésuite Lauxmin, l'abbé Kopec, Barto- 
chowicz, Bialy, Reutt, Karczmitt, Renner, Holland, Barbe 
Meyer , Jasinska , Petronnelle Drozdowska , Lopatta , Tarnowski , 
Moniuszko , G. Kraszewski , les deux Kazynski et beaucoup 
d'autres. Un des plus grands poètes de notre siècle , Adam Mic- 
kiewicz, est né à Nowogrodek en Litbuanie. 

KAZYNSKI (Victor), compositeur célèbre pour orchestre et le 
chant, littérateur distingué. Fils de Mathieu, il rehaussa encore 
l'éclat du nom par ses propres qualités. 

Né à Wilna le 18 décembre 1812, il suivit les cours de l'Uni- 
versité de cette ville et reçut le grade de bachelier es lettres, tout 
en travaillant la musique, pour laquelle il avait du goût et l'en- 
thousiasme d'une heureuse organisation. On se rappelle encore 
qu'il conduisait souvent la musique composée de ses condis- 
ciples à l'Université, en habit académique. Après avoir terminé 
ses études, il se livra complètement à l'art musical. La Pologne 
possédait alors, dans la personne de Joseph Elsner, un des meilleurs 
professeurs de composition. Le jeune Victor s'adressa à ce grand 
artiste, qui le prit en amitié et le fit travailler deux ans sous sa 
direction (1837-1839). Nommé chef d'orchestre près le théâtre et 
organiste près de l'église Saint-Jean, il écrivit la musique pour 
un drame intitulé Fenella, qui fut représenté à Wilna, en 1840, 
avec beaucoup de succès. Ce premier essai encouragea le jeune 
compositeur. Il fit jouer le Juif- Errant, dont le sujet lui offrait 
plus de situations dramatiques. Représentée à Wilna en 1842, 
celte pièce produisit une vive impression sur les connaisseurs, et 
les journaux de Wilna et de Warsovie en rendirent un compte 
favorable. Mais le séjour de Wilna ne pouvait plus convenir à 
Victor Kazynski; il lui fallait un théâtre plus vaste; il quitta donc 
la capitale de Lithuanie pour Saint-Pétersbourg. 






DES MUSICIENS POLONAIS. ,WJ 

Arrivé dans cette métropole, il fit exécuter plusieurs composi- 
tions, qui attirèrent sur lui l'attention du monde officiel. Le gé- 
néral Alexis Lvoff, grand amateur et excellent compositeur de 
musique, proposa à V. Kazynski de faire un voyage musical à 
l'étranger en 1844. Ce voyage, qui se présentait sous des auspices 
aussi favorables, a été très-utile à V. Kazynski sous tous les rap- 
ports. Parlant avec facilité plusieurs langues étrangères, il fut 
accueilli partout avec distinction et apprécié par les grands artistes, 
tels que Spontini, Meyerbeer, Reissinger, Tomachek, Lipinski, 
Kittel, F. David et la comtesse Rossi. Ils visitèrent Rerlin, Dresde, 
Leipzig et autres capitales de l'Allemagne, où la musique est 
cultivée à un très-haut point de perfection. De retour à Saint- 
Pétersbourg, Kazynski publia une relation de son intéressant 
voyage sous ce titre : Notatki z podrôzy muzykalnéj po Niemczech 
odbytéj w roku 1844. Pétersbourg, 1845, in-8°, chez Eynerling. 
Cet ouvrage produisit une grande impression dans le monde litté- 
raire et artistique. Plusieurs éditions furent promptement enlevées 
et consolidèrent le talent littéraire de V. Kazynski. En 1845, il 
fut nommé maître de chapelle des théâtres impériaux ; il améliora 
en peu de temps l'orchestre du théâtre d'Alexandre et prouva 
qu'il était aussi bon chef d'orchestre qu'habile compositeur. Cette 
haute position dans la capitale de Russie procura à Kazynski l'oc- 
casion de faire exécuter souvent ses compositions et d'en composer 
de nouvelles, qui sont toujours très-applaudies. Il s'essaya dans 
plusieurs genres, composa beaucoup pour orchestre et piano, 
savoir : Ouvertures, Cantates, Scènes dramatiques, Album de chant 
en cinq livraisons (Spiewnik Polski), Entr' actes pour orchestre, 
Chœurs, dont un des Marins, lequel obtint un succès populaire à 
Saint-Pétersbourg et à Moscou. Un grand nombre de morceaux 
de concert, beaucoup de musique de danse très-en vogue, pu- 
bliée à Saint-Pétersbourg et dans les autres capitales de l'Europe. 
En 1 848, V. Kazynski fit représenter de lui un opéra sous le titre 
Mari et Femme. Mais l'ouvrage qui lui a fait le plus d'honneur, 
c'est son Album, qui renferme de beaux morceaux de chant, entre 
autres un chant religieux (Piesn do Boga) d'un caractère grave et 
un autre d'un genre tout opposé, intitulé : (Piesn starego Hulaki) 



310 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Chant d'un vieux bon vivant . Cet album, composé de cinq livraisons 
de six morceaux chacune, en tout de trente morceaux, place 
Victor Kazynski au rang des meilleurs compositeurs lyriques. La 
publication de cet album fut achevée en 1855. 

Victor Kazynski, remarquable comme compositeur et comme 
littérateur, est d'un caractère très -obligeant pour les artistes; il 
est toujours disposé à leur rendre service. Son cabinet de travail 
à Saint-Pétersbourg mérite aussi qu'on en parle ; il renferme, 
entre autres curiosités, les portraits de toutes les célébrités artis- 
tiques de l'époque, avec des paraphes très-flatteurs pour leur col- 
lègue si distingué, dont les talents et le caractère privé lui valurent 
de nombreux témoignages d'estime et de reconnaissance. 

Les principales compositions de Victor Kazynski, publiées à 
Saint-Pétersbourg, en Allemagne et en France, sont : 

Polonaise brillante et concertante pour piano, en la majeur; 

Deux Nocturnes fantastiques pour piano; 

Salut à l'Allemagne, grand galop ; 

Valeria, grande valse pour piano ; 

Romance russe pour soprano ou ténor avec accompagnement 
de piano et de violoncelle obligé ; 

Barcarolle dramatique pour contre-alto ou mezzo-soprano, avec 
accompagnement de piano ; 

Nocturne pour mezzo-soprano, avec accompagnement de piano, 
avec violoncelle solo ; 

Pièce de concert ; 

Pièce de salon ; 

Rêverie (en la majeur); 

Rêverie (en re bémol) ; 

Rêve après un bal, fantaisie ; 

Grande marche triomphale ; 

La tristesse, mazurek caractéristique ; 

Tarentelle (pièce de salon) ; 

Tyrolienne (en la majeur) ; 

Rondo brillant ; 

Duo concertant, pour violon et piano ; 

Fantaisie brillante, pour piano ; 



DES MUSICIENS POLONAIS. 311 

Nocturne caractéristique ; 

Grandes Fantaisies sur les thèmes russes, n os \ , % 3, 4, 5 et 6 ; 

Pensée fugitive (en re mineur) ; 

Rêverie, dumka malorossyiska, pour piano ; 

La même, pour violoncelle, avec accompagnement de piano; 

La Prière du soir, nocturne en la bémol ; 

La Giocosa; 

Le Scherzo ; 

Impromptu (en la bémol.) 

Outre ces compositions, Victor Kazynski est auteur d'un grand 
nombre de polkas originales gravées (A Vienne, chez H. -F. Mùller; 
à Hambourg, chez Krantz; à Leipzig, chez Breitkopf ; à Paris, 
chez S. Richault). 

Nous trouvons sur le catalogue de Fr. Hofmeister, éditeur de 
musique à Leipzig, les œuvres suivantes : Duo brillant sur Bianca e 
Gualtiero, du général Lvoff ; Souvenir d'Allemagne, de Berlin à 
Dresde; Deux airs russes populaires (Vienne, Mùller) ; Deux chants 
russes en forme de rondeaux (Ibid.); Fantaisie sur un thème 
original {Ibid.); Impromtu, valse mélodieuse (Ibid.); Marche 
romaine (Ibid.) ; Pensée fugitive, n° 4 (Paris, Richault. 

KEISER (Charles), faisait partie de l'orchestre du grand théâtre 
de Warsovie. Mort en 1854 (Courrier de Warsovie). 

KEYCHER (Bartholomé), cives Cracoviensis, musicien de Si- 
gismond-Auguste, de Henri de Valois, d'Etienne Batory et de 
Sigismond III, rois de Pologne. Son mérite est attesté par l'in- 
scription suivante, placée sur son tombeau, dans l'église Saint- 
Michel, à Gracovie, et citée par Simon Starowolski dans les 
Monumenta Sarmatarum. Keycher mourut en 4590. 

KEYCHER BARTHOLOMEO 

« CIVI CRAC0V1ENSI, SERENISSIMORUM POLONIAE REGUM SIG. AUG. HENRICI, 
» STEPIIAN1, SIGISMUNDI III MUSICO, VIRI VIRTUT1S INCREDIBILIS, AC PRAE- 
» C1PUE P1ETATIS IN DEUM , OFFICII IN AMICOS, HUMANITATIS IN OMNES, 
» LIBERALITATIS IN EGENOS, CUl NIL PRIUS FUIT QUAM BENE EXAUD1RE AC 
)> NEM1NI MOLESTUM , PRODESSE QU1BUS POSSET , NULLI NOCERE, JAPHIA 
» SPUATOWNA MAR1T0 DESIDERATISS1\I0 PONI CURAVIT. OBIIT ANNO DNI 
» MDXC IX JANUAR. )) 



312 ' DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

KIÇKER (Christophe), musicien cité par Starowolski dans 
Elog. cent, illustr. Poloniœ Scriptorum, vivait au xvi e siècle en 
Pologne, et fut un des meilleurs organistes de la cour de Sigis- 
mond III, roi de Pologne. Il recevait cent florins de gage par an, 
et deux florins par semaine pour sa nourriture (selon le livre des 
comptes de Jean Firley, trésorier de la couronne en 4590). Kiçker 
étudia la musique à Rome, et passait pour être inventeur d'un 
instrument dont le nom ne nous est point parvenu. 

KIECHER (Bartosz), musicien de la cour de Sigismond III, roi 
de Pologne, vers 1598. Inscrit sur les registres de la ville de Cra- 
covie comme cives Cracoviensis (Ambr. Grabowski, Monuments de 
Cracovie). 

KIENLEN (Jean-Christophe), compositeur, né en Pologne 
sous le règne d'Auguste III, étudia à Posen et fut employé comme 
maître de chapelle du prince Radziwill. Plus tard, il obtint la 
place de directeur de musique du théâtre d'Augsbourg, pour 
lequel il écrivit l'opéra allemand, Claudine de Villabella, en trois 
actes, d'après Gotha. Kienlen a habité Paris, puis il a été nommé 
directeur de musique à la cour de Bavière. Il a fait graver à 
Posen chez Simon, une Symphonie à grand orchestre, une 
Polonaise avec trio pour piano à quatre mains ; chez Trautwein à 
Berlin, deux sonates pour piano seul; à Paris chez Naderman, 
l'air à'Alceste, varié pour piano ; à Paris chez Hentz-Jouve, chan- 
sons allemandes avec accompagnement de piano, en recueils et 
séparées. Leipzig, Munich, Vienne et Berlin. D'après la Gazette 
Musicale de Leipzig, Kienlen fut d'abord maître de chapelle à 
Presbourg. 11 donna en 1816, un opéra à Léolpolstadt, intitulé 
Die Keiserose, puis il composa la musique pour la tragédie de 
Germanicus, en 1818, à Berlin, où il fit représenter Claudine, il 
était alors maître de chapelle à Baden près Vienne. 

CLAUS ou Claws (Nicolas)', vivait sous le règne de Sigis- 
mond III et portait le titre de Fistulator regius (Monuments de 
Cracovie par Ambr. Grabowki). 

KLABON ou Claboni (Christophe) (1), musicien de la chapelle 

(1) Le savant Ambroise Grabowski trouva dans un registre, à Cracovie, 
DuciUaria tinor, que Clabon s'appelait François, étant inscrit ainsi : Fran- 
cisais Clabon S. R. maj. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 313 

du roi de Pologne Etienne Batory, Italien de naissance. Il arriva 
fort jeune en Pologne , et entra d'abord à la chapelle du roi. 
Pendant les fêtes magnifiques données par J. Zamoyski, grand 
chancelier, à l'occasion de son mariage avec Griselde Batory, 
nièce du roi, Klabon exécuta une cantate de sa composition sur 
les paroles latines du grand poëte polonais J. Kochanowski, sur 
la guerre de Russie. 

Après la mort d'Etienne Batory, Klabon entra au service de 
Sigismond III son successeur. Il recevait pour honoraire quinze 
florins par mois (environ 125 florins de Pologne d'aujourd'hui) 
et l'habillement. A la noce de Sigismond III avec l'archiduchesse 
Anne d'Autriche, Klabon chanta devant leurs Majestés en s'ac- 
compagnant sur la lyre ; puis, lorsque, par les ordres de Sigismond, 
on célébrait dans toute la Pologne la prise de Smolensk, Klabon 
fit entendre d'abord à Varsovie, ensuite à Vilna, une pièce com- 
posée pour cette solennité intitulée : Ad Lyram cecinit Christoph. 
Clabonis musicus regius. Sa cantate a été publiée à Cracovie sous 
le titre : Joann. Kochanovii ad Stephanum Batorum, Reg. Pol. 
inclytum. Mosco debellato et Livonia recuperata Epinicion (1), 
1852-1853, chez la veuve Lazare, in-4°. 

KLEGZYNSKI (Jean), violoniste et compositeur, né dans la 
Grande-Pologne, dans la seconde moitié du xvm e siècle, il résidait 
à Vienne depuis le partage de la Pologne. Ses principales compo- 
sitions sont : 

1° Concerto pour violon. Op. I, Léopol ; 

2° Six trios pour violon alto et violoncelle. Op. A, à Vienne, 
chez Kozeluch. 

3° Variations pour deux violons concertants sur un thème alle- 
mand. Op. 5, Vienne, Kozeluch ; 

4° Douze variations sur l'air Mein lieber Augustin, Vienne, 
Artaria ; 

5° Trois duos pour deux violons. Op. 8, Vienne, Haslinger. 
(Biographie universelle par Fétis et Journaux de Pologne). 

KLEGZYNSKI ( ), artiste dramatique et chanteur, 

(1) Elle était composée de soixante-douze strophes de douze vers chacune, 
et contenait l'éloge des seigneurs de la cour. 



314 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

débuta en 1 842 dans Zampa, au grand théâtre de Warsovie, puis 
chanta dans le Maçon en 1848 et dans l'opéra de Stradella. Les 
journaux de Warsovie font un grand éloge de ce chanteur. 

KLEMCZYNSKI (Julien), pianiste compositeur, mort depuis 
quelques années à Paris, était fixé d'abord à Meaux comme pro- 
fesseur, ensuite il vint s'établir dans la grande ville, où les éditeurs 
de musique lui commandaient des arrangements sur les opéras 
en vogue. Le nombre d'ouvrages publiés par Klemczynski est 
considérable , ses principales fantaisies pour piano seul sont : 

Op. 18. Variations sur une romance de Labarre. Polka de 
Robert Bruce, Bouquets, trois quadrilles. 

Op. 55. Romanesca, de la Part du Diable. 

Op. 56. Valse brillante. 

Op. 23. Variations sur un thème des Puritains à quatre mains, 
et plusieurs autres. 

Pour piano et flûte , Trois Duos brillants non moins difficiles : 

1° Sur le Cheval de Bronze', 

2° Sur les Chaperons-Blancs ; 

3° Sur Actéon avec Deneux, Divertissement concertant sur Y Am- 
bassadrice; Ballade et Boléro sur les Diamants de la Couronne. 
Duo brillant sur le Domino noir, Klemczynski seul ; Duo brillant sur 
les motifs de Haydée; Duo dialogué sur la Part du Diable, pour 
piano et violon. 

Op. 14. Sur les Puritains (voir plus haut), à quatre mains. 

Op. 26. Divertissement sur l'Ambassadrice. 

Op. 27. Duo brillant sur le Domino noir, voir plus haut. 

Op. 33. Fantaisie sur le Lac des Fées. 

Op. 40. Duettino sur Zanetta. 

Op. 42. Divertissement brillant, le Vieux Paris. 

Op. 45. Ballade et Boléro sur les Diamants, voir plus haut. 

Op. 50. Trois suites de morceaux, la Straniera, Torquato Tasso, 
et YElisire d'Amore. 

Op. 51. Duettino sur le Duc d'Olone. 

Op. 54. Duo dialogué, voir plus haut. 

Op. 57. Divertissement sur la Sirène. 

Op. 60. Nocturno, concert sur Cendrillon. 






DES MUSICIENS POLONAIS. 315 

Op. 61 . Duettino, concert sur la Barcarolle. 

Op. 64. Duo brillant sur Moïse. 

Op. 66. Duo brillant sur Robert Bruce. 

Op. 71. Duo brillant sur Haydée, voir plus haut. 

Op. 74. Duo brillant sur la part du Diable , voir plus haut. 

KLINGOHR (François), né en 1793, fut professeur de mu- 
sique à Posen. 11 appartient à une famille distinguée dans les arts 
(Biographie universelle) . 

KLONOWSKI (Théophile) , auteur d'un recueil de mélodies à 
deux, trois et quatre voix en usage dans les écoles. Posen, 
1848, in-8°, chez les frères Scherk. 

KLUKO WSKI ( Jacek ) ou Hyacinthe , Staroste de Brzegow, 
Starosta Brzegoivski , propriétaire de la salle de spectacle à Cra- 
covie , dirigea ce théâtre depuis 1 780 pendant bien des années et 
durant les malheurs de la patrie. Ce digne citoyen mourut à 
Cracovie vers 1841. Le gouvernement fit l'acquisition du théâtre 
pour son compte ( Sylphide, journal de Warsovie ) , voyez aussi 
l'Histoire du théâtre de Cracovie , par J. Monczynski (Pamiontka 
z Krakowa), troisième partie. 

KLUGLING (Frédéric-Auguste) , organiste de l'église Saint- 
Pierre et Saint-Paul, à Dantzik, composa des Menuets et des 
Polonaises pour piano, qui furent publiés en 1771 (Wochentliche 
Danziger Anzeigen). 

KNIAZNIN (François-Denys), poëte lyrique et dramatique, 
d'une grande réputation en Pologne. Ses vers sont dans la mé- 
moire de tous, ils sont favorables à la musique. François Kniaznin 
était doué d'un génie souple et varié , il s'exerça en différents 
genres, mais il excella surtout dans les poésies lyriques. On a de 
lui quatre livres d'Odes. Cinq livres de Poésies erotiques, dont plu- 
sieurs sont traduites d'Anacréon et d'Horace. Trois livres de 
Fables et Contes. Un recueil d'Idylles. Les Triples Noces , pas- 
torales. Les Thrènes d'Orphée, poëme en vingt-deux chants. Le 
Ballon, poëme en dix chants. La Mère à sa Fille sur la vertu, 
poëme moral. Le Romarin, poëme lyrique. Deux opéras, la 
Mère Spartiate et les Bohémiens, dont Fr. Mireçki fit la musique 
en 1824. Œuvres d'Homère et le Rapt de Proserpine, de Clau- 



316 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

dien, traduits en polonais. Les Thrènes de Kochanowski, prince 
des poètes polonais, traduits du polonais en latin. Les œuvres de 
Kniaznin ont-été réunies et imprimées à Wilna en 1823. Plus tard, 
en 1828, François de Sales Dmochowski en publia une nouvelle 
édition à Warsovie, augmentée d'un grand nombre de pièces 
inédites, tirées de la bibliothèque du château de Pulawy, appar- 
tenant aux princes Czartoryski , lesquels avaient été protecteurs 
de Kniaznin. Ce célèbre poëte mourut dans les premières années 
du xix e siècle. 

KNUR (Georges) , religieux dominicain, lecteur et prédicateur 
éloquent, vivait au commencement du xvi e siècle et passait pour 
un Organista excellentissimus, qui suo tempore in hac arte parem 
non habuit. Ce digne religieux mourut à Posen ( Voyez l'ouvrage 
du Père Séverin, Lubolmczyk de Vita S. Hiacinthi, Romœ, 1794). 

KOCHANOWSKI (Jean) de Czarnolas, prince des poètes polo- 
nais, né 1530, a perfectionné la langue polonaise et Ta rendue 
susceptible des plus grandes beautés. Homme religieux, versé 
dans les sciences, il fut adoré et vénéré de ses contemporains. Le 
roi Sigismond I er le nomma son secrétaire particulier et l'éleva à la 
dignité de Woyski de Sandomierz. Après avoir fini ses études 
Kochanowski voyagea en Allemagne et fit un long séjour en 
France. Il écrivait avec la même facilité en latin et en polonais. 
Ses poésies sacrées resteront le modèle du genre par la clarté, la 
vivacité et le charme du langage. — Aussi Kochanowski fut sur- 
nommé le Virgile polonais ; il traduisit admirablement le Psautier 
du roi David, avec la plus grande fidélité et une telle perfection que 
personne n'a pu l'égaler de nos jours (1). Cette traduction inspira 
un grand musicien, Nicolas Gomolka, qui mit les cent cinquante 
Psaumes en musique à quatre voix, dont nous avons parlé (voyez 
ce nom). Au nombre de ses œuvres poétiques les meilleures, il 
faut compter : Joli. Kochanovii Elegiarum, libri IV; ejusdem 
Foricœnia, anno 1584. Epinicion ad Stephanum Regem, Crac, 



(1) Imprimé a Cracovie chez M me veuve Lazar, ce Psautier eut plusieurs 
éditions en 1586 et en 1610. Cette admirable traduction faisait les délices de la 
Pologne. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 317 

1583; Aratum Epithalamion in Nuptias Joan. Zamoyscii , 
Crac, 1583. Orpheum Sarmaticum (Conf., Meneh, Dictionnaire 
des savants) . Ce grand poëte s'est essayé aussi dans le genre dra- 
matique ; il écrivit une tragédie intitulée Odprawa posloiv Greckich 
(le Départ des Ambassadeurs grecs). Cette pièce fut jouée à 
Uiazdow près de Warsovie en présence du roi de Pologne , 
Etienne Batory et de la reine Anne, de la famille des Jagellons, 
pour célébrer dignement le mariage de Jean Zamoyski, chancelier 
du royaume et grand général de la couronne (1578). Cette tra- 
gédie, dont le sujet est tiré de la guerre de Troie, manque d'effet 
dramatique et l'auteur dit lui-même qu'il ne l'avait pas destinée 
au public; mais telle qu'elle est, elle mérite l'attention des con- 
naisseurs, vu l'époque où elle a été écrite. Notre Kochanowski a 
précédé de dix ans le célèbre Cervantes, de trente ans le grand 
Sheakspeare et de cinquante ans, Calderon et Corneille! \\ prit 
pour modèle la simplicité d' Eschyle et ne voulut pas tomber dans 
les déclamations de Sénèque. Il avait le projet de traiter le sujet 
d'Alceste pour une autre pièce, mais la mort interrompit sa glo- 
rieuse carrière, Kochanowski mourut à Lublin, le 16 juillet 1613. 
Il avait pour ami le célèbre chancelier Jean Zamoyski, lequel 
obtint pour lui une place dans le Sénat; mais le poëte refusa, 
voulant se livrer tout entier à sa passion pour les lettres. 

KOCHANOWSKA (Françoise) a composé la musique du re- 
marquable chant historique de Casimir I er pour le grand ouvrage 
de J.-U. Niemcewicz, Spieivy historyczne z muzyko i rycinami. 
Warsovie 1818. 

KOGHOWSKI (Vespasien), historien et poëte religieux, Eques 
et tribunus Cracoviensis , publia en 1684 1° un chant sur la déli- 
vrance de Vienne par le roi de Pologne Jean Sobieski ( Dzielo 
Boskie , albo Piésni Wiednia wybaivionego ; 2° Rozanieç Panny 
Maryi, rythment polskim wyrazony, Czenstochowa , 1695, (Ro- 
saire de la sainte Vierge en vers polonais); 3° les Lyriques, poërne 
remarquable par l'inspiration et l'énergie (1674); 4° Y Histoire du 
règne de Jean-Kasimir, 3 vol., Cracovie, 1683. La Passion de 
Xotre-Seigneur Jésus-Christ , et d'autres poésies fugitives , virent 
le jour sous le règne de Jean Sobieski , que notre poëte accom- 



318 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

pagna au siège de Vienne, où il combattit contre les Turcs. 
Vespasien Kochowski fut bon musicien ; son instrument était le 
luth 3 sur lequel il préludait souvent , et auquel il consacra un 
charmant quatrain dans son poëme des Lyriques, p. 250. 

Lutni moja ulubiona 
Lutni wdzieczna zlotostrona ! 
Kto twe cnoly, kto przymioty, 
Kto wychwali dzwienk twoj zloty. 

« luth chéri, instrument a cordes d'or, qui dira tes vertus et tes quali- 
» tés, qui pourra assez vanter ton bieau son?» 

Le portrait de Kochowski a été lithographie, il est placé en tête du 1 er vo- 
1 urne d'Antiquités Polonaises, par Ambroise Grabowski. Cracovie, 1840, chez 
Czech, libraire. 

KOCIPINSKI (Antoine), éditeur de musique à Kamienieç- 
Podolski , est en même temps auteur de plusieurs compositions 
remarquables pour piano , savoir : 

Deux polonaises. Op. 5 ; 

Invitation à la danse ; 

Quatre Mazoures. Op. 8, nouvelle édition ; 

Polonaise et trois Mazoures. Op. 12. {Handbuch der Musikalis- 
chen literatur de 1844 à 1851, bei Fr. Hofmeister in Leipzig). 

KOLAKOWSKI ( André ) , musicien du roi de Pologne, vivait 
au commencement du dix-septième siècle. Inscrit sur les registres 
de la ville de Cracovie comme S. R. maj. tubicem (1608). Monu- 
mens de Cracovie, par Ambr. Grabowski. 

KOLBERG (Oscar), un des bons pianistes de Warsovie. Né en 
1814, dans une petite ville du gouvernement de Radom, il mani- 
festa des dispositions pour la musique dès l'âge le plus tendre, fit 
ses études au lycée de Warsovie, et partit pour Berlin en 1835, 
où il travailla l'harmonie et la composition pendant deux ans sous 
la direction de MM. Rungenhagen et Girscher. De retour à War- 
sovie, M. Kolberg consacra tous ses soins à recueillir des airs po- 
pulaires, genre de musique pour lequel il avait une prédilection 
marquée. Dans ce but, il fit plusieurs voyages, parcourut souvent 
les petites localités , afin de puiser aux sources primitives , et de 
réunir toutes ces recherches musicales et poétiques dans un même 



DES MUSICIENS POLONAIS. 319 

faisceau. Un heureux résultat couronna les efforts de M. Oscar 
Kolberg. Il possède, dit-on, la plus riche collection de chants 
polonais. Depuis 1840 il s'en occupe avec suite et persévérance, 
et on doit le féliciter sur cette belle entreprise qui présente beau- 
coup de difficultés, mais qui porte sa récompense dans des émo- 
tions nobles et douces qu'elle procure pour tout artiste qui aime 
sincèrement son pays et qui considère la musique, non pas comme 
un frivole amusement, mais comme un art sérieux qui élève l'âme 
à Dieu et rend l'homme meilleur. Les airs populaires offraient un 
aliment puissant à son esprit , à ses sentiments et son talent. Les 
airs polonais ont cela de particulier qu'ils font aimer la vie cham- 
pêtre , ils respirent le parfum du pays, ils ont beaucoup de mélan- 
colie, mais ils brillent aussi par la gaieté dans certaines provinces. 
Jusqu'en 1830 il n'existait pas de collection d'airs nationaux polo- 
nais. L'auteur de ce livre fut le premier qui publia à Paris deux 
livraisons contenant quarante chants polonais , nationaux et popu- 
laires, avec traduction française de G. F. Olivier. Depuis cette 
époque, les littérateurs et les musiciens polonais ont doté le pays 
d'excellents recueils avec musique. 

La collection de M. Oscar Kolberg rendra un service éminent à 
cette branche féconde ; le choix d'airs sera plus soigné que dans 
les éditions précédentes. De 1842 à 1845 il en a fait paraître cinq 
livraisons à Posen, qui font bien augurer de cette publication. 

Indépendamment de Pies'ni ludu, cet artiste a publié plusieurs 
œuvres remarquables de sa composition ; entre autres : 

Cinq livraisons de Kuïawiaks, œuvres 2, 5, 6, 12 et 19. 

Deux livraisons de Mazoures, œuvres 8 et 22. 

Deux livres à' Études , dédiées à Chopin , œuvre 20. 

Krakowiqk ou Cracovienne, œuvre 10. 

Une Fantaisie sur l'air national polonais, œuvre 1. 

Une Valse, œuvre 9. 

Il est auteur d'un grand nombre de pièces fugitives, mélodies 
et chansons diverses gravées ou manuscrites. Toutes ces composi- 
tions se distinguent par le cachet national ; elles sont écrites pu- 
rement, et les Kuïawiaks, par lesquels M. Kolberg s'est fait 
connaître avantageusement, ont beaucoup de couleur locale. 



320 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

En 1853, ce maître écrivit un tableau musical intitulé : Le Roi des 
Pasteurs, composition dans le genre biblique, mais qui, par son 
caractère et son expression , se rapproche du genre de l'opérette 
nationale. Exécutée dans une réunion d'amateurs, elle fit plaisir. 
Un autre tableau, sous le titre : Le Retour de Jean, a été joué à 
Warsovic au théâtre des Variétés. L'auteur travaille en ce mo- 
ment à d'autres tableaux du même genre ( Obrazki ) qui pourront 
donner une bonne direction aux compositions dramatiques en Po- 
logne. 

En 1854, Oscar Kolberg publia un morceau de piano dans 
Y Album de cette année. Il apporte un grand soin dans le choix des 
motifs, et aime son art avec toute l'ardeur d'un vrai artiste, réu- 
nissant ainsi de solides connaissances à une rare modestie. 

KOMAN ( Jean ), professeur de musique à Warsovie , avait la 
réputation d'un bon musicien. Mort en 1852. Il a enseigné d'a- 
bord la littérature en Bohême (Courrier de Warsovie). 

K0M0R0WSKA ( comtesse Stéphanie ) , amateur distinguée, 
a fait graver à Mittau plusieurs œuvres pour le piano, entre autres : 

Fantaisie sur un motif de Preciosa de Wéber. 

Mes adieux , andante. Ibid. 

Pensées fugitives. Ibid. (Handbuch der Musikalischen literatur. 
Leipzig, bei Fr. Hofmeister, 1852). 

K0M0R0WSKI (Ignace), compositeur de l'époque actuelle 
pour piano et chant, se fit connaître par plusieurs œuvres de 
mérite, publiées par l'éditeur J. Klukowski et par Spies et comp. 
à Warsovie , ainsi que par Friedlein. Les mélodies de M. Komo- 
rowski respirent le parfum national et sont appréciées partout. 
D'après un article de la Bibliothèque de Warsovie, l'auteur les 
chante lui-même et s'accompagne avec talent. Un chant, intitulé 
Kalina, publié par Friedlein en 1852, avec accompagnement de 
piano, fit sensation ; les paroles en sont de Lenartowicz. Un chant 
de Marie, de Malczewski, vient d'être mis en musique par M. Ko- 
morowski. Il y a solo et chœur. Ce morceau fut chanté par 
M lle Cichorska, au concert donné au profit de la Société de bien- 
faisance, par M lle Malhomme, en 1856 (Journaux polonais). 

K0M0R0WSKI ( ), chanteur du grand théâtre de 



DES MUSICIENS POLONAIS. 321 

Warsovie, débuta en 1837 dans les Noces de Figaro, de Mozart, 
avec M me Halpert et Jasinski. En 1841 il chanta dans le Fripon du 
grand monde avec M lle Dobrzanska et M. Werowski, ainsi que 
dans la Fille de l'avocat. Il faisait partie également du théâtre des 
Variétés, où il chanta dans un mélodrame intitulé la Folle, tra- 
duit parM me Halpert ( Courrier de Warsovie). 

KONARSKA (Pauline), cantatrice, se fit entendre dans un con- 
cert à Warsovie en 1849. Elle chanta un air de Marliani, une 
ariette de Donizzelti, un air de Jeanne d'Arc, de Verdi, et une ma- 
zurek ( Courrier de Warsovie ) . 

KONTSKI (Charles) , descendant d'une illustre famille polo- 
naise, violoniste et compositeur distingué, est né à Cracovie en 
1815. A sept ans il étonnait déjà par son talent précoce sur le 
violon, et son père le fit entendre dans plusieurs villes de Pologne, 
où le petit Charles excita l'admiration générale. Il fut nommé 
membre des Sociétés musicales de Cracovie et de Lublin. En 
1825, Charles Konstki fit ses premiers essais de composition en 
écrivant des polonaises , des mazureks et d'autres morceaux , 
dont la Gazette de Warsovie consigna le succès. Bientôt il ob- 
tint de voyager aux frais du gouvernement avec son frère An- 
toine, pianiste d'un grand talent; ils visitèrent Wilna, Mittau, 
Pétersbourg, Moscou, Vienne, Munich, et arrivèrent à. Paris avec 
toute la famille en 1832. Reçu membre des Sociétés musicales de 
Pest, de Linz, de Munich et de celle des Enfants d'Apollon, à 
Paris, Charles Kontski ne tarda pas à se faire une brillante répu- 
tation en France comme compositeur de quintetti. Ayant com- 
plété ses études de composition à Paris, il écrivit quatre quatuors, 
deux quintettes et un sextuor en peu de temps et montra des qua- 
lités réelles dans ce genre difficile de composition. Son sextuor, 
exécuté en séance publique chez Gouffé, par MM. Guerrau, 
Rignault, Casimir Ney, Charles Lebouc, Gouffé et l'auteur, a pro- 
duit beaucoup d'effet; on y a remarqué de beaux chants, une 
harmonie élégante, une conduite qui rappelle un peu la manière 
d'Onslow. En somme ce beau sextuor promet à la Pologne un 
compositeur très-distingué. 

Les autres compositions de Charles Kontski déjà publiées sont : 

21 



322 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Op. 1. Duo pour piano et violon, parles frères Kontski. 

— 2. Grand duo pour piano et violon, sur des thèmes de 

Schubert, avec M lle Pfeiffer. 

— 3. Trois mélodies originales pour piano. 

— A. Fantaisie pour violon. 

— 5. Variations sur un thème original. 

Charles Kontski est un des bons professeurs de violon de 
Paris. Ses dernières œuvres sont : un quintette pour instruments à 
cordes, et une fantaisie pour piano et violon. Op. 27. 

Son frère, Apollinaire Kontski, connu par son grand talent sur 
le violon, est son élève. 

KONTSKI (Antoine), second frère de la même famille, né 
en 1817 à Cracovie, pianiste-compositeur en renom. Il tient le 
premier rang parmi les plus habiles exécutants de l'époque ac- 
tuelle. Il a le projet de fonder un journal spécial de musique 
à Saint-Pétersbourg. Ce journal, qui doit être rédigé en langue 
polonaise, serait un événement important pour les pays slaves, 
dont les artistes n'ont pas dit leur dernier mot. 

Antoine Kontski entra jeune en lice, après avoir reçu les pre- 
miers éléments de musique de son père. Ses débuts en Allemagne 
et en France furent brillants; il attira l'attention publique sur lui 
par son exécution nette et perlée. Doué d'une bonne organisation 
musicale, il ne tarda pas à se faire un nom à Paris. Il produisit 
chez Erard une vive sensation à son premier concert, dont les 
journaux rendirent un compte favorable. Ayant travaillé ensuite 
la composition et l'orchestration, il acquit plus de style, et 
chercha à pénétrer les secrets des grands maîtres et à donner plus 
de sentiment à son jeu. Ses premières Méditations, dédiées à 
l'illustre Chérubini, dénotent cette tendance. Remarquables par 
les idées et la facture, ces morceaux établirent la réputation 
d'Antoine Kontski. En effet il prouva bientôt qu'il n'était pas 
seulement un pianiste brillant, mais penseur. Son piano, s'inspirant 
des sentiments doux et tendres, acquit plus de charme et de 
cachet. Il écrivit beaucoup et donna bientôt une symphonie à 
grand orchestre, dans laquelle il mit au jour les qualités prépon- 
dérantes qui caractérisaient son talent. Après avoir joué avec Liszt 



DES MUSICIENS POLONAIS. 323 

au concert donné à la mémoire de Berton, Antoine Kontski se 
mit à voyager. Il parcourut l'Espagne, joua à Madrid devant la 
reine avec un grand succès; visita ensuite Séville et Lis- 
bonne, parut en Angleterre, revint à Paris et s'occupa de l'en- 
seignement du piano. Mais le séjour de Paris ne suffisant plus à 
son activité artistique et au désir de faire parler de lui, il quitta la 
capitale de France pour Berlin, Posen, Warsovie, où son talent 
d'exécutant produisit une profonde impression. 

Après avoir parcouru les grandes villes de la Lithuanie, de la 
Wolhynie, de la Podolie et de l'Ukraine, où il fut reçu avec 
enthousiasme, Antoine Kontski se fixa enfin à Saint-Pétersbourg. 
Outre ses symphonies, les deux concertos de piano, l'oratorio, 
messes et ouvertures, il publia les compositions suivantes : 
Œuvre 7. Mazurek favorite . Berlin, Bote et Bock. 

— 8. Saltarello. Berlin, Schlesinger. 

— 20. Variations sur une Marche suédoise. Vienne, Dia- 

belli. 

— 22. Variations sur la Stranièra. Bonn, Simrock. 

— 24. Variations sur les Huguenots. Paris, Brandus. 

— 25. Douze études difficiles, en deux livraisons. Paris. 

— 27. Petite fantaisie sur les motifs de la Stradella, de 

Niedermayer. Milan, Ricordi. 

— 28. Caprice fantastique. Ibid. 

— 29. Variations sur le Perruqider de la Régence. Paris, 

Richault. 

— 31. Valses brillantes (les Résédas). Berlin, Schlesinger. 

— 32. Variations sur la Figurante. Paris, Girod. 

— 34. Fantaisie sur le Planteur. Paris. 

— 35. Fantaisie sur l'opéra la Mantille. Ibid. 

— 36. Valse infernale. Milan, Ricordi. 

— 41. Fantaisie sur le Rrasseur de Preston. Paris, 

— 47. L'Isolement, méditation. Berlin, Schlesinger. 

— 48. Fantaisie sur la Reine d'un Jour. Paris. 

— 49. Les Camélias, quadrille. Ibid. 

— 52. Apparition, pour piano. Leipzig, Br. et Hartel. 

— 53. Le Trillo du Diable, étude. Berlin, Schlesinger. 



&21 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

OEuvre 54. Fantaisie sur les premières fleurs. Paris. 

— 55. Sans espoir, méditation. Berlin, Schlesinger 

— 56. Sur mer, méditation. Munich. 

— 57. Toujours seul. Ibid. 

— 59. Les Nuits de l'Opéra, quadrille. Paris. 

— 60. Grande Fantaisie sur Guido et Ginevra. Paris, 

Brandus. 

6*2. Finale de Lucie. Berlin, Schlesinger. 

63. L'Espagne, n° 1. Leipzig, Hofmeister. 

— 65. La Pologne, n° 2, mazurek. Ibid. 

— 69. Souvenir du château d'Eu, valses brillantes. Paris. 

— 70. Fantaisie sur la Juive. Paris, Brandus. 

— 71 . Deux méditations : Un Soupir, Une Nuit d'été. Berlin, 

Munich. 

— 73. Souvenir de Dieppe, quadrille. Paris. 

— 77. Six polkas nationales. Ibid. 

— 78. Farewell, valse mélancolique. Leipzig, Hofmeister. 

— 79. Fleurs mélodiques, douze études en deux livres. 

Paris, Escudier. 

— 82. Les Etincelantes. 

— 83. Impressions de voyage : Berlin, Leipzig, Munich. 

— 84. La Cerrito, mazurek favorite. Mainz, Schott. 

— 88. Improvisata sur le Désert. Paris, Escudier. 

— 89. La Victorieuse, valse brillante. 

— 90. Scherzo de la deuxième symphonie. Berlin, Stern; 

Leipzig, Hofmeister. 

— 92. La Brise du Soir, mélodie. Mainz, Schott. 

— 93. Le Rameau, méditation. Berlin, Schlesinger. 

— 95. La Garde passe, de Grétry. Berlin, Bote et Bock. 

— 99. Esquisse mélodieuse sur la romance : Rappelle-toi. 

Ibid. 

— 100. Indispensable du Pianiste. Berlin, Guttentag. 

— 101. Grande fantaisie sur la Somnambule. Milan, Ricordi. 

— 103. Fantaisie sur les Due Foscari. Ibid. 

— 108. Le Crépuscule, méditation. Leipzig, Hofmeister. 

— 115. Caprice héroïque. Berlin, Schlesinger. 



LES MUSICIENS POLONAIS. 32.') 

Œuvre 118. Morceau de concert sur la Jérusalem, de Verdi. Ibid. 

— d49. Fantaisie sur Haydée. Paris. 

— 131. La Résignation, méditation. Berlin, Guttentag. 

— 132. Mazurek. Berlin, chez Guttentag. 

— 133. Grande fantaisie sur Attila. Ibid. 

— 134. Fantaisie de concert sur Ernani. Ibid. 

— 135. Les Adieux à Madrid, méditation. Ibid. 

— 136. La Solitude, méditation. Leipzig, Hofmeister. 

— 137. Le Carnaval à Madrid, galop brillant. Ibid. 

— 139. Feuilles volantes, six morceaux. Ibid. 

— 140. Une Pensée, romance sans paroles. Ibid. 

— 141. Souvenir de G..., valse brillante. Ibid. 

— 142. Souvenir de Dantzik, romance sans paroles. Ibid. 

— 143. Marie, mazurek. Ibid. 

— 144. Sophie, mazurek. Ibid. 

— 145. Souvenir de Bukowieç, romance sans paroles. Ibid. 

— 146. Souvenir de Berlin, grande valse. Ibid. 

— 147. La Sensitive, romance sans paroles. Ibid. 

— 148. Airs de ballet de Jérusalem. Milan, Ricordi. 

M. Antoine Kontski, après avoir donné de brillants concerts à 
Saint-Pétersbourg, organisa pour Tannée 1857 des séances pour 
l'exécution de musique classique, qu'il interprète d'une manière 
remarquable. 

KONTSKI (Stanislas), troisième frère des précédents, pianiste 
et compositeur de mérite. Fixé à Paris depuis longtemps , 
M. Stanislas Kontski s'occupe de l'enseignement de son art et 
paraît réussir comme professeur et exécutant. Il a déjà écrit un bon 
nombre de morceaux de piano, dont plusieurs ont. été publiés 
par M. E. Ghaillot éditeur de musique un des meilleurs de Paris, 
qui se plaît à encourager les jeunes talents, et toujours disposé 
à être agréable aux artistes. 

M. Stanislas Kontski a été également dirigé par son père dans 
ses études musicales, il est auteur des œuvres suivantes pour le 
piano : 
Œuvre 1 . Valse en mi bémol dédiée à M. Edmond Blanc. 

— 2. Roses d'hiver, quadrille à M me la comtesse Ostrowska. 



326 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

OEuvre 3. Grandes variations sur les motifs de Clapisson, au 
ménestrel. 

— A. Loin de sa Patrie, nocturne, ibid. 

— 5. Valse en mi bémol chez Chaillot. 

— 6. Marche brillante, ibid. 

— 7. Saltorelle, publiée par Tau teur. 

— 8. Nocturne en si majeur chez Chaillot. 

— 9. La Sentimentale, méditation, ibid. 

— 10. Soirée d'hiver, Mazurek, chez l'auteur. 

— H. Grand caprice en si majeur chez Chaillot. 

— 12. La danse des Papillons, chez l'auteur. 

— 13. Souvenir de Bade, valse en fa majeur 

— 14. Rêverie, dédiée à M me Céline Courtois. 

— 15. Souvenir d'Amiens, grande valse. 

— 16. Grande Sonate, en ut majeur, inédite. 

— 17. Grand Galop, en mi bémol. 

— 18. — en ré bémol. 

— 19. Marche funèbre en la bémol. 

— 20. Mélodie dans le genre d'une Mazurek. 

Cet habile professeur réside à Paris où il se fait entendre 
quelquefois dans les bons concerts. 

KONTSKI (Apollinaire) , quatrième frère des précédents, né 
à Posen en 1826, s'est placé fort jeune au rang des premiers 
violonistes de l'époque. Venu en France vers 1837, il travailla 
d'abord le violon sous la direction de son frère Charles Kontski 
qui lui donna de bons principes et le fit entendre au célèbre 
Paganini. Ce grand maître donna des éloges aux parents et au 
jeune violoniste et son opinion exerça une grande influence sur 
l'avenir musical d'Apollinaire; ses progrès furent rapides, il se 
fit entendre à Paris et parcourut ensuite la France en donnant 
partout de brillants concerts. Depuis quelques années il visite 
les principales capitales de l'Europe. Sa première apparition à 
Warsovie excita un véritable enthousiasme, il se fit entendre 
dans un Concerto de Mendelsohn auquel il ajouta un point 
d'orgue de sa composition , dans une Fantaisie sur Lucie et dans 
une Mazurek composée dans le style du xvn e siècle. Tous ces 



DES MUSICIENS POLONAIS. 327 

morceaux produisirent une profonde impression , tant par le 
beau son que par une manière large de phraser. Dans le Rêve 
d'une jeune file , il toucha jusqu'aux larmes. Tous les feuilleto- 
nistes de Warsovie étaient unanimes sur le beau talent du virtuose 
polonais; c'était un concert complet d'éloges bien mérités. 

Après avoir donné plusieurs concerts à Warsovie et dans les 
principales villes du royaume de Pologne, M. Apollinaire Kontski 
traversa la Lithuanie et s'achemina vers Saint-Pétersbourg, où 
les artistes polonais sont très-bien accueillis. 

Il donna son premier concert au théâtre de Michel le 28 mars 
1851 et l'effet de son violon ne fut pas moindre dans la capitale 
de Russie qu'à Warsovie, à en juger par le compte rendu de 
M. Thadiée Bulharyn, grand connaisseur et excellent écrivain sur la 
musique, qui tient le sceptre du feuilleton musical dans Y Abeille 
du Nord. Dans un de ses articles il s'exprime ainsi sur le talent 
d'Apollinaire Kontski. « J'ai entendu tous les grands violonistes 
» depuis Lafont, Rode, Lipinski, jusqu'à Olebull et Ernst, mais 
» je n'ai point entendu Paganini, non plus que Beriot. D'après le 
» jeu de Kontski je me fais une idée du talent de Paganini , et 
» j'avoue franchement qu'aucun virtuose n'a fait sur moi une 
» aussi forte impression par son exécution merveilleuse et par 
» l'originalité saisissante de ses compositions. » 

Deux autres concerts furent donnés dans la même salle et un 
quatrième dans la salle de la Noblesse ; tous, également remplis 
par la première société de la capitale, consolidèrent la réputation 
d'Apollinaire Kontski dans une ville où l'on avait déjà applaudi 
les talents de Vieuxtemps, d'Artot, de Liszt, de Rubini, de La- 
blache, de M me Viardot-Garcia, etc. Mais les succès de Saint-Péters- 
bourg n'étaient que le prélude de ceux qui attendaient A. Kontski 
dans son voyage à travers la Russie, la Walachie et la Moldavie. 
Il visita successivement Niznyi-Nowgorod , Charkow , Poltaiva, 
Odessa , Jassy et Bukarest. Dans toutes ces villes il donna 
jusqu'à six concerts de suite, reçut partout un accueil cordial, 
et de beaux cadeaux. En mars 1852 Kontski arriva à Moscou, 
précédé d'une grande réputation comme exécutant et compo- 
siteur. Ses morceaux firent fureur dans cette capitale. Le Rêve 



328 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

d'une jeune fille, la Cascade, sa fantaisie sur Lucie, excitèrent 
surtout l'admiration du public, dont les chaleureux applaudis- 
sements électrisèrent le virtuose lui même, Kontski joua tous 
ses morceaux avec une grande perfection , son Pizzi-Arco fit 
merveille, et il fut sublime dans son morceau intitulé : Sloivik 
(le Rossignol). 

Après avoir donné six concerts à Moscou A. Kontski vint à 
Wilna au printemps de 1853. Reçu à bras ouverts dans cette 
ville artistique , Kontski continua ses triomphes , son archet 
magique remuait tous les cœurs, il fit entendre tous ses morceaux 
a effet, de plus, la fameuse Mazurek dans le style du xvn e siècle. 
Inutile de dire qu'il électrisa son auditoire, plein d'enthousiasme 
pour le virtuose polonais, lequel se surpassa au milieu de ses 
compatriotes. Il exécuta admirablement le Carnaval de Venise, 
les Puritains, la Sérénade de Schubert, la jolie Mazurek de la 
Grande-Pologne et le fameux Pizzi-Arco. Le séjour d'Apolli- 
naire Kontski à Wilna devait clore dignement son voyage 
artistique. Il assista le 18 mai à une matinée chez monseigneur 
l'évêque de Wilna Zylinski, dans une ravissante maison de cam- 
pagne aux bords de la Wilia. Là étaient réunis les personnages 
les plus distingués de la capitale de Lithuanie , et le comte 
Eustache Tyszkiewicz offrit à Apollinaire Kontski, au nom de 
ses compatriotes, un tableau représentant la remise de la for- 
teresse de Kamienieç par le commandant turc au général Martin 
Kontski, castellan de Cracovie, désigné par le roi Jean Sobieski 
pour la recevoir. Enfin le 29 mai, le jour de la Fête-Dieu, 
Kontski, après avoir joué à l'Offertoire pendant la Messe de la 
cathédrale , quitta la ville . accompagné par les musiciens de 
l'orchestre auxquels il fit ses adieux à Kierzancé, premier relai 
de poste sur la route de Saint-Pétersbourg. 

Aussitôt après son retour, Kontski reçut le diplôme de premier 
violon-solo de S. M. l'empereur de toutes les Russies. 

Cet artiste , dont le talent grandit tous les jours , semble avoir 
une belle destinée devant lui. Paganini lui avait prédit en 1838 
ses futurs succès en lui donnant le certificat suivant : 

« Avendo inteso l'esecuzione di varii pezzi di musica sul vio- 



DES MUSICIENS POLONAIS. ?,2{) 

» lino dal signor Kontski, giovinetto di undici anni, ed avendolo 
» trovato degno di essere annoverato fra i primi professori con- 
» certisti di taie instrumente» , reputati celebri , mi permette) 
» di dire , che perseverando egli in questa bell'arte col pro- 
» gresso del tempo, superare i sopra accenati artisti. Parigi , 
» 3 maggio 1838, Nicolo Paganini. » 

Un funeste accident a failli retarder sa brillante carrière pen- 
dant quelque temps; mais bientôt rétabli, il se mit à voyager et 
à donner beaucoup de concerts sans oublier les pauvres. La 
Presse française lui a été favorable , quelques feuilletonistes 
trouvaient que Kontski exécutait mieux ses compositions que les 
compositions classiques. U Indépendance Belge surtout contestait 
toute espèce de talent à Kontski pour jouer la musique classique, 
mais l'opinion de Guhr, maître de chapelle à Francfort-sur-le- 
Mein, détruit victorieusement cette assertion. Les journaux d'Alle- 
magne étaient remplis d'excellents articles sur Kontski; celui de 
Guhr, publié dans la Didaskalia du 28 mai 1848, répond à toutes 
les critiques. Avant de quitter la France , Kontski destina une 
somme considérable produite par ses concerts pour la fondation 
d'une salle d'asile à Nantes qui porte son nom. 

Un ancien ministre de Charles X, le comte de Peyronnet, ca- 
ractérisa ainsi le talent de Kontski dans des vers très-spirituels : 

« Quand le chant pur gronde et bouillonne ; 

» Quand l'agile voix tourbillonne 

» Et des sons trompe la lenteur; 

» Quand son arcliet, joyeux ebanteur, 

» Court sur la corde, qui redonne ; 

» Quand, docile a son art menteur, 

» Le bois muet pleure et frissonne, 

» On dirait le diable en personne... 

» Mais non ; ce n'est qu'un enchanteur. » 

Voici le catalogue authentique des compositions d'Apollinaire 
Kontski pour le violon. 

Œuvre 1. Air varié sur un motif du Pirate , dédié à Paganini 
avec accompagnement de piano. 



33(1 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

OEuvre 2. Grande fantaisie sur les motifs de Lucie avec piano et 
orchestre. 

— 3. La Cascade, caprice caractéristique avec accompa- 

gnement de piano ou orchestre. 

— La même pour piano seul , transcrite par Moscheles. 

— 4. Morceau de salon en style de la M azur ek avec piano. 

— La même pour piano seul. 

— 5. h'Echo, caprice pour violon seul. 

— 6. Le Rêve d'une jeune Chrétiennne, yo'ême musical avec 

piano ou orchestre transcrit pour piano seul par 
Moscheles. 

— 7. Souvenir de Léopol (Jean Sobieski) ou Mazoure du 

xvii e siècle avec piano ou orchestre. 
--- . Le même pour piano seul. 

— 8. Souvenir de Posen, Mazoure de la Grande-Pologne 

avec accompagnement de piano. 

Le même pour piano seul, par Ant. Kontski. 

— 9. Diabel-Mazur , dédié atr célèbre J. J. Kraszewski pour 

piano seul. 

— 40. Wanda-Mazur, dédié à sa femme pour piano seul. 

— 11 . Le départ du Chevalier, morceau caractéristique avec 

orchestre . 

Le même pour piano seul. 

— 12. Etienne Batory, poëme dans le style de la Mazurek 

avec orchestre arrangé pour piano seul. 

— 13. Obertas, dédié à M. J. Korzeniowski pour piano seul. 

— 14. Souvenir de Wilna , poëme dans le style delà Ma- 

zurek avec orchestre. 

— Le même transcrit pour piano. 

— 15. U Aurore boréale , rêverie avec accompagnement de 

piano. 

COMPOSITIONS INÉDITES. 

OEuvre 16. Grand morceau de concert sur des motifs de / Puri- 
tani avec orchestre. 

— 17. Grand morceau de concert sur des motifs de Don 

Pasquale, idem. 



DES MUSICIENS POLONAIS. .i.1l 

Œuvre 18. Les Machabés, I re scène dramatique pour orchestre 
avec violon-solo obligé. 

— 19. Le Pénitent, 2 me scène dramatique pour orchestre 

avec violon-solo . 

— 20. Le Pèlerin , 3 me scène dramatique pour orchestre , 

chœur, orgue et violon-solo. 

— 21. Polonaise, dramatique avec orchestre. 

— 22. I er Concerto symphonique en mi mineur avec accom- 

pagnement d'orchestre. 

— 23. Adagio et Rondo en mi majeur avec orchestre. 

— 24. Pizzi-Arco en ré majeur. 

— 25. 2 me Pizzi-Arco en sol majeur. 

— 26. 3 me Pizzi-Arco en la majeur. 

— 27. 4 me PizziArco en sol majeur. 

— 28. Les Rivaux , caprices avec des nouveaux effets pour 

le violon inventés par Fauteur. 

— 29. Hommage à Paganini , adagio appasionato et allegro 

arpegio avec accompagnement d'orchestre. 

— 30. Souvenir de Saint-Pétersbourg , grand morceau de 

concert avec orchestre. 

— 31 . Consuelo, grande scène fantastique avec accompagne- 

ment d'orchestre. 

— 32. Vingt-quatre grandes études avec piano. 

— 33. La Clochette des Nonnes , morceau caractéristique avec 

accompagnement de piano. 

— 34. Le Rossignol , fantaisie avce piano. 

— 35. Réminiscence de ma jeunesse , grande valse avec or- 

chestre. 

— 36. Marche triomphale pour orchestre et musique mili- 

taire. 

— 37. Une pensée céleste , pour monocorde, instrument in- 

venté par l'auteur. 

— 38. La Danse des Sylphes, morceau de concert avec or- 

chestre. 

— 39. Hommage à Chopin, suite des Muzureks pour piano. 

— 40. Mélodies pour chant avec accompagnement de piano. 



332 DICTIONNAIRE MOC-RAPHJQUK 

Le talent d'Apollinaire Kontski a été l'objet de beaucoup d'ar- 
ticles raisonnes, publiés par les journaux français, anglais, alle- 
mands, polonais et russes, d'une brochure de M. Th. Bulharyn 
rédacteur en chef de Y Abeille du Nord et d'une brochure en 
polonais par Jean de Sliwin, publiée à Wilna chez Zawadzki en 
4852 qui résume tout ce qu'on a écrit sur le célèbre virtuose 
polonais. Nous ne pouvons mieux faire qu'en donnant l'extrait 
d'un article belge qui peint bien le genre de talent 'de notre 
violoniste. 

« Nous pouvons affirmer que tout ce qu'on a écrit sur le compte 
» du célèbre violoniste A. Kontski est au-dessous de son mérite. 
» Est-ce Paganini revenu sur terre sous une autre forme, ou 
» l'illustre roi des violonistes a-t-il légué toute la puissance de 
» son génie à Kontski ? Voilà ce qu'on se demandait hier au 
» théâtre en écoutant les accents tour à tour tendres, mélodieux, 
» touchants jusqu'aux larmes, puis tout à coup grimaçant, hur- 
» lant comme la tempête déchaînée dans les arceaux lézardés 
» d'un cloître en ruine. 

» C'est une chose bien difficile que de faire l'éloge d'un pareil 
» homme. Le premier sentiment qu'on éprouve est l'étonnement; 
» on suit cet archet magique avec une attention qui suspend 
» toute réflexion : on écoute, mais on ne juge pas. On n'a pas le 
» temps. 

» Tel est l'artiste que nous avons entendu hier , se jouant de 
» difficultés inouïes avec une facilité, une aisance sans pareille. 
n Après la grande fantaisie sur les Puritains qui a électrisé l'au- 
» ditoire, est venue la Cascade, morceau aussi original que 
» savant sous le rapport des combinaisons harmoniques, un vrai 
» tour de force et d'agilité, puis l'air de Grâce, de Robert, exécuté 
» sur une seule corde, avec ses pleurs, son désespoir, cet accent 
» de vérité qui émeut. Puis enfin le fameux Pizzi-Arco, dont la 
» musique paraît écrite sous la dictée de Satan lui-même. Mais si 
» cela est prodigieux pour nous, qu'est-ce que ce doit être pour 
» ceux qui connaissent toutes les difficultés de l'instrument?... 
» Désirons que toute la ville l'entende et dise comme nous : C'est 
» admirable.» 



DES MUSICIENS POLONAIS. 333 

KOPCZYNSKI (Janus), jeune pianiste amateur, né en 1831 à 
Holudki, propriété de sa famille en Ukraine. Doué d'heureuses 
dispositions pour la musique , M. Kopczynski eut pour premier 
maître de piano, Ignace-Platon-Kozlowski , un des bons profes- 
seurs et compositeurs de la Pologne. Arrivé à Paris, M. Kopczynski 
travailla le piano et la composition sous la direction de Charles- 
Valentin Alkan, célèbre pianiste et compositeur, et fît de rapides 
progrès sous ce maître habile. Bientôt il composa six études pour 
piano dans le style brillant, écrivit trois romances sans paroles, 
un Scherzo et plusieurs Mazureks dont la facture dénote chez le 
jeune Kopczvnski du goût et de bonnes études musicales. 

KOPEÇ (l'abbé N.) de l'église de Saint-Jean à Wilna en Lithua- 
nie, légua neuf mille florins pour la musique de son église et 
pour celle de l'académie de Wilna. Cette fondation date de 1644 
(Voyez 1 J Histoire de Wilna, par Kraszewski). 

KOPITOWSKI (Sébastien), musicien du roi de Pologne, 
vivait en 1627 et s'écrivait : Musicus S. R. Muj. (Monuments de 
Cracovie, par Ambroise Grabowski). 

KOREÇKI (prince Samuel) , guerrier illustre de la maison de 
Korzeç en Volhynie , célèbre par sa valeur indomptable et les 
nombreux combats soutenus contre les Turcs et les Tatars. Le 
prince Samuel connaissait la musique et jouait d'un ancien ins- 
trument polonais appelé Kobza (1). Nous trouvons dans le Tableau 
du règne de Sigismond III, roi de Pologne, par Fr. Siarczynski, 
que ce fameux guerrier, fait prisonnier par les Turcs, consolait ses 
compagnons d'infortune par son talent sur la kobza. Il jouait de 
cet instrument au moment d'entrer à Constantinople. Condamné à 
mort par le Divan, ce guerrier périt victime de son courage. Avec 
sa mort finit son illustre maison ; mais le peuple chanta longtemps 
les hauts faits d'armes du héros, en disant : Il n'y a plus de 
Koreçki). 

« Je iuz Koreçkich niestalo. » 

KORNIAKT (Constantin), seigneur de Zorawicé en Gallicie, 

(1; Kobza ou vieille sorte de cornemuse, instrument à veut avec des chalu- 
meaux. 



fc» ville de Prnwysl du pjlhçp des Kcoaks et des Tatars en 
161&. Déjà toute h populatiou. fenimes. enfants, vieillards, 
avaient fui dans les montagnes pour se soustraire aux torreurE de 
l'invasion de ces barbares, qui Mettant tout le pays à feu, à sang, 
ranliiini, les châteaux voisins et s'avançaient en masse vers la 
ville de Prsemysl après avoir détruit Léopol capitale de la Gallicie. 
rYi *mm. n'osait leur résister lorsque Konùakt arrive avec une 
nfnjj.ni 1 r de braves, hanhe snr lesKcaakSjtue leur colonel, disperse 
ces bandes féroces et semparant d'un drapeau^ courre à la cathé- 
drale pot nnÉm, gi Vc r >an Tout-Puàssant de cette délivrance; mais 
FésJbe étant déserte. Kormakt entonne seul le chant d'actions de 
gsràces, jusqu'à ce que les prêtres et les chanteurs viennent 
à hn pour h exécution d'un Te Demm solennel qui fut 
■ nùneu des IW.nêrinùuns du pcopli' entier actouiu 
de tontes parts \ Tollean dm irçme de Sigûmmi III, par Fr. Siar- 
ezyns- 

IORYÇH Stanislas , facteur din lunniul à Warsovie 

siècle. Selon Laïc Golem- 

un clavecin qui est 

objet de curiosité K Lmd Pûùb, 




EOSŒLSEI v Haines musicien de la cour de Pologne. Il est 



DBS Ml SICISNS POLON US. .tt,"> 

question de lui dans un écrit royal de 1608, en 066 terme*: 
Aulfg nostrœ reyiœ musicuz s civis Craeoviensis (Voyei l'ouvrage 
d'Ambr. Grabowski, intitulé Monuments de la ville de Cracurie). 

K0SM0WSKI ( ), facteur d'orgue* du roi de Pologne 

à Warsovie , vivait au xvm° siècle. 11 fut chargé de cons- 
truire l'orgue pour la chapelle de Sainte-Marie de Czenstochowa 
en 1721. Cet instrument avait coûté 200 ducats (1,000 florins de 
Pologne) {Relation d'un pèlerinage à Ctenstochowa , par Mi Ba- 
linski). 

KOSSOWSKA ( ), cantatrice de la troupe d'Albert 

Hoguslawski, débuta à 'Warsovie au moment de l'occupation prus- 
sienne. On ne connaît rien de la vie de cette cantatrice ( Histoire 
du Théâtre national). 

KOSSOWSKI (Samuel), violoncelliste distingué, né à Ka- 
mieniec-Podolski, jouit de la réputation d'un bon exécutant. Il est 
souvent question de cet artiste dans les journaux polonais de notre 
époque. M. Kossovvski compose d'une manière remarquable. 

KOSTKA (Jean) z Scymbarku fut le héros d'un chant de noces 
avec musique, intitulé : Piésn nowo aczyniona, na wesele Wichnoz- 
nego Pana a pana Jana Kostki Podskarbiego zietn Prushich, Starosty 
Purldego. Ce chant faisait partie du livre des cantiques A<m- 
t;/rzki , imprimé à Cracovie chez L. Andrysowicz en 1856, avec 
musique à quatre voix (Voyez J. Lelewel, Bibliographie polonaise, 
en deux livres). 

KOSTKA (Stanislas), trésorier des terres prussiennes, grand 
protecteur des musiciens, vécut au wr siècle, et mourut en 1002. 
l.e chanteur Ades avait été quelque temps à son service avant 
d'entrer à la chapelle du roi de Pologne Sigismond III. I.e célèbre 
compositeur, chanteur el luthiste Diomèdes («ton fut très-libérale- 
ment traite par Stanislas kostka , qui lui laissa à sa niorl 
10,000 florins de Pologne. Amateur distingué et connaisseur , 
Stanislas kostka entretenait un orchestre nombreux à ses frais; il 
avait, chez lui. de bons chanteurs italiens qu'il protégeait particu- 
lièrement. 

K0STEÇKA ( ), cantatrice distinguée, obtint du 

succès dans le Romantisme, au théâtre des Variétés, cl dans 



336 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

X Horreur du mariage , en 1842, au même théâtre, ainsi que dans 
les mélodrames d'André Listowski. Elle fut applaudie aussi dans 
une pièce intitulée : Etre aimé, jouée au théâtre des Variétés à 
Warsovie. M ,ne Kosteçka mourut en 1847. 

KOTONI (Joseph), musicien, né en Podolie en 1804, excelle 
surtout dans les mélodies tristes et plaintives (les Dumki), qui 
ont un charme particulier pour les oreilles polonaises. Sans avoir 
jamais sérieusement travaillé son art, J. Kotoni puisait ses inspira- 
tions dans la musique du peuple; il composa un grand nombre 
de Mazureks et de Polonaises , et arrangea avec beaucoup d'effet 
l'air des anciennes Légions polonaises. Toutes les compositions de 
Kotoni portent le cachet national (Correspondance particulière). 

K0T0WIÇKI (George-Guillaume), professeur de flûte, né à 
Berlin en 1735 d'une famille polonaise. Après avoir étudié sous la 
direction de Quanz il eut la place de flûtiste à Dessau. On le 
regardait comme un des meilleurs virtuoses sur son instrument 
( Dictionnaire historique). 

KOTULINSKI ( ), compositeur à Warsovie, a fait 

exécuter aux théâtres et aux bals de jolis mazureks à grand 
orchestre (Voyez le Courrier de Warsovie de 1837 et années 
suivantes). Pielgrzym Warszawski (le Pèlerin de Warsovie), a 
publié une mazurek du même auteur, intitulée : Mon Favori. 
Cet artiste dirigeait souvent l'orchestre des bals. 

KOWALEWSKA (Victoire) a composé une valse très-jolie , qui 
fut exécutée par l'orchestre de M. Herman, à Krolikarnia, en 1837. 
Cette valse, intitulée Piekne dni maïa (Beaux jours de mai), a 
paru chez Sennewald ( Courrier de Warsovie). 

KOSZYÇKI (Stanislas), musicien de Cracovie, vivait au com- 
mencement du xvn e siècle, et faisait partie de la confrérie musi- 
cale en 1605. Les membres de cette confrérie prenaient le titre 
de Seniores Fraternitatis Musicorum Cracov. Elle était composée de 
maîtres et de frères (magistri seu fratres) . Stanislas Koszyçki avait 
un grade supérieur, avec Jacques von Enden et Jean Kurowski 
(Monuments de la ville de Cracovie, par Antoine Grabowski). 

KOZIERADZKA (Emilie), bonne cantatrice, élève de l'École 
de chant, morte en 1847 à Warsovie. 



DBS HOSICIBNS FOLONAB. 337 

KOZLOWSKI ^Joseph), compositeur polonais, dont le nom. 
souvent mal écrit , fut rétabli enfin dans la Biographie univer- 
selle des Musiciens, par F. J. Fetis. est ne à \Yarso\ie en IToT. Dès 
son enfonce il fut attache à la chapelle de l'église cathédrale de 
Saint-Jean , dans la capitale de Pologne, et montra de bonne 
heure de grandes dispositions pour la musique. 11 avait à peine 
dix-huit ans lorsqu'il fut demande comme maître de musique par 
le seigneur palatin de Troki, André Oginski. qui lui confie son 
fils, le jeune Miehel-Cleophas Oginski. devenu depuis célèbre par 
ses Polonaises et ses Romances (Voyei ce nom\ Quelque temps 
après, Kozlowski. ayant fait un voyage en Russie, entra au service 
militaire et fut attache comme aide de camp au prince Polgo- 
rouky à l'époque de la guerre contre les Turcs. 

Le prince Potemkin. alors tout-puissant à la cour de l'impératrice 
Catherine 11, fut frappe de l'air prévenant de Joseph Kozlowski, 
du charme de sa voix, de son talent et de l'intérêt qu'il inspirait 
à tous ceux qui le connaissaient. 

Il l'attacha à son service et l'emmena à Petersbourg. C'est de 
cette époque que date la célébrité que Kozlowski s'est acquise 
comme compositeur et comme directeur de musique. Une fête 
splendide ayant ete organisée pour la bovine dans le palais de la 
Tauride. l'orchestre, composé de quatre cents musiciens, dirigé 
par Kozlowski. exécuta une polonaise avec ehonirs de ce maître, 
expressément écrite pour cette occasion. A la mort de Potemkin 
Kozlowski fut nomme directeur général des théâtres impériaux. 
Cette place le fixa tout à fait en Russie; il l'occupa pendant 
trente-cinq ans sous l'impératrice Catherine, et depuis, sous l'em- 
pereur Paul !•* et l'empereur Alexandre 1 er , jusqu'en 1821. lue 
attaque d'apoplexie, qui. sans le priver de la vie. affaiblit infiniment 
ses facultés morales et physiques, le força à se retirer du service. 
En le quittant . il conserva une pension viagère de la cour et le 
grade de conseiller d'État. Fn 1821 et 1822 il fit un voyage en 
Pologne, et depuis 1821 il vivait très-retiré à Petersbourg. lors- 
qu'il mourut le 27 février L834 dans un âge avancé. 

Kozlowski, étant charge de surveiller les orchestres des théâtres, 
ne pouvait manquer de se trouver présent à la cour toutes les fois 



N> 



338 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

qu'il y avait bal, concert ou représentation au théâtre impérial de 
l'Ermitage. Les devoirs de sa place ne lui laissaient guère le temps 
de se livrer à ses inspirations et de travailler dans l'intérêt de l'art. 
Il était doué cependant d'une grande facilité pour la composition, 
comme le prouve le nombre prodigieux de polonaises qu'il a 
écrites pour les concerts de la cour ; on en compte près de six 
cents à grand orchestre. On lui doit aussi les chœurs de la tragédie 
de Fingal et beaucoup de chansons sur des vers russes de Dzier- 
zawin, poëte renommé. Mais le chef-d'œuvre de Kozlowski est 
sans contredit le Requiem (1) qu'il composa à la demande du der- 
nier roi de Pologne Stanislas-Auguste Poniatowski, peu de temps 
avant sa mort, arrivée à Saint-Pétersbourg en 1798. Ce Requiem a 
été exécuté pour la première fois aux obsèques de ce prince in- 
fortuné ; les artistes étrangers les plus distingués y ont concouru ; 
les chœurs furent conduits par Kozlowski lui-même, et l'ensemble 
de l'exécution fut digne de la grandeur du sujet et du talent du 
compositeur, dont le patriotisme rendait ainsi les derniers devoirs 
à son roi mort à l'étranger. Cette Messe a été imprimée en parti- 
tion à Leipzig, chez Breitkopf et Hartel; elle est souvent exécutée 
en Pologne et en Russie. D'autres compositions de Kozlowski ont 
paru à Berlin, chez Lischke : ce sont huit Polonaises, arrangées 
pour piano. A Prague, on a gravé de lui, en 1797, six Polonaises 
à grand orchestre et un Recueil de Polonaises pour piano. Une 
grande partie de ses ouvrages à orchestre est restée en ma- 
nuscrits. 

KOZLOWSKI (Ignace-Platon), né en Podolie en 1786, est un 
des bons professeurs et compositeurs polonais. Il travailla le 
piano avec le célèbre J. Field pendant le séjour de ce dernier à 
Saint-Pétersbourg, et vint ensuite professer son instrument en 
Ukraine et en Podolie. 11 visita Warsovie, où il écrivit un opéra 
intitulé Marylla, qui devait être représenté au grand théâtre. Mais 
son ouvrage remarquable, qu'il publia à Warsovie, est une mé- 
thode de piano, Szkola na Fortepian, qui renferme d'excellents 
aperçus sur l'enseignement pratique. M. Kozlowski exige surtout 

(i) Missapro defunctis, f. 4. Singstimmen. M. Orch. Part. Leipzig, Br. et 
Hartel. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 339 

de ses élèves un jeu doux et moelleux et ces nuances délicates 
que l'illustre Chopin savait rendre sur le piano avec tant de bon- 
heur. Parmi les compositions de M. Kozlowski nous citerons un 
Recueil de Mélodies sur les paroles polonaises, qui le firent sur- 
nommer le Rossignol de l'Ukraine ; une rêverie, Duma o Ko- 
sinskim, poésie de Bohdan Zaleski; plusieurs Polonaises et son 
Opéra, dont Y Ouverture a été publiée pour piano à Odessa. 

Pour terminer, nous dirons que M. Kozlowski, ayant amassé une 
fortune considérable à Moscou et à Pétersbourg, forma le projet 
de fonder un conservatoire de musique à Winniça, ville du district 
de la Podolie. Déjà on voyait s'élever les murs de cet établisse- 
ment, qui devait réaliser les espérances de son auteur, lorsque des 
obstacles imprévus, en arrêtant les constructions, forcèrentM. Koz- 
lowski à renoncer à son projet de doter la Pologne d'une bonne 
école de musique de plus. Découragé, il alla à Odessa, où il sé- 
journa quelque temps. Il quitta ensuite cette ville pour se livrer 
à l'enseignement de la musique au fond d'une province {Corres- 
pondance particulière). 

KOZOLT ( ), professeur de musique au séminaire de 

Posen vers 1838. Il se fit connaître comme compositeur en met- 
tant en musique six chants religieux de Wroblewski. Cet artiste 
est auteur de deux autres mélodies, écrites en bon style, intitulées : 
A mon Étoile et Le bon jour, paroles de Zielinski {Tygodnik 
Literaçki, 1838). 

KRAHL ou KRALL (Antoine), facteur de piano à Warsovie, 
avait pour associé Joseph Seidler, et fabriquait d'excellents instru- 
ments, à l'instar des pianos de Streicher, de Vienne, mais avec le 
mécanisme des pianos anglais et de ceux de Pleyel et d'Erard, de 
Paris. Les ateliers de MM. Krall et Seidler étaient situés, en 1842, 
au faubourg de Cracovie, n° 391 . Le célèbre pianiste Liszt joua, 
pendant son séjour Warsovie, sur les pianos de Krall et Seidler, 
et témoigna sa satisfaction dans une lettre très-flatteuse pour les 
facteurs. La manufacture de ces facteurs paraît être organisée 
sur une grande échelle. 

Un artiste de ce nom était professeur de piano au Conser- 
vatoire de Warsovie en 1829. 



340 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

KRAHL (K. F.), professeur de musique à Warsowie, cité par 
les journaux polonais. Plusieurs morceaux de piano parurent sous 
ce nom, à Berlin, chez Simon, savoir : 
Op. 5. Huit variations (Joh Un Liederlich). 

— 6. Neuf variations sur une mazurek favorite. 

— 17. Variations sur Schône Minka. 

Une œuvre de contredanse fut offerte par M. Krahl pour être 
vendue au profit de l'Association des artistes musiciens. 

KRAIEWSKI (Ant.), auteur d'une valse et d'une mazurek, pu- 
bliée 1829, à Warsovie, chez Klukowski (Journaux de Pologne). 

KRAINSKI (Christophe), né en 1556, prêcha la religion réfor- 
mée à Lublin, à Luszczow et à Opole. Nommé surintendant de 
trois districts dans la petite Pologne de Bielsk, Wolyn et Kiioiv, 
il publia son catéchisme ou livre de prières avec chants sacrés, 
sous le titre : Katechizm z naukami i piesniami i modlitivami, in-8° 
1604. Krainski mourut en 1618 et laissa un grand nombre d'ou- 
vrages religieux. ( Voy. Ephraïm Oloffs, PolnncheLieder-Geschichte, 
lequel ajoute que Krainski montra un grand zèle dans les disputes 
théologiques). Il voulut maintenir l'ancien usage de chanter en 
polonais dans les églises, usage qui depuis la Réformation avait 
contre lui la majorité du clergé catholique. Or, l'Eglise romaine 
avait peu de chants en langue polonaise autorisés par le Pape, et 
selon YOrdo romanus de officiis divinis, aucune autre langue ne 
pouvait être employée pendant les offices. Les chants sacrés , 
Piesni nabozne , ou Kantyczki, prirent leur nom de Kancyoncdy 
ou Kancyonaliki (Recueils de cantiques), qui vient de Cantate 
Domino, on ne pouvait les chanter qu'en dehors des offices 
d'après le rit romain. Krainski contestait aussi l'authencité de 
Boya-Rodziça de saint Adalbert; mais ses doutes ne s'appuient 
sur aucune preuve. La bibliothèque du comte Raczynski, àPosen, 
possède un exemplaire de la Postilla de Krainski. 

KRALL (J.-P.) dirigea la musique en 1842 à l'église des Pères 
Carmélites déchaussés à Warsovie. A cette occasion, le père 
Antoine Kaszewski remercia les artistes ainsi que M. Krall (par 
une lettre adressée au Courrier de Warsovie) , de leur concours 
obligeant pour l'exécution de plusieurs morceaux de musique 



DF.S H081CIINS POLONAIS. 311 

religieuse. Cette solennité se termina par un Vint Creator. En 
1850, M. Krall dirigea la messe de Hummel en mi bémol aux 
Augustins. 

KRASIÇKI (Ignace),princeévêque deWarsovie, puis archevêque 
de Gne'sne, comte de Siczin, gloire des lettres polonaises, excellent 
poëte et grand prosateur, fut un des plus illustres littérateurs du 
xviii siècle , sa vie appartient à la littérature, et ses vers, qui font 
les délices des Polonais, sont répandus dans toutes les classes 
de la société. Ils se distinguent par le goût, l'inspiration et la 
facilité. Parmi ses poésies détachées, mélange en prose et envers, 
plusieurs furent mises en musique. Les œuvres de Krasiçki ont 
été recueillies et publiées en dix volumes, par Dmochowski en 
1803. Les fables et les satires furent réimprimées plusieurs fois 
et traduites en français ainsi que la Mycheide, poëme héroï- 
comique sur les rats et les souris , qui, au rapport de l'évêque 
Kadlubek, mangèrent le roi Popiel. M. Dubois l'a traduit en 
français. Un poëme épique en douze chants, La Guerre de Chocime. 
renferme de beaux vers. Une invocation à l'amour de la Patrie 
tirée de ce poëme , fut mise en musique par l'auteur de ce livre 
et traduite en français par L. Lemaître. Une magnifique édition 
des œuvres complètes de Krasiçki parut à Paris en un volume 
vers 1830 grâce à la munificence de la comtesse Malachowska et 
aux soins de deux littérateurs polonais distingués, MM. L. Chodzko 
et M. Podczaszynski, lesquels en surveillèrent la publication chez 
le libraire Barbezat. 

KRASIÇKI (Comte François) fut un des fondateurs de la 
Société musicale de Warsovie sous l'administration prussienne en 
1805, avec MM. Masqua, premier ober-fiscal, le conseiller d'admi- 
nistration, Hoffmann , censeur, Kirstein, quartier-maître du régi- 
ment, le major Lessel , commissaire pour les membres d'honneur. 

Les membres du Comité, au nombre de cinq, signèrent l'acte 
constitutif avec cent vingt personnes représentant la Société. Les 
statuts et les règlements furent votés le 31 mai 1805. Etablie sur 
des bases larges, cette Société musicale eut un commencement 
d'existence, mais les événements politiques survenus ayant dis- 
persé beaucoup de membres actifs, causèrent un grand préjudice 



.'H2 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

à ses travaux. Les renseignements nous manquent sur le comte 
Krasicki; quant aux autres membres du Comité cités plus haut, ils 
ont fait insérer dans la Gazette Musicale de Leipzig, ( AUgemeine 
Musikalische Zeitung) dans les n os 2 et 3 de 1805, les statuts de 
cette Société in extenso en langue allemande. 

Ces statuts ont trop d'étendue pour être donnés ici, mais ils 
ont un mérite comme pièces historiques pour les travaux de l'art 
en général. Un des membres du Comité, Ernest Théodore Hoff- 
mann (voy. ce nom), compositeur, poëte, auteur et peintre 
célèbre, habita la Pologne, s'y maria et ajouta à l'éclat de la 
Société musicale par ses écrits. Victime de l'inconstance du sort, 
Hoffmann ne put donner suite à ses travaux en musique pendant 
son séjour à Warsovie. Cependant il avait composé un opéra- 
comique sous le titre de Chanoine de Milan, établi une Aca- 
démie de chant qu'il dirigeait lui-même et projetait d'écrire des 
Messes pour des couvents polonais. Son petit opéra Die lustigen 
musikanten (les Musiciens joyeux), avait été représenté avec 
succès à Warsovie. Surpris par les événements qui l'obligèrent à 
s'éloigner précipitamment de la capitale de la Pologne, Hoffmann 
et Mosqua durent abandonner la Société musicale, qui se recon- 
stitua et se transforma avec l'élément plus national en une école 
de chant sous le règne de S. M. le roi de Saxe comme grand-duc 
de Warsovie. Reprise plus tard par J. Elsner, soutenue par les 
efforts de la comtesse Zamoyska, cette Société, organisée d'abord 
comme société d'amateurs, se transforma en dernier lieu en con~ 
servatoire de Warsovie. 

KRASKA ( ), musicien polonais, vivait à Warsovie 

sous le règne de Stanislas -Auguste Poniatowski. Il fut très-ré- 
pandu dans la haute société ; il portait l'ancien costume polonais 
avec le sabre au côté. Les grands seigneurs l'envoyaient chercher 
en carrosse pour venir donner ses leçons (Lud Polski, tome in , 
page 212). 

KRASINSKI ( ), connu sous le nom de Miller, flû- 

tiste distingué, né en Pologne, père de M me Gardel de l'Opéra, a 
écrit la musique de Télémaque, ballet-pantomime , et de Psyché, 
idem. 11 est auteur d'un morceau pour trois flûtes que les Aile- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 343 

mands estiment beaucoup ( Dictionnaire historique et journaux 
polonais) . 

KRASZEWSKI (Gaétan), pianiste-compositeur, frère de notre 
illustre littérateur de ce nom, publia, en 1849, des mélodies pour 
chant avec accompagnement de piano. Une d'elles est intitulée 
Aime-moi {Courrier de Warsovie). 

KRATZER (François-Xavier) , directeur de musique de la ca- 
thédrale de Cracovie en 1791, fonda une école de chant sous la 
protection de l'abbé V. Sierakowski, d'où sont sortis plusieurs 
artistes de talent, entre autres J.-N. Szczurowski , Valentin 
Kratzer et son frère aîné Kasimir, qui fut plus tard directeur de 
musique d'église dans sa ville natale ( Voyez l'ouvrage de Golem- 
biowski, intitulé Lud Polski, tome m, page 251, qui cite un mu- 
sicien du nom de Golombek, comme ayant écrit pour l'Église 
sous le règne de Stanislas- Auguste Poniatovvski). Les détails 
manquent sur la vie de François-Xavier Kratzer , qui fut un mu- 
sicien habile, et dont les fils occupent une place distinguée parmi 
les artistes et compositeurs de Pologne. 

KRATZER (Kasimir), fils aîné de Valentin Kratzer , né à Cra- 
covie, travailla la musique à l'école fondée par son père. Comme 
tous les membres de cette famille , Kasimir Kratzer fut bon musi- 
cien , et remplit la place de directeur de la musique de la cathé- 
drale de Cracovie. Les détails manquent sur la vie et les travaux 
de cet artiste distingué. 

KRATZER (Valentin ), professeur et compositeur de talent à 
Warsovie, deuxième fils du précédent, enseignait le chant à l'Uni- 
versité en 1830, fut attaché à l'Opéra de Warsovie, publia plu- 
sieurs compositions et dirigea les chœurs de Robert-le- Diable en 
1837, dont l'apparition excita un grand enthousiasme dans la ca- 
pitale de Pologne. Monté avec les plus grands soins sous la direc- 
tion de Charles Karpinski, traduit en polonais par Kudlicz, chanté 
par nos premiers artistes, tels que M mes Rywaçka et Rivoli, 
MM. Dobrski, Zylinski, Markowski et Szczuroivski,\e chef-d'œuvre 
de l'illustre Meyerbeer fit une époque dans les fastes de l'Opéra 
polonais. Valentin Kratzer donna en cette occasion des preuves 



34t DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

d'une grande habileté en faisant travailler les morceaux d'en- 
semble et les chœurs de cette magnifique partition. 

KRAYCEWICZ (Jean), chef de musique du régiment des Kra- 
kuses polonais, habita Bourges pendant quelques années, et 
dirigea avec Kurek la musique militaire, composée d'artistes et 
amateurs polonais. Kraycewicz avait la réputation d'un excellent 
musicien. Il jouait de la trompette à piston et arrangeait très-bien 
les morceaux pour les instruments à vent. Les personnes qui 
avaient entendu, dans son temps, la musique de Bourges m'ont 
affirmé qu'elle exécutait avec beaucoup d'ensemble et une grande 
justesse des marches polonaises, des ouvertures et des morceaux 
très-difficiles. 1833 et 1834 {Correspondance particulière). 

KREMBER G ( Jacques ) , chanteur, poète et compositeur, né à 
Warsovie vers le milieu du xvn e siècle. Séjourna quelque temps 
en Allemagne, puis fut attaché à la chapelle du roi de Suède; 
ensuite il se rendit à Dresde, où il fit partie de la chapelle de l'élec- 
teur. Ayant écrit une espèce d'opéra, intitulé Fngland's Glory, 
pour la fête de la reine Anne, il alla à Londres vers 1704 pour 
faire représenter son ouvrage, dont le succès le fixa à Londres, où 
il fut attaché à la musique de la cour. Il est auteur aussi d'un ou- 
vrage qui a pour titre : Musikalische gemuthscrgotzung , a voce sola, 
e basso contin. oder auch mit der laute , Angelica, viola di gamba 
und cithara. (Divertissement musical, à voix seule et basse conti- 
tinne, ou pour le luth, l'Angélique, la basse de viole ou la cithare. 
Dresde , 1689.) Voyez l'article de Walther dans le Musihalisches 
Lexicon , et celui de M. Fétis dans la Biographie universelle des 
musiciens. 

KREPEL (Balthasar), cité par Ambr. Grabowski comme mu- 
sicien au service des deux rois de Pologne Jean Casimir IV et 
Michel Korybut. Prœclcris animi et ingenii dotibus, et in arfe 
musica scientia insignis. (Voyez Skarbniczha naszej archeologji, 
page 98, édition de Leipzig, 1854, publiée par J.-N. Bobrowicz). 

KROGULSKI (Michel), père, compositeur religieux de mérite. 
Sa Messe n° 1 fut chantée souvent à l'église des Piaristes, dont l'or- 
chestre et les chœurs étaient dirigés par Joseph Krogulski fils, 
mort en 1842. (Voyez le Courrier de Warsovie de 1837 et les 



DES MUSICIENS POLONAIS. 3tS 

années suivantes. ) La Messe n° 2 de Michel Krogulski est remar- 
quable ; cette Messe est fort bien chantée à Warsovie : elle est 
avec le texte polonais. Cet artiste est auteur d'une Prière, 
publiée séparément, d'un Benedictus , d'un Offertoire et d'un 
Graduale. Il avait mis en musique le Psaume 142 et le Psaume 
Ad te levavi\\o\\v la voix de basse. Il composa aussi un Ave Maria 
et un grand nombre de motets. 

On chante souvent son Noël (Kolenda) qui est populaire. Sa 
Messe nouvelle, exécutée chez les Piaristes, paraît être écrite dans 
un bon style religieux. 

KROGULSKI (Joseph), fds du précédent, pianiste et compo- 
siteur de musique religieuse, élève de Joseph Elsner, mourut fort 
jeune en 184.2 à l'âge de vingt-sept ans. Regretté généralement à 
Warsovie par ses compatriotes, Joseph Krogulski, s'était con- 
cilié l'estime et l'affection des Piaristes, dont il fut maître de 
chapelle et compositeur préféré. Aussi Mgr Kotowski, premier 
prélat de la capitale de Pologne célébra ses obsèques en personne 
et accompagna le corps de Joseph Krogulski à sa dernière de- 
meure au cimetière de Powonzki. Là, dans un discours touchant, 
il rendit justice aux vertus et aux talents du défunt. Le Requiem 
de Kozlowski fut exécuté à cette occasion par les artistes et 
amateurs réunis ainsi qu'un Psaume du compositeur Dobrzynski. 
Pendant sa courte, mais laborieuse carrière musicale, Joseph 
Krogulski a écrit dix Messes et un grand nombre de morceaux 
religieux détachés. Son style n'est pas très-sévère, mais les voix 
sont bien disposées et ses compositions sont écrites dans un bon 
sentiment religieux, il composait ses Messes sur le texte polonais 
et ce n'est pas le moindre titre de gloire de la langue polonaise, 
que le privilège, qui lui avait été accordé par le Saint-Siège, 
d'être une des langues autorisées pour chanter les offices divins. 
Les Messes de Joseph Krogulski étaient du reste très-bien exé- 
cutées dans l'église des Piaristes, où il avait des chœurs nombreux 
et un bon orchestre, composé d'amateurs et artistes, dirigé par 
le compositeur lui-même. Chaque dimanche on pouvait entendre 
chez les Piaristes une Messe en musique bien exécutée. Les 
femmes pouvant chanter dans les églises à Warsovie et dans 



346 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

toute la Pologne , le timbre de leurs voix donnait un grand 
charme à l'exécution musicale, en offrant aux compositeurs des 
ressources vocales dont on est privé à Paris. Les Messes de Joseph 
Krogulski sont pour la plupart à quatre voix, excepté la Messe n° 1 
qui est à deux voix avec accompagnement d'orgue. Elle a paru 
dans un recueil intitulé : Zbior spieivoiv koscielnych, dédié au 
recteur des Piaristes. La Messe n° 3 est à trois voix avec le texte 
polonais exécutée chez les Piaristes pour la fête de la sainte 
Vierge en 1837. La Messe n° 7 fut exécutée dans la même année 
et dirigée par le compositeur après son retour de Cracovie. Les 
Messes portant les n oS 8 (1) et 9 étaient très-souvent chantées, le 
n° 9 est avec accompagnement d'orgue, de trompettes et timbales. 
La Messe n° 10 est une messe pastorale , exécutée en janvier 1842. 
Outre ces Messes, J. Krogulski est auteur d'une Cantate pour la 
naissance de la sainte Vierge, du Psaume 132, d'une Hymne 
« Au nom du Père et du Fils , » d'une Hymne du matin pour 
quatuor. Son dernier ouvrage est un Oratorio pour le Vendredi- 
Saint. Un grand nombre de ces compositions parurent à War- 
sovie chez les principaux éditeurs de musique. J. Krogulski fut 
professeur de chant, au pensionnat des Sœurs de la Miséricorde. 
Un service pour le repos de son âme a été célébré à l'église de 
Saint-Casimir le il mars 1842. Son œuvre I, Labella Cracoviana 
avec variations, et son Quatuor op. 2 ont été publiées à Leipzig 
chez Hofmeister. 

J. Krogulski avait mis en musique plusieurs Psaumes et 
Hymnes, il est auteur d'une Cantate en l'honneur de S. J. Ka- 
lasanty, fondateur des Piaristes, exécutée pour la première fois 
en 1840 chez les Piaristes sous sa direction. En 1835 il fit en- 
tendre une composition intitulée la Caravane pour voix-solos, 
avec chœur et orchestre , exécutée dans le local de la Ressource 
marchande, elle produisit de l'effet. J. Krogulski laissa plusieurs 
compositions instrumentales et pour piano, entre autres une Sonate 
dédiée à Kurpinski, un Quatuor œuvre 8 exécutée à la Res- 
source. Spiew ou chant avec accompagnement de piano dédié à 

(1) La Messe n° 8 existe avec le texte polonais. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 4" 

M"* Hermann, chez Senne waM à Warsovie. Vffymne (Au nom 
du Père) ainsi qu'une Cantate à la Vierge, furent chantés à 
l'église des Piaristes en 18-il. Joseph Krogulski est auteur aussi 
d'un Requiem, écrit quelque temps avant sa mort. En 1843. 
M. J. Wisiçki publia une brochure contenant une appréciation 
des compositions religieuses de Krogulski et nous trouvons dans 
le cimetière de Powonzki des détails intéressants sur ce jeune 
compositeur enlevé prématurément à l'art musical. 

KROLIKOWSKI | Joseph-François J , littérateur polonais . 
auteur d'un ouvrage très- estime sur la prosodie de la langue 
polonaise : Prozodya polska , ezyli o spietcntjsti i miarach jen- 
zyka polskiego z przyhladami w notach muzycznych. Posen , 18il . 
Nommé professeur de langue et de littérature polonaises à Posen. 
ce digue citoyen rendit des services à la prosodie musicale et 
mourut à Warsovie en 1839 après avoir écrit un grand nombre 
d'ouvrages [Cimetière de Poiconzki). 

KROLIKOWSKA (Louise) , jeune pianiste . née en France 
des parents polonais . travailla le piano sous la direction de 
M. Sowinski. M lle Krolikowska possède une exécution brillante 
et iuterprète bien la musique classique. Ayant obtenu ses di- 
plômes d'institutrice . elle donne des leçons de littérature et de 
musique. 

KROMER Martin . evèque de Varmie . savant historien et 
homme d'État, un des plus grands hommes que la Pologne ait 
produits. Ne à Biecz près de Craeovie en 1519 . sa vie appartient 
aux savants. Il est auteur d'un petit ouvrage sur la musique 
publié en latin à l'usage des églises sous le titre : De concentibus 
musices quos chorales appeilamus. Kronier est mort en 1*>8V> à l'âge 
de soixante-dix-sept ans. On cite de lui. un autre ouvrage sur la 
musique, intitule : Musica figvrata, chez Victor, en 1534, avec 
l'ouvrage de Sébastien de Felsztym intitule : Opusctdum tnusicir 
noviter compilatum. Ce savant évèque apprit la musique à Biee/ . 
sa ville uatale . du maître d'école attache à l'église paroissiale . 
qui atteignait le plain-ehant aux enfants de chœur. 

KROMER i Jean ' fut le neuvième directeur de musique de 
la chapelle des Sigismonds à la cathédrale de Craeovie instituée 



348 DICTIONNAIRE BIOfiRAPHIQUK 

pour faire chanter des Messes en musique (Borate) . Jean Kromer 
dirigea cette chapelle jusqu'en 1630 [Lud polski , tom. m , 
pag. 210.) 

KROSNOWSKA (Marie-Louise, comtesse, née HERVÉ), 
épouse du lieutenant colonel comte Adolphe Krosnowski, est une 
des dames amateurs les plus distiguées de Paris. La comtesse 
Krosnowska, douée d'une heureuse organisation pour la musique, 
cultive le piano, le chant et la harpe. Elle exécute surtout les au- 
teurs classiques avec beaucoup de goût et se fait quelquefois 
entendre chez elle devant l'élite de la société parisienne. La com- 
tesse Krosnowska eut pour maître d'accompagnement M. Vidal, 
excellent violoniste, un des meilleurs professeurs de Paris. Elle 
travailla la harpe avec le célèbre Labarre. 

KRUSZYNSKI (Jean-Pomian), poëte lyrique remarquable, a 
rendu des services à la littérature polonaise par des traductions 
de mérite; on lui doit celle de Ivirtuosi ambulanti, de Fioravanti, 
dont l'admirable musique se chante en polonais sans rien changer, 
tant la traduction est exacte et bien faite. Kruszynski a traduit 
plusieurs opéras français et italiens, la tragédie d'Athalie, de 
Racine, et plusieurs tragédies d'Alfieri et de Voltaire, ainsi que 
Y Ode à Dieu, de Karamzin, poëte russe ; mais son chef-d'œuvre 
est la traduction de Y Ode à la Musique, de Pope. 

Kruszynski, versé dans la littérature, membre de la Société 
royale des Amis des sciences de Warsovie, bibliothécaire à Pulavy 
d'abord, puis chef de la direction des théâtres de Warsovie, passait 
pour un littérateur des plus instruits. Il connaissait un grand 
nombre de langues, parlait le latin, l'italien, le français, l'anglais, 
l'allemand et le russe. Il est à regretter que Kruszynski n'ait em- 
ployé son imagination poétique à plus d'œuvres originales. Né en 
1773, ce grand poëte mourut à Warsovie le 29 septembre 1845, 
à soixante-douze ans. 

KRZESINSKI (Jean), ex-artiste dramatique, compositeur po- 
lonais, offrit deux Messes en partition, avec offertoires et graduels 
pour la nouvelle église de Saint-Charles-Borromée, fondée à 
Warsovie par M me la comtesse Malachowska, née princesse San- 
guszko. Cette dame protégeait beaucoup les lettres et les arts à 



DES MUSICIENS POLONAIS. 349 

Paris jusqu'à sa mort, arrivée en 1842. Dans un article de la Ga- 
zette musicale de Leipzig, inséré dans le n° 50 de 1812, page 817, 
il est question du ténor Krzesinski, qui faisait partie de l'ancienne 
troupe dramatique de Warsovie. 

KRZYZANOWSKI ( ), professeur de musique et clarine- 

tiste à Cracovie, faisait partie de l'orchestere du théâtre vers 1 821 
et tirait un beau son de son instrument. On jouait alors les opéras 
d'Elsner et de Ch. Kurpinski, compositeurs polonais très-appréciés 
dans l'ancienne capitale de Pologne. 

KRZYZANOWSKI (Ignace), pianiste, né à Cracovie. Il séjourna 
quelque temps à Paris et travailla le piano sous la direction d'Al- 
bert Sowinski. En 1850 cet artiste fit un voyage à Warsovie, où il 
publia quatre mazureks pour piano, op. 2, annoncées par le Cour- 
rier de Warsovie et recommandées par Ig. F. Dobrzynski, ainsi 
qu'un nocturne, op. 3, gravé à Milan chezRicordi. 

KUBELKO (J.), chef d'orchestre de bals à Warsovie. Il a orga- 
nisé son orchestre à l'instar de celui de Musard, de Paris, et a 
parmi ses musiciens d'excellents violonistes et de bons instruments 
à vent. Dans la belle saison, l'orchestre de Kubelko exécute des 
ouvertures dans les jardins publics et autres lieux de promenade. 
Kubelko compose et arrange lui-même ses mazureks, ses valses et 
ses ouvertures. 

KUBLIÇKI (Stanislas), auteur d'un opéra intitulé : La défense 
de Trembowla, ou le Courage héroïque de madame Chrzanoivska 
contre les Turcs. 

KUCZ (Charles), auteur dramatique, poëte et littérateur, ré- 
dacteur en chef du Courrier de Warsovie, est en même temps un 
grand amateur de l'art musical. Toujours prêt à rendre service 
aux artistes et à leur faciliter les moyens de se faire connaître, 
M. Kucz enrichit la littérature nationale de plusieurs pièces jouées 
avec succès sur les théâtres de Warsovie. Il est auteur de char- 
mantes poésies, remarquables par la grâce et le sentiment, très- 
favorables à la musique. Aussi les meilleurs musiciens polonais, 
tels que le prince Kasimir Lubomirski, Joseph Stefani, Joseph 
Nowakowski, Ignace Komorovvski, Stalypin, doivent leurs inspi- 
rations aux jolies paroles de M. Charles Kucz. Ses vaudevilles 



350 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

offrent souvent des situations piquantes aux musiciens ; il dispose 
bien ses vers pour la mélodie, connaît bien le génie de la langue 
polonaise et écrit avec facilité. Tous les artistes doivent de la re- 
connaissance à M. Kucz pour le soin qu'il met à défendre leurs 
intérêts dans son journal. En cela il suit les bonnes traditions de 
son illustre prédécesseur L. A. Dmuszewski, enlevé il y a quelques 
années aux arts et à la littérature polonaise. La mort de ce digne 
citoyen fut une grande perte pour le monde artistique de War- 
sovie ; il aimait à rendre service et donnait beaucoup aux pauvres. 
Heureux le pays où il se trouve dans les arts des hommes aussi 
remarquables par leurs talents qu'honorables par leur caractère 
privé ! Charles Kucz est auteur d'Essais poétiques publiés à War- 
sovie en 1840, in-12; d'une comédie en vers en un acte, avec 
chants, ibid., 1840. 

KUCZYNSKI ( ), chanteur dramatique du théâtre de 

Wilna. Il contribua beaucoup à l'exécution de l'oratorio de la 
Création, dans lequel chantait M me Frank, amateur distingué, 
pour qui le célèbre Haydn écrivit, à Vienne, le rôle de l'ange Ga- 
briel (Voyez ce nom et la Gazette de Posen de 1809, n°28). 

KUCZYNSKI (A.), compositeur de l'époque actuelle, a fait 
graver à Leipzig, chez Hofmeister, et à Berlin, chez Esslinger, son 
œuvre première intitulée : Polka- Caprice pour piano (Handbuch 
der Musikalischen Literatur) . 

KUDELSKI (C.-M.), compositeur pour instruments à cordes, 
fit publier à Berlin les ouvrages suivants : 

Concertino pour violon , avec accompagnement d'orchestre ou 
de quatuors, op. 2 ; 

Grand Duo concertant sur des thèmes de Bellini, pour violon et 
violoncelle , chez Trautwein , à Berlin. Der kleine Savoyard fur 
eine singstimme (le Petit Savoy ard),pour voix seule, avec accom- 
pagnement de piano, Breslau, chez Cari Kranz. 

KUDLIGZ (Bonaventure) , artiste dramatique, professeur de 
chant et régisseur des théâtres à Warsovie, né à Pleszow, le 
12 juillet 1780. Après avoir terminé ses études, il se voua à la 
carrière des arts et débuta, en 1801 , dans la troupe de Bogus- 
Iawski , directeur du théâtre de Warsovie. Il montra beaucoup 



DES MUSICIENS POLONAIS. 351 

d'aptitude et fut très-applaudi dans la Vie d'un Joueur, drame 
qui attirait du monde alors dans la capitale de la Pologne, et 
"dans Y Avare, de Molière. Non content de ces premiers succès, il 
se mita traduire des pièces et donna, en peu de temps, les 
Machabées, le Revenant , le Rival de son Serviteur , et plusieurs 
autres. En 1815, il fut nommé professeur à l'École de déclama- 
tion et au Conservatoire de musique. En 1824, il eut la place de 
régisseur des théâtres qu'il remplit avec un grand zèle jusqu'au 
moment de sa retraite en 1841. Ce digne artiste mérita la recon- 
naissance publique par quarante années de travaux pour la scène 
polonaise; il était très-estimé dans sa vie privée, forma d'excel- 
lents élèves; entre autres, Albert Piasecki, J.-J. Jasinski, Aloïse 
Zolkowski, talents aimés du public et qui font honneur au pays et 
à leur professeur. Kudlicz , après avoir contracté un second ma- 
riage, en 1844, avec M'ie Balbine Rostkowska, mourut à Warsovie, 
en 1848, à l'âge de soixante-huit ans. Il possédait une bonne voix 
de basse-taille et excellait dans les rôles bouffes. Le Requiem 
de Mozart fut exécuté à son service funèbre. (Journaux polonais 
et le Cimetière de Powonzki). 

KUNTZEL (Jean). Polonais de naissance, faisait partie, d'après 
Walther, de la chapelle du roi de Pologne, Frédéric-Auguste II, et 
fut bon musicien (Voyez l'Almanach de la Cour de Dresde. 
Der Dresdenische Hof-und-Staats-Calender). 

KUREK ( ), chef d'orchestre, flûtiste distingué, dirigea 
la musique au dépôt de Bourges, en 1833 et 1834. Elle était 
composée d'artistes et amateurs polonais, très-habiles, et pouvait 
rivaliser pour l'ensemble, la justesse et la précision, avec les 
meilleures musiques militaires. Voici quelle était sa composition : 
MM. Kurek. flûte solo. 

Kraycewicz (Jean) cornet à piston. 

Okotowicz (Auguste) petite clarinette solo. 

Pilecki (Paulin) 1" clarinette solo. 

Sokolowski ( Jean ) l re clarinette. 

Ziemianski (François) 2 e clarinette. 

Dobkiewicz Idem. 

Kochanowski (Louis) 3 e clarinette. 



3o2 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Dombrowski (Pierre) 3 e clarinette. 

Marcinowski (Adam) petite clarinette. 

Gonsiorowski (Pierre) petite flûte. 

Chaniewski (Thomas) l re flûte. 

Eygierd (Lucien). . Idem. 

Starzynski (Jacques) 2 e flûte. 

Michniewicz (Joseph) Idem. 

Jarzembski (Jean) 3 e flûte. 

Tokarzewski (Grégoire). .... I er basson. 

Michalowski (Jean) 2 e basson. 

Jaholkoski Idem. 

Roszczewski (Jean) 1 er ophicléide. 

Just , 2 e ophicléide. 

Fiedorowicz (Constantin). . . . ophicléide alto. 

Pisaneçki (Antoine). ...... 1 er cors. 

Kowalewski (Joseph) 2 e cors. 

Orlinski (Pierre) 3 e cors. 

Karczewski (Albert) 4 e cors. 

Plotniçki (Charles) 5 e cors. 

Szafranski (Szczepan) bugle solo. 

Chrzanowski (Vincent l re trompette. 

Ostrowski (Félix) 2 e trompette. 

Rymowicz (Ignace) trombonne ténor. 

Olkuszewski (Pierre) trombonne basse. 

Paszkowski (Etienne) timballes. 

Jasinski (Casimir) grosse caisse. 

Nous devons à l'obligeance extrême de M. Etienne Oczosalski, 
correspondant du département du Cher, en résidence à Bourges, 
la communication de cette liste qui paraît être authentique. Elle 
est d'ailleurs certifiée par un membre de l'orchestre, témoin 
oculaire, M. Pierre Gonsiorowski. 

KURÛWSK1 (Jean), organiste à la cour de Sigismond III, roi 
de Pologne, avait la réputation d'un habile musicien et recevait 
(selon le livre des comptes de Jean Firley, trésorier royal en 1590), 
100 florins de gages par an et 2 florins par semaine pour sa nour- 
riture (Voyez Fr. Siarczynski. Tableau du siècle de Sigismond III). 



DES MUSICIENS POLONAIS. 353 

Selon le savant Ambroise Grabowski , les musiciens de cette épo- 
que avaient leur conseil des anciens. Jean Kurowski faisait partie 
du comité de « Seniores Fraternitatis musicorum Cracov., » avec 
Jacobus von Enden, Stanislas Koszyçki, et Barthol, trompette. 
Sous le règne de Wladislas IV (1642), on établit une confrérie 
(Braçtwo) Contubernium musicorum, qui avait ses statuts. Elle était 
composée de magistri et de juniori magistri seu fratres (Starego 
Krakoiva Zabytki, par Ambroise Grabowski). 

KURPINSKI (Martin), un des bons professeurs de la Grande- 
Pologne, cité par L. Golembiowski (Lud Polski, tom. III, 251), 
eut pour fils Charles Kurpinski, célèbre compositeur polonais, 
qui fait le sujet de l'article suivant. Martin Kurpinski, marié à 
M clle Wanska, de la famille des musiciens de ce nom, avait la 
place d'organiste à l'église de Wloszakowicé, propriété du prince 
François Sulkowski. Comme il passait pour un bon professeur de 
musique dans la contrée, on lui envoyait beaucoup d'élèves des 
environs. Le village de Wloszakowicé, en allemand Luschwitz, 
situé dans le grand-duché de Posen, district deWschowa est donc 
la patrie d'un célèbre compositeur après avoir servi de résidence 
à son père (Kronika Wiadomosci Kraiowych). 

KURPINSKI (Charles), célèbre compositeur polonais, créateur 
de l'Opéra national avec Kamienski et Elsner , admiré et apprécié 
par ses compatriotes. Il parcourut une carrière brillante, et rendit 
dans l'espace de trente ans de grands services à la scène polonaise. 
Moins connu en France, très-estimé en Allemagne, Charles Kur- 
pinski brille d'un vif éclat en Pologne où il n'a point été surpassé. 

Né en 1785 à Wloszakowicé, dans le grand-duché de Posen, il 
reçut les premiers éléments de musique de son père Martin Kur- 
pinski, professeur de mérite, organiste de la paroisse de son vil- 
lage. Destiné à suivre la carrière de son père, le jeune Charles 
travaillait l'orgue et apprenait à chanter au lutrin, lorsque l'arrivée 
de deux de ses oncles maternels, Roch et Jean Wanski, changea 
la destinée du jeune artiste. Jean Wanski était un habile violo- 
niste et compositeur distingué. Son frère, Roch Wanski, jouait 
très-bien du violoncelle. Ces deux artistes firent entendre à leur 
neveu de la bonne musique instrumentale dont l'effet fut décisif 

23 



354 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

sur le jeune Charles. Depuis ce moment, il ne rêvait plus que 
l'orchestre, se sentant ainsi poussé vers sa véritable destinée. Son 
orgue n'avait plus d'attrait pour lui, il quitta donc la maison pater- 
nelle et partit avec son oncle Roch Wanski pour la Gallicie. Ce 
dernier ayant sa place comme violoncelliste chez le staroste Félix 
Polanowski, fit entrer le jeune Charles Kurpinski, en qualité de 
second violon. Devenu membre actif d'un excellent orchestre, 
notre artiste se forma en peu de temps, il s'habitua à l'ensemble; il 
eut l'occasion d'entendre quelquefois l'opéra à Léopol, travailla la 
composition et fit de rapides progrès en étudiant la partition de 
la Création et celle de Don Juan. 

En 1804, Charles Kurpinski eut l'occasion de diriger un opéra, 
c'était chez l'échanson Czaçki où l'on représenta le Barbier de 
Séville,de Paisiello.La mort de son oncle, Roch Wanski, qui veil- 
lait sur lui comme un second père, lui fit quitter la Gallicie,. il partit 
pour Warsovie , où nous le voyons nommé bientôt second chef 
d'orchestre de l'Opéra polonais avec Joseph Elsner, sous l'admi- 
nistration d'Albert Boguslawski. 

Charles Kurpinski ne tarda pas à attirer sur lui l'attention du 
public; ses premières compositions furent reçues favorablement, 
il s'appliqua à surveiller les répétitions des ouvrages nouveaux, et il 
rendit service aux artistes en obtenant plus d'ensemble dans l'exé- 
cution. Il fut secondé par la commission royale pour le choix des 
pièces et les bonnes traductions. Il était chargé aussi de faire 
travailler les chœurs et lorsque Boguslawski s'absentait avec une 
partie de la troupe pour donner des représentations à Kalisz, à 
Posen, à Dantzik, Kurpinski dirigeait le spectacle à Warsovie. 

Les membres de la direction ou de la commission de surveillance 
étaient alors MM. Adamczewski, Szczurowski, le comte Alexandre 
Chodkiewicz, Fréd. Bacciarelli et Balinski, secrétaire du ministère 
de l'Intérieur. Le gouvernement donnait 36,000 florins de subven- 
tions. S. M. le roi de Saxe, grand protecteur des arts, encourageait 
l'Opéra national et assistait souvent aux représentations. 

C'est à cette époque que Charles Kurpinski commença sa car- 
rière de compositeur dramatique; jusque-là, on ignore l'emploi 
de ses premières années, excepté le temps qu'il a passé chez le 



DES MUSICIENS POLONAIS- 355 

prince Fr. Sulkowski, chez le staroste Polanowski, chez le baron 
Rastawieçki. D'après les biographes polonais, Kurpinski se serait 
formé lui-même, et il ne serait redevable qu'à son travail de ses con- 
naissances en composition. Familiarisé avec l'orchestre, il acquit 
de bonne heure l'expérience si nécessaire de savoir bien écrire ses 
accompagnements. Le tact, le goût et le bon jugement qu'il fit voir 
dans la suite dans l'instrumentation de ses opéras lui valurent 
d'éclatants succès. Il travailla la théorie , étudia l'ancienne mu- 
sique, devint excellent harmoniste et littérateur , s'essaya dans le 
style d'église, écrivit pour tous les instruments et composa un 
grand nombre de cantates et de pièces de circonstance. Il reçut 
en 1819 une médaille d'or à son effigie, avec cette inscription : 
Za piekne twory Harmonii (pour les belles créations d'harmonie). 
Cette médaille lui fut offerte par les artistes et amateurs réunis 
après le succès de plusieurs de ses opéras. Nommé maître de cha- 
pelle de la cour de Warsovie par l'empereur Alexandre ; décoré de 
l'ordre de Saint-Stanislas, Kurpinski conduisait l'orchestre pen- 
dant les fêtes de Warsovie en présence de la cour. Son or- 
chestre fut excellent, les musiciens avaient une grande confiance 
en leur directeur, ils ne refusaient jamais à se rendre à l'appel de 
Kurpinski. Il fit débuter sa femme, née Sophie Brzozka dans le 
Freyschutz de Wéber et publia en 1820 et 1821 un journal hebdo- 
madaire de musique intitulé Tygodnik Muzyczny en collaboration 
avec J. D. Minasowicz et autres littérateurs musiciens. Ce recueil 
renferme d'excellents articles historiques sur la musique en Po- 
logne, il est à regretter qu'il n'ait pu être continué plus longtemps. 
Charles Kurpinski y fit preuve d'un talent d'écrivain peu commun, 
et prouva qu'il connaissait bien la littérature musicale polonaise. 
Il composa la musique pour les chants sacrés pour voix et orgue 
en langue polonaise, intitulé : Piesni Nabozne J. D. Minasoiuicza, 
do spiewania przy organie podlug komp. K. Kurpinskiego , Jako 
uzupelnienia piesni Aloizego Felinskiego do Mszy S. po raz pierwszy 
ka nzytkowi Rzymsko katolickiego Chrzescijanstwa iv Polsce. R. P. 
1825 drukiem ogloszone. I tak spieivane naprzodw kosciolach P. P. 
kanoniczek, i u XX. Pïarow Warszawskich. Charles Kurpinski 
composa alors pour les églises de Warsovie plusieurs messes qui 



350 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

sont chantées souvent, quelques-unes écrites sur le texte polonais. 
1 fit vers 1823 un voyage à l'étranger pour étudier les progrès de 
l' art dramatique chez les autres peuples, il parcourut l'Allemagne, 
l'Italie et vint à Paris. 11 prit des arrangements avec les éditeurs 
de Leipzig pour la publication de ses principales compositions. A 
son retour à Warsovie, il devint premier directeur de l'orchestre 
de l'Opéra, composa pour M me Meyer (Voyez ce nom), un air de 
début qui eut du succès, mais qui était écrit dans le style de Ros- 
sini, tandis que ses opéras, déjà représentés, avaient le cachet na- 
tional et pouvaient constituer une école. 

Son premier opéra, le Palais de Lucifer, eut un grand retentis- 
sement; il fut donné en 1811, du temps du grand-duché de War- 
sovie. S. M. le roi de Saxe a fait traduire les paroles en italien. 
Marcinowa (la femme Martin au sérail) en deux actes, jouée en 1 812, 
suivie des Ruines de Babylone, en trois actes. En 181-1, Kurpinski 
écrivit le Charlatan, paroles d'Aloise Zolkowski, opéra bouffe en 
deux actes, publié à Warsovie; la Faveur de l'Empereur (Laska 
Imperatora), et Hedtvige, paroles deNiemcewicz, qui fut reçue avec 
enthousiasme; de plus une scène lyrique intitulée : Agar au désert. 
En 18l5, il fit représenter, Alexandre chez Apelles, en un acte; 
les Deux Chaumières et le Siège de Dantzik. En 1816, on joua les 
A'rakoviens, en deux actes ; Dziadek, en un acte, paroles d'Osinski; 
Mala Szkola Ojcoiv, en un acte, paroles de Dmuszewski. Hero et 
Leander, scène lyrique. En 1817, ce maître écrivit Kochanoivski ,en 
deux actes, paroles de Niemcewicz. En 1818, Czaromysl, paroles 
d'Aloïse Zolkowski. En 1819,1e Château de Czorsztyn, paroles du 
comte Joseph Krasinski. En 1820, Kurpinski composa et fit repré- 
senter Kalmora, opéra en deux actes, paroles de K. Brodzinski, 
qui obtint un grand succès. D'autres pièces furent jouées encore 
avec musique de ce maître, savoir : le Forestier; A'asimir le 
Grand, pièce à grand spectacle mêlée de musique ; Batterie servie 
par un seul soldat, iSil '^Nasze przebiegi, opéra comique. Son 
dernier grand opéra est Cécile de Piaseczno publié à Warsovie. 

Zbignieiv, tragédie lyrique avec chœurs, 1819. Le Bourgeois gen- 
tilhomme, ballet. Therpsichore sur la Yistule, Ma?'s et Flore, etc. 

Indépendamment de ce riche répertoire du théâtre, KurpinsVi 



DES MUSICIENS POLONAIS. 357 

composa la musique pour une Elégie sur la mort de Kosciuszko, 
poésie de Cantorbery Tymowski. Il fit paraître chez Breitkopf et 
Haertel, à Leipzig : 

Symphonie à grand orchestre, op. 15; 

Une Fantaisie pour piaoo, ibid ; 

Une autre Fantaisie pour piano, op. 10 ; 

Une F ugne pour piano , sans introduction , dans laquelle il fait 
entrer le thème à la partie supérieure. Cette fugue est bien con- 
duite , la péroraison en est vive et à effet , elle finit par une pro- 
gression piquante ; 

Une collection de quatorze Polonaises pour piano, op. 11 ; 

Trois Polonaises, op. 4; 

Une Polonaise à grand orchestre, Warsovic, chczBrzezina; 

Un Nocturne pour cor, alto et basson, op. 16; 

Un Paysage musical, un Pot-Pourri pour cor et basson, op. 18, 
Ibid; 

Six Variations pour piano, Warsovie ; 

Une Cantate pour l'inauguration de la statue de Kopernik à 
Warsovie, le 11 niai 1830, à quatre voix et orchestre; 

Un Te Deum , composé pour le sacre de l'empereur Nicolas , 
exécuté à la cathédrale de "Warsovie , en 1829, sous la direction 
de l'auteur; 

Une Cantate, pour la fête de l'empereur, exécutée en 1837. 

Dans la même année , Kurpinski surveilla la mise en scène et 
l'exécution de Robcrt-le- Diable, qui fut très-bien monté à War- 
sovie. En 1841, Kurpinski obtint sa retraite après trente ans de 
service. La représentation de retraite eut lieu dans la salle du 
concert. Les artistes de deux théâtres réunis, au nombre décent 
soixante-sept, exécutèrent une Cantate de J. Stefani, directeur du 
ballet, professeur à l'École de chant et lui offrirent une bague 
avec cette inscription ; Les artistes de l'Opéra, reconnaissants, à 
leur maître. Des larmes d'attendrissement coulèrent des yeux de 
Kurpinski; l'assemblé^ partagea son émotion , qui fut générale et 
bien sentie. 

Charles Kurpinski remplissait, au moment de sa retraite, la 
place de directeur de chant à l'Ecole royale; il était en outre 



358 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

directeur de Forchestre de l'Opéra. Auteur d'un grand nombre 
d'ouvrages, jouissant d'une solide réputation en Pologne et en 
Allemagne, justifiée par d'éclatants succès, il se retirait dans la 
force de l'âge, entouré de l'estime de ses compatriotes, aimé et 
regretté des artistes. 

Membre de la Société royale des Amis des Sciences de Warsovie, 
Kurpinski enrichit la littérature musicale polonaise de travaux 
importants. Ses ouvrages didactiques sont : 

Wyklad systematyczny zasad Muzyki na Klawikord (Exposé 
systématique de la musique) , Warsovie, chez Klukowski (1819). 

Tygodnik muzyczny (Journal hebdomadaire de musique, 3 vol. 
(1820-21). 

Zasady harmonii (Principes d'Harmonie). Warsovie, chez 
Klukowski (1821). 

Coup d'œil sur V Opéra, en Pologne , inséré dans les Annales de 
la Société royale des Amis des Sciences, 21 e vol. 

M.. Fétis apprécie ainsi , dans sa Biographie universelle, les tra- 
vaux de ce maître : 

« C'est à Kurpinski et à Elsner , que la Pologne est redevable 
» des progrès qu'elle a faits dans la musique depuis trente ans. 
» Leurs travaux ont doté leur patrie d'un véritable opéra national, 
» lequel a pris la [place des traductions de l'allemand, du fran- 
» çais et de l'italien qui , précédemment, occupaient la scène 
» polonaise. » 

Kurpinski contribua puissamment à perfectionner le chant 
dramatique, la prononciation et la prosodie, par les soins qu'il 
apporta dans la mise en scène des ouvrages nouveaux, il fit faire 
un grand pas à l'ensemble dans l'exécution des chefs-d'œuvre des 
théâtres étrangers. Il traduisit le Mariage secret, et mit les paroles 
polonaises sous la musique de Cimarosa. 

MUSIQUE L'ÉGLISE (1). 

Messe avec le texte polonais. 

g (1) Charles Kurpinski est membre de l'Archiconfrérie littéraire près de 
l'église métropolitaine de Saint-Jean, où l'on exécute souvent de sa musique 






DES MUSICIENS POLONAIS. 359 

Hymne à trois voix (Oyczenasz). 

Messe à quatre voix, chantée à l'église de Saint-Alexandre, par 
les élèves du District du Nouveau-Monde , sous la direction de 
Skapczynski. 

Messe exécutée chez les Franciscains, sous la direction de 
M. Strybel, professeur de chant. 

Messe avec le texte polonais , publiée dans Spiewnih de l'abbé 
Mioduszewski. 

Messe rustique avec paroles de Felinski. 

Messe artistique, à trois voix, alto, ténor et basse, avec accom- 
pagnement d'orgue, trompettes, tr'ombonnes et timbales, compo- 
sée pour la Confrérie littéraire. 

Recueil de chants religieux, publié par Klukowski, édition 
épuisée. 

Un grand nombre de Cantates et pièces officielles pour les fêtes 
et les anniversaires. Les ouvertures de Kalmora , de la Femme 
Martin, de la Reine Hedwige , des Ruines de Rabylone , furent 
publiées à Leipzig, chez Br. et Haertel. 

Après une carrière si bien remplie, Charles Kurpinski s'est retiré 
du monde et vit dans une retraite profonde. Son portrait lithogra- 
phie à Warsovie, a paru chez Klukowski, entouré de ses princi- 
paux opéras et de la médaille qui lui fut offerte en 1819 par les 
amateurs et artistes de Warsovie. 

KURPINSKA (Sophie), née Brzowska, épouse du précédent. 
Débuta en 1824, dans le rôle d'Annette dans le Freyschïdz. Très- 
aimée du public, M me Kurpinska joua ensuite les soubrettes dans 
le Przykaz, musique de J. Damse et dans plusieurs opéras-comé- 
dies, dont elle assura le succès par son talent distingué. Le célèbre 
poète, J.-D. Minasowicz, lit des vers pour elle. En 1842, cette 
artiste obtint sa pension de retraite et quitta la scène (Courrier 
de Warsovie). 

KURZONTKOWSKI (P.-N.), chef d'orchestre des bals à War- 
sovie, publia en 1842, plusieurs Mazureks très-dansantes. Dans 
les grandes fêtes, il conduisait l'orchestre avec son confrère 
Kubelko, le Musard polonais. 

KUSZCZYNSKI ( ), facteur d'orgues, à Warsovie, 



360 DICTIONNAIRE RIOGRAPHQUE 

avait son établissement place de Nowé-Miasto, n° 354 (Courrier 
de Warsovie). 

KWIATKOWSKI (W.), auteur de deux œuvres pour piano, 
publiées à Leipzig par Kistner, savoir : 

Fantaisie brillante sur une romance polonaise; 

Souvenir d' Ukraine, nocturne. 

KWIECINSKI ( ), artiste dramatique du grand théâtre 

de Warsovie, obtint sa retraite en 4855 (Journaux polonais). 



LADA (KASIMIR), violoniste de talent, né à Kalisz dans la 
Grande-Pologne, travailla le violon au Conservatoire de Paris et 
s'est fait connaître avantageusement comme virtuose et composi- 
teur. Pendant un voyageàWilnaen 1850, il fit entendre un mor- 
ceau de sa composition intitulé le Bohémien- Errant (Cygan) 
qui eut beaucoup de succès ainsi qu'une Fantaisie en la mineur, 
œuvre 6. Il publia un article dans la Bibliothèque de Warsovie 
dans le numéro du mois de novembre 1849 sur les Souvenirs des 
concerts de M. Sikorski. Kasimir Lada tient une place distinguée 
parmi les auteurs qui écrivent sur la musique en Pologne (Cour- 
rier de Warsovie) . 

LADNOWSKI (frères), jeunes musiciens, se firent entendre à 
Warsovie dans un concert en 1839; depuis ils ont été applaudis à 
Posen ( Courrier de Warsovie ) . 

LANCETTI ou Lacetti, violoniste à Kamieniec-Podolski (1). Il 
est question de ce musicien dans un article de la Gazette de War- 
sovie, signé Adam Plug, dans le numéro 220 de 1855. Indépen- 
damment de Lancetti, l'auteur de l'article cite plusieurs musiciens 



(1) Cette ville, située dans une position magnifique, sur le Dniester, est cé- 
lèbre par sa place forte dans les guerres des Polonais contre les Turcs. Elle a 
de belles églises et plusieurs couvents ; l'évoque catholique y réside. La cathé- 
drale est desservie par les Pères Dominicains. On voit à Kamienieç un grand 
nombre d'Arméniens qui ont leur église et s'occupent de commerce. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 361 

de Podolie, entre autres Wirginski. Zinkoicski, M me Woronicz et 
M lle Marcel Une Chmielewska , pianistes, M 1Ie Silin , cantatrice. La 
ville de Kamienieç , capitale de Podolie est remarquable par sa 
religion, la société distinguée et le goût des arts. La musique reli- 
gieuse trouve de bons interprètes à l'église des Carmes, on y 
exécute avec beaucoup d'ensemble les messes en musique des 
compositeurs allemands les plus renommés. 11 y a aussi un facteur 
de pianos nommé Pol et un magasin de musique très-bien acha- 
landé, il appartient à M. Kocipinski. La ville possède une salle de 
spectacle peu fréquentée, on y joue le drame. Les détails 
manquent sur l'artiste qui est l'objet de cet article. 

LANÇKORONSKI ( ), artiste dramatique du grand théâtre 

de Warsovie, conduisait les chœurs avec habileté. Il parut dans les 
Trois Revenants il y a quelques années {Journaux polonais). 

LAPCZYNSKI (Emile), jeune pianiste, quitta Warsovie en J855 
pour aller travailler son instrument à l'étranger. Il prit des leçons 
de Dreyschok, revint en Pologne et donna plusieurs concerts avec 
un succès mérité {Courrier de Warsovie). 

LARISS (baron Edmond), amateur distingué né en Gallicie, 
possédait une magnifique voix de basse-taille et chantait très-bien 
les airs nationaux polonais. Après un séjour à Paris il quitta la 
France pour retourner en Pologne. On raconte que le directeur 
d'un grand théâtre offrit une somme très-importante à M. Lariss 
pour le faire débuter comme chanteur d'Opéra. Il est auteur de 
plusieurs romances pour voix basse. 

LASZE WSKI (Lucien), jeune violoniste polonais de grande es- 
pérance , devait être envoyé au Conservatoire de Paris en 1853. Ce 
n'est pas la première fois que les artistes polonais viennent s'ins- 
truire à cette célèbre école. L'exemple des frères Wieniawski 
sera un stimulant pour leurs successeurs. Paris possède d'ex- 
cellents professeurs pour tous les instruments et son école de 
violon est la première de l'univers. 

Depuis les frères Wieniawski on cite trois violonistes polonais 
parmi les élèves du Conservatoire de Paris, ce sont : MM. Isidor 
Lotto, Telesinski et Jacques Niedzielski. 

LAURENTI (Antonia) de Bologne, nommée aussi la Coralli, 



362 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

virtuose du roi de Pologne citée dans l'ouvrage de Quadrio (La 
ragione di ogni poesia) . (Milan, 1774 Ciampi, Bibliot. critica). 

LAUXMIN (Sigismond), Jésuite de Samogitie (Zmudz), orateur 
distingué, vivait sous le règne de Sigismond III, roi de Pologne. 
Né en 1596,Lauxmin est mort vice-provincial deLithuanie à l'âge 
soixante-quatorze ans. Il est auteur d'un ouvrage sur la musique, 
Ars et Praxis musicœ, imprimé à Wilna en -1667, in-4°. Lauxmin 
est cité par de Brossard parmi les auteurs qui écrivirent sur la 
musique (Dictionnaire de Musique, par de Brossard). 

LAZANSKA, voyez JASINSKA. 

LEDOCHOWSKA (Joséphine), née Trtjskolawska, artiste dra- 
matique célèbre, cantatrice agréable, naquit en 4780 à Léopol. 
Douée par la nature des plus brillantes qualités, elle devint en 
peu de temps grande tragédienne et l'idole du public polonais. A 
l'Age de douze ans elle faisait déjà partie de la troupe dramatique 
d'Albert Boguslawski. Son premier début fut dans la Femme ja- 
louse, [oh elle parut dans tout l'éclat de sa beauté. En 1801 elle 
épousa le comte Stanislas Ledochowski, et cette circonstance, en 
l'éloignant momentanément de la scène, arrêta ses travaux artis- 
tiques. Cependant, au bout de quelques années, l'amour de l'art 
la ramena sur la scène nationale ; elle brilla dans les tragédies du 
Cid , Macbeth, Y Amour et l'Intrigue, la Haine des Hommes , et 
dans Amélie Mansfield. Son talent était à l'apogée et sa réputation 
s'étendit au delà des mers; car les Anglais venaient exprès à 
Warsovie pour admirer M me Ledochowska dans le rôle de lady 
Macbeth. La scène où elle paraissait en somnambule fut son 
triomphe ; elle surpassa même dans cette scène la fameuse 
mistriss Siddons, qui se faisait admirer dans le drame de Schakes- 
peare à Londres. Après une carrière longue et brillante, M me Le- 
dochowska obtint une pension de retraite, et la direction des 
théâtres de Warsovie lui accorda une représentation à son béné- 
fice. C'est dans Amélie Mansfield que notre célèbre tragédienne 
devait paraître pour la dernière fois : toutes les places furent re- 
tenues d'avance, et M me Ledochowska fit ses adieux au public 
couverte de fleurs, au milieu d'applaudissements chaleureux. Be- 
tirée de la scène, elle vécut jusqu'en 1849 et mourut regrettée 



DES MUSICIENS POLONAIS. 



par les nombreux admirateurs de son beau talent. Son cercueil 
fut porté à bras à sa dernière demeure, suivi de tous les profes- 
seurs et artistes, qui chantèrent un très-beau Salve Begina, de 
T. Nidecki, à ce moment d'éternels adieux. 

LEHMAN (Charles), facteur de pianos à Warsovie. Ses instru- 
ments ont un beau son, de la solidité, et sont agréables à jouer. 
Selon l'opinion des artistes, les pianos de M. Lehman rappellent 
un peu ceux du célèbre Erard, à Paris {Courrier de Warsovie) . 

LELEWEL (Joachim). La vie de ce savant historien, littéra- 
teur et biographe appartient aux sciences. Mais nous sommes 
heureux de pouvoir citer ici son important ouvrage intitulé Bi- 
bliographie, en deux livres (Warsovie, 1826, 2 vol. in-8°), dans le- 
quel il donne une description exacte d'anciens ouvrages sur la 
musique et cite beaucoup d'auteurs polonais qui ont écrit sur cet 
art. On trouve dans la Bibliographie de Lelewel de précieux ren- 
seignements sur les vieux recueils de cantiques en Pologne. 

Ce savant, retiré à Bruxelles, vit dans la retraite et se consacre 
entièrement à ses grands travaux sur l'histoire, l'archéologie, la 
littérature et la numismatique. Il possède une bibliothèque riche 
en ouvrages rares, en cartes de marine, en gravures de toutes les 
époques et en monnaies anciennes. Lelewel est en même temps 
un graveur habile, doué d'une intelligence supérieure; il a une 
conversation très-animée et instructive ; il aime à épancher les tré- 
sors de sa vaste érudition dans l'âme de ses amis. 

LEMOYNE (Jean-Baptiste MOYNE, dit), compositeur fran- 
çais du dernier siècle. Il donna à Warsovie, en 1775, le Bouquet 
de Colette, opéra en un acte, dans lequel la célèbre cantatrice 
Saint-Huberty parut pour la première fois (Biographie univer- 
selle) . 

LENZI (Jean), professeur de musique, bon violoniste, cité par 
Sébastien Ciampi. Il fit partie de l'orchestre de Romanow chez le 
comte Jlinski, et vint ensuite se fixer à Krzemienieç. Les détails 
de sa vie ne sont pas connus; mais ce maître jouissait d'une bonne 
réputation comme professeur attaché au lycée de Krzemienieç, 
en Wolhynie, de 1811 à 1825 (Correspondance particulière). 

LENTZ ou LENZ (Henri-G.), professeur d'harmonie au Con- 



36i DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

servatoire de Warsovie et directeur de la section de chant dra- 
matique près cet établissement. Il habita la Pologne pendant 
quarante ans, et mourut en 1839. Dans la Gazette musicale de 
Leipzig il est question d'un compositeur de symphonies de ce 
nom. D'après ce journal, Lenz aurait été professeur du prince 
Ferdinand-Louis de Prusse. Cet artiste publia à Warsovie une 
brochure sur la manière d'accorder soi-même son piano : Latiuy 
sposob stroienia fortepianu, bez pomocy Nauczyciela, par Henri-G. 
Lentz, professeur de basse générale et d'orgue au Conservatoire 
de Warsovie, avec figures, chez Magnus). Selon M. Fétis, Lcntz 
paraît avoir séjourné à Paris de 1784 à 1793. Il visita Londres, 
où il publia plusieurs compositions pour piano. En 1796 il revint 
à Hambourg, où il prenait le titre de membre de la Société des arts 
et des sciences de Paris. La liste de ses principales productions se 
trouve dans la Biographie universelle de J. J. Fétis. 

LESKIEWICZ (Joséphine), née Turowska, cantatrice distin- 
guée de l'Opéra polonais à Warsovie. Elle obtint du succès dans 
l'Italienne à Alger, en 1837, et fut rappelée plusieurs fois après 
la représentation ; puis elle chanta avec non moins de succès 
dans la Cendrillon et dans le Barbier de Séville, traduits en polo- 
nais. En 1841 M lle Turowska épousa M. Leskiewicz, fonctionnaire 
du gouvernement, et se fit entendre au concert du grand théâtre 
au profit des incendiés de Kazan. Cette artiste jouit de la répu- 
tation d'une habile cantatrice. Avant son mariage elle vint à 
Paris, où elle laissa d'agréables souvenirs de son beau talent. Elle 
possède une voix de mezzo-soprano bien caractérisée et chante 
les rôles les plus importants dans les ouvrages nouveaux. 

LESSEL, père de François Lessel, un des bons professeurs et 
compositeurs polonais. Il resta quelque temps au service du prince 
Adam Czartoryski, à Pulawy, et donna les premiers principes de 
musique à son fils. On lui attribue la composition d'un grand 
nombre de chants religieux et la musique de l'opéra Cygany, de 
Fr. Kniaznin. 

LESSEL (François), né à Warsovie en 1780, compositeur et 
pianiste de mérite, travailla d'abord sous la direction de son 
père, maître de chapelle du prince Adam Czartoryski. Les bonnes 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 363 

dispositions du jeune Lessel pour la musique, engagèrent ses 
parents à l'envoyer à Vienne, qui de tout temps attirait les jeunes 
musiciens polonais, par son école célèbre. Une fois à Vienne, 
François Lessel ne tarda pas à devenir un des meilleurs élèves 
de Haydn; il avait alors pour collègues, G. Pleyel et l'illustre 
Neukomm. En 1810, Essel revint à Warsovie, se fit entendre en 
public dans plusieurs concerts, et se livra à la composition et à 
l'enseignement. En 1816, il traduisit l'hymne de Boga Rodziça 
(Mère de Dieu) de saint Adalbert qui a paru dans la grande 
Epopée nationale de J. U. Niemcewicz Spiewy historyczne , et 
composa des mélodies pour dix chants historiques , publiés en 
1818. Indépendamment de ces compositions, F. Lessel fit publier 
les ouvrages suivants, chez Breitkopf et Haertel, à Leipzig : 

Op. 5. Trio pour piano, violon et basse." 

Op. 9. Adagio et Rondo pour piano et l'orchestre. 

Op. 10. Ouverture à grand orchestre en ut. 

Op. 11. Fugue pour piano à quatre mains. 

Op. 12. Pot-pourri pour piano et orchestre. 

Op. 14. Concerto pour piano et orchestre. 

U publia chez Artaria à Vienne son Quatuor op. 3, ainsi que 
ses autres compositions pour divers instruments. 

Quant aux mélodies, composées pour les chants historiques de 
J. U. Niemcewicz, elles se distinguent par le cachet local et une 
harmonie élégante. Elles sont au nombre de dix savoir : 

Le roi Piast. • 

Boleslas le Hardi. 
Ladislas Jagellon. 
Zaïvisza le Noir. 
Casimir Jagellon. 
Jean Tarnoicski. 
Etienne Batory. 
Jean Kasimir. 
Jean Sobieski. 
Joseph Poniatowski. 
(Gazette musicale de Vienne et Journaux de Warsovie). 



366 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

LESNIEWSKA (Louise) , cantatrice polonaise de grande espé- 
rance, possède une belle voix de Soprano. Elle débuta à Warsovie 
en 1847 avec succès, et fut engagée à Vienne pour chanter dans 
Moïse, de Rossini, où elle excita le plus vif enthousiasme. Sa 
réputation s'étendit et la direction de la Fenice à Venise lui 
offrit un engagement pour la saison de 1855 à 1856. D'après 
les journaux allemands et Italiens , cette jeune cantatrice aurait 
déjà un talent européen (Courrier de Warsovie) . 

LESZCZYNSKI (Raphaël), palatin de Belz, né à Leszno , aïeul 
du roi Stanislas, a étudié à l'étranger les sciences et les arts selon 
l'usage d'anciennes familles nobles polonaises. Raphaël Lesz- 
czynski est compté parmi les hommes les plus éclairés de son 
temps, et il fut un très -bon musicien, selon le témoignage de 
Fr. Siarczynski dans son Tableau du règne de Sigismond III roi 
de Pologne. R. Leszczynski avait dans son régiment une excel- 
lente musique, composée de hautbois et trompettes, qui exécu- 
tait d'une manière remarquable pour l'époque. (Voyez la Relation 
d'un voyage en Pologne , par Ch. Ogier). Caroli Ogerii epheme- 
rides, sive Iter Danicum, Suecium, Polonicum. Lutetiœ Parisiorum 
apud Petrum Le Petit, 4656, 8°. 

LESZCZYNSKI ( ), faisait partie de la chapelle de Si- 

gismond III, roi de Pologne, comme chapelain-chanteur sous la 
direction de Pacelli, vers 1590. (Voyez les comptes de J. Firley, 
trésorier royal en 1597.) 

LESZCZYNSKA ou Marie Leczinska, reine de France, femme 
de Louis XV, cultivait la musique, la peinture et les langues. 
Elle jouait de la guitare, de la vielle et du clavecin. Le président 
Hénault dit dans ses Mémoires, qu'elle se moquait d'elle-même 
quand elle se méprenait en jouant de ces instruments, ce qui 
prouve que la reine était bonne musicienne, puisqu'il faut être 
déjà d'une certaine force pour reconnaître ses fautes. 

Fille de Stanislas Leszczynski , roi de Pologne , Marie Lesz- 
czynska, princesse accomplie en beauté et en talents, vivait retirée 
et résignée à Weissemburg en Alsace, lorsque, par un singulier 
hasard de fortune, elle se trouva élevée tout à coup, en 1 725 sur 
le trône de France à côté de Louis XV, l'homme le moins fait 



DES MUSICIENS POLONAIS. 367 

pour apprécier les qualités du cœur et d'honnêtes affections. La 
reine Marie apportait toutes les vertus au milieu d'une cour cor- 
rompue; mais les vices du roi ne pouvaient troubler la sérénité 
de sa foi et de sa conscience. 

Le président Hénault a laissé sur cette reine quelques pages 
intéressantes dans ses Mémoires. 

« La reine , dit-il , ne vit point au hasard ; ses journées sont 
» réglées et remplies au point que, quoiqu'elle en passe une 
» grande partie toute seule, elle est toujours gagnée par le temps. 

» La matinée se passe dans les prières, les lectures morales, 
» une visite chez le roi, et puis quelques délassements. 

» Ordinairement c'est la peinture; elle n'a jamais appris et 
» l'on peut voir ses tableaux, car on ne croirait pas. Elle m'a fait 
» présent de trois, que l'on juge que je garde bien. L'heure de 
» la toilette est à midi et demi , la messe et puis son dîner. J'y 
» ai vu quelquefois une douzaine de dames tout ensemble ; 
» aucune n'échappe à son attention; elle leur parle à toutes; ce 
» ne sont pas de ces généralités que l'on connaît, ce sont des 
» choses personnelles qui sont les seules qui flattent. 

» Son dîner fini , je la suis dans ses cabinets : c'est un autre 
» climat; ce n'est plus la reine, c'est une particulière. Là on 
» trouve des ouvrages de tous les genres, de la tapisserie, des 
» métiers de toutes sortes, et, pendant qu'elle travaille, elle a 
» la bonté de raconter ses lectures. Elle rappelle les endroits 
» qui l'ont frappée; elle les apprécie; autrefois elle s'amusait 
» à jouer de quelques instruments , de la guitare, de la vielle, 
» du clavecin, et elle se moquait d'elle-même quand elle se mé- 
» prenait , avec cette gaieté , cette douceur , cette simplicité , 
» qui siéraient si bien à de si illustres personnes, s'il y en avait. 
» Elle me renvoie vers les trois heures pour aller dîner , et alors 
» commencent ses lectures. Ce sont ordinairement celles de l'his- 
» toire, et en vérité il ne lui en reste plus à lire; elle les lit 
» dans leur langue, la française, la polonaise, l'allemande, l'ita- 
» lienne, etc., car elles les sait toutes; c'est ce qui donna lieu 
» à la devise qui parut lors de son mariage ; c'est une lyre à cinq 
» cordes. » 



368 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

La reine Marie Leszczynska n'a laissé que de bons souvenirs 
en France, ainsi que son père Stanislas, le roi philosophe, dont 
la mémoire est toujours vénérée en Lorraine. 

LEVITTE ( ), pianiste compositeur, donna deux con- 

certs à Ploçk à son retour de l'étranger. Il fit entendre les œuvres 
de Moscheles, Kalkbrenner et Herz (Voyez le Courrier de War- 
sovie de 1829), où il est question de M. Levitte, qui aurait exécuté 
aussi de ses propres compositions avec un grand succès. 

LEWANDOWSKI (Léopold) , violoniste d? talent, élève de 
M. Hornziel, se fit entendre dans un concert à Warsovie, en 1848. 
Avant d'entreprendre le voyage à l'étranger , ce jeune artiste 
voulut se faire juger par ses concitoyens. L'accueil bienveillant 
qu'il reçut du public aura, nous n'en doutons pas, une heureuse 
influence sur son avenir musical. On publia à Warsovie une 
Polonaise pour piano, sous ce nom, chez Spies et Comp., en 1849. 
Une Symphonie à grand orchestre, composée par Lewandowski , 
fut exécutée à Berlin, en 1856 (Courrier de Warsovie). 

LEWIÇKI (Joseph), auteur de quatre Mazoures, publiées à 
Léopol, chez Niemirowski (C.-F. Whistling's handbuch der Musi- 
kalischer Literatur). 

LEWIÇKI (Isidore) , porté sur le même catalogue , comme 
auteur de cinq Mazoures, publiées par Niemirowski, à Léopol. 

LEWINSKI (Ignace), compositeur pour piano, publia les 
œuvres suivantes, à Vienne, chez Witzendorf : 

Op. 4. Variations et Polonaise brillantes; 

Op. 5. Barcarolle de la Muette de Portici ; 

Op. 6. L'Innocence, rondolettoà quatre mains; 

Op. 7. Rondino sur Fra-Diavolo ; 

Op. 8. Thème de C. Kreutzer; 

Op. 9. Thème de Beethoven, varié ; 

Op. 10. Rondino sur le Serment d'Auber, à quatre mains, chez 
Diabelli; 

Op. 11. Variations sur la Somnambule, idem. 

LIBAN (George) , de Ligniça , prêtre fixé en Pologne , profes- 
seur de langue grecque d'abord, puis de musique et du chant 
sacré à l'Université de Cracovie, vivait au xvi e siècle. Il est auteur 



DES MUSICIENS POLONAIS. 369 

de deux ouvrages sur la musique : 1° De accentuum ecclesiastico- 
rwn, Cracovie, apud Scharffenberg, A. D., 1539, huit feuilles; 
2° De musicœ laudibm oratio seu adhortatio quœdam ad musicœ 
•studiosos. Le savant docteur prononça ce discours à Cracovie, 
en 1528 : « Cui annexa est, quse in scalis et musica tractantur, 
» multorum vocabulorum grsecorum interpretatio, cum octoto- 
» norum proprietatibus et totidem eorum melodiis tetraphonis 
» liaud inconcinnis, atque alia nonnulla quîe sequens ostendit 
» paginula. His octo tonis, tanquam auctarium, additur Peregri- 
» nus, quasi postliminio reversus, qui cum cœteris tonis, fratri- 
» bus suis, in pristinam redit notitiam; » à la page suivante : 
» Per M. Georgium Libanum Legnicensem , dum utriusque 
» musices clementa tironibus ejusdem negotii studiosis praele- 
» gerat. Cracovia? excusum per Joan. Halycz anno deitatis incar- 
» natae 1540. » Le fond de la portée musicale est noir, sur 
lequel on a marqué les notes en blanc ; à la fin de l'ouvrage on 
lit : « M. Georgius Libanus Legnicensis suis impensis haud 
» immodicis edidit ad Christi gloriam et studiosorum utilita- 
» tem. » (Voyez J. Lelewel, Bibliographie polonaise , en deux 
livres). Le Mémorial de Warsovie (Pamientnik Warszawski) , du 
mois de février 1818 : « Poczet Muzykow Polskich, » d'après les 
manuscrits du comte Ignace Potocki et d'autres écrivains polo- 
nais , qui ne donnent pas cependant une biographie complète de 
ce professeur distingué , excepté Daniel Janoçki (1) , dans Jano- 
ciana, tome i er , page 163 et suivantes, où il cite tous ses ouvrages 
au nombre de douze, en latin, parmi lesquels on remarque « Car- 
» mina Sibyllœ Erythraceœ, Anthologia sanctorum Patrum, dédiés 
» à Pierre Tomiçki , a M. Georgio Libano Legnicensi, humanio- 
» rum litterarum in archigymnasio Cracoviensi doctore. Un autre, 
» ad generosum et magnificum Franciscum Bonerum, celeberrimœ 
» in Polonia urbis Cracoviae consularem virum : virtutibus atquc 

(1) Ce savant parle également de Liban dans son ouvrage sur les livres 
rares de Pologne. «Nachricht von raren Polnischen Buchem. II e volume, 
ive partie, page 196 et suiv. Breslau 1753, chez Korn. G. Liban signait ses 
ouvrages : Magister Georgius Libanus Legnicensis, presbjter. Il connaissait 
parfaitement la langue grecque. Selon le savant Ambr. Grabowski, Liban 
élait prêtre altaric, attaché a leglise de Sainte-Marie, ffl circule- Cracoviensi. 

24 



370 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

» studiis omnibus excellentem , litteratorumque Maecenatem 
» fere unicum.» Quant à son ouvrage sur l'accent ecclésiastique, 
il est dédié à l'évêque Gamrat, avec ce titre : De accentuum eccle- 
siasticorum exquisita ratione , scilicet Lectionali , Epistolari et 
Evangelico ; Libellus omnibus sacris initiatis , vicariis, et Ecclesiœ 
ministris , non minus utilis , quam necessarius {Voyez la date à la 
page précédente). 

LICHNOWSKI (Le prince), que Beethoven immortalisa par la 
dédicace de deux de ses œuvres , était lui-même un amateur très- 
distingué de piano et s'occupait aussi de composition. Le prince 
Liehnowski, d'origine polonaise, descendant d'une illustre maison 
de la Grande-Pologne, habitait Vienne, en Autriche. Grand admi- 
rateur de Beethoven, il fut aussi un de ses plus constants protec- 
teurs. On connaît de lui, sept Variations pour le piano, sur le joli 
thème Nel cor piû non mi sento , lesquelles ont été gravées à 
Vienne (1). D'autres compositions sont restées en manuscrit. Un 
duo pour soprano et ténor, intitulé Preghiera, parut sous le nom 
du comte Lichnowski, Vienne, 1815. 

LIEBELT (Daniel) de Lublin, élevé dans la maison d'Ephraïm 
Oloff, remplaça Christien Oloff à Sluçk comme Senior et Pasteur. 
Poëte et musicien, Liebelt traduisit plusieurs, chants sacrés de 
l'allemand en polonais, et s'occupa de rédiger un livre de chant 
universel pour l'Église évangélique (1740) ( Voyez Ephraïm Oloff, 
Polnische Lieder Geschichte). 

LIMBURSKI (Jean) , musicien attaché à l'orchestre du grand 
théâtre de Warsovie, obtint sa pension de retraite en 1842 (Cour- 
rier de Warsovie). 

LINGKE (Georges-Frédéric) , conseiller des mines du roi de 
de Pologne et électeur de Saxe . publia plusieurs ouvrages sur la 
musique et se fit recevoir en 1742 à la Société de musique de 
Mitzler, à laquelle il présenta son tableau des intervalles que la 
Société adopta. Il est auteur d'une instruction de musique Kurze 
musiklehre, in-4°, avec des exemples. Leipzig, 1779. 

LIN W SKI ( ) compositeur , élève du Conservatoire de 

(1) Et a Prague en 1803) {Voyez le Catalogue de Fr. Haase). 



DES MUSICIENS POLONAIS. 371 

musique de Warsovie, fit exécuter à l'église des Augustins le 
Gloria d'une messe de sa composition le 10 sept. 1837 (Voyez le 
Courrier de Warsovië) . 

LIPINSKI (Félix), né à Zakliczyn, en Gallicie, en 1765, père 
de Charles Lipinski, célèbre violoniste polonais, dont il sera ques- 
tion dans l'article suivant. 

Félix Lipinski possédait à fond la théorie de la musique , jouait 
de plusieurs instruments; mais il excellait sur la clarinette. Il fut 
le premier professeur de son fils Charles, forma de bons élèves, et 
dirigeait la musique , pendant sa longue carrière , chez le prince 
Lubomirski, chez le comte Tarnowski, chez le comte Auguste 
Lonczynski et chez les comtes Adam et Alexandre Starzenski. Ce 
digne artiste mourut en 1847. Il est auteur d'un allegro de concert, 
publié à Léopol, chez Kallenbach. 

LIPINSKI (Charles), célèbre violon et compositeur polonais, 
premier violon de la cour impériale de Russie, maître des con- 
certs de S. M. le roi de Saxe, chevalier de l'ordre d'Albrecht, de 
Saxe, est né à Radzyn en Gallicie, en 1790, commença à ap- 
prendre la musique à six ans. Fils d'un professeur estimable qui 
montrait plusieurs instruments, le jeune Charles étudia d'abord 
le violoncelle, fit des progrès, mais il abandonna cet instrument 
pour le violon sur lequel il devait s'illustrer un jour. 

Les premiers pas sont toujours difficiles dans la carrière musi- 
cale. Charles Lipinski, doué d'une heureuse organisation et d'une 
énergie peu commune, travaillait seul le violon, il avait besoin 
d'un protecteur éclairé. Il le trouva dans la personne de M. Krenes, 
employé du gouvernement à Léopol qui possédait un talent 
remarquable sur le violoncelle, M. Krenes, qui aimait à faire de 
la musique, prit le jeune Lipinski en amitié et le guida par ses 
conseils. 

A l'époque dont nous parlons, la musique faisait de rapides 
progrès à Léopol. Il y avait une bonne troupe d'opéra dirigée par 
J. N. Kaminski, d'excellents orchestres chez les grands seigneurs 
habitant la Gallicie. Un bon nombre d'artistes et amateurs, 
stimulés par les professeurs allemands s'étaient répandus dans la 
province et cultivaient la musique instrumentale avec succès. 



372 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

L'orchestre du staroste Félix Polanowski, qui passait pour un 
des meilleurs de la contrée, comptait parmi ses membres, Charles 
Kurpinski et Roch Wanski. 

Charles Lipinski avait donc plus d'occasions d'entendre de la 
bonne musique à Léopol que beaucoup de ses confrères dans les 
autres villes de la Pologne. Cependant il sentit la nécessité d'être 
dirigé par un habile maître ; son travail musical interrompu par 
les études littéraires manquait d'ensemble et de suite. Grâce à son 
intelligence et à son goût il évita la fausse route, s'appliqua à 
tirer du violon le plus de son possible, travailla de préférence les 
auteurs classiques et réussit de bonne heure à jouer les quatuors 
d'une manière remarquable. La grande qualité de Charles 
Lipinski est l'intensité du son qu'il tire de son violon , il résolut 
ce problème à force d'études constantes dirigées vers ce but. 

En 1810, il fut nommé chef d'orchestre du théâtre de Léopol 
où l'on jouait alors les opéras allemands, italiens et polonais. 
Lipinski remplit les fonctions de cette place jusqu'en 18 14. Il 
composa plusieurs ouvertures pour orchestre et écrivit la mu- 
sique pour une opérette intitulée : Klotnia przez zaklad (Dispute 
pour un pari), dont une polonaise est devenue populaire. On lui 
doit aussi la musique de la Syrène du Dniester. Malgré ses occu- 
pations de chef d'orchestre il ne négligea pas le violon ; son talent 
acquit plus de largeur et son exécution gagna en ampleur et en 
précision. 

Ayant eu enfin l'occasion d'entendre l'illustre Spohr à Vienne, 
il prit cet artiste pour modèle et renonça définitivement à 
sa place de chef d'orchestre du théâtre de Léopol - pour se livrer 
entièrement à la culture de son talent sur le violon. 

Les premiers concerts de Lipinski fixèrent l'attention du public 
sur lui. On n'avait pas encore entendu un virtuose polonais d'un 
si haut mérite. Artiste consciencieux, plein de vigueur et de 
distinction, il impressionnait vivement ses compatriotes par son 
jeu large et accentué. 

Quoique d'un extérieur froid , il remuait les masses par son 
archet magique. En s'inspirant des airs du pays il restait original; 
cependant il suivait de près les grands violonistes du siècle. 



DES MUSICIENS POLONAIS.' 373 

Ses premières compositions, publiées à Leipzig datent de la Res- 
tauration. Les arts commençaient à refleurir à la paix générale et 
Ch. Lipinski crut le moment favorable pour entreprendre un 
voyage artistique en Allemagne et en Italie. Il partit en 1817 
pour cette excursion mémorable qui devait commencer sa 
réputation à l'étranger. Il traversa l'Allemagne donnant des 
concerts sur sa route, arriva à Milan et ne tarda pas à rencontrer 
Paganini à Plaisance, où les deux violonistes exécutèrent une 
sympbonie concertante en public. 

Sans entrer dans l'appréciation de ce fait diversement raconté 
par les journaux, il paraît certain que l'artiste polonais n'eut pas 
trop de désavantage dans cette lutte si honorable pour lui et qu'il 
en serait sorti victorieux au dire de son biographe, M. Fink 
(Voyez le Lexique uniwsel de Schilling). D'après sa version, 
Paganini lui-même aurait proposé à Lipinski de jouer avec lui 
dans les concerts publics, ce qui eut réellement lieu à Plaisance 
les 17 et 30 avril 1818. Quant à la rencontre de ces deux grands 
violonistes à Warsovie en 1829, au sacre de l'Empeïeur Nicolas, 
Lipinski fît les honneurs à Paganini et n'a point paru en public, 
bien que sollicité par ses nombreux admirateurs h se faire entendre. 

Après avoir parcouru les principales villes d'Italie, Lipinski 
séjourna quelque temps en Allemagne et entreprit en 1818 de 
nouvelles excursions en Russie, en Pologne et en Prusse; partout 
il fit admirer son grand talent et donna des concerts très-fructueux. 
Il résidait habituellement à Léopol, en Gallicie et visitait chaque 
année la ville de Kiiow pendant les Contrats. Assise sur le Dnieper, 
célèbre par ses cryptes et ses nombreuses églises, cette ancienne 
métropole de Kniazs Russiens attirait vers le milieu de janvier les 
plus riches propriétaires de la Wolhynie, de la Podolie et de l'U- 
kraine dont elle est toujours le centre d'affaires. Lipinski y faisait tous 
les ans une ample moisson de ducats et laissait une impression 
profonde dans l'âme de ses auditeurs. Il visita plusieurs fois Moscou 
et Saint-Pétersbourg, il électrisa le public deWilnaetsetrouva en 
voyage pendant l'invasion du choléra. Le bruit même de sa 
mort s'était répandu vers 1833; mais il reparut en Allemagne en 
1835 et vint à Paris l'année d'après. Apprécié à sa juste valeur 



374- DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

par les connaisseurs,, Lipinski se fit entendre dans les salons 
avec un légitime succès et donna deux concerts publics. Au 
dernier qui eut lieu dans la belle salle de l'Hôtel-de-Ville, dite 
Salle Saint-Jean, Lipinski produisit beaucoup d'effet dans un Con- 
certo de sa composition et donna le signal de la réaction clas- 
sique qui se préparait. L'illustre Habenek lui forma un excellent 
orchestre qu'il conduisit lui-même avec une rare obligeance pour 
rendre hommage au violoniste polonais. Après un court séjour 
dans la capitale de France, Lipinski partit pour l'Angleterre où il 
trouva un accueil cordial et digne de son talent. Il visita ensuite 
le Danemark, l'Allemagne du nord et la Russie. 

A son passage à Wilna en 1838, il y fut reçu avec enthousiasme. 
La plus grande salle de cette ville ne pouvait contenir les nom- 
breux auditeurs accourus pour rendre hommage à ce talent 
national d'un si haut mérite. Ce maître prouva qu'il était dans 
la force de son talent, il déploya dans l'exécution de ses mor- 
ceaux beaucoup d'énergie qui n'exclut chez lui ni la douceur ni 
la sensibilité. Il sut toucher et tenir en haleine son public par la 
variété des coups d'archet et par une exécution parfaite des plus 
grandes difficultés. En 1839, cet artiste visita Prague et produisit 
une vive sensation dans cette ville. Le jeu de Lipinski électrisa 
les nombreux connaisseurs de ce pays et lui valut d'unanimes 
applaudissements. L'année suivante il visita Odessa et Wosnesensk. 

Nommé premier violon des concerts de S. M. le roi de Saxe, 
à Dresde, et directeur de la musique d'église, Lipinski réside 
depuis quelques années dans la capitale de Saxe. Il maria deux 
de ses filles en France et écrivit un grand nombre de composi- 
tions remarquables pour son instrument, qu'il fit paraître à Vienne, 
à Leipzig, à Berlin, à Posen, à Warsovie, à Léopol, à Paris et à 
Londres. 

Voici la liste des principales compositions de Lipinski, d'après 
le Handbuch der Musikalischen literatur (Voyez Adolphe Hof- 
meister) : 

Œuvre 2. Deux caprices pour violon, avec accompagnement de 
basse. Leipzig, Peters^ 
3. Sicilienne variée. Idem, ibid. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 373 

GEuvre 4. Variations en sol. 

— 5. Variations pour violon et orchestre. Leipzig, Breitkopf 

et Haertel. 

— 6. Deux polonaises. Idem, ibid. 

— 7. Rondo alla Polacca. Idem, ibid. 

— 8. Trio pour deux violons et violoncelle. Leipzig, Breit- 

kofp et Haertel. 

— 9. Trois polonaises pour violon et piano. Ibid. 

— 10. Trois caprices idem. Leipzig, Kistner. 

— il. Variations sur la Cenerentola.^ Leipzig, Peters- 

— 12. Trio pour deux violons et violoncelle. Ibid. 

— 13. Rondo alla Polacca. Ibid. 

— 14. Premier concerto en fa mineur. Ibid. 

— 15. Variations sur le Pirate. Vienne, Haslinger. 

— 16. Duetto d'il Crociato. Leipzig, Hofmeister. 

— 17. Rondo alla Polacca sur un air polonais. Leipzig., 

Peters. 

— 18. Rondo de concert. Leipzig, Breitkopf et Haertel. 

— 19. Souvenir de la mer Baltique, divertissement avec 

piano. Leipzig, Breitkopf et Haertel. 

— 20. Variations sur le Barbier de Sëville. Ibid. 

— 21 . Concerto militaire. Ibid. 

— 22. Variations de Bravoure. Leipzig, Péters. 

— 22. Variations sur la Somnambule. Leipzig, Kistner. 

— * 23. Troisième concerto en mi mineur. Leipzig, Hof- 
meister. 

— 24. Adagio elegiaco pour les concerts. Berlin, Schlesin- 

ger. 

— 26. Fantaisie et variations sur les Huguenots. Ibid. 

— 28. Réminiscences des Puritains. Leipzig, Breitkopf et 

Haertel. 

— 29. Trois caprices pour violon. Hambourg, Schuberth. 

— 30. Fantaisie sur Hernani. Leipzig, Hofmeister. 

— 31 . Fantaisie sur des airs napolitains. 

— 32. Quatrième concerto. Leipzig, Hofmeister. 

— 33. Fantaisie sur les Cracoviens, de J. Stefani. Ibid. 



376 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Œuvre 47. Trois caprices dans le style dramatique pour violon, 
avec accompagnement de piano. Vienne, Haslinger. 
Six morceaux de salon pour violon, avec piano, sur les Soirées, 
de Rossini : / Marinari, la Serenata, la Danza, YOrgia, la Pasto- 
rella et la Begata veneziana. Mayence, Schott. 
Trois mélodies de la Parisina. Dresde, Meser. 
Chants du peuple de Gallicie. Piesni polskie i ruskie Indu Gali- 
cyiskiego z muzyko instrurnentowano pzez karola Lipinskiego. Ou- 
vrage publié par Venceslas Zaleski, avec une préface remarquable, 
et environ deux cents airs nationaux. Léopol , chez Mili- 
kowski, 1833; 2 vol. 

LIPINSKI (Antoine), violoncelliste, frère de Charles Lipinski, 
habitait la Gallicie et passait pour un bon exécutant. Les rensei- 
gnements nous manquent sur sa carrière musicale. 

LIPINSKA (Nathalie), M me PARCZEWSKA, a publié plusieurs 
pièces pour piano : Op. 4. Deux mazoures. Op. 2. Mazurek sur 
le Perruquier de la Bégence.Vafis, Richault. 

LIPSKI (André), évêque de Cracovie, mort en 4631. Il laissa 
des fonds pour faire apprendre à douze jeunes gentilshommes 
les sciences et la musique (Lud Polski, tome III, page 198). 

LISTOWSKI (André), amateur distingué, colonel dans l'armée 
polonaise. 11 a écrit la musique de deux mélodrames représentés au 
théâtre des Variétés en 1841, intitulés Y Hôpital des Fous et les Per- 
roquets de notice Grand' Mère. Dans ces pièces, M mes Kosteçka et Cho- 
manowska se firent entendre, ainsi que MM. Jasinski, Szymanowski 
et Zolkowski. On y a applaudi une jolie danseuse, M lle Trawna. 
Un chant avec accompagnement de piano, Venise la Belle, paroles 
de Scribe, traduites en polonais, a paru chez Spies et G e en 1848. 
M. Listowski est auteur d'un grand nombre de pièces fugitives. On 
cite parmi ses bonnes compositions la Prière d'une jeune fille, 
publiée, avec accompagnement de piano, par Sennewald, et se 
trouve également chez Klukowski et Friedlein, éditeurs de mu- 
sique à Warsovie (Journaux polonais). 

LIS S ( ) publia des chants sacrés en polonais, en 1840, 

à Opole (Oppeln) pour le peuple des montagnes silésiennes 
(Revue de Posen. Notes de Joseph Lepkowski). 






DES MUSICIENS POLONAIS. 377 

LISSOWSKI ( ), musicien polonais, élève du Conserva- 

toire de Naples. Il mourut jeune, dans cette ville, vers la fin du 
siècle dernier. Le prince Michel Oginski, l'illustre compositeur- 
amateur, parle ainsi de Lissowski dans sa correspondance inédite : 

« J'ai connu à Naples, en 1796, un certain Lissowski, éiève 
» d'un des conservatoires de musique de cette ville. Il y avait 
» fait ses études pendant l'espace de six ans et s'était fait beau- 
» coup d'honneur par sa conduite, ainsi que par son goût pour le 
» travail et son application. Il avait composé plusieurs opéras, 
» dont ses professeurs lui promettaient un grand succès; mais sa 
» mort, presque subite, dont j'ai été témoin, l'a privé de l'avan- 
» tage d'en jouir. » (Lettres sur la Musique, adressées par M. le 
prince Michel Oginski à un de ses amis à Florence, en 1828.) 

Nous devonsà l'obligeance deM. Antoine Wysoçki,peintredistin- 
gué établi à Cracbvie,la communication de ces détails intéressants. 

LODOISKA, nom de l'héroïne d'un opéra, dont le sujet fut 
traité par deux compositeurs célèbres. Le premier, poëme dont 
Rodolphe Kreutzer écrivit la musique en 1791, a été tiré d'un ro- 
man de Louvet. Il fut représenté sur tous les théâtres de l'Europe, 
sous ce titre : Lodoïska ou les Tartares, opéra en trois actes. Son 
ouverture est devenue populaire. Les qualités de la musique de 
Kreutzer sont : la mélodie, la grâce et la couleur locale. Sa belle 
partition se ressent de la même inspiration, il y a de la variété, du 
mouvement et du trait (1). Quant à la partition de Chérubini 
qui composa sa Lodoïska pour Feydeau en 1792, elle obtint par- 
tout un succès mérité par la savante facture de morceaux et l'admi- 
rable instrumentation dont ce grand maître avait seul le secret. 

LODWIGOWSKI (E. S.), auteur d'une polonaise pour piano, 
intitulée : Souvenir d'une vallée suisse; et d'une autre pièce pour 
le même instrument, sous le titre : Bergère polonaise, publiées 
par l'éditeur Bernstein à Warsovie, 1849. 

LOHLEIN (Georges-Simon), maître de chapelle à Dantzik, 
né en 1727 à Neustadt, dans le duché de Saxe-Cobourg. Sa bio- 

(1) Le talent est héréditaire dans la famille de Rodolphe Kreutzer, car son 
neveu, M. Léon Kreutzer, un des meilleurs feuilletonistes de Paris, est en 
même temps un compositeur de musique très-distingué. 






378 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

graphie appartient à l'Allemagne, nous en parlons ici, parce que 
Lohlein avait habité la Pologne et fut maître de chapelle à Dantzik 
où il mourut en 1782. Sa vie a été très-bien décrite par M. Fétis 
dans la Biographie universelle des musiciens. 

On a publié sous ce nom une école de violon sous ce titre : 
Anweisung zum violin spielen mit praktische Beispiel. undï^Dueten. 
3 Aufgabe von J. F. Reisch 1797 in Jena, bei Frommann. (Hand- 
buch der Musikalischen literatur v. A Hofmeister). 

LOMPA (Joseph) , professeur et organiste à Lubecz en Silésie. 
Ecrivain fécond et historien de talent, Joseph Lompa est auteur 
de Chants d'église, publiés en 1831 à Sliwice en Silésie (Notes de 
J. Lepkowski). 

LOPATTA (François), pianiste, né en Lithuanie, fit parler de 
lui vers 1829, il avait alors treize ans. 11 donna son premier con- 
cert à Warsovie comme élève de Field, exécuta *un concerto de 
Moscheles et obtint du succès. Son concert avait réuni plus de trois 
cents auditeurs. M me Mayer, cantatrice et M. Zimmermann, 1" flûte 
de l'orchestre du grand théâtre, offrirent au jeune Lopatta le con- 
cours de leurs talents [Courrier de Warsovie). 

LONTZKI (Julien), pianiste, professeur de musique, habita Cha- 
rolais vers 1850, et vint à Paris en dernier lieu. Nommé profes- 
seur de piano à l'Institut polonais, aux Batignolles, M. Lontzki 
consacre tout son temps à l'enseignement de la musique, il est 
auteur de plusieurs ouvrages pour le piano. 

LOTTO (Isidor), violoniste, né à Warsovie, travailla au Con- 
servatoire de Paris sous la direction de M. Massart, et obtint le 
premier prix en 1855. Après s'être fait entendre avec succès dans 
les salons de Paris , le jeune Lotto retourna en Pologne en 
1857. 

LOWCZYNSKI ( ), habile violoncelliste, habita la Li- 

thuanie, et fut engagé chez le comte Rodolphe Tyzenhaus, au 
château de Zoludek, près de Lida. Cet artiste commença sa carrière 
musicale à Tulczyn, et faisait partie des quatuors du comte Auguste 
Lonczynskien Gallicie, avec le célèbre violon Ch. Lipinski et Pierre 
Escudero. Lowcsynzki mourut à Wilna en 1819. Il a écrit plusieurs 
œuvres pour le violoncelle et une polonaise en mi mineur pour 



DES MUSICIENS POLONAIS. 379 

le violon, dont M. Margerin possède une copie au château d'Hau- 
tefort. 

LOZINSKI ( ), contrebassier à Warsovie, cité par la 

Gazette musicale de Leipzig de 1816, treizième volume. Selon ce 
journal, Lozinski trouva peu d'amateurs de contrebasse dans la 
capitale de Pologne. Il exécuta, à son concert un thème avec va- 
riations, et fît voir qu'il était maître de son instrument (Courrier 
de Warsovie et Gazette musicale de Leipzig). 

LUBELCZYK (Jacques), poëte et musicien, né au commence- 
ment du xvi e siècle . Il est l'un des premiers traducteurs des Psaumes 
de David en polonais, imprimés à Cracovie, chez Mathias Wierz- 
bienta, 1558, dédiés au comte Gorka, palatin de Brzesc, sous ce 
titre : Psalterz Daivida onego sicientego Krola i Proroka teraz na noivo 
na piosneczki przelozony, Dans sa dédicace, Lubelczyk se plaint 
d'être dans le malheur, il date son ouvrage d'une demeure incer- 
taine. Sa traduction se recommande par la fidélité avec laquelle 
notre poëte a su résoudre les beautés sublimes de l'original. A la 
fin du livre, on y a ajouté les poésies sacrées de l'Ancien Testament 
et quelques-unes du Nouveau. Tous ces psaumes, hymnes et 
chants ont été mis en musique, mais l'édition est extrêmement 
rare. L'année de lamort de Lubelczyk est inconnue; selon Ephraim 
Oloff, on trouve dans le Cancionale de Pierre Artomius de 1001, 
un chant funèbre de Jacques Lubelczyk sous le n° CCXXIII, dont 
le premier vers est : Izto iuznie iesttaino kazdemu.U'àwlem a in- 
diqué son nom par la première lettre de chaque vers. Dans le dic- 
tionnaire deMonczynski, Lexicon.polon., ilestqiiestion d'un Carmen 
gratulatorium. Quant à son Psautier, signé de Jak. Sluzebniczeh , 
(serviteur au diminutif), il a paru à Cracovie avec l'approbation du 
roi de Pologne. Chaque Psaume est précédé d'un éclaircissement; 
la langue est pure, les rimes choisies, et l'édition très-soignée. 
Sur le titre, on a gravé les armes du palatin Gorka sous lesquelles 
l'auteur a placé la dédicace en vers polonais. 

La bibliothèque du Gymnase de la ville de Thorn, possède un 
exemplaire complet du Psautier de Jacques Lubelczyk. 

LUBIENSKA (comtesse Thecle) , auteur dramatique, a écrit 
pour la scène nationale de Warsovie, le mélodrame de Charlc- 



380 DICTIONNAIRE BIOGRAmiQUE 

magne et Witylrind et une tragédie en vers, intitulée Wanda. 
Ces deux pièces furent représentées à Warsovie après le traité de 
Tilsit, sous le règne du roi de Saxe, grand protecteur des arts 
(Dzieie Teatru narodowego, tom. iv). 

LUBIENSKI (Joseph comte), fils de la précédente, poëte dis- 
tingué, composa une pièce lyrico-dramatique en prose et en vers, 
intitulée la Fête des moissonneurs, représentée le 15 août 1821, à 
Zalésie en Lithuanie, à l'occasion de la fête de la princesse Marie 
Oginska, épouse du sénateur Michel Cléophas Oginski dont nous 
parlerons plus loin, La musique de la pièce de Lubienski a été 
arrangée par le célèbre Joseph Kozlowski qui se trouvait alors à 
Zalésie ( Correspondance particulière ) . 

LUBIENIEÇKI (Stanislas), poëte qui vivait au xvn e siècle. 11 
est auteur des chants sacrés, remarquables pour l'époque, qui 
furent publiés avec ceux de Valentin Smalz, en 1610 et en 
1625àRakow, in-12. 

Un autre membre de la même famille, Lubieniecius II ou Lu- 
bienieçki, aurait été parent de Jean Sobieski, roi de Pologne, par 
les femmes (Voyez Ephraïm Oloff Polnische Lieder Geschichte). Il 
a écrit l'Histoire de la Réformation en Pologne, Historiam Refor- 
mations Polonicœ. Ouvrage souvent cité par les auteurs polonais, 
entre autres par Michel Wiszniewski dans son Histoire de la Litté- 
rature polonaise; celui-ci mourut en 1675. Quant à Stanislas 
Lubienieçki I er , grand partisan de la Réforme, il mourut en 1633, 
après avoir écrit beaucoup de chants sacrés en langue polonaise. 
Martin Luther ayant établi l'usage de chanter en allemand, les 
cantiques et la messe dans les pays protestants, lança une nuée 
des poètes traducteurs, pasteurs, cantors, seniors, en Pologne. Sa 
grande réforme dans le chant d'église fut accomplie vers le 
milieu du xvi e siècle, elle consistait principalement à faire chanter 
par tout le monde et en langue du pays les louanges du Seigneur. 
C'est là l'origine des nombreux et beaux Chorals qui portent le 
nom de Luther. Le premier Choralbuch allemand fut publié à 
Vittenberg en 1524, les éditions s'en multiplièrent rapidement, 
de telle sorte qu'en 1588 on comptait en Allemagne cent quatre- 
vingt-sept recueils de chant {cancionales) Voyez dans Wacker- 






DES MUSICIENS POLONAIS. 38 i 

nagel, Bas Beutsche Kirchenlied. En Pologne, les partisans de la 
Réforme se mirent à l'œuvre et firent venir les frères Bohèmes 
( Bracia Czescy) en 1 548 ; mais le premier recueil de cantiques, 
Cancionale d'Artomius (voyez ce, nom) n'a paru qu'en 1578. Il 
eut plusieurs éditions vers la fin du même siècle. Ses premiers 
auteurs furent pour la Pologne Paul Gericius, Erazm Gliczner et 
Valentin Brzozoïvski. Selon l'usage de cette époque, on ne mettait 
pas le nom du poète , les auteurs des mélodies étaient indiqués 
par les initiales, les auteurs des paroles faisaient connaître leur 
nom par les majuscules de chaque strophe. C'est dans les villes de 
la Prusse polonaise, royale et ducale que les Réformés commen- 
cèrent à chanter en polonais. Ephraïm Oloff, dans son ouvrage de 
Polnische Lieder Geschichte nous a fait connaître les noms des 
premiers collaborateurs d'Artomius, ce sont : Gaspard Frisius , 
recteur à Thorn, Gasparus Gesnerus , Matheus Erythrœus , 
(Czerwonka) un Bohême, Thomas Chodoicslii, Adam Freytag, 
père, Andréas 7Wcesws(Trzycieski). Viennent ensuite JeanSeclu- 
cianus, T replia, les deux Rybinski, calvinistes, Christ. Krainski, 
Alb. Orloivshi, Jean Frentzel, Christophe Vidavianus , Martin Mu- 
rinius, Turnowshi, Strychny, Sudrovius, et beaucoup d'autres qui 
se sont fait connaître avant les publications du Cancionale d'Ar- 
tomius. 

Dans ces premiers recueils de chants, les airs sont notés sans la 
basse, très-souvent à une voix, comme dans les Kantyczhi; mais 
dans les morceaux imprimés séparément, les mélodies sont à 
plusieurs voix, le plus souvent pour cantus, altus, ténor et 
basse sans accompagnement. Dans la Bible imprimée à Dantzik, 
sous les auspices du prince Christophe Radziwill (Biblia Polonica, 
Radziwiliana) de 1632, on trouve à la fin les cent cinquante 
Psaumes traduits en polonais pour les mélodies françaises de 
Marot et de Bèze qui sont notés en rondes égales, sans mesure en 
clef d'ut sur la troisième ligne, à une voix. Tandis que les Cho- 
rals de Luther, qui était bon harmoniste, sont écrits à trois voix. 
Ils contribuèrent beaucoup à propager sa doctrine dans les masses 
par le chant. Les Catholiques opposèrent aux réformés polonais, 
leurs auteurs vers la fin du xvi e siècle; ce sont : Jacques Wuïek, 



382 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

S. J. Jérôme Poivodowski Wielewiecki, Rywocki, qui traduisirent 
et composèrent un grand nombre de chants sacrés qui furent 
chantés par les catholiques seuls, tandis que les Ps'aumes et les 
prières de Nicolas Rey et du grand poëte Jean Kochanowski, furent 
chantés par toutes les confessions de protestants , et adoptés par 
les catholiques. Les Psaumes traduits par J. Kochanowski trou- 
vèrent dans Nicolas Gomolka un habile musicien, compositeur de 
talent, inspiré par les poésies divines du Roi-Prophète. Quant 
aux Frères Bohémiens, qui contribuèrent à propager en Pologne 
le chant choral, ils avaient au xvi e siècle une petite école à 
Posen, dans le palais de la famille d'Ostrorog, où ils enseignaient 
le chant. Cette école fut détruite en 1616 par le peuple. Les 
Luthériens de Posen avaient aussi vers le même temps une école 
dans cette ville où l'on montrait la musique. Le célèbre cantique 
pour la communion « Jésus Christus miser fleyland» (Jésus-Christ 
notre Sauveur), que Ton attribue à Luther, avait été traduit en 
polonais et envoyé dans toutes les confessions. On lit dans la 
chronique de Henri Zerneke , d'après Acta consularia, que dans la 
ville de Thorri on était tenu de chanter ce Choral, pendant la 
communion dans les Églises du culte évangélique quand même 
il y aurait peu de communiants. La mélodie était la même qu'à 
Dantzik, elle devait être accompagnée par l'orgue. C'est à l'église 
de Sainte-Marie et pour la fête de l'Annonciation que ce règlement 
fut mis en vigueur (annol692, Zernekes Thomische chronicke , 
page 347). En général les protestants perdirent beaucoup de 
terrain en Pologne depuis l'introduction des Jésuites, et Martin 
Luther trouva dans Sigismond III, roi de Pologne, un adversaire 
redoutable , dont le zèle et la piété triomphèrent de la Réforma- 
tion, en la limitant dans un petit nombre des districts. 

LUBOMIRSKI (prince Stanislas), vainqueur des Turcs en 
1621. 11 avait à son service vingt-sept musiciens et chanteurs 
(L. Golembiowski , tome III, page 198). L'Italien Marchetti et le 
célèbre Mates furent du nombre, et passèrent, après la mort du 
prince Lubomirski, dans la chapelle de l'empereur Ferdinand IV, à 
Vienne. 

LUBOMIRSKA (princesse Sophie), née OPALINSKA, épouse 



DES MUSICIENS POLONAIS. 383 

du grand maréchal de la couronne Stanislas Lubomirski. Elle 
vivait au xvn e siècle et connaissait bien l'arithmétique et la mu- 
sique, selon le témoignage de Niesieçki, cité par Charles Sien- 
kiewiez (Katalog duplikat Biblioteki Pulawskiej, 1828). 

LUBOMIRSKI (prince Stanislas), grand maréchal de la cou- 
ronne de Pologne, auteur fécond, poëte religieux, vivait vers 
la fin du xvii c siècle. De ses nombreux écrits nous nous bornons 
à citer ici, son Apollon du pays, Oyczysty A polio. Crac. 1703 et un 
autre Apollon chrétien, Apollo chrzéscianski, (Voyez Braun dans 
sa Bibliotheca de Script. Pol. et Pruss.) 

LUBOMIRSKI (prince Martin), obtint, sous le règne de Stanis- 
las-Auguste, la haute gestion de deux théâtres de Warsovie et du 
ballet. Albert Boguslawski fut nommé directeur des spectacles 
au nom du prince et en cette qualité il avait une garde d'honneur 
à sa porte, car le prince Martin Lubomirski étant propriétaire 
d'un magnifique régiment des Hussards noirs qui portaient une 
tète de mort sur leurs schakos, il en fit placer deux à la porte 
du directeur. Cette entreprise n'a pas prospéré. 

LUBOMIRSKI (prince Kasimir), amateur distingué, composi- 
teur pour piano et chant. A fait graver beaucoup d'ouvrages en 
Allemagne et à Warsovie. Ses compositions, très-répandues en 
Pologne sont en général bien écrites et agréables à jouer. Voici 
les titres de quelques-unes : 
OEuvre 10. Trois Mazoures, Dresde, Meser. 

— 11. et 12. idem,ibid. 

L'Étoile, air composé pour M me Kirchberger et 
chanté par elle au concert des frères Ladnowski à 
Léopol en J8o2. L'Automne, chant avec accom- 
pagnement de piano. 

— 17. Le Myosotis. 

— 48. La Consolazione. 

49. Romance avec piano, la même arrangée pour Vio- 
loncelle par M. Karasowski. Navigator polka. 

— 50. Galop du Postillon, Mazoures, Saint-Pétersbourg et 

Hambourg, Polonaise et deux Mazoures, Dresde 
Meser. 



384 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

LUBOWSKI ( J. ) pianiste compositeur distingué, auteur 
de deux pas redoublés, et d'une marche Lithuanienne, publiée à 
Brunschwik, chez Spohr. En 1852 cet artiste donna un concert à 
Cracovie dans lequel il exécuta : 1° YAndante dramatique', 2° le 
Trémolo de Dreyschok; 3° une Mazurek et termina le concert 
par une improvisation dans laquelle on admira beaucoup la net- 
teté de son jeu {Courrier de Warsovie). Cet artiste mourut jeune, 
ses études (OEuvre posthume) parurent à Leipzig et ne sont pas 
sans mérite. Voici leurs titres : la Fontaine, le Tourbillon, la 
Danse des Sorcières, le Trille, les Arpèges, le Mouvement per- 
pétuel. Lubowski est auteur d'une jolie fantaisie pour piano sur 
la valse du comte de Gallemberg , et des variations sur une 
chanson d'Ukraine publiées à Prague , chez Berra , ainsi que 
d'une Etude intitulée la Cascade. 

LUBORADZKI (Laurent), facteur de pianos à Warsovie, tra- 
vailla pendant vingt-deux ans chez Bucholtz, et s'établit pour 
son compte en 1841 dans la maison d'Ekler (Journaux polo- 
nais.) 

LUBRANSKI (Jean), évêque de Posen, fonda dans cette ville 
au commencement du xvi e siècle l'institut de Lubran, qui plus 
tard devint collège des Jésuites. La musique y fut enseignée ainsi 
que le chant choral. Plusieurs fois dans l'année les étudiants 
représentaient des mystères ou Dialogues sorte de pièces drama- 
tiques , où la musique jouait un grand rôle. On avait recours 
dans ces circonstances au cantor, chef du chant, à Y organiste 
et au bakalarz ( maître d'école ) qui intervenaient avec leurs 
cantiques à une ou plusieurs voix. Aux grandes fêtes, on chan- 
tait la Kolenda, espèce de sérénade religieuse que l'on donnait 
aux autorités de la ville et aux personnages de marque. L'usage 
de la Kolenda s'est perpétué jusqu'à nos jours parmi les gens des 
campagnes. L'institut de Lubran (Kollegium Lubranskie) qui re- 
levait d'abord de l'Université de Cracovie , avait le titre acadé- 
mique et recevait ses professeurs de la capitale de Pologne. 
Jusqu'à son entière réorganisation l'institut fut placé sous les 
ordres immédiats des évêques de Posen, qui y établirent aussi le 
Séminaire. On cite parmi les recteurs de cette célèbre école, 



DES MUSICIENS POLONAIS. 385 

Simon Leopolita magister artium. (Obraz miasta Poznania par 
Joseph Lukasiewicz). 

LUDWINOWSKI ( ) compositeur à Warsovie. Ses 

premières œuvres pour piano datent de 1846. 

LUKASZEWICZ (Mathieu), dirigea la chapelle des Uoratistes 
jusqu'en 1685. Cette chapelle fut fondée par Sigismond I er pour 
chanter des Messes (Roraté) en musique. Lukaszewicz en fut le 
douzième directeur depuis sa création ( Voyez l'ouvrage sur le 
Peuple polonais, par Luc Golembiowski, tom. ni, pag. 210). 

LUKAS ( N. ) compositeur établi à Warsovie. Publia plusieurs 
morceaux pour piano bien écrits et d'une harmonie distinguée. 
Cet artiste commença à se faire connaître vers 1846. 

LUPARINI (Joseph) de Florence, avait été amené en Pologne 
en qualité de musico, par le cardinal Radzieiowski, en 1690 
(S. Ciampi, Bibl. critica). 

LUSZCZEWSKI ( ) basson de l'orchestre de Warso- 

vie , il est question de cet artiste dans le 18 me volume de la 
Gazettemusicale de Leipzig , pag. 234. Il se fit entendre dans un con- 
cert en 1816 entre les deux pièces au grand théâtre de Warsovie. 

LWOWSKA (La Vierge de Léopol ) a rendu célèbre, dans 
toute la Pologne, l'église des Dominicains, dans laquelle l'impo- 
sante cérémonie du sacre de l'image miraculeuse eut lieu en 
1750. L'archevêque de Léopol Wyzyçki officia en grande pompe, 
accompagné par un clergé nombreux au milieu d'un concours 
extraordinaire de noblesse, de troupes et de peuple. A cette 
occasion , les amateurs et les artistes de Léopol exécutèrent 
plusieurs morceaux en musique en l'honneur de la sainte Vierge, 
reine de Pologne. C'est dans cette ville que Jean-Kasimir mit , 
en 1656, toute la Pologne sous la protection de la Mère de Dieu, 
qui bénit les âmes des Polonais et les aida à chasser du royaume 
les Suédois, les Tatares et les Transilvaniens (Historia miasta 
Lwowa , par l'abbé Ig. Chodyniçki) qui attribue à saint Luc 
l'Evangéliste la peinture du tableau donné , par le duc Léon , 
aux Pères Dominicains. On sait maintenant que l'image miracu- 
leuse de Czenstochowa et celle de Santa Maria maggiorc à Rome 
sont également attribuées à saint Luc l'Evangéliste. 

25 



386 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

M 

MAAR ( ), chef d'orchestre du théâtre de Breslau, vint 

en Pologne , en 1806, pour prendre la direction de l'Opéra alle- 
mand à Warsovie. Attaché ensuite au théâtre national polonais, 
il déploya, dans ses nouvelles fonctions , beaucoup d'habileté et 
sut se concilier l'attachement des artistes polonais. Lié d'amitié 
avec Joseph Elsner, il' faisait travailler les chœurs de tous ses 
opéras que l'on montait alors sur la scène de Warsovie (1808 
et 1809). Maar dirigea ensuite la troupe polonaise pendant son 
excursion à Cracovie. Cet estimable artiste, qui aimait la Pologne 
comme sa patrie, est mort à Warsovie en 1810 (A. Boguslawski, 
Biographie de Joseph Elsner , et Gazette musicale de Leipzig , 
décembre, 1812, page 813). 

MACHO WSKI (Jacques), facteur d'instruments à Dantzik, 
avait déjà construit un piano en 1787, d'après le système anglais, 
et en bois d'acajou (Danziger Anzeigen). 

MACIEIOWSKI (Stanislas), violoniste distingué, naquit à 
Warsovie , le 8 mai 1801. Il montra de bonne heure des disposi- 
tions heureuses pour la musique, et reçut les premières notions 
de cet art d'un professeur violoniste, nommé Ruzyczka, pour 
lequel il conserve encore de la reconnaissance. Voulant se perfec- 
tionner sur le violon , Macieiowski quitta Warsovie en 1821 et se 
rendit à Berlin pour travailler son instrument, sous la direction 
du chevalier Moser, maître des concerts de S. M. le roi de 
Prusse. 

Après avoir profité de ses conseils , notre violoniste partit pour 
Hesse-Cassel afin d'entendre Louis Spohr, dont le grand talent fit 
une impression profonde sur le jeune artiste polonais. Ayant 
ensuite professé la musique en Allemagne, pendant quelque 
temps, Macieiowski visita les principales villes de France, où son 
talent sur le violon fut apprécié. 

Il séjourna à Angers vers 1835, donna un beau concert et fit 
des quatuors chez le comte Justin Ostrowski , amateur violon- 
celliste, avec les premiers amateurs et artistes de cette ville musi- 



DES MUSICIENS POLONAIS. 387 

cale , berceau du roi René et de Henri III, roi de France et de 
Pologne. 

S'étant concilié l'amitié de M. Ostrowski, capitaine instructeur 
à l'École impériale de Saumur , officier d'ordonnance du duc 
d'Isly, et chevalier de la Légion d'honneur, Macieiowski donna 
des leçons à Angers , visita Bordeaux, Agen , et partit pour l'An- 
gleterre, où il se fit entendre avec succès dans plusieurs concerts. 

Fixé à Londres, depuis quelques années, Macieiowski se livre à 
l'enseignement de son art. Il est auteur d'une Fantaisie sur un 
thème original, d'un Rondeau dans le genre de la Polonaise, d'une 
Mélodie dramatique , d'après Spohr , et de plusieurs Mélodies pour 
piano et violoncelle. 

MACIEK ou Matiiias, joueur de cithare, vivait sous le règne de 
Sigismond-Auguste , roi de Pologne (Voyez Lud Polski , par 
L. Golembiowski, tome m, page 204). 

MACINSKA (Constance;, née Szturm, cantatrice distinguée de 
l'époque actuelle. Il est question souvent de cette artiste dans les 
journaux polonais. 

MADEYSKI (M.), compositeur de musique à Léopol, se fit 
connaître par la publication d'un Spiewnik (Album de Chant), 
qui renferme de belles inspirations. Selon le Courrier de Var- 
sovie, ce jeune compositeur peut se placer à côté de Dobrzynski , 
de Moniuszko et du prince Kasimir Lubomirski. Il a fait graver à 
Vienne, chez Mechetti, Deux mélodies sans paroles, et une Kolenda 
(Noël), pour piano. 

MADRZYKOWSKI ( ), auteur d'un Trémolo-Caprice 

pour violon et piano, op. 1, publié à Cracovie, chez Wild (ffand- 
buch der Musikalischen literatur, bei Fr. Hofmeister in Leipzig). 

MAELETIUS (Jean), auteur d'une Litanie avec musique, écrite 
pour les églises du duché de Prusse, en langue polonaise , in-8*, 
huit pages. A la fin, on y a ajouté une autre prière du même 
auteur : « Bron nas Panie przy tvvyni slowie. » (Olofï, Histoire 
des chants polonais) . 

MAGDZIEÇKA ( ), cantatrice et artiste dramatique de 

l'Opéra polonais, à Warsovie, interprétait avec talent la musique 
religieuse. Elle chanta, en 1852, dans la Messe de Hummel, un 



388 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Offertoire à deux voix de Mendelsohn , avec M ms Nakwaska, dans 
la cathédrale de Saint-Jean (Courrier de Warsovie). 

MAGNUS (Charles) , bon musicien et compositeur , éditeur de 
musique à Krzemieniec, et plus tard à Warsovie , était très-obli- 
geant pour les artistes. Versé dans le commerce de musique, il 
tenait le dépôt d'instruments à Krzemieniec dans le temps de la 
splendeur de cette ville et faisait des excursions à la foire de Ber- 
diczow et à Kiiow, au moment des Contrats. Ayant visité toutes 
les capitales de l'Europe, Magnus conserva des relations avec 
les éditeurs de musique de Vienne, de Leipzig, de Londres, etc. 
il faisait venir, en Pologne, les meilleures compositions de 
grands auteurs allemands et français, ainsi que les nouveautés. 
Charles Magnus fut enlevé à ses nombreux amis vers Tannée 1835, 
mais sa veuve avait encore, en 1837, son magasin de musique à 
Warsovie, rue Miodowa, où elle publia la dernière walse favorite 
de son mari. Voyez le Courrier de Warsovie de la même année, 
où l'on rend compte d'une composition, publiée par Joséphine 
Magnus et dédiée à Mlle Gibasiewicz, par Pfanhauser. 

MAIERANOWSKI ( ), violoniste, de Cracovie, se fit 

entendre à Ploçk, en 1837, dans un concert (Courrier de War- 
sovie) . 

MAKOWETZ, père et fils. Bons cornistes au théâtre de 
Léopol, vers 1820 (Gazette musicale de Leipzig). 

MAKOWSKI (W.), auteur de plusieurs airs de danse, publiés à 
Warsovie dans le dernier temps. 

MALACHOWSKA (comtesse Clémentine), née princesse San- 
guszko, morte à Paris en 1841 , était bonne musicienne et proté- 
geait les lettres et les arts. Elle fonda à Warsovie l'église dédiée 
à saint Charles Borromée, une des plus belles de cette capitale, 
qui fut inaugurée solennellement le 4 novembre 1849, au milieu 
d'un grand concours de fidèles. A cette occasion, on exécuta une 
messe en musique composée expressément par le doyen des com- 
positeurs polonais, le savant Joseph Elsner (messe en la), pour 
l'inauguration de cette église. C'est M. Sloczynski, directeur de 
musique à la cathédrale de Saint-Jean, qui en dirigea l'exécution. 
Pour le Graduel, on chanta l'hymne de Verdi et le Veni Creator 



DES MUSICIENS POLONAIS. 389 

en plain-chant. Cette église, construite et achevée dans l'espace de 
huit ans, compte au nombre des personnes qui contribuèrent à sa 
fondation S. M. l'empereur Nicolas, le maréchal Paskiewicz, le 
comte et la comtesse André Zamoyski, le comte et la comtesse 
Uruski, la comtesse Braniçka, le comte et la comtesse Potocki et 
beaucoup d'autres personnes de tous les états; propriétaires, ar- 
chitectes, artistes, sculpteurs, fondeurs, etc. La cérémonie fut 
conduite par Févêque Lubienski , un des fondateurs et membre 
du comité, qui dirigea les travaux d'après les plans de H. Marconi. 
Plusieurs peintres polonais de talent y travaillèrent et J. Krzesinski 
fit don de deux partitions de messes avec Graduels et Offertoires. 
On a placé l'inscription suivante au-dessus de la porte de la sa- 
cristie : 

» Laits divina nobis semper fuit unica cura 

» Post obitum sit Laits divina unica merces. » ^Ediles. 

L'église possède un orgue superbe. 

MALCZEWSKI (Antoine), s'est placé au premier rang de nos 
poètes par son poëme de Marie. Non compris d'abord et diverse- 
ment jugé par la presse, cet admirable poëme fait maintenant le 
charme de la nouvelle génération ; il est remarquable par la versifi- 
cation et les beautés locales. Publié en 1825 et traduit en français 
en prose par M. L. Nabielak et M me Clémence Robert, et en vers 
par M. Boyer Nioche, Marie eut plus de vingt éditions tant en Po- 
logne qu'en Russie. Ce poëme est regardé comme une création 
originale du génie polonais. Malczewski fut protégé autrefois par 
Thadée Czacki, il étudia au lycée de Krzemieniec, entra au service 
militaire du temps du grand-duché de Warsovie, et ne s'occupait 
de littérature que dans ses moments perdus. Marie fut écrite vers 
182", et dédiée à l'illustre Niemcewicz. Malczewski est auteur de 
charmantes pièces de vers, remplies de grâce et d'imagination; 
né en 1792, il mourut à Warsovie en 1826. 

MALHOMME (Sophie), pianiste, amateur de talent, se fit en- 
tendre au concert de la Ressource à Warsovie, en 1855, dans un 
duo avec M. Peschke et partit pour la France selon le Courrier 
de Warsovie. 

MALGOÇKI (Fr. ), pianiste et compositeur polonais, exé- 



390 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

euta au concert de la Ressource, à Warsovie, une fantaisie de Liszt, 
en 1842, obtint du succès et devint un des bons professeurs de la 
capitale. Reçu membre de l'Archiconfrérie littéraire, il entra dans 
l'Association musicale, fondée par feu L. A. Dmuszewski, pour 
venir en aide aux musiciens malheureux. Cet artiste écrivit la 
musique pour une petite pièce de S. Boguslawski intitulée Pod 
Strychem (sous les Combles) et mourut en 1844. On chante quel- 
ques unes de ses compositions religieuses à Czerniakow, près 
Warsovie. Il a écrit aussi des ouvertures à grand orchestre. Une 
de ses polonaises fut exécutée dans les entr'actes du mélodrame 
Tulacz, en 1850; elle est souvent jouée par l'orchestre de Kuhn 
et Lewandowski. Au concert donné par Ch. Hauman à Warsovie 
en 1856, on exécuta une ouverture de Malgoçki à grand or- 
chestre (Courrier de Warsovie). 

MALINA (Jean), pasteur à Tilsitt et inspecteur des écoles pro- 
vinciales en Lithuanie. Il prêcha à Vilna de 1653 à 1658, et mourut 
en 1 672. Avant sa mort il publia plusieurs cantiques dans le Recueil 
de Dantzik et fit imprimer un Cancionale complet à Kœnigsberg (Kro- 
lewieç) en 1671, chez Pasche-Mense (in-12). On en fit une seconde 
édition en 1684, également à Kœnisberg. Éphraïm Oloff donne les 
titres polonais et allemands de tous les chants de ce recueil, qui 
sont au nombre de douze. 

MALINOWSKI ( ), chanteur amateur à Warsovie. 11 

est cité souvent avec éloge par les journaux polonais. 

MALISZEWSKI (Antoine), auteur d'un livre de chant pour 
les enfants (Spieivniczek piesni naboznych dla dzieci. Cracovie, 
chez Gieszkowski. 1849.) 

MARCINKIEWICZ (Camille), âgé de douze ans, et son frère, 
Miroslaw, âgé de onze ans, arrivèrent de Minsk à Warsovie en 
1849 et donnèrent leur concert le 27 janvier. Ils exécutèrent plu- 
sieurs morceaux avec succès, et le pianiste Camille termina le 
concert par des variations de sa composition. 11 y a aussi un 
M. Marcinkiewicz chef de musique (Courrier de Warsovie). 

MARCISZEWSKI (Kasimir), musicien et littérateur distingué. 
11 est cité dans la préface de la Méthode de J. Nowinski, comme 
possédant une riche collection de chants nationaux polonais. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 391 

MARENZIO (Luc), illustre compositeur du xvr* siècle. Sa vie 
appartient aux grands maîtres d'Italie. Il n'est cité ici que pour 
avoir été pendant quelque temps au service du roi de Pologne, 
Etienne Batory, qu'il quitta vers l'année 1581, à cause de la ri- 
gueur du climat du Nord. Marenzio est considéré comme un des 
plus grands compositeurs italiens dans le genre madrigalesque. 
On l'appelait ildolce cigno, il divino compositore (Fétis, Biographie 
des Musiciens). Un madrigal à quatre voix de L. Marenzio fut pu- 
blié dans les Archives de la Gazette musicale, dirigées par Mau- 
rice Schlesinger. Plusieurs pièces pour voix et luth, composées par 
Marenzio, font partie du Thésaurus harmonicus de Bésard , à côté 
de celles de Diomedes, Venetus, établi en Pologne, et de celles de 
Dlugoraï, Polonus. 

MARIE-CASIMIRE de la GRANGE-D'ARQUIEN, reine de 
Pologne, épouse du grand Sobieski, était musicienne et jouait 
bien du piano. On montre encore à Villanow, résidence d'été de 
Jean III et de la reine Marie-Casimire, un piano envoyé en pré- 
sent à la reine par l'impératrice d'Autriche, avec une lettre auto- 
graphe dans laquelle l'impératrice, femme de Léopol II, lui dit 
« qu'elle lui offre cet instrument pour adoucir par la musique le 
» temps d'absence du roi (qui était alors au siège de Vienne), et 
» pour que la reine, avec son talent connu et distingué, pût re- 
» cevoir le vainqueur avec une marche triomphale à son retour. » 
Ce piano, merveilleusement travaillé pour l'époque (1686), avait 
des peintures sur le couvercle, exécutées par Iden et Diepenbek, 
représentant le Parnasse et un paysage avec des personnages. 
C'est à la reine Marie-Casimire que les charmantes lettres, si inté- 
ressantes par leur simplicité et par leur style, furent adressées 
par le roi Jean Sobieski pendant la campagne de Vienne. On voit 
encore à la galerie de Villanow le couvercle du piano offert par 
l'impératrice sous le n° 285. La lettre autographe de S. M. 
accompagnant le piano a été conservée dans les archives. 

La reine, après le décès du grand Sobieski, s'étant retirée en 
France, habita le château de Blois. Elle perdit à Rome, vers 1714, 
son second fils, le prince Alexandre, qu'elle aimait beaucoup, fit 
le voyage de la ville sainte et mourut à Blois en 1716. M, Jac- 



392 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

quemet, curé de Limesy, près de Rouen, qui possède vingt lettres 
autographes de la reine Marie-Casimire, adressées à la famille de 
Gerponville, a bien voulu m'offrir celle qui se rapporte à la mort 
du prince royal Alexandre, et qui prouve combien la reine avait 
été malheureuse de cette perte : 

« A Blois, le 13 décembre 1714. 

» A Monsieur le comte de Gerponville, 
notre chevalier d'honneur. 

» J'ai reçu, Monsieur le comte, votre lettre du xi e , de Paris, et 
» celle de M. le marquis, votre frère ; je suis ravie que vous aies 
» fait une partie de votre voïage heureusement et je souhaite 
» que vous Facheviés de même. Je vous sçai très bon gré à tous 
» deux d'être venu me voir et des attentions et des politesses que 
» vous continués à me marquer dans la cruelle affliction où je me 
» trouve par la perte de mon fils bien aimé le prince royal 
» Alexandre ! Ne suis-je pas la mère du monde la plus malheu- 
» reuse ! Priés Dieu qu'il me donne les forces qui me sont néces- 
» saires et qu'il fasse miséricorde au prince mon fils mort dans les 
» meilleurs sentiments qu'on puisse avoir : vous le ferez de bon 
» cœur, l'aïant connu et aimé et lui aïant été cher. Pensés sé- 
» rieusement à votre santé. Faites mes amitiés à Mad. la mar- 
» quise votre mère et la comtesse votre femme et soïés à jamais 
» bien assuré de mon estime et de mon affection particulière. 

» Marie Caslmire, Reyne. 
» A Monsieur le comte de Gerponville, à Rouen. » 

MARIE- JOSÉPHINE, reine de Pologne, épouse d'Auguste III, 

f ut bonne musicienne et faisait souvent chanter des messes en 

musique chez les PP. Jésuites à Warsovie (1730 à 1760). (Voyez 

l'ouvrage de L. Golembiowski sur le Peuple polonais, tome III, 

page 227.) 

MARKOWSKI ( ), basse-taille du grand théâtre de War- 

sovie. Il chanta avec succès le rôle de Rertram dans Robert le 
Diable en 1842. Il se fit entendre dans le Brasseur de Pr.eston 
(Journaux polonais). 



DES MUSICIENS POLONAIS. 393 

MARTIN ou MARCIN BOCHENCZYK, facteur d'orgues à 
Cracovie. Il fut cité devant le tuoj/t (bourguemestre ou juge de 
paix), à la requête du célèbre Jean Kasprowicz, pour restituer à 
ce dernier un clavecin (klawikord) ou régal, faute de quoi ledit 
Martin devait payer à J. Kasprowicz trois florins et demi, par ju- 
gement du ivoyt {Fragments biographiques pour servir à l'histoire de 
l'art musical, extraits de la bibliothèque de Warsovie par Ambr. 
Grabowski). Ces faits se sont passés en 1609 dans un des fau- 
bourgs de Cracovie. 

MARTIN (l'abbé de Mielcé), directeur du chant et de la cha- 
pelle des Roratistes près la cathédrale de Cracovie, fondée par 
Sigismond I pour faire chanter des messes (Rorate) en musique. 
L'abbé Martin dirigea cette chapelle jusqu'en 1628 (Voyez le 
Peuple polonais , tome III, page 210). 

MARTINUS (de Léopol ou Leopolita), poëte et musicien dont 
la vie a été décrite par Starowolski, dans son ouvrage (Script. 
Polon. elog. et vitœ) apprit la musique en Pologne sous la direction 
de Sébastien Felsztyn et parvint à une telle perfection, qu'il sur- 
passa tous ceux qui avaient étudié la musique à Rome. En 1540 
il fut nommé organiste de la cour de Sigismond-Auguste roi de 
Pologne et conserva cette place jusqu'à la mort du roi arrivée en 
1572. Il publia ensuite une Année entière pour l'Église qui a été 
adoptée par tous les diocèses catholiques de Pologne. Les mé- 
lodies de Martinus , douces et chantantes , surpassaient tout ce 
qu'on avait entendu jusqu'alors en Pologne, il possédait en 
même temps beaucoup de talent pour la poésie et rédigea le 
texte de la plupart de ses cantiques; mais s'est surtout dans ses 
compositions religieuses, qu'il ne pouvait être assez admiré. 
Simon Starowolski , son historien , fait grand éloge des chants 
chorals, qui étaient exécutés aux processions de Pâques, il ajoute 
aussi que Martinus Leopolita dédia ses compositions à Mgr Saint- 
Martin de Tours, son patron, en signe de respect et de vénération. 
« Tum quoque illam, quam D. patrono suo Martino Turonens 
» episcopo, cantilenam e suonis musicis, et versibus piis con- 
» scriptam , venerationis monumentum perpetuum reliquit. » 
Martinus, né à Léopol en Gallicie, étudia à l'Université de Cra- 



394 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

covie et travailla la composition avec Sébastien de Felsztyn pro- 
fesseur et auteur de plusieurs ouvrages théorétiques. D'après 
Starowolski et Zimorowicz, Martinus aurait inventé de nouveaux 
instruments. Vers la fin de sa vie il se retira à Léopol, lié d'une 
étroite amitié avec Jean C. Tucholski, qui fut préfet du gymnase 
de cette dernière ville, selon Fr. Siarczynski, Martinus serait 
mort en 4589. Voici son éloge d'après Simon Starowolski. « 
» Martinus , noble rejeton d'Apollon digne des couronnes de 
» laurier et des chants d'éloges que Va décernés l'Italie ; tu les 
» as mérités par ton génie, par ta vertu, par ton courage. Plus 
» d'une fois dans une lutte engagée, le génie de l'Italie a dû, 
» en rougissant, le céder au génie de la Pologne. Après tant 
» de lauriers couvre ton front de la couronne de la gloire immor' 
» telle. » Un seul exemplaire des compositions de Martinus fut 
conservé à la bibliothèque de Zaluski et perdu avec elle (J. Wo- 
ronicz, Dissertation sur les chants nationaux). 

MARTIN (Alexandre), compositeur de musique, né à War- 
sovie en 1825 d'un père français et d'un mère polonaise, mort 
en 1856. 

Il travailla d'abord le violon et composa des duos pour cet instru- 
ment et pour piano, mais se sentant poussé vers la musique drama- 
tique, il entreprit d'étudier l'harmonie et mit en musique plusieurs 
poésies de Byron, Walter Scott et Mickiewicz. Il écrivit deux Ou- 
vertures à grand orchestre et essaya de composer la musique pour 
un Libretto de Joseph Korzeniowski dont le sujet était pris dans le 
Corsaire de lord Byron. N'ayant pu terminer cet opéra, Martin 
entreprit d'écrire la musique d'un autre Libretto de B. Gwozdeçki 
qu'il termina en 1855, sous le titre de Wianki. 

Il fit essayer quelques morceaux de cet ouvrage dans une 
réunion particulière où l'on fut émerveillé d'entendre une œuvre 
achevée remarquable par les mélodies fraîches et une instrumen- 
tation brillante ; malheureusement il ne lui était pas permis d'en- 
tendre exécuter son opéra sur la scène. L'impitoyable mort l'en- 
leva à l'art et à ses amis à la fleur de l'âge. Artiste modeste et 
laborieux, Martin est vivement regretté par ses collègues auxquels 



DES MUSICIENS POLONAIS. 395 

il aimait à rendre service, il faisait partie de l'orchestre du théâtre, 
son instrument était l'alto. 

Indépendamment de son Opéra et de deux Ouvertures il laisse 
les ouvrages suivants : 

Grande fantaisie pour violon avec accompagnement, dédié à 
K. Baranowski. 

Nocturne pour violoncelle, dédié à Szablinski. 

Deux Épisodes pour violoncelle composés pour son ami Mau- 
rice Rarassowski. 

Fantaisie pour hautbois, dédiée à M. Malik du grand théâtre. 

Mazurtk pour piano, dédiée à M. Lapczynski. 

Elégie pour quatuor d'instruments à cordes. 

Marche pour musique militaire. Polonaise, dans laquelle il y a 
deux solos pour violon et violoncelle avec accompagnement 
d'orchestre, exécutée en public en 1850. 

Marche funèbre pour trois trompettes et trois trombonnes et 
chœur, exécutée à son service. 

(Ruch Muzyczny, nouveau Journal de musique de Warsovie, ré- 
digé par J. Sikorski, article signé M. K). 

MARTIUS ( ) directeur et cantor à Dantzik vers 1800. 

Il fit exécuter par la Société musicale (Musik Verein) . la sym- 
phonie en sol mineur de Mozart, le jour de l'anniversaire de la 
mort de ce grand compositeur. Martius fut aidé dans les fonctions 
de directeur d'orchestre par le violoniste Scherzer. 

MASILEWICZ (l'abbé), dirigea la chapelle des Roratistes à la 
cathédrale de Cracovie dans la première moitié du xvm e siècle. 
Il fut le seizième directeur de cette chapelle fondée par Si- 
gismond I er pour l'exécution des Messes (Rorate) en musique 
{Lud Polski, tom. m, pag. 210). 

MASLOWSKI ( ) de Posen, inventeur du clavecin har- 

monique. La Gazette musicale de Leipzig en rendit compte dans 
son 7 e volume pag. 110, 227, 490, 520, 594.. Maslowski était 
horloger de son état, son invention fit du bruit à Berlin vers 
1805 et mérite la peine qu'on en parle; il lui avait donné le nom 
de Harmonise hen claviers. 

MATES ( ), célèbre chanteur, habita quelque temps la 



396 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Pologne , il faisait partie de la chapelle du prince Stanislas Lubo- 
minski en 1621 , composée de vingt-sept musiciens et chanteurs, 
Après la mort du prince, Mates passa au service de l'empereur 
Ferdinand IV, à Prague, avec un de ses compatriotes nommé 
Marchetti, chanteur comme lui (Voyez le Peuple polonais, par 
L. Golembiowski, tome m, page 198). 

MATUSZYNSKI ( ), ténor, élève du Conservatoire de 

Warsovie, débuta dans la Somnambule en 1841, avec succès, et 
chanta ensuite dans Zampa , opéra d'Hérold et dans beaucoup 
d'opéras modernes. M. Matuszynski s'est fait en peu d'années une 
réputation brillante à Warsovie où il est très-aimé. Il chanta en 
1848, dans la Fille du régiment et dans Lucrèce Borgia. Cet ar- 
tiste est un des bons professeurs de chant à Warsovie (Journaux 
polonais). 

MAXYLLEWICZ (Vincent) , maître de chapelle de la cathé- 
drale de Cracovie , vivait au dix-huitième siècle , mort en 1 745 , 
fut estimé comme musicien et compositeur et très-respecté à cause 
de sa piété et de ses qualités personnelles. Je transcris ici une 
courte notice tirée d'un ancien manuscrit, qui m'a été envoyée de 
Cracovie, par le savant Ambroise Grabowski : • 

« A. D. 1745, die 24 Januarii, post primas Vesperas Conver- 
» sionis S. Pauli Apostoli, rediens domum sanus mente et corpore, 
» dominus Vincentius Maxyllewicz, Capellœ magister ecclesiae 
» cathedralis Craco viensis ab annis vi, acquiescens in sella subito ex 
» illa pronus in faciem concidit , tam potenti casu ut post aliquot 
» Pater noster nullo verbo aut sensu editos expiraverit : tumulatus 
» die 26 apud P. P. Bernardinos in Stradom in habitu illorum , 
» cum ingenti conjugis et filiarum dolore et lacrymis ac magno 
» capellse cathadralis squalore ac mœstitia. Vir in arte musica 
» prœstans ac compositor nobilis, in sedulitate, pietate, modestia, 
» mansuetudine ac imbuendis eadem arte ingeniis puerorum nulli 
» secundus cui post annos sexaginta vitas ac laborum pro gloria 
» et ecclesia Dei toleratorum det Dominus Deus requiem in cœlis 
» opulentem ex animo precor ac voveo. » La bibliothèque de la 
cathédrale de Cracovie conserve encore plusieurs compositions de 
Maxyllewicz. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 397 

MAYER ou MAYEROWA ( Barbe ) , première cantatrice de 
l'Opéra national de Varsovie, née en Lithuanie, douée d'une voix 
sonore et étendue, débuta en 1823 à Warsovie, dans le rôle de la 
princesse de Jean de Paris de Boieldieu. Ensuite elle chanta avec 
grand succès dans la Flûte magique de Mozart et dans la Pie 
voleuse de Rossini. Ses autres rôles favoris étaient : celui de Des- 
demone dans Otello , de Julie dans le Charlatan, de Kurpinski et 
deCendrillon, de Rossini; elle électrisa souvent le public par la 
manière parfaite avec laquelle elle conçut ses rôles. Douée d'une 
voix puissante mais d'un timbre agréable, elle soutint sa réputa- 
tion d'excellente cantatrice. Les renseignements nous manquent 
sur sa carrière musicale dans ces dernières années. 

MAYLAT ( ), musicien cité par Ambroise Grabowski, 

vivait au xvn e siècle. 

MEDER (Jean-Valentin), maître de chapelle à Dantzik, né 
en Franconieen 1050. Jusqu'à l'âge de quarante ans, il fut attaché 
au service de plusieurs princes d'Allemagne. En 1688, il se rendit à 
Dantzik. Douze ans après il fut à Riga, où il mourut. On a de lui 
un recueil des pièces instrumentales : Capricci a due violini col 
basso per Vorgano. Dantzik, 1090 in-folio. 

MELCHIOR, Reginalis maj. fistulator (Piszczek), vivait en 153 1 . 
Cité par Ambroise Grabowski dans son intéressant ouvrage Monu- 
ments de l'ancienne Cracovie. 

MELLER (Jean) , artiste de l'Opéra polonais, composa une 
hymne à trois voix avec accompagnement d'orgue qui fut exécutée 
à l'église des PP. Franciscains à Warsovie en 18-48 (Courrier de 
Warsovie) . 

MÉTHODIUS, frère de saint Cyrille (voyez ce nom), fut évêque 
en Moravie et archiepiscop. eccles. Vannon. Il contribua à faire 
chanter les Slaves dans leur langue maternelle, et connaissait bien 
la peinture et la musique. 

MIASKOWSKI (Gaspard), poète lyrique très-estimé, publia 
en 1022, un Choix de poésies, où il parle souvent de la musique. 
On trouve dans ses vers d'utiles renseignements sur les instru- 
ments de musique au xvi c siècle, sur les vieux airs polonais et sur 
la place que le chant et la musique instrumentale occupaient dans 



398 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

l'ancienne société polonaise. Les grands personnages se faisaient 
précéder en voyage de joueurs de flûtes, de trompettes, voire 
même de timbales; les masques avaient leur musique. L'orchestre 
d'un seigneur-châtelain était tenu de jouer aux heures de repas, 
et à la promenade. Les dimanches , il était à la disposition de 
l'église de la paroisse. Les musiciens alors exécutaient des 
messes, sans se faire payer; ils étaient très-empressés de chantera la 
gloire de Dieu; d'un autre côté le clergé avait pour maxime de 
leur offrir un bon dîner après le service divin. Dans leurs vieux 
jours, les musiciens suspendaient leurs instruments au bas d'une 
sainte image, à l'église , comme pour en faire le sacrifice à Dieu 
( Voyez l'abbé Juszynski et Luc Golembiowski sur le Peuple 
polonais). 

MIECZNIKO WSKA (Isabelle), cantatrice, amateur très-distin- 
guée à Warsovie, voyagea en France et en Italie pour se perfection- 
ner dans l'art de chanter selon les bons principes (Journauxpolonais). 

MIELCZEWSKI ( ), compositeur et chanteur, attaché 

à l'église de Saint-Jean , à Warsovie, sous le règne de Wla- 
dislas IV. Il était très -habile en composition pour voix et instru- 
ments, selon le témoignage de Jarzemski, son contemporain, qui 
le loue beaucoup, en disant que Mielczewski : Grzecznie takzeKom- 
ponuje do spieivania i grania ( Voyez l'article d'Adam Jarzemski). 

MIELZYNSKI (comte), grand notaire de la couronne de 
Pologne, entretenait un excellent orchestre dans sa terre (Peuple 
polonais, par L. Golembiowski). 

MICHNOWSKI (Paul), chef d'orchestre, conduisait la musique 
aux eaux de Busk en Pologne , en 1849 (Courrier de Warsovie). 

MIÇKIEWICZ (Adam), un des plus illustres poètes des temps 
modernes, né en Lithuanie, près de Nowogrodek en 1798, il 
exerça une influence réelle sur la langue et la littérature polo- 
naises. Les bornes de cet article ne permettent pas d'entrer dans 
l'appréciation du génie poétique d'Adam Miçkiewicz, génie essen- 
tiellement polonais, chrétien par la pensée, original parla forme, 
entraînant par la chaleur, national par les sentiments élevés et le 
charme du langage. Nous citerons seulement ses principales 
poésies, ses Odes et ses Ballades dont plusieurs furent mises en 



DES MUSICIENS POLONAIS. 399 

musique par des compositeurs nationaux et étrangers. Professeur 
de littérature slave au collège de France , Miçkiewicz fit preuve 
d'une immense érudition dans son enseignement. xVussi grand 
prosateur que poëte, il laisse plusieurs poëmes d'un haut intérêt 
descriptif, mais le principal titre de Miçkiewicz à la reconnaissance 
nationale c'est son Livre des pèlerins polonais, traduit en français, 
par le comte de Montalembert. Chargé par le gouvernement fran- 
çais d'une mission à Constantinople, cet éminent poëte succomba 
dans cette ville en 1855, victime du choléra. 

Les ouvrages publiés sont : 

Odes et Ballades, 2 vol. Paris, 1828, publiées par Léonard 
Chodzko. 

Poésies, en 5 vol. Posen, 1832; 

Dziady, 3 e partie , Paris, 1833; 

Le Livre des pèlerins polonais, Paris, 1834; 

Grazyna, poëme , Giaur, Konrad Wallcnrod , Poésies diverses , 
Paris, 1836; 

Cours de littérature slave, 18-41 ; 

Pan Tadeusz (M. Thadée), poëme descriptif en 2 vol.; 

Poésies nouvelles, Paris, 1844; 

Sonnets et poésies diverses, (Biblioth. des classiques polonais, 
Leipzig, chez Bobrowicz". 

MILGZARSKI (Mathieu) , facteur d'orgue à ^Yarsovie , a con- 
struit un instrument pour l'église des Bernardins, en 1852. Il 

avait déjà fait un bel orgue pour l'église de Makow, dist. de 

Cet instrument se distingue par un beau son et réunit beaucoup 
de qualités si-Ion les connaisseurs; aussi l'habile facteur reçut des 
remerchnents publics dans les journaux, du doyen Wieloglowski. 
M. Milczarski contribua beaucoup à créer en Pologne l'industrie 
de la fabrication des orgues, il y parvint à force de zèle et de 
travaux infatigables. Artiste consciencieux, jaloux de la gloire 
nationale , cet habile constructeur d'orgues dota la ville de War- 
sovie de plusieurs instruments remarquables, qui attestent de ses 
heureux efforts pour mettre cette industrie à la hauteur des 
besoins du siècle. La ville de Bogate , dans le palatinat de Plotzk, 
possède maintenant un bon instrument de M. Milczarski. Nous 



400 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

trouvons dans le Courrier de Warsovie, une lettre de remerci- 
ments adressée à ce facteur, par M. le curé Czaplinski. 

MILKOWSKI (Paul-Félicien) , artiste lyrique de Cracovie, a 
écrit plusieurs pièces de théâtre , il fut bon musicien ; fixé à Paris 
depuis 1831 , Milkowski consacrait son temps à l'enseignement 
de la musique jusqu'à sa mort, arrivée en 1854. 

MILLER ( ) , chanteur du grand théâtre de Warsovie, a 

paru dans une représentation de la Société de Bienfaisance 
{Courrier de Warsovie). 

MILLEVILLE (Alexandre), compositeur de musique reli- 
gieuse, né à Ferrare, avait la place d'organiste du roi de Pologne, 
Sigismond III, ensuite il passa au service de l'empereur Ro- 
dolphe II. Selon Dlabacz , Milleville est mort dans sa ville natale, 
maître de chapelle de l'église de Volterra. Il est auteur d'un 
grand nombre de compositions religieuses, publiées à Venise. 
(1622 à 1629). 

MILADOWSKI( ), professeur de chant à Wilna, en 

Lithuanie, jouit d'une bonne réputation. 

MILOWANSKI ( ), célèbre trompette au service de 

Sigismond III, roi de Pologne, au xvi e siècle. Ce musicien rece- 
vait un florin de gage par semaine (Voyez les Comptes de Wol- 
lowicz, de 1596). 

MINARSKI ( ), auteur de trois Polonaises , publiées à 

Berlin, chez Paez (Whistling's hanbuch). 

MINASOWICZ (Joseph-Denys) , poète religieux, poète dra- 
matique d'un grand talent. Ses vers sont très-favorables à la 
musique. Il en a fait de fort beaux, qui ont de la grâce et du 
cachet national. Je dois à l'obligeance de M. Ordyniec, conserva- 
teur de la bibliothèque polonaise , à Paris , la communication 
d'une très-belle édition d'OE livres de Minasowicz, publiée à 
Leipzig, en 4844, sous les auspices de M. J.-N. Bobrowicz, chef 
de la librairie étrangère. Cette édition, en quatre volumes, est 
ornée de plusieurs gravures et de musique. Le premier volume 
renferme des chants sacrés à l'honneur de Jésus et de la Vierge 
Marie, qui sont chantés chez les dames chanoinesses et chez les 
Piaristes à Warsovie, avec musique de Ch. Kurpinski. A la suite 



DES MUSICIENS POLONAIS. 401 

de poésies sacrées, il y a un choix de pièces détachées char- 
mantes. A la fin du volume se trouve une Dumka en l'honneur du 
prince Joseph Poniatowski , avec musique de Charles Kurpinski. 
Le second volume contient la traduction de Preciosa en vers polo- 
nais, la traduction d'un proverbe; suivies de quelques conseils 
aux traducteurs d'opéras , dans lesquels il y a des aperçus très- 
justes basés sur l'expérience de l'auteur. 

Le troisième volume renferme deux excellentes traductions, 
une d'Otello, représenté à Warsovie en 1828, musique de Ros- 
sini; une autre de la Muette de Portici, jouée pour la première 
fois en 1830, musique d'Auber. Les Fraszki, poésies fugi- 
tives (1), et plusieurs morceaux de Goethe, de Lamartine et 
d'autres grands poètes. Quelques chants villageois, les Krakoviens 
et les Gorales , opéra polonais , traduit en vers allemands , à la 
demande du prince de Prusse avec une nouvelle musique de 
Charles Kurpinski (1827). Le quatrième volume renferme les 
poésies de Schiller, en vers polonais. La romance à Emma , de 
Schiller, avec musique du prince Antoine Radziwill , vice-roi de 
Posen, finit le volume. On doit féliciter M. Bobrowicz de la belle 
exécution typographique d'oeuvres poétiques d'un auteur aimé en 
Pologne. Le titre général de l'ouvrage est : Twory Jozefa Dyo- 
nizego Minasoivicza. Notre poëte écrivait avec facilité en alle- 
mand et possédait l'art difficile d'adapter les vers à la musique. Il 
coopéra à la rédaction d'un journal de musique : Tygodnik Mu- 
zyczny, publié par Charles Kurpinski en 1820. Ses écrits sur la 
musique renferment des choses intéressantes, Minasowicz mourut 
à Warsovie en 1849. Il avait pris pour devise ces deux vers : 

Na co tylko slac kogo-kazdy cos niech dajc! 
Juz ten grzeszyc poczyna, kto dzialac przestaje. 

(Que chacun donne ce qu'il peut. Celui qui n'agit plus commet un péché.) 

MIODUSZEWSKI (l'abbé Michel-Martin) , prêtre de la Con- 
grégation de la Mission , professeur de théologie et du droit sacré 

(1) Des chorals pour l'École de^chant faits pour être chantés avec la mu- 
sique de Beethowen. 

26 



402 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

au séminaire du diocèse de Cracovie , est auteur d'un Livre de 
Chant, très-complet et très-estimé. 

Né à Warsovie, en 1787, il entra dans l'ordre des PP. Mission- 
naires, en 1804 et fut ordonné prêtre en 1810. Nommé bientôt pro- 
fesseur de théologie et de droit sacré , il enseigna ces sciences 
dans différentes villes jusqu'à 1820, époque à laquelle il obtint 
la place de professeur au séminaire diocésain de Cracovie. 

Ayant été désigné en 1830 et 1831 , pour accompagner Monsei- 
gneur l'évêque de Cracovie, dans sa visite pastorale, en qualité 
de théologien , il observa combien on connaissait peu les mélodies 
religieuses dans les petites paroisses , et que les organistes man- 
quaient d'un livre nécessaire pour apprendre aux enfants le chant 
d'église et diriger les fidèles. 11 eut lheureuse idée de faire un 
recueil de toutes ces mélodies religieuses et de les publier avec le 
texte des prières. Dans ce but, M. l'abbé Mioduszewski se mit à 
faire des recherches dans les archives des communautés, dans les 
vieux livres imprimés et en manuscrit , dans les recueils de can- 
tiques, Kancyonaly , et dans toutes les églises et chapelles de 
l'ancienne Pologne, où l'on avait des chants particuliers. Un beau 
résultat couronna les pieux efforts de M. l'abbé Mioduszewski, 
après un travail de huit années. 11 publia la première édition de son 
Livre de Chant, sous le titre : Spiewnik Kos'cielny czyli pies'ni 
nabozne z melodyami w Kosciele Katoliçkim uzywane , a dla 
wygody jjosciolow parafijalynch przez X. M. M. M. Zgromadze- 
nia XX. Missionarzy zebrane, Krakow, 1838). (Livre de Chant, 
ou Recueil de prières avec leurs mélodies, en usage dans l'Église 
catholique , publiées pour la commodité des paroisses , par l'abbé 
Michel-Martin Mioduszewski, Missionnaire. Cracovie, un volume 
in-8, 1838, chezCieszkowski). En même temps il publia, chez le 
même libraire, le texte seul sans musique. Cette première édi- 
tion, quoique riche en mélodies religieuses d'un beau caractère, 
n'étant pas complète , le digne prêtre continua ses recherches et 
composa lui-même la musique pour certaines prières qui en man- 
quaient, en arrangea d'autres pour les cérémonies religieuses en 
usage dans les églises polonaises. Il enrichit ainsi son livre d'un 
grand nombre de nouvelles mélodies; il publia successivement 



DES MUSICIENS POLONAIS. 403 

trois nouveaux suppléments, qui parurent à Leipzig, en 1842, 
en 1853 et, en dernier lieu, en 1854, à la librairie étrangère de 
J.-N. Bobrowicz, et qui forment un gros volume de 66 feuilles 
in-8. 

M. l'abbé Mioduszewski éleva ainsi un monument impérissable 
à la musique religieuse, et tous les habitants de la catholique 
Pologne lui en doivent de la reconnaissance. Un exemplaire de 
son Livre de Chant (nouvelle édition), se trouve à Paris, chez les 
Sœurs de la Miséricorde, rue du Petit-Gentilly. Il renferme plu- 
sieurs anciennes mélodies, qui ont un grand intérêt historique, 
entre autres : un Chant sur la Résurrection , écrit dans la clef 
d'ut , quatrième ligne , sans la basse « Wstal pan Chrystus zmar- 
ticych ninie » (Le Christ ressuscita , Alléluia). Cette mélodie porte 
le cachet d'antiquité « Starodaivna. » Elle est remarquable par sa 
simplicité. Dans la deuxième partie du Spiewnik, on trouve des 
chants pour tous les offices , avec des mélodies adoptées par 
Téglise et consacrées par un long usage. M. l'abbé Mioduszewski, 
y a ajouté plusieurs messes en musique dans un style facile ; elles 
sont à trois voix sans accompagnement. Une de ces messes est de 
la composition du célèbre Charles Kurpinski. Les Chants à Marie 
« Pies' ni » sont très-beaux , empreints d'une noble et touchante 
expression. L'antienne de saint Kasimir, Omni die, die Mariœ, 
dont la mélodie date du commencement du xvi e siècle , a été 
composée par Christophe Klabon à l'époque de la canonisation de 
ce saint patron de la Pologne. Une autre antienne, Sub tuum 
(Pod twoje Obrone), paraît appartenir à une époque plus reculée. 
Simple et touchante , cette mélodie exprime bien le respect et 
la dévotion que les Polonais portaient à la sainte Vierge de tout 
temps. La mélodie pour le chant de Gloriosa Domina (0 gospodze 
uwielbiona) est ancienne; elle rappelle certaines phrases de 
l'hymne de Boga Rodziça, de saint Adalbert. La troisième partie 
de Spieivnik contient les chants à vêpres parmi lesquels on a mis 
les Suplikacyje , espèce d'invocation, que les Polonais aiment à 
chanter à l'unisson et en chœur, et qui produit une impression 
profonde sur eux; ce chant n'est pas connu en France. L'auteur 
de ce livre eut le bonheur d'entendre plusieurs de ces prières 



404 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

exécutées par les Sœurs de la Miséricorde et leurs pensionnaires, 
le 4 mars 1855, jour de la fête de Saint-Kasimir, car il existe à 
Paris , chez les Sœurs de la Miséricorde , une chapelle sous l'invo- 
cation de ce saint patron de la Pologne , où Ton entend chanter 
en polonais et où Ton peut entendre prêcher en cette langue. Ce 
jour- là , un des Pères de la Résurrection, lequel unit à son talent 
oratoire un zèle ardent pour les souvenirs nationaux et le bien 
de la religion, prononça un beau sermon pour la consolation des 
fidèles. La fête s'est terminée par l'admirable chant de Swienty 
Boze , dont l'antique et touchante mélodie est un pieux monu- 
ment de la foi de nos ancêtres. 

On voit par ces détails que le Spieiunik de M. l'abbé Miodu- 
szewski, n'est pas seulement utile dans le pays, mais il sert de 
nourriture céleste aux nombreux enfants de la catholique Po- 
logne, dispersés dans le monde entier. Le digne prêtre est auteur 
d'un autre ouvrage très-intéressant : c'est une collection de Noëls 
anciens et modernes avec le texte polonais, publiés sous ce titre : 
Pastoralhi i Kolendy z melodyami , czyli piosnki wesole ludu. 
Krakow, 184-3. (Pastorales et Noëls avec musique, auxquels on a 
ajouté plusieurs mélodies populaires , mais qui ne peuvent être 
chantées à l'église. Cracovie, 1843). En même temps, M. l'abbé 
Mioduszewski publia une petite édition de cet ouvrage , sans mu- 
sique, suivie d'un supplément, imprimée à Leipzig en 1853. Ces 
chants particuliers au peuple polonais brillent par leur naïveté ; 
on les chante pendant les fêtes de Noël dans les maisons et dans 
les rues , pour célébrer la nativité de Notre-Seigneur ; leur nom 
est : Kolenda, reste précieux d'ancienne musique d'église, mêlée 
aux vieux airs populaires. Les Kolendas, sont d'un grand intérêt 
historique pour les antiquaires , plusieurs de ces airs datent des 
xm e et xiv e siècles. Le Recueil de M. l'abbé Mioduszewski se re- 
commande par un bon choix de mélodies. 

MIREÇKI (François) , célèbre compositeur dramatique, des- 
cendant d'une famille musicale par son père, sa mère, ses oncles 
et surtout par son grand-père Dominique Goronczkiewicz, naquit 
à Cracovie, vers 1794. 

A quatre ans, il jouait déjà du piano. En 1800, il donna son 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 405 

premier concert, dans lequel il exécuta un concerto de Haydn et 
une sonate de Beethoven avec accompagnement de violoncelle, 
avec autant de précision qu'on pouvait en attendre d'un enfant de 
six ans, doué d'une organisation heureuse et précoce. 

Après avoir terminé ses études à l'École normale, à celle du 
Gymnase, et à l'université , François Mireçki partit pour Vienne, 
en 1814. 

Ici commence la véritable carrière artistique de Mireçki. Arrivé 
dans une ville si renommée par son goût pour l'art musical , ses 
grands artistes et ses excellents orchestres , notre jeune compo- 
siteur se lia d'amitié avec Moscheles, Pixis, Hummel et Beethoven, 
fit connaissance avec les principaux compositeurs, comme Preindl 
et Salieri, etc. ; il profita de son séjour dans cette capitale pour 
suivre les concerts, l'opéra, les réunions musicales, entendre l'exé- 
cution des messes à la chapelle impériale, assister aux quatuors , 
oratorios, symphonies, et autres chefs-d'œuvre qui exercent une 
si grande influence sur les jeunes imaginations. 

François Mireçki commença à travailler sous la direction de 
Hummel, il prit des leçons de composition de ce maître et profita 
beaucoup de lui en l'entendant improviser, mais ces études furent 
interrompues pendant quelques temps. Invité par le comte Joseph 
Ossolinski à venir à la campagne , Mireçki s'occupa de l'arrange- 
ment de la bibliothèque de ce grand protecteur des sciences et 
des arts, et passa ainsi deux belles années de son jeune Age. Il 
publia, vers ce temps-là, ses premières compositions, savoir : 

Œuvre 1. Trois polonaises pour piano à M. Nariszkin. 

— 2. Quatre polonaises pour piano à M. le comte Osso- 

linski. 

— 3. Trois marches pour piano. 

— 4. Recueil des krakowiaks avec poésies de Goreçki. 

— 5. Recueil des mazoures pour piano. 

— 6. Douze variations sur une krakowiak pour piano, dédiée 

à la comtesse Zamoyska. 

— 7. Rondeau pour piano. 

Ces deux dernières œuvres, bien écrites, firent connaître notre 



406 DICTIOiXIVAIRE BIOGRAmiQUE 

jeune compositeur, qui quitta Vienne pour se rendre à Venise, où 
il resta de 1816 à 1817, partageant son temps entre la musique et 
la littérature. Il étudia l'école italienne dont l'instrumentation est 
moins compliquée que celle de l'école allemande, mais qui pos- 
sède d'excellentes méthodes de chant. 

Durant son séjour à Venise , Mireçki eut l'occasion d'entendre 
deux célèbres cantatrices, M mes Fabre et Malanotti ainsi que le fa- 
meux chanteur Bianchi , il fréquenta l'Opéra, joua de l'orgue et 
du piano, travailla le grec, et ayant fait connaissance avec plu- 
sieurs Vénitiens distingués, il partit pour Milan, recommandé à 
l'éditeur Ricordi. 

Introduit dans la société italienne, Mireçki y rencontra plusieurs 
célébrités, telles que : Rolla, violoniste d'un grand talent; Pollini, 
pianiste et compositeur ; Pacini et Pavesi , compositeurs drama- 
tiques. En peu de temps, il fut très-répandu à Milan, se fit en- 
tendre sur le piano et publia les œuvres suivantes chez Ricordi : 

OEuvre 8. Quatre polonaises pour piano. 

— 9. Variations sur un thème de l'opéra Faniska pour 

piano. 
Gomme tous les artistes, Mireçki eut le plus grand désir de voir 
Paris, il se mit en route, et arriva vers la fin de 1817 dans cette 
grande ville , où malgré les pressantes recommandations de son 
ami Ricordi, il eut beaucoup de peines à réussir. Cependant il 
entra en relations avec l'éditeur Carli et fit graver les compositions 
suivantes : 

OEuvre 10. Dix variations pour piano sur le Carnaval de Venise. 

— 11. Variations sur l'air Sul margine d'un Rio. 

— 12. Rondeau pour piano, Alla Polacca. 

— 13. Fantaisie et variations sur la romance : Bien aimé qui 

jamais n'oublie. 

— 14. Grand trio pour piano, violon et violoncelle, dédié à 

Gaspard Spontini. 

Ces compositions firent apprécier davantage le talent distingué 
de Mireçki. Sa réputation s'étendit, et il attacha bientôt son nom 
à une publication importante qui attira sur lui l'attention des vrais 



DES MUSICIENS POLONAIS. 407 

connaisseurs. Nous voulons parler de son travail pour ajouter l'ac- 
compagnement aux cinquante Psaumes de Marcello , entreprise 
hardie et qui demandait des connaissances solides en harmonie. 
L'apparition de la première livraison de cet ouvrage, publié par 
Carli, souleva quelques critiques contre Mireçki; mais il ne s'en 
découragea pas, et aidé des conseils paternels de l'illustre Chéru- 
bini, il acheva cet important travail qui consolida sa réputation de 
compositeur et de bon harmoniste. En effet, Mireçki rendit ainsi 
le premier un service signalé aux classiques Italiens. Voici les 
titres de ces trois ouvrages. 

Œuvre 15. Cinquanta Salmi di B. Marcello cogli accompagna- 
menti di F. Mireçki Polacco , revisti dal M L. 
Cherubini. 12 livraisons, composant quatre vo- 
lumes in-foglio. Paris, Carli. 

— 16. Madrigalidi Clari : Duetti et Terzetti, en neuf livrai- 

sons. Ibid. 

— 17. Duetti di Durante, un volume avec les accompagne- 

ments par Mireçki. Ibid. 

Fortifié par la connaissance du contre-point et une étude pro- 
fonde de l'harmonie, notre compositeur publia ensuite plusieurs 
œuvres remarquables : 

Œuvre 18. Trois sonates pour piano, doigtées. 

— 19. Divertissement pour piano et guitare. 

— 20. Idem, pour piano sur les motifs de Turc en Italie. 

— 21. Trois sonates pour piano seul. 

— 22. Deux sonates pour piano et vioion. 

— 23. Grandes variations pour piano sur l'air Halte-là. 

Indépendamment de ces compositions, Mireçki arrangea plu- 
sieurs opéras pour piano, pendant son séjour à Paris. Familiarisé 
ainsi avec le style dramatique, il eut l'idée d'écrire un opéra. Il 
composa la musique pour une pièce de Kniaznin intitulée : Cyrja- 
nie (les Bohémiens), qui fut représentée à Warsovie en 1820, sous 
les auspices du prince Adam Czartoryski. Cette composition 
quoique imparfaite, renfermait des beautés, et donna l'idée à 



408 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Mireçki de se consacrer à la composition dramatique ; il quitta 
Paris pour Milan en 1822. Accueilli à merveille par ses anciens 
amis, et surtout par l'éditeur Ricordi qui lui procura une petite 
chambre en ville avec un piano, Mireçki, arrivé dans la patrie de 
saint Charles Borromée, le jour de sa fête, se mit courageusement 
à l'œuvre. 

Il respirait là, sous le beau ciel d'Italie, dans cette ville, berceau 
de grands chanteurs et compositeurs qui fut toujours favorable à 
la fortune artistique de Mireçki. Dans l'espace d'un an, il écrivit 
la musique de trois ballets, savoir : Octavia, le Château de Kenil- 
worth et le Baccanali aboliti ; il acquit pendant ce travail une 
grande expérience en instrumentation, son style devint plus large, 
plus approprié aux exigences du théâtre. La musique de ses 
ballets, ainsi que plusieurs opéras de Rossini arrangés pour qua- 
tuor, furent publiés chez Ricordi qui édita bientôt deux autres 
ouvrages de Mireçki : 

Œuvre 24. Tre Sonatine pour piano, doigtées. 

— 25. Trattato intorno agli stromenti ed airistromentazione, 
Milano, presso G. Ricordi, 1825. 

Ce dernier traité fut analysé dans la Gazette musicale de Leipzig 
de la même année. Il renferme une bonne description d'instru- 
ments à vent, et peut être consulté avec fruit par les jeunes com- 
positeurs. 

Mais bientôt Mireçki eut l'occasion de se montrer comme com- 
positeur dramatique en écrivant, pour le théâtre de Gênes, son 
Evandro in Pergamo, qui ne put être représenté qu'en dé- 
cembre 1824, à cause de la mort du roi de Sardaigne, mais qui fut 
joué vingt-six fois de suite avec un succès croissant. Avant sa pre- 
mière représentation , Mireçki visita Florence, Rome et Naples, 
où sa réputation l'avait précédé. Il fit connaissance à Florence 
avec lord Burgersch, aujourd'hui comte de Westmoreland, ama- 
teur-artiste le plus distingué de la Grande-Bretagne. A Rome, il 
fréquenta la chapelle Sixtine et admira les messes chantées alla 
Palestrina. A Naples, il vit jouer deux de ses ballets composés à 
Milan, écrivit plusieurs morceaux détachés, entre autres, une 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 409 

scène et air pour le célèbre ténor Tachinardi. Enchanté de son 
séjour à Naples, Mireçki revint à Milan au bout de quatre mois, et 
publia les œuvres suivantes : 

Œuvre 26. Rondeau pour piano. 

— 27. Tarentelle. Milan, Ricordi. 

Après le succès éclatant d'Evandro , Mireçki accepta la place 
de directeur du théâtre de Saint-Charles, à Lisbonne, et partit 
pour cette ville avec une troupe chantante et dansante, fit jouer 
en mars 1826, I due Forzati, opéra qui fut reçu avec faveur et 
marqua le progrès dans la manière de l'auteur. Les morceaux de 
ses opéras qui eurent du succès sont : 

OEuvre 28, Duo d'Evandro pour soprano et ténor. 

— 29. Rondo pour mezzo soprano. 

— 30. Ouverture de Due Forzati à quatre mains. 

— 31. Cavatine pour bariton du même opéra. 

— 32. Duo pour ténor et bariton. Idem. 

— 33. Duo pour soprano et ténor. Idem. 

— 34. Duo bouffe pour deux basses. Idem. 

— 35. Quatuor pour soprano, ténor et deux basses. 

Mireçki était en train d'écrire un nouvel opéra sous le titre 
Adrien en Syrie, lorsque la mort du roi de Portugal , Don Juan VI, 
vint interrompre ses représentations et l'obligea bientôt de clore 
son entreprise. Il avait visité l'Angleterre, traversé la France, 
et de retour à Gênes, il s'était établi dans cette ville comme 
professeur de chant, où il avait épousé une fille de bonne maison 
et résidé dans sa nouvelle patrie pendant environ douze ans, tout 
en faisant des excursions en Italie et en Allemagne. 

En 1831 , Mireçki fit monter son opéra de Due Forzati au 
théâtre de Pergola, à Florence, avec non moins de succès qu'à 
Lisbonne, il publia de nouvelles compositions, et en 1838, il fut 
demandé par le sénat de la ville libre de Cracovie, pour venir di- 
riger une nouvelle école de chant dramatique, et publia les com- 
positions qui suivent : 



410 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

OEuvre 36. Trio pour piano, violon et basse. Paris, 1832. Milan, 
Ricordi. 
• 37. Messe pastorale avec orchestre. Inédite. 
38. Adagio et Allegro pour piano, deux violons, alto, 
violoncelle et contrebasse. Vienne, chez Has- 
linger. 
— 39. Mazurek variée pour piano et violon obligé. 

Cette œuvre qu'on donna plus tard sous le nom de M. Sivori, 
appartient à M. Mireçki. 

Ayant quitté Gênes pour venir habiter Gracovie , sa patrie, Fr. 
Mireçki s'occupa de l'organisation de l'école de chant composée 
de vingt-quatre élèves des deux sexes. Cette Institution prospéra 
depuis sous l'habile direction de ce maître; plusieurs sujets dis- 
tingués en sortirent. C'est d'abord Jean Stysinski, bariton, attaché 
au grand Opéra de Warsovie ; Valère Nowakowski, basse chan- 
tante d'une bonne qualité , membre de la troupe dramatique de 
Wilna; Honorine Hoffmann, possédant une jolie voix de soprano, 
débuta à Cracovie en 1843, et chanta depuis sur tous les grands 
théâtres à l'étranger. 

Joséphine Belcikowska, cantatrice distinguée (Voyez son 
article), fait honneur à l'école de M. Mireçki, ainsi que Caroline 
Fryben, son élève particulière. Absorbé par les soins de son école 
de chant, Mireçki ne composait qu'à de rares intervalles. Cepen- 
dant il fit monter, au théâtre de Cracovie, un nouvel opéra inti- 
tulé : Nuit dans les Apennins , paroles du comte Fredro. Cette 
pièce, exécutée en 1845, par tous ses élèves, obtint du succès. La 
partition a été publiée depuis à Milan, chez Ricordi , avec le texte 
italien et polonais. Cette belle édition fait honneur à l'éditeur et à 
l'auteur de la musique dont le haut mérite est généralement 
apprécié en Italie. 

En 1852, ce maître écrivit deux Messes et quatre Offertoires 
pour un concours annoncé à Londres, qui ne fut jamais sérieux. 
Il composa, en 1855, une Symphonie à grand orchestre pour 
Manheim,qui doit paraître bientôt à Milan. 

Après une existence d'artiste aussi bien remplie, François 



DES MUSICIENS POLONAIS. 411 

Mireçki a droit à la reconnaissance nationale et son nom doit être 
cité avec honneur dans l'Histoire de la musique en Pologne. 

MIREÇKI (Stanislas), fils du précédent, pianiste et composi- 
teur distingué, réside à Kamienieç-Podolski, où il occupe la place 
de maître de chapelle de la cathédrale. 

MIREÇKI (Kasimir), cultive la peinture et la musique et pos- 
sède un talent remarquable sur le violoncelle. Fils de l'illustre 
compositeur de ce nom, Kasimir Mireçki habite la ville de Cra- 
covie, où Use fait entendre quelquefois dans les concerts pour les 
pauvres. 

MISKIEWICZ (Mathieu) , fut le onzième directeur de la cha- 
pelle des Roratistes, instituée près la cathédrale de Cracovie pour 
faire chanter des Messes (Rorate) en musique. Miskiewicz dirigea 
cette chapelle jusqu'en 1680. (Lud Polski , parL. Golembiowski , 
tome ni, page 210). 

MITZLER DE KOLOF (Laurent-Christophe), que la Pologne 
peut revendiquer puisqu'il passa une grande partie de sa vie à 
Warsovie, où il reçut des lettres de noblesse, est né à Wettelsheim, 
le 25 juillet 1711. 

Philosophe, mathématicien, littérateur , docteur en médecine, 
jurisconsulte et musicien, Mitzler a écrit beaucoup et ses ouvrages 
relatifs à la musique renferment des dissertations, des analyses, 
des traités fort bien élaborés , ayant pour but d'élever l'art musi- 
cal à la hauteur d'une science philosophique et résoudre certains 
problèmes qui préoccupèrent alors les Encyclopédistes et les 
savants de la docte Allemagne. 

On trouve dans la Biographie universelle de M. Fétis, une notice 
intéressante sur Mitzler , nous nous bornerons à parler de son 
séjour en Pologne et des ouvrages qu'il y publia depuis 1745. 

Appelé par le comte Malachowski à Konskié, pour enseigner 
les mathématiques et la philosophie à ses fils, Mitzler vint en 
Pologne, habita d'abord la campagne, puis se fixa à Warsovie 
avec le titre de mathématicien de la Cour. Recherché par les 
grands et les gens instruits, à cause de sa réputation de savant 
et d'homme de goût, Mitzler donna tous ses soins à la conti- 



412 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

nuation de sa Bibliothèque musicale, dont les premiers volumes 
avaient déjà paru à Leipzig. 

Encouragé par l'accueil distingué qu'il reçut en Pologne, ce 
savant établit à Warsovie une maison de librairie et fit transpor- 
ter de Leipzig à Warsovie son imprimerie, qui fut plus tard 
acquise par le libraire Groll. 

Avant de venir habiter la Pologne Mitzler avait publié une dis- 
sertation intitulée : Quod musica scient ia sit , Leipzig , 1734, in-4. 
Pour développer cette idée , il fonda une Société musicale , dont 
les membres étaient : Le comte Lucchesini, Mitzler, G.-K. Bumler, 
maître de chapelle, Ch.-Th. Schroeter, organiste, H. Bockmayer, 
chantre, ïileman, maître de chapelle, Stoelzer, idem, G.-F. Lingke, 
Spiès compositeur, Haendel et W. Weiss. 

Cette Société, dont Mitzler remplissait les fonctions de secré- 
taire, exerça une grande influence sur le monde musical, elle 
avait pour objet d'éclaircir les questions scientifiques ; à cet effet, 
on décida qu'un journal serait publié afin de servir de centre de 
communication entre les membres fondateurs et le public. Ce 
journal eut le titre de Bibliothèque musicale , dont le quatrième 
volume fut écrit en Pologne et publié à Leipzig, en 1754. 

En quittant l'Allemagne pour venir chez le comte Malachowski, 
Mitzler fit quelques dispositions pour assurer l'existence de sa 
Société dont il était l'âme. Mais en son absence le zèle des 
membres restés en Allemagne ne put empêcher que la Société 
ne fût dissoute quelque temps après. 

Mitzler continua à rédiger la Bibliothèque musicale en grande 
partie : « Musicien érudit, mais sans génie, dit M. Fétis, il voulut 
» cependant faire des essais de composition , dans des études 
» d'odes pour le clavecin, dont la médiocrité excita l'hilarité des 
» artistes. Il en parut un éloge ironique dans VEhrenpforte, de 
» Mattheson; Mitzler prit cet éloge au sérieux et y fit dans sa 
» Bibliothèque une réponse qui augmenta le nombre des rieurs. » 

Les ouvrages théoretiques de Mitzler sont écrits en allemand; 
le polonais ne lui était pas assez familier pour écrire en cette 
langue. Il est à regretter que Mitzler ne nous ait rien laissé sur 
l'état de la musique en Pologne sous les règnes d'Auguste III , et 



LES MUSICIENS POLONAIS. 413 

de Stanislas-Auguste Poniatowski. Il pouvait en donner des ren- 
seignements précieux, ayant eu des relations avec les principaux 
musiciens de ce siècle, tant à Warsovie qu'à Dresde, où la Cour 
de Pologne résidait une partie de l'année. Occupé des théories 
générales , il voulait partout appliquer les mathématiques à la 
base générale et la philosophie à la musique. Cependant son 
quatrième volume de la Bibliothèque musicale renferme des 
articles relatifs à l'état des sciences et des arts en Pologne, ce 
volume est souvent cité par les historiens de ce pays , comme 
très-utile à consulter. Les ouvrages de Mitzler sont rares, il 
mourut à Warsovie, au mois de mars 1778, l'année de la pre- 
mière représentation de l'opéra original polonais. 

Ses ouvrages publiés à Leipzig, sont : 

Dissertatio, etc., déjà citée, qui eut deux éditions. 

Lusus ingenii de prœsenti bello, etc., Wittemberg, 1735. 

Neu crœffnete Musikalische Bibliothèque (Bibliothèque musicale 
nouvellement ouverte), premier volume, -6 parties publiées sépa- 
rément, depuis 1736 jusqu'en 1738, avec le titre général donné à 
Leipzig, 1739, in-8°; 2 e volume, en 4 parties, publiées depuis 
1740 à 1743; 3 e volume, divisé en 4 parties, formant 778 pages, 
depuis 1746 à 1752, Leipzig, in-8°; 4 e volume, dont la l re partie 
renfermant 182 pages, a été publiée à Leipzig en 1754. 

Musikalischer Staarstechen , etc. (L'Oculiste musicien qui dé- 
couvre et annote modestement les fautes de musique, etc., 
Leipzig, 1740). Ce journal n'a pas eu de suite. 

Die Anfangsgrunde des Generalbasses, etc. (Eléments de la basse 
continue, Leipzig, 1739, in-8°). 

Gradus ad Parnassum, de Fux, traduit en allemand par Mitzler, 
Leipzig, 1740, in-4°. 

Odes morales, déjà citées, 1 740 à 1 743 ; Trois Suites et 4 sonates 
pour la flûte traversière, le hautbois ou le violon, arrangés de 
manière qu'on peut aussi les exécuter sur le clavecin, Leipzig, 
in-folio. 

Un autre ouvrage historique et littéraire, de Mitzler, sous ce 
titre : Acta litteraria Regni Poloniœ , est souvent cité par les 
auteurs polonais. 



Mi DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

MLODZIEIOWSKI, évêque de Posen et de Warsovie, fit chan- 
ter un Te Deum à l'église de Saint-Jean , le lendemain de l'enlève- 
ment de Stanislas-Auguste Poniatowski , roi de Pologne. Un 
nombreux clergé et beaucoup de grands seigneurs furent convo- 
qués à cette cérémonie à la cathédrale de Warsovie {Mémoires 
d'André Kitowicz,sur les règnes d'Auguste III et de Poniatowski , 
publiés par A. Woykowski, à Posen, 1840). 

MOCHNAÇKI (Maurice), littérateur et historien, mort en 
France en 1834, possédait un talent distingué sur le piano et 
exécutait bien les auteurs classiques. En 1833, Mochnaçki se fit 
entendre à Metz dans un concert pour les pauvres et obtint beau- 
coup de succès. 

MONCZYNSKI (R. ) ou Moczynski, pianiste, né en Podolie, se 
fit connaître à Warsovie vers 1842 en accompagnant l'improvisa- 
teur Giustiniani dans ses séances publiques. Après avoir visité 
l'Allemagne et l'Italie , cet artiste partit pour Saint-Pétersbourg 
où il se fit entendre avec succès en 1850. On a de lui une sérénade 
pour piano Op. 2, publiée à Vienne par Haslinger. 

MOLITOR (Thomas), pasteur polonais à Rozynsko en Prusse, 
connaissait bien la musique et composa plusieurs mélodies pour 
les recueils de cantiques publiés à Kœnigsberg, il fit imprimer en 
1656 un chant sur l'irruption des Tatars en Prusse, intitulé : 
Xiendza Thomasza Molitora, Plebana Kosciola Rozynskiego Roku 
1656. Piésn pierivsza o wtargnieniu Tatarskim do Prus, na note 
Psahnu tego : Uslysz prozby moie Boze litosciwy , et « Oyczyzno 
teskliwa zaleway sie lzami. » Plusieurs ecclésiastiques allemands, 
du nom de Molitor, compositeurs au xvn e siècle, sont cités par 
M. Fétis dans sa Biographie universelle , tom vi. 

MOLSKI (Martin) , poëte et colonel dans l'armée polonaise, 
prononça un panégyrique à Posen le jour de la translation des 
reliques de saint ieimKanty (1), canonisé par la bulle du Pape. 
A cette occasion, les étudiants du collège de Lubran, exécutèrent 
plusieurs morceaux de chant pendant la marche du cortège, 

(1) Il existe un chant a Thonneur de saint Jean Kanty, publié dans le Spiew- 
nik Koscielny, par l'abbé Mioduszewski. Cracovie, 1838. Nous le donnons à la 
fin du volume. 



DES MUSICIENS TOLONAIS. -415 

depuis l'église Sainte-Marie-Ma'deleine jusqu'à la cathédrale. Les 
musiciens de la Chapelle jouaient pendant la cérémonie qui eut 
lieu en 1768 (Relation de la canonisation de saint Jean Kanty, 
citée par Joseph Lukasiewicz dans le tableau de la ville de Posen) 
Obraz hist. — Statys : Miasta Poznania , 1838 chez Pompée à 
Posen. Le colonel Molski avait beaucoup de facilité pour la 
poésie, il ne négligeait aucune occasion de faire des vers ; ce 
qui donna lieu à Tépigramme suivante : 

» Jakikohciek jest los Polski, 

« Zaïvsze iciersze pisze Molski. » 

(Quel que soit le sort de la Pologne, Molski écrit toujours des vers! ) 

MONIUSZKO (Stanislas), compositeur dramatique de l'époque 
actuelle, d'un grand talent, a écrit beaucoup pour l'église, pour 
orchestre et pour piano. Né en 1819 en Lithuanie, dans le gou- 
vernement de Minsk, dans une propriété de ses parents, il fut 
bercé dans son enfance par les chants historiques de I. U. Niem- 
cewicz, ouvrage admirable dont les beaux vers et les mélodies 
graves, en nourrissant l'âme de la jeunesse des hauts faits de l'his- 
toire nationale, excitaient en elle l'amour de la vertu et les goûts 
des arts. Stanislas Moniuszko raconte lui-même ses premières 
impressions musicales avec cette simplicité qui charme et instruit. 
A cinq ans, il savait par cœur plusieurs de ces mélodies, sa mère 
qui possédait une voix ravissante , lui chantait souvent celle de 
Lesko le Blanc, celle de la Reine Hedwige et celle de Zolkiewski , 
une des plus touchantes de cette épopée polonaise, de l'immortel 
Niemcewicz. Quoique un peu difficiles pour un enfant, les chants 
historiques réveillèrent le goût pour la musique dans lame du 
jeune Stanislas. Il reçut les premières leçons de piano de sa mère, 
ensuite il eut d'autres professeurs , entre autre Auguste Freyer , 
l'excellent organiste de Warsovie (voyez ce nom); mais c'est à 
Dominique Stefanowïcz , un des bons professeurs de Minsk, que 
Stanislas Moniuszko fut redevable de ses grands progrès en mu- 
sique, pour laquelle ce maître avait une véritable passion et qu'il 
sut inspirer à son élève. Ne trouvant point d'empêchements pour 



416 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

se livrrer entièrement à l'art musical, le jeune Moniuszko travailla 
avec ardeur pour un but aussi élevé. Aidé par son père, il entre- 
prit le voyage de Berlin (1837) où il étudia pendant trois ans 
la haute composition sous la direction de M. Rungenhagen. 

De retour à Wilna en 1 840, il se fixa dans cette capitale de la 
Lithuanie et obtint en peu de temps une réputation brillante. Très- 
apprécié par ses compatriotes, comme compositeur et comme 
professeur, il aime à rendre service aux artistes qui passent par 
Wilna. Ayant fait plusieurs voyages à Saint-Pétersbourg, il fut 
très-bien accueilli par la famille impériale, donna des concerts 
pour faire entendre ses compositions qui produisirent de l'effet 
sur le public russe, on ne tarda pas à remarquer sa belle manière 
d'écrire, son style pur et concis. En 1846, il composa un opéra 
en deux actes, intitulé Halka, représenté à Warsovie et à Wilna 
avec succès, et très-admiré par les connaisseurs. Il donna ensuite 
une opérette sous le titre Loterya, qui a été jouée quatre fois à 
Warsovie et applaudie. Il publia séparément trois chants sur les 
paroles de Miekiewicz , très-répandus en Lithuanie ( Voyez le 
Courrier de Warsovie du mois de mai 1848). D'après ce journal, 
Moniuszko serait auteur d'un Nouveau Don Quiclwte, composition 
bouffe sur les paroles de M. le comte Alex. Fredro, et d'une autre 
composition dans le genre sentimental , intitulée : Une nuit dans 
les montagnes de l'Apennin. Il écrivit la musique pour la troisième 
partie de Dziady , poëme d'Adam Miekiewicz. En 1849, Mo- 
niuszko fit représenter à Saint-Pétersbourg une cantate mytho- 
logique sous le titre : Milda, déesse de la beauté, qui fut jouée en 
présence de S. A. I. le Grand-Duc, héritier, l'Empereur actuel 
qui daigna en accepter la dédicace. 

Les principales compositions de Stanislas Moniuszko sont : 

MUSIQUE D'ÉGLISE. 

Quatre Litanies pour chœur et orchestre, composées pour Notre- 
Dame-de -Wilna ( Ostrobramska) . 

Messe à quatre voix avec orchestre. 

Trois messes avec le texte polonais, et accompagnement 
d'orgue. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 417 

La Madone, hymne pour solo, chœur et orchestre. 

CANTATES AVEC ORCHESTRE. 

Milda , déesse de la beauté. 
Xiola , sujet mythologique. 

COMPOSITIONS DRAMATIQUES. 

Halka, opéra sérieux en deux actes. 

Idéal, opérette. 

Loterie , idem. 

Betty, idem. 

Les Bohémiens , idem. 

Un Conte , fantaisie pour orchestre. 

COMPOSITIONS VOCALES. 

Spiewnik domowy (Album de chant publié en cinq livraisons). 
Trois chants, publiés séparément, sous le titre : Maeiek , 
Budrysy , Lirnik ivioskoivy. 

PIÈCES DÉTACHÉES POUR PIANO. 

Stanislas Moniuszko appartient à une famille distinguée du gou- 
vernement de Minsk; sa résidence habituelle est à Wilna. 

MONETA (Jean), prédicateur polonais à Dantzik, né à 
Oletzko en 1659, fut d'abord cantor à Vilna, publia plusieurs 
poésies à Thorn vers 1690, et occupa ensuite la place de correc- 
teur et de cantor ou chantre à Graudenz. Plus tard il succéda à 
J.-J. Hoynovius comme prédicateur polonais à Dantzik en 1723. 
11 surveilla la publication du Cancional de Dantzik, avec Andr. 
Waschetta, en 1732, et mourut en 1735, après avoir servj 
l'église pendant cinquante ans dans différentes fonctions (Ephr. 
Oloff. Polnische Lieder Geschichte). 

MONETARI ( Etienne ), auteur de l'ouvrage : Epithome 
xitrinsque musices practicœ Stephani Monetari, etc., publié par 
FI. Ungler. Gracovic, 1512 [Histoire des imprimeries de Cracovie , 
par G.-S. Bandtkie, 1815, in-8°). 

27 



418 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

On voit que l'ouvrage de Monetari précéda les œuvres de Felsz- 
tynski, mais la palme d'ancienneté appartient jusqu'ici à Nicolas 
de Radom ( Voyez ce nom ), dont le manuscrit musical est du 
xv e siècle. 

MONTBRUN ( ), artiste lyrique à Paris, professeur de 

chant à Warsovie et directeur du théâtre national polonais , doit 
avoir sa place ici pour avoir rendu des services à la scène polo- 
naise. C'est lui qui forma le talent d'Albert Boguslawski (artiste 
écrivain dramatique et directeur de la troupe {Voyez son article). 
C'est encore à Montbrun, qui était excellent musicien, que revient 
l'honneur d'avoir fait jouer le premier opéra polonais, exécuté 
par les chanteurs du pays. Cette pièce intitulée : Nendza Uszczen- 
sliwiona, musique de Kamienski , fut représentée avec un grand 
succès sous la direction de Montbrun, en 1778, au théâtre de 
Warsovie , placé alors au palais Radzhoill. La célèbre cantatrice 
française Maillard avait pour professeur de chant Montbrun, qui 
la fit débuter à Warsovie dans le rôle de laitière dans les Deux 
Chasseurs. Ami et protecteur d'Albert Boguslawski , Montbrun, 
resté fidèle à la Pologne dans les jours de malheur, vint encore 
en aide à son élève lorsque celui-ci éprouva des pertes de fortune 
à la prise de Warsovie en 1795. 

MORENSKI ( ), curé de l'église collégiale de Sainte- 

Marie -Madeleine à Posen, vivait vers la fin du xvi e siècle. Il est 
connu pour avoir institué des fonds pour la musique , qui devait 
jouer pendant les fêtes de sa paroisse {Histoire de la ville de Posen, 
par Joseph Lukasiewicz, Posen 183$. ) Ce savant auteur ajoute 
que les curés de Sainte - Marie - Madeleine furent toujours choisis 
parmi les chanoines et les prêtres de la cathédrale. 

MORRIS (M lle ), cantatrice distinguée, fille du maître 

de ballet de ce nom , débuta dans le rôle de la reine de Navarre 
de Jean de Paris, en 1841. Ensuite elle chanta avec succès e 
rôle de Zerline dans Don Juan au grand Théâtre de Warsovie, se 
fit entendre au concert de M. Olivier dans un duo avec le ténor 
Dobrski. Cette cantatrice épousa en dernier lieu M. Quatrini. 

MOROWSKI ( ), publia des variations sur l'air de 

Boiomir et Wanda, à Berlin , chez Simon. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 419 

MORTONG ( Madeleine ) supérieure et fondatrice du couvent 
des Bénédictines, à Posen, vers l'an 4593, acheta le palais de la 
famille Gorka après le décès du dernier Stanislas Gorka , palatin 
de Posnanie , pour y établir ses religieuses. Le chant choral fut 
en grand honneur chez les dames Bénédictines, et nous trou- 
vons des traces dans les actes capitulaires du couvent que les 
offices divins furent chantés en chœur par les religieuses. En 1614, 
jour de Sainte - Thérèse , l'évêque de Posen , André Opalinski , 
présida à la prise d'habit de douze jeunes filles appartenant aux 
premières familles de Pologne. Le chant de ces pieuses néophytes 
offusquait quelquefois les protestants qui furent nombreux à 
Posen. La Chronique des dames Bénédictines , citée par J. Luka- 
siewicz dans son ouvrage ( Obraz miasta Poznania ) , raconte à ce 
sujet l'anecdote suivante : « Un riche négociant de Posen, nommé 
Ridt, luthérien, dont la maison était située en face du couvent des 
dames Bénédictines, et qui entendait souvent leurs chants, s'écria 
un jour qu'il aimerait plutôt crever que d'écouter ces hurlements 
des louves. 11 mourut bientôt, en revenant de la foire de Thorn , 
dans un bois près de Posen. Le jour de l'anniversaire de sa mort, 
ses serviteurs, en traversant le même bois, virent un loup furieux 
s'élancer à leur poursuite ; ils s'apprêtèrent à faire usage de leurs 
armes, lorsque le loup leur parla ainsi : « Arrêtez , je suis votre 
» infortuné maître, qui suis mort ici selon mes souhaits, pour 
» n'avoir pas voulu entendre le chant des religieuses, je suis 
» damné et réduit à errer ainsi jusqu'au jugement dernier. » La 
Chronique ajoute que cette tradition était très-répandue parmi les 
gens du peuple (1609). 

MOSIONZEK , organiste, attaché à la chapelle de Sigis- 
mond III, roi de Pologne, est cité par Starowolski in Elogiis cen- 
tum illusiïium Poloniœ scriptorum comme un musicien fort habile 
ayant étudié à Rome. Le jésuite Cichocki, en parlant de Mosionzek, 
dit qu'il savait donner de l'âme à chaque ton de son instrument. 
Cet habile organiste vivait au xvi e siècle; l'époque de sa mort est 
ignorée. Ce musicien est quelquefois appelle Mosionzhowski (Adam) 
( Voyez le Peuple polonais , par Luc Golembiowski , tome ni ). 

MOSQUA ( ), oberfiscal sous l'administration prus„ 



420 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

sienne , à Warsovie , était un des principaux fondateurs de la 
Société musicale de cette ville, en 1 805, avec le comte Krasiçki, 
Hoffmann, major Lessel, et d'autres membres. Cette Société n'a 
eu qu'une année d'existence par suite d'événements politiques. 
Elle fît publier ses statuts et règlements dans la Gazette musicale 
de Leipzig (vm e volume, n os 2 et 3 ). 

M0SZ0WECZ (Michel de), tubicinator regiœ maj., en 1519, 
cité par Ambr. Grabowski dans son ouvrage sur Y Archéologie 
polonaise , publiée à Leipzig en 1854, page 98. 

MOSZYNSKI (comte Frédéric), Stolnik koronny (Panetier de 
la Couronne), avait dans ses attributions le théâtre national de 
Warsovie, sous le règne de Stanislas-Auguste Poniatowski. Il 
était chargé de faire perfectionner les talents de chanteurs , les 
encourager dans leurs travaux , assurer leur sort et faire le choix 
des pièces. Cette dernière fonction avait une grande importance. 
Le théâtre étant l'école des mœurs, le roi confia aux lumières et 
au zèle du comte Moszynski, la tâche de contribuer par de bonnes 
pièces à la régénération de la nation polonaise. Il était aidé dans 
ses fonctions par le chambellan Woyna, lequel ayant traduit une 
comédie du théâtre français, fit débuter Albert Boguslawski 
en 1778, devenu depuis célèbre comme artiste, chanteur, écrivain 
dramatique et bon administrateur. Le comte Moszynski protégeait 
beaucoup Boguslawski et le présenta au roi ; du reste, le goût des 
arts est héréditaire dans la famille du grand Panetier de la cou- 
ronne... Le comte Pierre Moszynski, maréchal de la noblesse de 
Volhynie, encourageait beaucoup les artistes, et sa belle-sœur, la 
comtesse Théophile-Frédérique Moszynska, faisait un noble usage 
de sa grande fortune, car l'auteur de ce livre ayant eu le bonheur 
de lui être présenté à Vienne, reçut d'elle des marques nom- 
breuses de sa munificence, et grâce à un secours inespéré, il put 
entreprendre le voyage d'Italie et celui de Paris, dont les suites 
furent décisives pour sa carrière d'artiste. 

MOZDZENSKA (Estelle), artiste dramatique et cantatrice de 
l'Opéra polonais, parut dans les Prisonniers au grand théâtre, se 
maria à Stanislas Kurciusz en 1844. 

MROCZYNSKI ( ), chef de musique dans un régiment 



DES MUSICIENS POLONAIS. 421 

russe, contribua au concert donné à Radom en 18-44, au profit de 
la caisse de l'hôpital. Plusieurs artistes et amateurs distingués 
prêtèrent le concours de leurs talents à cette bonne œuvre (Cour- 
rier de Warsovie). 

MRONGOVIUS (Christophe-Célestin), né en Poméranie, fut 
professeur de la langue polonaise à Dantzik. 11 publia dans cette 
ville, vers 1808, un Recueil des chants religieux polonais, chantés 
par les populations des bords de la mer Baltique. Le savant Jean 
Woronicz, chanoine de la cathédrale de Warsovie , en rendant 
compte du livre de Mrongovius , dans une dissertation lue à la 
séance publique de la Société royale des Amis des Sciences de 
Warsovie, dit que ce Recueil est très-remarquable par le choix de 
poésies et la pureté du langage, on voit par là, que dans cette 
partie de l'ancienne Pologne, la langue primitive n'est point 
oubliée. De tout temps, on chantait en polonais dans la Prusse 
royale et ducale; le culte réformé avait toutes ses prières en langue 
polonaise (Voyez Ephraïm OlofTs, Polnische Lieder Geschichte). 
Aussi le professeur Mrongrovius rendit un service à la littérature 
polonaise, en réunissant les chants sacrés de la Poméranie dans 
un livre publié aux frais des citoyens. Ce livre est d'un grand in- 
térêt pour l'histoire des chants religieux de ce pays, où tous les 
arts furent cultivés au moyen âge, et poussés, depuis, à un si haut 
degré de perfection. Mrongovius mourut en 1855. 

MROZINSKI ( ), élève de l'école de chant de War- 

sovie, se fit entendre à l'Opéra italien en 1844. 

MULLER (Charles), professeur de musique à Warsovie, com- 
posa un Graduel qui fut exécuté aux Augustins en 1849, sous la 
direction d'Antoine Krahl (Courrier de Warsovie), en sept. 1855. 
Cet artiste fit chanter à Solec, près Warsovie, une Messe en la 
mineur, de sa composition, qu'il dirigea lui-même ; une Messe avec 
accompagnement d'orchestre, fut également exécutée à l'église 
des Dominicains, à Warsovie, en 1855. 

MULLER (Séverin) , professeur de musique à Warsovie, fils 
de Charles Mùller, violon distingué, partit pour Pétersbourg 
en 1855, après s'être fait entendre dans la capitale de Pologne 
(Courrier de Warsovie). 



12*2 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

MUNHEIMER (Adam) , membre de l'orchestre de Warsovie, 
est connu dans le monde musical par plusieurs compositions d'un 
haut mérite. Il vient de composer une ouverture à grand or- 
chestre, dédiée à l'illustre Meyerbeer, laquelle renferme de beaux 
effets d'instrumentation et qui a valu à M. Munheimer une lettre 
très-flatteuse de réminent compositeur. M. Munheimer travaille 
en ce moment à la composition d'un opéra, dont les paroles sont 
de M. Wolski. Cet artiste vient de faire exécuter le Stabot de Per- 
golèse à l'église des Carmes , à Warsovie, pendant les fêtes de 
Pâques de 1857. 

MYCIELSKI ( ), porté sur le Hand buch de.r Whistïing 

comme auteur de trois Polonaises, trois Marches et deux Valses. 
Op. 1, publiées par Weinhold à Breslau. 

MYSZKIEWICZ (Jean), faisait partie de l'orchestre du grand 
théâtre de Warsovie, obtint sa retraite en 1855 {Courrier de 
Warsovie). 

MYSZKOWSKI (Sigismond), marquis de Mirow, grand maré- 
chal de la couronne, protégea les musiciens et fit venir en Pologne 
d'habiles maîtres d'Italie {Voyez l'ouvrage de Golembiowski , le 
Peuple polonais, tome m, page 198). 



N 



NACHBAR (Joseph), compositeur à Opole (Oppeln), auteur de 
mélodies pour le Livre de Chant, publié à Opole, par Bernard 
Bogedain en 1855. Ces chants au nombre de sept cents sont en 
langue polonaise {Jahrbucher fur die Slawische Literatur). 

NADOLSKI ( ), faisait partie de la chapelle de Sigis- 

mond III, comme chanteur, sous la direction d'Asprilio Pacelli. 
{Voyez les comptes de J. Firley, trésorier royal, en 1590). 

NAGORNY ( ), violoniste amateur, à Warsovie, de 

l'époque actuelle, cité par les journaux polonais. 

NAIMSKA (Jeanne), amateur pianiste, une des plus distin- 



DES MUSICIENS T0L0NA1S. 423 

guées de Warsovie , sœur d'Antoine Orlowski , connu en France 
comme compositeur et chef d'orchestre, M me Naimska reçoit chez 
elle les meilleurs artistes de la capitale de Pologne. Tous les 
lundis on fait d'excellente musique d'ensemble dans sa maison. 
M me Naimska prend une part active, par son talent sur le piano, 
dans l'exécution des quatuors, quintettis, etc. Elle fait admirable- 
ment les honneurs de son salon. On y rencontre tout ce que 
Warsovie possède en chanteurs et instrumentistes les plus distin- 
gués , ils s'y rendent avec empressement , certains d'avance d'être 
parfaitement accueillis et religieusement écoutés. 

NAKWA.SKA ( ), artiste lyrique de l'Opéra polonais à 

Warsovie , chanta un Offertoire à deux voix de Mendelsohn , avec 
M me Magdzieçka, à la cathédrale de Saint-Jean, en 1852 {Courrier 
de Warsovie). 

NANNINI (Françoise), cantatrice italienne, fut surnommée la 
Polacchina. L'auteur de la Baggione di ogni poesia, qui en parle, 
ne dit pas à quelle époque elle vécut. L'ouvrage de quadrio a 
paru à Milan, en 1774 (S. Giampi, Bibliographia critica). 

NARBUTO WNA (M 1,e Constance-Narbut), plus tard M me Dem- 
bowska , est auteur d'une ravissante mélodie pour le chant histo- 
rique de Zolkiewski, qui est devenu populaire. Il a été composé 
pour la grande épopée nationale de J.-N. Niemcewicz, intitulée : 
« Spiewy liistoryczne z Muzyko i rycinami (Chants historiques avec 
musique et gravures). Warsovie, 1818. 

NAWARSKI (Joseph) , musicien de l'orchestre du grand 
théâtre de Warsovie, obtint sa retraite en 1855 (Couturier de 
Warsovie) . 

NEGRONI (Kozuszek), chanteur et professeur à Warsovie, 
possède une voix de ténor. Né en Pologne , M. Negroni a italia- 
nisé son nom, il donne des leçons de chant, mais il n'a jamais 
voulu débuter sur un théâtre. Doué d'une voix agréable et sympa- 
thique , M. Negroni préfère suivre une carrière plus en harmonie 
avec ses goûts , quoique moins lucrative , que de paraître en 
public sur un théâtre. Il possède une bonne méthode , ayant tra- 
vaillé le chant en Italie. 



42i DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

NEUMANN (Emile), violoniste à Léopol , se fit connaître vers 
1844 (Courrier de Warsovie). 

NEYMANOWSKI ( ), chef d'orchestre du théâtre de 

Wilna et premier violon, pendant près de vingt ans. Il commença 
sa carrière du temps de Boguslawski dont la troupe venait souvent 
jouer dans la capitale de Lithuanie, vers la fin du dernier siècle. 
Neymanowski forma de bons élèves à Wilna. Il vivait encore 
vers 1830, mais les renseignements manquent sur lui. 

NICOLAS DE RADOM. Un des plus anciens auteurs qui aient 
écrit sur la musique en Pologne. Vécut au xv e siècle. Son ouvrage 
en manuscrit avec musique, se trouve à la Bibliothèque de Swi- 
dzinski. Il est à désirer que les bibliographes polonais le fassent 
connaître au monde musical (Journal de Warsovie et Correspon- 
dance particulière) . 

NID EÇKI (Thomas), compositeur distingué, élève du Con- 
servatoire de Warsovie, travailla la composition sous la direction 
de J. Elsner, et fit le voyage de Vienne aux frais du gouverne- 
ment où il écrivit la musique pour un drame lyrique intitulé 
Przysienga ( le Serment) , et travailla à une pièce pour le théâtre 
de Léopoldstadt avec Scutta vers 1825 (1). De retour en Pologne, 
Nideçki ne tarda pas à se placer au rang des bons compositeurs. 
Il fit exécuter l'ouverture de son drame à Warsovie en 1841, 
au concert donné par Dreyschok au profit de la caisse de secours 
pour l'Association des artistes musiciens. Une autre Ouverture de 
Nideçki fut exécutée au concert de la Nouvelle Ressource, et dans 
la même année, notre compositeur traduisit le Brasseur de Pres- 
ton et publia la partition avec le texte polonais. Une messe de sa 
composition avait été chantée par les amateurs à l'église de 
l'Enfant-Jésus. Nommé directeur de l'Opéra, Nideçki composa 
un Salve Regina à quatre voix d'hommes pour le service funèbre 
du général Rautenstrauch , qui y fut chanté par les artistes de 
l'Opéra et publié ensuite chez Klukowski , éditeur de musique à 
Warsovie. Nideçki, protégé par le comte Zabiello, auquel les 
artistes polonais doivent beaucoup, écrivit un petit Opéra, paroles 

(1) Cette pièce était intitulée : Dev Wasserfall in Feenhein. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 423 

et musique, dont la Gazette Musicale de Leipzig rendit un compte 
favorable. Apprécié comme compositeur religieux, Thomas 
Nideçki fit exécuter en 1848, une messe de sa composition chez 
les Franciscains. La messe n° 2 (1) fut chantée la même année 
chez les Visitandines, et le n° 3 en 1849. En 1850, il fit monter 
Martha, musique de Flotow, et composa un Canon avec chœurs et 
barcarolle; il dirigea le concert donné à Warsovie an profit des 
incendiés de Kazan, ville russe sur la frontière de l'Asie. Dans ce 
concert, Nideçki fit exécuter l'ouverture de Gomer, de sa compo- 
sition, et une autre ouverture au concert donné par le célèbre 
violoniste polonais, Charles Lipinski, en 1844. D'après les jour- 
naux polonais, Thomas Nideçki est mort en 1852 h Warsovie 
(Rocznik de 1830, Gazette musicale de Leipzig, celle de Vienne et 
le Courrier de Warsovie). Nideçki conduisit l'orchestre à l'exécu- 
tion du fameux oratorio d'Elsner, qui eut lieu pour la première 
fois à Warsovie en 1845 {Voyez l'article d'Elsner). 

NIDERLAND (Jacques), violoniste, vivait sous le règne de 
Sigismond III, roi de Pologne. Selon l'abbé Juszynski (Diction- 
naire des Poètes polonais) , Niderland faisait partie de la chapelle 
de la Cour au commencement du xvir siècle, vers 1616. Il appar- 
tenait à la bourgeoisie de Cracovie et dirigeait la musique de la 
ville dans les grandes occasions, comme les processions de la 
Fête-Dieu, les élections des conseillers municipaux , Bajcy Kra- 
kowsey et les réceptions des grands fonctionnaires de l'Etat. Nous 
lisons dans le livre des dépenses du conseil de Cracovie en 1598. 
« A Jacques Niderland et à d'autres musiciens pour avoir joué le 
« jour de la Fête-Dieu et à l'Octave, à la tour de l'hôtel de ville, 
« il a été payé I marc, 12 gr. » (Description de Cracovie, par 
Ambr. Grabowski). Ce savant donne des détails intéressants sur 
la composition de musique d'instruments à vent au xvi c siècle, et 
sur les indemnités que les musiciens recevaient de la ville à l'occa- 
sion des cérémonies publiques. Ainsi, pendant l'élection des 

(1) Cette messe est en mi bémol, j'ignore si elle avait été gravée. Plusieurs 
compositions de Nideçki sont restées en manuscrit, ainsi que la marche com- 
posée pour la translation des reliques de sainte Véronique, en 18 il. 

(2) Menka Zbawiciela (La Passioa de N. S. Jésus- Christ). 



.126 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

(Consuls) Bajcy en 1598, les musiciens eurent 30 gr. et les trom- 
pettes autant, pour avoir joué à l'arrivée du Palatin et des Con- 
suls au palais municipal. En 1600, le sonneur de trombe reçut 
2 fl. pour avoir joué aux élections de Consuls et pendant que le 
palatin Zebrzydowski se rendait à l'hôtel de ville. Idem en 1601, 
les musiciens reçurent 3 marcs, 6 gr., pour avoir joué aux élections 
des Consuls et l'arrivée et la sortie du Palatin de Cracovie. Le 
24 janvier de la même année, les trompettes et le tambour, 
reçurent 36 gr. pour avoir joué à l'arrivée de l'évêque et du pala- 
tin Zebrzydowski. En 1610, aux élections des Consuls, il a été 
payé aux trompettes, 1 marc, 12 gr. à J. Niderland et à d'autres 
musiciens, joueurs de flûtes, Szalmayen , 2 marcs, 24 gr. aux 
chapelains et à Kantor pour avoir chanté la messe, 1 fl. 12 gr. 
En 1633, il a été payé 6 fl. aux musiciens qui se firent entendre 
sur les flûtes, Szalmayen aux élections des Consuls et 3 fl. aux 
trompettes. En 1640, pendant les élections des Consuls, il a été 
payé aux joueurs de szalmayen, 6 fl. (Voyez Amb. Graboivskiego 
Starozytne iviadomùsci o Krakowie) . L'année de la mort de J. Ni- 
derland est inconnue. Dans un ouvrage intitulé : Jasna Pochodnia 
par l'abbé Ranatowicz, Niderland est cité comme célèbre musi- 
cien et bourgeois de la ville de Cracovie. 

NIEDZÏELSKI (Joseph), membre de l'orchestre de Warsovie, 
mort en 1852, rendit des services pendant sa longue carrière 
d'artiste à l'Opéra national, il est auteur d'une École de violon, 
fort estimée, publiée à Warsovie et à Saint-Pétersbourg. Il laisse un 
fils, jeune violoniste de la plus grande espérance dont il est question 
dans l'article suivant. Voici en quels termes, M. J. Sikorski, qui 
tient le sceptre de la critique musicale à Warsovie , parle de ce 
digne vétéran des musiciens polonais : « Déjà, en 1855, dans quel- 
» ques mots consacrés à la mémoire de Joseph Niedzielski , pre- 
» mier violon des théâtres de Warsovie, je parlais des services 
» rendus par cet artiste modeste et laborieux, lequel, pendant sa 
» longue carrière , resta fidèle au poste où la Providence l'avait 
» placé, en remplissant ses devoirs avec talent et simplicité. 
» Quoique d'un caractère tranquille, doux et modeste, Joseph 
» Niedzielski exerça une influence réelle autour de lui, et cette 



DES MUSICIENS POLONAIS. 427 

» influence se fait déjà sentir dans l'aptitude artistique de son 
» fils. » 

Joseph Niedzielski est également auteur d'une Méthode pour la 
flûte et d'une Méthode pour la guitare. 

NIEDZIELSKI (Jacques), âgé de quinze ans, violoniste déjà 
remarquable, paraît être doué d'une heureuse organisation musi- 
cale. Depuis la mort de son père, qui lui enseigna les principes 
de son art, le jeune Niedzielski travaille sous la direction de l'ex- 
cellent violoniste Baranowski, un des meilleurs professeurs de 
Warsovie. Selon l'opinion de M. J. Sikorski, ce jeune homme 
promet à la Pologne un habile violoniste de plus. Il joue déjà les 
compositions de Mayseder, de Beriot et d'Artôt. Il est question de 
lui faciliter les moyens d'aller étudier le violon à Paris, dont 
l'école de musique jouit d'une grande réputation justement 
méritée. Au moment où nous mettons sous presse, le jeune 
Niedzielski vient d'entrer dans la classe de M. Massart. 

NIEMCEWICZ (Julien-Ursin), secrétaire du sénat du royaume 
de Pologne, poëte, littérateur, auteur dramatique, savant histo- 
rien, contribua, par ses écrits, à régénérer la nation polonaise. Sa 
vie appartient aux sciences, aux lettres et aux hommes d'Etat. 
Après avoir servi sa patrie sur les champs de bataille, il se voua aux 
lettres, publia plusieurs ouvrages remarquables, et mit le sceau à sa 
gloire par la composition des Chants historiques , sorte d'épopée 
nationale dans laquelle il raconte dans de fort beaux vers les grandes 
actions de nos rois et de nos guerriers. Cet ouvrage exerça une 
influence réelle sur la jeunesse polonaise par ses légendes poé- 
tiques et par des mélodies graves d'un beau caractère. Jamais un 
ouvrage ne fut mieux conçu pour un but aussi élevé. Plusieurs 
de ces poésies historiques sont devenues populaires. 

Les œuvres de Niemcewicz furent d'abord imprimées en deux 
volumes, dans la Collection des Auteurs polonais , publiée par le 
comte Thadée Mostowski. Plus lard elles eurent d'autres éditions 
plus complètes. Membre de la Société royale des Amis des Sciences 
de Warsovie et son président dans la suite; Niemcewicz écrivit 
beaucoup pour le théâtre , plusieurs de ses opéras furent mis en 
musique par Ch. Kurpinski. Dans ses mémoires sur Y Ancienne 



428 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Pologne, Niemcewicz donne de curieux détails sur la musique 
d'autrefois. Il contribua par son épopée des Chants historiques à 
faire chanter les exploits de nos guerriers en langue polonaise, et 
sur des mélodies ayant le cachet du pays. Son appel aux compo- 
siteurs polonais, artistes et amateurs, fut entendu, environ trente 
mélodies furent composées sur ses paroles. Parmi les auteurs on 
remarque plusieurs femmes de distinction et des noms chers à la 
Pologne. La génération qui succéda à la composition de l'ouvrage 
de Niemcewicz, fut bercée par les mélodies de ses Chants histo- 
riques. D'autres musiciens et poètes viendront un jour s'inspirer 
dans l'église de Montmorency, près du tombeau du grand citoyen. 
Décédé en France en 1841, Niemcewicz repose dans cette église à 
côté de son ami le général Kniaziewicz. La reconnaissance natio- 
nale leur éleva un mausolée dû au ciseau de Wladislas Olesz- 
czynski, habile sculpteur, homme de cœur et de talent qui con- 
sacre tous ses travaux aux gloires nationales. Tous les ans , le 
21 mai , un service funèbre suivi d'un sermon attire beaucoup de 
monde dans la jolie église de Montmorency. 

NIEMIERZYG (Antonia), née Jelowigka, poète et musicienne. 
Sa vie a été décrite dans l'ouvrage de J. Sowinski, sur les Polo- 
naiie5Sflyan/es(OuczonychPolkach),À'rzé'??2/mief,chezGlusksberg, 
4821. Remarquable par les qualités de l'esprit et du cœur, Antonia 
Niemierzyç était contemporaine de la princesse Radziwill et 
d'Elisabeth Druzbaçka, toutes deux, auteurs en renom, ayant vécu 
dans la première moitié du xvnr 5 siècle. Ses vers brillent par le 
bon goût et la sensibilité, on y retrouve ce charme particulier qui 
distingue les femmes de lettres polonaises. Antonia Nemierzyç 
composa plusieurs œuvres musicales qui n'ont point été publiées 
et sont restées dans sa famille. Ses poésies religieuses ont été im- 
primées à Léopol en 1743 . 

NIEWIAROWSKA (Julie), pianiste, s'est fait entendre à War- 
sovie en 1848 dans un concert. Cette artiste exécuta les morceaux 
suivants de sa composition : 1° ballade et marche pour piano, 
2° sérénade, scherzo, sylphide, quatre mazureks, 3° fantaisie d'un 
nom singulier, intitulée diablerie. Dans ce concert, M. Maurice 
Karassowski exécuta une Rêverie du soir sur le violoncelle. 



DES MUSICIENS T0L0NA1S. 429 

NIZINSKI (André), premier clarinettiste de l'orchestre du grand 
théâtre de Warsovie, mort en 1820, se faisait remarquer parla 
pureté de son jeu, la simplicité de ses mœurs, et par une grande 
assiduité à remplir les devoirs de sa charge {Journal hebdomadaire, 
musical et dramatique de Ch. Kurpinski, n° 7, 1820). 

NOCH (Richard), professeur de musique à Warsovie, tenait 
souvent le piano et dirigeait les concerts d'artistes étrangers dans 
cette capitale. Il accompagna le chant au concert donné par 
M lle Assandri en 1844. Les renseignements manquent sur ce pro- 
fesseur distingué qui paraît avoir une bonne clientèle à Warsovie. 
Il dirige la musique des concerts d'amateurs à la Ressource mar- 
chande, il y a fait exécuter en 1849 une marche de sa composition 
pour orchestre, intitulée la Marche d'Isly. 

NORBLIN (M. L.-Pierre), violoncelle d'un grand mérite, pro- 
fesseur au Conservatoire de Paris, est né à Warsovie en 1781. Son 
père, Jean-Pierre Norblin de la Gourdaine, fut premier peintre 
du roi de Pologne Stanislas-Auguste; il vint à Warsovie en 1772, 
et y fonda une école d'où sortirent plusieurs peintres de talent. La 
diète de Pologne confirma ses lettres de noblesse, en récompense de 
ses nombreux travaux. Marié à une Polonaise, il en eut des enfants 
dont l'aîné M.-L.-Pierre Norblin, qui est l'objet de cet article, vint 
à Paris en 1798, entra au Conservatoire, et obtint le premier prix 
de violoncelle l'an XI (1803). Depuis 1826 jusqu'à 1846, il fut 
professeur du même établissement comme successeur de Levas- 
seur et élève de Baudiot et du fameux Lamarre; en 1809, il fit 
partie de l'orchestre du Théâtre Italien, et en 1811, de celui du 
grand Opéra où il eut la place de violoncelle solo jusqu'à 1841. 
Sous la direction de Persuis et de celle de Viotti, il s'est fait entendre 
aux concerts spirituels qui se donnaient alors à l'Opéra; plus tard 
il fonda avec Habenek et autres artistes distingués la Société des 
Concerts, qui obtint bientôt une réputation européenne. Norblin 
fit partie également de l'orchestre de cette Société pendant dix- 
neuf ans. Estimé par les artistes de Paris, comme professeur et 
comme exécutant, il avait pour ami le célèbre Baillot, dont il fut 
l'accompagnateur de prédilection, et c'était une des gloires de 
Norblin d'avoir fait partie de l'admirable quatuor dirigé par Baillot, 



430 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

dont les exécutants étaient MM. Vidal, Urhan, Miaille et Norblin; 
l'ensemble et le fini que ces artistes obtenaient dans l'exécution 
d'auteurs classiques, étaient tels, qu'ils n'avaient point de rivaux. 
La seule réunion de Schupanzigh, à Vienne, pouvait lutter avec 
celle de Baillot. L'auteur de ce livre eut le , bonheur d'assister 
à quelques-unes de ces mémorables séances à son arrivée à 
Paris. 

Le talent de Baillot était alors à son apogée, il aimait à être ac- 
compagné et à faire de la musique d'ensemble avec Norblin. Cet 
artiste resta toujours attaché à sa patrie adoptive, il parlait très- 
purement le polonais et jusqu'à sa mort arrivée en 1852, il aimait 
à s'entretenir de son pays natal. Il laisse une famille charmante 
qui a bien voulu me communiquer ces détails. 

NOWAKOWSKI (Joseph) , pianiste et compositeur distingué, 
un des bons professeurs à Warsovie, est né au commencement du 
siècle à Mniszek dans le Palatinat de Radom. Il apprit les éléments 
de son art au couvent des Citeaux à Wonchoçk où son oncle ma- 
ternel dirigeait la musique. A treize ans, il jouait déjà du piano, 
du violon, et chantait la partie de soprano dans la musique d'église 
de son couvent. Placé dans une maison particulière pour ensei- 
gner le piano, le jeune Nowakowski fit connaissance d'un docteur, 
Bohême de nation, grand amateur de musique, lequel lui trouvant 
une heureuse organisation, l'engagea fortement à aller travailler à 
Warsovie. Ce conseil du docteur ami fut suivi par notre artiste, 
il partit pour la capitale de Pologne et s'adressa aux meilleurs 
professeurs du Conservatoire de musique, qui était alors dans une 
période brillante. Il étudia la composition sous Elsner, le piano et 
l'harmonie avec Wùrfel, il devint en quelques aimées un des bons 
élèves de l'école ; il composa, pour le concours de cet établisse- 
ment, une Ouverture à grand orchestre qui fut jugée favorable- 
ment et exécutée en séance publique le jour de la distribution des 
prix. Cette première composition importante du jeune Nowa- 
kowski attira sur lui l'attention de l'abbé Stasziç, président, qui 
le félicita du haut de l'estrade en présence de plusieurs hauts fonc- 
tionnaires , des professeurs du Conservatoire et d'un public nom- 
breux. Encouragé par cet accueil favorable de son Ouverture, 



DES MUSICIENS POLONAIS. 43! 

M. Nowakowski ne tarda pas à se faire une réputation brillante 
comme professeur de piano, et devint bientôt un des meilleurs 
compositeurs de Warsovie pour voix et instruments,. En 1833, cet 
artiste entreprit son premier voyage à l'étranger, il visita l'Alle- 
magne , l'Italie , et séjourna quelque temps à Paris où il se fit 
entendre sur le piano avec succès. Revenu à Warsovie, il publia 
plusieurs compositions remarquables, entre autres un Quintette 
pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse, qu'il dédia à 
S. M. l'empereur Nicolas, et pour lequel il reçut un très-beau 
cadeau en argent. Nommé professeur à l'institut d'Alexandre, 
M. Nowakowski forma plusieurs élèves distingués, il effectua 
d'autres voyages à Paris en 1838, 1841 et 1846, il prit des arran- 
gements pour la publication de ses grandes Études dédiées à 
Chopin et de ses autres compositions, gravées à Paris, à Leipzig 
et à Warsovie, s'occupa d'une méthode de piano qui parut bien- 
tôt, écrivit un grand nombre de morceaux pour piano, chant, 
orchestre et autres instruments. Ses compositions sont très-aimées 
à Warsovie et exécutées souvent dans les concerts et aux théâtres ; 
elles peuvent se classer ainsi : 1°, compositions pour piano seul 
et avec accompagnement d'orchestre; 2°, compositions pour or- 
chestre; 3°, musique d'église; -4°, musique d'ensemble; 5°, can- 
tates, ballades, mazureks et romances pour le chant avec accompa- 
gnement de piano ou orchestre; 5°, fantaisies pour instruments 
à vent avec accompagnement d'orchestre ; 7°, ouvrages didac- 
tiques; 8°, musique de danse. 

Parmi les compositions de piano, marquées par les numéros 
d'ordre, au nombre de cinquante, on remarque : plusieurs polo- 
naises, mazoures, rondeaux, airs variés, fantaisies, nocturnes, 
douzes grandes études, etc. Parmi les compositions d'église : 
deux messes à quatre voix, bon nombre de morceaux religieux 
avec accompagnement d'orgue. Parmi celles pour orchestre : deux 
symphonies, quatre ouvertures, plusieurs polonaises et marches, 
et le Roi des Aidnes de Schubert arrangé à grand orchestre. En 
musique d'ensemble : deux quintettis pour piano, violon, alto, 
violoncelle et contrebasse; un quatuor pour instruments à cordes, 
un duo pour piano et violon dédié à Charles Lipinski; trois quin- 



432 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

tettis d'Onslow, réduits pour piano, violon et violoncelle. En mu- 
sique pour le chant, il faut compter deux livraisons des chants 
polonais, un grand nombre de mazureks avec paroles, publiées 
séparément, parmi lesquelles on remarque celle dédiée à M lle Hol- 
losy, cantatrice italienne, sur les paroles de Charles Kucz ; une 
ballade dédiée à M me de Kalergi ; la Fille des Alpes (Dziewiça al- 
pejska), dédiée à M lle Anna Wolkow; une romance intitulée les 
Deux Bouleaux (Dwie Brzoski); X Hymne à Dieu avec accompa- 
gnement de piano, 1852. Une cinquantaine de ballades, romances 
et chansonnettes sur des paroles allemandes, françaises et ita- 
liennes, publiées à Berlin, Leipzig, Breslau et Warsovie, au 
nombre desquelles on distingue trois romances, paroles polonaises 
et allemandes, publiées à Berlin, chez Schlesinger en 184-2, inti- 
tulées Chant du Gondolier (Piesn z Gondoli), une Larme tranquille 
(Cicha Lza), Y Insensible (Nieczula). En musique de danse, on re- 
marque vingt polonaises pour piano et orchestre, un grand nombre 
de mazoures , de quadrilles , de contredanses , de polkas et de 
valses. En ouvrages didactiques, M. Nowakowski est auteur d'une 
méthode de piano et de deux livraisons d'exercices pour les 
élèves. 

Les mazureks avec paroles de M. Nowakowski sont très-appré- 
ciées à Warsovie, elles portent l'empreinte du cachet national. La 
célèbre mazurek chantée par M lle Holossy est devenue populaire, 
on raconte que cette excellente cantatrice Ta fait entendre au 
théâtre de l'Opéra sans savoir un mot du polonais, mais grâce à 
quelques notions de prononciation, données par M. Charles Kucz 
auteur des paroles, elle chanta en scène la Mazurek de M. Nowa- 
kowski en polonais, et produisit beaucoup d'effet. Depuis cette 
époque, la Mazurek porte le nom de l'habile cantatrice. 

NOWAKOWSKI ( ), artiste dramatique de la troupe 

de Léopol, obtint un succès extraordinaire à Posen en 1844; il 
fut rappelé neuf fois, retourna ensuite dans sa patrie. Son 
portrait parut à Vienne par le soins des étudiants de Léopol (Cour- 
rier de Warsovie). 

NOWAKOWSKI ( Jean ) , professeur de musique , attaché à la 
■cathédrale de Cracovie , est auteur d'une Méthode de piano pour 



DES MUSICIENS POLONAIS. 433 

les commençants, publiée à Warsovie. Cet artiste jouait du violon- 
celle; il mourut en 1830. Sa fille, très-bonne musicienne, était la 
première femme du savant Ambroise Grabowski. 

NOWAKOWSKI (Val ère) basse-chantante, élève de l'école de 
chant de Cracovie, dirigée par l'illustre Mireçki. Après avoir 
chanté à Wilna, Nowakowski revint à Cracovie, où son talent est 
très-goûté du public. Cet artiste possède une belle voix et une 
bonne méthode. 

NOWIÇKI ( ), musicien polonais, artiste sur la cithare 

à la cour de l'impératrice Elisabeth à Pétersbourg. Quelques 
personnes de la cour, voyant ce musicien faire ses préparatifs de 
départ à la mort du roi de Pologne, le questionnèrent sur ses 
projets, Nowiçki leur répondit : « Je suis gentilhomme polonais, 
» et comme tel j'ai droit à la couronne; je puis être nommé et je 
» pars. » — « Mais si vous n'êtes pas nommé ?» — « Alors, dit-il, 
» je reviendrai ici jouer de mon instrument comme par le passé.» 
Anecdotes de la cour de Russie, et Lud Polski , tome m, 
page 203. 

NOWIÇKI ( ) , ténor de mérite , faisait partie de la 

troupe de l'Opéra national polonais, dirigé par Albert Bogus- 
lawski à la fin du siècle dernier (Histoire du Théâtre national, 
par Albert Boguslawski ). Dzieie Teatru narodowego. 

NOWIÇKI ( W.-L. ), auteur d'une Méthode de piano, qui devait 
paraître à Pétersbourg en 1850, selon le Courrier de Warsovie. 
Cet ouvrage, dédié à Sa Majesté l'impératrice de toutes les 
Russies, doit renfermer cent exercices pour les jeunes pianistes, 
un traité d'harmonie et un dictionnaire de mots techniques ou 
termes de musique. 

NOWINSKI (Jean), auteur d'une nouvelle Méthode de piano , 
en trois parties, intitulée : Nowa Szkola na fortepian. Cette 
Méthode fut publiée à Warsovie, en 1839, chez Spies et comp. ; 
prix de chaque partie, 10 florins de Pologne; signée J. Nowinski, 
professeur à l'école technique (Voyez le Courrier de Warsovie du 
3 décembre 1842 ). La bibliothèque polonaise, à Paris, possède 
un exemplaire de cet ouvrage en trois livraisons ou parties, publié 
également chez D.-E. Friedlein, à Cracovie, et chez J. Mili- 



434 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

kowski, à Léopol. La première partie commence par une préface 
de l'auteur, suivie de huit pages de texte sur la manière d'étudier 
le piano , le reste roule sur la théorie de Fart. La seconde partie 
contient la pratique. La troisième le doigté. Tout cela est accom- 
pagné d'exercices et d'explications assez étendues ; l'auteur paraît 
avoir mis un grand soin à la rédaction du texte. Ses exemples 
sont bien choisis, les explications claires, les déductions logiques. 
La Méthode de M. Nowinski est une des meilleures parmi celles 
qui existent en langue polonaise. 

NOWINSKI (Thomas), graveur, inventeur du procédé Nowinski, 
né dans le palatinat de Cracovie , s'appliqua à la géométrie ; plus 
tard, se trouvant à l'étranger, il travailla à la colorisation des 
tableaux , et eut l'idée de graver la musique sur du papier ortho- 
graphique en le transportant sur zinc , lequel peut avoir la même 
solidité que rétain. Par ce moyen , M. Nowinski offre la musique 
à 50 pour 100 aux consommateurs. Son procédé réunit les avan- 
tages du bon marché et de la clarté de la gravure. Ses éditions sont 
recherchées par les professeurs de province. M. Nowinski a obtenu 
déjà plusieurs récompenses dues au mérite de son invention. 
La Société des belles lettres de Paris lui décerna une médaille 
d'argent; la Société des arts et métiers lui accorda une médaille 
d'or; la Société des savants lui donna une médaille d'argent. 
Plusieurs autes Sociétés lui votèrent des récompenses. M. Nowinski 
vient de fonder un magasin de musique, il publie un album de piano 
et chant, intitulé Y Union musicale , paraissant par livraisons, et 
qui renferme les compositions des premiers artistes de la capitale, 
entre autres MM. Charles- Valentin Alkan, le comte Jules d'Aoust, 
Jules Cohen, Elwart, L. Lacombe, Marmontel, Ch. Kontski, 
J. Offenbach, Poiseau, Rhin, Sowinski , Ed. Wolff, etc., gra- 
vées par le procédé de M. Nowinski. 



DES MUSICIENS TOLONAIS. 435 







OBODZINSKI (Alexandre), poëte lyrique, vivait au xvn e siè- 
cle. On a de lui un ouvrage historique en vers, intitulé : Pandora 
Monarchoro polskick (La Pandore des monarques polonais) , Cra- 
covie, 1641 , in-4° , dans lequel il fait mention des anciens instru- 
ments en usage en Pologne, depuis le xvn e siècle, et avant : 

« Znajdziesz roznych muzykoiv znaczno znamienitych ; 

» Arfy, lutnie wesole, a skoczne bandury, 

» Multanek i surmaczow na przyiemne chory. 

» Stuchay i szalamajow, piszczalek pomortow, 

» Wiole, dzingi, skrzypkoïc, mutelow i sztortow 

» Regaly, instrumenty, biegliwe puzany. 

» Rozne sliczne 10 Krakoioie swe graio padwang 

» Trenbacze co godzina nawsze strony graio, 

» Przed adiventern heinalem do tostania znac daio. » 

« Vous y trouverez différents musiciens remarquables sur les harpes, sur 
» les luths et sur les pandores. D'autres qui jouent sur les multanki et sur 
» lessurmy (cornets), puis viennent toutes sortes de flûtes, les szalmaycn, 
» les schreypfeiffen, les czinken, les trombonnes, ensuite les violes, les vio- 
» Ions et les trompettes qui sonnent a chaque heure du jour, et qui pendant 
» l'Avent jouent le réveil-matin (Heinal). » 

Les conseillers municipaux de la ville de Cracovie (Rajçy 
miasta Krakowa) , avaient leur musique, qui jouait à THôtel-de- 
Ville (w Ratuszu) , dans les grandes circonstances , comme aux 
élections des membres du conseil , ou pendant d'autres cérémo- 
nies où les conseillers devaient paraître. Cette musique, payée par 
la caisse de la ville était composée de joueurs de flûtes , de fla- 
geolets , de hautbois , de pipeaux , de cornemuses et de trombes. 
Nous trouvons des détails très-curieux dans la (Description de 
Cracovie , par Ambroise Grabowski) , sur le cérémonial des con- 
seillers de Cracovie et les sommes d'argent que la ville donnait 
aux musiciens lorsqu'ils sortaient pour accompagner (les con- 
suls) Raicy , dans les fêtes publiques. Ainsi, en 1517, il y avait 
des Fistularibus, prœcedentibus armatos circa introitum Reginalis 



436 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

maj. Chaque musicien recevait 15 gros. En 1541, lorsque les con- 
seillers employèrent leur musique, tubicinibus prœtorii donatum , 
juod in horto D. Aichler cum ibidem Domini (Raïçy) pranderent, 
fistidarunt, on paya les musiciens à raison de 20 gr. par jour. Ces 
musiciens, joueurs de petites flûtes (tibias), étaient au nombre de 
quatre, leurs instruments coûtèrent à la ville 6 florins, les trois 
schalmayen 27 florins et les quatre schreypfeifferc 32 florins. Un 
trombonne fut payé 12 florins à Nuremberg et quatre autres 
tubes (tubœ œneœ alias busaunen) 50 florins. On peut juger par le 
nombre et la variété de ces instruments à vent, qu'à l'époque 
dont nous parlons, la musique de l'Hôtel-de-Ville de Cracovie 
exécutait déjà des morceaux assez compliqués , qui devaient pro- 
duire beaucoup d'effet. 

Mais les instruments dont parle Alexandre Obodzinski dans son 
poëme , étaient-ils connus avant le xvi e siècle ? On serait tenté 
de le supposer,. si les poètes n'étaient pas sujets à un peu d'exa- 
gération. 

Les vers cités au commencement de l'article sont placés dans 
l'ouvrage sous le règne de Cracus, avant l'introduction du chris- 
tianisme en Pologne , tandis que l'auteur composa son poëme 
sous le règne de Wladislas IV et ne parle sans doute que des 
instruments connus à cette époque , mais dont plusieurs furent 
répandus en Pologne, sous les règnes précédents, ce qui résulte 
de divers fragments de Kochanowski , de Rey , de Wargoçki, de 
Zbylitowski, d'Opalinski , de Rysinski, de Leopolita et de plu- 
sieurs autres auteurs polonais. 

Le poëme d'Obodzinski est écrit en vers alexandrins, il finit à la 
mort de Sigismond III. Il est dédié au prince Stanislas Lubomirski, 
palatin de Cracovie, et à ses trois fils. Ce poëme, divisé en six 
livres, est écrit en bon polonais , assez purement, mais la préface 
mélangée de latin donne une triste idée du goût du siècle ! La fin 
du sixième livre , où le poète raconte les hauts faits d'armes de 
nos ancêtres pendant la guerre de Chocim contre les Turcs, est 
très-touchante. L'édition que j'ai eue entre les mains appartient à 
la Bibliothèque polonaise à Paris. 

OBRENK ( ), chanteur de la chapelle de Sigismond 111, 



DES MUSICIENS POLONAIS. 437 

roi de Pologne, dirigée par A. Pacelli (Voyez les comptes de Jean 
Firley, trésorier royal, en 1590). 

OGIER (Charles) , né à Paris , en 1595, fut attaché à l'ambas- 
sade du comte d'Avaux, en Pologne, en 1635. Il est auteur d'un 
ouvrage dans lequel il parle souvent de la musique polonaise. 
Quelques fragments de cet ouvrage parurent dans les Mémoires 
de J.-Niemcewicz, sur Y Ancienne Pologne, tome m. L'auteur y 
donne des détails sur la musique en Pologne et nomme plusieurs 
instruments à vent dont l'usage s'est perdu. L'ouvrage de Charles 
Ogier , secrétaire d'ambassade du comte d'Avaux , écrit en latin , 
fut publié par son frère François Ogier, deux ans après sa mort. 
Voici son titre : Caroli Ogerii ; Ephemerides , sive iter Danicum , 
Suecicum, Polonicum, cum esset in comitatu illustriss. Claudii Mem- 
mii comitis Avauxii, ad Septentrionis Reges extraordinarii legati. 
Accedunt Nicolai Borboni ad eosdem legatum epistolœ hactenus 
ineditœ. Lutetiœ Parisiorum. Apud Petrum le Petit régis typo- 
graphum, via Jacobea,sub signo Crucis aureœ, 1656, cum privilegio 
Régis 8, 532 pages. 

Selon J.-D. Janoçki (Rare Polnische Bûcher), l'ouvrage de 
Charles Ogier, est très-estimé et très-rare, il donne une juste idée 
de la Pologne auxvn e siècle et renferme une peinture très-exacte 
des mœurs de ce pays. Il parle des catholiques, des protestants et 
donne des notices sur les hommes d'état et sur les guerriers 
illustres de la Pologne. 

Un exemplaire du voyage de Charles Ogier se trouve à la 
Bibliothèque impériale de Paris. Ayant eu l'occasion de le parcou- 
rir, j'y ai trouvé plusieurs passages relatifs à la musique religieuse 
des catholiques et des protestants, tant à Dantzik, qu'à Oliva, 
ainsi qu'à Thorn et à Marienwerder. L'auteur ayant été présent à 
la signature du traité de paix entre le roi de Pologne, Wladis- 
las IV et la reine de Suède (1) , il assista à plusieurs cérémonies 
religieuses et entendit souvent des messes en musique , surtout 
au couvent d'Oliva, desservi par les Citeaux à deux lieues de 

(1) Celle paix fut signée le 12 septembre 1635, au château de Kwidzyn en 
présence des ambassadeurs des puissances médiatrices : de la France, de 
l'Angleterre, de la Hollande et de la Prusse. 



438 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Dantzik. Il parle de l'église de Sainte-Brigitte, où l'on chantait 
avec orgue, en polonais et en allemand, et de l'église luthérienne 
où il entendit des chants sacrés « Cum iisdem organis Lutheranos 
canentes exaudiebamus. » 

Charles Ogier cite encore l'église des Jésuites , au faubourg de 
Dantzik, où l'on chantait fort bien : « Post celebratam cum musica 
» organisque Missam duo Jesuitae Legatum convenerunt duxerunt- 
» que ad collegium quod ex altéra parte fluvioli est. » 

Il fait encore grand éloge de la voix de Constance Ciremberg , 
fille de Jean Cirembergius , sénateur de la ville de Dantzik et 
vante beaucoup sa beauté : « Formosissima illa est totius urbis 
» femina, .omniumque feminas decentium artificiorum perita , 
» musices vero ad miraculum usque. Est illa praestantissima voce, 
» canitque a Italiano more , qui solus in Polonia ac Germania 
» notus est. » 

Les bornes de cet article ne permettent pas de nommer tous les 
hommes remarquables cités par Charles Ogier, il parle souvent 
de Raphaël de Lesno, Leszczynski (Voyez ce nom), dont les talents 
et le beau caractère l'avaient séduit, et qui fut présent à la 
signature du traité. 

Le livre de Charles Ogier est palpitant d'intérêt pour tout Polo- 
nais. Tous les détails qu'il donne sur la musique, prouvent qu'il 
connaissait bien cet art, il ajoute que dans son temps on célébrait 
déjà à Paris la fête de sainte Cécile par une messe en musique. 
Un descendant de la même famille, M. le vicomte Gaston Ogier, 
conseiller à la cour des comptes , allié à la famille de Nicolay est 
aussi un des amateurs les plus distingués de Paris, il cultive le 
chant et la poésie avec succès, il est auteur d'un opéra (iné- 
dit ) r mis en musique par le maestro Carlini. M me la vicomtesse 
Ogier possède une fort belle voix et chante avec une excellente 
méthode. Tous deux aiment la musique par prédilection et pro- 
tègent beaucoup les artistes. 

OGINSKI (prince Michel -Casimir). Sa vie appartient aux 
hommes illustres delà Pologne. Issu d'une maison puissante de la 
Lithuanie, Oginski consacra toute sa fortune au bien du pays, il 
fit creuser à ses frais un canal pour réunir deux rivières et établir 



DES MUSICIENS POLONAIS. 439 

par là la communication entre la mer Baltique et la mer Noire , 
ce canal porte le nom de son auteur. Protecteur zélé des beaux 
arts, il jouait de plusieurs instruments, et entretenait dans son 
château de Slonim, en Lithuanie, un excellent orchestre, composé 
des meilleurs musiciens de l'Allemagne et de la Pologne, auquel 
étaient attachés même plusieurs chanteurs distingués. D'après un 
article de Y Encyclopédie méthodique , le prince Oginski aurait 
conçu la première idée des pédales à la harpe, ce fut lui qui 
décida le célèbre compositeur Haydn à prendre pour sujet d'un 
oratorio la Création du monde. Ce grand citoyen termina sa 
longue et brillante carrière à Warsovie, en 1803. 

OGINSKI (Michel-Cléophas) , prince neveu du précédent, 
ancien grand-trésorier de la Lithuanie , et plus tard sénateur 
de l'empire de Russie. Est né le 25 septembre 4765 à Guzow 
près de Warsovie. Il a publié ses Mémoires, dans lesquels il 
raconte ses travaux diplomatiques et littéraires; nous nous dis- 
pensons d'en parler et nous nous bornons à donner sa biographie 
musicale. 

Le prince Oginski reçut de la nature le don heureux de 
trouver de jolies mélodies. Doué d'une grande sensibilité il donna 
à ses compositions ce charme et- cette mélancolie qui les ren- 
dirent populaires (1). Ses Polonaises surtout sont remarquables 
par leur cachet d'individualité, aussi elles sont devenues le mo- 
dèle du genre; une d'elles a fait le tour du monde à cause de sa 
mélodie ravissante. Lorsqu'elle parut pour la première fois en 
4 mi elle produisit une sensation extraordinaire par la pensée 
poétique et le charme de la mélodie. On a gravé en tout qua- 
torze Polonaises , désignées d'abord par les initiales de M. 0. 
Celle dont nous parlons portait le titre de Fameuse, les éditions 
en furent très-nombreuses et l'une d'elles était ornée d'une litho- 
graphie représentant un jeune homme se brûlant la cervelle, avec 
la légende suivante : « Oginski , désespéré de voir son amour 
» payé d'ingratitude, se défait de la vie, tandis qu'on exécutait 

(i) Le prince Oginski eut pour premier maître de musique Joseph Kozlowski, 
qui habita chez les parents du comte avant de passer au service de la cour de 
Russie. 



440 DICTIONNAIRE B10GRAPI11QUE 

» une Polonaise qu'il avait composée pour son ingrate maîtresse, 
» qui la dansait avec son rival. » Ses Polonaises réimprimées con- 
tinuellement à Paris, à Londres, à Dresde, à Leipzig, à Vienne, 
à Milan, à Florence, à Saint-Pétersbourg, à New-York, eurent 
d'innombrables éditions. Oginski est auteur de beaucoup de Ro- 
mances avec paroles françaises. Pendant son séjour à Paris en 1823, 
le grand violoniste Baillot exécutait souvent des quatuors chez 
lui dans lesquels le prince faisait sa partie. Retiré à Florence 
en dernier lieu, le prince Oginski est mort dans cette ville en 
1833 à l'âge de soixante-huit ans. 

Voici l'inscription placée sur sa tombe dans l'église de Sainte- 
Marie-Nouvelle à Florence : 

« Michael Oginski, domo Lithuania, génère ab atavis nobi- 
lissimus, senator imperii, a sanctioribus consiliis apud Russiarum 
omnium imperatorem, Polonite regem etc., hic situs est. Fuit 
ille ingenio , doctrina , arte musica , gallice , germanice , italice 
loquendo, scribendo apprime eruditus, post multas peragratas 
Europse regiones et annos plures Florentin peractos , natus ann . 
plus minus LXVIII, clausit supremum diem Idibus Octobris ann. 
R. S. MDCGCXXX11I. Cornes Brostowski, Emma Oginski uxor 
socero benemerenti , patri dileetissimo dedic. cum lacrymis. » 

Voici, d'après Wistling's Handbuch den musikalischen literatur, 
les principales éditions des Polonaises du prince Oginski : 

Favorites polonaises n os 1 et 3, Berlin, Paez. 

Deux Polonaises fameuses (en fa et en sol) , Berlin , Boté^et 
Bock, Leipzig, n os 1 et 2. 

Trois Polonaises favorites, Brunsvick, Mayer. 

Trois National-polonaises en sol et fa mineur et en do mineur, 
Vienne, Witzendorf. 

Quatre National-polonaises, Berlin, Paez, Schlesinger, Munich, 
Prague chez Berra, Vienne chez Diabelli. 

Douze Polonaises, publiées par Kozlowski, Berlin, Paez. 

Douze Polonaises, Vienne, Haslinger. Les mêmes à Paris, chez 
M. Schlesinger et à Londres, insérées dans YHarmonicon de 1824. 

Polonaise favorite en fa, Berlin, Eslinger, Schlesinger; Ham- 



DES MUSICIENS TOLON'AIS. 441 

bourg, Bohme; Leipzig, Hofmeister; Magdebourg, Creutz-Otfen- 
bach, André; Vienne, Witzendorf. 

Polonaise très-favorite n° 2 en la mineur, Offenbach, André. 

Nouvelle Polonaise en ré mineur, Warsovie chez Sennevvald. 

Beaucoup d'auteurs étrangers ont écrit sur le prince Oginski , 
surtout à l'époque où le bruit de sa mort s'était répandu en 
France et en Allemagne. M. Henri Blanchard, le spirituel critique 
de la Gazette musicale de Paris, un des meilleurs écrivains sur la 
musique, publia à ce sujet un charmant article dans la Gazette 
musicale de 1840. 

OGINSKI (Prince Gabriel), neveu du prince Michel Cléophas, 
naquit en 1788. Comme tous les membres de sa famille, il cultivait 
la musique et jouait du violon . Éprouvé par les événements de 1 83 1 , 
le prince Gabriel émigra en France, mais le mal du pays le força 
de rentrer en Lithuame où il mourut en 1843. 

OKONSKI ( ) a publié chez Breitkopf et Hartel à 

Leipzig une œuvre des Mazoures et Krakowiaks. 

OKRASZEWSKI ( ) auteur d'une dissertation sur l'ap- 

plication de la poésie à la musique , insérée dans le Pamientnik 
Warszawski (Mémorial de Warsovie, février 1818). 

OLESZKIEWICZ ( ) musicien, né en Samogitie en Li- 

thuanie, habita vers la fin du siècle dernier la petite ville de 
Radoszkowicé dans le district de Minsk. Son fils Joseph Olesz- 
kievvicz, peintre distingué, a fait le portrait de Marie Szymanowska 
pianiste et compositeur ( Voyez ce nom) (Dictionnaire des peintres 
polonais par Ed. Rastawiecki) . 

OLESZKIEWICZ (Xavier), musicien polonais, mort en 1842, 
faisait partie de l'orchestre du grand théâtre de Warsovie. Sa 
veuve et ses enfants obtinrent des pensions du gouvernement 
et de la Société de Secours pour les musiciens malheureux. To~ 
warzystivo w sparcia podupadlych artystoio muzycznych. Ce pro- 
fesseur forma de bons élèves, entre autres Kasimir Baranowski , 
qui fut un talent précoce. 

OLESNIÇKA (Sophie), de Piaskowa-Skala , première poétesse 
polonaise. Selon l'abbé Juszynski elle est auteur d'un chant avec 



442 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

musique dans lequel elle rend grâce à Dieu d'avoir fait con- 
naître aux humains les mystères de son royaume. Le titre ori- 
ginal est : Piesn nowa ivktorey iest dzienkoivanie Panu Bogu 
wszechmogoncemu , ze malutkim a prostaczfcom raczyl obiawic 
tajemnice Krolestiva sivego. Ce chant a été imprimé à Cracovie 
chez L. Andrysowicz en 1556 in-8°. Les majuscules de chaque 
strophe indiquent le nom de l'auteur; les vers sont écrits avec 
une simplicité charmante , la langue est très-pure. On trouve 
aussi une pièce de vers de Sophie Olesniçka dans le Recueil 
publié à Cracovie par Siebeneicher en 1557 avec musique qui 
commence ainsi : Zochotnym sercem, Ciebie ivyslaiviamy (Nous 
te louons de bon cœur) la musique de Piesn nowa est à quatre 
voix (Voyez S. Lelewel Bibliographie polonaise en deux livres). 

OLOFF (Martin), prédicateur évangélique à l'église de Saint- 
Georges et de Sainte-Marie à Thorn , père d'Ephraïm Oloff , 
auteur de Polnische Lieder-Geschichte ( Histoire des chants po- 
lonais). Il surveilla la publication du Recueil des cantiques de 
Thorn en 1672, et composa un chant très-populaire Nieopuszcze 
de Jezu moy (0 mon Jésus, je ne te quitte pas). Après avoir 
étudié à Kœnigsberg, Martin Oloff prêcha pendant trente-huit ans 
à Thorn et mourut de la pierre en 1715. 

OLOFF (Ephraïm), fils du précédent, né en 1685, étudia à 
Thorn et à Leipzig, et fut nommé prédicateur à l'église de la Tri- 
nité, à Thorn, où il mourut en 1715. Le livre d'Ephraïm Oloff 
Polnische Lieder-Geschichte, restera toujours comme un monument 
précieux pour la bibliographie de chants sacrés de l'ancienne Po- 
logne. Indépendamment de notices biographiques, sur les poètes 
religieux et les musiciens , l'auteur analyse avec une serupuleuse 
exactitude tous les recueils de cantiques depuis Pierre Artomius 
jusqu'au commencement du xvm e siècle. Ephraïm Oloff connais- 
sait bien la langue polonaise et pouvait apprécier les beautés de 
nos poètes sacrés ; malheureusement il ne cacha pas sa préférence 
pour la confession d'Augsbourg, et donna des renseignements plus 
précis sur les auteurs qui partageaient sa croyance. A part quel- 
ques omissions, l'ouvrage d'Oloff réunit toutes les qualités d'un 
livre utile et consciencieux, les citations polonaises sont bien 



DES MUSICIENS POLONAIS. 443 

choisies et l'orthographe des noms assez correcte. Il est à re- 
gretter que l'auteur n'ait pas jugé à propos de donner des ren- 
seignements sur les compositeurs polonais, qui furent nombreux 
dans cette partie de la Prusse polonaise, et dont les compositions 
se trouvent dans plusieurs recueils de cantiques publiés au xvi e siè- 
cle à Dantzik, à Thorn, à Elbing, à Breslau et à Kœnigsberg, mais 
la bibliographie musicale fut une science longtemps négligée en 
Pologne; à peine trouve-t-on quelques indications générales dans 
les historiens du temps. L'histoire à'Ephraïm Oloff était donc le 
premier ouvrage de ce genre, et Fauteur pouvait puiser alors 
dans fort peu de sources; son livre est devenu très-rare ; imprimé 
à Dantzik en d744 en allemand, il fut bientôt épuisé. Je dois à 
M. Charles Sienkiewicz, savant bibliothécaire de Pulawy, la com- 
munication de ce précieux volume, dont le titre allemand est 
ainsi : 

Ephraim Oloffs weyl. Evangel. Luther. hochverdienten-Predi- 
gers, der Deutsch und Poln. Gemeine zun h. Dreyfaltigkeit in Thorn. 
Polnïsche Liedergeschichte von Polnischen Kirchen Gesanger und 
derselben Dichtern und Uebersetzern, nebst einigen anmerkungen 
mis der Polnischen Kirchen und Gelahrten Geschichte , Dantzig, 
Il Ai, m- 8 bey G. M. Enoch. Sur la première page, en regard du 
titre on a placé le portrait de Pierre Artomius (voyez ce nom), avec 
cette inscription : Petrus Artomius 4552, natits Grodisciis in Ma\. 
Polo. Eccl. Wengroviensis Thornicensis V. D. Minuter Polonicus 
occubuit a 1600 d. QAugusti. Vient ensuite la dédicace awPmtori, 
G. Richter par Fimpr. Knoch, suivie de la préface jusqu'à la page 
33. L'histoire de Chants polonais est divisée en trois parties. 

La première contient des notices biographiques sur les poètes 
sacrés des différentes confessions, polonais et prussiens. 

La deuxième renferme l'histoire de livres de chant (Gesangbu- 
chern) ; recueil de cantiques (Kantyczki), ou Kancyonaly, cancio- 
nals, avec leurs nombreuses éditions. 

La troisième partie traite de l'origine des chants polonais; à la 
fin du livre, il y a deux tables de matières ; la première donne tout 
les noms dont il est question dans ce volume, la seconde est une 
nomenclature de tous les lieder allemands traduits en polonais, 



444 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Il est regrettable que l'auteur n'ait pas jugé k propos de donner 
la musique de nombreux cantiques dont il parle dans son ou- 
vrage , ce qui aurait augmenté encore l'intérêt de ces savantes 
recherches. 

ORACZKOWSKI ( ) , violoniste , dirigeait la musique 

à Sokal, chez les Pères Bernardins et avait de la réputation dans 
le siècle dernier (Voyez LudPolski par L. Golembiowski, tom. III, 
page 251). 

ORANSKI, curé à Horodysko , en Lithuanie, district de Pinsk, 
possédait une belle voix et forma de bons élèves. Ce digne ecclé- 
siastique est cité par Luc Golembiowski dans son ouvrage sur le 
Peuple polonais , mais sans l'indication de l'année. 

ORDA (Napoléon), pianiste compositeur, s'était fait connaître 
à Paris depuis les événements de 1831. On lui doit la publication 
d'un album polonais, consacré spécialement aux compositeurs de 
cette nation, édité à Paris en 1838. M. Orda est auteur de plu- 
sieurs œuvres de piano écrites avec élégance. 

ORDYNIEÇ (Jean-Kasimir) , conservateur de la bibliothèque 
polonaise, à Paris, ancien élève du lycée de Krzemieniec, auteur 
de plusieurs ouvrages très-estimés, a traduit de l'allemand l'ou- 
vrage de L. Schaller, sur la poésie et l'éloquence, en l'appliquant 
à la prosodie polonaise. Les connaisseurs admirent beaucoup la 
pureté du langage polonais de M. Ordynieç, et son talent poétique. 

ORGAS (Annibal), maître des chœurs à l'église cathédrale de 
Cracovie, vivait probablement sous le règne de Sigismond III, roi 
de Pologne. Il est auteur de la musique pour une ode sur la guerre 
de Turquie. « Inter déclamât ionem Epitaphiam qua laudabantur ii 
qui cecidere in bello contra Turcam decantata. » Les vers sont en 
manuscrit avec quelques-uns de ceux de Krzycki. Orgas dirigea 
jusqu'en 1629 la chapelle des Roratistes ainsi que l'orchestre delà 
cathédrale. ' 

ORLOWSKI (Antoine), violoniste et compositeur de musique 
distingué, élève du Conservatoire de Warsovie. Né en 1811, tra- 
vailla le violon avec Joseph Bielawski, professeur de l'école, et la 
composition avec le célèbre Elsner, recteur de la même école, 
obtint le premier prix de violon et de piano en 1823, écrivit la 






DES MUSICIENS POLONAIS. 443 

musique pour un ballet en un acte qui fut représenté au grand 
théâtre en 1824. Encouragé par ce premier succès, M. Ant. Or- 
lowski composa la musique pour un ballet en trois actes, intitulé : 
Envahissement de l'Espagne par les Maures. Ce ballet, représenté 
à Warsovie en 1827, eut un bon nombre de représentations. 
Après avoir publié plusieurs compositions pour piano et violon , 
M. Orlowski partit pour l'Allemagne où il resta quelque temps et 
vint en France en 1830. Pendant son séjour à Paris, cet artiste 
perfectionna ses études en composition dans la classe de Lesueur, au 
Conservatoire, où il eut pour condisciples MM. Ambroise Thomas, 
Boisselot, Elwart et plusieurs autres. Après s'être fait une répu- 
tation brillante à Paris, M. Orlowski partit pour Rouen , où il di- 
rigea l'orchestre du grand théâtre et celui de la Société philharmo- 
nique, et s'établit dans cette ville comme professeur de piano et 
et d'accompagnement; étant chef d'orchestre, M. Orlowski écri- 
vit un opéra sous le titre le Mari de circonstance , paroles de 
Planard qui fut joué au théâtre des Arts, en 1834, sous la direction 
de L. Walter. On trouve dans les journaux de Rouen de cette 
époque un compte rendu très-favorable de cette composition dra- 
matique de l'artiste polonais. Ses œuvres publiées sont les suivantes : 
Trio pour piano, violon et basse, op. I, à Warsovie, chez Brzezina; 
Polonaises pour piano seul, Warsovie, idem.; plusieurs mazureks, 
Warsovie, idem. ; Trois rondos pour piano, Paris, Launer; Sonate 
pour piano et violon, Paris, Richault; Duo pour piano et violon 
sur des airs polonais, avec Alb. Sowinski, Paris, chez Launer; 
Trois suites de caprices en forme de walses, Paris, chez Lemoine; 
Duo pour piano et violon, Paris, Challiot; Deux valses à quatre 
mains, Paris, Lemoine; romance françaises, Paris, Lemoine; 
quatuor pour piano, violon, alto et basse (manuscrit). 

OSINSKI (Louis) , un des meilleurs poètes polonais , né à 
Koçk en 1775, fit ses études chez les Piaristes à Radom, se lia 
d'amitié avec F. de Sales Dinochowski et débuta vers 1804 par 
les traductions du Cid, des Horaces et ftAlzyre. Nommé membre 
de la Société royale des Amis de Sciences de Warsovie, pro- 
fesseur de littérature polonaise à l'Université de cette ville, che- 
valier de Saint-Stanislas, Osinski jouissait d'une grande repu- 



44G DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

tation littéraire en Pologne. Du temps de grand-duché de War- 
sovie , Osinski occupait la place de secrétaire du ministère de 
la justice et plus tard celle de grenier à la cour de cassation. 
Il visita la France et à son retour il se mit à travailler pour la 
scène. Son Opéra d'Andromeda l'a rendu populaire et son Ode 
sur Kopcrnih l'a placé au premier rang des poètes polonais. Il 
a chanté dans de fort beaux vers le retour de l'armée polonaise 
à "Warsovie après la campagne de 1809. Ayant renoncé au ser- 
vice public, il devint directeur des théâtres de Warsovie et si- 
gnala son administration par plusieurs chefs - d'œuvre de nos 
meilleurs écrivains. On lui doit la traduction de plusieurs opéras 
en vers très-élégants et qui se chantaient bien, entre autres celles 
du Turc et de la Pie voleuse , opéras difficiles à être bien rendus 
en langue polonaise, dont les nombreuses consonnes sont dé- 
favorables au chant. L. Osinski savait bien placer les syllabes 
sonores sans lesquelles il n'y a pas de chant possible, et dont 
les langues italienne et française sont si abondamment pourvues. 
En 1820 L. Osinski prononça en séance publique de la So- 
ciété des Amis des Sciences un discours sur l'art dramatique 
en Pologne, qui eut un grand retentissement. Ce discours, élaboré, 
basé sur des faits historiques, souleva contre lui les partisans 
de l'ancien art dramatique en Pologne. Osinski affirmait avec 
toutes les précautions oratoires de sa voix harmonieuse que le 
théâtre public n'existait pas autrefois en Pologne, a peine daigna- 
t-il accorder une mention au drame intitule : le Départ des am- 
bassadeurs Grecs, de J. Kochanowski et aux comédies de Boho- 
molec et de Rzewuski. Mais il parla de la scène nationale sous 
Stanislas - Auguste , sans se soucier autrement du xv e et du 
xvi e siècle. Il déclara du haut de la chaire du professeur, qu'il 
n'y avait pas de théâtre dans l'ancienne Pologne. 

Osinski remplissait les fonctions de secrétaire à la Société des 
Amis des Sciences. Son goût pour l'étude et pour la poésie léloi- 
gnèrent pendant quelque temps de la vie publique, mais il fut 
nommé doyen de la division des beaux-arts et dirigea avec éclat 
le théâtre national. Il garda sa place de professeur de littérature 
à l'Université de Warsovie jusqu'en 1820. Osinski mourut à War- 






DES MUSICIENS POLONAIS. U7 

sovie, le 27 novembre 1838. Son éloge nécrologique a été écrit 
par F. S. Dmochowski. 

OSMOLSKI (Nicolas), professeur de musique selon la mé- 
thode du méloplaste, résida quelque temps à Bourges et fit partie 
de la musique d'instruments à vent, dirigée par Kurek et composée 
d'artistes et amateurs polonais. Osmolski avait le grade de major 
dans l'armée polonaise. 

OSSOLINSKI (G. de Tenczyn), grand amateur de musique, 
vivait sous le règne de Sigismond III. Il fit mettre l'inscription 
suivante dans le salon de son château de Krysztopory. 

« Mily te tym Domu pokoy przemicszkuie 

» Gdzie monz przygrywa, Zona przyspiewuie. » 

( Un doux repos règne dans la maison où la femme chante, et le mari ac- 
compagne.) 

OSTROBRAMSKA , la Vierge de Wilna. N. Panna. Ostro- 
bramska, célèbre par de nombreux miracles. Son image fut 
placée d'abord au-dessus de la porte de ce nom , à l'entrée de la 
ville de Wilna. 

En principe la thaumaturge n'avait point de chapelle, on en bâtit 
une provisoire pour elle, mais bientôt elle devint trop petite 
par l'affluence des fidèles. Les Pères Carmélites , qui avaient 
leur église tout près sous l'invocation de Sainte-Thérèse, s'offri- 
rent pour desservir l'image miraculeuse de la Vierge appelée 
Ostrobramska ; depuis cette époque (1626) elle devint patronne 
de cette congrégation. On établit de prières particulières, et 
l'usage de chanter les Antiennes et des Litanies devant l'image 
sacrée date de cette époque. Le P. Hilarion du Saint-Esprit 
écrivit l'histoire de cette cérémonie. Plus tard le souverain Pontife 
Clément X autorisa la translation de la thaumaturge à l'autel 
principal de l'église. Les offices furent réglés par l'évêque 
Alexandre Sapieha dans lesquels les chants sacrés tiennent une 
grande place. Le célèbre compositeur Stanislas Moniuszko com- 
posa des Litanies en l'honneur de la Vierge d'Ostrobramska {His- 
toire de Wilna par J.-J. Kraszewski). 

OSTROWSKI (Comte Christien ) , fils du palatin Antoine 



418 D1CT10KNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Ostrowski. Poëte sacré et dramatique, auteur de plusieurs 
pièces de circonstance, il excelle surtout dans le genre ly- 
rique. Doué d'un véritable talent pour la poésie, M. Ostrowski 
écrit avec beaucoup de facilité en français et en polonais, ses 
vers sont très-bien coupés pour la musique , il exprime avec 
bonheur et une rare élégance les émotions de l'âme et sa muse 
éprouvée par les malheurs penche vers les idées mélancoliques. 
Il peint avec force et vérité les sentiments élevés, et dans ses 
œuvres religieuses il a de la grandeur. 

M. Ostrowski commença sa carrière littéraire par le chant in- 
titulé : Glosem ludu Bog przemawia (Dieu parle par la voix du 
peuple), il a été imprimé dans un écrit périodique sous le titre : 
Barde aux bords de la Vistule. Un bon nombre de poésies de 
M. Christien Ostrowski, tant polonaises que françaises, ont été 
mises en musique par différents compositeurs, savoir : MM. An- 
toine Kontski , Louis Jadin , Joseph Mainzer , Henrard (professeur 
à Liège), E. Soubre idem. S. Fuller, Masini et plusieurs autres. 
Lui-même est auteur de plusieurs romances et chants , paroles et 
musique dont voici les principaux titres : Hymne à la Pologne. 
Y Absence, la Napolitaine, la Hongroise, etc. 

Mais son travail lyrique le plus étendu , le plus important , est 
le poème de Saint-Adalbert Martyr, Oratorio en trois parties mis 
en musique par Albert Sowinski, exécuté à Paris pour la pre- 
mière fois en 18-45 par les premiers solistes de la capitale, les 
chœurs de l'opéra, et l'orchestre des Italiens sous la direction 
de M. Tilmant. Le poème a été traduit par l'auteur en polonais 
et par M. F. Gerdy en allemand. La partition de piano et chant 
publiée chez Brandus à Paris, contient vingt-huit morceaux dont 
plusieurs à cinq et à huit voix. 

L'Oratorio de Saint-Adalbert, dont la première partie seulement 
a été exécutée à Paris , produisit une vive sensation à son appa- 
rition, grâces aux situations saisissantes du poème. Monté d'abord 
dans les salons de M. Boulanger par les artistes et amateurs les 
plus distingués, il fut ensuite exécuté dans la salle Herz par 
MM mes Dorus-Gras, Sabatier, Mondutaigny; MM. Geraldy, Alexis 
Dupont et Desterbecque. Les chœurs et l'orchestre étaient au 



DES MUSICIENS POLONAIS. 449 

nombre de cent vingt exécutants. L'Hymne antique de Boga 
Rodziça, placée dans l'introduction instrumentale ouvrait digne- 
ment cette œuvre religieuse d'une longue haleine et d'une exé- 
cution difficile , qui attend encore une représentation plus com- 
plète pour être appréciée comme elle le mérite. 

M. Ostrowski est auteur d'un autre poëme lyrique , Azaël ou 
(le Fils de la Mort). Il a fait jouer plusieurs pièces sur les théâtre 
de Paris entre autres le drame de la Reine Hedwige. 

OSTROWSKI (P ) , professeur de chant à l'école du 

district à Warsovie, rue Fréta, faisait exécuter il y a quelques an- 
nées, des morceaux religieux par ses élèves les jours de grandes 
fêtes. Une messe de Gh. Kurpinski fut chantée à l'église de Saint- 
Paul, sous la direction d'Ostrowski, le jour de l'anniversaire du 
sacre de S. M. 

OSTROWSKA (Pauline), pianiste très-distinguée de Warsovie, 
élève de M. J. Nowakowski. Exécuta à; un des concerts de la 
Ressource en 1857, un nouveau quintette de la composition de son 
professeur. M lle Ostrowska fut accompagnée dans cette circon- 
stance par MM. Hornziel, Studzinski , Szablinski et Macieiowski 
(Kronika, journal de Warsovie). 

OSTRZYKOWSKI (l'abbé Boniface), traducteur en vers po- 
lonais des Hymnes religieuses (Hymny religijne) , d'après le Bré- 
viaire romain, édition in-12 de 194 pages avec quelques poésies 
originales. Warsovie, 1841. 

OWINSKI (Stanislas), recteur de l'école de l'église parois- 
siale de Sainte-Marie-Madeleine à Posen, fut en même temps 
artium liberalium magister de cette école en 1638; il se faisait 
aider dans ces fonctions par le Bakalarz (maître d'études), qui 
remplissait aussi celles de cantor ou d'organiste (Obraz miasta 
Poznania, par J. Lukaszewicz. 

OZIEMBLOWSKI (S. J.), fonda trente florins par an, pour les 
musiciens attachés à l'église de Saint-Jean à Wilna, à condition 
qu'ils chanteraient des Litanies à Saint-Xavier, tous les vendredis 
de chaque semaine (1609), Histoire de Wilna par Kraszewski. 



•ICTIOSXAIRE BIOGRAPHIQUE 



PACELLI Asprilio >, né à Yareiano en 1570, fut d'abord 
maître de chapelle du collège allemand à Rome, ensuite il obtint 
le même titre à la basilique du Vatican , puis il accepta la place 
de maître de chapelle de Sigismond III, roi de Pologne , en 1603. 
Il mourut au service de ce prince, le 4 mai 1623 , à l'âge de cin- 
quante-trois ans , selon son éphaphe qui se trouve à la cathédrale 
de Warsovie gravée sur le monument consacré à la mémoire de ce 
maître, avec son buste en marbre , au-dessous duquel on Ut l'In- 
scription suivante : 

d. o. a. 

ET l£«OUi: EXCELLEXT1S V1RI ASM1LU PACELLI ITALI DE OPPIDO VARCIAVO 
DIOECE515 5AR5IE5S1S, yUl PROFESSIOXE MUSICUS, ERCDmO-XE. U :■.-_ 
LVrESTlOXTM DELECTARILI VARIETATE OM^ES EJU5 ARTI5 COETAXEOS SCPE- 
RAVTT, AXTlyUIORES AEyUAVIT, ET SEREM&S. ET V1CTORISS. PRI5C1PIS D. D. 
M6ISMU5DI UI. POLOXIAE ET 5VECIAE REGIS CAPELLAM MUSICAJt TOTO 
CHRIST IA>0 ORBE CELER ERRLM AU ULTRA XV AS2COS MIRA SCLERT1A REVIT. 
EADEX 5. H. R. OR FTDELISSIItA OBSEQUIA HOC BE5EY0LE5T1AE HOXU- 
ME5TUH POM JVSSrr. DECESSTT DIE IV «AH A550 DOH1M HDCXÏIII AETAT1S 
5U.E LUI. 

PaceUi dirigea la chapelle royale pendant plus de vingt ans. 
Elle était composée alors de treize chapelains-chanteurs «cautors ■■. 
de six enfants de chœur et de plusieurs organistes, parmi lesquels 
on comptait Thomas Kiçker. Sowa, Kurcwski , Fantazia, etc. 
D'après le livre des comptes de Jean Firley, trésorier royal en 1590, 
conservé à la bibliothèque de la Société royale des Amis des 
Sciences de Warsovie , chaque enfant de chœur recevait un florin 
par semaine. Chaque chanteur avait 40 florins de gage par an et 
un florin 10 gr. de gratification par semaine. Les noms de ces 
treize chanteurs étaient l'abbé Gorczyçki . compositeur, Zegota , 
Chriitoph Glogovrtki , Leszczyntki , Pûmtkourski , Ilza , Ramult , 
Widiczka, Obrenk , NadoUkt. Bacho . Wadensù et Kalowski. Six 



m 

trompettes, dont les appointements étaient de un florin par 
semaine . ils s'appelaient : koiakmnki, MQamranaki, Istwan. Maylat. 
Szretter. L&h. Le tamboor Matkie* recevait 10 gr. par semaine et 
avait en entre -10 florins de gages par an. Indépendamment de ces 
musiciens, plusieurs joueurs de luth, de viole et de basse de viole, 
furent attachés à la chapelle de Sigisinond IH . et formaient un 
personnel très-nombreux . qui coûtait au roi 12.000 écus par an 
( Voyez les comptes de Wollowicz pour ISSS). Pacelli composa la 
musique pour un chant sur saint Stanislas , patron de la Pologne . 

X -81 Groebowski. imprimé dans un recueil religieux à quatre 
voix. Cracovie . 1611. On lit au bas le nom d'Asprilij Pacelli, 
mag i s ter eapella? S. R. M. \ Histoire de la littérature polonaise, par 
M. Wiszniewski». 

PAISIELLO Jean . Le passage de cet illustre compositeur à 
Wnsovie fut marqué par la composition de son grand oratorio 
< La Pmiiomt éi Jesm Ckristo, » d'après le texte de P. Métastase. 
Paisiello l'a écrit à la demande du roi de Pologne. Stanisbs- 
ÀugustePoniatowski. Cet oratorio fut exécute le Jeudi- Saint, sous 
la direction du maestro lui-même, en 1784. Les compositions 
dramatiques de ce grand maître jouissaient d'une voçae soutenue 
en Pologne ( 1) . plusieurs de ses opéras furent traduits en polonais. 
Paisiello écrivit la Finta amante à Mobilew. en Pologne . pour le 
séjour , dans cette ville, de l'empereur Joseph II avec Catherine II , 
impératrice de toutes les Russies. Une collection très-remarquable 
de partitions de Paisiello existe au château de Rreiùlpont apparte- 
nant à M. le comte L. de Talleyranti-Perigord. L'auteur de ce 
livre a ete charge de faire le catalogue de ces belles partitions, r eû- 
mes par les soins de M. le baron de Talleyrand . ancien ambassa- 
deur de France à Xaples. qui fut l'élève et grand admirateur du 
célèbre maître italien. 

PALCZEWSKI { J . ténor du théâtre de Wilua, contri- 

bua à l'exécution de l'oratorio de la Cremtim du célèbre Haydn . 
I arec un grand soin à Wilna. eu 1 809, an profit de F.Astfedit 



D "après l'abbe Cûmpi. Paisiello aurait fuit représenter pendant son sé- 
jonr * Warsovie en 1739 : Il Ri Teodoro in retMzia . et U Xodistm 



452 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

docteur Frank, dont la femme fut chargée du rôle de l'Ange 
Gabriel, quelle chanta avec une grande perfection (Voyez ce 
nom). Selon le Courrier de Lithuanie, Palczewski s'acquitta avec 
talent et désintéressement du rôle de ténor (Voyez la Gazette de 
Posen, du 8 avril 1809, n° 18). 

PALCZEWSKA (Thérèse), cantatrice distinguée, à Warsovie, 
avait une sœur qui chantait fort bien ( Voyez L. Golembiowski 
dans sa Description de Warsovie). Toutes deux jouissaient d'une 
réputation méritée depuis 1830. Thérèse Palczewska s'occupait de 
littérature : elle a traduit en polonais la Fiancée de Lammermoor, 
drame en trois actes (Revue de Posen). 

PALIANI ( ), musicien cité par S. Ciampi , comme ayant 

séjourné en Pologne dans le siècle dernier. 

PALIGONIUS, musicien et compositeur polonais du xvi e siècle, 
cité par S. Starowolski dans la vie de Martinus Leopolita, décrite 
dans son ouvrage latin : Simonis Starowolsci, scriptorum polonico- 
rum Ekatontas seu centum illustrium Poloniœ scriptorum, elogia 
et vitœ : Francofurti, sumptibus Jacobi de Zetter, 1625. Paligonius 
paraît avoir été l'inventeur d'un nouvel instrument, mais on n'en 
donne pas le nom. Le comte Ignace Potocki, auquel la littéra- 
ture musicale polonaise doit un travail intéressant , Poczet muzy- 
koiv i kompozytorow Polskich. Pamientnik Warszawski, 1818, 
miesionç Luty, se borne à citer Starowolski, sans donner d'autres 
détails sur Paligonius. 

PARCZEWSKI (Constantin), violoniste polonais, faisait partie 
de l'orchestre de l'Opéra italien, à Paris, de 1832 à 1848. Obligé 
par les événements de tirer parti de son talent sur le violon, il se 
concilia l'estime de ses nouveaux confrères. En 1849, M. Parczewski 
épousa M Ue Nathalie Lipinska, fille du célèbre violon polonais fixé 
à Dresde. De retour à Paris, Constantin Parczewski fut frappé 
d'une maladie grave qui le conduisit au tombeau le 8 avril 1855. 

PARIS ( M lle Salomé ) , a composé la musique de Casimir le 

Grand, de Sigismond I er et de Constantin Ostrogski , trois chants 

historiques de J. - A. Niemcewicz, qui font partie de la glorieuse 

épopée de la nation polonaise. La mélodie de Constantin Ostrogski 

une heureuse inspiration. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 453 

PARIS ( ), violoniste de Lublin , voyagea à l'étranger, 

et revint se faire entendre dans sa ville natale. 11 donna, en 1844, 
un concert dans la salle du Casino, avec le concours de MM. Teich- 
man et Stolpe. Cet artiste produisit une vive sensation dans un 
concerto de de Beriot, et M. Stolpe, se fit. applaudir dans la fan- 
taisie de Thalberg sur Lucie. En 1855, M. Paris exécuta un Gra- 
duelle de Kreutzer à l'église de Sainte -Croix avec MM. Apollinaire 
Kontski , Hornziel , Antoine et Léon Werner ( Courrier de War- 
sovie). 

PASKIE WICZ ( ) , musicien , originaire de la Grande- 

Pologne, cité dans la Gazette de Posen, article de Max Braun. 

PAWLIKO WSKI(Thaddée), amateur de musique à Radom, con- 
tribua au concert donné , dans cette ville , par les artistes et ama- 
teurs au profit de l'hôpital en 1844 ( Courrier de Warsovie). 

PAUL ou PA WEL , organiste sous le règne de Sigismond-Au- 
guste, cité par L. Golembiowski d'après le manuscrit de Dzia- 
lynski. 

PEKEL ou PEKIEL, organiste, attaché à l'église cathédrale de 
Saint- Jean à Warsovie, cité par Jarzemski comme bon composi- 
teur ( Voyez la Description de Warsovie en 1643 ). 

PENKALSEI (l'abbé Joseph), compositeur, dirigea la chapelle 
des Sigismonds , dite des Roratistes, à partir de 1740. 11 fut le 
dernier directeur connu de ce collège fondé en 1543 par Sigis- 
gismond I er , et protégé par les rois de Pologne avec une sollicitude 
paternelle. L'abbé Penkalski en fut le dix -septième directeur 
(Voyez le Peuple polonais, tome m, page 210). Les compositions 
de l'abbé Penkalski sont encore conservées à la bibliothèque de 
la cathédrale de Cravovie. 

PENKALSKI ( ) , auteur d'un opéra polonais inti- 

tulé Rotmistrz Goreçki qui fut représenté à Warsovie après le 
traité de Tilsit en 1807. C'est à cette époque que L. A. Dmus- 
zewski écrivit la Pospolite et les Remparts de Praga , opéras-co- 
médies, tirés de l'histoire nationale. Le roi de Saxe, alors grand- 
duc de Warsovie, assistait souvent à ces représentations (Dzieié 
teatru Narodowego , par Alb. Boguslawski). 

PESZKE (Julien), pianiste et bon professeur de musique établi 



454 



DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 



à Warsovie, figure souvent dans les beaux concerts de cette capi- 
tale. M. Peszke est très-recherché comme accompagnateur (Jour- 
naux polonais). 

PETERSEN ( ) f facteur de pianos à Krzemienieç 

vers 1820. Il était l'associé de Czisak {Tygodnik Petersburgski). 

PETRASCH (Sophie) , première cantatrice de l'Opéra national 
polonais. Douée d'une grande beauté. Elle débuta à Warsovie 
en 1802, dans le rôle de Prêtresse de la Fête des Bramines, chanta 
celui de la Reine de Nuit, avec beaucoup de talent. Plus tard, elle 
parut dans le Sacrifice interrompu de Winter et enleva tous les 
suffrages avec Caroline Stefani, dont la voix se mariait très-bien 
avec la sienne. Sophie Petrasch est morte fort jeune. Elle avait 
reçu des leçons de chant du compositeur Elsner. 

PIASTUNOWICZ ( ), facteur de pianos à Wilna, 

vers 1840, cité par le Tygodnik Petersbursgki. 

PIENKNOWSKA (Constance), cantatrice distinguée, élève du 
célèbre Elsner, débuta dans l'opéra de Télémaque en 1803, sous 
la direction d'Albert Boguslawski. Mariée plus tard à Dmu- 
szewski, elle continua à tenir le rang de première cantatrice à 
l'Opéra de Warsovie et obtint un grand succès dans le rôle de 
Hedivige (Krolowa Jadwiga) , musique de Charles Kurpinski. Son 
portrait, peint par Jean Gladysz , faisait partie de l'Exposition des 
tableaux en 1821 à Warsovie. 

PIEROZYNSKA (Françoise), cantatrice et tragédienne distin- 
guée de l'Opéra national polonais, née à Warsovie en 1764, 
mourut en 1816. Elle débuta d'abord au théâtre de Nieswiez des 
princes Radziwill, en 1786, ensuite elle fut engagée par Albert 
Boguslawski pour sa troupe de Wilna et vint plus tard a Warsovie 
où elle eut du succès. Cette artiste recommandable , sœur de 
M rne Truskolawska, après de cruelles épreuves, montra beaucoup 
de résignation et finit ses jours dans la plus grande piété (Histoire 
du théâtre national, par Albert Boguslawski). 

PIESKOWICZ (Nicolas) , fut le treizième directeur de la cha- 
pelle des Roratistes à la cathédrale de Cracovie. Cette chapelle, 
fondée par Sigismond I er , fut célèbre par ses Messes (Rorate) , 
chantées en musique, Pieskowicz la dirigea jusqu'en 1694 (selon 



DES MUSICIENS POLONAIS. -fôa 

L. Golembiowski, dans le Peuple polonais, tome m, page 210). 

PIJANOWSKI (André), né dans le grand-duché de Posen, vint 
en France en 1832; il avait alors le grade de capitaine dans l'ar- 
mée polonaise, ayant fait ses études à l'Ecole militaire. Arrivé en 
France, M. Pijanowski chercha à se procurer des moyens d'exis- 
tence et embrassa la carrière des arts. 11 travailla d'abord le violon 
et entra ensuite chez Erard et chez d'autres facteurs de pianoi 
pour acquérir les connaissances nécessaires, afin de devenir apte 
à diriger un établissement d'accords de pianos, leur entretien 
et leur fabrication. Dans ce but, il fonda une maison a Chartres, et 
parvint à se former une nombreuse clientèle par son habileté et paT 
son caractère recommandable. Avant de venir se fixer à Chartres, 
M. Pijanowski habita quelque temps Bourges, Vendôme et Rouen. 

PIOTROWCZYK (André) publia en 1601 à Cracovieun recueil 
de chants religieux , parmi lesquels il y en avait pour le culte ré- 
formé. Déjà en 1523, Martin Luther et Spretten inondèrent la 
Pologne des chorals, qu'ils firent chanter à leurs disciples dans la 
langue du pays. Cette circonstance obligea le clergé catholique à 
introduire dans les églises l'usage de chanter des psaumes, des 
prières et la passion de Notre-Seigneur Jésus- Christ en polonais. 
Jusque-là on ne connaissait que l'hymne de Boga-Rodziça, car le 
Commentarium in Ecclesiœ Romanœ canlilenas n'était composé que 
de chants latins. Depuis Wuïek, S. Jesu, qui traduisit le Psautier et 
la Bible en polonais (vers 1598), les catholiques polonais pou- 
vaient chanter en leur langue et les Litanies de la sainte Vierge de 
Wuïek furent réimprimées plusieurs fois en peu de temps. Écou- 
tons ce qu'en dit le célèbre Jésuite Possevinus dans son Apparatu 
sacro : « Jakobus Wuïekius preces et horarias B. Virginis in lin- 
» guam Polonicam vertit, urgentibus piis Polonis, idque exigente 
» necessitate qiue ex cantilatione hareticorum hymnorum in ani- 
» mos simplicium imminebat. » L'cminent orateur sacré, Scarga 
S. J., s'exprime ainsi à ce sujet dans un de ses magnifiques ser- 
mons sur la sainte Messe. « Il est important que le chant dans les 
» églises et dans les maisons soit amélioré, car même les auteurs 
» païens reconnaissaient que la musique purifie les mœurs; rien 
» ne pénètre davantage les cœurs humains comme l'harmonie des 



456 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

» voix. Leur accord contribue au bien et au mal. Là où le chant 
» est sans énergie, les paroles impures, la vertu s'en ressentent 
» ainsi que les mœurs qui perdent leur pureté , tandis que l'in- 
» fluence de la parole grave des saintes Écritures et le chant 
n régulier d'un beau caractère rejaillissent sur les mœurs et dis- 
» posent à la véritable piété et à la pratique de la vertu, puissions- 
» nous avoir des chants comme ceux du roi David devant Saùl, 
» ou ceux du Psalmiste d'Elisée ! » 

Le recueil publié par Piotrowczyk renferme plusieurs prières , 
psaumes et chants divers avec vignettes, mais sans mélodies. La 
préface fut écrite à Léopol (Lwôw) en 1598, pour l'édition in-8°. 
Oloff Ephraïm possédait un exemplaire de cet ouvrage excessive- 
ment rare (Historya Literatury Polskiy, przez Michala Wiszniew- 
skiego),tom. vi, pag. 423. 

PIOTROWSKI (P. Romain) , musicien polonais, inventa en 
1844 un instrument pour accorder les pianos, qu'il nomma aUor- 
domètre, par lequel il rendit service à la musique. Le célèbre 
compositeur polonais J. Elsner en fit l'analyse dans une lettre 
publiée parle Courrier de Warsovie. D'après cette lettre , il paraît 
que l'invention de M. Piotrowski a du mérite, car à l'aide de sa 
petite machine, il sera très-facile d'accorder son piano soi-même. 
M. Piotrowski donne des explications sur la manière de mettre 
les cordes, opération très-ingrate, surtout pour une main de 
femme, mais que notre inventeur trouva moyen de rendre plus 
accessible à tout le monde. Il donne aussi un très-bon procédé 
pour nouer les cordes et faire les crochets; enfin rien n'a été 
oublié pour faciliter l'accord de pianos et M. Piotrowski, au milieu 
de ses occupations de professeur de piano, de violon et de chant, 
trouva le temps de rendre son invention d'une utilité incontestable. 

PIOTROWSKI ( J.-K. ), compositeur religieux de l'époque 
actuelle, cité par les Journaux polonais. 

PIONTKA (Simon de), ou Szymon z Piontka, vicaire de l'église 
cathédrale de Cracovie , fut bon musicien et possédait une belle 
voix. Il exécuta au mariage d'Anne d'Autriche une Cantate de sa 
composition. Simon Starowolski le cite pour ses connaissances mu- 
sicales et donne son épitaphe dans les Monumenta Sarmatarum, 



DES MUSICIENS POLONAIS. 457 

pag. 56, qui est répétée dans Walther ( Jean Godefroid), Musica- 
lisches Lexicon. 

« Honorabili Simoni de Piatek sacerdoti , pietate ac morum 
» comitate omnibus grato, primum Vicario et Vjçecantori Eccl. 
» cath., Crac, tandem Capellse Rora. Praebendario, simul prop- 
» ter art. musices peritiam ac vocem canoram et suavem pra?- 
» dictas Eccl. Canton', die ultima anni 1592 extincto, Fratres 
» commun. Rorantin. tanquam confratri desideratiss. amoris ergo 
» posuere.» Tous les historiens polonais font grande éloge de 
Piontka , mais ils ne disent pas si sa Cantate avait été imprimée 
dans son temps. 

PIWNIÇKI ( J. ), auteur de six Polonaises concertantes pour 
piano et violon, publiées à Warsovie, chez Sennewald {C. F. Wist- 
ling's Handbuch). 

PLATER (comte Wladislas) , amateur distingué, connaît bien 
la musique, et possède une riche collection de chants lithuaniens. 
Membre de la Diète, le comte Plater fonda, pendant son séjour 
en France, une Revue polonaise, rédigée en français, dans laquelle 
les arts ne furent pas oubliés. 

PLATER (comte César), amateur distingué de musique, chante 
très-bien le genre bouffe et possède la voix de baryton d'un timbre 
agréable. Doué d'une organisation musicale heureuse, le comte 
Plater interprète avec talent les auteurs classiques. Pendant son 
séjour à Posen, il chantait souvent des duos avec F. Grotkowski, 
enlevé prématurément à ses nombreux amis (Correspondance par- 
ticulière). 

PLEWA (Venceslas), chef de musique du régiment de l'Ukraine, 
s'est fait connaître aussi comme compositeur religieux, en envoyant 
a Lublin, en 1854-1855, une messe pour voix d'hommes avec ac- 
compagnement d'orgue, qui fut chantée chez les Dominicains. D'a- 
près le Courrier de Warsovie, cette messe est remarquable par 
l'élévation des idées et par l'expression religieuse de l'ensemble. 

PLODOWSKA (Pfeifer), cantatrice de talent, possède une 
jolie voix et obtient beaucoup de succès à l'étranger. Elle débuta 
à Warsovie, il y a quelques années, mais désirant arriver à la per- 
fection, elle quitta son pays et se mit à voyager eu Allemagne et 



458 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

en Italie. Dans toutes les villes où chanta M me Plodowska , les 
journaux sont unanimes dans les éloges donnés au talent distingué 
de cette cantatrice. 

PODBIELSKI (Jacques), de Thorn, musicien cité par Goldbeck 
dansLiter. Nachricht. v. Preussen. M. Fétis le croit Prussien d'après 
Niedt et Moltz. Cependant on sait que la ville de Thorn (Torun), 
appartenait à la Pologne vers la fin du xvn e siècle. Quant à Pod- 
bielski, Chrétien-Guillaume, organiste, né à Kœnigsberg, il passe 
pour être un Prussien. 

POCZAIOWSKA, (la Vierge de Poczaïow), petite ville sur la 
frontière de la Gallicie, à quatre lieues de Krzemienieç, attirait de 
nombreux pèlerins de toutes les parties de la Pologne. L'Église où 
était placée l'image miraculeuse appartenait à Tordre de saint 
Basile du rit grec-uni. Fondée parle fameux Nicolas Potoçki, sta- 
roste de Kaniow, qui y fit sa pénitence, elle était en grande véné- 
ration parmi les populations de la Wolhynie, de la Podolie et de 
r Ukraine. Chaque odpast (mission ou pardon), amenait la foule, 
avide de miracles ; il en venait du royaume de Pologne , de la 
Gallicie, de la Silésie et de la Moravie, et même de la Bohême. La 
Thaumaturge de Poczaïow ne repoussait personne, les catholiques, 
comme les Unités s'adressaient à elle avec confiance, et jamais 
•en vain! Les pères Basiliens avaient des chants particuliers en 
l'honneur de la Vierge, leurs antiennes différaient un peu de 
celles que l'on chante en France, mais Tordre de saint Basile 
reconnaissant le Pape, adopta des offices selon le rit romain, avec 
quelques modifications autorisées par le saint-siége. On chantait 
en langue russienne sans accompagnement; les fidèles secondaient 
les chantres de l'église (diaki). Chaque jour on disait un grand 
nombre de messes à l'intention de nombreux pèlerins qui pou- 
vaient en demander aussitôt leur arrivée, et Ton obtenait souvent 
des guérisons miraculeuses, grâce à l'intercession de la sainte 
Vierge. L'admirable prière de Sivienty Bozé, (Dieu saint, Dieu 
puissant, Dieu immortel, ayez pilié de nous) si populaire en Po- 
logne, retentissait devant l'autel de la Beata. L'auteur de ce livre 
ne peut oublier l'émotion profonde qu'il ressentit en entendant 
.certains chants sacrés à l'église de Poczaïow, lorsqu'au moment 



DES MUSICIENS POLONAIS. 459 

de quitter son pays, il vint pour invoquer la protection de Boga- 
Rodziça (Mère de Dieu) dans son sanctuaire, moment suprême 
dont le souvenir ne s'effacera jamais... L'église de Poczaïow était 
la dernière église polonaise de Wolhynie que je devais voir, n'ayant 
pour témoin qu'un de mes frères qui ne m'a quitté qu'à la fron- 
tière. Poussé vers les contrées lointaines, je visitai Vienne, Milan, 
Venise, Florence, Rome et Naples; arrivé en France, pays si 
riche en monuments religieux, j'assistai à plusieurs cérémonies 
qui firent revivre en moi les sentiments pieux de mon pays. C'est 
à la campagne, dans la chapelle du château de Thil , appartenant 
h M. le duc et à M me la duchesse de Rauzan , que j'écrivis mes 
premiers Motets (\), qui y furent chantés pour la première fois et 
qui précédèrent la messe dite des Oiseaux, composée pour la cha- 
pelle du couvent de dames de Saint Augustin. J'étais présent à 
l'inauguration du monument de Montmorency, consacré aux il- 
lustres Polonais, morts en France. J'assistai à la consécration de 
l'abbaye de Ligugé, berceau de saint Martin, restaurée par les 
soins de Monseigneur l'évêque de Poitiers, qui y célébra une messe 
en musique, où chantèrent MM. les artistes et amateurs de Poitiers. 
Je visitai la chapelle monumentale du château d'Hautefort , où 
l'on fait d'excellente musique , sanctifiée par la haute piété de 
M. le baron de Damas et de sa famille. J'assistai en 1854 à la fête 
de Saint-Casimir à la chapelle des Sœurs de la Miséricorde à 
Paris (2). Je visitai Persac en Poitou, où s'élève la nouvelle église, 
grâce à la piété de M. le vicomte de la Besge et de M. le curé 
Leroy, qui a construit lui-même un très-bon orgue à tuyaux et 
qui trouve parmi ses paroissiens des châteaux de Persac , de 
Villars et de Pindray , de fort jolies voix pour la musique d'église. 
Mais un pèlerinage, qui rappelle la piété des populations de mon 

(1) L'Œuvre 57, intitulée : Six cbanls religieux à deux, trois et quatre voix, 
avec accompagnement d'orgue, dédiés a M me la duchesse de Rauzan, exécutés 
pour la première fois à la chapelle du Thil, par M me la duchesse et M ,,,M ses 
filles. 

(2) La Messe brève , œuvre 71 ; les Motels, œuvre 80, et plusieurs autres 
morceaux religieux furent composés pour la chapelle d'Hautefort, et exécutés 
souvent par M mcs de Damas, le chœur du bourg, et plusieurs autres ama- 
teurs, sous la direction de M. Margerin. 



460 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

pays, c'est celui de la Tombe d'un Vendéen situé en Anjou, près- 
de Pouancé , dans les bois de Cornillé dans le voisinage d'un 
étang, transformé en un beau lac, par les travaux que M. le 
marquis d'Aligre, propriétaire actuel, y fit faire. Une tombe mo- 
deste, qui date de 1794, ornée de fleurs et de petites croix, attire 
de nombreux pèlerins, qui viennent de fort loin pour prier et 
déposer leur modeste offrande en faveur des pauvres. Depuis 
quelque temps M. le marquis d'Aligre a fait élever une croix de 
pierre sur cette tombe , due au ciseau de M. Varin de Chaumont, 
qui a su conserver à l'ensemble du monument , ce cachet de 
simplicité rustique en harmonie avec le pieux souvenir. De l'autre 
côté du lac, le monument de Notre-Dame de Rochettes, du même 
artiste, s'élève sur un rocher au milieu des bois ; il est consacré 
aux patrons de la famille dont on voit les médaillons sur les quatre 
faces du monument. En 4853 une mission prêchée par le ré- 
vérend Père Lévenbruck , missionnaire fondateur du couvent des 
Anges des Capucins près de Château-Gonthier, eut lieu sur les 
bords du lac, et attira au milieu d'une riante prairie, environ 
quatorze milles personnes accourues, bannières 1 en tête (l),pour 
rendre hommage au caractère religieux de la fête et admirer 
la beauté du site. On doit féliciter M. le marquis d'Aligre du 
bel emploi de sa fortune ; il a su tirer parti de cette contrée ignorée, 
et il a doté sa commune d'une maison des Sœurs de saint Vincent 
de Paul, qui tiennent école et s'occupent du soin des malades. 
Non loin de Cornillé, on voit le château de Pouancé situé à 
mi-côte dans une magnifique position ayant vue sur trois beaux 
étangs. Commencé par le marquis de Préaulx grand protecteur 
des arts, le château de Pouancé a été achevé par M. le marquis 
et M me la marquise de Préaulx ses dignes héritiers. 

Après cette digression il me reste à citer les principaux pèle- 
rinages de Pologne, célèbres par des images miraculeuses (Obrazy 
cudowne) où l'on fait de la bonne musique. 

(i) Une Châsse de velours bleu, brodée d'or, qui renfermait plus de sept 
mille médailles de Notre-Dame de Rochettes, fut portée par de jeunes filles 
vêtues de blanc et couronnées de fleurs. Ces médailles, après avoir été bénites, 
ont été distribuées aux assistants. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 461 

Lia "Vierge de Czenstochau. Nejswientsza Panna Czenstochowska. 

La Vierge de Wilna. N. P. Ostrobramska. 

La Vierge de Léopol. N. P. Lwowska. 

La Vierge de Berdicrow. N. P. Berdyczowska. 

La Vierge de Poczaïow. N. P. Poczajoivska. 

PODGORSKI (l'abbé), dirigea la musique de la cathédrale de 
€racovie vers 4780; il succéda à l'abbé Bittner et à l'abbé Ziele- 
niewicz (Voyez le Peuple polonais, par L. Golembiowski, tome ni, 
page 250). 

POGODA, nom d'une divinité païenne avant l'introduction du 
christianisme en Pologne. Son culte consistait en musique, 
chants et danses. Selon l'historien Dlugosz, cette divinité avait son 
temple à Bielany , près de Warsovie ; on croit que c'est là l'ori- 
gine de la promenade de Bielany à la Pentecôte ( Courrier de 
Warsovie). 

POKUTYNSKI ( ), chambellan du roi de Pologne, 

amateur distingué , jouait très -bien la comédie. II remplit le rôle 
principal dans la Gageure imprévue, avec la comtesse Séverin Po- 
toçka, vers la fin du siècle dernier, au palais Radziwill, où il y 
avait autrefois un théâtre d'amateurs fort bien monté ( Manuscrits 
de L. A. Dmuszewski et Courrier de Warsovie). 

POLANOWSKA (Théophile), pianiste de mérite, à Paris, se 
voua à l'enseignement de piano, et publia plusieurs morceaux 
pour son instrument , savoir : 

Mélodie pour piano, dédiée au prince Adam Czartoryski, 
«œuvre 1-4. 

Deux polkas , œuvre 15. 

Polonaise brillante, dédiée à la princesse Sapieha. 

U Aurore , valse brillante, œuvre 18. 

Tous ces morceaux sont écrits avec élégance et prouvent que 
M me Polanowska est une bonne musicienne. Sa fille, M lle Gésarine 
Polanowska, possède une fort belle voix et paraît être bien orga- 
nisée pour la musique. Elle est élève de M me Coppa, professeur 
de chant. M lle Césarine chante déjà avec infiniment de goût; sa 
voix bien timbrée lui promet un bel avenir. Ses parents se pro- 
posent de l'envoyer en Italie. 



462 DICTIONNAIRE BIOGRAPHQUE 

POLKOWSKI (Joseph), un des bons ténors de Warsovie, 
chanta dans le Requiem d'Elsner, exécuté en 1826 sous la direc- 
tion de Jaworek avec accompagnement d'orchestre et de choraleon. 
Le Benedictus de cette messe , qui est à trois voix, fut admirable- 
ment exécuté par MM. Zylinski, Polkowski et Szczurowski (Ga- 
zette musicale de Leipzig de 1826). Cet artiste produisait beaucoup 
d'effet dans le rôle de Mazaniello dans la Muette de Portici. Il 
avait pour rival Philippe Weinert, et, lorsque celui-ci perdit la 
voix, Polkowski resta seul et fut très-en vogue; mais le sort jaloux 
ne le laissa pas jouir longtemps de ses triomphes, Polkowski 
mourut jeune en 1835, âgé de trente-huit ans. 

POMORSKI (W.), dirige la musique religieuse à l'église Saint- 
Charles-Borromée, fondée à Warsovie par les libéralités de la 
comtesse Malachowska, princesse Sanguszko. Cette église, située 
à Powonzki , a été inaugurée en 1849. 

PONIATOWSKI (prince Joseph), branche française, fds du 
prince Joseph Poniatowski , maréchal de France , élevé par la 
comtesse Tyszkiewicz, sa tante. Entré jeune au service de 
France, il habita ce pays et cultiva la musique. Chargé d'un 
rôle dans la Vendetta, pièce avec musique, jouée au château de 
Lizy , chez M me la baronne de Morell , il s'en acquitta d'une ma- 
nière satisfaisante. Cette jolie pièce, montée avec soin par les 
meilleurs amateurs de Paris, fut représentée en 1845, à Lizy, par 
M. le vicomte Fernand Montesquiou , M. le baron Robert de 
Morell, le prince Poniatowski, M me la princesse Poniatowska, 
M" e Benoit et M. Boussart. Elle fut précédée par la Jeunesse de 
Henri V, dont les principaux rôles étaient remplis par M. le 
comte de Nansouty, M. de Montesquiou, M. le comte V. du 
Hamel, etc. Les répétitions étaient dirigées par M me la comtesse 
de Nansouty. On se rappelle encore l'effet produit par ces deux 
pièces, jouées avec beaucoup d'entrain devant les nombreux invités 
de Paris et des châteaux voisins, suivies d'un bal fort brillant. 

Depuis de longues années, la fête de M me la marquise d'Ey- 
ragues a le privilège d'attirer la plus élégante société du faubourg 
Saint - Germain au château de Lizy , où l'on est reçu admirable- 
ment par M me la baronne de Morell et sa charmante famille. Le 



DES MUSICIENS POLONAIS. 463" 

prince Poniatowski , mort depuis peu au service de France, laisse 
deux enfants, un fils et une fille. 

PONIATOWSKI (prince Joseph), de la branche italienne, 
chargé d'affaires de Toscane en France, et depuis sénateur de 
l'empire français, possédait une fort belle voix de ténor, et a fait 
preuve de talent pour la composition. Il est auteur de plusieurs 
opéras italiens qui furent représentés à Florence en grande 
pompe, et obtinrent du succès. Un opéra bouffe, intitulée Don 
Desiderio, avait été donné à Livourne , en 1841 , devant l'élite de 
la société italienne et des étrangers. La maison de Fr. Hofmeister, 
à Leipzig, a fait paraître Bonifacio de Geremei, tragédie lyrique, 
d'après l'édition de Milan, de Ricordi. 

POPIEL II, d'après l'histoire fabuleuse de la Pologne, un roi 
ou prince de ce nom aurait été mangé par les souris. Sur ce tra- 
gique événement, on chantait avant l'introduction du christia- 
nisme en Pologne, un chant intitulé : Lamentabiles modulât iones, 
dont parle l'abbé Juszynski, mais dont la tradition s'est perdue. 
POREMBSKI ( l'abbé Jean ), compositeur, fut le quatorzième 
directeur de la chapelle des Roratistes depuis sa fondation. C'est 
à lui que l'abbé Gorczyçki , surnommé la Perle du clergé , dédia 
ses belles messes, dont une fut publiée en 1838 dans le Recueil 
de M. Joseph Cichocki, et qui donne une haute idée du talent de 
ce compositeur, mort en 1734. Quant à l'abbé Porembski, il 
dirigea la chapelle jusqu'en 1700... (Voyez Lad Polski, tome m, 
page 210). 

POSSEL ( Joachim), médecin de la cour de Sigismond III, roi 
de Pologne, vivait au xvn e siècle, et fut bon musicien de son 
temps. Il étudia cet art à l'étranger, et lui consacrait tout le 
temps qui lui restait de ses occupations comme médecin et histo- 
riographe. 

P0T0ÇKA (comtesse Séverin), fut très-bonne musicienne et 
jouait parfaitement la comédie. Elle parut à Warsovie sur un 
théâtre d'amateurs, au palais Radziwil, dans la Gageure imprévue, 
où elle remplit avec talent le principal rôle. A cette représentation, 
le prince Antoine Radziwil, auteur des chœurs pour le Faust 
de Gœthe, exécuta un solo de violoncelle avec un grand succès 



461 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

( Voyez les Manuscrits de L.-A. Dmuszewski sur le Théâtre d'ama- 
teurs en Pologne). 

POTOÇKI (Comte Ignace), savant illustre, membre de la So- 
ciété royale des Amis des Sciences à Warsovie. Sa vie appartient 
aux hommes d'Etat. Il est auteur d'un travail très-intéressant sur 
les anciens compositeurs polonais du xvi e siècle , inséré dans le 
Mémorial de Warsovie (Pamientnik Warszawski) , février 1818. 

POTOCKA (Comtesse Laure), a composé la musique pour le 
chant de Ladislas Lokietek, dans le célèbre ouvrage de J. U. Niem- 
cewicz, intitulé : Spiewy Historyczne z Muzyko i rycinami (Chants 
historiques avec musique et gravures. Warsovie 1818). 

POTOÇKA (comtesse Delphine), née Komar, possède une 
belle voix de soprano et tient la première place parmi les dames 
amateurs de Paris. Grande amie de l'illustre Chopin, elle donnait 
autrefois de beaux concerts chez elle avec l'ancienne troupe des 
Italiens qu'on ne reverra plus à Paris. Citer les noms de Rubini, 
Lablache, Tamburini; M mes Malibran, Grisi et Persiani, c'est 
donner la plus haute idée du chant italien. La comtesse Potoçka 
chante elle-même d'après la méthode des maîtres d'Italie. 

P0W0D0WSKI (Jérôme) ou Powodowius , secrétaire du roi 
de Pologne , chanoine et archiprêtre de Cracovie , né à Gnesne 
d'une famille noble, vécut au xvi e siècle, et écrivit plusieurs 
ouvrages remarquables entre autres des poésies sacrées dont parle 
le professeur Mathes, M. Jac. Woit, sous le titre : Magno cum 
labore libros ecclesiasticos ad cantum sacramentorum spectantes quos 
vulgo agenda dicimus etc. reformavit. Powodowski est mort en 
1613. Très-estimé comme théologien, sa science et son autorité 
sont souvent invoquées dans les questions religieuses. Ephraim 
Qloff, Polnische Lieder Geschichte; Simonis Starowolski, Scriptorum 
Polonorum Ekatontas. 

POZNANSKI ou Pierre de Posen, Dominicain, vivait vers 
1516, composa des chants sacrés, traduisit le Psautier et dans ses 
missions en Silésie, il faisait courir la foule pour écouter ses 
sermons. Il avait une voix agréable et chantait lui-même les 
prières et hymnes de sa composition (Histoire de la Littérature 
Polonaise, par M. Wiszniewski, tom. yi, pag. 490). 






DES MUSICIENS POLONAIS. 465 

POZNANCZYK (Nicolas), prêtre attaché à l'église cathédrale 
de Cracovie, né à Posen au commencement du xvi e siècle. Joseph 
Lukasiewicz croit qu'il fut musicien et donne l'épitaphc de Poz- 
nanczyk d'après Starowolski, dans les Monumenta Sarmatarum. 

« NICOLAUS JACET HIC. DOCTUM QUEM FORTA VIRORUM 
» POSNA TUL1T, MERSIT F.UNERE CROCCA FERO : 

» OMNIBUS HUNC NATURA SUAVIS ORNARAT ABUNDE, 
» MORIBUS, INGENIO, CORPORE, MENTE SANA. 

« OBIIT ANNO DOMINI 1555, 28 DECEMBR. » 

L'abbé Poznanczyk fut sans doute le même personnage que 
l'abbé Nicolas de Posen, premier directeur de la chapelle des 
Roratistes, fondée en 4543. En rapprochant les dates, ce fait 
s'explique naturellement, mais il est étonnant que son épitaphe 
ne fasse pas mention de sa charge comme premier directeur de 
cette chapelle (Voyez L. Golembiowski dans le Peuple polonais, 
tom. m). 

POZNANSKI ( L. ) auteur d'une Valse et d'une Mazurek, 
publiées à Hambourg, chez Bohme. 

POZNIAKOWSKA ( ) pianiste amateur de premier 

ordre à Warsovie, mariée au médecin inspecteur du gouverne- 
ment, elle acquit son rare talent d'exécution en Pologne, n'ayant 
jamais voyagé à l'étranger. Les connaisseurs placent M me Poznia- 
kowska sur la même ligne que M mes de Kalerdgi et Sophie 
Malhomme (voyez son article) mais elle paraît avoir dans le jeu 
plus de cachet national et par cela même elle appartient plus 
exclusivement au pays (Correspondance particulière). 

POZZI (Anna), célèbre cantatrice italienne, morte à la fleur 
de l'âge à Warsovie. S. Ciampi, dans sa Bibliografia critica, parle 
d'un sonnet d'Antoine Carpacio poëte vénitien fait en l'honneur 
d'Anna Pozzi et imprimé à Warsovie en 1720. M. Fetis cite une 
autre cantatrice du même nom, dans la Biographie universelle 
qui serait née à Rome en 1758 et qui mourut quelques années 
avant 1812. 

PRANIEWICZ (l'abbé Thomas) , chanoine de Notre-Dame de 
Paris, poëte et compositeur de musique religieuse, écrit en po- 

30 



466 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

lonais et en français. Il est auteur de plusieurs chants, à une et 
plusieurs voix avec accompagnement d'orgue ou piano, entre 
autres : Catéchisme polémique à trois voix, Paris, Bresler. Dialogue 
sur la tombe du prince Joseph Poniatowski , pour deux dessus et 
basse, ibid. Elégie à deux voix, paroles françaises et polonaises et 
accompagnement d'orgue. On lui doit aussi un volume de poésies 
descriptives. 

PRAETORIUS (Ephraïm), né à Dantzik, fut pasteur de l'église 
de Saint-Jacques de cette ville, plus tard, nommé senior de Sainte- 
Marie, à Thorn, en remplacement de Paul Hoffmann, il prononça 
un discours remarquable le jour de son installation , qui fut pu- 
blié à Dantzik en 1704. Ce senior composa aussi des chants sacrés, 
et consacra l'église de Saint-Georges, nouvellement reconstruite 
dans la ville de Thorn, par un service solennel selon le culte 
évangélique; à cette occasion on chanta des cantiques en polo* 
nais, dont la musique fut prise dans les nombreux cancionals 
de Thorn. Prœtorius est auteur d'un ouvrage historique très- 
estimé, intitulé : Seniors Ephraïm Prœtorii Athenas Gedan. (Zer- 
nekes Thornische Chronique). Ce savant ne paraît pas être de la 
famille des nombreux Praetorius, cités dans la Biographie univer- 
selle de M. Fétis. 

PROHAZKA (Venceslas), pianiste , compositeur polonais, di- 
rigea la musique des amateurs chez les Piaristes, à Warsovie ; il a 
donné un morceau de piano pour l'Album de 1854. Le composi- 
teur Elsner lui dédia sa messe, Op. 88. Selon les journaux de 
Warsovie, M. Prohazka est un des meilleurs professeurs de cette 
capitale. 

PROSNOWSKI (Louis), professeur de piano à Orléans. Accueilli 
dans une famille honorable , chez le comte de Locquart , cet ar- 
tiste se livre à l'enseignement de son instrument avec sa femme, 
très-bonne pianiste. Tous les deux sont appréciés à Orléans, ville 
où l'on aime les arts, et où l'ancienne hospitalité française est 
exercée de la manière la plus gracieuse envers les étrangers et 
surtout envers les Polonais. 

PSTROKONSKI (Mathieu) , évêque de £rzemysl', vice-chan- 
celier du royaume de Pologne, cultiva le luth. Il accompagna 



DES MUSICIENS POLONAIS. 467 

Sigismond III dans son expédition contre les Suédois, dont l'issue 
fut malheureuse. Le digne prélat consola le roi en jouant de son 
instrument pendant la longue traversée deStockolm à Dantzik. Il 
fut le seul qui conserva sa bonne humeur au milieu d' une nom- 
breuse société (Voyez Luc Golembiowski dans son ouvrage sur le 
peuple polonais. Tom. III, page 199). 

PRZYLUSKI (Félix), auteur de valses pour piano dédiées à 
M Ile Constance Dobiecka, publiées par MM. Spies et compagnie, 
et Klukowski. 

PUGHALSEI (Grégoire) s'est fait connaître par une polonaise 
pour piano , qui a paru chez Sennewald, à Warsovie, en 1842. 
M. Puchalski est un amateur violoniste très - distingué ., il obtint 
des succès aux concerts de la JRessoiœce marchande. En 1844, il 
donna un concert à Lublin , et mérita de chaleureux applaudisse- 
ments par son exécution brillante; il sut interpréter d'une 
manière supérieure les compositions d'Frnst, d'Haaman, d'Artot 
et de de Beriot , et finit le concert par une mazurck de Chopin, 
qui enchanta l'auditoire entier. En 1848 , M. Puchalski donna un 
concert à Lomza au profit de l'hôpital de cette ville. Depuis, il 
écrivit une messe de Requiem, qui fut exécutée au service funèbre 
pour les membres morts de l'Association musicale de War- 
sovie (1850), et une messe en ut , chantée aux Augustins. Selon 
le Courrier de Warsovie, M. Puchalski serait chef de musique d'un 
régiment. 



R 



RADOSZ (Paul), fut d'abord cantor polonais à Thorn, puis 
nommé pasteur à Gremboczyn , et ensuite à Kœnigsberg ; il n'y 
resta pas longtemps, et obtint à la fin la place de Sluçk, en 
Lithuanie, vers 1671 (Zemeke Thornische Chronique). 

RADZINSKI (Antoine) , compositeur de musique religieuse, 
auteur d'une messe que l'on chante chez les Pères missionnaires 
à Warsovie ( Journaux polonais ). 

RADZIWILL |( prince Albrycht ), grand maréchal de Lithua- 



468 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

nie, troisième fils du prince Nicolas le Noir, mort en 1593 , con- 
naissait bien la musique et récompensait généreusement les 
artistes. Ses mémoires furent publiés par le comte Ed. Raczynski 
( Voyez le Siècle de Sigismond III, par François Siarczynski ). Le 
prince Albrycht vivait sous le règne de Wladislas IV, roi de 
Pologne ; il parle dans ses lettres du fameux ballet ( Sait Gladia- 
toroiv), représenté à Dantzik pour l'arrivée de la reine Marie- 
Louise de Gonzague (1637). 

RADZIWILL (prince Christophe), on lui doit l'édition de la 
Bible en polonais (Biblia Polonica Radziwiliana ), Dantzik, 1632^ 
editio extr. ravita sociniar, dédiée à Wladislas IV, roi de Pologne, 
par Christophe Radziwill, prince na Bierzach i Dubinkach. La 
seconde préface est signée par le grand général du duché de 
Lithuanie, surintendant et pasteur des communes évangéliques 
dans la Grande Pologne. A la fin de la Bible, on a placé les 
Psaumes de David, avec musique de Marot pour une voix. La Bi- 
bliothèque polonaise, à Paris, possède un exemplaire magni- 
fique de cette Bible. Le premier psaume est ainsi traduit : 

Ten co nieiumien niezboznych rady, 
Co nie szedl z niemi goscincem z drady. 
A z oszczczcami niedbalo ku manie 
Lecz zakon panski, byl iego kochanie. 
Iwnim iviek traioil swego cwiczenia 
Szczeslhcy to Cztowiek procz wontpienia. 

RADZIWILL (prince Boguslaw), traduisit plusieurs chants 
sacrés de l'allemand en polonais insérés dans le Cancionale de 
Dantzik en 1723, qui furent très -estimés, et dont Ephraïm Oloff, 
dans son Histoire des Chants polonais , fait grand éloge, en disant 
que l'Allemagne avait eu parmi ses princes des poètes de mérite, 
savoir : Albert, marquis de Brandebourg; Marie, reine de Hon- 
grie; Marie, princesse de Saxe, etc. La Pologne pouvait lui op- 
poser le prince Boguslaw Radziwill, dont le talent poétique 
brilla d'un vif éclat au xviu e siècle. Fils de Janus Radziwill, 
castellan de Wilna, le prince Boguslaw ne laissa en mourant 
qu'une fille du nom de Louise-Charlotte. Il avait, de son vivant, 



DES MUSICIENS POLONAIS. 469 

la charge de lieutenant de l'électeur de Brandebourg , et la ville 
de Kœnigsberg pour résidence. 

RADZIWILL (prince Charles), avait un théâtre et excellent 
orchestre dans sa terre de Nieswiez , au fond de la Lithuanie. Il 
reçut chez lui, pendant deux ans, le célèbre Dussek aprè- 
voyage en Pologne et en Russie (1783-1786). 

RADZIWILL ( prince Louis ) , chantait très-bien le genre 
bouffe , jouait la comédie , et fit construire un théâtre au palais 
Radziwill à Warsovie ( xvm e et xix e siècles ). 

RADZIWILL ( prince Antoine ), vice-roi de Posen , composi- 
teur et violoncelliste distingué, épousa une princesse de Prusse , 
et s'illustra par la belle partition de Faust et par plusieurs 
œuvres de mérite. Le prince Antoine mourut à Posen en 1833. 

L'antique maison de Radziwill, qui a donné à la Pologne de 
grands guerriers, des hommes d'état, d'illustres prélats, des litté- 
rateurs, des poètes, lui a donné aussi un compositeur distingué 
dans la personne du prince Antoine Radziwill. Doué d'une heu- 
reuse organisation musicale, le prince Antoine possédait une 
jolie voix et jouait du violoncelle d'une manière remarquable. Sa 
partition de Faust est une œuvre sérieuse, inspirée par l'admirable 
poème de Gœthe; traitée avec toute la science d'un compositeur 
de génie, appréciée et très-estimée en Allemagne, elle mérite 
d'être placée parmi les meilleures de l'époque actuelle. 

Exécutée aux époques fixées par l'Académie de chant de Berlin, 
elle fut publiée en 1835 sous ce titre : Partitur Aufgabe von 
fursten Anton Radziwill , compositionen , zu den dramatischen Ge~ 
dichten « Faust , » v. Gœthe, in commis, bei der Buch imd musikhan- 
tllung, v. T. Trautu-ein zu Berlin, Preis 18, Thlr Pr. Cour. 

La Gazette inusicale de Leipzig tle 1839 consacra une analvse 
raisonnée de cette œuvre importante dans un article signé J.-P. 
Schmidt , que nous reproduisons ici en partie : 

« L'intéressante œuvre d'art parut en novembre 183.? dans un 
grand in-folio de 589 pages. Cette composition remarquable du 
feu prince Antoine Radziwill vit le jour, grâce à la munificence 
de sa famille et aux soins du directeur de l'Académie de chant de 
Berlin, M. Rungenhagen, avec l'aide de MM. Hellwig et GreLL 



47T> DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Une courte préface , en tête de la partition , renferme des éclair- 
cissements et une instruction pour l'exécution de cette œuvre lyri- 
que et mélodramatique. 

a L'introduction est de neuf mesures, elle conduit à la fugue de 
Mozart tirée du quatuor en ut mineur, instrumentée par le prince 
Radziwill; elle est dans le caractère du poëme de Gœthe. » 

N° 1 . Conjuration et mélodrame. 

N° 2. Chœur des Anges, qui produit beaucoup d'effet à chaque 
exécution. Le chant des femmes est d'une profonde expression, 
accompagné par cinq violoncelles et trois trombonnes. 

N° 3. Air des Mendiants, pour voix de ténor; la préférence 
donnée aux accompagnements de violoncelle se montre ici. 

N° 4. Pas redoublé , avec accompagnement de limballes bien 
rhythmé, suivi d'un double «chœur dans le mouvement de marche. 

N° 5. Scène de paysans sous les tilleuls, chantant et dansant; 
ce morceau rappelle la même situation dans les Saisons de Haydn. 

N° 6. Scène mélodramatique, orchestre seul. 

N° 7. Promenade de Faust. Près de sa maison il y a une église, 
d'où l'on entend un choral religieux en 6/8 joué par les violons 
avec sourdines; viennent ensuite le chœur des esprits et la conju- 
ration infernale apaisée par de simples accords. Le trombonne 
alto fait entendre un récitatif sur le quel entre le serpent avec un 
accord de seconde. Cet endroit est le plus important sous le 
rapport mélodramatique. L'apparition de Méphistopheles fait taire 
la musique. 

N° 8. Chœur des esprits, peu commun. 

N° 9. La Coujuration de Méphistopheles est très-bien saisie par 
le compositeur. L'accompagnement des violons et violoncelles en 
fa imite l'action des mauvais esprits. Un solo de ténor répond 
dans le même rhythme. 

N° 10. Chœur d'esprits, à quatre voix sur ces paroles : MaU 
heur, malheur, avec un solo de ténor. Ce morceau est supérieu- 
rement traité. Les deux puissances se combattent. 

N° 11. Double chœur d'esprits , sur ces mots : Le sang est la 
seule vengeance. 

N° 12. Encore un Geisten chor, à quatre voix, pour final; il est 



DES MUSICIENS POLONAIS. 471 

en ré mineur fortement instrumenté avee un dessein pour les 
violoncelles en triolets pendant lesquels, les cors, les bassons, 
les trombonnes et les timbales frappent des accords et les violons 
montés au plus haut descendent en fortissimo. 

Hinaus, hinaus 
Hiiher und munter. 

La deuxième partie de l'œuvre dramatico-lyrique du prince 
Radziwil commence avec un prélude sous l'influence du chœur 
précédent et conduit à la mélodie sur ces paroles : 

Gaudeamas iyitur. 

Les voix sont d'accord et les chants commencent , on entend le 
Choral romain , le Rossignol , les Grenouilles et le Salut à la bien- 
aimée. 

N° 13. Lied de Brauders Rathen d'une nouvelle forme. 

N° 14. Chant de Méphistopheles avec violon obligé ; il a quelque 
chose d'une sérénade espagnole. 

N° 15. Pour alto, et les voix invisibles (avec un long im- 
broglio) . 

N° 16. Le Mélodrame commence dans la chambre de Margue- 
rite (très-longs détails) . 

N° 17. Scène entre Faust et Méphistopheles. 

N° 18. Scène dans le jardin remplie de beautés musicales. 

N° 19. Apparition de Méphistopheles avec Marthe. 

N° 20. Gretchen, scène élégiaque. 

N° 21. Gretchen, refuge devant l'image de Mater dolorosa. 

N° 22. Chant de Méphistopheles , sous les fenêtres de la 
Gretchen. 

N° 23. Double scène. Requiem à la cathédrale. 

N° 24. Scène dans la prison, Gretchen s'y trouve mal et tombe 
en défaillance. 

N° 25. Scène des sorciers, esquissée par le feu prince de Ra- 
dziwill, complétée par M. Rungenhagen directeur de l'Acadérfu'e 
de chant de Rerlin. 

La partition de Faust fut arrangée pour piano seul par J. P. 
Schmidt. Compositionen zu Gothes Faust von Fursten Anton 



4T2 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

Radziivill Vollstandiger Klavier Auszug v. J. P. Schmidt , chez 
le même éditeur. 

En 1 839 le mélodrame de Faust fut représenté à Erfurt avec un 
grand succès; la Gazette musicale l'annonçait ainsi : « Am 5 ,en 
Marz hat man in Erfurt Radziwill's Faust zum grossen Freude 
aller Zuhorer gegeben » 1839 AUg. mus. Zeitung. 

Le prince Radziwill est auteur d'une fort jolie Romance sur les 
paroles de Schiller traduite en polonais par J. D. Minasowicz et 
insérée dans le quatrième volume des OEuvres de ce poète dis- 
tingué. Elle est intitulée Romance à Emma. 

Les ouvrages qui parlent de la famille Radziwill sont : Fasti 
Radziwiliani, par Albert Koïalowicz, très-rare. Radzivilias : «sive 
» de vita et rébus prseclarissimis gestis, immortalis mémorise, illus- 
» trissimi principis Nicolaï Radzivilii , Georgii filii , ducis in Du- 
» bienki ac Rierze Palatini Vilnensis, etc., ac Exercitium magni 
» Ducatus Lithuanise, imperatoris fortissimi. Libri quatuor, Jon. 
» Raduani. » 

Le prince Antoine Radziwill fut un des protecteurs de Fré- 
déric Chopin, lequel avait été placé par l'intelligente protection 
du prince dans un des premiers collèges de Warsovie. Voici en 
quels termes parle le célèbre Liszt du talent du prince Radziwill : 
« Le prince Radziwill ne cultivait pas la musique en simple di- 
» lettante; il fut compositeur remarquable. Sa belle partition 
» de Faust, publiée il y a quelques années, et que l'Académie de 
» chant de Rerlin exécute aux époques fixes , nous semble bien 
» supérieure, par son intime appropriation au génie du poème, 
» aux autres tentatives qui furent faites pour le transporter dans 
» le domaine musical. » Fr. Chopin par Fr. Liszt, page 134, 
Paris 1 852, chez Escudier. 

Le prince Radziwill joignait à ses connaissances en composition, 
le talent d'un violoncelliste de premier ordre , il se faisait en- 
tendre quelquefois à Warsovie au profit de bonnes œuvres. 

Une traduction de Faust en polonais fut publiée à Wilna en 
1844, par le professeur Waliçki. Cette édition ornée de vingt-six 
gravures, de Retsch, parut chez Zawadzki avec musique et une 
notice sur le compositeur. 



DES MUSICIENS POLONAIS. 473 

RADZIWILL princesse Palatine, de Wilna, poëte de talent, 
auteur de plusieurs pièces représentées au théâtre de Niewiez. 
Un livre intitulé : Komedye i trajedye, fut publié par les soins de 
Jacques Pobog-Fryczynski en 1754, dans lequel se trouve le 
drame qui porte ce titre « z Oczu milosc sie rodzi » (l'Amour naît 
des yeux) {Dictionnaire des poètes Polonais, par l'abbé Juszynski). 

RACZYNSKI (comte Athanase) , publia un magnifique ou- 
vrage sur l'Art moderne en Allemagne , Paris 1841, dans lequel 
il y a des détails curieux sur les artistes et les musiciens polonais. 

RACZYNSKI (Edouard), auteur du Tableau de la Pologne, 
du xvm e siècle, Posen en 1842. Cet ouvrage renferme des don- 
nées concernant la musique. 

RACZYNSKI (prince), archevêque de Posen, officia pontifica- 
lementà l'église de Saint-Stanislas le I e ' mai 1808, jour de la pro- 
mulgation du Code Napoléon. A cette occasion on chanta une 
messe de Mozart, avec accompagnement d'orchestre composé 
d'amateurs et d'artistes. Après la bénédiction du Livre des Lois, 
on exécuta le Te Deum de Haydn avec beaucoup d'ensemble 
( Voyez la Gazette de Posen , n° 36, du 4 mai 1808). D'après cette 
feuille, une pareille cérémonie eut lieu le même jour à Warsovie, 
mais on ne dit pas quel était le Te Deum chanté à la cathédrale de 
Warsovie. La veille, les théâtres polonais et français donnèrent 
des représentations gratis. Au Théâtre polonais on joua Charle- 
magne et Witikind , musique d'Elsner. Des couplets de circons- 
tance furent chantés au bruit du canon. 

RACZYNSKI ( ), violoniste, établi à Moscou, se fit 

entendre à Kiiow en 1818 dans un concert au moment des 
Contrats. Il exécuta en cette occasion un concerto de Rode et des 
variations sur un air russe ( Gazette musicale de Leipzig ). 

RAICZAK ( ), virtuose sur la trompette chromatique, 

s'est fait connaître à Warsovie vers 1840; il exécutait d'abord des 
solos sur son instrument. En 1842 il dirigeait lui-même son 
orchestre. 

RAKOWSKI ( A. ), luthier, établi à Paris, rue Montor- 
gueil, professeur de violoncelle en 1834. Inventeur d'archets de 
violon et violoncelle, annoncés dans la Gazette musicale de Leipzig 



474 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

de 4834. M. Rakowski réside actuellement à Grenoble où il est 
professeur, 

RAKOWSKI ( Antoine ), s'est fait connaître à Paris par plu- 
sieurs inventions utiles , entre autres par une lithographie à bon 
marché. M. Rakowski est en même temps un très -bon accordeur 
de pianos. Il se charge des réparations d'instruments. 

RAPOÇKI ( ), musicien, natif de Cracovie, vivait au com- 

mencement dji xvn e siècle. Son nom se rattache à l'exécution d'un 
concert monstre , qui fut donné à Dresde par ordre de l'électeur 
de Saxe Jean-George, en 1615. 

Voici en quels termes le journal de La Haye, YAvond bode, parle 
de ce concert excentrique : 

« Ce concert devait représenter Y Épisode d! Holopherne , les 
paroles furent composées par un certain Plaumenkern et mises 
en musique par le chantre de la cour, Hilaire Grundmaus. L'élec- 
teur fut si content du programme du compositeur qu'il lui fit pré- 
sent de cinq quartaux de bière , et le chargea de faire quelque 
chose de grandiose avec carte blanche pour les frais. En consé- 
quence , tous les artistes de l'Allemagne , de l'Helvétie , du pays 
de Vaud, de la Pologne et de l'Italie furent invités à venir 
contribuer avec leurs disciples à la gigantesque fête musicale de 
Dresde, où, dès le 9 juillet 1615, le jour de Saint-Cyrille, se 
trouvèrent rassemblés cinq cent soixante-six instrumentistes, neuf 
cent dix-neuf choristes, sans compter les amateurs de Dresde. 

» Les instrumentistes arrivèrent armés de pied en cap, avec tous 
les instruments connus à cette époque , et d'une multitude d'ins- 
truments de nouvelle invention qui n'avaient jamais été entendus 
à Dresde. 

» Un certain Rapoçki, de Cracovie, amena sur un chariot, 
traîné par huit mules, un véritable engin de guerre musicale, une 
énorme contre-basse qui avait sept aunes des Pays-Bas de hauteur. 
L'artiste de Cracovie avait adapté très - ingénieusement à son 
instrument une petite échelle qui lui permettait de voltiger, depuis 
le faîte du manche jusqu'au chevalet de sa contre-basse, en pro- 
menant un archet sur les trois cordes ( probablement des câbles 
de vaisseau). Un étudiant de Wittemberg, nommé Ramples. 



DKS MUSICIENS POLONAIS. 475 ■ 

avait pris sur lui la tâche de chanter le rôle d'Holopherne » 

Nous ne suivrons pas YAvond bode dans tous les détails de cette 
curieuse manifestation musicale. Nous regrettons que les bio- 
graphes polonais ne nous aient rien fourni sur Rapoçki et son 
gigantesque instrument. 

Ce musicien a-t-il réellement existé? Ou n'est-ce qu'un conte 
fantastique imaginé par l'auteur du feuilleton du journal précité? 
Du reste, les artistes et les exécutants, cités par l'auteur de 
l'article de YAvond bode, et reproduit par le journal français le 
Temps du 1 mai 1839, n'étaient pas des noms bien connus ni 
sérieux. Le premier violon du temps, Giov. Scioppo de Crémone, 

exécuta en tenant son violon derrière le dos et la prima donna 

Rigazzi, de Milan, se distingua particulièrement par ses fioritures 
qu'elle poussa à un fanatisme tel qu'il lui coûta la vie trois 
jours après le concert. Quant à Rapoçki, on ne dit pas s'il a 
pu ramener son instrument à Cracovie, compromis un peu dans 
le combat entre les étrangers qui chantaient la partie des Assy- 
riens et les choristes de Dresde qui représentaient les Israélites 
vainqueurs. 

RASZEK (Louis), compositeur polonais de musique religieuse, 
mort en 1848. Ses messes et morceaux de chant sont exécutés 
souvent dans les différentes églises de Warsovie. Il avait composé 
beaucoup pour l'Église , et un grand nombre de pièces détachées 
pour piano, écrites dans un bon style. Une de ses Polonaises est 
dédiée à M me Abramowicz (Courrier de Warsovie). Raszek fut 
professeur de musique à Pulavy ; il forma de bons élèves , parmi 
lesquels on cite le compositeur Albert Sloczynski ( Voyez son 
article ). 

RAUSGHER (Jean-Fréd.), facteur d'instruments et d'orgues à 
Dantzik vers 1771 , inventa un procédé pour faire tenir l'accord 
aux clavecins et autres instruments malgré les changements de 
temps. 11 fabriquait aussi des monochordes et des flûtes, thon- 
f.oten ( Danziger anzeigen ). 

RAWA ou Paul de RAWA, prêtre, recteur de l'école de l'église 
paroissiale de Sainte-Marie-Madeleine, à Posen, en 1545. Dans cette 
école, fondée en 1303 par André, évèque de Posen, on enseignait 



476 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE 

le chant ecclésiastique déjà à l'époque de Paul de Rawa, qui 
s'intitulait Artium liberalium et philosophiœ doctor, et qui se faisait 
aider dans ses fonctions par le cantor ou organiste demeurant dans 
le bâtiment de ladite école ( Voyez Obraz Miasta Poznania, par 
Joseph Lukaszewicz) . Du reste, il paraît qu'à l'école de la cathé- 
drale de Posen on enseignait également le chant choral au 
XV e siècle , ainsi que le prouve le règlement capitulaire de 1467, 
qui assignait aux écoliers une mesure de farine comme récom- 
pense pour le travail et le chant à l'église. Scholaribus ecclesiœ ca- 
thedralis assignetur mensura farinœ pro qualibet septimana pro 
labore et cantu in ecclesia. 

RAWEÇKI ( ) professeur de musique à Warsovie, 

membre de l'orchestre du Grand théâtre , avait pour élève 
M. Thalgrun le violoncelliste (Courrier de Warsovie). 

REGIUS (Adam) , prédicateur polonais de l'église de Saint- 
Christophe à Breslau , né en 1629. Fut le collaborateur de Jean 
Accoluthus pour la publication du livre de Chant de Brieg en 
1673 in-8° maïori. Il entendait bien la musique et nota plusieurs 
mélodies pour les cantiques polonais (kantyczki). Adam Regius 
est mort en 1701 après avoir rempli les fonctions de pasteur, 
recteur, etc. dans différentes villes de la Silésie. 

REMBIELINSKI ( ) pianiste et compositeur , né au 

commencement du siècle, vint à Paris et retourna à Warsovie vers 
1825. Les circonstances de sa vie ne sont pas connues. Il avait 
une exécution brillante et composait dans le genre de Fesca fds. 
On a de lui des morceaux de piano et deux trios pour piano , 
violon et basse (Correspondance particulière). 

RENNER (Jean), pianiste et professeur, d'abord à Minsk, en- 
suite à Nowogrodek et en dernier lieu à Wilna. Cet artiste jouissait 
d'une grande popularité en Lithuanie. Il fit ses adieux au public 
dans un concert qu'il donna le 10 novembre 1811 à Wilna, il 
exécuta à cette occasion sur le piano plusieurs morceaux de sa 
composition. Renner forma de bons élèves pendant sa longue 
carrière de professeur de musique. Il vient de paraître une esquisse 
sur lui dans un petit volume attribué à l'auteur de : w Imie-Boze 
(Gazeta Codzienna). 



DES MUSICIENS PO